Coucou tout le monde, me revoilà avec un nouveau chapitre. J'espère que celui-ci vous plaira, j'y ai passé pas mal de temps. N'hésitez pas à mettre des review ça me permet de savoir ce qui va, ce qui ne va pas et ça fait vraiment plaisir ! Je vous laisse avec le chapitre. Enjoy !
Chapitre dix
Hermione se réveille avec un joli sourire sur son visage. Aujourd'hui, elle a rendez vous avec Malfoy. Aussi étrange que cela puisse paraître au vu de leur passé, la jeune fille apprécie ses visites. Emily est vraiment très gentille, mais les deux jeunes filles n'ont pas grand chose en commun si ce n'est leurs origines moldues. Pour preuve, la gryffondor n'avait même jamais remarqué sa présence à Poudlard. On pourrait croire que tout la sépare du Serpentard, mais ce n'est pas vraiment le cas. Bien sûr, il est hautain, prétentieux et elle ne l'aime pas vraiment. Mais elle a appris à supporter son caractère et leurs rendez vous changent un peu de l'ordinaire et des discussions stériles entre servantes. Dans l'infirmerie, il n'y a personne pour les écouter et les deux anciens ennemis peuvent discuter tranquillement. Bien sûr, elle a pris grand soin d'éviter les sujets sensibles, tels que la politique, mais leurs discussions sont tout de même très interessantes. Même si cela est très difficile à admettre pour Hermione, le blond a toujours été le deuxième de classe et il est donc presque aussi intelligent qu'elle.
Ayant rejoint la salle de bain, elle se glisse sous la douche en caressant distraitement le bas de son ventre. Elle entre dans son quatrième mois de grossesse et sa grossesse est désormais aussi visible que celle de Lauren, qui est pourtant tombée enceinte beaucoup plus tôt qu'elle. Après tout, trois bébés, ça prend de la place. La gryffondor se lave en vitesse, s'habille et descends aux cuisines. Padma lui a préparé un bon petit déjeuner, qu'elle savoure en silence, n'ayant jamais été très fan des conversations matinales. Une fois qu'elle a fini de manger et de débarrasser la table, elle apporte le petit déjeuner aux Nott avant de partir en commissions. La matinée se déroule comme à l'accoutumée, sans encombre et elle retourne au manoir dans les alentours de onze heure, rejoignant le médicomage dans la salle dédiée.
- Béni soit ce jour, salue le blond.
- Béni soit ce jour.
- Comment vas-tu ?
- Plutôt bien, et toi ?
C'est la première fois que Hermione retourne la question et Malfoy semble déstabilisé un instant, avant de lui répondre en souriant.
- Ça va. Vas-y, allonge toi.
Elle s'exécute et sent rapidement la chaleur habituelle du sortilège de diagnostic entourer son corps.
- Tout se passe bien, ta prise de poids est bonne, tout les paramètres sont corrects. Les bébés mesurent presque dix centimètres et pèsent environ cent grammes.
- Cent grammes… C'est si petit !
- À peu près la taille et le poids d'un avocat.
Après un moment de silence, la Gryffondor lui lance :
- C'était une vocation ?
- De quoi tu parles ? Demande le blond en fronçant les sourcils.
- Médicomage. C'était une vocation, tu as toujours voulu faire ça ?
Draco se tait un instant, comme s'il réfléchissait, puis lui répond :
- Disons que j'ai trouvé une façon de me rendre utile.
- Tout les mangemorts sont utiles au Seigneur. Pourquoi médicomage ?
- Pour ne pas avoir à aller sur le terrain, avoue t-il en s'asseyant près d'elle.
- Tu as toujours été une poule mouillée, sourit-elle.
- C'est pas faux.
- C'est pas faux ? Reprend t-elle en écarquillant les yeux, étonnée de la réponse.
- Bah, arrivé à un certain âge il faut bien reconnaître ses défauts. N'est-ce pas, mademoiselle je-sais-tout ?
- L'intelligence n'est pas un défaut Malfoy, répond t-elle, vexée malgré elle à l'entente de son surnom d'enfance.
- Pas plus que ne pas vouloir tuer de gens, Granger.
La réponse du serpentard jette un froid dans la pièce et celui-ci se lève après quelques instants de silence.
- Il faut que j'y aille, annonce t-il.
- Déjà ? Tu ne peux pas rester un peu plus ?
Hermione s'étonne presque elle même de sa demande.
- Non, j'ai du travail qui m'attends et je ne peux pas trop traîner. On se voit dans trois semaines.
- D'accord. Sous son oeil, dit-elle en hochant la tête.
- Sous son oeil.
Il sort de la pièce et elle se demande ce qu'il lui a pris de lui demander de rester. Malfoy reste Malfoy, un mangemort au service du Seigneur des ténèbres. Il n'est pas question de se lier d'amitié avec lui. Son esprit grimace à la mention d'amitié, lui chuchotant que « amitié » n'est pas vraiment le mot qui convient pour décrire ses sentiments naissants mais elle l'ignore. Il ne se passe rien entre elle et lui et encore moins autre chose que de l'amitié. Elle est amoureuse de Ron. Elle l'aimera toujours, personne ne pourra jamais remplacer la place privilégiée qu'il a dans son coeur depuis ses treize ans.
Deux jours plus tard, pendant les commissions journalières, Pénélope glisse un mot dans la poche de Hermione. Celle-ci s'empresse de s'enfermer dans sa chambre en rentrant chez les Nott pour le lire. Il y a des réunions du conseil de sécurité chez toi, en début d'après midi. Il faut que tu trouves dans quelle pièce elles se déroulent et que tu te débrouilles pour être devant et écouter à ce moment là. Transmet tout ce que tu entends à Pénélope. Voilà une oreille à rallonge munie d'un enregistreur. Fait attention à toi. Luna.
