Chapitre 12 : Healness
Quand Derek rejoignit les autres, ils étaient sur le départ.
— Je te ramène chez toi ?
Isaac hocha la tête et ils emboîtèrent le pas aux membres de la meute, partageant le même ascenseur, les obligeant à une certaine proximité dont l'ancien alpha ne put que se réjouir intérieurement.
Le hasard avait voulu qu'il se retrouve devant Stiles qui était entré dans les premiers…
Le hasard à parfois besoin d'être provoqué, c'est vrai, et Derek avait peut-être intentionnellement visé cette zone spécifique de la cabine !
Stiles s'était adossé au mur pour prendre le moins de place possible et le loup était face à lui, Isaac dans son dos, les autres sur la partie gauche de la cabine.
Leurs corps se frôlaient de façon exquises à chaque tremblement du vieil ascenseur. C'était divin !
Le souffle de Stiles se bloqua dans sa gorge quand ses yeux rencontrèrent ceux vert-pâle et son cœur accéléra la cadence.
C'était impossible que les loups-garous présents ne se rendent pas compte de ce brusque changement de rythme.
— Ça va, Stiles ? s'enquit Isaac.
Il semblait se repentir de son comportement de la soirée. Bien !
— Ou…oui, j'ai juste la phobie des ascenseurs, répondit le garçon sans que son cœur n'ait d'accro et Derek ne put s'empêcher de hausser un sourcil moqueur à son attention.
Ce n'était même pas un mensonge !
En réponse, Stiles leva les yeux au ciel ce qui fit sourire Derek un peu plus.
Le loup-garou ne put s'empêcher de se souvenir la dernière fois qu'il s'était retrouvé dans cette cabine en compagnie de l'hyperactif et malgré lui, il sentit une douce chaleur affluer dans son estomac et son souffle se fit plus difficile sous l'afflux de désir qui envahit tout son corps.
Son sourire disparut aussitôt, et son visage devint plus grave sous la concentration.
Il était clair que l'adolescent face à lui n'avait raté aucune miette de son changement de comportement : il plissait le regard comme s'il tentait de comprendre une énigme.
Sans pouvoir se contenir davantage, il laissa ses doigts effleurer subrepticement la hanche du jeune homme qui se tendit aussitôt, avant de hocher discrètement la tête de gauche à droite, son regard lançant des éclairs de mécontentement.
La courte descente prit soudainement fin au moment où Derek sentait sa détermination flancher et il se hâta de sortir de l'espace confiné quand les portes s'ouvrirent enfin.
Avec un dernier signe de la main chacun monta dans son véhicule respectif.
Stiles ramena Scott qui était arrivé avec Allison et Isaac monta dans la sportive de Derek.
Le silence régna quelques instants dans la camaro avant qu'Isaac ne se tourne vers le conducteur.
— Stiles et toi, vraiment ?
Derek tourna un regard horrifié vers lui avant de se reconcentrer sur la route.
— Stiles et moi avons discuté et je suis parvenu à lui remonter le moral après que tu t'en sois pris à lui gratuitement !
Le Bêta espérait sincèrement que son ton, empli de reproche, serait suffisant pour que son ancien Bêta n'ose pas continuer cette conversation, mais le jeune homme aux cheveux bouclés ne semblait plus être effrayé par son ancien alpha au plus grand dam de ce dernier.
— Pas de ma faute s'il est soupe au lait ! marmonna-t-il avant de repartir à l'attaque. Vous pensiez vraiment qu'on ne se rendrait compte de rien ? Enfin, je ne t'ai jamais vu t'inquiéter de ce qu'il pouvait bien ressentir et là, tu as carrément couru après lui pour le réconforter… Et vous empestez la nervosité. Pourquoi vous cachez et avoir peur qu'on vous surprenne ? On peut comprendre !
Derek soupira.
Si Isaac avait compris, il avait néanmoins tiré les mauvaises conclusions.
Il mettait leur nervosité et leur trouble du rythme cardiaque sur le compte d'une idylle secrète…
— Nous ne sommes pas ensemble.
— À d'autres !
— Isaac ! s'agaça Derek en lui lançant un regard noir d'avertissement. Écoute bien mon cœur : Nous. Ne sommes. Pas. Ensemble ! répéta le loup en détachant bien chaque mot.
