Jour 21 : Hiver (mot de l'Enfer) + Meera x Bran (demandé par Starck)
Contexte : post saison 8
Note : je dédicace ce chapitre à Lassa, vu comment il aime Bran !
Merci à Marina, Angelica, Lassa (x2), Black Angelis et Lamangaka pour leurs reviews sur les précédents textes !
L'hiver était fini.
Enfin. Après des années à voir la menace monter, à essayer de l'empêcher d'exploser pour finalement ne rien pouvoir faire d'autre que prier pour les siens, les Morts avaient été vaincus et l'Hiver avec. Meera avait ainsi tâché de reprendre tant bien que mal sa vie d'avant, avant Bran, avant cette mission impossible. Mais cela semblait être impossible – car dans sa vie d'avant, Jojen était là. Ce qui n'était douloureusement plus le cas maintenant.
Alors même si elle essayait d'être heureuse, de savourer cette ère de paix qu'inaugurait maintenant, Meera était triste et seule. Seule, car personne ne pouvait comprendre ce qu'elle avait traversé pour permettre à Bran de survivre ; la peur, la mort, le poids des responsabilités... c'était une charge que personne n'était en mesure de comprendre. Personne, excepté celui qui les avaient vécues aussi : Bran. Mais Bran n'était plus Bran depuis cette nuit noire où la Mort les avaient talonnés de si près. Hodor et Eté n'étaient pas les seuls à être morts dans cette grotte, Bran aussi. L'être qui en était ressorti n'avait plus rien à voir avec le jeune garçon qu'elle avait connu.
Jeune garçon qui était devenu roi des Sept Couronnes... C'était une bien drôle d'histoire que tout cela.
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- Le roi arrive ! Le roi arrive !
Le murmure excité se répandit comme une traîné de poudre à travers toute l'assemblée patientant dans la cour de Winterfell. Tous les gens présents semblaient ravis de voir arriver le souverain du sud – après tout, c'était un homme du Nord, un loup, bien de chez eux, qui avait réussit à monter sur le trône. Même l'impassible reine du Nord ne pouvait cacher un léger sourire à l'idée de revoir son frère, si bien qu'il n'y avait qu'une seule personne dans l'assemblée qui n'était pas heureuse : Meera.
Elle n'avait pas revu Bran depuis leur discussion, qui c'était plutôt apparentée à un monologue de sa part, n'ayant rencontrée qu'une coquille vide.
Mon frère est mort pour toi !
Ces mots ne quittaient plus son esprit. Elle avait crié cela malgré elle, sachant pertinemment que Jojen et elle s'étaient engagés dans cette mission bien conscient des risques. Que Bran soit indirectement responsable de sa mort était une chose qu'elle pouvait donc accepter. Mais qu'il n'en ressente rien, se contente de la regarder aussi froidement... c'était une chose qu'elle ne pouvait accepter. Encore maintenant, elle en ressentait une colère sourde.
Alors lorsque le roi fit son entrée dans la cour, elle s'éclipsa vers l'intérieur du château.
Une marque d'impolitesse valait mieux qu'un meurtre.
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Au fond d'elle, Meera savait qu'elle ne pourrait éviter Bran indéfiniment. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle serait partie du château avant de prendre le risque de le revoir. Mais représentant la maison Reed, elle ne pouvait se permettre une telle indélicatesse. Elle se contentait alors de se fondre dans la masse, en évitant de se faire remarquer. Cela fonctionna quelques jours, mais ce qui devait arriver arriva : Bran la fit mander dans ses appartements. Pour rajouter à l'ironie de la situation, ceux-ci se trouvaient être ceux où ils s'étaient vus pour la dernière fois.
Lorsqu'elle rentra dans la pièce, Meera fit tout pour garder son masque de calme en place. Elle fit une sorte de révérence qui se voulait respectueuse, ponctuée d'un « Majesté » qu'elle espérait poli. Mais alors qu'elle se relevait, elle remarque une chose étrange : le regard de Bran semblait différent. Ce n'était pas celui du Bran des débuts de leur chemin, mais il n'était pas non plus celui désespérément vide de la fin. L'exercice du pouvoir l'avait-il changé ? Ou mieux... c'était une chose à laquelle elle n'espérait croire, mais qu'elle ne pouvait que vouloir : et si il était... Bran ?
- Je suis désolé, finit-il par dire. Pour ton frère. Pour toi. Pour... mon comportement.
Et là, Meera sut.
Oui, ce n'était pas un fantôme qu'elle avait devant elle, mais bien Bran, son Bran. Mais comme elle n'osait entièrement y croire, elle demanda tout de même, incertaine :
- Bran ? C'est... c'est bien toi ?
Le roi sembla comprendre ce qu'elle cachait derrière cette question. Il sourit doucement, et répondit :
- Oui. C'est bien moi.
Alors sans hésiter, Meera courut dans ses bras. Elle qui détestait d'ordinaire pleurer le faisait à chaudes larmes, mais en cet instant, peu lui important ; car Bran pleurait aussi, et ce n'était certainement pas la Corneille qui aurait été en mesure de le faire.
- Elle est partie, expliqua-t-il en écho à ses pensées. Juste après mon couronnement. Je crois qu'elle avait accomplis son rôle, et qu'avec le début de mon règne, l'hiver était vraiment révolu. Du moins, c'est comme ça que je l'interprète. Je n'ai eu alors qu'une idée en tête : m'excuser auprès de toi. Je suis désolé, tellement, tellement désolé. Je...
- Ce n'est rien, chuchota-t-elle. Ce n'est rien maintenant que tu es de nouveau toi. Je t'en ai voulu. Beaucoup. Mais ce que tu dis est vrai. Cette chose qui ne ressentait rien... ce n'était pas toi.
- Oui. Mais je ne peux m'empêcher de m'en vouloir. D'avoir été faible, de m'être laissé dominer par elle. De ne pas avoir su me battre sur ce qui comptait pour moi.
- Tu as réussi à sauver toute l'humanité.
- Je m'en fiche de l'humanité. Enfin, non, mais un peu. Ce que je voulais dire, c'est que ce qui comptait pour moi le plus à ce moment là, c'était toi. C'est toujours toi, à vrai dire. Ce qui est horrible, non ? J'ai des millions de sujets à qui penser, mais toutes mes pensées sont tournées vers toi. Je suis désolé, rajouta-t-il précipitamment. Je ne voulais pas dire cela. Enfin, si, je le pensais, mais je n'aurais pas d...
- Oh, par tous les dieux, tais toi. Tais toi et embrasse moi.
Il ne fallu pas lui redire deux fois.
Lorsque ses lèvres se posèrent sur les siennes, les pensées déjà bien embrouillées de Meera ne firent que s'emmêler d'avantage, rajoutant à cette détestation qui l'avait si souvent suivi un nouveau sentiment : la conviction que oui, les choses ne pouvaient que s'arranger.
Note de fin : Pour demain... ah, demain. Je dois dire que j'attends beaucoup de le publier. Pas que j'en sois fière ou autre, c'est juste que j'ai galéré comme pas possible pour écrire sur le couple ! Donc je suis curieuse de voir comment vous jugerez le résultat. En indice : une certaine ironie quand on connaît le passif des acteurs qui jouent les dits personnages (je vois Starck bondir à la lecture de l'indice)
