Le lendemain - 18h58
Un grognement se fait entendre, suivi d'un profond soupir, avant qu'une voix ne résonne enfin dans le smartphone de la mécanicienne.
« Tu sais El, quand je t'ai dit que tu pourrais m'appeler si tu t'ennuyais de moi, j'espérais que tu le fasses à des heures décentes, » râle Emma à l'autre bout du fil.
« Mais il est à peine minuit chez toi, voyons !
-Ça n'est pas une heure décente pour appeler quelqu'un quand même, » proteste la tatoueuse. « En plus il est trois heures du matin, pas minuit.
-Mais on n'a pas seulement cinq heures de décalage ?
-Non, huit heures. On a sept heures de décalage uniquement lors des changements d'heure, huit heures le reste du temps, » grogne la blonde alors que ses pas résonnent dans son appartement temporaire. « Mais maintenant que je suis debout, j'espère que t'as une bonne raison…
-Uniquement lors des changements d'heures ? Mais c'est complètement con…
-Elsa, qu'est-ce qu'il se passe au juste ? » grince sa meilleure amie.
« Ouais euhm… Je me demandais si t'écoutes souvent tes messages vocaux, toi, » hésite la mécanicienne d'une voix plus mielleuse qu'elle ne l'aurait souhaité.
« Sérieusement ? Tu m'appelles à trois heures du mat' pour savoir si j'écoute mes messages vocaux ?! » ironise la tatoueuse, agacée.
« Apparemment ouais, » bredouille son amie. « Mais en fait je me demandais surtout si t'as écouté tes messages vocaux dans les… disons… deux ou trois dernières semaines.
-T'es aussi subtile qu'un éléphant dans une verrerie, » se moque Emma. « C'est quoi le problème avec mes messages vocaux ?
-Rien, rien du tout, » ment Elsa. « Je me demandais juste si t'étais à jour dans ta messagerie vocale parce que des fois on oublie d'écouter nos messages et…
-Tu m'as envoyé un truc embarrassant ? » ricane la blonde. « Tu viens de réaliser que tu m'as peut-être envoyé un truc embarrassant quand t'étais ivre et tu espères que je ne l'ai jamais écouté ?
-Euh…. ouais, » affirme la jeune femme aux cheveux argent. « Ouais. C'est carrément ça en fait. Enfin, plus ou moins.
-Et ça ne pouvait pas attendre demain à une heure normale pour me poser la question ? » soupire sa meilleure amie.
« Emma, c'est vraiment hyper embarrassant je pense et, en fait, j'espère plutôt que c'est toi qui l'as reçu parce que sinon…
-Je n'ai rien reçu de ta part, » la coupe la tatoueuse, impatiente de retourner se coucher. « Je te dirais même que je ne reçois plus vraiment de messages vocaux, même de mes clients. Les gens préfèrent mille fois les courriels de nos jours.
-T'es… absolument certaine que t'as pas reçu de message vocal plus personnel, dans les dernières semaines ? Absolument certaine ? Sûre de sûre ?
-Elsa, je viens de t'assurer que non, » s'agace Emma. « Je peux retourner dormir, maintenant ? Pendant que tu te demandes si tu n'as pas laissé un message vocal complètement fucké à un de tes collègues.
-Ou à mon patron, » suggère la mécanicienne, souhaitant poursuivre le mensonge.
« Ou à ton patron, » pouffe la blonde. « En tout cas, je t'assure que je n'ai rien de compromettant te concernant. Mais maintenant, j'aimerais bien pouvoir finir ma nuit, si ça ne te dérange pas.
-Je te laisse aller dormir, belle au bois dormant, » ricane Elsa, se demandant pourquoi sa meilleure amie n'a visiblement jamais reçu le message de Regina. « Mais tant que j'y pense, ça va toi ? Comment tu te sens ?
-Fatiguée, pressée de retrouver mon lit, » tranche Emma, quelque peu énervée. « Si tu veux faire du small talk, appelle-moi demain Elsa. Sérieusement. Parce que je suis épuisée et que j'ai besoin de forces pour la convention.
-Ok looser, » soupire la mécanicienne, songeant à une autre tactique pour la faire parler au sujet de la portoricaine. « On s'appelle demain, alors.
-Je te manque vraiment autant ? » se moque la blonde.
« Nan, j'ai juste peur que tu t'ennuies de moi, » ment son amie. « Alors je t'évite le moment embarrassant de devoir faire le premier pas et me dire que t'es incapable de passer 48h sans me parler.
-Bonne soirée El', » pouffe Emma à l'autre bout avant de raccrocher, aussi agacée qu'amusée par les travers de sa meilleure amie.
Reposant le smartphone sur sa table de cuisine, Elsa croise ses bras sur sa poitrine en soupirant.
« Elle n'a donc pas reçu ton fameux message vocal, » lance-t-elle à Regina d'un air las.