Le jeune lycan fronça les sourcils d'incompréhension : il avait pourtant été sûr de lui…
— Mais tu as des sentiments pour lui, pas vrai ?
Derek soupira silencieusement, le cœur encore plus lourd que jamais.
— Je n'ai pas de compte à te rendre Isaac ! grogna-t-il avant de se garer devant l'habitation qui était devenue la nouvelle demeure du garçon.
— Oh ! lâcha son interlocuteur en signe de compréhension faisant frissonner son vis-à-vis de crainte. Stiles t'a repoussé parce qu'il est hétéro ? Merde, ça doit être dur de se prendre un râteau par un nerd !
— DEHORS !
— Ok, ok, s'amusa Isaac en ouvrant sa portière. À demain Derek, et… Si t'as besoin d'en parler…
Le Bêta grogna en réponse avant de démarrer en trombe, d'une humeur exécrable.
oOo
Stiles et Maxime étudiaient depuis des heures, alternant leurs places dans la chambre pour se détendre le dos et les fesses.
Cette fois, c'était au tour de Stiles de se vautrer sur le lit pendant que son ami s'installait derrière son bureau.
— Huh ! Je déteste les Maths, grogna l'hyperactif en se laissant tomber allongé sur le lit, les deux mains sur le visage !
Il avait décidé de profiter que Max recopie ses cours pour réviser, mais, maintenant qu'ils abordaient cette matière, toute sa motivation avait disparu.
— Je croyais que c'était la chimie que tu détestais ?
— Ouais, aussi… s'amusa Stiles. Enfin, concernant la chimie, c'est surtout Harris que je hais et c'est réciproque…
— J'ai cru remarqué, répondit le nouveau en se tournant pour faire face à son ami qui s'était redressé sur ses coudes. Tu n'as jamais pensé à le dénoncer au directeur ? Il frise le harcèlement moral avec toi !
L'hyperactif soupira et se laissa à nouveau tomber en arrière et se mit à fixer le plafond.
— Il en veut à mon père de l'avoir malmené durant une de ses enquêtes et… Je ne suis pas du genre à aller pleurnicher dans les jupes de qui que ce soit ! Je pense que je peux survivre à la rancune de Harris, t'inquiète pas pour ça !
Le fils du shérif sursauta quand il sentit son matelas s'affaisser légèrement, il releva les yeux et croisa ceux chocolat de son vis-à-vis qui était décidément trop proche.
Une main sur sa cuisse et, avant qu'il ne réagisse, il se sentit à nouveau basculer en arrière tandis que Max s'emparait de ses lèvres sans signes annonciateurs.
La seconde main du garçon s'empara de son visage qu'il se mit à caresser tendrement tandis que Stiles, le rouge aux joues, le souffle court et le cœur battant haletait de surprise.
Il sentit la main initialement sur sa cuisse remonter en l'effleurant avant de passer sous son T-shirt, une langue mutine se glissa entre ses lèvres avant de rencontrer ses dents !
Ses esprits enfin repris, Stiles posa ses deux mains sur la poitrine de son camarade pour le repousser gentiment, se redressant également dans la manœuvre.
Ils se retrouvèrent tous les deux assis côte-à-côte dans un silence devenu pesant.
— Dés… Désolé, je n'ai pas pu m'en empêcher ! murmura Maxime sans le regarder. C'est juste… J'ai carrément flashé sur toi dès que je t'ai vu et là, tu avais juste l'air tellement attendrissant avec ta petite moue résignée…
— Pas de problème, coupa l'hyperactif, les joues et le cou toujours rouges !
— Mais j'ai tellement envie de recommencer, avoua l'autre en se penchant à nouveau pour s'emparer des lèvres de l'hyperactif.
Stiles se leva dans un bond et s'éloigna rapidement avant de se mettre dos à la fenêtre. Il avait besoin de prendre du recul et surtout, il n'était vraiment pas prêt pour ce genre de chose.
— Je ne te plais pas ? C'est ça ?
La voix légèrement cassée de Maxime était une torture aux oreilles de l'hyperactif qui sentit son cœur se serrer. Il n'avait pas voulu blesser le jeune homme ! Il ne savait que trop bien le mal que l'on pouvait ressentir à être rejeté.
Celui-ci se passa une main dans les cheveux avant de baisser des yeux légèrement embués.
