HEYA !
Nous revoilà avec un nouveau chapitre. Beaucoup plus court, cette fois-ci. J'ai essayé de changer de style mais on dirait que je n'y arrive pas, hm... J'espère toujours que cela vous plait autant, et ... voilà. XD
Je pense que nous reviendrons sur des chapitres plus courts à l'avenir, ayant moins de choses à dire, où du moins, elles seront condensées (ce que j'ai à dire).
Pour ce chapitre-ci, j'ai choisi La dispute de Yann Tiersen (encore), compositeur des musiques du film Amélie Poulain (sérieusement, si vous n'avez jamais vu le film, je le vous conseille vivement !).
Quoi dire d'autre ? Je vous souhaite une bonne lecture et amusez-vous bien !
Chapitre 9 : La dispute
15 septembre 1989
Tokyo, Japon
Durant les semaines qui suivirent, Kakyoin fut en observation et dispensé de réhabilitation. La première semaine, après son anniversaire, il fut emmené en soins d'urgences, faisant une rechute. Au début, plusieurs hypothèses avaient vu le jour : il avait très bien pu se cogner lors de la séance de rééducation, provoquant une sorte d'hémorragie interne, ou bien, un rejet d'une greffe avait peut-être eu lieu, ou encore l'équipe médicale n'a pas peut-être bien fait certaines analyses ou n'a pas poussé assez loin. La dernière hypothèse, émise par le père du roux lorsqu'il avait appris que son fils était retourné au bloc opératoire, s'avéra être la seule possibilité selon lui et donc s'énerva contre le corps médical. Cependant, aucune d'entre elles n'étaient ni bonnes ni fausses. Elles étaient tout à la fois.
A vrai dire, tout le monde retenait son souffle, car une question subsistait : allait-il replonger dans le coma ? Question que même le médecin, Akira Kimura, ne pouvait répondre. Lorsque Noriaki sortit du bloc, près de 10 heures après y être entré, le danger put alors être écarté, la théorie du coma avec. Cela étant dit, un des chirurgiens a expliqué qu'il a eu un arrêt cardiaque, entraînant forcément des conséquences qui s'additionnaient à celles du coma.
Durant cette semaine, le roux reprit doucement conscience, ne comprenant pas ce qu'il lui était arrivé. A ses côtés se trouvait uniquement ses parents, les médecins n'autorisant pas plus de deux personnes dans la chambre. Lorsqu'il demanda ce qu'il s'était passé, sa mère répéta exactement mot pour mot ce que lui avait dit le médecin : il avait poussé son corps à faire de trop gros efforts, se mettant sans doute trop la pression pour réussir du premier coup, ce qu'eux-mêmes n'auraient jamais dû faire en le surnommant « le Prodige », et cela qui entraîna une série de dysfonctionnement du corps. Ils avaient observé la présence de plusieurs caillots sanguins et de quelques ecchymoses. Cela pouvait sembler invraisemblable mais il ne fallait jamais ignorer les effets du mental sur le corps.
Aussi, pendant cette semaine, ils en avaient profité pour faire un examen général du corps de l'artiste, afin de déceler les autres problèmes cachés. Lorsqu'il fut en état de pouvoir à nouveau se redresser complètement, c'est-à-dire au troisième jour, ils lui firent un bilan optique, et ils constatèrent avec stupeur que la vision du petit se dégradait, sans doute à cause de la blessure infligée par N'Doul.
N'Doul… Comment avait-il fait pour ne pas se souvenir de lui ? Cet homme l'avait blessé à cause de son manque de vigilance, et par sa faute, le reste du groupe avait dû être ralenti. A vrai dire, Kakyoin savait que sa vision allait baisser, les médecins à l'époque lui avaient dit, mais il n'avait pas écouté et avait supplié à ce qu'ils mentent sur son état de santé au grand-père, voulant à tout prix retrouver Jotaro et le reste de la bande. Bref, inutile de ressasser tout ceci, pas vrai ? Dorénavant, il portera des lunettes avec verres correcteurs spéciaux qui lui corrigeront la vue, en espérant qu'elle ne diminue pas plus.
