IX. 77% d'accord
Karin
Suigestu la regarda fixement pendant quelques instants. Elle pensait que dès qu'elle aurait donné son ordre, il se serait immédiatement exécuté mais non. Il jeta son bouquet garni dans la préparation bouillonnante et s'essuya vaguement les mains sur un torchon.
— J'ai pas compris, je dois faire quoi ?
Encore ce sourire insolent, elle comprenait qu'elle était vraiment autoritaire quand elle sentait la contrariété courir le long de sa colonne vertébrale à cette simple vue. Elle désigna la chaise du pied et attendit qu'il s'y soit assis. Elle lui ordonna de mettre ses mains dans le dos et de rester ainsi. Karin ne savait pas si ce qu'elle faisait était stupide ou excitant. Pour l'instant, il avait le regard perçant. Elle ne savait pas vraiment à quoi s'attendre.
— À quoi tu penses ? questionna Karin la voix infiniment plus douce.
— À ton cul, répondit directement l'homme.
Il obéissait en gardant ses mains dans son dos mais se penchait dangereusement en avant comme pour l'atteindre. Avant qu'elle ait réfléchi à quoi répondre, elle l'entendit poursuivre :
— Cette jupe te fait un cul d'enfer, j'ai juste envie de te voir à quatre pattes et de te prendre.
Karin dut pincer ses lèvres pour éviter de sourire devant cette promesse. Elle secoua la tête et repoussa ses cheveux derrière son épaule. Elle apprécia le regard qu'il posait sur elle. Karin se tourna doucement, atterrissant à quatre pattes sur la table du salon. Elle bougea lentement, et écouta son compagnon jurer dans son dos. Elle se mit debout et enleva doucement sa jupe qui glissa le long de ses jambes bronzées.
Plutôt que de s'asseoir, elle fit subir le même traitement à sa culotte. Elle faisait partie de celles qui préféraient éclaircir plutôt qu'épiler ce qui faisait qu'elle avait toujours un fin duvet qui recouvrait son pubis jusqu'à encadrer ses lèvres. Elle s'assit ainsi en face de Suigestu et posa sa cheville droite sur le dossier derrière lui.
Elle se sentait déjà mouillée, tremblante face au fin courant d'air frais et au brûlant regard que le scientifique posait sur elle.
— As-tu besoin d'un manuel ? provoqua-t-elle.
Il secoua vivement la tête, approcha la chaise un peu plus pour être plus à l'aise et plongea sa tête entre ses jambes. Plutôt que d'aller droit au but, il lécha distraitement l'intérieur de ses cuisses et s'approcha peu à peu de ses lèvres. Karin papillonna, elle commença même à regretter d'avoir interdit à Suigestu d'utiliser ses mains car l'envie de le sentir en elle commençait à s'installer. Elle grogna à cause des différences de températures et de textures et eut bien du mal à rester en place quand il s'occupa enfin de son clitoris.
— Debout ! ordonna-t-elle après un spasme particulièrement violent.
Suigestu obéit immédiatement. Il avait l'air tellement grand alors qu'elle était encore allongée sur cette fichue table. Et il fallait croire que ça l'excitait puisque son impatience augmenta d'un cran.
— Ta bite, maintenant. Et tes mains.
— Où est-ce que tu les veux ?
— Mon cul.
Il ne lui en fallut pas plus. Suigestu glissa ses mains au niveau de ses hanches pour l'approcher davantage du bord. Il allait la prendre quand elle poussa sur son torse pour qu'il s'assoit de nouveau. Elle se pencha pour lui enfiler habillement un condom. Il sourit à pleine dents quand elle vint s'asseoir sur lui. Enfin, il pouvait goûter à sa chaleur, son parfum suave, ses petits souffles roques. Il s'accrocha à ses fesses, autant pour la soutenir dans ses va-et-viens gourmands que pour l'exciter.
Il avait tellement de mal à penser à autre chose que Karin. Il sentait le genou qu'elle avait en partie posé sur l'assise pour se stabiliser, ses cheveux qui chatouillaient son cou et son torse, et son vagin bouillant et pulsant sur sa queue. Pourtant, il devait se contrôler et la laissait gérer le rythme.
Soudainement, sa main chaude glissa de son épaule à sa nuque où elle lui tira plutôt violemment les cheveux. Il grogna, autant à cause de la surprise et que l'excitation. Il pressa ses fesses, la prévint qu'il ne tarderait pas à venir. Plutôt que d'accélérer, elle préféra ralentir pour adopter un rythme plus langoureux encore.
