Tel un fauve épiant sa proie, Paul fixait l'objet de sa fureur en retenant tant bien que mal sa haine colossale. Bien qu'il se doutait que Richard n'y serait pas retourné, il avait tenu à s'en assurer et de toute façon, les autres rues suivaient cette maison. Observant Thea à travers les barreaux de son portail de fer, il était caché derrière un poste de transformation électrique placé à quelques mètres derrière le trottoir opposé. Un bosquet à sa droite assombrissait allègrement sa silhouette et le dissimulait aux yeux des voisins, qui dans le cas contraire le prendraient pour un voyeur. Paul avait une vue totale sur la cour dans laquelle la jeune femme poursuivait un garçonnet dans le but de l'amuser. "En plus, elle a un gosse" pensa t-il avec rage. Il l'invectivait de toutes ses forces dans ses pensées sombres, lui en voulant d'avoir attiré l'attention de Richard alors que ce dernier convoitait la sienne sans avoir osé lui envoyer un signe durant des années. Instable et incertain, Richard avait disjoncté avec les deux mais différemment. Paul était jaloux alors que lui-même hésitait sur ce qu'il devait faire à cause de leur attraction mutuelle combattant le côté volage du guitariste. Il avait de plus en plus envie de Richard mais craignait encore de le laisser agir de peur de le voir perdre le contrôle. Richard n'avait jamais eu de patience et le sexe n'était pas une exception à cela, même s'il disait à Paul être capable d'attendre. Il se tortura avec cette pensée ainsi qu'une foule de questions inquiétantes. "Cherchera t-il quelqu'un d'autre le temps que je me décide ? Se forcera t-il à m'oublier s'il m'en croit incapable ?" pensa t-il. Il n'avait aucune réponse mais le pire pour lui serait que son compagnon n'attente de nouveau à sa vie.
Sentant deux mains serrer ses épaules, Landers devina sans mal à qui elles appartenaient mais n'osa tourner la tête.
- Dis-moi à quoi tu penses, mon amour.
Se demandant s'il avait bien fait de l'appeler ainsi puisque Paul le trouvait "désespérant" il y a quelques minutes, Richard chercha tout de même à apaiser le corps tendu de l'aîné qui continuait de regarder Thea.
- Paul ?
Il baissa sa main droite jusqu'à son poing pour le lui faire desserrer.
- Calme-toi, j'ai l'impression que tu vas faire une bêtise. Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je te cherchais. Je t'ai vu longer la rue quand tu es parti, alors j'ai paniqué et j'ai averti les autres.
Kruspe murmura alors qu'il se mit à regarder dans la même direction :
- Il y en a deux qui m'ont fait la peau aujourd'hui, je crois avoir compris la leçon.
Landers l'entendit déglutir et lui caressa la main par derrière.
- J'avais besoin de réfléchir. J'ai pris l'impasse là-bas pour être un peu seul mais une fois dans les hauteurs, je t'ai vu passer à toute vitesse. Quoi ?
Rien que le fait de voir Paul baisser la tête ne fut pas un signe positif pour lui.
- C'est nous que ça regarde alors peu importe ce que dira Schneider, d'accord ? Ne l'écoute pas ! conseilla Paul.
- Je ne penserai pas à lui sous peine de lui en décocher une.
- Je t'en prie, non.
Paul avait tressauté mais bien qu'il tourna enfin la tête vers Richard, la silhouette trop joviale de Thea monopolisa encore son attention. Celle-ci ne semblait même pas atteinte par le pugilat que sa coucherie avec Richard avait engendré, ou bien elle l'ignorait.
- Tu comptes faire quoi avec elle maintenant ? Si son mari vient à en parler dans le village, ça risque d'être une chasse aux sorcières et vu que toi tu repars plus tôt, on sera visés à ta place. Il aurait pu te tuer, pourquoi tu t'es laissé faire ?
Le plus jeune avait senti la rage dans ses derniers mots.
- C'est le seul problème ?
Kruspe le fit doucement pivoter et Paul le devança avant même qu'il n'ait pu extérioriser ses pensées, mais son ton changea radicalement. Il était froid, calculateur et plein de reproches.
- Disons que je t'ai connu plus combatif que ça. Tu attendais d'y passer ou quoi ?
Sans approuver, Richard évita tout regard.
- J'ai couché avec sa femme, il a fait son devoir.
- Et s'il t'avait tué ?
- Parce que je ne le mériterais pas ? Je sais que toi et Till le pensez mais vous fermez votre...
- Enfoiré !
CLAC
Regrettant immédiatement son geste alors que les yeux du brun brillèrent de tristesse, Paul sentit sa bouche trembler tant il lui en voulait mais Richard l'ayant déjà pardonné, il le devança en voyant qu'il allait s'excuser.
- Ça va aller.
- Pardon ! Pardon !
- Laisse tomber, Paul.
L'aîné le serra tout de même contre lui, affrontant un sursaut en guise de réponse comme si le brun craignait un coup à venir.
