1. Désolé. Je voulais faire des jours de publication, et j'arrive à rien respecter, mea culpa. Le pire étant que les chapitres sont écrits, mais je suis tellement claquée que j'oublie de les publier. Bref, zero, excuse, j'espère que vous me pardonnerez.

2. J'ai un soucis de guillemets depuis un petit moment ! Le chapitre 8 a été modifié 3 fois sur Doc Manager, rien a faire : ça continue.

J'ai retenté aujourd'hui et j'ai réactualisé le chapitre. A voir, j'espère que ce soucis va se résoudre car j'en ai passablement marre :) Et je me doute bien que c'est super relou à lire. Une fois encore, je m'en excuse.

3. CF point 1. je suis désolée aussi, je ne trouve pas le temps de répondre aux reviews mais sachez que je les lis toutes !

Bisous !


Chapitre 9.

Ils s'étaient disputés, forcément. Elle aurait dû anticiper ce problème.

Parfois, elle oubliait qu'elle et Snape étaient d'une incompatibilité extrême sur de multiples sujets. Le travail n'y faisait pas exception.

Cela étant dit, leurs divergences avaient permis de jeter un regard neuf sur ses recherches concernant le puissant sort d'oubliette qu'elle avait jeté à ses parents. Et, avant qu'ils ne quittent la Salle sur Demande sur les nerfs, elle n'avait même pas pu s'empêcher de se jeter dans ses bras comme une pure imbécile.

Snape avait été pris de cours, et lui avait maladroitement rendu son accolade avant de grogner dessus.

Parfois, elle se détestait, elle et ce sentimentalisme totalement inapproprié. Auparavant, Snape avait été immunisé, mais voilà qu'il l'aidait et qu'elle se mettait à le bénir.

Après ça, elle avait cogité toute la nuit avant de se rendre chez les Weasley pour le déjeuner. Même si sa visite avait été improvisée, Molly l'avait accueilli avec ce même entrain habituel. Hermione avait rejoint Ginny dans sa chambre et la rouquine avait explosé de joie à sa vue. Elles ne se voyaient plus beaucoup depuis leur départ de Poudlard et leur arrivée dans la vie active.

« Je dois te parler, lâcha la jeune femme en acceptant la tasse de thé que son amie lui proposait.

_ Je t'écoute.

_ C'est à propos de tu sais qui… »

La rouquine n'esquiva même pas une infime expression de surprise. Hermione parlait régulièrement de leur ancien professeur de potions, et surtout, de la façon dont il la rendait chèvre. Lorsqu'elle prononça ces mots, Ron passa la tête par-delà la porte comme une petite fouine.

« Tu veux plutôt dire « Snape » ? »

Hermione leva les yeux au ciel. Malgré leurs tumultes passés, elle et Ron étaient toujours restés amis, et le garçon avait été des plus productifs lorsqu'elle avait dû trouver de nouvelles idées de mauvais tours à jouer sur son collègue. Elle soupçonnait Georges d'avoir une mauvaise influence sur lui.

Ron pénétra dans la chambre de sa sœur sans y être invitée, et Hermione afficha une mine de pur agacement lorsqu'il s'installa sur le lit, comme prêt à sortir les pop-corn.

« Je ne peux plus prononcer son nom. McGonagall a lancé une malédiction, et je n'ose imaginer ce qu'il se passerait si je le disais. Désormais, il nous est même défendu de nous adresser la parole.

_ Pardon ? S'exclama Ginny, les yeux ronds. Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ?

_ Il est possible… Enfin, fort probable, que j'ai caché, par mégarde bien sûr, un klaxon dans sa salle de classe pour la rentrée, et qu'on ait… rendu nos élèves à moitié sourd en se le faisant sonner aux oreilles à tour de rôle. »

Hermione grimaça, tandis que Ron éclata de rire.

« Ton ennemi n'est pas loin, commença à imiter Ginny. Il est dans ton entourage !

_ Ça n'a rien de drôle ! s'exclama Hermione.

_ Oui, car ça veut dire « bye bye les réunions pour plancher sur de nouveaux sorts », minauda Ron.

