Les événements décrits ne se passent pas tous dans la série, certains sont modifiés et la temporalité est différente, certains événements se produisent à un autre moment que dans la série.

Je ne suis pas médecin, je ne connais absolument rien aux procédures de réanimation, de chirurgie ou de quoi que ce soit d'autre. Je m'inspire de ce que j'ai vu dans Grey's Anatomy pour écrire les scènes qui contiennent des détails médicaux, je sais donc que ce que j'écris n'est pas nécessairement réaliste ou correct !

Les personnages et Grey's Anatomy en général ne m'appartiennent pas et je ne gagne aucun argent en écrivant cette fanfiction.

Meredith était accoudée au poste des infirmière de l'unité de soins intensifs, en train de remplir le dossier du patient qu'elle venait d'opérer avec Richard. Dehors, la tempête faisait rage. Dans quelques secondes, la docteure courrait à la mine et se trouverait les plus les plus intéressants mais pour un instant, juste un court instant, elle profita du calme de l'USI. Mais alors qu'elle s'apprêtait à partir, une alarme se déclencha dans la chambre de l'autre côté du couloir. Reconnaissant le bruit d'une détresse cardiaque, le docteure Grey s'y précipita et commencer à masser le cœur de la patiente. La chambre se remplit d'infirmières et le protocole habituel de réanimation suivit son cours.

« Bipez immédiatement son chirurgien, » cria-t-elle.

« C'est déjà fait, il va arriver d'une seconde à l'autre, » répondit l'infirmière en chef du service.

Le cœur de la patiente ne repartait pas et elle était toujours morte sans son lit d'hôpital, blanche comme un fantôme. Alors que tout se passait au ralenti, Meredith la regarda. C'était une jeune fille, pas plus de douze ans. Le bandage autour de sa tête témoignait de l'opération qu'elle venait de subir au cerveau. Les secondes passaient comme des années et les mains de Mer se détachaient de son corps pour ne faire qu'appuyer sur la cage thoracique de la jeune fille. Elle ne pouvait pas arrêter, cette fille méritait de vivre, elle était bien trop jeune pour mourir. Et puis de toute façon, personne d'autre que son docteur n'était censé prononcer l'heure du décès, ce qui était aussi une raison valable pour poursuivre le protocole de réanimation.

« Où est son docteur ? Il n'a jamais appris à surveiller ses patients ? » cria-t-elle une nouvelle fois, folle de rage.

« Je suis là, j'ai couru aussi vite que j'ai pu. Maintenant laissez-moi sauver ma patiente, docteure Grey, » répondit une voix essoufflée qui se rapprochait rapidement.

Elle leva la tête au moment où Derek se saisit des palettes de défibrillation. Il ne la regarda pas une seule fraction de seconde.

« Nous n'avons plus besoin de vous docteure Grey. »

Alors elle s'en alla. Il était culotté de la jeter dehors comme une vulgaire interne alors qu'elle était en train de sauver la vie de sa patiente. Mais elle décida de ne pas se battre maintenant et partit vers la mine tandis que le moniteur cardiaque affichait un tracé plat.

Etonnement, aucun trauma n'avait besoin d'être pris en charge. Tout le monde s'était attendu à voir une vague infinie d'ambulances déferler mais ç'avait été plutôt calme après des heures d'agitation. En vérité, cette accalmie ne durerait pas car la plupart des blessés étaient bloqués dans les embouteillages, les ambulanciers ayant du mal à avancer avec le temps apocalyptique. Il ne faisait aucun doute qu'une fois la nuit et la pluie passées, les patients afflueraient. Par les fenêtres l'on voyait les arbres déchaînés, les bourrasques de vent emporter toutes sortes d'objets qui trainaient, le ciel noir, la pluie glaciale.

Cependant, après cinq minutes d'observation et d'attente, un petit garçon entra par les portes automatiques. Mer traversa la pièce et s'accroupit à côté de lui. Il avait l'air terrorisé.

« Bonjour, comment tu t'appelles ? »

« Paul. »

« D'accord Paul, je suis le docteure Meredith, je suis là pour t'aider. Est-ce que tu es tout seul ? »

Il hocha la tête. Une grande entaille suintait sur son front mais il ne semblait pas ressentir la moindre douleur.

« Comment t'es-tu blessé ? »

« Je suis tombé. »

« Je vais te soigner, viens avec moi. »

Paul s'agrippa à la main de la docteure et la suivit jusqu'à un lit dans le fond de la pièce. Elle le fit s'assoir et examina son crâne mais ne constata aucune autre plaie.