- Pardon Ricky ! Mais comment tu peux dire ça alors que j'ai cru que j'allais te perdre ? Tu n'as pas compris encore ? J'ai toujours l'impression que tu cherches à en finir depuis l'autre fois.
- N'y pense plus.
Vraisemblablement terrorisé, Landers recula sans lui lâcher les bras et le secoua.
- Bien sûr que si, j'ai peur pour toi. Pourquoi tu n'as toujours pas l'air d'y croire ?
"Parce que je me demande encore si tu es sincère" pensa tristement Kruspe avant de sentir des mains sur ses joues.
- Parle-moi au lieu de te perdre dans tes pensées à chaque fois ! supplia Landers.
En lui prenant les hanches pour l'attirer, Paul se confronta à un brutal mouvement de recul au niveau du bassin. Le coup reçu dans ses parties génitales ne semblait pas l'avoir laissé sans traumatisme. Paul s'avança sans toucher puis lui désigna l'endroit douloureux.
- Comment ça va en dessous ?
Baissant la tête, le brun répondit :
- Je dois dire que le coup dans les couilles, c'était tordu.
Pris d'un rire nerveux, une grosse larme traversa sa joue jusqu'au sol mais il poursuivit en se frottant la tempe, de peur que Paul ne se montre trop prévenant.
- J'ai... j'ai peur qu'on m'approche. C'est uniquement pour ça que j'ai évité de sauter sur Schneider.
- Et si c'est moi ?
Alors que Paul posait cette question dont la réponse valait malheureusement pour lui aussi, Richard le sentit l'embrasser mais eut de nouveau un mouvement de recul en lui prenant la main. Il décida donc de laisser sortir ce qui le tourmentait à propos de lui.
- Écoute ! M'avoir embrassé devant les autres ne change rien, ni ce que tu as fait pour moi dans la chambre. J'ai dit que je pouvais attendre mais toi, tu as voulu faire un pas aussi. Je sais que tu m'as avoué dire toujours la vérité en face sans coups tordus mais vu la gravité des choses qui sont arrivées ici, j'ai toujours le sentiment que tu ne veux pas aller plus loin avec moi, surtout depuis que tu sais pour Laurence. Tu restes près de moi mais j'ai l'impression que... comme tu l'as dit derrière la maison, c'est pour me surveiller. Je t'aime, mais pas question de te laisser faire semblant de m'aimer si je te fais peur.
Il ne fut guère étonné de voir son amant faire la moue avec le découragement gravé sur son visage car en cela, Paul était exactement comme lui.
- Alors soit tu me traites de menteur, soit tu n'as pas confiance en moi. Tu parles d'un dilemme de merde ! cracha Paul.
Bien qu'il en fut froissé, il se doutait bien que se lier avec Richard signifiait dès le départ emprunter une route semée d'embûches.
- Je passe mon temps à tout ressasser et à me dire des choses contradictoires, tu sais ! À des moments j'y crois, à d'autres non. Il y a des moments où je pense que tu veux me laisser une chance et d'autres où je pense que tu veux tout arrêter. Je ne le montrais pas mais pour moi, tu simulais au départ pour me garder en sécurité et quand j'ai avoué pour Laurence, tu t'es méfié alors j'ai eu l'impression que tu commençais à revenir en arrière pour éviter de trop me bercer d'illusions. Mais quand tu m'as encouragé à aller au village, tu m'as approché au lieu de me dégager. Tu m'as aussi rejoint plusieurs fois sous la douche pour m'aider moralement et physiquement, et c'est dans ces moments-là que je vois du bon, y compris après que j'ai hurlé sur Lars. Pourtant, quand tu m'as trouvé au lit avec Thea, j'ai vraiment cru que ce serait fini et que tu me le ferais payer peu importe ta façon de le nier. Il y a plus de bas que de hauts avec moi. Je suis désolé si ça te fait du mal de l'entendre mais je n'ai pas du tout confiance en moi alors pour les autres, c'est encore plus dur. Crois-moi, je t'aime mais c'est difficile de raisonner quand on ne s'aime pas soi-même.
Faisant quelques pas sur le côté pour prendre une grande inspiration et digérer cette confession lourde de sens, Landers ne sut s'il devait s'en trouver soulagé ou bouleversé. Incapable de penser sainement après cela, il se tourna et expira difficilement :
- Tout ça malgré ce que j'ai pu dire et faire ? Eh ben c'est vraiment le bordel dans ta tête.
Haussant les épaules, Richard le vit revenir face à lui et ils se prirent les épaules. Kruspe se pencha afin de vérifier la cour de Thea, désormais vide, puis revint vers la voix qui le rendait fou.
- Je ne vais pas nier que c'est choquant. Dans cette histoire, on a une victime et un violeur.
Relâchant sa prise, Richard conserva un regard aussi neutre que possible mais anticipant d'autres excuses, il fit preuve de franchise.
- Voilà pourquoi je disais que tu n'arriverais plus à me regarder sans y penser.
- C'est d'avoir abordé le sujet mais quand je te regarde, je pense à l'homme que j'ai toujours connu et pas à un criminel.
- Si tu le dis. Si le choc dont tu parles ne me noircit pas le visage quand tu y repenses...