_ En fait… »

Hermione prit une profonde inspiration. Ginny fronça les sourcils, et Ron resta pendue aux lèvres de la jeune femme qui hésita avant de dire quoi que ce soit.

« Il est possible… Je dis bien, possible, que nous restions en quelque sorte, en « contact ». »

Ron émit un sourire malicieux, avant de faire apparaître un véritable seau de pop-corn sous le regard réprobateur de son amie.

« Ron ! Le disputa-t-elle.

_ Non, ça m'intéresse. Alors, quel est le prochain coup ? Je veux tout savoir.

_ Il n'y a aucun prochain coup, trancha la jeune femme. »

Ginny pencha la tête, et Ron laissa tomber ses sucreries de sa bouche ouverte, on ne peut plus déçu par cette réponse.

« Il m'a parlé de mes parents. Il m'a dit… Que j'étais chanceuse de ne plus avoir à les supporter car c'était une corvée. »

Ginny arrondit le regard et resta bouche bée tandis que Ron fit tomber son seau par terre.

« Oh bordel l'enfoiré !

_ Ron ! Répéta Hermione.

_ Alors là Hermione, tu ne peux décemment pas me demander de surveiller mon langage.

_ Pour une fois je suis d'accord. Mais quelle enflure, souffla la rouquine.

_ Ce n'est pas ce que vous croyez. En fait, il m'a aidé.

_ En t'insultant ? Souleva Ron.

_ Il s'est excusé ? Demanda Ginny en une exclamation surprise.

_ Pas vraiment… »

Et c'était vrai. Il ne lui avait pas demandé de le pardonner, et en fait, il ne le ferait sans doute jamais. Ça l'embêtait, d'un côté, mais rien ne servait d'espérer un truc pareil de sa part. Hermione était réaliste, c'était de Snape dont on parlait !

« Il m'a aidé à trouver une solution au sort.

_ Quoi ? Il a vraiment trouvé une formule ?

_ Non… Non, il m'aide, tout simplement. Mais je n'ai toujours pas de pistes… »

Ginny et Ron se regardèrent, et Hermione eut envie de les maudire. Personne ne croyait à ses travaux depuis des lustres. Au tout départ, bien sûr, chacun de ses amis y avait mis du sien pour l'aider, mais ils avaient tous lâcher l'affaire et lui intimaient maintenant de « faire le deuil ».

Mais ses parents n'étaient pas morts nom d'un chien et elle trouverait forcément un remède à ce maudit sort ! Elle se fichait bien que personne ne l'ait encore découvert, elle serait la première, point à la ligne.

« Quoi ? demanda la jeune femme.

_ Hermione. Je ne sais pas ce qui a pris à Snape de t'aider, mais tu ne devrais pas passer l'éponge sur ce qu'il t'a dit, marmonna Ron.

_ C'est vrai ma belle. C'est un beau salopard, et je ne comprends même pas comment tu peux le laisser participer à tes travaux ! Soit, il va tout gâcher ou alors il fait ça pour te narguer et saisir l'occasion de se moquer de toi.

_ Se moquer de moi ? »

Hermione serra ses poings en même temps que sa mâchoire.

« C'est faux, il ne se moque pas de moi, il est sincère ! Et je ne vois là aucun sujet à plaisanteries.

_ Alors pourquoi il t'a dit un truc pareil ? Lâcha Ron d'un air las.

_ Il… Il devait avoir ses raisons.

_ Pourquoi ne s'est-il pas excusé dans ce cas ? Souleva Ginny.

_ Vous me soulez avec vos questions à la noix ! D'accord, c'est un vieux schnock, mais il ne m'aiderait pas si ça n'en valait pas la peine !

_ Pour récolter tous les lauriers lorsque tu auras trouvé un remède dans ce cas ? »

La jeune femme se leva, on ne peut plus agacée.

« Pourquoi vous doutez de lui tout à coup ? Pourquoi lui accorder tous les maux dont il n'est même pas responsable ?

_ Moi je sais une chose, commença à s'agacer le rouquin. Il est responsable de t'avoir mis plus bas que terre, pour t'avoir insulté et pour avoir dénigré tes parents.

