XI – Confidence pour confidence


Quelques semaines après leur dispute, Ladybug retint Chat Noir à la fin d'un combat.

— On peut parler une minute ? demanda-t-elle.

— Deux minutes, en ce qui me concerne, répondit-il en consultant sa bague.

— Euh, d'accord. Alors voilà, j'ai bien réfléchi à ce que tu m'as demandé, l'autre jour, à propos de ton amie et de ton secret et… Eh bien, je pense que je n'ai pas le droit de t'empêcher de lui parler, si tu penses que c'est indispensable pour préserver votre relation.

Chat Noir ne cacha pas son étonnement.

— C'est vrai ? Tu me permets de tout lui dire ?

— Eh bien, seulement si tu estimes que tu ne peux pas faire autrement. Je pense que tu es aussi conscient que moi des enjeux. Je peux compter sur toi pour ne pas nous mettre en danger inconsidérément.

Malgré ses bonnes résolutions, Ladybug ne put totalement empêcher sa voix de terminer sur une note interrogative. Chat Noir ne s'en offusqua pas. Les craintes de Ladybug lui permettaient de mesurer l'effort qu'elle faisait pour combattre sa paranoïa et répondre à sa demande.

— Je te promets que j'ai toutes les raisons de penser que notre secret ne risque rien avec elle, répondit-il. Je ne révélerais pas ça à n'importe qui.

— Si tu l'aimes, elle ne doit pas être n'importe qui, dit gentiment Ladybug.

— Merci, ma Lady, je suis très touché par ta confiance.

— Hé, tu m'appelles de nouveau, ta Lady ? s'étonna Ladybug. Tu n'as pas peur qu'elle soit jalouse ?

— Je ne pense pas, non. Je suis certain qu'elle peut comprendre que je puisse, à la fois être fou d'elle, et entretenir avec ma partenaire une solide relation amicale.

— Ce n'est pas évident, reconnut Ladybug.

— Non, mais je préfère prendre le risque de la fâcher, plutôt que de continuer à lui mentir. Ce ne serait pas honnête envers elle de continuer à lui cacher cette partie de ma personnalité.

— Et si elle le prend mal, que se passera-t-il ? s'inquiéta Ladybug.

— Elle ne nous trahira pas, si c'est ce qui t'inquiète, affirma Chat Noir. Je suis absolument certain de sa loyauté à notre égard.

Ladybug parut surprise par cette précision et demanda :

— Et pour toi, je dois m'inquiéter ?

— Eh bien, je suppose que je survivrai, dit Chat Noir d'un ton léger.

Il n'avait, cependant, pas réussi à dissimuler totalement la crainte qu'il ressentait à cette idée. Le regard de Ladybug se fit doux :

— Chaton, je souhaite de tout mon cœur qu'elle comprenne quel garçon merveilleux tu es.

Chat Noir lutta contre l'envie de la prendre dans ses bras et répondit simplement :

— Si tu penses vraiment ce que tu dis, alors tout va bien se passer.

oOo

Ladybug repartit, moins assurée qu'elle ne l'aurait souhaité. Le doute et la peur qu'elle avait lus dans les yeux de son partenaire, quand elle avait évoqué la possibilité que sa petite amie réagisse mal à sa confidence, l'avaient inquiétée. Elle voulait clairement faire confiance à Chat Noir pour ses choix de vie, mais c'était plus fort qu'elle : l'idée que quiconque connaisse l'identité d'un porteur de Miraculous n'était pas loin de l'affoler. Chat Noir, cependant, avait laissé filtrer un indice qui l'intriguait. Il prétendait avoir l'assurance de la loyauté de son amie envers eux. Comment pouvait-il en être si certain ?

