Hellow les gens ! Comme promis, je me remets à écrire de manière plus régulière - espérons juste que je tienne ce rythme...
Bref, petit chapitre hivernal. Enjoy !
Chapitre 10
Jack se réveilla lorsqu'un doigt léger vint caresser sa joue.
Il mit quelques secondes à se souvenir pourquoi sa tête était allongée sur un bras puissant et pourquoi l'haleine chaude qui faisait voler les mèches sur son visage avait une odeur de chocolat.
Puis il se souvint. Bunnymund. Ils avaient passé la fin d'après-midi ensemble. Puis la soirée. Puis la nuit. Ils avaient fini par dormir quelques heures dans les bras l'un de l'autre – toute cette activité sportive en plus de son voyage à Arendelle avait épuisé Jack.
Il prit le temps de respirer profondément, appréciant le parfum musqué de son nouvel amant, de bouger légèrement son corps pour le mettre en mouvement, et enfin il ouvrit les yeux. Il tomba sur deux perles vertes aux couleurs du printemps. Dieu qu'il aimait cette couleur ! Pourtant, les yeux étaient plus sérieux que ce à quoi il s'attendait – il pensait y voir l'espoir, la joie ! Pourquoi y avait-il tant de gravité dans les prunelles de Bunny ?
Jack lui offrit un sourire réconfortant et de sa main il alla doucement caresser la mâchoire anguleuse de son amant. Celui-ci se décida alors à parler.
« J'ai du mal à y croire, » avoua-t-il. « J'arrive pas à me dire que tu es là, avec moi. Que c'est réel. »
« Je pense que mes fesses peuvent témoigner de la réalité de la chose, » se moqua Jack.
« T'es insupportable, » le rabroua Bunny avec un sourire. « On peut pas parler sérieusement avec toi. »
« Excuse-moi. C'est que ça me fait bizarre à moi aussi. Il y a encore quelques mois… On peut pas dire que tu me portais dans ton cœur. »
Bunny soupira lourdement tandis qu'un voile de tristesse venait recouvrir ses yeux. Il prit alors Jack dans ses bras et le serra étroitement contre lui. Alors l'esprit de l'hiver put sentir son amant reprendre sa forme de lapin dans ses bras – était-ce l'émotion qui l'empêchait de garder forme humaine ?
« Je suis désolé Jack. Je suis tellement désolé… »
Le jeune esprit se laissa aller dans cette étreinte qu'il savait sincère. Bunnymund apercevait le calvaire que Jack avait subi pendant toutes ces années de solitude, calvaire dont il était en partie responsable. Jack eut presque envie de lui demander ce qu'il serait prêt à abandonner pour revenir en arrière et ne plus faire la même erreur. Mais il se ravisa, se disant que c'était probablement stupide et que remuer le passé à ce point ne servirait à rien, à part leur faire du mal à tous les deux.
« Je te pardonne. »
La journée s'annonçait rude pour Jack : ce jour marquait un tournant pour l'hiver et Jack allait devoir distribuer une bonne dose de givre partout sur l'hémisphère nord de la planète. Alors il s'habilla rapidement et sortit de la cabane de Bunny aux premiers rayons du soleil.
Avant de partir, il se retourna vers le lapin. Celui-ci affichait un sourire léger et ses yeux étaient pleins d'espoir. Mais Jack avait appris à le connaître et il lisait à présent dans ses mouvements, dans sa posture, et ce qu'il voyait lui fit mal au cœur : Bunny avait peur. Et Jack, se remémorant la semaine passée, sut immédiatement le pourquoi de cette peur : le lapin était effrayé que tout ça ne soit qu'un rêve trop beau, trop illusoire, ou une simple farce de la part du gardien de l'amusement, il avait peur que Jack s'envole pour ne plus revenir.
Il ne pouvait lui en vouloir. Et plus encore, il voulait le rassurer. Alors Jack fit demi-tour et se jeta au cou du lapin. Celui-ci l'accueillit avec un rire léger.
« Ca va Jack ? » demanda-t-il pour dissimuler ses vrais sentiments.
« Je reviendrai. Cette nuit. Après avoir gelé tous les poteaux électriques du pays. Je reviendrai et tu as intérêt à me réchauffer ! »
Bunny rougit furieusement et, sans lui laisser le temps de répondre, Jack lui claqua un baiser sonore sur le front et s'envola à son travail, loin du terrier douillet du lapin de Pâques.
Après trois journées de travail intense et trois nuits d'amour passionné, Jack finit par prendre une pause et se rendit à Arendelle. Il se dirigea directement vers le château et fut très soulagé de ne voir toujours aucune statue de lui sur la route. La chance était avec lui et il trouva la famille royale dans la cour du château avec quelques courtisans. La petite Elsa fut la première à l'apercevoir et elle se mit à trottiner vers lui, aussi vite que sa faible maîtrise de la marche le lui permettait. Jack s'empressa d'aller vers elle et de la récupérer dans ses bras, lui offrant un baiser gelé sur la joue.