Il souffla quand vint l'éjaculation et serra fermement Karin contre lui. Il déposa plusieurs baisers sur son épaule le temps qu'elle retrouve son souffle.
Hinata
Naruto et elle avaient mangé leur dessert sur le pouce puis avaient pris le chemin de l'appartement de la brune. Ils s'étaient arrêté en cours de route pour se bécoter entre deux immeubles et ils avaient bien du mal à renoncer à cette activité. Hinata sentait la main gauche de son petit-ami qui relevait peu à peu le tissu de sa robe pour accéder à sa cuisse ; elle était dépitée de devoir le repousser quand son corps n'attendait que ça.
— Peut-être que Karin est gentiment dans sa chambre, proposa Naruto dans un grognement.
Hinata rit de sa naïveté.
— Vu sa tête quand je lui ai parlé de notre rendez-vous, il y a peu de chances.
Elle accueillit en soupirant les baisers qu'il déposait dans son cou. Les mains sur ses hanches se firent encore plus pressantes alors que leur baiser s'intensifiait. Elle grogna contre ses lèvres, consciente aussi bien de l'érection de Naruto que de sa culotte détrempée. C'est à ce moment-là qu'elle lui proposa d'aller chez lui.
Sa surprise fut complètement comique, on aurait dit qu'il ne s'y attendait vraiment pas. Pourtant il s'empressa de hocher la tête et la traîna vers le parc à vélo municipal. Ils en louèrent chacun un et Hinata s'attira un regard curieux en gigotant sur son assise.
— Ma culotte me gêne, osa-t-elle finalement avouer à mi-voix.
— Enlève-la.
Il n'en fallut pas plus pour déclencher une nouvelle vague de cyprine qui stagna dans son sous-vêtement. Après avoir vérifié que personne ne pouvait la voir, Hinata enleva le vêtement gênant. Avant qu'elle ne réfléchisse à où l'entreposer, Naruto le saisit et l'enfouit dans sa poche. Il la pressa pour qu'ils puissent se mettre en route. Ils étaient aussi impatients l'un que l'autre.
Ils firent le trajet en une vingtaine de minutes et Naruto la conduisit jusqu'à son appartement. L'immeuble était plutôt vieux et les escaliers en colimaçon les épuisèrent. Aussi parce qu'ils avaient le souffle court à rire de la manière dont Hinata tenait son jupon pour éviter de voir ses fesses ou son entrejambe découvertes. Dès qu'ils arrivèrent au bon étage, Naruto la prit de nouveau dans ses bras, baisant ses lèvres puis son cou jusqu'à la naissance de ses seins.
Hinata était rouge de peur que quelqu'un les découvre ainsi et elle se sentit infiniment mieux quand ils se retrouvèrent dans l'appartement du blond. Ils ne perdirent pas de temps pour se retrouver, étant aussi voraces l'un que l'autre. Leurs ébats furent rapides et intenses et ce fut seulement après que la jeune femme regarda autour d'elle. Et elle fut bien déçue, la chambre était impersonnelle et rien n'y reflétait les goûts ou les intérêts de Naruto.
— J'aurais voulu te proposer quelque chose à grignoter mais je n'ai rien ici.
— Ce n'est pas ton appartement ? s'étonna Hinata en levant la tête vers lui.
— Si si mais j'habite avec Sasuke en ce moment. Il a pas très bien pris le départ de Karin et nous aimons autant l'un que l'autre les maisons vides...
— Est-ce que tu en veux à Karin ? questionna doucement la professeure.
— Non, ça ne sert à rien. Si elle avait pu faire mieux, elle l'aurait fait.
Ils restèrent silencieux en pensant à leur amis. Hinata s'éloigna finalement pour prévenir Karin qu'elle ne rentrerait pas ce soir. Elle reçut rapidement une réponse :
« On aurait dû rester nus dans le salon. Zut. »
Décidément, il faudrait qu'elles parlent de l'utilisation des parties communes. Quoi qu'elle avait couché avec Naruto dans le salon et la salle de bain donc elle était mal placée pour lui faire la moral. Un mouvement attira soudainement son regard et elle aperçut Naruto se touchant distraitement les yeux fixés sur elle. Hinata s'empressa de se rapprocher.
Karin
— Tu as enfin eu le texto que t'attendais ? questionna Suigestu à côté d'elle.
La jeune femme secoua la tête. Elle expliqua qu'il s'agissait juste de Hinata prévenant qu'elle découchait. La soirée avec Naruto avait dû être plus que concluante. Mais cela ne l'étonnait pas, son cousin était si mignon qu'on lui pardonnait tout en général.