Était-ce une personne qui avait, un jour, été investie d'un Miraculous et qui, par son silence, avait montré sa capacité à garder ce secret ? Dans ce cas, il n'y avait pas beaucoup de candidates. En effet, après la débâcle de Miracle Queen, qui avait révélé au Papillon l'identité de tous leurs alliés, elle n'avait plus voulu mettre d'autres personnes en danger. Elle n'avait utilisé les autres Miraculous que pour elle et Chat Noir, en mode fusion, quand la bataille devenait trop difficile. Ce qui ne laissait que deux noms, Chloé et Kagami. À sa connaissance, il n'était pas au courant pour Alya. Celle-ci, en tout état de cause, était toujours en couple avec Nino. Il y avait Alix, ajouta-t-elle après réflexion, même si celle-ci n'avait pas encore été investie. Elle n'imaginait pas Chat Noir sortir avec Chloé – qui d'ailleurs était partie depuis des mois aux États-Unis pour y poursuivre ses études. Alix avait eu plusieurs petits amis au cours de ces derniers mois. Il ne restait que Kagami. Chat Noir avait pu l'admirer en Ryuko, et cherché à la revoir. Ladybug reconnaissait que, même si les choses ne se passaient pas comme prévu, Kagami n'était pas du genre à se venger en divulguant l'identité du héros de Paris. Ladybug grimaça cependant à l'idée que son partenaire puisse sortir avec l'ex-petite amie d'Adrien.

Mais ce n'était pas la seule possibilité. Peut-être que l'amoureuse en question était une des nombreuses victimes du Papillon. Suite à cette désagréable expérience, elle avait suffisamment de gratitude envers les héros de Paris pour qu'on puisse lui faire confiance. Peut-être que Chat Noir l'avait réconfortée après son akumatisation, qu'elle lui avait plu, et qu'il s'était arrangé pour la revoir sous sa véritable identité. Cela lui ressemblerait bien !

Ladybug devait se faire à l'idée qu'elle n'aurait jamais le fin mot de l'histoire. Elle et Chat Noir ne devaient pas se donner trop d'éléments sur leur vie privée. Ils devaient être prudents, et éviter de révéler des détails significatifs qui leur permettraient de se reconnaître dans la vie civile. Cela pesait parfois à Ladybug, qui appréciait réellement son partenaire, mais elle n'y pouvait rien. Ils n'avaient pas le choix et devaient l'accepter.

Et elle ? Allait-elle se décider à mettre son secret à la merci de quelqu'un d'autre ? Elle pensait réellement qu'Adrien ne la trahirait jamais. Il était la droiture même. Elle ne pouvait l'imaginer se venger bassement. Et encore moins à chercher à se faire mousser en révélant un secret. Il était si humble, lui qui était si connu et apprécié du grand public.

Ladybug savait qu'elle se montrerait un jour sans masque devant Adrien. La question à laquelle elle n'avait pas encore répondu était : est-ce qu'elle abandonnerait son rôle d'héroïne avant ou non ? Le mieux était d'attendre de voir comment les choses allaient se passer du côté de Chat Noir, décida-t-elle. Chaque chose en son temps.

oOo

Adrien était dans tous ses états quand il se détransforma dans son salon.

— Tu as entendu, Plagg ? Elle a dit que je pouvais me révéler à celle que j'aime ! Je l'aurais bien fait sur-le-champ mais, sur un toit, ce n'aurait pas été idéal. C'est dingue ! Je ne m'y attendais pas du tout. J'étais persuadé que j'allais devoir insister pour qu'elle commence à y penser.

— Il est certain que ce genre de révélations entraîne de grandes surprises, commenta Plagg.

— Comment je vais m'y prendre ? Je le lui dis tout simplement ? Je me transforme ? Tu te montres ?

— Si ça ne te fait rien, laisse-moi en dehors de ça, le pria Plagg. Les révélations amoureuses, je préfère éviter. Vous êtes tellement compliqués, vous, les humains…

— Bon, Ladybug était dans de bonnes dispositions, tenta de se rassurer Adrien. Il est possible qu'elle le prenne mal dans un premier temps, reconnut-il cependant. Mais elle a promis de tenir compte de mes sentiments, et je sais qu'elle était sincère, mit-il en balance. La question est de savoir combien de temps il lui faudra pour s'en souvenir.

— Tout ça, c'est bien gentil, mais il est où mon fromage ?

— À sa place, Plagg. Tu peux très bien te servir tout seul, quand tu le veux. Tu crois que je n'ai pas remarqué que tu en piques la nuit ?

