10. Ging.
La situation était délicate. Gon et Kirua recherchaient Ging, mais il fallait le faire discrètement, parce que si Ging entendait dire qu'on était à sa recherche, il risquait de prendre la poudre d'escampette et de disparaître ailleurs. Ce que les deux enfants ne désiraient pas. Donc il fallait poser les questions subtilement et manipuler les gens en même temps. Pour Kirua c'était assez simple comme affaire. En revanche, Gon ne savait pas vraiment mentir, on lisait tout sur son visage, et plus d'une fois Kirua dût le faire taire avant qu'il ne devienne carrément honnête et annonce qu'il cherchait son père Ging Freecs.
Les jours passèrent puis les semaines défilèrent et au bout de deux mois ils étaient toujours bredouilles.
– Si ça se trouve, il n'est même plus ici, souffla Kirua après une longue journée de recherche.
– J'ai appelé Kurapika et il m'a dit que sa chaîne n'avait pas bougé, il est toujours là. On finira par le trouver.
Kirua se demandait où est-ce que Gon trouvait le courage de continuer à croire après toutes les déceptions et faux espoirs qu'ils avaient traversé ensemble. Kirua s'approcha de son ami et s'assit à côté de lui sur le lit. Gon retira ses chaussures qu'il envoya valser plus loin et se laissa tomber en travers de son lit. Kirua s'allongea à son tour. Leurs épaules se touchaient, leurs bras se frôlaient, Kirua avait l'impression que l'air était chargé d'électricité, comme avant un orage. Sauf qu'il faisait un temps splendide dehors, pas le moindre petit nuage pour cacher la lune ou les étoiles.
– Ne t'en fais pas, dit Gon. S'il est ici, quelque part, alors on mettra la main sur lui.
Kirua garda le silence un instant, puis tournant son visage vers Gon pour le regarder il demanda :
– Qu'est-ce que tu vas lui dire quand tu vas le voir ?
– Ging, je te présente mon meilleur ami, Kirua.
Kirua détourna les yeux, sentant le sang remonter jusque dans ses joues.
– J'ai une idée ! S'exclama Gon en se redressant.
– Laquelle ? demanda Kirua.
– Passe-moi ton portable.
– Qu'est-ce que tu veux faire avec mon portable ?
– Tu verras, donnes !
Kirua lui tendit l'objet, s'attendant à ce que Gon fasse un truc bizarre du genre le jeter par terre pour libérer les esclaves coincés à l'intérieur. Mais il se contenta de téléphoner à Kaito. C'était bien la peine de faire tant de mystères. Gon demanda à son tuteur de lui parler de Ging un peu. Il pensait que s'il connaissait un peu mieux son père, il le retrouverait plus facilement.
– Ging est plutôt quelqu'un de solitaire, dit-il, il ne s'attache pas facilement et il aime bien se retrancher dans des endroits où il n'y aura personne. Il est intelligent, malin, mais il a tendance à utiliser ses capacités pour des trucs qui paraissent ne servirent à rien, jusqu'au moment où on en a l'explication.
Gon avait mis le haut-parleur, et les deux garçons étaient assis sur le lit, l'un en face de l'autre, le portable entre eux. Ils écoutaient Kaito réfléchir et leur donner des indices.
– Ah ! Et il travaille comme archéologue.
C'était peut-être l'information la plus intéressante. Kirua et Gon échangèrent un regard, soudain, ils savaient où chercher.
– Merci Kaito, je crois qu'on a une idée.
– Tenez-moi au courant.
Gon raccrocha après lui avoir dit au revoir, et avec Kirua ils sortirent la carte de la ville où ils se trouvaient. Il s'agissait d'une vieille ville, très touristique pour ses bâtiments qui dataient de l'antiquité. Et un peu en dehors, il y avait un site où des personnes, même pas forcément qualifiées, tentaient de déterrer des os, ou d'anciens bâtiments, afin de se faire une renommée. C'était, pour la plupart, des amateurs qui espéraient faire fortune sous le coup du hasard et qui en général ne trouvaient rien de vraiment intéressant. Mais si Ging était archéologue, il y avait toutes les chances pour qu'il s'y trouve.
Kirua sourit à Gon, qui lui rendit son sourire.
– On va le trouver ! Affirma Gon.
Kirua acquiesça.