« Maintenant je vais vérifier que tu n'as pas d'autres bobos, d'accord ? »

« D'accord. » Avec elle, il semblait moins effrayé.

« Est-ce que tu peux suivre mon doigt ? » Le garçon s'exécuta parfaitement.

Ensuite, Mer inspecta ses yeux avec une petite lampe de poche. Rien d'inquiétant à signaler.

« Quand tu es tombé, tu t'es cogné la tête contre le sol ? »

« Oui. »

« Tu as mal à la tête ? Est-ce que tu as l'impression que tout tourne autour de toi ? »

« Non. »

« Tu as vomi depuis ta chute ? »

« Non. »

« Tu n'as pas de mal à marcher ou à parler je suppose. »

« Non. »

« Très bien Paul, maintenant je vais devoir soigner ta blessure au front. Tu vas devoir être courageux parce que je vais te faire une piqûre pour avoir moins mal. Ça te va ? »

Il hocha la tête. L'anesthésie locale faite, les points de sutures suivirent tout aussi rapidement en bientôt, la plaie était devenue presqu'invisible.

« Et voilà, c'est terminé. Tu n'as pas trop mal ? »

« Non. »

« Maintenant, la gentille dame là-bas va te donner une blouse et ensuite, je vais t'emmener faire quelque chose de super marrant. »

Le visage de Paul s'illumina et l'infirmière désignée par Meredith ferma les rideaux du box pour l'aider à se changer. Une fois prêt, la chirurgienne l'installa sur une chaise roulante et ils quittèrent la mine.

« Paul, tu sais où sont tes parents ? » Il secoua la tête.

« D'accord. Ne t'inquiète pas, je vais m'occuper de toi et ensuite, on trouvera tes parents. »

« Docteure Meredith ? »

« Oui ? »

« C'est quoi le truc super marrant ? » Elle sourit alors qu'ils arrivaient au scan, vide.

« Regarde, c'est cette grosse machine. Tu aimes les robots ? »

« Oui. »

« Eh bien ça c'est un gros robot qui va prendre des photos de ta tête, à l'intérieur, c'est un peu comme dans une navette spaciale. Tu vas voir. »

Elle l'installa sur la plateforme mais au moment de se rendre dans l'autre pièce, le petit garçon lui agrippa la main.

« Ne t'en fais pas, ça ne va pas durer longtemps et après je reviens te chercher. Tu vas pouvoir rester dans une chambre, manger de la compote, regarder la télé et jouer à des jeux vidéo, tout ira bien. Je reviens dans un instant. » Alors il la laissa partir et la jeune femme entra dans la petite pièce attenante.

Peu après, les scans de « Paul Doe » s'affichèrent à l'écran. Par chance, sa chute n'avait eu aucune conséquence sur son cerveau et tout irait bien pour lui. Le docteure Meredith revint dans l'autre pièce et réinstalla le petit garçon sur la chaise roulante.

« Tu vois, tout s'est bien passé. »

Il acquiesça, visiblement soulagé.

« J'ai une bonne nouvelle pour toi, Paul. Tu n'as aucun autre bobo, tu vas pouvoir rentrer chez toi dès que tes parent seront arrivés. »

Ils arrivèrent à l'étage de la pédiatrie et deux infirmiers l'installèrent dans une chambre. La chirurgienne alla lui expliquer le fonctionnement de l'hôpital et dit qu'elle reviendrait bientôt. Paul n'ayant aucune question, elle le laissa et alla remplir son dossier au poste des infirmières.

« Appelez les services sociaux pour le garçon que je viens d'admettre. Merci Betsy. »

Elle rendit ensuite sa tablette à Betsy et quitta le service pédiatrie pour redescendre à l'USI. Là-bas, elle alla vérifier qu'aucune complication n'était à prévoir pour Will Bettelheim et finalement, la jeune femme se rendit un étage au-dessus, dans la chambre de monsieur Felton. Il dormait déjà profondément alors elle consulta simplement son dossier, vérifia ses dernières analyses et fut enchantée de remarquer que son opération avait été parfaitement effectuée. Une des plus grandes craintes de Mer avait été de revenir à Seattle et de laisser sa vie privée impacter ses compétences chirurgicales. Rationnellement, elle savait que cela n'arriverait pas car elle était une chirurgienne remarquable qui savait faire la part de choses. Mais les craintes ne disparurent qu'au moment où elle consulta les analyses de monsieur Felton et ne trouva aucune anomalie dans celles de Will.