— C'est… ce n'est pas ça, Max ! T'es… Ouais, t'es vraiment canon… Mais… Oh bon sang, pourquoi ça m'arrive à moi ? Il y a moins d'un mois, je désespérais que Lydia me remarque. Depuis elle est moi nous sommes mis ensemble puis séparés. Il y a eu Derek… qui m'a aussi repoussé. Et maintenant, toi ? Et je ne parles même pas des avances de Danny ! Je ne suis pas sûr que mon cœur puisse vraiment vivre autant de choses sans subir de dommages !
— Wow ! sourit Max avec un air à la fois amusé et de nouveau détendu. Je ne sais pas si je dois être heureux que tu parles de ton cœur en parlant de moi ou me poser de sérieuses questions sur ton compte… T'as l'air d'être un sacré Dom Juan…
— Pas du tout !
Stiles se sentit affolé qu'on puisse penser ça de lui !
Il soupira lourdement et s'approcha à nouveau de Maxime.
Il lui devait certainement de sérieuses explications !
— Ce qu'il y a c'est que, j'ai toujours eu ce crush sur Lydia Martin et quand elle m'a enfin remarqué j'étais juste le plus heureux des hommes… Et puis j'ai fait le con, ce qui devait forcément arriver de toute façon avec moi ! Je suis incapable de faire les choses correctement ! Derek est moi, on s'est rapproché de manière inattendue et je me suis rendu compte que j'étais tombé amoureux de lui, avoua l'hyperactif avec une voix triste.
C'était la première fois qu'il avouait ses sentiments sans détour, sans faux-semblants en les exposants de façon net et précis : Il aimait Derek !
Il secoua la tête pour se reprendre, sans se rebeller contre la main qui était à nouveau posée sur sa cuisse dans un geste tendancieux qui se voulait apaisant.
— Lydia et moi, on s'est séparé, mais Derek m'a rejeté quand il a découvert mes sentiments… non partagés ! Je sais qu'il à fait ça pour être honnête et pour que je ne me projette pas sans espoir avec lui mais… C'est trop tôt et je suis incapable de penser à quelqu'un d'autre que lui… Donc… Enfin, même si je te trouve vraiment très beau. Je suis incapable ne serait-ce que savoir si tu me plais ou pas… C'est juste trop tôt ! Désolé !
Le sourire de Max s'était agrandi sur la fin du discours du jeune homme et sa main quitta sa cuisse pour venir effleurer sa joue, sans le quitter des yeux.
— C'est normal après une peine de cœur, je ne t'en veux pas. Mais tu me trouves à ton goût de ce que j'ai compris et j'ai vraiment envie d'essayer avec toi… Je te laisserais le temps qu'il faut, continua-t-il en s'approchant tout en chuchotant. Accepte juste d'essayer… s'il te plaît ?
La voix s'était fait de plus en plus basse à mesure que leurs visages se rapprochaient et le cœur battant, Stiles sentit son souffle se mélanger à celui du châtain et toutes ses barrières flanchèrent face cette proximité. Il avait juste besoin de tendresse… Juste un peu !
— Ce ne serait pas correct, murmura-t-il d'une voix vraiment pas convaincante.
Maxime lâcha un petit rire avant de poser doucement, délicatement ses lèvres sur celles de Stiles comme pour lui laisser le temps de fuir s'il le souhaitait.
— N'aie pas peur de me briser le cœur, Stiles… Accepte juste !
Peut-être devait-il accepter pour oublier Derek ? Peut-être que Max serait un pansement sur son cœur douloureux ? C'était tellement agréable de se sentir désiré par un autre. Et il s'était vraiment attaché à Maxime en moins d'une semaine…
Sans réfléchir davantage, l'hyperactif embrassa à son tour le jeune homme qui sourit de contentement face à cette prise d'initiative.
Muées de leur volonté propre, leurs mains explorèrent le visage de l'autre dans une douce caresse, s'arrêtant sur les joues, se perdant dans les cheveux, enserrant la nuque pour approfondir le baiser.
Une fois de plus le jeune garçon demanda l'accès entre les lèvres de Stiles en passant sa langue entre elles et, cette fois, l'hyperactif consenti à accéder à sa requête.
Les deux mutines s'explorèrent dans une danse lente mais profonde, douce et à la fois impatiente et Maxime ne cacha pas son plaisir en gémissant de ravissement.