"Et il insiste encore" pensa Paul avant d'être saisi par un rire sans joie.
- Il était question de moi au départ, tu as parlé d'un autre viol plus tard alors mets-toi à ma place. Deux agressions sexuelles, c'est déjà énorme pour un homme mais plus venant de toi. Et puis Rick... tu crois que je n'ai pas l'image de toi au lit avec ta mijaurée quand je te regarde ?
Montrant son malaise, Richard fronça légèrement les sourcils.
- C'est pour ça que tu as tendance à m'éviter depuis ?
- Je t'évite quand je me sens mal et c'est rare. Mais je me sens mal parce que tu te sens mal et que je n'arrive pas à te remonter le moral. Pour moi, c'est contagieux et tu sais que je peux être aussi dépressif à des moments. Quand je te reverrai enfin sourire franchement, tout ira mieux.
Alors que Paul avait vainement tenté de l'encourager, Richard se souvenait dorénavant ne pas être le seul à vivre des phases de déprime.
- Alors c'est peine perdue parce que tant que je verrai vos visages vengeurs, je n'irai pas mieux. Till me l'a bien fait comprendre, il m'en veut à mort pour la fin de ma vie.
- Il veut seulement voir que tu te sens coupable parce que ça atténue sa douleur, mais ça n'empêche pas quelqu'un de vivre. Ça montre que tu assumes les conséquences, mais il finira par te pardonner. Je te dis que si alors arrête de secouer la tête parce que si tu ne tiens pas à ta propre vie, moi j'y tiens malgré ton caractère de merde. Tu ne comprends pas que je t'aime ? Tu n'as pas confiance en moi parce que c'est justement ce que tu éprouves pour toi. Tu l'as dit toi-même mais putain... moi je t'aime et je n'en peux plus de te voir t'enfoncer.
Richard hocha négativement la tête en fuyant son regard.
- On parle de toi.
- Ah ?
Landers lui retourna le visage et insista pour le regarder dans les yeux.
- C'est toi qui n'as aucune confiance en nous. En plus, tu changes de sujet ! souleva Paul.
Hochant la tête d'un geste à peine visible, Richard désigna la propriété du doigt en émettant un rire qu'un simple inconnu aurait pu qualifier de sournois.
- Tu es caché en train d'observer une femme devant chez elle comme un prédateur alors que son mari vient de me casser la gueule. S'il te voit, il pourrait penser que tu cherches les problèmes et je ne veux pas qu'il t'arrive la même chose. J'ai peur pour toi parce que je sens que ça n'a aucun rapport avec Laurence ni les gars. Alors c'est une vengeance ou tu as peur que je sois encore tenté par Thea ? Parce que comme je t'ai dit, j'ai compris la leçon.
- Ta queue parle avant ta tête quand ça concerne les femmes, ne dis pas le contraire. Quand elles t'occupent l'esprit, tu as des œillères.
Quittant la concernée des yeux, Kruspe fronça légèrement les sourcils mais n'hésita pas à reconnaître que Paul avait raison sur ce point. Cependant, l'attitude de Paul depuis ces mots le préoccupait car il ne le regardait plus et son corps se relâchait.
- Tu veux dire que tu es jaloux ? s'enquit Richard.
Évitant toute dispute en le voyant ailleurs, il l'incita à s'asseoir dos au mur pour pouvoir parler tranquillement sans avoir Thea sous les yeux. Il caressa ses lèvres fines et le vit enfin redescendre sur terre.
- Écoute, tout le village l'a vue se disputer avec son mec à la fête. Elle a pu faire exprès de te suivre après et si c'est le cas, ça pourrait empirer. Pourquoi tu crois que cette connasse a encore l'air si joyeuse ? Elle s'en fout et c'est tout ! grogna Paul.
De nouveau, Richard s'estomaqua de le voir cracher une insulte contre cette femme et cela lui parut toujours aussi inconcevable venant de lui.
- Ça ne te viendrait pas à l'idée qu'elle n'est peut-être pas au courant de ce qui est arrivé ? Son mari n'a pas l'air d'être rentré, il est sûrement avec les autres le temps de se calmer. Soit il n'ose pas lui faire face, soit il a l'habitude des infidélités de sa part mais a préféré tomber sur moi... ou les deux.
D'un air compréhensif envers le mari, Paul nia.
- Vu comme il avait l'air blessé, je ne crois pas. C'était la tête du mec qui se sent trahi et je connais ça.
Soufflant en regardant le ciel, Richard prit une grande inspiration.
- Ok ! Elle ne m'a pas suivi parce que je n'ai pas arrêté de me retourner, je voulais voir si tu me suivais pour rentrer avec moi. Je me suis même assis dans l'ombre juste là-bas, j'ai fumé une clope sans voir arriver personne pendant un bon quart d'heure. J'ai pris mon téléphone pour t'appeler mais j'ai pensé que tu ne répondrais pas, alors j'ai laissé tomber. J'ai failli me mettre à pleurer, je ne tenais plus en place alors je me suis relevé. C'est là que j'ai entendu quelqu'un arriver. J'espérais que ce serait toi mais non, c'était Thea. Elle allait rentrer chez elle mais quand elle m'a vu au bord de la route, elle m'a rejoint. Alors j'ai craqué et je l'ai amenée à la maison. Tu te sens mieux ou pas ?