Toute l'attention fut alors portée sur lui et, observant la petite et le couple royal, il put en déduire que le continuum temps avait été clément avec lui et que peu de temps s'était écoulé depuis sa dernière visite – il apprendrait au dîner que cela faisait un mois.
L'après-midi se passa dans une ambiance fort agréable et, comme cela devenait désormais une habitude, un banquet fut organisé le soir même pour fêter le retour de Jack. Décidément, lui qui avait eu pour but premier de passer inaperçu, c'était définitivement râpé. Mais il n'aurait pu s'en plaindre : il avait maintenant l'impression de faire partie de cette famille et cela le ravissait.
Dans un élan de nostalgie, pris dans la contemplation des braseros de la cour, il repensa au Jack d'il y a un siècle à peine. Cet esprit-là n'était pas encore gardien, il était seul et désespéré, cherchant un moyen de mettre un terme à cette vie misérable qu'était la sienne. A l'époque, il avait retrouvé un élan de joie auprès des enfants qui en des temps troublés trouvaient refuge dans des légendes comme celle de Jack Frost. Mais combien aurait-il donné pour avoir une famille ? Jack Frost se sentait alors si seul…
Et aujourd'hui, il avait deux familles. Des familles qui le chérissaient. Et un amant. Qui l'eut cru ? Pas lui, en tout cas. Alors, dans le secret de la nuit, il pensa qu'il aurait aimé dire au Jack d'il y a cent ans de ne pas perdre espoir, qu'il viendrait un jour où il goûterait au vrai bonheur.
Elsa tapota sa joue pour attirer son attention et avoir un gâteau. Jack sortit donc de sa rêverie pour revenir dans le présent et s'occuper d'elle. Après tout, la petite princesse méritait toute son attention !
Le froid s'installait au fil des jours et, les gardiens devaient bien le reconnaître, Jack faisait un super travail cette année, gelant assez les routes pour que les enfants ne puissent pas aller à l'école mais pas trop pour qu'ils puissent sortir et s'amuser entre amis. On n'avait pas vus d'enfants aussi heureux que cet hiver-là. Et Jack était fier de lui.
Mais depuis son terrier, Bunnymund redoutait quelque peu l'effet que cela pourrait avoir sur sa propre fête. Alors, chaque soir, il travaillait à réchauffer le gardien givré, espérant le faire fondre. Mais dans ces moments-là, il fallait bien l'avouer, Bunny avait d'autres pensées en tête que Pâques, l'hiver et les œufs en chocolat !
Ainsi ils arrivèrent au milieu de l'hiver. Jack était alors retourné une fois à Arendelle et avait eu le bonheur d'apprendre que la reine Idun était enceinte d'un deuxième enfant. Il voulait retourner voir la petite princesse et espérait rencontrer le deuxième enfant, mais ses journées étaient finalement très prenantes et, la joie des enfants faisant déborder son cœur, il se consacrait entièrement à son travail. Et puis, lorsqu'il avait un petit moment à lui, il se rendait au terrier du lapin de Pâques, désireux de ressentir cette chaleur nouvelle qui lui faisait tourner la tête.
D'ailleurs, Jack était impatient d'y retourner : encore un bosquet à geler et il aurait fini sa journée ! Il avait hâte de surprendre Bunny en venant plus tôt que prévu, de le serrer contre lui, de le sentir se transformer en humain et de…
Un bruit attira son attention. Un grognement qu'il commençait à bien connaître. Jack se dirigea vers la terre ferme et y trouva deux yétis de Nord. Maintenant que ces créatures ne le fichaient plus à la porte comme un malpropre, il devait avouer qu'il les aimait bien.
« Salut les gars ! Quoi de neuf ? »
Les deux répondirent en même temps par des grognements gutturaux que Jack comprenait plus ou moins. Et parmi la tirade mélangée des deux, le gardien comprit qu'ils n'étaient pas là pour discuter mais ils étaient envoyés par le père Noël pour ramener Jack au pôle : Nord voulait lui parler.
Jack ne savait pas vraiment à quoi s'attendre, mais peut-être était-ce juste pour avoir des nouvelles et organiser le Noël de cette année ? Cela faisait un moment qu'il ne lui avait pas rendu visite, ce devait être ça !
Balayant ses inquiétudes, Jack suivit les yétis à travers un passage magique pour atterrir directement au pôle nord.
« Ah ! Jack ! Je t'attendais, » l'accueillit le Père Noël dans son atelier.
L'homme délaissa un petit train rouge et vert pour se diriger vers Jack et l'emmener gentiment jusqu'à une chaise confortable où il lui offrit thé et cookies. L'esprit refusa et commença à être inquiet – l'homme n'était pas connu pour sa délicatesse. Et pire encore : il avait l'air tendu. Qu'était donc ce sujet dont il voulait discuter ?
« De quoi tu voulais me parler, Nord ? » demanda Jack directement, voulant abréger le suspens.
Nord se gratta la nuque, soupira, puis s'installa à son tour sur une chaise et adopta un air sérieux que Jack ne lui connaissait que peu.