Vu que les parents de Kakyoin venaient tous les jours, Jotaro ne put le voir pendant au moins deux semaines. Deux longues semaines. Pendant tout ce temps, le délinquent n'était pas au bout de ses peines. Le sentiment d'angoisse/de manque revenait lorsqu'il prit le chemin de l'école, il faisait des mauvais songes, s'était remis à boire et à fumer plus. Il était amusant de constater que ce paradoxe fut également présent lorsqu'il était parti seul aux USA (il était avec ses grands-parents mais quand même).
Il enchaîna les cauchemars, très orienté sur son meilleur ami mais également sur Avdol et Iggy, Comme juste avant de pouvoir le revoir lors de son coma en février, il entendait l'Egyptien lui pointer oralement et du physiquement du doigt de sa main inexistante son inefficacité à les sauver. En ce qui est des cauchemars les plus fréquent, cela concernait le roux, dont le rêve l'incluant était semblable à celui fait juste avant sa réadmission au bloc opératoire. Soit il entendait uniquement sa voix, soit celle de DIO prenait le dessus. Il prenait trop à cœur cette histoire, mais il ne pouvait s'en empêcher. Kakyoin était son véritable premier et meilleur ami. Même avec la consolation avec son ami Polnareff -il ne l'avait pas appelé, c'était plutôt le Français qui se montrait très persuasif avec lui, prenant des nouvelles chaque jour, de lui et de leur ami hospitalisé, il ne pouvait y échapper.
Arrivant aux termes de ces deux semaines sans son contact, il put enfin revoir le peintre -c'était Sanna qui avait demandé à la fondation SPW de prévenir le futur océanologue qu'ils le laissaient venir-. Et quel fut son soulagement lorsqu'en arrivant dans sa chambre, de le voir assis dans son lit, les lunettes sur le nez, un bouquin dans la main le lisant tranquillement et silencieusement, la moitié du corps recouvert par les draps hospitaliers. Son visage exprimait une neutralité totale et lorsque le brun entrait, il vira totalement à de la joie, très heureux de pouvoir enfin voir son meilleur ami. Les deux discutèrent joyeusement, où même le brun ne put supprimer son sourire sur les lèvres. Il avait remarqué à ce moment-là que tout lui avait encore manqué chez son meilleur ami : sa voix, son sourire, son énergie, sa présence.
Depuis leurs retrouvailles, le lycéen retrouva des nuits calmes, comme si le roux était la bonne fée qui veillait sur lui, dissipant les mauvais présages et lui permettant d'avoir des nuits reposantes.
Les deux semaines suivantes étaient bercées en rebondissement. Si tout allait bien maintenant pour Jotaro et Kakyoin, l'un comme l'autre reprenant petit-à-petit, ce ne fut pas le cas d'Holly.
En effet, la mère avait convoqué son fils, tôt un matin, pour lui annoncer une nouvelle à laquelle il ne s'attendait pas -ou peut-être que si ?-.
« Jotaro, je te demande de bien m'écouter et de ne pas te mettre en colère, d'accord ? Demanda la femme, l'air et le ton sérieux, tranchant avec son air chaleureux et nonchalant de d'habitude.
- Qu'est-ce que tu as ? Vas-y, dis ! Implora le fils. En vérité, il était très inquiet pour sa mère. Était-elle retombée malade ? Elle avait l'air de se porter bien… Avait-elle une maladie incurable comme le SIDA ? Apparemment, même si cela ne touche que les homosexuels, ça a l'air très contagieux. Si ça se trouve, elle a été en contact avec l'un d'eux et-
- Je vais divorcer. Ton père n'est pas d'accord, mais j'ai pris ma décision.
Oooh… Alors il ne s'attendait vraiment pas à cela. Elle l'avait stoppé dans ses pensées qui semblaient s'emballer et heureusement. Il avait imaginé le pire.
