10- Les secret de la Lothlorien

« Comment cela cet anneau m'est destiné ? C'est totalement impossible, je ne suis même pas une elfe, seulement une ado paumée qui s'est faite attaquée par une statue. C'est complétement grotesque ! » Je balance, choquée.

« Je comprends votre choc Eleanor, pourtant rien n'est dû au hasard. C'était votre destin de venir ici, à l'aube de la fin des temps, pour nous aider. Votre venue m'est connue depuis longtemps. Je sais que vous ne croyez pas en vous, mais moi si. Vous êtes un espoir pour nous tous. La race des elfes s'apprête à quitter ce monde, celle des hommes ne fait que commencer et vous en êtes la gardienne. Votre connaissance du futur et votre bonté naturelle font de vous une personne exceptionnelle. »

Cette histoire est totalement dingue.

« Mais je ne suis qu'une fille banale, sans aucun intérêt. Pourquoi vos dieux ou je ne sais quoi m'auraient choisi, moi alors qu'il existe en ce monde des personnes bien plus importantes que moi. Naya aurait été parfaite pour ce destin, elle était naturellement gentille, pensait toujours au bonheur des autres avant de sien et surtout… C'était elle qui avait des dons, pas moi. »

« C'est là où vous vous trompez Eleanor. Naya et vous formiez le duo parfait, vous étiez toutes deux exceptionnelles : vous lui avez apporté la réflexion, l'intrépidité et le courage tandis qu'elle vous a apporté la sagesse, la confiance et l'imagination. Vous étiez complémentaire et aujourd'hui, vous n'êtes plus qu'une. Elle est présente dans votre cœur et votre esprit, elle restera toujours à vos côtés mais son chemin s'est malheureusement séparé du votre. »

« Je ne veux pas de ça… Et puis Aragorn est ici pour ça non ? C'est lui l'avenir des hommes, pas moi. »

« Lorsque vous porterez cet anneau, les choses vous paraitrons plus claires, je vous le promets. »

« Mais je ne veux pas le porter cet anneau ! J'ai bien vu ce qu'apporte le pouvoir et je n'en veux pas moi ! Regardez Frodo, on sait toutes deux que jamais il ne va s'en sortir indemne, les cavaliers noirs ou même vous ! Vous l'avez dit il y a quelques jours à Frodo, vous allez vous affaiblir en même temps que l'anneau de pouvoir. »

Avant que la Dame de Lórien ne puisse répliquer, je laisse tomber à terre l'anneau et pars en courant. Je devrais compter le nombre de fois où je fuis la cité depuis mon arrivée. Ils me prennent tous pour une sorte de prophétesse doté d'un grand courage mais ce n'est pas le cas. Je ne suis rien, juste une jeune fille qui s'amuse avec le feu et prend des risques inconsidérés avec ma propre vie. Je suis totalement perdue et j'ai besoin de calme. Je me retrouve dans la clairière où je passais mon temps à m'entrainer en compagnie de Haldir, Aragorn et Boromir. Je n'arrive pas à croire qu'ils soient partis. Tiens, voici une de mes nombreuses erreurs : avoir laissé le sosie de Ned Stark partir en sachant qu'il allait mourir était une torture. J'en ai la nausée rien que d'y penser. C'est la raison principale pour laquelle j'ai voulu rester : je serais incapable de le laisser se sacrifier. Alors là encore, j'ai préféré fuir. Elle est belle la fille qui a le destin du monde des hommes entre ses mains. Ils sont foutus ! Des heures durant, je reste allongée face au ciel, incapable de prendre une décision.

« Le héros ne veut jamais croire qu'il en est, ça ne ferait pas une bonne histoire sinon. »

Henry Mills. Le p'tit malin.

J'ai toujours aimé les contes de fées, Once Upon a Time a toujours été l'une de mes séries préférées et s'il y a une chose que j'ai retenu de cette série, c'est bien son discours -un peu trop manichéen- sur les héros. Si un gamin de dix ans peut le faire, alors moi aussi ? Sauf que nous ne sommes pas dans une série, le danger est réel.

« J'étais certain de vous trouver ici. »

Je me redresse, surprise par la voix. En me retournant, je me retrouve face à Haldir.

« Que faites-vous là ? »

« Je viens voir comment vous allez, la Dame Galadriel m'a confié avoir eu une rude conversation avec vous. »

« Et alors ? En quoi cela vous regarde ? Vous ne m'aimez pas, je ne vois pas en quoi cela vous inquiète. »

« Dire que je ne vous aime pas est exagéré. »

Je me relève pour lui faire face, un grand sourire aux lèvres tandis que l'elfe évite soigneusement mon regard, gêné.

« J'en été sûre ! Je savais que vous finiriez par m'apprécier ! Tout le monde finit par m'aimer ! »

« La modestie est une notion qui vous est connue ? » Me demande hautainement Haldir alors que je suis de nouveau d'excellente humeur, sautillant partout telle une enfant.