_ Vous ne comprenez rien, soupira la jeune femme.

_ Et que devrait-on comprendre Hermione ? Intervint Ginny. Tu reviens au bout de plusieurs semaines, et à ton arrivée, tu te mets à défendre cette pauvre merde de Snape. Que t'est-il arrivé, tu as pris de la drogue ou quoi ? »

Enragée comme jamais, Hermione sortit de la pièce en ouvrant la porte à la volée. Vite, Ginny et son frère poursuivirent la jeune femme qui dévalaient les escaliers, furieuse.

« Hermione ! L'appelaient-ils en chœurs. »

La jeune femme ne répondit pas. Elle se précipita vers la cheminée, prenant une poignée de poudre de cheminette au passage avant de demander ses quartiers et de s'évanouir dans les flammes. Ron et Ginny l'observèrent partir, sidérés.

xxx

Elle était retournée dans la Salle sur Demande, après avoir tout de même dû tourner en rond un bon quart d'heure dans ses quartiers pour se changer les idées.

Elle ne croisa pas Snape, et bossa sur ses idées durant une heure au moins avant de sortir de là. Malgré tout, ses obligations professorales lui intimaient de remonter dans son bureau, pour travailler ses cours et corriger quelques parchemins…

Néanmoins, lorsqu'elle passa près de l'accès aux cachots, la jeune femme eut comme un doute. Elle resta planter un instant sur place, ses pieds vacillants entre les escaliers montants et descendants.

Au bout de plus de trois minutes d'hésitation, elle finit par emprunter le chemin l'amenant aux sous-sols de l'école et à l'antre du démon nommé Snape.

Il fallait qu'elle éclaircisse quelque chose, c'était plus fort qu'elle.

Son esprit Gryffondor était en train de lui hurler d'avoir une sérieuse discussion avec l'autre chauve-souris des cachots. Parce que des choses n'allaient pas, des TAS de choses, en plus de celles qui ne s'étaient jamais résolues.

Sans frapper, Hermione ouvrit la porte. Elle découvrit le sorcier, assis derrière son bureau. Il leva un visage circonspect tandis qu'elle ferma la porte sans un mot et se planta devant lui, déterminée.

Snape se contenta de redresser un sourcil, se retenant presque de la tuer pour s'être permis une entrée pareille.

« Quelque chose ne va pas, appuya-t-elle en pointant son index sur le bois de la table.

_ Alors, je vous préviens immédiatement : je n'ai rien fais.

_ Pourquoi vous avez dit que c'était une chance de ne plus avoir mes parents avec moi ? »

Snape ouvrit, puis ferma la bouche.

Il pensait ce sujet clos.

L'homme soupira, avant de secouer la tête. Il ne décrocha pas un mot, sans sembler pour autant coupable. Et elle eut envie de l'étriper pour ça.

« Pourquoi avez-vous été aussi odieux, gronda-t-elle.

_ C'est dans ma nature d'être odieux, se justifia-t-il en reprenant la plume correctrice qu'il avait lâché. »

Hermione s'en saisit alors et la jeta sur le sol. Snape leva les deux sourcils cette fois, et la jeune femme connaissait bien ce regard. C'était celui qu'il arborait avant d'étriper quelqu'un, en l'occurrence : elle.

« C'est faux, targua-t-elle en se redressant en une attitude fière.

_ Vous ne pouvez pas nier ça, j'admets mes défauts Miss Gr… Miss. Ce qui n'est vraisemblablement pas le cas de tout le monde, renifla-t-il avec dédain.

_ Vous avez été grossier avec moi, vache et hors de contrôle. Vous m'avez fait des crasses que personne d'autre encore ne s'était permis de me faire. Vous avez été infernal, insupportable, chiant au possible, mais jamais vous ne m'avez dit une chose si blessante dans le seul but de me faire du mal, appuya-t-elle.

_ De tout ce que vous venez de citer, je ne vois aucune différence de traitement.

_ Eh bien moi, si. Et je suis certaine que vous m'avez dit ce truc horrible pour une raison bien particulière. Je souhaite la connaître.