- Ah. Rien que ça ? Yare yare daze…. Et pourquoi il n'est pas d'accord, ce connard ?
- Je t'en prie, Jotaro, ne parle pas de ton père comme ça. Il reste ton père quoi qu'il arrive. Elle s'approcha de son fils puis le prit dans ses bras. Il ne la poussa pas, il imaginait bien que cela ne devait pas être une décision prise à la légère. Elle poursuivit. Il m'a dit qu'il revenait au Japon dans deux semaines, pour clarifier tout ceci.
- Hm, il fronça les sourcils. Pourquoi avait-il besoin de revenir ? Les papiers de divorce, si c'était comme dans les films, ça peut s'envoyer par courrier, non ?
- J'espère que cela ne t'affectera pas trop, Jotaro. Je suis désolée, mais je ne peux plus continuer comme ça.
- … C'est pour ça que tu étais souvent au téléphone, ces temps-ci ?
- Oh, tu as remarqué ? Maman est si heureuse de voir que tu t'inquiètes pour ta vieille mère ! Plaisanta-t-elle avant de retrouver son sérieux. Oui. Je demandais conseil à mon amie. Tu sais, Mariko, notre voisine de vacances. Elle a divorcé et m'a indiqué les procédures à faire. Bien entendu, nous ne partirons pas d'ici. Ton père sera libre d'aller où il veut désormais. Cependant, cela ne t'empêche pas de lui parler, tu sais.
- Hm. On verra bien. »
Après ceci, ce fut mouvementé, Holly faisant des allées et venues entre le tribunal et les coups de téléphone. Elle avait exprimé à son père son divorce et sa peur d'être mal vue par leurs voisinages. Il n'était pas très conseillé de divorcer, au Japon. Comme en France pendant un certain temps, le divorce signifiait que tout avait raté, que c'était la faute de la mère si le foyer ne tenait pas. L'installation du christianisme y était pour beaucoup, modulant donc les pensées des japonais vers la sacralisation du mariage et le perfectionnisme du ménage. Cela pouvait même fermer des portes. Malgré tout ça, cela n'empêcha pas la femme d'entamer la demande. Elle trouvera un moyen de survivre aux besoins, elle était consciente de la difficulté qu'elle se rajoutait, mais elle n'avait pas le choix, elle n'en pouvait plus.
Jotaro reprit l'école, les vacances scolaires étant terminés. Il dût alors reprendre un rythme et un stress particulier, mais ne voulait rien lâcher. Même s'il ne savait rien de la situation de sa famille, Kakyoin le soutenait à sa manière, en lui demandant d'effectuer des révisions ensemble. Il ne le dira pas, mais il devait bien avouer que sa présence lui faisait du bien et que leurs séances de révisions réhaussaient complètement ses notes, atteignant presque les points maximaux. En parlant du roux, il avait demandé à la rentrée de pouvoir suivre les cours comme les examens. Soutenu par M. Joestar, la Fondation Speedwagon a pu mettre en place un système de tutorat, où un professeur vint chaque jour, voir l'artiste pour lui donner les mêmes cours que ses camarades présents au lycée.
Voici un résumé global de tout ce qui s'est passé. Nous voici donc le 15 septembre 1989.
Après sa sortie de classe, comme à son habitude, le lycéen se rendit automatiquement à l'hôpital, rendant visite à son meilleur ami. Celui-ci se trouvait réellement en meilleur forme, étant même paré à passer ses premiers examens en même temps que les autres à distanciel, voire même, c'est son souhait, de rattraper ceux qu'il avait raté dû à son coma. Sérieusement, comment faisait ce mec ? Le délinquent comprenait sa motivation mais… il ne disait pas non s'il pouvait rater des épreuves.
« Yo. Fit le brun en entrant dans la grande chambre. Cette fois-ci, le roux ne lisait pas mais avait les yeux rivés sur la télévision, les doigts bougeant agilement sur la manette de la Famicom. Il était sur un jeu vidéo -s'il se souvenait bien du nom, il s'agissait de Final Fantasy II-. Il avait réussi, il y a quelques jours, à convaincre ses parents avant qu'ils ne partent en voyage d'affaires à ramener la télévision de sa chambre, les jeux et consoles avec.