« Ecoute Jack, j'ai parlé avec Bunnymund. »
Soudain, il réalisa : Pitch. Jack n'en avait jamais reparlé avec Bunny et ne l'avait jamais mentionné aux autres gardiens. Or, Bunny lui avait à l'époque avoué que Nord était au courant que Pitch avait survécu. Peut-être, en voulant savoir où en était ce problème, Nord avait-il découvert le pot aux roses ? Et Bunny avait fini de lui raconter toute l'histoire.
Jack sentit des sueurs froides couler dans son dos. A quelle sanction allait-il être confronté ?
« Je suis au courant. »
Jack sentit une pression malsaine sur son cœur – et s'il se faisait bannir des gardiens ? Il ne pourrait le supporter.
« Je ne suis pas contre, évidemment, je souhaite votre bonheur avant tout, » continua Nord, inconscient de l'état de panique de Jack.
Alors soudain, le gardien de l'amusement réalisa : toute cette histoire n'avait rien à voir avec Pitch – il s'agissait de son histoire d'amour avec Bunny. Jack souffla un grand coup, sentant la pression le libérer de sa douloureuse étreinte.
« Quoi ? » s'étonna Nord, interprétant de travers son souffle. « Tu pensais que j'allais être contre ? » s'insurgea-t-il. « Jack, je souhaite le bonheur de tous les enfants, et Bunny et toi vous êtes comme mes enfants. Des grands enfants ! Mais je tiens à vous, je ne m'opposerai pas à votre relation, qu'on soit clairs là-dessus ! »
Jack écarquilla les yeux devant une telle ferveur et acquiesça frénétiquement pour calmer cet homme à la colère impressionnante. Après tout, il n'avait même pas envisagé qu'un des gardiens puisse être contre leur relation. Mais il était content d'en avoir la confirmation.
« Merci ? » tenta Jack, ne sachant pas vraiment à quoi tout cela rimait, finalement.
« Mais Jack, si je t'ai fait venir, c'est parce que je m'inquiète. »
« De quoi ? Nous faisons notre boulot, l'hiver n'a jamais été aussi joyeux. Tu vas avoir un beau Noël Blanc ! Je te le garantis ! »
Nord soupira et se frotta le visage, loin de la réaction attendue par Jack. Qu'est-ce qui n'allait pas ?
« Petit, je vois bien votre bonheur et j'en suis très heureux moi-même, crois-le bien. Et j'ai vu que tout cela a un impact positif sur votre travail. C'est pour cela que j'ai hésité à vous en parler. Mais tu sais Jack, je suis vieux, très vieux. Et j'en ai vu des enfants, j'en ai suivi des histoires. Et… votre histoire est jolie, je ne peux le nier. Mais Jack, ce n'est que le début. Et… Je veux seulement t'avertir. Je vois beaucoup de passion entre vous, mais y a-t-il vraiment de l'amour ? »
Jack aurait bien voulu l'envoyer sur les roses, lui répliquer qu'il ne pouvait rien comprendre, vieux bonhomme aigri qu'il était. Mais Nord était tout sauf aigri et ses paroles le renvoyaient à ses doutes avant sa décision. Il aurait menti s'il avait dit qu'il était sûr de lui. Il ressentait quelque chose pour Bunny, c'était certain. Il ressentait du désir et même plus ! Il était heureux quand il était avec lui. N'était-ce pas donc de l'amour ?
Le gardien de l'amusement regarda Nord, perdu. Le vieil homme avait l'air plus malheureux que jamais, ses grands yeux tristes cachés derrière ses sourcils broussailleux. Au moins, Jack ne pouvait douter de sa sincérité.
« Jack, » tenta-t-il d'une petite voix. « Ne me réponds pas, d'accord ? De toute façon, cela ne concerne pas vraiment, je voulais simplement t'avertir pour vous épargner des erreurs. Mais la suite est entre vos mains. C'est à vous de décider ce qu'il en est, ce qu'il convient de faire. Et je suis certain que vous trouverez la bonne solution. Maintenant, vas-y, Bunny doit t'attendre. »
Le jeune esprit n'osait regarder l'autre gardien. Il hocha doucement la tête et se leva, comme hypnotisé. Et s'il faisait vraiment une erreur ? Son cœur se compressa douloureusement.
« Et Jack ? » l'interpella Nord avant que le jeune homme ne sorte de son bureau. « Pardonne-moi. Je souhaite vraiment le meilleur pour vous deux. »
Jack le regarda dans les yeux quelques secondes. Puis il hocha la tête comme pour dire qu'il le pardonnait. Et enfin il s'envola loin du pôle nord, déprimé et incertain.
Alors ? Verdict ? A votre avis, que va-t-il se passer pour les deux amants ?
Petite précision : concernant le continuum temps, je me suis inspiré (librement) de Narnia et j'utilise ce concept de manière absolument subjective en fonction de mes besoins pour l'histoire. Je ne donnerai donc aucune explication concernant la différence de délais (puisqu'il n'y en a pas vraiment mdr) et je le modèlerai selon l'intrigue. Mais je ne vous en dis pas plus !
Au plaisir de vous revoir et lire vos retours !
PS : Encore merci à Elena Riddle qui m'a motivée à m'y remettre avec sa review toute tendre !
