Chapitre 10 :
Le paradoxe de Grelling-Nelson
Toc - Toc - TocAprès l'opération, Harry devait a-bsooo-lu-ment se reposer. Bien sûr, il avait fallut régler quelques détails, avant ça… leur logement avait explosé, quand même. Alors Remus les avait conduit de maison en maison chez des vieux camarades d'école perdu de vue depuis longtemps et qui ne poseraient pas trop de questions.
Mais Harry était beaucoup trop occupé pour s'en rappeler : il avait passé la fin de sa journée à tester les capacités et les limites du Voltagium. Et puis le jour d'après et encore après et encore après…
Ils avaient été ballotté de logement en logement sans qu'il n'y prête la moindre attention et il ne ferma pas l'oeil de la nuit ni celle d'après ni celle d'après ni celle d'après… si bien qu'il se réveilla en ayant l'impression d'avoir été passé dans une machine à laver.
Toc - Toc - Toc
"C'est le début du cycle d'essorage ?!" demanda-t-il en se réveillant brusquement.
Il s'était endormi en plein milieu de son travail, un tournevis dans une main recroquevillé sous un escalier où quelques câbles pendaient encore ça et là et il reconnu sa marque de fabrique : c'était dangereux et il n'y avait pas la moindre protection.
Toc - Toc - Toc
"Euh... y'a quelqu'un ???" demanda-t-il.
Il poussa la porte du placard sous l'escalier avec le bout de son pied et il laissa son travail en plan pour aller explorer son habitat temporaire.
L'animal qui les accueillait vivait dans une petite maison rustique meublée avec goût et tout était minutieusement rangé, rien ne dépassait et rien ne sortait de l'ordinaire à part une vieille valise marquée des lettres R.J. LUPIN et un petit sac-à-dos d'où sortait une vieille marionnette de loup et un livre de physique quantique.
Toc - Toc - Toc
L'étude des lieux devait absolument se faire méthodiquement afin de ne rien rater : sol, puis murs et enfin, plafond. Il n'y avait personne ici, à part Harry et il ne tarda pas à conclure l'étude interne de cette maison pour passer à la structure externe.
"Oh. Bonjour." salua Harry.
L'oiseau le regarda sans cligner des yeux et comme l'enfant attendait une réponse, l'hibou décida qu'il fallait continuer à frapper la vitre.
Toc - Toc - Toc
"Enchanté, moi c'est Harry. Et toi ? Comment tu t'appelle ?"
"Hou ! Hou !"
"Ah bon ? Toi aussi ?!" s'étonna-t-il. "Il semblerait que vous vous appeliez tous HouHou, dans le coin."
Le hibou cogna la vitre, encore, visiblement agacé et Harry lui demanda s'il avait besoin d'aide.
"Hou ! Hou !" fit le hibou.
"D'accord. Bouge pas." dit Harry.
Il se rapprocha de la vitre pour taper dessus le même rythme tertiaire que l'oiseau : Toc - Toc - Toc.
"Voilà, je m'en charge. Tu peux t'en aller."
Le hibou s'envola et fit le tour de la maison mais toutes les vitres étaient fermées alors il revint là où tapait l'enfant... pris de l'élan et fonça dessus de toutes ses forces. Bang !
"Hou ! Hou !" fit l'oiseau.
"Hou ! Hou !" fit Harry.
"Hou ! Hou !" insista le hibou.
La clef joua dans la serrure de la porte d'entrée mais Harry était trop absorbé dans sa discution avec HouHou le hibou pour s'en apercevoir. Remus oberva la scène d'un air abasourdi, sans trop savoir s'il devait en rire ou en pleurer… de rire.
"Il ne va pas te répondre." informa-t-il enfin.
"Bah si : je fais Hou ! Hou ! et lui il me répond Hou ! Hou !" assura Harry avant de froncer les sourcils d'un air soucieux. "Est-ce que tu as une commotion cérébrale ?"
"Ah ça... C'est une scène que je n'oublierai pas."
"Est-ce que tu as une commotion cérébrale ?" insista Harry qui devait être très inquiet pour répéter.