- Oh, bonsoir, Jotaro. Il ne quitta pas l'écran du regard.
- Tu n'avais pas fini ce donjon, hier ? Demandait-il tandis qu'il s'assit sur une chaise, posant ses affaires sur une autre.
- Non, je n'y arrive pas. Il faut que je farme plus mes personnages. J'ai envie de faire Firion un attaquant à part entière. Maria fera une bonne guérisseuse et magicienne. Hm… A voir pour Guy.
- Hm.
Le silence reprit, les seuls bruits dans la salle étaient ceux de la télé et de l'impact entre les doigts fins du roux sur la manette. Le jeune homme était concentré dans son combat. Apparemment, de ce que pouvait comprendre l'américano-asiatique, il se battait contre des petits monstres.
Plusieurs minutes passaient sans qu'un dialogue se refasse entre eux. Mais ce n'était pas un silence gênant, ça ne l'était jamais entre eux. Et puis, lorsque le peintre était sur un jeu vidéo, il était quasiment impossible de détourner son attention.
- Oh... Excuse-moi, Jotaro, tu es venu ici pour qu'on parle, pas pour me voir jouer, s'excusa le peintre, et appuya sur pause, posant pour la première fois de la journée son regard sur le brun.
- Hmhm, pas de problème.
- Comment étaient les cours, aujourd'hui ?
- Chiants.
- Pffhuhuh, tu me répètes tout le temps la même chose ! Eclata de rire Kakyoin.
- En même temps, tu me poses tout le temps la même chose, répondit le délinquent, masquant légèrement son sourire. En plus, tu suis les mêmes cours que moi.
- Jotaro…, il laissa de côté sa manette, se tournant complètement vers son interlocuteur. Qu'est-ce que tu as ? Depuis quelques jours, tu sembles… p-perturbé… Oui c'est ça, perturbé par quelque chose.
Le métis ne répondit pas tout de suite. Était-il aussi évident que ça, que quelque chose le travaillait ?
- J'aimerais insister sur le fait que tu puisses tout me dire, Jotaro. Je sais que c'est nouveau pour nous deux, mais tu n'es plus seul. Quelque part, ces paroles, il les avait dites pour lui également.
- … Je sais. Comme toujours, Kakyoin avait l'œil. Ma mère… va divorcer de mon père. Et ce vieux revient au Japon, cette semaine.
- Oh. Il comprenait mieux la raison de son souci. Ton père… Combien de temps se sont écoulés depuis la dernière fois que tu l'as vu ?
- Environ un à deux ans, j'en sais rien moi. Il semblait soudainement agacé. Cet enfoiré n'a même pas stoppé sa tournée quand ma mère a été attaquée par son propre stand.
Noriaki resta silencieux pendant un petit moment. Il savait qu'il s'aventurait sur un terrain dangereux, alors il devait prendre toutes les précautions nécessaires afin qu'il ne se braque pas.
- Il me semble avoir entendu M. Joestar dire qu'il appelait régulièrement Miss Holly ou la Fondation SPW qui gardait un oeil sur elle, non ?
- Et donc ? Tu ne vas pas me faire croire que c'est suffisant ?! Il y a une grosse différence entre être présent et juste appeler par politesse !
Un autre silence s'installa dans la pièce.
- Tu n'as jamais parlé de tout ceci avec ton père ?
- De quoi ?
- De la situation de Miss Holly, de notre… escapade en Egypte, de tes peurs et de tes blessures. De tout ce qui s'est passé, en somme. Il entendit l'autre homme renifler avec colère.
- Et pourquoi je l'aurais fait ? Après tout, ce n'est pas comme s'il prenait de mes nouvelles. Le ton qu'employait Jotaro était acerbe. Venimeux. Pourtant, même s'il savait que ça ne s'adressait pas directement à lui, Kakyoin ne put réprimer un frisson d'effroi lui parcourant l'échine, regrettant presque d'avoir continué la discussion. Non. Non, il devait se reprendre. Cela ne pouvait lui faire que du bien pour d'en parler.