Troublé, Paul s'étonna d'une réponse aussi détaillée venant de celui qui détestait les questions sur ses débordements. Réalisant à quel point il avait espéré le voir arriver, il murmura tristement :
- Je te crois, Reesh.
Soulagé, le plus jeune se tourna correctement et demanda :
- Toujours est-il que tu n'as pas répondu. Tu es jaloux ?
Sans réponse physique ni verbale, Richard dut chercher par lui-même. Il tourna son visage et vit un début de larmes poignant.
- Je suis sûr de ce que je ressens pour toi, Richard. Mais comme je t'ai déjà dit, j'ai peur de passer à l'acte pour l'instant alors je risque d'être moins réactif. Comme tu avais des vues sur elle et que tu as tendance à être téméraire, j'ai peur que tu ne perdes patience avec moi et que tu retournes la voir quitte à t'attirer des ennuis. Même si je te parais désintéressé, je ne veux pas te perdre.
Encore secoué par le coup reçu entre ses jambes, Richard en fut tout de même ému et attira prudemment Paul sur ses cuisses avec une proximité contrôlée. L'embrassant, Paul adoucit ses lèvres endolories et son visage marqué. Il détailla chaque blessure avant de déposer un baiser dessus, puis la main de Richard qui longea son t-shirt le détendit. Pour un homme qui venait d'être passé à tabac, il se souciait plus de Paul que de lui-même.
- Paul, j'attendrai autant qu'il le faudra même si je crève d'envie de te faire l'amour. Thea me permettait de cacher ce que je ressentais le temps d'être ici. J'aime te voir rougir comme ça aussi. Je t'aime et même si je peux être brutal quand je te touche, il n'y aura aucune pénétration sans ton accord. Je te l'ai dit, c'est toi qui auras ce premier droit. J'aimerai juste que tu m'autorises les autres pratiques en attendant, celles qui ne font pas mal. Si tu veux, ma première fois pourrait être juste manuelle ou orale, je n'ai pas peur de me lancer. J'ai envie de goûter à ta chair, j'ai vraiment envie de toi mais je ne t'obligerai à rien.
Il sourit en voyant Paul si intimidé par son vocabulaire qu'il s'arrangea pour cacher son rougissement dans son cou. Mais Richard savait qu'il ne perdurerait pas étant donné ce qu'il avait à lui dire ensuite.
- Autant que je le dise, Thea n'est pas mon plus gros problème du moment.
Intrigué, Paul vint replonger dans ses iris pour l'encourager.
- Dis-moi ce qu'il y a d'autre.
Expirant longuement, Kruspe préféra fermer les yeux.
- J'ai voulu retourner où tu penses tout à l'heure, surtout qua...
- Quoi ?
Horrifié, Paul lui attrapa la mâchoire mais le brun se dégagea.
- Hé !
- J'y pensais mais quand je t'ai vu passer, j'ai eu peur pour toi et je t'ai rejoint.
Désespéré, Paul franchit le peu d'espace entre leurs bustes et l'étreignit.
- Ricky...
Bien que sursautant encore, Richard lui rendit ce contact.
- J'en ai marre de tout ça, Paul, je ne peux plus penser normalement. J'ai perdu mon meilleur ami et tout le monde me pointe du doigt. Qu'est-ce que tu crois que j'ai envie de faire ? Vous et mes enfants êtes mes raisons de vivre. Vous êtes tous mes piliers et vous tombez les uns après les autres, même toi depuis que je t'ai parlé de ce que j'ai fait, tu me vois d'un autre œil et je te défends de dire le contraire. Ça plus le fait que j'ai abusé de toi. Je sais que tout est de ma faute mais je commence à me demander si je vais en payer le prix jusqu'à la fin de ma vie. Till m'en veut et c'est normal, mais j'aimerai autant qu'il me dise qu'il ne veut plus jamais me voir et pareil pour toi. Mieux vaut être sincère plutôt que de me croiser chaque jour en me regardant de travers. Si le prix à payer c'est de vous causer du dégoût, je ne vais pas le supporter.
Las de lui répéter que non, Paul se releva doucement et lui caressa les cheveux.
- Tu sais que je n'ai plus aucun sentiment négatif pour ça.
- Je t'ai pourtant dit qu'il n'y avait rien de bon à apprendre sur moi...
- Tu me prends pour un exemple ?
À bout de patience, Paul l'obligea à se remettre debout et le serra fort contre lui.
- Dis-moi, as-tu fait pire que ce qu'on a appris ces derniers jours ?
Richard secoua la tête immédiatement, puis recula avant de répéter ce geste négatif afin que Paul ne l'interprète pas mal.
- Non.
Paul sourit en descendant ses mains sur ses fesses.
- Alors tout va bien.
Richard haussa les épaules.
- On ne peut pas dire que je sois un modèle de stabilité émotionnelle, surtout en ce moment.