— Elle s'est rabibochée avec Naruto.
— Il a pas l'air méchant, pourquoi tu t'inquiètes ?
Karin haussa les épaules et se rallongea pour continuer leur série. Ils suivaient de près les aventures de Lorelai et Rory maintenant. Mais de toute évidence, Suigestu n'avait pas fini son questionnaire :
— C'est quoi le texto que tu attends ?
Karin hésita à lui dire car après tout, il n'avait jamais témoigner de neutralité en ce qui concerne Sasuke. Elle avait peur que ce soit devenu un sujet tendu entre eux. Mais puisqu'elle avait pu lui parler de sa grossesse et de son avortement, cela aurait été ridicule de ne pas évoquer son mari :
— Sasuke ne m'a rien dit depuis notre conversation au parc. J'aimerais avoir de ses nouvelles mais il était tellement énervé quand on s'est quitté que je n'ose pas.
— Qu'est-ce que tu veux qu'il te dise ?
Karin se dandina incertaine quant à la réponse à donner.
— Qu'il me comprend même s'il est en colère pour l'instant.
— Viens par ici.
Il déplaça l'ordinateur portable et encastra la jeune femme à ses côtés pour que son dos se retrouve contre son torse. Elle sentit son souffle calme dans son cou alors qu'une main chaude venait se poser contre son ventre sous son tee-shirt.
— Ça va venir, lui promit-il une fois qu'elle eut remis en route leur épisode.
Karin retint de justesse un tremblement en constatant la solennité de son comparse. Qu'est-ce qu'il était en train de se passer entre eux ? Pourquoi elle retenait son souffle pour entendre les battements de son cœur ? Ils n'avaient jamais été de simples copains de baise mais cette nuit, ça lui sautait aux yeux.
Est-ce qu'il était amoureux d'elle ? Karin était incapable de penser à quoi que ce soit d'autre. Les paroles des personnages de la série se perdaient dans un immense brouillard alors qu'elle essayait de trouver quelque chose pour infirmer cette théorie grotesque. Suigestu amoureux d'elle, quelle blague. C'était risible.
Pourtant elle se souvient de la facilité avec laquelle il avait jeté la femme qu'il voyait avant elle. La façon dont il lui avait dit « demain pas ce soir », comme s'il n'était pas question de la repousser. Bien sûr cela l'avait flattée dans sa vanité mais elle avait maintenant l'impression d'avoir complètement abusé du jeune homme. Il était toujours de son côté, pas très avenant avec Sasuke, constamment présent pour l'aider...
Karin se figea ; qu'est-ce qu'elle était en train de faire au juste ? Il allait falloir qu'elle lui parle. Ouais, sa vie était en train de devenir un bordel sans nom entre la fréquentation assidue de Suigestu et la colère encore poignante de Sasuke. Il fallait qu'elle calme le jeu, qu'elle reprenne le contrôle. Ses résolutions prises, elle s'endormit dans les bras chauds et musclés de son collègue.
Hinata
Hinata s'étira difficilement. Elle grogna en sentant quelques douleurs signe qu'elle avait un peu trop forcé la veille. Immédiatement, elle sentit Naruto près d'elle qui embrassa sa poitrine et son ventre.
— Tu as encore de la force ? questionna-t-elle dans un souffle.
— Aucune, grogna-t-il en se laissant retomber sur le matelas.
Ils se redressèrent difficilement alors que le portable de Naruto se mit à sonner.
— Ça veut dire que j'ai la salle de bain, décréta la jeune femme en se levant complètement.
Naruto lui sourit tendrement et l'encouragea à se servir dans les placards. Dès qu'elle fut débarbouillée et habillée, même si elle n'avait toujours pas de culotte, elle revint dans la chambre où Naruto avait préparé ses affaires.
— Shikamaru passe me chercher, annonça-t-il. Est-ce qu'on te dépose chez toi ?
— Ce serait parfait, merci.
Pendant qu'il allait se préparer, elle passa aux toilettes récupérant sa culotte au passage. Elle l'essuya rapidement avant de l'enfiler même si cela était inconfortable, c'était mieux que rien. Ils attendirent Shikamaru au pied de l'immeuble et c'est là que Naruto lui fit part de sa proposition :
— Est-ce que ça te dirait qu'on passe un week-end ensemble ? Peut-être pas cette semaine, mais la semaine suivante si ça te convient.
Hinata sourit largement. La semaine prochaine, elle avait ses premières rencontres parents-profs donc elle aurait certainement plein d'anecdotes à lui raconter. La voiture arriva peu après et Shikamaru les salua d'un simple signe de tête, il n'était vraiment pas loquasse. Quand ils arrivèrent à son immeuble, Hinata remercia largement leur conducteur, embrassa tendrement Naruto et leur souhaita à tous les deux une bonne journée.