- Sérieusement ? Il n'a pris aucune nouvelle depuis tout ce temps ?
- … Ok, il en a pris, mais je n'ai jamais répondu à ses appels. Ça ne m'intéresse pas.
Le roux prit un temps pour rassembler ses idées et de parfaire au mieux les phrases qu'il va prononcer.
- Tu sais, tu devrais lui parler. De tout ce que tu ressens. Je sais que nos situations sont bien différentes, mais si je peux t'éviter la même erreur que j'ai fait il y a des années de cela.
- Noriaki, je t'aime bien, mais parfois, il faut savoir te taire. Il allait trop loin. Il devait se stopper, car il n'y était pour rien. Il baissa sa casquette, empêchant son meilleur ami de percevoir la culpabilité dans son regard.
- Pardon ?
- Tu vas me dire « j'ai manqué de communication, parce que mes parents croyaient que j'étais schizophrène » ou un truc dans le genre ? Désolé pour toi, mais ce n'est pas mon cas. T'as raison, tu ne peux pas me comprendre puisque c'est différent. Il devait se taire, sérieusement. C'en était trop. D'ailleurs, s'il était suffisamment proche de son interlocuteur, Jotaro aurait pu entendre les battements de cœur de Kakyoin tambouriner fortement dans sa poitrine, trahissant son stress qu'il ne montra pas physiquement.
L'asiatique écarquilla les yeux. Il le savait ? Aucun des Crusaders ne savait que sa famille l'avait placé sous médicaments. Il n'en avait parlé à personne. Heureusement, d'ailleurs, car sinon, ils l'auraient encore moins cru concernant Death 13 et son hôte qu'il n'était qu'un bébé…
…Ah oui… N'était-ce pas évident ? Il semblerait que sa mère aimait bien Jotaro, elle a dû tout lui raconter, soit quand il était dans le coma, soit quand il était encore faible, ou bien même récemment, quand il a fait une rechute.
- Comment… Est-ce que tu-
- Que je le sais ? Ta mère m'a tout raconté quand t'étais dans le coma. Alors arrêtes de dire des conneries et que tu me comprends, Noriaki. On est différents, toi et moi.
- Je vois.
- Cette discussion est close. Je ferais mieux d'y aller. Le délinquent se redressa, et s'apprêtait à partir avant d'être stoppé par une main.
- Kujo Jotaro ! Je n'ai pas fini, alors tu vas m'écouter jusqu'à ce que JE finisse ! Maintenant TU t'assois ! Et comme pour appuyer ses dires et peut-être par automatisme, Hierophant sortit du corps de son hôte en tentacules, entourant et ramenant le brun vers la chaise. Avant qu'il ne proteste ou qu'il n'invoque Star Platinum pour se libérer, il continua. La communication, c'est la base d'une relation. Il faut que tu dises à ton père, sans te disputer avec, ce que tu as sur le cœur. Ça te fera un peu du bien de te libérer. Tu n'es qu'un lycéen, Jotaro ! Tu n'as que 17 ans, c'est normal que tu ne te sentes pas bien ou que tu lui en veux ! Mais tu DOIS lui dire. Maintenant qu'il y pensait, il n'avait pas tort, sa situation et la sienne n'avait rien à voir.
- … J'ai 18 ans, comme toi, idiot. Il semblait s'être un peu calmé. Ouf… Il n'aura pas affaire à Star Platinum et rallonger son séjour à l'hôpital à cause de nouvelles blessures.
- Oh… ? ….. Attends… Oh ! Je me souviens. Tu es … Verseau !
- Mon anniversaire est le 16 février. Le jour où on est venu te voir pour la première fois depuis... ça, avec le vieux.