- Mentale non plus à vrai dire, mais je m'en fous. Que serait le monde si on n'avait pas un petit grain ? rit Paul.
- Je refuse que mon meilleur ami et toi me reprochiez ça toute ma vie. On en parle ou il me dégage.
- Je ne te reproche rien, c'est ta conscience qui parle. Sache que je t'aime malgré ce que tu as fait, je me fiche que tu me crois ou non parce que j'en ai assez de me justifier. Quant à Till, on va attendre un jour ou deux et on lui en parlera, tu as ma parole.
"C'est ça et en attendant, je rampe dans mon coin" pensa Richard. Lui prenant les hanches, Paul goûta délicatement ses lèvres salées encore souillées par le sang, et lui proposa de rentrer après avoir constaté que la cour en face était dégagée.
ooOOoo
Richard s'enferma le reste de la journée pour éviter les regards assassins de Lindemann et compatissants des autres, résolu mais renfrogné à la perspective de voir défiler des jours moroses. Il obligea Paul à rester avec les autres même si ce dernier lui imposa des venues régulières. Bien que Richard accepta car au fond il désirait sa présence, il l'aimait et tenait à le préserver de son caractère lunatique et taciturne du moment. Par malheur, ce dernier se manifesta à chaque fois que Paul venait lui faire un câlin. Évidemment ! Il arrivait alors que Richard broyait du noir donc sa joie revenait à petit feu... pour disparaître à nouveau lorsqu'il sentait Paul sur le point de repartir. À dix-neuf heures, Kruspe finit par lui demander de ne plus revenir en prétextant vouloir dormir alors qu'en réalité, il devenait fou et voulait le garder en sécurité loin de lui. Ceci fait, il le regretta car ces derniers jours, seul Paul savait raviver sa flamme joyeuse, sa plaisanterie infantile, son sens moral, de l'amitié et de la famille. Comme ses enfants, Landers lui donnait envie de vivre. Il le maintenait dans le droit chemin avec ses mains de velours et son sourire d'ange. Mais un ange qui avait failli franchir la ligne jaune quelques heures plus tôt, cela noyant Kruspe dans des pensées noires dans lesquelles il arrivait malheur à Paul. Pour finir, il était très difficile pour Richard de garder l'homme qu'il tenait tant à protéger du monde s'il lui fallait également l'éloigner de lui-même pour le protéger. À la merci de la moindre pulsion violente due à sa solitude et sa mélancolie, il se tourna pendant plus d'une heure en grognant contre ses douleurs corporelles avant de pouvoir fermer les yeux.
Bâillant en entrant dans la chambre, Paul vit avec l'éclairage du couloir que Richard dormait au bord du lit. Il referma, se déshabilla silencieusement dans le noir en laissant ses vêtements au sol, puis enjamba Richard aussi doucement que possible après s'être cogné l'orteil en voulant contourner le lit. Riant de sa maladresse discrète, il savoura le ronflement inhabituellement faible du brun qui allait lui permettre de dormir.
- Fais de beaux rêves, mon amour ! murmura t-il.
Malheureusement, il n'avait aucune idée du poids des tourments qui écorchaient l'âme de Richard nuit après nuit et transformaient ses rêves en cauchemars.
Bien que tous deux à l'étroit, Paul parvint à trouver le sommeil comme d'habitude mais ce fut pour une courte durée. Après qu'un mouvement l'eut réveillé, il réalisa que sa nuit allait être écourtée lorsque sa main caressa le lit vide. Les yeux fermés, il marmonna sous la fatigue :
- Reesh ?
Son appel ne recevant aucune réponse, il émergea et tâtonna vers le milieu pour savoir s'il était assis. Personne ! Anxieux, Paul ouvrit entièrement les yeux après avoir senti un courant d'air tout près. Espérant que Richard n'était pas tombé du lit, il attrapa son portable pour allumer la lampe-torche. Surpris, il l'aperçut avec la main sur la poignée de la porte mais ce dernier ne le regarda pas.
- Mais où tu vas ?
Kruspe sortit sans répondre. Paul sut cette fois que son silence était délibéré et lorsqu'il vit la porte se refermer, il se leva aussi rapidement que possible. Craignant le pire devant cette recrudescence de renfermement, il ne rattrapa Richard qu'après s'être cogné à un autre meuble qu'il prit le temps d'insulter. Jugeant plus prudent d'éclairer le sol que l'autre homme, il le suivit à l'étage puis se figea en le voyant devant la porte de Till. "Merde, ça sent mauvais" pensa Paul avant de voir sa crainte prendre forme.
- Till !
Le guitariste avait craintivement appelé son ami sans frapper à la porte, mais il aurait du se douter qu'un ton aussi bas n'aurait pas réveillé une souris. Hésitant d'abord, il fit ce qu'il devait faire afin d'être entendu.
TOC TOC
- Till ! Ouvre-moi, il faut que je te parle.
Le ton était ferme cette fois, forçant son amant à le rejoindre.
- Mais tu vas réveiller les autres, enfin ! En plus, pas à cette heure-là...