Gon était si excité à l'idée de retrouver son père le lendemain, qu'il se retournait sans cesse dans son lit, sans réussir à s'endormir. À quoi ressemblait Ging ? Comment réagirait-il en le voyant ? Kirua ouvrit les yeux en entendant son ami gigoter.
– Tu n'arrives pas à dormir ? demanda-t-il d'une voix ensommeillée.
– Non, je n'arrête pas de penser à Ging.
Kirua bâilla et tendit sa main vers lui :
– Prends ma main, tu dormiras mieux.
C'était bizarre comme demande, mais Kirua n'était pas très bien réveillé, il était encore à moitié dans ses rêves. Gon fit ce qu'il lui disait, la main de son ami était un peu froide, contrairement à celle de Gon qui était brûlante. Kirua se réchauffa, Gon se refroidit, ils atteignirent une température agréable et acceptable.
– Ça va mieux ? Souffla Kirua
– Hm, fit Gon.
Kirua prit ça pour un oui et laissa ses paupières lourdes se refermer. Gon concentra son esprit sur les doigts de Kirua refermés sur sa main. Ce n'était pas la première fois qu'ils dormaient ainsi, mais c'était la première fois que Gon y faisait vraiment attention et se sentait un peu bizarre. Le sommeil finit par venir, l'empêchant de trop s'interroger.
Gon et Kirua passèrent à l'action dès le lendemain. Au début, Gon voulait débarquer sur le site archéologique en criant le nom de son père, mais Kirua trouvait ce plan trop risqué. Si Ging décidait de s'enfuir en les voyant, ils n'étaient pas sûrs de pouvoir le rattraper et alors, il faudrait tout recommencer. Kirua préconisa donc qu'ils allaient se déguiser et faire comme s'ils étaient deux simples enfants de douze ans venus s'amuser à fouiller la terre pour en découvrir des trésors.
– Je comprends pas pourquoi on doit se déguiser, fit Gon, après tout ce n'est pas comme s'il savait à quoi on ressemble.
– Tu es son fils, il va sûrement te reconnaître.
– Il m'a abandonné alors que j'étais tout bébé alors…
– Alors y a une chance que tu ressembles à ton père en grandissant ou à ta mère, dans tous les cas ces ressemblances peuvent l'emmener à te reconnaître. Donc, tu dois te déguiser.
Gon se rendit aux arguments de Kirua.
Il se retrouva par conséquent affublé d'une perruque de longs cheveux noirs, d'un tee-shirt noir et d'une jupe verte. Kirua, qui n'avait pas besoin d'être déguisé, décida de le faire quand même pour que Gon ne soit pas le seul.
– En fait tu as envie de te déguiser, mais tu n'oses pas le dire, fit remarquer Gon.
Kirua nia complètement tout en accrochant une perruque aux longs cheveux argentés sur sa tête. Sa tenue restait plutôt banale, un peu pareil que d'habitude, tee-shirt blanc et short gris. Ils se rendirent habillés ainsi sur le site archéologique. Gon était très optimiste et pensait qu'ils tomberaient sur Ging en cinq minutes, Kirua était plus méfiant et se demandait s'ils allaient réellement le trouver aussi vite. Si ça se trouve, ils se trompaient, Ging n'était même pas là, et ils chercheraient encore pendant des jours vainement. Pour avoir l'air plus naturels, ils se firent passer pour des chercheurs de trésors comme d'autres n'étaient là que pour déterrer quelque chose de rare qui finirait sans doute par les rendre riches.
Gon, lui, déterra une brosse à dents. Sans doute quelqu'un qui l'avait oublié là et elle avait fini ensevelit sous la terre que tout le monde retournait. Pendant que les deux enfants s'amusaient à chercher un caillou préhistorique, ils regardaient partout autour d'eux, écoutaient les conversations, se rapprochaient des gens, espérant finir par croiser Ging ou avoir des indications sur sa position.
– Hey, les interpella-t-on.
Les deux garçons se retournèrent vers la femme qui les avait appelés. C'était une femme dont les cheveux bleus étaient coiffés en plusieurs couettes au-dessus de sa tête. Elle portait un short très court et un simple débardeur. Ses poings étaient posés sur ses hanches et elle paraissait assez agacée.
– C'est pas pour les gamines ici, dégagez !