- Oh… Refit Kakyoin en libérant son meilleur ami de l'emprise de son stand, et baissa la tête. Mais qu'il était bête et égoïste. Bien entendu qu'il souffrait de tout ça, en silence. Il n'avait pensé qu'à sa petite personne. Pourquoi il disait ça ? Car il avait bien senti dans le ton du brun de la tristesse et peut-être même de la solitude, lorsqu'il évoqua ce souvenir. Je suis désolé… Maintenant que tu en parles, peut-être que j'ai ressenti votre présence, à toi et à M. Joestar…
- Tu te souviens de quelque chose ?
- Non, tout était sombre, noir. Il posa ses mains sur ses tempes, les massa tout en fermant frénétiquement ses yeux. Je me souviens d'avoir été attaqué par DIO, mes derniers instants, mon dernier Emerald Splash, mes derniers espoirs et doutes… Puis plus rien. Tout était noir, et quand j'ai aperçu de la lumière, j'étais là, avec toi et mon père. Mais j'ai quelque part… l'impression d'avoir entendu ou plutôt senti votre présence. Beaucoup celle de ma mère et la tienne, mais aussi celle de mon père et de M. Joestar.
- … Je vois. Donc il n'avait pas entendu le moment où lui et son grand-père ont pleuré pendant un moment… Heureusement.
Le japonais agitait la tête, faisant virevolter sa longue mèche au passage. Pour l'instant, il avait décidé de se laisser poser les cheveux. Il reporta son regard à nouveau sur le délinquent. Lui-même avait regagné son calme, observant calmement le roux.
- Dans tous les cas, pour en revenir à ton père, c'est tout ce que je te suggère. Tu n'es pas seul, Jotaro, je sais que ça peut être difficile, surtout que j'ai l'impression qu'entre ton père et toi, ce n'est pas ça mais, je sais très bien que tu ne t'en fiches pas de lui, que tu es déçu et triste qu'il vous ait laissé tomber. Je te connais mieux que tu ne le crois, il termina sur un sourire délicieux -pour l'américano-japonais-, mais tu peux y arriver. Tu peux arriver à communiquer sans te mettre en colère, j'ai confiance en toi.
- Hm… Ok. J'y réfléchirai. Il marqua un arrêt. Excuse-moi, Noriaki, je me suis emporté. Il baissa encore plus sa casquette et s'inclina légèrement.
- Hmhm. Il posa sa main sur l'épaule de l'ainé. Je crois bien que j'avais un moment semblable au tien, il y a quelques semaines, et tu m'as écouté et conseillé. Je n'ai fait que te rendre l'appareil.
- Yare yare daze. Tu n'es pas croyable toi. Il se redressa. D'ailleurs, quelles sont les nouvelles concernant ton état de santé général ?
- Eh bien, il chercha dans sa mémoire. Autant celle d'antan est revenu, autant il perdait de plus en plus la notion du temps, ici. Ils m'ont annoncé juste avant que tu n'arrives que je vais pouvoir reprendre la rééducation. Mais tu te rends compte ?! Initialement, j'étais censé remarcher au mois de novembre à décembre, maintenant c'est estimé pas avant le mois d'avril !
- Ils ont décidé de ralentir le rythme pour éviter de reproduire ce qu'il s'est passé il y a un mois, je suppose.
- Mais quand même ! Ok, ils ont annoncé aussi que je vais sans doute pouvoir sortir de l'hôpital au mois de décembre, mais ça m'agace !
Jotaro était amusé de voir l'air contrarié du jeune homme assis en face de lui. Il s'agitait dans tous les sens. Tiens, ne venait-il pas de dire qu'il sort de l'hôpital dans à peu près trois mois ?
- Tu sors donc « bientôt » ? Presque un an après y être allé, pensa le brun.
- Oui, mais ça me gêne. Je voulais aller au lycée avec toi le plus vite possible. Il semblerait qu'ils m'obligent à privilégier les cours et épreuves à distance.
Alors à partir du mois de Janvier, il allait pouvoir faire la route avec son meilleur ami ? Mais si ce n'est pas une bonne nouvelle ça !? Il se surprit même à penser ce qu'ils allaient pouvoir faire, comme ce qu'il voyait de ses camarades de classes.