« Pas aujourd'hui, après tout, je suis une porteuse d'anneau, une élue ! J'ai le droit de ne pas avoir de modestie. »

« Vous êtes désespérante. »

« Je sais ! Et si nous reprenions l'entrainement ? Histoire que je retrouve le courage d'affronter mon terrible destin. »

Nous arrêtons quelques heures plus tard, lorsque Galadriel arrive dans la clairière.

« Ne vous arrêtez pas pour moi. »

« Pardonnez-moi Madame, j'aurais dû la ramener vers vous. Je me suis laissé convaincre… »

« Je vois que cette jeune femme est capable d'arriver à bout du plus froid des hommes, c'est une bonne chose. »

« Veuillez m'excuser pour ma réaction excessive… » Je dis en baissant la tête.

La dame de Lórien s'approche de moi et pose une main sous mon menton avec douceur, me faisant relever le visage vers elle :

« Votre réaction est normale, vous n'êtes qu'une jeune femme après tout, vous avez le droit de craquer. »

« J'ai fait mon choix en partant de Fondcombe… Je compte bien respecter mon engagement. »

« Je suis ravie de l'entendre. Douter est normal vous savez, mais vous avez le courage et la force nécessaire pour avancer Eleanor… Et si vous êtes prête, je vous donne ceci. »

Je prends l'écrin qu'elle me tend et l'ouvre. Hésitante, je tends la main vers l'anneau et le prends. Je l'observe quelques secondes : il semble si banal. Je finis par l'enfiler, après tout, peut-être qu'elle s'est trompée.

Quelques jours plus tard, de l'animation secoue la cité de Caras Galadhon. En sortant de mes appartements, je suis immédiatement conviée dans la salle du trône par une elfe. En entrant, je me retrouve face aux seigneurs de la Lorien mais également Elrond et surtout…

« Gandalf ! » Je crie en me précipitant vers le magicien.

L'homme rit en me prenant dans ses bras.

« Moi aussi je suis heureux de vous revoir Eleanor ! »

« Combien de temps restez-vous ? »

« Gandalf doit rejoindre la forêt de Fangorn d'ici trois jours. » M'indique Elrond.

« Quelle merveilleuse nouvelle ! J'adore votre nouvelle tenue… Bien qu'elle fasse un peu mal aux yeux. Et votre brushing… Incroyable ! »

« Je vois que cette jeune femme n'a pas changé. » Constate Gandalf en rigolant face aux trois seigneurs.

Galadriel me lance un sourire rassurant tandis que Elrond et Celeborn sont beaucoup moins enthousiastes.

« Ouais, j'ai totalement retourné sans-dessus-dessous la Lothlorien ! Et je compte bien faire pareil avec le reste de la Terre du Milieu ! »

« Oh oui Eleanor, je n'en doute pas un instant. »

Quelques heures plus tard, je fais mes au revoir au magicien, l'humeur bien plus légère. Après avoir passé le reste de la journée dans la bibliothèque de Galadriel, le nez dans d'anciens manuscrits, je trouve enfin les mots que je cherchais :

« Grâce à l'ange elle viendra, l'élue au cheveux argentés viendra d'un autre monde pour nous guider. Le salut de l'humanité elle sera et l'âge d'or elle ramènera. Gardienne de la mémoire elle est, de sa fureur naîtra la paix et le renouveau. »

Pas de pression surtout.

« Vous voici prête à quitter cette cité. D'ici peu votre rôle dans cette guerre se révèlera à vous. Avez-vous une dernière requête à nous soumettre ? » Me demande Galadriel avec bienveillance.

« En effet. Je sais que c'est beaucoup vous demander… Mais le monde a besoin de vous une dernière fois vos seigneuries. »

Je suis seule dans la salle du trône, Galadriel et Elrond face à moi, ce qui est assez impressionnant il faut bien le reconnaitre.

« Demandez mon enfant, n'ayez aucune crainte. »

« Le Rohan va être attaqué sous peu. Le roi Théoden fait face seul, le Gondor et tous les autres royaumes les ont abandonné. Il a besoin d'aide, une aide que vous pouvez lui fournir. »

« Vous nous demandez d'envoyer nos armées aider les hommes ? » Demande Elrond scandalisé.

« Oui. » Je réponds simplement en haussant les épaules.

« Et pourquoi ferions-nous une chose pareille ? »

« Pour leur venir en aide ? » Je lui réponds d'un air agressif.

« N'employez-pas ce ton avec moi jeune femme ! Vous n'avez aucun ordre à me donner. »

« Pourquoi refuser de donner cette aide ? Vous voulez vous terrer dans votre cité en espérant que les choses se passent bien pour vous ? Nous savons tous que si Sauron gagne, aucun d'entre nous survivront, qu'avez-vous à perdre ? »

« Nous nous sommes battus aux côtés des hommes jadis. C'est sur ce même champ de bataille que la race des hommes a failli. » Dit Elrond d'un air calme et hautain, ce qui a le don de m'énerver encore plus.