— C'est pas de ma faute si j'ai des fringales. Tu préférerais que je te réveille ? protesta le kwami.

— Ce n'est pas le sujet. Va prendre ton camembert, et laisse-moi réfléchir ! Et laisses-en un peu pour demain, sinon tu devras te contenter de yaourts. Je ne ferai pas de courses avant samedi !

— Eh bien, si ça te met dans une humeur pareille, j'aurais préféré qu'elle ne dise rien ! grogna le kwami en filant vers la cuisine.

oOo

Quand Ladybug arriva à l'heure convenue deux jours plus tard, Adrien avait un trac monstrueux. Même si son amoureuse acceptait la vérité sans lui en vouloir, il savait que leurs relations sentimentales et héroïques allaient être revisitées. Il espérait que cela ne remettrait en cause ni leur complicité amoureuse ni celle qu'ils avaient acquise au cours de leurs années de combats.

Le mannequin eut du mal à ne rien laisser filtrer en accueillant sa petite amie. Après l'avoir tendrement embrassée, il lui proposa un soda qu'il lui servit sur la table basse. Ils s'installèrent sur le canapé pour le boire. Elle se rapprocha de lui pour se lover dans ses bras. Il l'y accueillit et l'embrassa encore, avant de reculer et de dire :

— J'aimerais te parler de quelque chose.

— Oh, tu as l'air très sérieux. Tu as un problème ?

— Non, plutôt une confession à te faire.

— Tu me caches quelque chose, Petit Cœur ? fit-elle d'une voix amusée.

— Je plaide coupable, dit Adrien en souriant pour atténuer le terme qu'il avait choisi.

— Bon, raconte ! l'encouragea-t-elle d'un ton débonnaire.

Il respira profondément et lâcha :

— Je suis Chat Noir.

Elle se figea et demanda :

— Pardon ?

— Je suis Chat Noir. Si tu m'as retrouvé sur un toit, c'est que je venais de me détransformer. Comme tu m'avais dit ne pas vouloir connaître mon identité, j'ai utilisé la première excuse qui m'est passée par la tête. Je n'imaginais pas du tout ce qui allait suivre.

Il fit une pause. Elle était restée immobile, sans expression, le regard vide. Il continua, ne sachant pas s'il aurait la possibilité de présenter sa défense une fois qu'elle reprendrait la parole.

— Il n'y avait rien de prémédité de ma part. J'étais étonné qu'on puisse discuter un peu tous les deux. Encore plus, quand tu es revenue. Je t'ai découverte différente de celle que je connaissais. Moi aussi, je me suis montré à toi comme je ne m'étais jamais révélé à personne. Si tu aimes celui que tu rencontres ici, c'est que tu aimes Chat Noir, même si tu n'en as pas conscience. Il est loin de me représenter totalement, mais il fait partie de moi.

Ladybug se leva soudainement. Adrien nota que son corps était totalement rigide. Ses joues étaient maintenant d'une violente couleur framboise. Rien à voir avec le rose charmant de l'émotion ou du désir. C'était une teinte qui exprimait le choc, la colère. Adrien connaissait cette expression. Il se leva à son tour, et tendit les mains vers elle en un geste de défense alors qu'elle ouvrait la bouche. Il prononça précipitamment :

— Souviens-toi que tu as promis de prendre en compte les sentiments de Chat Noir. C'est le moment de montrer que ce n'était pas du vent !

Elle resta la bouche ouverte, sans en laisser sortir un son. Puis elle la referma en grimaçant, comme si elle ravalait des paroles amères, avant de dire d'une voix sourde :

— Je pense que j'ai besoin de réfléchir à tout ça.

Elle lui tourna le dos et ouvrit la fenêtre d'un geste sec. Elle sortit en trombe sur le balcon, et lança vivement son yoyo. En deux secondes, elle avait disparu. Adrien, qui s'était tourné vers la fenêtre pour la suivre des yeux, pivota lentement et se rassit sur le canapé.

— On va dire que cela ne s'est pas si mal passé, dit-il tout haut.