TOC TOC TOC
- TILL !
Dès lors, Paul paniqua.
- Je t'en prie, ne déconne pas.
Voyant son entêtement, Paul se plaça entre lui et la porte et trouva le meilleur moyen de le détourner de son but : l'embrasser. Il lui prit les mains ensuite et malgré un couinement de refus indiquant que son compagnon était sur le point de pleurer, Paul le ramena difficilement au rez-de-chaussée en direction de la cuisine.
Désormais, Richard tournait en rond mais malgré l'obscurité, Landers le vit fixer l'escalier à trois reprises.
- Il est où cet interrupteur ? Et puis merde, regarde-moi autant que tu peux.
Paul venait de se rattraper puisqu'il était difficile pour eux de cerner un seul trait de visage dans le noir. Oubliant la lumière, il prit le visage de Richard.
- Je n'arrive plus à discerner le son de ta voix parce qu'à chaque fois que tu ouvres la bouche, c'est pour prononcer le même prénom. Tu deviens dingue à force d'y penser, vide-toi le crâne.
Après un interminable silence, Richard fit entendre sa voix larmoyante.
- Comment ?
Ravi mais peiné, Paul claqua des dents tant cet éternel problème le rendait nerveux.
- Il faut que ça vienne de lui, tu dois lui laisser le temps.
- Je ne peux plus attendre, je veux lui parler.
- Non !
Paul dut lui faire barrage de nouveau et malgré la force du plus jeune, il parvint à l'arrêter.
- Oublions Till un moment et réglons ce qui peut être réglé. Je sais que tu doutes encore de moi même si je t'ai dit que je t'aime, tu as eu peur de me le dire cet après-midi. Tu as ma parole que j'ai dit la vérité, tu avais juste rebuté mon envie à cause de tes aveux.
- Justement, ça... ça t'a peut-être fait prendre conscience que tu faisais fausse route ? Je sais que tu hésites même si tu dis que tu m'aimes. Résultat, je suis perdu.
Désespéré, Paul grogna et le serra contre lui.
- Je n'hésite plus, mais tu n'as pas un bon timing on peut dire. Je réalisais lentement ce que je ressentais pour toi et pile à ce moment, tu casses tout avec une histoire de viol datant d'il y a six ans. Mais même si je n'en suis qu'à mon début de prise de conscience, rien ne me fera faire marche arrière parce que je sais ce que je veux. Je veux t'aider et te montrer aussi ce que je ressens pour toi.
Paul s'inquiéta de son silence mais Kruspe le brisa en tremblant.
- Tu sais quoi ? Pour une fois, je crois quelqu'un.
- C'est bon à entendre.
Le cœur réchauffé, Landers l'embrassa profondément en soupirant de bonheur. Savourant les gémissements instinctifs de Richard, Paul espéra terminer sa nuit et chuchota :
- Allons nous recoucher, tu veux ?
- Ok !
Rassérénés une fois dans la chambre, Paul alluma la lumière mais en voyant Richard humidifier ses lèvres en s'asseyant, il proposa d'aller lui remplir un verre d'eau. Bien qu'acceptant, Kruspe l'attira à lui et l'embrassa tendrement avant de le relâcher.
Refermant la porte avec le sourire, Landers blêmit soudainement. Hésitant en voyant la cuisine allumée depuis le couloir, Paul prit son courage à deux mains en espérant qu'un de leurs amis avait juste soif. Il tomba nez à nez avec Till qui se frottait les yeux en regardant partout autour de lui, mais fit comme si de rien n'était.
- Salut vieux !
- C'était quoi ce boucan ? J'ai entendu Richard m'appeler.
Raté ! Paul déglutit sans le regarder et remplit le verre d'eau.
- Tu as du rêver.
- Menteur ! Tu es pâlot alors accouche.
Agacé, son guitariste fronça les sourcils.
- Si tu veux la vérité, il tambourinait à ta porte. Il voulait te parler parce qu'il n'en peut plus d'attendre.
- Pour me balancer vos problèmes de couple ?
Voir l'aîné désintéressé ne choqua pas Paul, cela confirmant les dires de Richard sur son rejet. Malgré leur amitié, le plus petit n'en demeura pas moins menaçant lorsqu'il le fusilla du regard.
- Amusant ! Il pète les plombs depuis que tu le traites comme un pestiféré. Tu lui en veux tellement qu'il attend un retour de bâton. Même de moi au début, il me l'a dit. Il a à peine confiance et tant qu'il n'aura pas confiance, il continuera à déconner et lui faire la morale ne changera rien. Tout ce qu'on lui a reproché le rend complètement cinglé. Il cherche à retrouver son meilleur ami mais tu le repousses.
- Je ne le repousse pas, c'est quoi cette histoire ?
- Cette histoire avec Laurence, fais pas l'ignorant.
Les larmes aux yeux, il se retint d'envoyer le verre à travers la pièce.