Alors sur un petit nuage, le docteure Grey revint à la mine et prit en charge un patient en attente. Elle s'approcha du box numéro 3 et repéra rapidement une vieille femme prise de violents maux de ventre et de plus, patiente à hauts risques de calculs biliaires comme marqué en rouge dans son dossier. Soudain, une ombre apparut derrière l'épaule de Meredith.

« Le docteur Webber m'a dit de vous trouver et de rester avec vous pour le reste de la semaine. Il n'y a pas suffisamment de résidents de deuxième année donc tous les internes sont répartis avec des résidents de dernière année. »

« Non, désolée. »

« Je… Eh bien je n'ai pas vraiment le choix. »

« Tu es arrivée dans cet hôpital il y a moins d'une semaine. Tu es un têtard tout en bas de la chaine alimentaire chirurgicale, je ne travaille pas avec des têtards. Va te trouver quelqu'un d'autre à suivre. »

« Docteure Grey, je sais que j'ai dû vous paraître stupide et incompétente tout à l'heure et j'en suis vraiment désolée mais je sais que je suis douée pour la médecine et j'ai vraiment envie d'apprendre avec vous. Je vous promets que je ne suis pas un stupide têtard, j'ai même été première de ma promotion à la fac. »

La blonde leva les yeux au ciel et ouvrit les rideaux du box.

« Wilburn, présente le cas. »

« En fait, c'est Wilson, » glissa-t-elle discrètement, rapidement rattrapée par un regard assassin de Meredith Grey.

« Rachel Green, âgée de 74 ans, présente des hauts risques de calculs biliaires, a déjà subi une laparotomie exploratrice et se plaint de fortes douleurs abdominales. Pas d'autre symptôme ou d'allergie à signaler. Une dose de morphine lui a été administrée dans l'ambulance. »

« Bonjour Rachel, je suis le docteure Grey, c'est moi qui vais m'occuper de votre consultation. Alors, commençons… »

Par chance, la conclusion de cette rapide consultation se trouva n'être qu'une grosse indigestion alimentaire. Aujourd'hui était une journée des plus tranquilles et Meredith Grey haïssait la tranquillité et le prélassement. Elle admit madame Green, donna quelques instructions aux infirmières, remplit son dossier et décida qu'il était temps de prendre sa pause de minuit. Il n'y avait aucun trauma intéressant à la mine, aucune opération particulièrement spectaculaire à aller regarder ou à voler alors elle s'arrêta à un distributeur, prit un café et erra dans les couloirs. Avec nostalgie, elle se revit les arpenter lors de ses premiers jours d'internat, quand la vie était encore gérable et que la soif d'exercer la médecine était plus importante que tout au monde, qu'il n'y avait pas encore d'histoires de cœur et de gens qui mourraient.

« Wilson. Tu es encore derrière moi. »

Inconsciemment, Mer se dirigea vers l'observatoire de son bloc préféré, le 1er.

« Oh, vous voulez que je m'en aille ? »

« Est-ce que tu tiens vraiment à rater une réparation d'aorte ? »

Elles entrèrent dans l'observatoire et dans la salle d'opération, Cristina œuvrait.

« Bien sûr que non, je n'ai jamais eu l'occasion d'en voir. »

Les docteures s'installèrent dans la rangée du milieu et Mer continua à boire cet infect café de distributeur automatique.

Dans le bloc, le chirurgien titulaire leva les yeux et fit un sourire narquois en direction de la jeune femme avec le gobelet en carton.

« Que nous vaut votre visite, docteure Grey ? » La voix du docteur Langdon ressortit par l'interphone

Cristina leva les yeux au ciel, Mer sourit avec ironie.

« C'est le calme plat à la mine alors j'ai erré dans l'hôpital et je me suis retrouvée… ici. »

« Je crois que j'aurais aussi besoin d'un café, apparemment une vague de traumas va arriver une fois que l'orage se sera calmé, vers le petit matin. »

« Je ne vous conseille pas le distributeur du troisième étage, ce café est immonde. »

Il rit et Yang regarda son amie.

« Meredith, cette opération se termine dans vingt minutes alors tu ferais mieux de m'envoyer un message pour me dire dans quelle salle de garde vous serez tous les deux pour que je prenne soin de l'éviter. Je ne veux pas avoir plus d'image de vous dans la tête. »

Mer était sur le point de rougir comme une adolescente mais elle se leva et tendit son café à l'interne.

« Va jeter ce café Wilson. Et Cristina, ne t'inquiète pas, je ne suis absolument pas fatiguée alors il n'y aucune chance que j'entre dans une salle de garde cette nuit. » Et elle s'en alla avec un sourire satisfait, elle ne donnerait à Langdon l'impression qu'elle voulait se jeter sur lui à chaque instant.