— Si tu le dis, gamin, commenta Plagg en venant flotter devant lui.

Adrien lui lança un regard agacé.

— Merci pour ton soutien !

— Quoi ? Je dis ce que j'en pense.

— Et tu en penses quoi ?

— Que si elle est aussi attachée aux règles que Tikki, tu n'es pas sorti de l'auberge !

Adrien pensa très fort à un yaourt. Un pack de yaourts. Un réfrigérateur rempli à ras bord de yaourts. Voilà qui clouerait le bec de son insensible kwami.

— Merci, Plagg, répondit-il d'un ton pincé. Tu avais raison l'autre jour. Il vaut mieux que tu ne te mêles pas de ça.

Adrien se leva dignement, et balança violemment la boisson entamée de Ladybug dans la poubelle.

oOo

Ladybug rentra chez elle dans une rage folle. Elle n'avait sans doute jamais parcouru le chemin aussi vite. Les gestes brusques de son yoyo lui arrachaient l'épaule, mais elle ne ressentait pas la douleur, juste les chocs de ses muscles malmenés. Elle atterrit comme une folle sur sa terrasse, manquant de se tordre la cheville, puis plongea sur son lit par la lucarne ouverte. Elle ne vérifia même pas si quelqu'un se trouvait dans la pièce. Elle se fichait de tout. Elle tentait juste d'échapper au poids dans sa poitrine qui menaçait de l'étouffer. Mais elle savait que c'était impossible. La colère qu'elle ressentait était en elle. Elle ne pouvait pas s'y soustraire.

Elle eut soudain peur de ce qu'elle était capable de faire avec la force que lui conférait son costume.

— Détransformation ! cria-t-elle.

Tikki apparut près d'elle.

— Marinette, calme-toi ! Ce n'est pas si grave.

— Toi, tu le savais. Alors, disparais ! cracha Marinette dans sa direction.

La petite entité ouvrit de grands yeux puis s'éleva pour passer à travers le plafond. Bon débarras ! Tikki était au courant et n'avait rien dit ! Tout comme Plagg ! Ils avaient tous les deux osé mentir à leur gardienne. Et Adrien, à qui elle avait donné toute sa confiance, qui jouait double jeu ! Chat Noir, ce traître, qu'elle avait cru enfin fiable et responsable, qui se moquait d'elle dans son dos ! Ils l'avaient trahie ! Tous autant qu'ils étaient !

Elle enfouit la tête dans son oreiller et poussa un hurlement de rage et de frustration. Mais pourquoi ? Pourquoi tout s'écroulait, alors qu'elle se sentait enfin heureuse, confiante dans ses sentiments ? Et dire qu'elle envisageait même de révéler son identité à Adrien…

Un sanglot sortit péniblement de son corps, contractant douloureusement sa gorge. Elle savait bien, au fond d'elle-même, que ce qui lui arrivait était de sa faute. C'est elle qui avait tenu à ce que chacun d'eux garde le secret. C'est elle qui avait pris la décision de sortir avec Adrien sous les traits de Ladybug. Cet imbroglio lui était directement imputable. Ce n'était pas contre les kwamis, Chat Noir ou Adrien qu'elle était en rage, mais contre elle-même. Elle s'en voulait d'avoir été aveugle, elle s'en voulait d'avoir été dogmatique sur la question des identités, elle s'en voulait d'avoir été faible et d'avoir suivi son cœur. Elle n'avait demandé ni à être Ladybug ni à devenir gardienne, mais elle remplissait maintenant ces deux fonctions. Elle en édictait les règles, et ne pouvait pas reprocher aux autres de les appliquer. Elle était responsable de la situation actuelle, et ne pouvait donc s'en prendre qu'à elle-même.

Elle donna deux grands coups de poing dans son oreiller. Son épaule protesta. C'était celle qu'elle avait utilisée pour lancer son yoyo. Il ne manquait plus que ça ! Si elle s'était fait un claquage et ne pouvait plus combattre, elle pourrait se dire qu'elle avait réussi à tout rater en beauté !

