Réponses aux reviews anonymes :
Orlane : Merci beaucoup pour ta review, j'espère que la suite te plaira tout autant :)
Drou : Merci pour ta review :)
Chapitre IX
Le jeudi 6 mai 2010 arriva finalement, et bien plus rapidement que ce qu'Hermione avait pu imaginer. Elle avait passé la journée au Ministère, l'esprit ailleurs, le cerveau encombré par bien d'autres problèmes que ceux liés à son travail. Elle aurait aimé pouvoir être à cent pour cent dans ses tâches professionnelles, mais elle devait bien s'avouer que chacun avait ses limites et elle avait trouvé les siennes.
La fin d'après-midi pointait le bout de son nez et Hermione se résolut à rassembler des affaires pour quitter son bureau. Elle aurait tout donné pour le quitter plus tard, pour ne pas se rendre au département de la justice magique, pour ne pas avoir à affronter ce moment-là. Mais elle se souvint alors de ce qu'elle s'était dit lorsqu'ils avaient dû annoncer le divorce à leurs amis. C'était comme un pansement, il fallait l'arracher d'un coup. Et c'était peut-être la même chose pour la signature de l'acte de divorce. Il fallait juste le faire. D'un coup. Sans trop y penser.
Elle sortit de son bureau et ne pensa même pas à dire au revoir à sa collègue Lina, ni à ses autres collègues. Elle se dirigea tel un fantôme vers l'ascenseur, serrant son cartable en cuir contre elle. Alors qu'elle avait souvent l'impression que l'ascenseur du Ministère mettait une éternité à arriver, cette fois-ci, ce fut comme s'il arrivait en une seconde et que la seconde d'après elle était au deuxième étage du Ministère de la Magie.
Elle se dirigea vers le couloir qui menait aux services du Magenmagot pour leur rendez-vous dans une des salles dédiées aux médiations. Puisqu'aucun d'entre eux n'avait demandé à revoir l'acte provisoire de divorce, l'acte final serait signé qu'en présence de leur avocat et ne nécessiterait pas un juge. C'était la procédure simplifiée. Hermione ne voulait de toute manière pas se battre pendant des mois voire des années avec Ron pour des broutilles. Elle voulait simplement que ce soit fini. Cela faisait presque deux ans qu'elle pensait au divorce, presque deux ans qu'elle gardait ce secret-là. Il était temps qu'elle passe à autre chose, qu'elle dise adieu à cette relation-là qui ne fonctionnait plus depuis bien longtemps.
Elle arriva dans le couloir de leur salle et vit au loin Ron qui était déjà présent. Son cœur menaça de définitivement remonter dans sa gorge. Il avait l'air dépité et Hermione s'était bien doutée qu'il ne pouvait pas avoir l'air d'autre chose, mais le voir ainsi la peinait. Elle arriva à sa hauteur et il tenta de faire un petit sourire maladroit. Elle le lui rendit du mieux qu'elle put.
Ils attendirent l'avocat. Ils étaient tous les deux en avance et s'échangeaient des banalités. L'esprit d'Hermione était loin de cette conversation, retraçant plutôt leur histoire ensemble dans un coin de sa tête. Elle n'avait pas été parfaite, aucune relation ne l'était, mais si elle avait dû tout refaire sans ne rien pouvoir changer, elle l'aurait fait les yeux fermés. Sans aucune hésitation.
Ron avait été une partie importante de sa vie et elle ne savait comment le remercier d'avoir été là après la guerre, pendant ses études, quand elle avait appris qu'elle ne pourrait rendre la mémoire à ses parents, quand elle avait été en proie aux doutes, aux angoisses, à l'anxiété, aux cauchemars. Il avait été là. A chaque fois. Hermione se disait qu'il avait été à une époque tout ce dont elle avait eu besoin et elle espérait qu'elle avait été aussi cela pour lui.
L'avocat arriva finalement et serra la main d'Hermione puis celle de Ron avant d'entrer dans la salle. Il s'installa en bout de table et le couple s'installa face à face. L'homme sortit les différents dossiers de sa mallette et en remit un à chacun.
- Voici les versions finalisées de l'acte de divorce, annonça l'avocat. Vous n'avez qu'à signer chacun votre version et votre signature s'apposera magiquement sur les autres. Un autre exemplaire m'est donné ainsi qu'au Magenmagot. Une fois les signatures apposées, le divorce sera effectif et le changement de nom sera immédiat pour vous Madame Granger – Weasley. Avant cela, je récapitule ce qui y est contenu.
Ainsi il énuméra chaque catégorie, rappela tout le contenu de ce qui avait été discuté quelques semaines plus tôt. Hermione avait les yeux rivés sur le document qu'il lui avait fait passer : "Acte de divorce : Hermione Jean Granger – Weasley / Ronald Bilius Weasley, 6 mai 2010". Elle tentait de se concentrer sur ce que disait leur avocat mais ses souvenirs ne pouvaient s'empêcher de remonter.