- Il dit avoir perdu son meilleur ami, Till. Il doutait de moi à cause de Lars et parce que j'étais distant après qu'il ait avoué son crime. J'ai peur qu'il fasse une connerie alors il faut vraiment que tu lui montres que tu l'aimes toujours, si c'est le cas. Il sait qu'il doit payer le prix de ses erreurs mais à vie, ça le tuera. Il pensait que je faisais semblant de l'aimer pour qu'il reste tranquille, tu te rends compte ? Et il ne te le dira pas alors je vais le faire... si tu ne le vois plus que comme l'homme qui a violé Laurence, il veut le savoir vite par...
Il voulait lui parler de l'éventuel départ de Richard mais finalement, les mots restèrent bloqués dans sa gorge.
- Tu ne comprends pas qu'il perd l'envie de vivre ? Il n'y a aucune véritable façon pour un homme d'assumer son crime. L'unique chose à faire est de s'excuser auprès de la victime mais Richard a agi contre deux personnes, voire trois avec moi. Vous lui en voulez tous les deux et c'est tout à fait normal, mais maintenant il voit le mal partout et il n'arrivait pas à croire à mon pardon cet après-midi encore. Autre chose, il n'a pas eu le dessus sur le mari de Thea parce qu'il s'est laissé tabasser.
Pour une fois, l'expression de Till se changea en une mine triste et déconfite.
- Mais ce mec était à deux doigts de le tuer ! se souvint Till.
- Il s'en branle parce qu'il perd la tête. Tu ne réalises pas qu'il a besoin de nous ? Je compatis vraiment pour ta copine, c'est normal d'en vouloir à Richard mais il ne faut pas l'abandonner. Pourquoi tu as autant attendu avant de lui montrer que tu savais ? Pas seulement à cause du bébé ?
S'asseyant, Lindemann commença à fixer le verre.
- J'avais peur d'en parler, j'ai juste saisi l'occasion en vous écoutant.
- Et s'il n'en avait pas parlé ? demanda Paul.
Till haussa les épaules.
- Tu te taisais alors que tu savais tout avant. Je comprends que tu ne voulais pas donner les détails pour le bébé mais en gardant le silence, tu n'as jamais montré que tu avais la rage contre Reesh. Maintenant que tout est exposé, tu agis comme si ça venait juste d'arriver. Il fallait lui en parler autrefois parce que là il ne comprend pas, et moi non plus. Ton ignorance le fait vraiment souffrir. Je te comprends, crois-moi, s'il avait fait ça à ma copine... j'ignore ce que j'aurai fait mais à nos âges, il faut trouver des solutions pour ne pas perdre nos proches. Je l'aime, tu crois que ça me plaît d'être pris entre deux feux parce que mon ami et mon mec se déchirent ?
- Richard a peut-être fait ton bonheur, mais moi j'ai perdu le mien à cause de lui.
Le voyant baisser la tête, Paul s'appuya sur la table et le força à le regarder.
- Alors pourquoi tu m'as poussé vers lui quand j'hésitais ? Tu es resté dans l'ombre mais tu nous as aidés à solidifier notre couple. Tu disais que mon hésitation lui ferait du mal alors je l'ai surmontée. La preuve que tu t'inquiètes encore pour lui ! À toi de montrer que tu ne le vois pas comme une bête monstrueuse, parce que ça le détruit à petit feu. Tu es mon ami et je t'aime autant que lui, mais lui aussi il t'aime et il ne mérite pas que tu le traites comme ça. Tu dis d'ailleurs que Laurence pense à revenir avec toi. Penses-y, tu as deux raisons de repartir de zéro avec Richard. Je n'ai aucune envie qu'il cherche à se foutre en l'air à cause de ta haine du passé, et tu sais de quoi je parle.
Prenant le verre, Paul le laissa pantois dans la cuisine et alla retrouver l'homme qu'il aimait. Enfouissant sa tête dans ses mains, Till marmonna pour lui-même :
- C'est vrai.
De retour dans la chambre, Landers constata avec effroi que la pièce ainsi que la salle de bain étaient vides.
- Ricky ! murmura t-il.
Se retenant de hurler, il espéra que son petit ami n'avait pas surpris sa conversation avec Till pour ensuite fuir dans la nuit. Serrant les doigts sur son crâne à s'en arracher les cheveux, il vérifia jusqu'au bout du couloir puis tourna en rond dans la chambre en tentant de se rassurer.
- Non ! Non ! Non ! Tout va bien, il n'est pas loin et il va...
- Paul ?
Richard était apparu derrière la fenêtre avec une cigarette à la bouche, un regard interrogateur. Soulagé, Paul le rejoignit hâtivement et se jeta dans ses bras au point que Richard en étouffa. Déposant des baisers dans son cou, il lui tapota le dos mais entendit Paul jurer :
- Mais quel idiot !
Richard fronça les sourcils sans comprendre.
- Quoi ?
- Tu m'as fait peur, je te croyais reparti.
Kruspe se pinça les lèvres avant de le prendre par les hanches.
- Eh bien comme tu peux le constater, je fumais. J'avais juste repoussé la fenêtre pour éviter que ça empeste. Je te demande pardon.