Marinette s'allongea sur le dos, son cœur battant à toute allure. Elle était essoufflée et sentait ses joues la brûler. Elle devait commencer par se calmer. Inspirer, expirer… Peu à peu, son corps se détendit et s'alourdit. Elle avait les pensées plus claires, désormais. Des larmes coulèrent sur ses joues, libératrices. Elle ne les essuya pas, les laissant rouler sur sa tempe jusqu'à son oreiller. Elle eut froid, soudain. Elle ôta ses chaussures et s'enroula dans sa couette. Bien. Elle pouvait, maintenant, réfléchir plus sereinement.

Ainsi, Adrien et Chat Noir ne faisait qu'un. Difficile à croire. Ils étaient si différents ! Mais elle ne pouvait pas en douter. Elle n'avait qu'à aligner les indices qu'il avait laissé échapper, et qu'elle n'avait pas voulu voir. La confiance absolue de Chat Noir dans la personne à qui il voulait confier son secret. Leur dernière conversation, dont le double sens se révélait à elle. Sa peine, quand elle n'avait pas voulu croire qu'il pouvait éprouver des sentiments profonds. Dire qu'elle avait évoqué son ancienne inclinaison pour Ladybug comme preuve de sa soi-disant légèreté en amour ! Quelle farce !

Chat Noir lui avait fait penser à Adrien quand il lui avait pardonné son inexcusable emportement quelques semaines auparavant, se souvint-elle. Et c'est Adrien qui l'avait poussée à envoyer un message pour mettre fin à leur fâcherie, put-elle alors ajouter. Tout comme Chat Noir l'avait convaincue de discuter avec son amoureux, alors qu'elle hésitait à retourner chez lui au début de leur relation. Comment n'avait-elle jamais fait le lien avec les retards systématiques de Chat Noir, les soirs où elle partait en trombe de chez Adrien suite à une alerte ? Marinette secoua la tête. Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Sa cécité égalait bien celle d'Adrien pendant leur année de troisième.

Elle ne pouvait même pas l'accuser d'avoir apprécié ce double jeu. Il avait fait son possible pour obtenir son accord et sortir enfin du mensonge. Comment lui en vouloir d'avoir renoncé à lui dire la vérité ? Elle se sentit profondément soulagée à l'idée de n'avoir pas dit ce qui lui était passé par la tête après sa révélation. Il avait été bien inspiré de lui rappeler sa promesse. Ce qu'elle s'apprêtait à prononcer était profondément injuste et blessant. Elle ne comprenait vraiment pas comment il pouvait continuer à l'aimer, alors qu'il y avait autant de méchanceté en elle. Elle savait qu'elle n'avait pas sa capacité à pardonner. Certes, elle pouvait être bienveillante, empathique, comprendre les autres au lieu de les juger. Mais une fois qu'elle en voulait à quelqu'un, elle avait le plus grand mal à oublier l'affront ou la méchanceté qui l'avait heurtée. Elle était rancunière, oui, inutile de se voiler la face. Mais comment faisait-il pour la supporter ?

Elle sentit son cœur se gonfler d'amour. La gentillesse, le courage et le dévouement de Chat Noir. Le calme, la tendresse, le sérieux d'Adrien. Évidemment qu'elle en était folle ! Comment résister à autant de qualités ? Qui pouvait lui reprocher de perdre totalement la tête, quand il était question de lui ?

Elle se leva et sortit le buste par sa tabatière pour regarder au niveau de la terrasse :

— Tikki ?

— Marinette ? fit une petite voix.

— Tu peux revenir, je suis calmée.

Lentement, la petite créature rouge vint planer au niveau du visage de sa porteuse.

— Viens, l'encouragea Marinette en tendant la main pour qu'elle s'y pose.

Elle câlina un peu son kwami avant de se rasseoir sur son lit.

— Je vais retourner voir Adrien, s'il veut encore de moi, indiqua-t-elle à son amie.

— Je suis certaine qu'il t'attend avec impatience !

Marinette prit son téléphone et vérifia ses mails. Rien. Il avait adopté un silence prudent.

..

De : DansonsLaCapucine (a) courrier. com

Pour : florianPetitCoeur (a) courrier. com

Objet : Confidence pour confidence

Tu es libre ? Je peux venir ?