Elle se souvint de la demande en mariage, des anniversaires, des noëls, de leur mariage, des soirs où ils mangeaient ensemble crevés l'un comme l'autre sur le canapé, des rires, des crises, de l'amour qu'il y avait eu entre eux. Elle releva son regard vers Ron et ne s'attendit pas à voir la même souffrance se refléter dans ses yeux. Elle se dit le temps d'un instant qu'encore il ne savait pas tout. Pendant un moment, elle pensa qu'elle aurait dû lui dire qu'elle avait avorté, qu'elle avait été enceinte de lui. Puis elle se ravisa. Ça n'aurait fait qu'aggraver la situation.
- Si aucun de vous deux n'émet d'objection à cet acte final, vous pouvez signer, finit l'avocat ramenant Hermione et Ron sur terre.
Elle prit une des deux plumes qu'il y avait sur la table et la trempa dans l'encre. Ron fit de même. Il avait les mains tremblantes et il se demanda pendant une seconde s'il serait physiquement capable de signer. Il avait bien en tête que cela était pour le mieux tant pour lui que pour elle. Mais le faire… C'était dire adieu à douze années de sa vie, c'était mettre fin à un mariage. Il ferma les yeux et finit par signer. C'était comme arracher un pansement, se souvint-il : il fallait juste le faire. D'un coup.
Hermione entendit la plume de Ron glisser contre le papier et elle vit sa signature apparaitre sur son propre exemplaire. Elle inspira. Elle sentit les larmes monter à ses yeux. Faire ses adieux à ce mariage était bien plus compliqué que ce qu'il n'y paraissait. Elle approcha la plume lentement du parchemin et finit par signer : . Omettant volontairement de rajouter le « Weasley » au « Granger » de sa signature.
Elle posa la plume et finalement les larmes coulèrent. Cela aurait été tellement plus simple s'ils avaient pu vivre dans le mensonge, si elle avait pu se persuader qu'elle l'aimait toujours et que lui aussi. Plus simple, certes, mais pas plus heureux. Elle ferma les yeux et se massa les tempes, respirant profondément. Ça irait mieux. Un jour. Ça passerait.
L'avocat parlait. Hermione n'aurait pu dire ce qu'il disait mais il parlait. Puis le bruit s'arrêta et finalement elle entendit les chaises grincer contre le sol. Ron et l'avocat se levaient et se serraient la main. Elle en fit de même pour garder la face. Ce qui était ridicule, pensa-t-elle. Elle devait avoir l'air blême, les yeux rouges. L'avocat partit et elle se retrouva seule dans la salle avec Ron. Son ex-mari. Il contourna la table et se posta à côté d'elle. Il prit sa main et la serra. Elle lui fit un petit sourire. Elle finit par prendre ses affaires et quitter la pièce. Elle voulait simplement rentrer chez elle et prendre un bain. Et pleurer.
- Tu vas rester à l'appartement ? finit par demander Ron. Je veux dire sur le long-terme…
Hermione haussa les épaules, puis soupira.
- À termes, je déménagerai, finit-elle par dire. Mais plus tard, soupira-t-elle. Je suis… fatiguée. Tu as commencé les visites de maison ?
- Non, je n'ai pas eu… le courage, avoua-t-il.
Ils se regardèrent. Seuls dans le couloir. Finalement Hermione l'enlaça et laissa échapper quelques pleurs alors qu'il la tenait fermement contre elle. Depuis leur mariage, elle n'avait jamais réellement songé au jour où elle devrait lui dire adieu. Elle s'écarta un peu et posa ses mains sur ses joues, le regardant une dernière fois. Elle lui fit un petit sourire.
- Promets-moi une chose, Ronald, souffla-t-elle.
- Ce que tu veux, sourit-il faiblement.
- Après avoir pris nos distances, après s'être fait à nos nouvelles vies l'un sans l'autre, après tout le temps qu'il nous faudra, nous redeviendrons amis, supplia-t-elle. Pas comme avant, mais…
- Je n'envisage pas une seule seconde une vie dans laquelle tu n'es pas mon amie, Hermione Granger, la rassura-t-il en déposant un baiser dans ses cheveux bouclés, se retenant difficilement de rajouter son propre nom de famille après Granger.
Hermione sourit doucement. La seule chose qu'elle ne voulait pas était perdre Ron à jamais. Elle était certaine que cela prendrait du temps, qu'ils ne deviendraient pas amis au bout de deux mois, mais elle serait patiente. Tout ce qui comptait était qu'ils se retrouvent un jour, qu'ils soient capables de rire ensemble à nouveau, de passer du temps ensemble. Comme avant.