« C'est ce que j'ai cru comprendre, » acquiesce la brune, mal à l'aise.
« Et c'est la dernière fois que je fais un truc comme ça pour toi, » affirme la mécanicienne d'un ton de défi. « J'ai déjà manqué à ma propre parole et je ne compte pas le refaire.
-Merci d'avoir essayé quand même, » admet la journaliste, heureuse d'avoir un peu d'espoir concernant la tatoueuse.
« Pas de quoi, » rétorque Elsa en haussant les épaules.
« Pourquoi… tu l'appelles looser ? » demande alors la brunette, curieuse.
« Parce qu'au lycée, beaucoup de monde l'appelaient comme ça, » explique la blondinette. « Disons que c'est devenu un genre de blague entre nous. Une réappropriation d'une insulte pour la rendre moins importante.
-Emma se faisait intimider au lycée ? » s'enquit Regina, peu sûre de comprendre comment une personne aussi confiante puisse craindre ses camarades de classe.
« Au lycée, Emma passait presque toutes ses pauses à lire des bouquins, assise dans les couloirs, en attendant le prochain cours. Le reste du temps, elle allait dans la salle de musique pour écouter les autres jouer ou pour dessiner.
-C'est plus une attitude de nerd que de looser, il me semble, » suggère la journaliste.
« C'était au début des années 2000, » pouffe la mécanicienne. « À cette époque, dans un lycée public, nerd et looser étaient des synonymes très proches, au cas où tu l'aies oublié.
-Je n'ai pas eu la chance de connaître la jungle des lycées publics, à l'époque, » sourit la brune, quelque peu embarrassée. « Et quand je suis sortie de ma communauté… Disons que j'avais d'autres préoccupations.
-Comme t'occuper d'un enfant.
-Entre autre, oui, » admet Regina. « Mais j'ignorais qu'Emma était le genre de personne à se laisser intimider par les autres.
-Ce n'était pas vraiment le cas, » rectifie la blonde. « Disons que les autres la considéraient comme une looser, mais elle s'en foutait pas mal. Et à vrai dire, c'est plutôt elle qui me sauvait la mise que le contraire.
-Même si tu n'étais pas une looser comme Emma ?
-J'étais le genre de gamine qui adorait passer du temps avec des personnes peu fréquentables ou ceux qui considéraient le lycée comme leur petit royaume. Mais j'avais beaucoup de violence en moi et, plus souvent que je ne l'aurais voulu, ça tournait assez mal pour moi.
-Donc Emma volait à ton secours pour te sortir des situations délicates ? » comprend Regina, heureuse d'en apprendre un peu plus sur la relation qu'entretient la tatoueuse avec sa meilleure amie.
« Emma essayait de me sortir de mes problèmes, » admet la mécanicienne. « Elle avait suffisamment d'assurance pour défier ceux qui me voulaient du mal. Mais ça ne lui a pas empêché de se prendre quelques coups aussi, comme tu t'en doutes.
-Bien qu'elle déteste la violence.
-Ce n'est pas parce que tu n'aimes pas la violence que les autres respectent cette opinion, » ricane Elsa. « Emma a beau dire, elle aussi a eu pas mal de problèmes avec les personnes populaires de notre lycée. Une fois, elle a même osé défier l'une des pires pestes de notre école devant… à peu près tous les autres élèves.
-Ça lui ressemble pas mal, quand on y pense, » remarque la journaliste.
« Ouais sauf que contre toute attente, ladite peste a trouvé ça incroyablement cool et a passé le reste de l'année à lui courir après. S'en sont suivi les six pires années de mon existence, pour être honnête.
-Que s'est-il passé ?
-Ça, c'est le chapitre Lilith Page dans la vie d'Emma Swan, » tranche Elsa d'une voix plus froide. « Et je n'ai pas envie d'en parler ce soir, ni aucun autre soir. Si cette imbécile d'Emma daigne un jour te pardonner, tu lui poseras la question toi-même.
-C'est cette fameuse ex que tu as aidée à regagner le coeur d'Emma, avant qu'elle ne le lui brise ? » résume la brunette.
« Pas ce soir, ni aucun autre soir, » répète la mécanicienne, quelque peu agacée à ce souvenir. « Pour l'heure, tu devrais plutôt essayer de trouver un billet d'avion pour Londres en express.
-On n'est pas dans un film, Elsa, » pouffe Regina. « Je ne peux pas aller voir mon patron et lui dire que je pars en express pour rejoindre quelqu'un à l'autre bout du monde.
-Tu pourrais, » suggère la blonde en haussant les épaules. « Ça serait extrêmement romantique et je suis sûre qu'Emma adorerait ça.