_ Non mais pour qui vous prenez-vous ? »

Snape se leva et contourna son bureau. Il se retrouva face à la jeune femme qu'il surplombait largement, mais sa hauteur n'intimidait plus Hermione depuis au moins sa 4ème année. Alors, il pouvait tenter de l'impressionner comme il le voulait, ça ne marcherait pas.

« Vous pénétrez mon bureau sans autorisation pour me demander des excuses à propos d'un sujet sur lequel je n'ai pas à me justifier !

_ Je ne veux pas des justifications, mais des explications !

_ Et pourquoi ça, qu'est-ce que ça peut bien vous apporter à part remplir votre gouffre inépuisable de connaissance sur autrui vous permettant ensuite de jouer à l'éternelle Miss-Je-Sais-Tout de service ?

_ Vous n'êtes pas comme ça, vous ne pourrez jamais être comme ça, vous ne me feriez pas de mal à ce point, s'époumona-t-elle. »

Hermione fut essoufflée par tant de rage sortant de son propre corps. Elle se tint le front avant se tourner, prête à partir de la pièce. Elle ne pouvait pas en supporter davantage.

« Vous avez raison, je ne vous ferais pas de mal à ce point sciemment, murmura Snape alors qu'il pensait qu'elle ne l'entendrait pas. »

Sur le pas de la porte, la jeune femme se tourna lentement vers son collègue qui l'ignora. Ou, du moins, qui tentait de le faire.

« « Sciemment ». Est-ce que ça veut dire que c'était involontaire ? Demanda-t-elle avec plus de calme et de mesure. »

Snape, qui avait ramassé sa plume pour mieux s'en servir, soupira avant de la lâcher pour la 3ème fois. Il se pinça l'arête du nez avant de se laisser aller en arrière sur son siège.

« Vous voulez vraiment avoir cette conversation.

_ Oui, lâcha-t-elle, sur la défensive. »

Snape soupira en croisant les bras sur sa poitrine. Hermione, elle, ne bougea pas d'un iota et resta loin du bureau, près de la porte de sortie, comme si elle était sur le point de quitter les lieux.

« Franchement, ça n'en vaut pas la peine, tenta-t-il de la convaincre.

_ Ecoutez moi bien. Je ne vous lâcherais pas les baskets tant que je n'aurais pas le fin mot de l'histoire, qu'on soit clairs. »

Le sorcier soupira en levant les yeux au ciel. Il savait Granger insupportable lorsqu'elle avait une idée en tête, et elle allait toujours jusqu'au bout.

Toujours.

« Ok, très bien, soupira l'homme. »

Hermione resta sur sa position et croisa les bras.

« Je ne voyais pas le souci lorsque je vous ai dit que les parents, globalement, étaient une plaie dont il fallait se sentir heureux d'être débarrassé car c'était le cas pour moi, expliqua-t-il en un mouvement de main furtif. »

A cette réponse, Hermione fronça les sourcils en clopinant sur place.

« J'étais heureuse avec les miens, affirma-t-elle.

_ Eh bien, c'est un luxe que je n'ai jamais connu. Je peine à envisager que quiconque puisse prendre plaisir à être en compagnie de sa famille. J'ai, pour ma part, toujours tout fait pour les éviter et ce fut un réel soulagement lorsque mon père est mort. »

Et voilà. Maintenant, elle se sentait vraiment comme la pire des idiotes.

Hermione s'avança jusqu'au bureau de Snape, et s'assise avec précaution sur la chaise en face de lui tandis que le professeur se remit à gratter sa plume sur les parchemins de ses élèves, en silence.

« C'est triste, constata-t-elle.

_ Affligeant, vous voulez dire. »

Le sorcier avait encore le regard rivé sur ses copies et Hermione l'observa étrangement. Fort heureusement qu'il ne vit par son regard à cet instant, un mélange d'attendrissement et d'amusement.

« Comment était-il ? demanda-t-elle naturellement. »

Snape s'arrêta dans sa rédaction, sans pour autant lever ses yeux vers la jeune femme.

« Bourré, la majeure partie du temps. Il disait que je n'arriverais jamais à rien faire de ma vie.