- D'ailleurs, que doit-on réviser aujourd'hui ? Kakyoin le ramena sans le vouloir à la réalité. Il le vit sortir ses affaires de classe du jour.
- On doit réviser pour les épreuves de la semaine prochaine. Ça portera sur la littérature japonaise et l'histoire.
- Ok. Allons-y, répondit-il en réprimant un bâillement. »
Ainsi, ils révisèrent tous les deux, dans une atmosphère agréable, qui s'était considérablement détendu. Même si Jotaro se sentait un peu mal d'avoir montré sa faiblesse aussi ouvertement, il se sentait paradoxalement soulagé. Ils venaient tout juste de se montrer mutuellement qu'ils pouvaient tout se dire, qu'aucun d'entre eux ne se jugeait, qu'ils écoutaient ce qu'ils avaient à dire, et qu'ils se conseillaient. C'était donc ça, un ami, voire même un meilleur ami. De pouvoir dire sans être jugé, de se dévoiler un peu face à l'autre, sans se soucier de son regard.
Désormais, il pouvait remercier cent fois le ciel et tous les dieux que le monde voulait pour avoir permis au roux de survivre.
En rentrant chez lui le cœur léger, il pensait sérieusement à ce que lui avait conseillé Noriaki. Il devait envisager une discussion avec son père. De toute manière, il arrivait bientôt, il prendra donc ce laps de temps pour réfléchir quoi dire et faire.
Le soir, tandis qu'il prit le repas avec sa mère, elle se rappela qu'elle avait mis de côté un courrier pour son fils, quitta la table pour le chercher puis revint vers lui, une enveloppe dans les mains. On pouvait lire « Stanford University – Department of Biology ». Le lycéen s'empressa de la prendre, l'ouvrit et la lit.
« Alors, alors ? Demanda presque impatiente la mère. Depuis qu'elle avait relevé le courrier, elle ne cessait d'y penser.
- M. Kujo. Il ne prit pas la peine de traduire, et continua de lire à voix haute en anglais. Nous avons le plaisir de vous annoncer que votre dossier a été accepté ainsi que votre examen de pré-sélection (du 27/07/1989 au 01/08/1989) réussi, avec un score de 91%. Veuillez nous retourner le dossier d'inscription aux sélections avec vos bulletins des années de lycées, joints avec les absences et appréciations. Les examens de sélections se feront au cours du mois d'avril, les dates ne sont pas encore prescrites, pour la durée d'une semaine. Ils porteront sur les acquis de toutes vos années cumulées. Dans votre cas, ils aborderont la biologie de manière générale, les mathématiques, l'anglais et le japonais. Vos résultats de ces examens seront envoyés deux semaines après les avoir passés. Au plaisir de vous revoir et vous avoir parmi nous, le Directeur.
- Félicitations Jotaro-chéri ! Je savais que tu allais y arriver ! Elle se précipita pour le prendre dans les bras. Il ne put réprimer un sourire, presque fier de lui. Il avait obtenu un super score. Tu pourras l'annoncer à Noriaki-chan ! Oh, d'ailleurs, quand est-ce que tu m'emmènes le voir ?
- Hm. Je n'en sais rien. Il n'avait encore rien dit à propos de son aller-retour, il y a deux mois, aux USA. Pourquoi ? Tout simplement parce que rien n'était sûr, il ne préférait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Et même là, il lui restait encore une épreuve avant de pouvoir déclaré haut et fort son admission à cette faculté.
- Il faut qu'on l'annonce à Papa, je suis sûr qu'il sera fier de toi ! Il faut aussi qu'on pense à te chercher un appartement.
- On verra quand on aura les résultats.
- Hm ! Tu as raison, mon fils. Oh là là, dire que mon fils va bientôt quitter Maman ! Dramatisa Holly.