-T'en parleras à mon patron qui ne m'a pas donné de vacances depuis près d'un an, » ironise la brunette, ne souhaitant pas admettre qu'elle a déjà envisagé cette possibilité. De son côté, Elsa acquiesce d'un air pensif, se demandant si sa meilleure amie lui a dit la vérité quant au message vocal qu'elle n'a, apparemment, jamais reçu.
Six jours plus tard, 19h22 - Londres
Emma regarde un instant autour d'elle, appréciant l'acoustique parfaite de ce lieu si légendaire de la capitale britannique. Depuis plus d'un siècle, cette salle de spectacle mythique accueille d'ailleurs des compositeurs, interprètes et artistes du monde entier. Au plafond, d'élégantes structures circulaires donnent à l'endroit des airs célestes, tandis qu'au milieu du public, l'orchestre leur propose un morceau des plus envoutants. Si la tatoueuse n'a jamais été une grande adepte de musique, elle a été initiée, malgré elle, par Ingrid. Lorsqu'elle était à sa charge, la quadragénaire lui faisait effectivement écouter de la musique classique sans arrêt, vantant la magie de telles symphonies, à des lieues de la cacophonie, selon-elle, des titres modernes. Néanmoins, l'amour d'Emma pour les arts lui a permis de ne pas simplement s'en tenir aux compositeurs que sa mère adoptive chérissait. Avec le temps, la jeune femme s'est également intéressée à la musique reliée au cinéma, et aux plus belles pièces du 7ème art, vous transportant instantanément dans l'univers exceptionnel de leurs œuvres. C'est la raison pour laquelle elle a immédiatement pris des billets pour le Royal Albert Hall, lorsqu'une de ses collègues de la convention lui a indiqué qu'un grand artiste japonais donnait un concert de ses meilleures pièces. D'ailleurs, la pianiste soliste qui s'échine depuis quelques secondes sur son clavier, les yeux fermés, ramène instantanément la tatoueuse vers un long-métrage d'animation qu'elle a regardé de nombreuses fois. Ses personnages hauts en couleurs, son histoire tant fantaisiste que romantique, ne manque jamais de la transporter. Autant, justement que la maxime du film, que l'un des protagonistes ne cesse de répéter. « Un coeur changeant est la seule pérennité ici bas. » Cette phrase n'a désormais que plus de sens pour la jeune femme, tandis que son esprit revient désespérément à une certaine journaliste à laquelle elle ne cesse de penser.
Mais soudain, le sol se met à vibrer sous les pieds de la jeune femme, tandis qu'un long frisson parcourt son échine. Avant qu'elle ne réagisse, une première déflagration remue la salle, interrompant la musique et provoquant des cris terrifiés parmi la foule. Bientôt, de nouvelles déflagrations retentissent, faisant de nouveau vibrer le sol et le plafond, dans un vacarme presque apocalyptique. L'estrade à sa droite commence à s'effondrer, alors qu'elle essaie tant bien que mal de se concentrer pour trouver une échappatoire. Mais dans le bruit assourdissant des hurlements et des explosions, elle ne remarque pas que son voisin de gauche la bouscule violemment pour sortir en toute hâte, ne se souciant pas du fait que la jeune femme s'écroule malgré elle, tête la première, sur le sol bétonné. Les dernières images que perçoit Emma avant de perdre connaissance sont des flammes, des visages terrifiés, et une épaisse fumée qui s'élève dans la salle où, autrefois, les structures vous promettaient un moment presque céleste. Lorsqu'elle ferme les yeux, deux nouvelles explosions retentissent dans le bâtiment mythique, comme pour signaler que le spectacle, à l'instar de sa paisible atmosphère, sont terminées…
17h23 - Vancouver
Portant l'appareil à son oreille, Regina soupire en entendant les premières tonalités, se demandant si elle prend une bonne décision. Depuis le départ d'Emma pour Londres, elle et Elsa ont passé quelques moments ensemble, apprenant à se connaître et, surtout, à s'apprivoiser. Si la journaliste espère effectivement un avenir avec la tatoueuse, elle a notamment compris qu'il lui faudrait avant tout gagner le coeur de sa meilleure amie. Justement, Elsa lui a envoyé un message quelques heures auparavant, lui expliquant qu'elle devait absolument lui parler. Mais la brunette ayant passé l'après-midi en réunion avec Gold et ses collaborateurs, elle n'a pas eu le temps de consulter son téléphone avant la fin de sa journée de travail. Néanmoins, elle a le coeur battant depuis qu'elle a vu le message de la mécanicienne et a le sentiment que quelque chose ne fonctionne pas. Il serait étrange que la blondinette ne souhaite lui parler pour lui annoncer une bonne nouvelle. Peut-être va-t-elle lui expliquer qu'elle a eu une meilleure conversation avec Emma et que la tatoueuse s'est désintéressée de Regina. Peut-être qu'elle a, en fait, vraiment reçu son message vocal mais préfère l'ignorer, comme le pense la journaliste. Peut-être encore n'a-t-elle plus d'intérêt pour elle parce qu'elle fréquente une de ses clientes ou tout simplement une jeune femme épatante qu'elle a rencontré dans les derniers jours…
« Allo ?! Regina ?! » éructe une Elsa essoufflée à l'autre bout.