_ Il avait tort. »

Le maître des potions daigna enfin regarder son interlocutrice. Il cacha sa peine derrière un masque de négligence insolente, et haussa les épaules de dépit.

« Et votre mère ?

_ Elle lui envoyait ses bouteilles vides sur la figure et m'a appris indirectement à léviter les objets pour se décharger de ses devoirs parentaux les plus élémentaires.

_ Comment ça ? Le questionna-t-elle alors qu'elle vit son collègue croiser les bras sur son bureau.

_ Si je pouvais faire s'envoler la pomme de la cuisine jusqu'à ma main en évitant les effusions d'objets que ces deux-là se balançaient à la figure, plus besoin de me préparer quoique ce soit. Quand je suis arrivé à Poudlard, je savais déjà maîtriser les sorts de première année.

_ Alors pourquoi les potions, lâcha la jeune femme en triturant les flacons disposés sur le bureau du maître des cachots.

_ Pour empoisonner très vite l'autre crétin, quelle question. Mon plan était parfait : j'aurais hérité de la maison, je l'aurais ensuite vendu, serait devenu riche et aurait fait péter la coke au chaudron baveur. »

Hermione ricana et Snape lui adressa un léger rictus en délaissant complètement ses copies.

« Comment vos plans ont été contrecarrés ?

_ La maison valait 3 galions. Du coup, je me suis payé une bière au beurre sans chantilly à la place. »

Hermione pouffa avant que Snape ne lui frappe le haut de la tête. Elle continua pourtant de rire, plus amusée que vexée.

« Moi mes parents étaient moldus et dentistes. J'ai reçu une éducation plus que normale, dit-elle en reprenant son calme.

_ Vous êtes sérieuse ?

_ Désolé de vous décevoir, mais je n'ai rien à déplorer dans mes souvenirs d'enfance.

_ Non, je ne parle pas de ça voyons. Ils étaient dentistes et vous aviez ces dents démesurément longues quand vous étiez gamine ? Mais qu'est-ce qu'ils ont fichu à votre conception ? »

Snape explosa de rire, et Hermione ouvrit béatement la bouche avant de lui envoyer un regard noir. Elle se hissa jusqu'à lui et lui frappa violemment le bras plusieurs fois alors que le maître des potions semblait se payer le fou rire de sa vie.

« Vous êtes vraiment le pire des enfoirés. »

La porte du bureau n'étant pas tout à fait fermée, les élèves levèrent tous un sourcil à leur passage dans le couloir attenant à l'entente de la voix sombre du directeur des Serpentards en train de rire à s'en décoller les poumons.

Hermione le frappa une fois encore avec les copies posées sur la table avant que Snape ne se calme peu à peu et prenne une gorgée de son verre posée non loin de lui, verre qu'il avait ensorcelé pour qu'il ne cesse de se remplir d'eau.

« Arrêtez, vous allez les abimer, s'exclama-t-il.

_ Ce ne serait pas une grande perte.

_ Je déteins sur vous, murmura-t-il avec inquiétude. »

Hermione lui sourit et s'accouda sur son bureau. Snape eut toutes les peines du monde de ne pas laisser traîner son regard sur son décolleté qu'elle mettait indirectement en avant, et ce, pile sous ses yeux.

« Donc vous remplissiez vous même vos autorisations de sorties.

_ Comment croyez-vous que j'arrive à voir lorsqu'un de mes Serpents essaie de faire la même chose ? Ce sont des amateurs. Moi, j'étais passé maître dans l'art de la falsification. C'est bien pour ça que je les convoque après avoir vu ce genre d'ignominie.

_ Je n'aimerais pas être à leur place, souffla-t-elle.

_ Pourquoi ? Je leur dis où sont leurs erreurs pour qu'ils ne se fassent pas pincer la prochaine fois.

_ Pardon ? »

Hermione ouvrit grand la bouche, estomaquée.

« Quoi ?

_ Vous leur apprenez à « tricher » ?! Mais c'est à cause de vous qu'ils sont toujours en train d'inventer des stratagèmes perfides pour contourner les règles ! »

Enragée, Hermione se leva et se mit à frapper frénétiquement la tête de Snape avec un dossier qui était posé sur le bureau.