Richard écrasa sa cigarette dans le cendrier posé sur le rebord avant d'entraîner Paul à l'intérieur, ce dernier laissant la lumière allumée pour se rassurer de sa présence. Notant ce détail, Kruspe s'allongea face à lui et caressa son visage enfantin.
- Je te promets de ne plus jamais déguerpir dans ton dos.
Il s'inquiéta de voir Paul trembler et se redressa. Craignant qu'il ne soit pas convaincu par sa parole, Richard s'allongea sur le dos et l'attira sur lui pour le lui prouver autrement tout en susurrant des mots rassurants. Il l'embrassa, mordilla ses lobes d'oreilles et le caressa durant plusieurs minutes avant de sentir un signe d'apaisement. Caché dans son cou, l'aîné s'exprima finalement.
- Pardon d'avoir pensé que tu...
- Je ne peux pas t'en vouloir, je t'en ai fait voir beaucoup. Et je deviendrais dingue aussi si je perdais toute trace de toi.
Alors que le ton lui avait semblé plus bas à ce moment-là, l'aîné releva la tête et Richard se figea lorsque leurs regards s'accrochèrent, tellement que Paul se sentit bizarre.
- Tu te sens beaucoup fatigué ?
- Non ! Me lever pour aller gueuler sur une porte m'a flanqué un coup de fouet. Désolé si je t'ai coupé l'envie de dormir. Tu veux éteindre et faire un câlin le temps que ça revienne ? demanda Kruspe.
Lui qui s'attendait à une réponse ordinaire, il eut droit à un beau rougissement sur les joues de son amant et sourit d'une telle réaction pour une proposition aussi banale que la sienne.
- En fait, j'ai autre chose à te proposer.
Paul se prit à réfléchir sur le fait de revenir en arrière mais changea vite d'avis, Richard constatant de toute façon l'ampleur que prenait son entrejambe sans chercher à en profiter de peur d'en faire trop ou de se tromper. Ce ne fut que lorsque Landers se mit à caresser son caleçon et l'embrasser en même temps que Richard écarquilla les yeux. Il n'était pourtant toujours pas sûr de l'envie de Paul alors il le laissa agir à sa guise.
- Tu as envie de promener tes mains baladeuses quelque part ? le provoqua t-il.
Ce à quoi il ne s'attendait pas, ce fut la réponse crue de Paul.
- Disons que c'est plutôt ma bite qui a envie de se promener où tu penses.
Paul rit de son audace en voyant de quelle façon Richard le regardait.
- Euh... c'est vrai ? hésita ce dernier.
Fixant ses lèvres brillantes, Landers répondit à sa manière. Il l'embrassa voluptueusement et plongea cette fois la main dans son caleçon pour caresser plus directement le sexe de son compagnon. Les gémissements émis sur l'instant firent perdre à Paul un peu plus de sa maîtrise. Se séparant alors que son désir augmentait de plus en plus, Paul murmura chaudement :
- J'ai envie de cette première fois, mon amour. Je ne sais pas si tu es d'attaque et je n'ai pas envie que tu te forces vu l'heure. Je me rappelle que tu as dit une fois q...
Il se tut lorsque le doigt de Kruspe se posa sur ses lèvres.
- Ce n'est pas parce que je ne bande pas encore que je n'ai pas envie. C'est vrai que je suis plus long à la détente quand mon moral est au plus bas mais rappelle-toi que la première fois doit être la tienne, alors ça ne me gêne pas de rester calme tant que je sais que toi tu te feras plaisir. Sauf si tu préférerais me voir dans le même état ? Moi, je veux t'avoir en moi et c'est suffisant pour que je me fasse plaisir même sans érection. Déjà ton regard là commence à m'embrouiller les sens.
Les pupilles dilatées, l'aîné grogna presque en se jetant dans son cou pour l'embrasser.
- J'ai plus qu'envie de toi maintenant.
Toutefois, il releva rapidement la tête.
- Tu te doutes bien que ce qui m'inquiète, c'est le fait qu'on n'ait pas de lubrifiant mais sinon...
Tu par un baiser chaste, il sentit les mains et les lèvres de Richard lui démontrer toute sa patience.
- Je t'ai dit que s'il le fallait, on ferait ça de façon innocente. On a toujours une bouche et nos mains pour se faire plaisir. Je peux attendre pour la pénétration si tu n'es pas rassuré ou alors tu peux quand même le faire, je suis prêt à encaisser. Je t'aime Paul.
Le regard implorant et éloquent de Richard fit craquer son amant mais même si ce dernier était nerveux, il réalisa que s'il devait montrer à Richard qu'il lui faisait confiance, c'était maintenant. Après tout ce que Richard avait enduré, il lui devait au moins ça. Souriant, Paul le laissa entrer dans sa bouche pour bousculer sa langue avec la sienne en guise remerciement, puis Richard s'abaissa jusqu'à pouvoir lui lécher la gorge. Heureux de l'entendre accepter, le brun lui fit goûter à ce qu'il lui avait donné sur le canapé, léchant avidement sa langue tout en commençant lentement à le déshabiller. Pour une nuit qui avait mal commencé pour eux, elle se poursuivait dans l'extase.
à suivre...