Kirua plissa les yeux, énervé, mais Gon se contenta de sourire :
– Et pourquoi ? demanda-t-il.
– Parce que c'est pas un jeu, on bosse sérieusement ici, retournez jouer dans votre bac à sable.
Les poings de Kirua se serrèrent, il était prêt à faire ravaler ses paroles à cette fille, si Gon n'avait pas été là, il lui aurait montré qu'on ne parle pas aux enfants de cette manière.
– On ne joue pas, assura Gon.
– Comme si j'allais vous croire, les mioches n'ont de toute façon rien à faire ici.
Kirua et Gon ne bougèrent pas et la femme commença à vraiment se fâcher.
– Allez ouste les filles ! Cassez-vous d'ici.
Elle s'approcha menaçante, cherchant sans doute à leur faire peur. Ce qui ne fonctionnait pas du tout. Kirua savait qu'il pourrait mettre fin à ses jours en deux secondes et Gon n'était pas le genre à être effrayé.
– Laisse-les donc tranquille Menchi !
Celui qui venait d'intervenir était un homme d'assez petite taille, dont les vêtements faisaient très « archéologue ». Il avait des mèches de cheveux brunes qui sortaient de son turban. Même sans avoir son nom, Kirua et Gon devinèrent qu'il s'agissait de Ging, il n'y avait aucun doute à avoir. Gon lui ressemblait énormément. Et Kirua sut de qui son ami tenait ses yeux.
- Ging, lâcha Gon.
Ce dernier se tourna vers son fils déguisé en fille et poussa un soupir en se frottant le front d'un air plutôt ennuyé.
– Bonjour Gon, dit-il de façon assez lasse.
Il avait sans doute lui aussi fait le lien avec leur ressemblance, malgré la perruque et la jupe.
– Tu les connais Ging ? demanda la dénommée Menchi.
– Menchi, je te présente mon fils Gon.
– Ton fils ?
Gon et Kirua retirèrent leurs perruques et tout sourire Gon ajouta :
– Bonjour Ging, je t'ai enfin trouvé. Voici Kirua mon meilleur ami dans tout l'univers.
xxx
Ging les invita à manger quelque part et sans lui poser aucune question, il laissa Gon lui raconter son histoire. Gon n'eut pas grand-chose à dire sur les douze ans où il avait été prisonnier, mais il avait beaucoup à narrer sur sa rencontre avec Kirua et leur voyage ensemble.
– Donc, fit Ging quand Gon se tut enfin, si je comprends bien tu es toujours maudit, mais grâce à Kirua, tu peux quand même voyager.
– C'est ça, acquiesça Gon.
Ging se fit pensif et les deux enfants échangèrent un regard.
– Tu es venu pour que je te dise comment retirer ta malédiction ?
Gon hocha la tête.
– Je n'en sais rien, lâcha Ging en haussant les épaules.
Kirua fronça les sourcils, mais Gon attendit la suite.
– Tu n'es pas venu pour te venger de moi ?
– Pourquoi je me vengerais ?
– À cause de moi, tu es maudit, tu es resté prisonnier pendant des années, tu pourrais très bien décider de me mettre un coup de couteau dans le dos pour ce que je t'ai fait subir.
Gon haussa les épaules :
– Si tu avais fait du mal à un de mes amis, je t'aurais peut-être cassé le nez, mais non, je ne t'en veux pas et non je ne suis pas venu me venger. Tout ce que je souhaite c'est savoir comment retirer cette malédiction.
– Je te l'ai dit, je ne sais pas.
Kirua eut envie de lui cracher dessus. Ce salaud vivait bien, tranquillement, et il n'avait même pas cherché à trouver comment retirer la malédiction de son propre fils.
– Mais je connais quelqu'un qui sait peut-être, ajouta finalement Ging.
Le père de Gon lui donna donc l'adresse d'une sorcière de sa connaissance.
– Elle vous dira ce que vous devez faire et elle pourra sans doute mieux vous aider que moi.
Gon hocha la tête, remercia Ging et comme ils avaient fini de manger, se leva pour partir. Ging le retint :
– Tu ne me demandes pas ?
– Te demander quoi ?
– Pourquoi tu es maudit ? Qu'est-ce que j'ai fait pour que tu subisses ça ?
Gon haussa les épaules.