Arrivée chez elle, elle salua Karin et Suigestu qui partageaient tranquillement un petit-déjeuner.
— Il faut qu'on parle, attaqua automatiquement sa colocataire.
— Oui, mais laisse-moi le temps de me changer d'abord.
Hinata se précipita à sa chambre et fut ravie de retrouver des vêtements frais et propres. Elle s'assura d'être correctement coiffée et en profita pour mettre du déodorant et se brosser les dents ; tout ce qu'elle n'avait pas pu faire chez Naruto. Elle revint dans le salon et se servit une tasse de thé avant de s'enfoncer dans ce merveilleux canapé.
— Tu veux pas d'abord savoir ce qu'a vécu ce bon vieux canapé ? questionna Karin dont le sourire s'entendait à des lieux à la ronde.
— Non merci, je suis très heureuse dans l'ignorance.
— Alors vous êtes de nouveau « chou-craque-love » ?
— Je suppose, oui, marmonna Hinata avec gêne.
Karin la surprit en venant simplement déposer un baiser sur sa joue.
— Je suis contente pour toi. Je vais me préparer puis on va au collège ?
Ses collègues acquiescèrent alors qu'elle disparaissait vers la salle d'eau. Suigestu vint s'asseoir à ses côtés faisant la discussion sur la semaine qui allait venir. Habituellement, Hinata adorait discuter des responsabilités professorales mais avec lui aussi près, elle était infiniment mal à l'aise et Suigestu s'en rendit rapidement compte.
— Tu n'aimes pas que je sois assis là ?
Heureusement, il n'avait pas l'air d'être en colère. Hinata était incapable de bien répondre aux coléreux. Elle hocha simplement la tête, soucieuse de ne pas vexer quelqu'un qu'elle appréciait malgré tout :
— Ce n'est pas toi personnellement, précisa-t-elle. Je suis très mal à l'aise avec les hommes en général.
Suigestu se déplaça et posa ses fesses sur la table basse qui leur faisait face.
— Est-ce que c'est mieux ?
Bizarrement oui, elle avait la sensation d'avoir davantage d'espace et elle apprécia grandement le geste. Il aurait pu creuser la question de sa gêne intense à l'égard des « hommes en général » mais il préféra poursuivre la discussion sur la semaine à venir. Ça aussi, ça ravit la jeune Hyuga.
Bonjour, étant donné que ce chapitre est court, j'ai pu le sortir plus rapidement. J'en profite pour remercier celles et ceux qui lisent et en particulier celles et ceux qui prennent le temps de me laisser un mot.
A NaruHina82, je regrette beaucoup que tu n'aies pas de compte j'aurais adorer m'étendre en débat avec toi. Je comprends la distinction que tu fais entre avortement thérapeutique et de convenance mais pour moi, l'établir au niveau légal est impossible et dangereux. D'abord même en considérant qu'une grossesse imprévue est la faute de géniteurs sans précautions, c'est cher payé pour une faute de quelques minutes à peine. Ensuite, ce serait une faute que seule la mère payerait (ou de façon disproportionnée) puisque l'Etat ne cherche pas le père à chaque naissance et la mise en place de pension alimentaire n'est pas automatique. Ensuite, il y a tous les cas ou il est difficile de faire la distinction : par exemple dans le cas des viols conjugaux, les victimes n'emploient pas le terme de viol ni même d'agression la plupart du temps. Et le plus important, c'est que chaque enfant devrait naître dans un bon environnement , et si l'enfant n'est pas désiré, son environnement est dégradé de fait. Donc je ne vois pas l'utilité de restreindre l'avortement même dans le cas où ça finirait par devenir une contraception voire la première contraception (c'est quelque chose qui a déjà été observé dans quelques pays il me semble). Voila mon point de vue mais je pense que tu auras des choses à m'opposer dessus surtout concernant le fait de se servir de l'avortement comme d'un contraceptif comme un autre.
Pour le chapitre précédent, tu vois juste Karin devra prendre les choses en main mais j'avoue que ce n'est pas exactement pour tout de suite et pour Hinata pareil, elle est gênée de ce qu'on peut penser de son couple. Pour le mot d'alerte, j'y pense mais je ne l'ai pas encore placé ; c'est une bonne chose de me le rappeler.
Voilà pour aujourd'hui, je vous souhaite une bonne fin de journée et je vais bosser sur la suite ! Bon dimanche.