Stiles pensa qu'il embrassait à merveille, mais… comme avec Lydia, il n'y était pas ! Ça n'avait rien à voir avec la fougue et la passion de son loup grognon !
Il perdit sa main gauche dans les cheveux du châtain par sens pratique : il n'avait aucune envie d'emmêler les mèches fines dans les scratchs de son atèle.
Il tenta d'oublier ses soucis, sa peine et sa douleur dans l'étreinte bienvenue du nouvel habitant de Beacon Hills. Il essaya… vraiment !
Mais, même si son cœur s'était emballé uniquement de stress quand Maxime avait commencé à flirter avec lui, l'embrasser n'en restait pas moins agréable.
Le fils du shérif se renfrogna alors de n'avoir aucun contrôle sur ses sentiments. Ça aurait été tellement plus simple d'aimer Max au lieu de Derek ! Peut-être qu'un jour…
Des mains un peu trop entreprenantes soulevèrent le bas de son T-shirt, caressant la peau si sensible à cet endroit et Stiles se crispa aussitôt.
Il n'était pas prêt. Pas pour ça.
Un peu trop brusquement, il mit fin au baiser et posa son regard miel dans celui chocolat avec un air de reproche.
— Tu as dit que tu me donnerais du temps !
— Désolé, haleta son invité de toute évidence beaucoup plus bouleversé par les derniers événements que le brun. J'essaierai de me contrôler. Promis !
L'hyperactif eut un pincement au cœur en voyant l'effet qu'il faisait au jeune homme. Il avait l'impression d'avoir changé de rôle et se sentait bien plus mal encore de le constater, car il y a quelques jours, à peine, c'était lui qui était à la place de Max tandis que Derek était l'homme qui n'éprouvait rien.
— Je ne sais pas si on a raison de faire ça, hésita-t-il. Tu es sûr que ça ne sera pas trop dur pour toi de sortir avec moi tout en sachant que je n'éprouve rien ?
Il avait déjà expérimenté le fait d'être un parfait salop avec Lydia, il n'avait pas envie de réitérer l'expérience.
— Ne t'en fais pas pour mon cœur, Stiles, sourit l'autre avec un grand sourire. Même si je trouve ça vraiment mignon que tu le fasses.
Il passa une main dans les cheveux de… son petit-ami ? Et laissa son regard flotter sur son visage amoureusement.
Le maître des lieux se passa une main nerveuse dans la nuque.
— Ok, on finit ça et ensuite on dévalise le frigo, ça te dit ?
— Et que dirais-tu d'une première soirée en amoureux ? Au cinéma par exemple ?
Le cœur du lycéen eut un accro : il n'avait jamais eu ce genre de relation avec Derek et il ne l'aurait jamais.
Peut-être que Maxime avait raison. Peut-être devait-il accepter de guérir son cœur dans ses bras et de vivre sa vie et ses histoires d'amour comme tous les adolescents de son âge ?!
— Super idée, s'enthousiasma-t-il provoquant une fois encore le sourire ravi du jeune homme assis sur son lit.
S'il continuait à lui sourire comme ça, il se pourrait que Stiles retrouve réellement sa bonne humeur très vite !
— Bon alors, on s'y met ?
— C'est parti !
Une dizaine de minutes plus tard, ce fut la sonnerie du portable de Maxime qui les coupa dans leurs travails.
— C'est mon père, désolé, je dois répondre ! Allô ?
Stiles ne put s'empêcher d'observer le châtain se lever pour faire les cent pas dans sa chambre, son cellulaire collé à l'oreille, il se passait la main distraitement dans les cheveux et son visage arborait des mimiques improbables, signe que son attention était entièrement tourné vers son interlocuteur.
Quand Max surprit le regard scrutateur couplé au sourire charmé de son hôte, il ne put s'empêcher de lui faire un sourire éblouissant accompagné d'un clin d'œil et cette fois le cœur de Stiles manqua un battement.
Oui, peut-être, bien que Maxime pourrait l'aider à guérir de Derek…
— Non, je voulais l'inviter au cinéma pour le remercier. […] Si tu es d'accord ? […] Merci, papa ! Je t'envoie un message pour que tu viennes me chercher.
Stiles lui fit de grand signe et Max posa la main sur le micro pour l'écouter.
— Je peux te raccompagner, n'embête pas ton père avec ça !
— Tu ferais ça, je ne veux pas t'embêter !