– Est-ce que ça changerait quelque chose ?
– Non.
– Alors non je ne te le demande pas. Tu devais avoir tes raisons, j'imagine.
Il fit un signe de la main vers son père :
– Au revoir Ging, et merci.
Kirua marmonna un « merci pour rien », et suivi Gon.
Ging les regarda partir avec l'air de celui qui était en pleine réflexion.
xxx
La sorcière que Ging connaissait vivait bien à l'adresse indiquée, dans le village à quelques kilomètres de la ville où ils avaient trouvé Ging. Elle s'appelait Pamû et c'était impossible de la louper. La sorcière avait l'air de ce qu'elle était, une sorcière donc. Ses cheveux noirs et frisottés retombaient tout autour d'elle de façon bordélique, et ses yeux violets semblaient déborder de fatigue ou de déprime. N'importe qui en la voyant aurait pensé qu'elle était capable de lancer une malédiction rien qu'en levant le petit doigt. Et si elle pouvait faire ça, pensa Kirua, alors elle pouvait peut-être aussi le défaire.
– C'est un cosplay de Sadako ? demanda Kirua à Pamû après avoir fait les présentations.
L'aura de la sorcière devint plus noire encore qu'elle ne l'était déjà et Kirua se mordit les lèvres. Si elle le transformait en grenouille parce qu'elle le trouvait insolent, il serait bien avancé.
– C'est qui Sadako ? Interrogea Gon.
– Une fille dans un film d'horreur.
– Ah.
Gon ne savait pas ce qu'était un film d'horreur, mais il préféra ne pas le dire. Pamû leur proposa de s'asseoir sur le canapé miteux de son salon et leur servit du thé. Elle versa tellement de sucre dans le sien, qu'il en devint solide. Cette femme était vraiment étrange.
– Dites-moi ce que vous faites ici, ordonna-t-elle.
– C'est Ging qui…
Gon n'eut pas le temps de terminer sa phrase, la sorcière venait de briser entre ses doigts la tasse qu'elle tenait à la main.
– Ging, ce misérable coprolithe !
Il y avait de la haine et de la rancœur dans sa voix. Kirua et Gon échangèrent un regard, avant de l'interroger :
– Qu'est-ce qu'il vous a fait ?
– Rien de particulier, cet homme est juste insupportable. Il joue avec les gens comme on joue aux échecs, il a toujours six plans dans la tête au cas où le premier ne fonctionne pas, et il fait l'idiot pour qu'on oublie qu'il est malin. À la fin, quand il a eu ce qu'il désirait, il s'arrange pour vous donner l'impression que tout est de votre faute.
Autant dire que ce n'était pas une description très positive de Ging.
– Quel est votre lien avec lui ? interrogea-t-elle sombrement.
– C'est mon père, avoua Gon.
Pamû se leva d'un coup pour leur hurler de sortir de sa maison, utilisant sa petite cuillère comme une arme, mais Gon, sans se laisser démonter ajouta :
– Mais il ne m'a jamais élevé, alors je ne le connais pas très bien.
Ces paroles parurent calmer un peu Pamû qui baissa sa cuillère menaçante sans se rasseoir pour autant.
– Qu'est-ce que vous me voulez ? demanda-t-elle méfiante.
Gon raconta son histoire. Kirua le laissa faire. Ils n'avaient pas vraiment le choix tous les deux, s'ils cachaient la raison pour laquelle ils étaient venus, Pamû ne pourrait pas et ne voudrait pas les aider. Pendant que Gon parlait, elle finit par se rasseoir pour l'écouter. Ce gamin n'avait pas eu la vie facile, pourtant quand il parlait de Ging c'était sans animosité aucune, alors que tout était de sa faute.
– Je ne peux pas défaire ta malédiction, dit-elle clairement quand il eut fini de parler.
Gon sentit une grande lassitude monter en lui. Était-il condamné ? Il jeta un coup d'œil à Kirua et réalisa que ne pas soigner sa malédiction permettrait de le garder à ses côtés. Mais il s'agissait d'une pensée égoïste et rien ne disait que Kirua n'aurait pas à un moment envie de rentrer chez lui et de laisser Gon retourner dans sa crevasse.
– Et pourquoi ? s'énerva Kirua. Vous êtes une sorcière non ? Jeter ou enlever les malédictions c'est votre quotidien non ?