« Salut, Elsa, » bredouille la journaliste. « Tu voulais me parler ?
-Ouais, j'espérais que tu m'appelles plus tôt en fait, parce que j'ai vraiment plus beaucoup de temps.
-J'étais en réunion désolée mais euhm… est-ce que tout va bien ?
-Je voulais juste te dire que j'embarque dans cinq minutes pour Londres là, je devrais arriver là-bas d'ici demain matin, j'imagine, » siffle la mécanicienne d'une voix rauque.
« Pour… Londres ? Mais… pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
-T'as pas vu les nouvelles ? » demande Elsa, dont la voix n'est pas aussi nonchalante ou confiante qu'à l'ordinaire.
« J'étais en réunion toute l'après-midi, » admet la brunette. « Mais… pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? » demande-t-elle, soudain inquiète.
« Euhm… » hésite la blonde, apparemment aussi embarrassée qu'angoissée. « Il y a eu une explosion au Royal Albert Hall. Enfin, plusieurs explosions. C'est une salle de concert.
-Oh… est-ce que…
-Écoutes, j'en sais rien pour le moment, » tranche Elsa, à court de souffle. « L'ambassade m'a appelée en début d'après-midi. Apparemment, Emma était là quand c'est arrivé mais ils n'ont pas beaucoup d'infos. Ils m'ont simplement dit qu'elle est à l'hôpital. Écoute… Je voulais juste te prévenir parce que… je ne sais pas trop ce qui va se passer...
-Elsa…
-Apparemment, la majeure partie du public est… enfin… ils dénombrent presque 4000 morts…
-Mais si… elle est à l'hôpital… » suggère une Regina qui a l'impression que ses pieds ne touchent plus le sol. Depuis quelques secondes, elle a arrêté de marcher dans la rue glaciale de Vancouver, retenant presque son souffle pour être sûre de ne pas rater une seule des paroles de la mécanicienne.
« Je t'appellerai, ok ? » promet cette dernière, dont la voix se brise sur la dernière syllabe. « Quand je l'aurais vue, je t'appellerai.
-Je vais garder mon téléphone près de moi, » assure la journaliste, sentant de petites larmes brûlantes filer le long de ses joues. « Mais je suis sûre que…
-Elle n'a pas le droit de me faire ça, » la coupe alors Elsa, d'un ton que Regina reconnait immédiatement. « Sinon c'est vraiment la pire des loosers. »
À ces mots, elle raccroche sans attendre, tandis que plusieurs tonalités résonnent dans l'appareil de la journaliste. Encore sous le choc, elle glisse simplement son smartphone dans son sac, incapable d'assimiler correctement la nouvelle. Comme Elsa, elle a déjà souffert de perdre l'être qui lui était le plus cher dans ce monde. Elle ne peut donc que compatir avec la mécanicienne, bien qu'elles soient particulièrement différentes. Mais quand Henry est décédé, Regina n'a heureusement pas eu le temps de s'inquiéter pour lui puisqu'elle était inconsciente, se battant pour sa vie dans un lit d'hôpital, Cora surveillant désespérément ses signes vitaux. Cette fois, la brunette ne sait pas si elle sera en mesure de supporter ce qui l'attend. Elle préfère d'ailleurs ne pas imaginer où se trouve la tatoueuse en ce moment, ni quelles sont ses chances de survie. Aussi, elle décide de ne surtout pas consulter les actualités sur son smartphone, sachant d'office que s'informer sur l'évènement de Londres lui fera perdre pied rapidement.
Lorsqu'elle pousse la porte de son appartement, ne sachant toujours pas réellement comment elle a pu se rendre jusqu'à chez elle, Regina jette négligemment son sac et sa veste sur le sol de l'entrée, retirant ses chaussures en un geste aussi mécanique qu'inconscient. Elle s'assoit sur son divan désespérément vide, toujours incapable de réaliser correctement ce qui est en train de se passer. Fermant les yeux pour essayer de se convaincre qu'elle n'arrangera rien en s'abattant sur son sort, elle se maudit d'avoir jeté toutes ses bouteilles d'alcool, deux semaines auparavant. Ce soir, plus que jamais, elle espérerait pouvoir se noyer dans un délire alcoolisé, n'ayant plus assez de capacités motrices pour songer à la situation actuelle. Mais alors qu'elle se persuade qu'il lui faut, malgré tout, garder le cap, elle se demande si, pour une fois, la tatoueuse ne pourrait pas être celle qui est aidée par ceux qu'elle seule est capable de voir...