Des réunions du conseil de sécurité ? Le coeur de la gryffondor s'emballe et se met à tambouriner contre sa poitrine. Soudain, tout devient plus réel, plus concret. Elle attrape l'objet inventé par les jumeaux Weasley, et qui a été légèrement remanié. En effet, l'oreille est désormais reliée à une boîte noire munie de plusieurs boutons. Rapidement, elle comprend le mécanisme de l'objet et la manière d'enregistrer les conversations. Elle va donc espionner Nott sous son propre toit. Que se passerait-il s'il venait à le découvrir ? Elle secoue la tête en frissonnant. Il faut pas y penser, il ne le découvrira pas. Elle est une fille intelligente et elle saura se montrer discrète. Mais où pourrait se dérouler cette fameuse réunion ? Le manoir est immense, comment savoir où se rendre ? Après avoir fouiller dans sa mémoire un long moment, un souvenir datant d'il y a plusieurs semaines, peu de temps après qu'elle soit arrivée dans cette maison, lui revient. Elle avait écouté à la porte du bureau de Théodore et avait surpris une conversation à propos de l'implication des autres pays européens. Les réunions devaient se passer là. Peut-être même que ce qu'elle avait surpris était déjà une réunion du conseil de sécurité dont parle Luna ? « Il n'y a qu'un seul moyen de le découvrir », se dit-elle.
Les minutes semblent être des heures et enfin, l'heure du déjeuner dépassée, Hermione se rend au deuxième étage avec des seaux et un balai. Il y a quelques minutes, elle a vu plusieurs hommes monter en compagnie de Monsieur Nott. Si elle ne se trompe pas, ils doivent être en train de tenir une réunion derrière cette porte. Elle dépose l'oreille tout près de la porte et glisse la boîte noire de l'enregistreur sous sa robe. Si son plan se passe bien, quand ils ouvriront la porte, il lui suffira de faire glisser l'oreille sous le tissus pour ne pas être prise. Elle reste debout immobile pendant de très longues minutes et ses pieds commencent à la faire souffrir lorsque la porte s'ouvre. Elle baisse la tête et cache l'objet avec son pieds, prétendant frotter le sol alors que son coeur bat la chamade. Elle sent les regards méprisants des mangemorts sur elle et tente de les ignorer le plus possible. Lorsque ceux-ci ont disparus dans les escaliers, elle s'abaisse pour ramasser l'oreille à rallonge et se dirige vers la cuisine pour reposer les instruments de ménages, puis vers sa chambre.
La gryffondor s'enferme dans la salle de bain et fait couler l'eau de la douche pour atténuer le son de l'enregistrement si jamais quelqu'un venait à entrer dans sa chambre. Elle inspire et expire profondément, dans une vaine tentative de se débarrasser du stress qui l'a envahie depuis plusieurs heures et de faire ralentir son rythme cardiaque. Puis puis elle appuie sur le bouton pour lancer la lecture. Elle écoute pendant un moment une conversation dont rien ne ressort si ce n'est des banalités sur les nés-moldus et des rapports d'attaques par des moldus ci et là, rien qui ne puisse intéresser la résistance. Hermione soupire, déçue de ne pas avoir réussie à se rendre utile mais soudain la conversation se fait plus intéressante.
- Il faut leur faire comprendre qu'on ne peut pas nous attaquer impunément !
- Pour qui se prennent-ils ? « Une société dystopique, dont ni les personnes dépourvues de pouvoirs magiques ni les sorciers ne veulent » ? C'est comme ça qu'ils osent parler de nous dans leur presse ?
- Ils me dégoûtent, ces amoureux des moldus…
- Nous avons le soutien de quelques familles au sang-pur là bas.
- Peu importe leur soutien, on en a pas besoin.
- Qu'est ce que tu raconte ? C'est essentiel si on veut mener des attentats…
- Pff, des attentats, comme si nous ne détenions pas le pouvoir. T'en as d'autre des idées ridicules comme ça, Flint ?
- Pour qui tu te prends exactement ?
- Pour la personne que le Seigneur en personne a chargé d'organiser l'attaque de la France.
- Tu plaisantes ?
- J'ai l'air de plaisanter, Lestrange ?
- Mais comment ?
- Nous allons envoyer l'armée moldue en normandie. Ils vont débarquer là-bas et les envahir. La France n'est pas préparée, elle ne s'entend pas à ça et l'armée anglaise les battra à plates couture. On s'assurera de leur capitulation à l'aide d'attaques magiques et les autres pays d'Europe se rallieront à nous les uns après les autres.
Le reste de l'enregistrement, qui dure au moins dix bonnes minutes, ne lui apprendra rien de plus. Un débarquement anglais en normandie ? Un triste sourire se forme sur son visage, ce ne sera pas le premier… mais la première fois, l'Angleterre venait en aide à la France pour vaincre le fascisme. Cette fois-ci la situation était totalement inversée, le Royaume du Seigneur des Ténèbres voulant imposer son ignoble mode de vie aux français.
Elle s'empresse de rédiger l'essentiel des informations sur un morceau de parchemin afin de pouvoir dissimuler le plus vite possible l'oreille à rallonge dans ses vêtements. Dès le lendemain, elle transmet cette information à Pénélope par le même mécanisme que les autres fois. Le soir venu au moment de s'endormir, la née-moldu se met à prier. Prier que l'information puisse être transmise assez tôt, que l'attaque soit un échec et que Voldemort échoue dans sa volonté de conquérir l'Europe. Parce que sinon… L'enfer sera sans doute encore pire…