Remus lui assura qu'il allait très bien et il avait parfaitement compris ce qui posait problème à Harry mais il décida de libérer ce pauvre oiseau de son devoir car discuter avec un cerveau aussi au-delà que celui de son petit faon pouvait durer des heures... et des heures et des heures.
"Ouvre la fenêtre et prend le courrier qui est dans le bec du hibou. Ensuite, tu prendras deux noises à 45 degrès sur ta droite dans le petit bol et tu les lui donneras en les glissant dans la poche qui est attachée à sa patte. Pendant ce temps-là, je vais regarder s'il y a de quoi manger dans les placards de la cuisine. Si tu te retrouve confronté à une boucle d'événements qui se répètent comme quand tu faisais Hou ! Hou avec ce hibou, ça signifie que j'ai manqué de te donner une information alors tu devras appeler mon prénom. Des questions ?"
"Pourquoi court est plus long que long ?" demanda Harry.
Remus cligna des yeux plusieurs fois, abasourdi. Il ne s'était pas attendu à cette question-ci pour être honnête mais il y répondit quand même en déduisant qu'il n'y avait certainement pas de questions en rapport avec la situation :
"On appelle ça le paradoxe de Grelling-Nelson. Je t'amènerai à une bibliothèque pour chercher un livre sur les autologismes, ça te va ?"
Harry hocha la tête puis il exécuta les instructions de Remus : ouvrir la fenêtre, prendre le courrier et payer le hibou. Il ne referma pas la vitre car ça ne faisait pas parti des instructions mais il se permit de lire les enveloppes : Helena Blow, Helena Blow, Miss Blow, Remus Lupin, Helena Blow et Harry Potter.
"Puis-je ouvrir le courrier qui porte mon nom ?" demanda Harry.
Remus était heureux que rien n'ait explosé dans la manœuvre et il trouvait un peu étrange que l'école d'Harry lui ait déjà envoyé les cours qu'il avait manqué puisqu'il venait tout juste de remplir les derniers formulaires.
"Oui, bien sûr, Harry."
La petite enveloppe intriguait énormément Harry : personne n'utilisait ce nom de famille pour le désigner et il n'avait jamais reçu le moindre courrier venant d'un sorcier. Qui avait bien pu lui écrire ?!
COLLÈGE DE POUDLARD, ÉCOLE DE SORCELLERIE
Directeur : Albus Dumbledore
Commandeur du Grand-Ordre de Merlin
Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur-en-chef, Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers
Cher Mr Potter,
Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège de Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.
La rentrée est fixée au 1er Septembre, nous attendrons votre hibou le 31 juillet au plus tard.
Veuillez croire, cher Monsieur Potter, en l'expression de nos sentiments distingués.
Minerva McGonagall
Directrice-adjointe.
Harry sentit le Voltagium faire un double-looping à l'intérieur de lui... ça y ressemblait beaucoup. Puis il observa mieux la lettre et songea qu'il était inscrit dans cette école depuis sa naissance mais que personne n'avait dû mettre les registres à jour depuis ce fameux jour d'Halloween. Néanmoins, ça signifiait qu'il pouvait y aller, n'est-ce pas ?
"Alors ? C'est l'école ?" demanda Remus.
"Oui." répondit Harry.
Il y eût un grand Boum émanant de la cuisine et l'adulte sortit de là recouvert de farine. En dessous de la poudre blanche, il était blafard.
"Attends cinq secondes…" balbutia-t-il. "Ton école, c'est une école de moldu ?!"
"Bien sûr, Remus."
Harry se mordit la lèvre jusqu'au sang et il déclara :
"Je ne suis pas très rassuré en ce qui concerne ta commotion cérébrale. Tu veux pas aller passer un scanner à l'hôpital ?"
"Pourquoi est-ce qu'ils ont utilisé un hibou ? Qu'est-ce que... que..."
Remus vit la lettre ouverte de Poudlard et son cœur manqua un battement. Puis un autre. Puis un autre. Meeerde… C'était l'école, oui, en un sens mais pas celle dont il parlait.
"Est-ce que tu viens de recevoir... une... une... lettre de…"
"Albus Dumbledore ?"
"Tu as reçu une lettre de Poudlard ?!"
"De toute évidence, oui."
Harry venait de recevoir sa lettre d'admission pour Poudlard.
-Fin du 10ème chapitre-
…à suivre…