Hermione sortit sa baguette magique de la poche intérieure de sa veste et la dirigea vers la serrure de sa porte d'entrée. Une lumière blanche sortit du trou de la serrure et elle entendit le cliquetis du déverrouillage de la porte. Elle posa la main sur la poignée et soupira longuement. Elle avait l'impression que le poids du monde était tombé sur ses épaules, qu'un trou s'était formé dans sa poitrine et qu'elle était exténuée. Non. Ce n'était pas qu'une impression : elle était exténuée.
Elle s'arrêta devant la penderie pour poser ses affaires alors que seul le silence de son appartement l'accueillait. Elle se déchaussa et se dirigea vers le salon. Elle s'arrêta en chemin de manière abrupte. Ses yeux se remplirent de larmes, pour la énième fois de cette journée.
Pansy et Ginny étaient dans son salon. Elles se tenaient debout entre le canapé et la table basse. Sur cette dernière, Hermione voyait qu'il y avait de la nourriture et du vin. Elle leurs fit un petit sourire qui avait du mal à paraitre sincère.
- Oh les filles… soupira-t-elle, je… Je ne vais pas être de bonne compagnie ce soir. Je ne suis pas vraiment d'humeur.
- C'est justement parce que tu n'es pas d'humeur que nous sommes ici, Hermione, sourit Ginny.
Hermione ne put nier le fait que le sourire chaleureux de la rouquine réchauffait un peu son cœur, apportait un peu d'apaisement. Pansy contourna le canapé et prit le bras d'Hermione pour la faire asseoir entre elles, entre ses deux meilleures amies. L'ancienne Gryffondor lâcha un soupir à fendre l'âme avant de porter un verre de vin rouge à ses lèvres.
- C'était ma décision, souffla Hermione.
Ses deux amies se tournèrent vers elle. Pansy avait un air inquiet collé sur le visage depuis qu'elle avait vu Hermione entrer dans l'appartement.
- Je pensais que ce serait plus simple puisque c'était ma décision, à l'origine, continua-t-elle.
- Ça le deviendra, la rassura Ginny en massant son épaule. À la longue, ça deviendra plus simple.
Hermione hocha la tête. À la longue, oui. Elle devait tout de même d'abord dire adieu à une relation de plus de dix années.
- Au moins, ce n'était pas un divorce compliqué en termes de séparation des biens, se consola-t-elle avant de reprendre une gorgée de vin.
- Oui et vous n'aviez pas d'enfants au milieu, souffla Pansy.
Hermione serra les dents, puis les larmes montèrent à nouveau et finalement elle lâcha tout. Elle lâcha toutes les larmes, tous les sanglots, toute la tension, tout le stress, toutes les angoisses, toute la charge mentale et émotionnelle. Si elle tenait au fait de ne pas tout leurs dire, elle pouvait au moins toujours évacuer ses émotions. Ses amies lui dirent des mots réconfortants, même s'il n'y avait rien à dire. Elle savait qu'elle irait mieux avec le temps, que c'était la meilleure chose à faire. Elles lui caressèrent les cheveux, l'obligèrent à manger un peu. Elles l'emmenèrent dans sa chambre, comme si elle était une enfant. Mais pour une fois, elle appréciait être celle dont on s'occupait et non d'être celle qui s'occupait des autres.
Parfois les mariages étaient faits pour durer, étaient faits pour être forts et perdurer. D'autres fois, les mariages ne résistaient pas au temps, aux épreuves et aux changements de sentiments. Hermione se demanda un moment si elle referait sa vie, si elle rencontrerait quelqu'un d'autre, si quelque chose d'autre l'attendait.
Hermione ne dormit pas de la nuit. Les évènements de cette dernière année passaient en boucle dans son esprit, et, enfin, la phrase de Pansy assénait le coup de grâce : « vous n'aviez pas d'enfants au milieu ». La culpabilité serrait la gorge d'Hermione alors qu'elle savait pertinemment qu'elle n'avait aucune culpabilité à avoir ou à ressentir. C'était son choix, son corps. Elle finit par comprendre que ce n'était pas tant la culpabilité de cette décision qu'elle ressentait, mais du fait qu'elle ne l'avait jamais dit à Ron. Son silence était source de culpabilité.
Il y avait un dicton qui disait que les bonnes nouvelles allaient vite mais que les mauvaises allaient encore plus vites. Rapidement, l'officialisation de son divorce avait fait le tour du monde sorcier. Elle était avec Ron en Une des journaux à scandale et même de la Gazette du Sorcier, à son plus grand étonnement. Elle maudissait souvent ce statut d'héroïne de guerre qui lui collait à la peau et qui faisait d'elle une cible médiatique. Vivre ce divorce était déjà une épreuve, elle se serait bien passée de la pression médiatique, des journalistes et des rumeurs sur son comportement ou sur celui de Ron pendant leur mariage.