L'homme se protégea tant qu'il put en tentant de l'éloigner en quelques battements de bras.

« Je leur apprends à faire les choses correctement, se mit-il à se défendre vivement.

_ Vous êtes dingues ou quoi ? Je suis toujours en train de me battre avec vos élèves pour qu'ils arrêtent de me faire de faux papiers d'excuse espèce de crétin.

_ Lâchez-moi sombre poussin du bois cramé ! »

Hermione n'en fit rien et continua de le frapper tandis que Snape essayait de renverser la donne. Ça n'avait rien d'évident : la jeune femme était passée experte dans l'art du combat à mains nues.

Il parvint néanmoins à la renverser sur lui et à lui balancer un verre d'eau à la figure. Hermione montra un visage aussi trempé qu'outré. Son maquillage coulait déjà lorsqu'elle tenta de lui renvoyer la pareille. Et elle y parvint alors que l'eau coulait lamentablement sur les parchemins des élèves de 3ème année.

Pourtant, aucun ne sembla en tenir compte avant que la porte ne s'ouvre en grand sur nul autre que Pomona Chourave, qui resta ébahie devant le spectacle s'offrant à elle.

Hermione riait à moitié de la situation tandis qu'une immense flaque d'eau commençait à se former sur le sol.

« Est-ce que tout va bien ? »

Soudain, Snape et Hermione se figèrent et tournèrent leur tête vers la porte d'entrée. Le professeur Chourave observait le spectacle, consternée. Snape lâcha le verre qu'il posa sur le bureau trempé et Hermione se leva du même siège que celui sur lequel son collègue était assis. C'était qu'elle avait grimpé sur son dos pour mieux atteindre son visage.

La robe de la jeune femme était imbibée, et l'intérieur de ses bottes faisait un bruit désagréable à chaque fois qu'elle posait le pied par terre. Elle se frotta le décolleté et tenta de réarranger sa coiffure avec maladresse tandis que Snape resta à sa place et croisa les mains devant lui.

« Oui ? »

Chourave s'apprêta à s'avancer, mais recula tout de même devant les dégâts qu'ils avaient causés sur le sol carrelé. Il ne manquerait plus qu'elle se casse une cheville en glissant sur une flaque.

« Severus, j'espère que vous avez bien saisi que je n'irais pas chercher vos ingrédients après le fiasco de la dernière sortie des élèves.

_ Bien sûr Pomona, mais aucun problème : la jeune femme qui est ici s'en chargera. »

Hermione ouvrit, puis ferma la bouche tandis que Chourave l'observait étrangement.

« Mmmh, en effet, marmonna-t-elle.

_ Elle ne pourra pas tout faire seule.

_ Bien sûr que si, lâcha Snape en tentant de ranger ses affaires ruisselantes d'au moins un litre de flotte.

_ Elle ne connait pas les endroits spécifiques de la Forêt où certains ingrédients poussent.

_ Très bien, j'irais avec elle, s'emporta Snape. »

Hermione leva un sourcil vers son collègue qui évitait son regard.

« Autre chose ?

_ Non, rien, lâcha Pomona d'un air suspect.

_ Alors qu'est-ce qui vous retient ici ? »

La professeure de botanique secoua la tête avant de s'en aller. Hermione l'observa, puis grogna en remuant ses orteils dans ses chaussures.

Du coin de l'œil, Snape retint un gloussement en la voyant ôter ses longues bottes à talons. Elle mit un certain temps à réarranger ses cheveux, et se contorsionna face à sa robe qui la collait plus que de raisons.

La jeune femme avança prudemment jusqu'à la sortie avant que Snape ne l'alpague de nouveau.

« Au fait !

_ Oui ? »

L'homme fit un rapide mouvement de poignet et Hermione hurla en sentant une trombe d'eau lui tomber sur la tête.

Snape émit vite un bouclier, et Hermione avait encore la bouche ouverte de stupeur.

Elle plissa les yeux vers lui et il lui accorda un sourire ravi avant qu'elle ne sorte, jurant qu'elle se vengerait à la moindre occasion.