– Ce n'est pas si facile, lâcha Pamû sur un ton sévère. La malédiction de Gon est particulière.
– En quoi ? interrogea Kirua.
– Gon est maudit parce qu'il est né. Je ne sais pas avec quoi à jouer Ging, mais ce qui en résulte c'est la malédiction attachée à Gon. Non seulement je ne peux pas la supprimer parce que je n'en suis pas responsable, mais la sorcière ou le sorcier qui en est responsable ne pourra la retirer qu'au prix d'un grand sacrifice.
Gon fit la moue et Kirua demanda :
– Quel genre de sacrifice ?
– Le genre qu'on n'aime pas.
– C'est-à-dire ?
Pamû haussa les épaules :
– En général ça consiste à perdre ce qu'on a de plus précieux.
– Donc, vous ne pouvez pas nous aider ? insista Kirua.
– Je n'ai pas dit ça. Je ne peux pas défaire la malédiction, mais d'après ce que Gon m'a raconté, je crois deviner qui peut en être responsable.
– Qui ?
– Neferupitô. C'est une sorcière sans scrupule, qui utilise la magie noire au quotidien et qui accepte d'exaucer tous les vœux, mais dont la contrepartie est toujours terrible. Ce n'est pas quelqu'un de bien et elle est plutôt dangereuse, et je pense que seule elle peut être responsable d'une malédiction aussi forte.
– Vous savez où on peut la trouver ?
– Non. Mais mes pouvoirs peuvent servir à la localiser, si vous êtes sûr de vouloir la rencontrer.
Kirua regarda Gon, c'était à lui de décider, parce que c'était de lui qu'il s'agissait.
– On est sûr, dit-il, on va la rencontrer.
Pamû acquiesça, puis allant chercher une carte et un couteau, elle s'entailla le bras sous les yeux abasourdis de Kirua et de Gon.
– J'utilise mon sang pour faire fonctionner ma magie, dit-elle.
Elle prononça des paroles étranges, puis son sang coula et atterrit sur la carte, se déversant lentement et parcourant la carte comme vivant, à la recherche de quelque chose. Finalement le sang s'arrêta à un emplacement.
– Voilà où se trouve Neferupitô, annonça Pamû en attrapant un torchon et en le nouant autour de son bras blessé.
Sa magie était plus glauque et plus rapide que celle de Kurapika, mais Kirua devina aussi qu'elle était plus dangereuse. Il prit la carte et l'étudia, il connaissait bien mieux le monde que Gon, et se préparait à devoir voyager loin et longtemps pour rejoindre Neferupitô.
Mais était-ce un hasard ou une coïncidence ? Le sang pointait l'endroit où ils avaient trouvé Ging. Est-ce que le père de Gon leur avait menti ? Est-ce qu'il savait pour Neferupitô ? Comment ne pas douter ?
Ils remercièrent Pamû, Gon très chaleureusement, Kirua beaucoup moins. Avant de partir, Pamû leur rappela que toute magie avait un prix, mais Gon pensait déjà trop à Neferupitô pour l'écouter. Une fois dehors, Kirua exprima ses doutes à propos de Ging, mais Gon préféra croire que son père ne leur avait pas menti.
– Pourquoi nous emmener voir Pamû, s'il pouvait nous indiquer directement la bonne sorcière ?
– C'est ce que je me demande, marmonna Kirua.
Ging paraissait être proche de deux sorcières, et toutes les deux ne vivaient pas très loin de là où il se trouvait actuellement, ça ne pouvait pas être un simple hasard d'après Kirua. Gon tenta de le convaincre :
– C'est comme le fait que tu sois tombé pile dans mes bras, toi qui avais le tatouage pour me faire sortir de la crevasse. Parfois, simplement, le hasard fait bien les choses.
– J'espère que tu as raison, Gon.
Gon acquiesça en souriant et Kirua se sentit bizarre. Il avait tellement envie de protéger son meilleur ami, il avait peur pour lui et peur de le perdre aussi. Il se demandait quel sacrifice réclamerait Neferupitô, mais il était prêt à tout abandonner pour aider Gon.
À suivre.
L'autatrice : je suis désolée pour les mille ans avant de poster ce chapitre, mais j'espère que vous l'aimerez.