Non. Personne n'avait trompé l'autre. Non. Aucun d'entre eux ne fréquentait quelqu'un d'autre. Non. Ils ne se haïssaient pas. Ils étaient simplement meurtris, perdus et fatigués.
Hermione jeta avec rage dans la poubelle à recyclage le journal de ce matin qui consacrait encore sa Une au « Divorce de l'année ». Ne pouvaient-ils pas parler de la politique nationale ou internationale ? Même du Quidditch ? Elle donnerait tout pour voir un article sur le concours international de Bavboules en Une plutôt qu'une énième photo d'elle et Ron.
Elle sortit de son appartement pour aller au Ministère, comme tous les matins. Elle avait beau eu l'impression le soir de la signature du divorce que le monde s'arrêtait, tout ceci n'était qu'une illusion. Le monde ne s'arrêtait pas. Pas même pour elle. Arrivant dans l'Atrium, elle fonça vers les ascenseurs. Depuis plusieurs jours elle avait ce même rituel et depuis plusieurs jours ils la voyaient à chaque fois : les journalistes. Elle entendit les flashs des photographes et les voix qui l'interpellaient : « Hermione ! Mrs Granger ! ». Hermione gardait les yeux rivés sur l'ascenseur avant de s'engouffrer dedans et d'avoir enfin la paix.
Ses collègues au Ministère la regardaient plus qu'auparavant, chuchotaient sur son passage. Hermione n'était ni aveugle ni sourde, elle se doutait que les rumeurs allaient bon train sur son mariage échoué en salle de pause ou autour des machines à café. Elle fermait simplement les yeux. Un jour, ils se calmeraient. Toute cette frénésie passerait. Cela passerait.
Elle passa la tête dans l'embrasure de la porte du bureau de sa collègue Lina et la salua. Cette dernière lui rendit un grand sourire et la salua à son tour. Elle se leva de son bureau et accompagna Hermione dans son propre bureau. Cette dernière posa ses affaires et s'installa alors que Lina posait une tasse de café à emporter sur son bureau. Hermione lui fit un petit sourire.
- Je pensais que tu en aurais besoin, soupira Lina.
- Tu n'imagines même pas à quel point, répondit la concernée en se massant les tempes.
- Un jour, ils s'en lasseront, souffla sa collègue.
Hermione l'observa quelques secondes. Oui. Elle en était certaine. Ils s'étaient même lassés de les harceler Harry, Ron et elle après la guerre, alors qu'était un divorce à côté ?
- Espérons, marmonna Hermione qui commençaient à regarder les notes de service qui avaient déjà été envoyées sur son bureau.
- Comment te sens-tu ? s'inquiéta Lina. Tu sais que si ça ne va pas, je suis là…
- Je sais, et heureusement que j'ai des amis aussi fidèles que toi, y compris, ici, au Ministère, lui sourit Hermione en posant sa main sur celle de sa collègue. Mais, je sors la tête de l'eau, on va dire. Ça prendra du temps.
- Prend le temps qu'il te faut. S'il y a bien un moment où tu as le droit d'être égoïste, c'est dans ces moments-là.
Hermione fronça les sourcils. Ce n'était peut-être pas un conseil si bête que lui donnait sa collègue. Elle avait toujours tout fait pour les autres, pour le monde sorcier, pour ses amis, pour le Ministère.
- Juste pour te prévenir, Jones, de la brigade, requiert un rendez-vous dans la matinée. Apparemment, il a bien avancé dans ses recherches sur les archives, lui annonça Lina dont les pas la dirigeaient vers la sortie.
- Il nous remerciera plus tard d'avoir les archives les mieux classées du Ministère, rit Hermione. Tu n'auras qu'à toquer à mon bureau quand tu seras disponible. Il serait temps de mettre fin à ce trafic d'elfes, ajouta-t-elle fermement.
Lina sourit avant de quitter le bureau de sa collègue. Elle remarqua la force de la nature qu'était Hermione. Malgré les épreuves, malgré la fatigue, malgré toute sa vie personnelle qui sombrait, elle avait toujours la même détermination au travail, toujours la même force.
Hello hello !
Encore un chapitre sans Drago, je sais qu'il vous manque. Il revient dans le prochain, ne vous inquiétez pas !
Je vous remercie en tout cas de toujours suivre et lire cette fiction, j'espère que ce chapitre vous a plu et j'attends vos retours avec impatience.
C'est le dernier chapitre avant Noël, donc je vous souhaite tous de passer les meilleures fêtes possibles aux vues des circonstances actuelles.
C'est avez plaisir que je vous retrouverai dimanche prochain, d'ici là, prenez soin de vous !