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De : florianPetitCoeur (a) courrier. com

Pour : DansonsLaCapucine (a) courrier. com

Objet : Re : Confidence pour confidence

Je suis toujours libre pour les confidences sur l'oreiller, ma Pucinette.

^(^-^)^

..

Marinette secoua la tête et poussa un soupir. Mais comment avait-elle fait pour ne pas reconnaître l'humour parfois douteux de Chat Noir dans celui d'Adrien ? Oui, l'amour qui rend aveugle. Mais c'était quand même à désespérer !

..

De : DansonsLaCapucine (a) courrier. com

Pour : florianPetitCoeur (a) courrier. com

Objet : Re : Re : Confidence pour confidence

Je suis chez toi dans 15 minutes

..

— On y va, dit-elle à Tikki en récupérant ses chaussures et commençant à descendre l'échelle qui menait au niveau inférieur de sa chambre.

— Tu ne repars pas par les toits ?

— Non, c'est le jour des révélations. À lui de voir ce que ça fait !

oOo

Adrien tournait en rond dans son salon, un grand sourire aux lèvres.

— Mais calme-toi, tu me donnes le tournis, protesta Plagg.

— Arrête un peu de râler. Réjouis-toi plutôt de ne pas être obligé de rester caché toute la soirée, rétorqua Adrien.

On sonna à la porte. Adrien jeta un regard nerveux vers la fenêtre. Il n'était pas obligé d'ouvrir, après tout. Si c'était important, la personne repasserait. Sinon, autant faire croire qu'il était absent. Il attendait une visite qui passait avant toutes les autres.

La sonnette retentit de nouveau. Il approcha sur la pointe des pieds pour regarder par le judas. Cela sonna une troisième fois, alors qu'il se penchait. Il sursauta, puis appuya son œil contre le petit rond de verre. Marinette ? Mais que faisait-elle là ? Elle n'était jamais venue chez lui depuis qu'il avait emménagé. Il hésita. Il n'avait pas envie de la laisser entrer, mais elle avait peut-être un problème. Elle n'était pas du genre à se présenter chez lui sans avoir prévenu avant. Seul Nino faisait cela. Il ouvrit la porte.

— Salut, Marinette.

— Bonjour, Adrien.

— Je… je suis désolé, coupa-t-il immédiatement, mais je suis très occupé aujourd'hui. Je peux t'aider ? Sinon, je n'ai pas trop le temps.

Elle se contenta de sourire. Un élément nouveau attira alors l'attention d'Adrien. Marinette s'était coupé les cheveux. Ils lui arrivaient maintenant juste en dessous de l'oreille. Par réflexe, il procéda à la comparaison qu'il faisait toujours, quand il croisait une femme qui arborait cette coupe. Taille, corpulence, forme du nez… Mais…

— Ma… Marinette ? souffla-t-il d'une voix stupéfaite.

Le sourire, initialement moqueur, se modifia. Il oscillait, désormais, entre l'amusement et la timidité. Sur ses joues, il remarqua la jolie teinte rosée qu'il trouvait si craquante. Marinette. D'accord.

— Confidence pour confidence, hein ? commenta-t-il, ayant surmonté sa surprise initiale.

— Désolée, je n'ai pas attendu d'être sur l'oreiller.

— Ça peut encore s'arranger, remarqua-t-il en l'attirant à l'intérieur, et en refermant la porte sur eux.

– FIN –


Bonjour à tous !

Voici la première fin alternative. J'ai commencé par du léger, comme vous pouvez le voir. J'espère que cela vous a plu.

La semaine prochaine, nous verrons une seconde version appelée "Viste impromptue".

J'en profite pour vous transmettre une bonne nouvelle : Malaau-Ladynoir m'a fait l'immense plaisir d'accepter de venir m'aider sur mes textes. L'histoire que je suis en train d'écrire s'améliore à vue d'œil (vous allez notamment avoir de vrais combats). Elle écrit de son côté de très chouette histoires sur Miraculous que je vous conseille vivement d'aller découvrir.