Stiles se moqua ouvertement en réponse, et avec un sourire accompagné d'une grimace le garçon reprit la conversation avec son père.
— Il propose de me ramener après le film, ça te va ? […] Parfait, à ce soir ! […] Moi aussi !
Il raccrocha enfin et se tourna vivement vers l'hyperactif qui s'esclaffait toujours.
— Petit diable, tu vas apprendre à te moquer de moi, menaça le jeune homme faussement fâché avant de se jeter sur le lit — et sur Stiles par la même occasion — et de le dominer de toute sa hauteur avant de lui bloquer les deux mains sous ses genoux pour le chatouiller.
— Stop, s'étouffa le lycéen en riant bruyamment. Aïe, je ne… peux plus… respirer !
Stiles aurait aimé lui dire que sa main blessée n'appréciait pas d'être ainsi maintenue sous son genou, mais il avait tant de mal à respirer que c'était impossible.
Quand enfin la torture cessa, Stiles était essoufflé, les joues rouges, les cheveux en bataille et Maxime le dévisageait avec un regard noirci de désir qui fit hoqueter le jeune homme.
— T'es magnifique ! souffla-t-il comme s'il était émerveillé et le fils du shérif rougi un peu plus, trop humble pour accepter le compliment.
Maxime l'embrassa à nouveau avec une infinie tendresse qui fit gémir Stiles sous la douceur, il ferma les yeux pour mieux savourer les lèvres fines du jeune homme, mais, aussitôt son cerveau lui renvoya l'image de Derek et il les rouvrit en sursautant, surprenant son compagnon par la même occasion qui se redressa craintivement.
— Je t'ai fait mal ?
Stiles se sentit rougir en réponse, honteux.
Il ne pouvait pas dire à Max qu'il avait pensé à un autre tandis qu'il l'embrassait.
— Je t'avoue que mon poignet apprécierait de ne pas être écrasé par ton genou, répondit-il plutôt.
— Oh, excuse-moi, j'avais complètement oublié…
Il se releva prestement avant de se rasseoir derrière le bureau et de demander comment le lycéen s'était fait ça !
— Un accès de colère, répondit le jeune homme sans entrer dans les détails. Et ça me sert bien de leçon, tu peux me croire !
— Tu en as encore pour longtemps ? Avec l'atèle, je veux dire !
— Un peu moins de trois semaines, soupira Stiles en observant l'atèle bleu marine à son poignet.
Il laissa le silence retomber un peu avant que la curiosité prenne le dessus, et si en plus ça lui permettait d'échapper aux Maths…
— Tes parents ne s'inquiètent pas de te savoir chez un inconnu à peine une semaine après ton arrivée au lycée ?
— En fait, mon père est plutôt content que je me sois déjà fait un ami. Faut dire que je lui rabats les oreilles à ton sujet depuis notre rencontre…
À nouveau, Stiles s'empourpra.
— Et ta mère ?
Il sut qu'il avait fait une bourde avant même que Maxime ne lui réponde. L'adolescent s'était assombri d'un seul coup et son sourire habituel avait laissé place à une moue froide et… colérique ?
— Elle est morte ! lâcha-t-il de but en blanc un peu froidement.
— Oh, je suis désolé…
— Ne le sois pas ! coupa le châtain toujours sur le même ton. Je ne le suis pas…
Le cœur de Stiles se serra malgré lui.
Les mots, dures et froids de Maxime, lui était semblable à des coups de couteau en plein cœur.
Lui aussi avait perdu sa mère, et même après de nombreuses années, il n'aurait jamais pu être si insensible à propos de ce drame qui avait marqué sa vie d'enfant et qui continuait de le poursuivre aujourd'hui.
Maxime dut se rendre compte de l'état du jeune homme, car il se passa une main fatiguée sur le visage avant de sourire à nouveau.
— Excuse-moi, tu dois me trouver horrible de dire des choses comme ça mais… tu sais, on ne choisit pas ses parents et… ma mère était vraiment quelqu'un de… Ce n'était pas une bonne personne. Tout ceux qui l'ont connu seront d'accord avec moi ! Aller ! On devrait vraiment s'y remettre si on veut finir avant la dernière séance, continua-t-il en se forçant à être enthousiaste.
Stiles hocha la tête et, de dépit se concentra sur les notes de mathématique devant lui. Il aurait voulu poser plus de question mais il avait compris que c'était un sujet sensible pour son nouvel ami.