- Oh, ça va, on n'en est pas là, encore ! »
Plus tard dans la soirée, après avoir terminé le repas si gentiment et divinement préparé par sa mère, le métis se tint debout devant le téléphone. Même s'il n'avait dit qu'il ne le fera pas, Jotaro pensa à appeler son grand-père pour lui annoncer la nouvelle, ce qui lui coûta un dixième de son audition. En parallèle, pendant qu'il discuta un peu avec lui, il repensa à sa conversation eue plus tôt avec son meilleur ami et visualisa son école. Il n'y avait pas grand-chose de prévu pour les personnes en situation d'handicap. Car, il était clair qu'au début, le roux ne circulerait qu'en fauteuil roulant. Partant de ce principe, il demanda au vieux Joestar d'agir avec la Fondation Speedwagon sur le lycée, afin d'aménager et de préparer au mieux l'arrivée du jeune homme.
07 octobre 1989
Hôpital de Tokyo, Japon
Nous revoilà quelques semaines après les évènements. Kakyoin put reprendre doucement la rééducation, son état de santé allant toujours de mieux en mieux. La présence de ses parents et en particulier celle de Jotaro y étaient pour beaucoup. Cette fois-ci, toute l'équipe médicale était plus prudente, lui faisant des analyses plus régulières mais plus poussées également. Cela n'empêcha pas de se réunir avec la famille du patient et de proposer d'avancer la sortie de l'hôpital. Bien entendu, il aura la visite d'une infirmière quasi-quotidiennement, et devra retourner à l'hôpital pour des analyses et sa rééducation. Mais pour eux, il sera mieux et plus sain que le peintre puisse à nouveau revenir dans son environnement. Apparemment, il a été prouvé maintes fois qu'un patient évolue mieux dans l'environnement dans lequel il a grandi et se sentait en sécurité. Vu que la situation entre lui et sa famille s'améliorait, le médecin pensait que c'était le bon moment.
En accord avec eux, la famille donna donc son autorisation et la date fut avancée jusqu'au week-end du 21 octobre -cela laissa du temps à la famille d'adapter la maison s'il y en a besoin ou de s'organiser avec leur travail-.
Concernant les cours, le professeur engagé depuis plus d'un mois viendra à domicile, jusqu'au 19 novembre. Le 20, il pourra reprendre les cours directement sur place, pouvant donc retourner au lycée en fauteuil à roulant, à condition qu'il doive prendre ses médicaments sur soi. Bien sûr, tout ceci sera possible, si, pendant cette marge de temps d'un mois, tout se passe bien et l'état du jeune homme ne se dégrade pas.
Fin de ce chapitre !
Haha, eh oui, j'ai fait séparé Holly de Sadao 8D. Personnellement, si j'avais été dans la situation d'Holly, c'est ce que j'aurais fait XD.
J'ai adoré faire des recherches sur le site de l'université de Stanford c'était très instructif xD. Apparemment, cette fac est n2 mondial des meilleurs facultés.
Et sinon, oui ! Kakyoin sort dans le chapitre prochain ! Enfin 8D. Il aura fallu 10 chapitres. C'était long (c'est pourquoi il m'a fallu autant de temps pour en arriver jusque là , quelque part c'était pour représenter ce temps long).
Dans le prochain chapitre : Comment se passera la discussion entre Jotaro et son père ? Arrivera-t-il à convaincre sa femme de ne pas divorcer ? Kakyoin sortira bien comme prévu de l'hôpital et comment cela se passera ? Et enfin, l'école arrivera-t-elle à finir les travaux avant l'arrivée de Kakyoin ?
Voilà voilà ! Je vous remercie de votre attention (je rigole xD). Non très sincèrement, je vous remercie pour avoir lu jusqu'ici. Le JotaKak sera pour bientôt, promis. Par ailleurs, si j'avais dit au début qu'il n'y aura aucun smut, je le retire. Ayant tout planifié du début à la fin, je sais maintenant comment terminer la fanfic et les sujets que je souhaite amener, donc la sexualité, forcément :3.
Faites attention à vous et à bientôt !
Tschüss ~
PS : Merci pour le commentaire et le kudo!