« La race des hommes a failli… La race des hommes a failli ? Vous êtes prêts à laisser des centaines de milliers d'hommes mourir à cause de l'erreur d'un seul homme ? Et il me semble que vous y étiez, pourquoi n'avez-vous rien fait, vous ? Isildur avait l'anneau en main dans la montagne du destin, avec vous et pourtant, vous n'avez rien fait. Et vous seriez prêts à tous les abandonner ? Vous n'êtes qu'un lâche Elrond ! » Je crache, exaspérée.

« Comment osez-vous… »

« Comme j'ose quoi ? Vous dire la vérité ? Visiblement tout le monde a trop peur de vous pour vous le dire, alors moi je le fais. Battez-vous une dernière fois. Voulez-vous qu'on se rappelle de vous comme de l'homme qui s'est caché ou comme celui qui est resté fidèle au royaume des vivants jusqu'au bout ? »

Le seigneur elfe reste abasourdi, incapable de répondre. C'est au tour de Galadriel d'intervenir :

« Le pouvoir de l'ennemi grandit. Sauron n'hésitera pas à utiliser son pantin Saruman pour détruire le peuple du Rohan. L'œil de Sauron est désormais tourné vers le Gondor, le dernier des royaumes libres. Il sent que l'anneau est proche, le courage du porteur de l'anneau s'affaibli. En son cœur, Frodo commence à entrevoir que la quête lui coutera la vie. Vous le savez, vous l'avez vu, c'est le risque que nous avons tous pris. L'anneau a rejoint le royaume des hommes, hommes si aisément corruptibles. Le jeune capitaine du Gondor n'a qu'à tendre la main, prendre l'anneau pour lui-même et le monde s'effondrera… L'anneau est près… Si près d'atteindre son but… Le temps des elfes est terminé, allons-nous laisser la Terre du Milieu seule face à son destin ? Allons-nous les laisser faire face seuls ? »

« Très bien. Nos troupes se mettront en marche demain. Mais rappelez-vous de ce jour Mademoiselle, rappelez-vous que c'est vous qui nous avez amené à faire ce choix. Rappelez-vous-en lorsque vous verrez les corps s'entasser à vos pieds. »

« Vous pensez que j'ignore ce qu'il va se passer ? Bien sûr, pour vous je ne suis qu'une petite fille. Mais en attendant, la petite fille que je suis n'a pas peur de se lancer dans la guerre, même en sachant qu'elle pourrait y laisser la vie. »

Un long silence retentit. Finalement, Elrond se détend, et lance avec ce qui ressemble avec un sourire :

« Vous êtes une personne surprenante Mademoiselle. Gardez toujours cette force de caractère et votre détermination, vous arriverez peut-être à faire changer les choses finalement. »

« Dites-moi… Est-ce que c'est… Un compliment ? »

Le seigneur Elrond secoue la tête et nous salue avant de quitter la pièce pour parler à Glorfindel.

« Je suis fière de vous mon enfant. Allez vous préparer, vous avez une longue route devant vous. »

Je rentre dans mes appartements et me prépare un bain, c'est surement le dernier auquel j'aurai le droit avant bien longtemps. Je profite de l'eau chaude et des effluves florales qui m'entourent. En arrivant en Lothlorien, j'ai utilisé les derniers pourcents de batteries qu'il restait à mon téléphone pour montrer différentes tenues aux elfes. Elles me les ont toutes fabriqué : quatre tenues. Quatre tenues ressemblant traits pour traits à celles de Daenerys Targaryen. Je n'ai jamais vraiment aimé le personnage, mais ses tenues… J'ai toujours rêvé de porter la longue robe blanche de la saison 5, j'en ai une seconde de couleur noire, celle qu'elle portait dans le final de la saison 6 -meilleur épisode de la série. Et comme il me faut des tenues confortables pour me battre, j'en ai demandé deux autres. La première est directement tirée du premier épisode de la saison 7, j'ai une tunique noire fluide, accompagné d'un manteau souple avec une cape m'arrivant au genou accompagné d'un pantalon noir, le tout de cuir. Enfin, ma dernière tenue, celle que je vais porter ces prochains jours est tiré de la saison 3, il s'agit de sa tunique bleue surmontée d'une cape de la même couleur, j'ai cependant demandé un changement : une capuche. Là encore, je porte un pantalon fluide auquel je peux accrocher une ceinture et mes armes. Les elfes m'ont également préparé une nouvelle paire de bottes en cuir. Une fois préparée, je tresse mes mèches de devant tels que les elfes m'ont appris à le faire, j'espère que cela tiendra bien. Il est temps pour moi de quitter ce havre de paix pour l'enfer de la guerre.