Il leur fallut deux heures supplémentaires pour que le nouvel élève de Beacon Hills High School termine de rattraper son retard et les deux garçons prirent le temps de s'étirer un peu avant de descendre au rez-de-chaussée se désaltérer !
La main de Max s'était refermée sur celle de Stiles dans l'escalier et leurs doigts s'étaient entremêlés. C'était de petits gestes simples et doux que l'hyperactif prenait plaisir à découvrir à ses côtés. Même avec Lydia, il n'avait pas eut ce genre de relation. La jeune femme n'était pas très tactile en public et Stiles était bien trop timide pour insister.
Il était juste bien, là, avec l'autre garçon de son âge et une petite voix dans sa tête lui souffla que même son père qui avait désapprouvé son histoire avec Derek à cause de son âge, serait ravi de le voir avec le jeune homme aux yeux chocolat.
Ce fut au tour du téléphone du fils de shérif de sonner et il ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.
Les laisserait-on en paix aujourd'hui ?
— Scott ?
Son irritation s'était tout de suite mue en inquiétude lorsqu'il avait vu le prénom de son meilleur ami s'afficher à l'écran.
— Eh, Buddy ! salua ce dernier apparemment d'une humeur radieuse.
Stiles expira longuement de soulagement en comprenant qu'il n'y avait aucune urgence à déplorer ni aucun danger immédiat à affronter.
— Voilà, je t'appelle parce que, on était là, avec Allison, et on s'est dit « Et si on se faisait un bowling ? » On a eu aucune sortie de groupe depuis un bail et… Enfin bref, j'ai invité Isaac et Lydia et il ne manque plus que toi !
L'hyperactif avait le cerveau en ébullition, il se força à réfléchir à toute vitesse, le regard posé sur Max qui lui laissait un semblant d'intimité en sirotant son jus d'orange sans chercher à écouter sa conversation.
Scott ne savait pas que malgré ses « recommandations » — ordres auraient été plus adéquat — son meilleur ami avait décidé de passer la journée avec leur nouveau camarade de classe.
Il se massa la nuque d'inconfort fasse à la situation. Il aurait pu sortir un gros mensonge à son frère de cœur, mais il ne pouvait s'y résoudre.
— C'est-à-dire, j'ai déjà d'autres projets ! répondit-il mal à l'aise.
En entendant ses mots, Max se tourna vers lui et lui fit un sourire.
— Comment ça ? Oh aller, s'il te plaît, Stiiiilllesssss ! Ce ne sera pas pareil si tu ne viens pas ! gémit l'alpha dans son cellulaire.
Maxime lui fit quelques signes à son tour et mima avec ses lèvres.
— On peut changer nos plans si tu veux.
Heureusement qu'il avait chuchoté la phrase en même temps sinon Stiles n'aurait jamais compris !
Malgré l'accord de son nouveau petit-ami — bon sang que ce terme lui sonnait bizarre aux oreilles (il se sentait plus proche du garçon en tant qu'ami que réellement en tant que couple) — Stiles ne se sentit pas à l'aise d'accepter la proposition de l'alpha.
— Scott, je ne pense pas que ce soit une bonne idée ! souffla-t-il dépité.
— Bon ok, je ne voulais pas en arriver là mais si tu ne ramènes pas tes blanches fesses au bowling à dix-huit heures, je te jure que je t'y traîne de force ! le menaça le loup-garou avec un immense sourire dans la voix.
— Scotty…
— C'est à cause de Lydia ? Aller quoi… tu ne vas pas la laisser te pourrir la vie, si ? Bon, c'est vrai, t'as merdé avec elle, mais ça fait plus d'une semaine qu'elle te malmène au lycée. Je pense que c'est bon maintenant !
— Je… D'accord, souffla-t-il vaincu et il écarta l'appareil de son oreille suite au hurlement de joie de son ami. Mais… Mais ! Je ne viendrais pas seul…
Le blanc qui résonna dans l'appareil fit froid dans le dos de l'hyperactif et il se demanda même si la ligne avait coupée.
— Stiles, je t'avais…
Un gros soupire coupa la phrase en son milieu.
— Ok, si c'est de Maxime dont tu parles il est le bienvenu mais toi et moi il va falloir qu'on ait une petite discussion !
