- STAY -

Round and around and around and around we go

Chapitre 8

Edward

Appuyé contre le mur du bar, je tente de calmer la colère qui veut enflammer mon corps chaque fois que je pense aux marques sur la peau de Bella. A la fin de ma troisième cigarette en un quart d'heure, je vois ses jambes fines apparaitre en haut de l'escalier menant à son appartement.

Nous avons fait l'amour deux fois ce soir, et, même avec ça, je n'ai rien vu : Dans la cuisine, la première fois, je n'ai même pas prit le temps de la déshabiller… la deuxième fois, le noir complet de sa chambre m'a empêché de voir quoi que ce soit. Ca m'énerve et me bouffe, mon cerveau fulmine, ma conscience me renvoi en boucle le comportement de Bella, au bar, le Week-end même. Ses gestes, ses regards… tout à l'air de prendre un sens différent.

Je ne comprends pas comment ça s'est passé, ni pourquoi, mais je ne peux pas rester calme. Je n'y arrive pas.

Mes dents se serrent quand elle arrive à la dernière marche de l'escalier mais je ne bouge pas, prit dans les rouages de mes pensées trop sombres. Ses pieds nus semblent la faire douter du bien fondé de marcher à même le goudron par terre. Ses cheveux ondulent de manière impressionnante et le mini short qu'elle porte, laissant entrevoir la peau laiteuse de ses cuisses, me trouble et m'apaise un peu. Silencieux, nos yeux s'accrochent.

- J'ai cru que tu étais parti, murmure-t-elle doucement en tirant sur les manches du gros sweat dans lequel elle se noie.

- Je pense que je vais rentrer. Il faut que je dorme.

La déception la traverse légèrement alors que je me débarrasse de mon mégot. Je l'observe une seconde scruter la rue vide et silencieuse. J'n'ai aucune idée de l'heure qu'il est, mais le quartier est totalement endormi.

- On se voit demain ? demande-t-elle après une minute de silence entre nous.

L'incertitude flotte dans ses yeux. Je finis par m'approcher d'elle et glisser mes mains sous son sweat pour caresser doucement la peau chaude du bas de son dos. Elle frissonne sous mes doigts. Je prends un instant pour savourer son contacte et l'apaisement qui me gagne quand je la touche.

- Je serais au bar, répondis-je dans un léger sourire.

Elle fouille mon regard quelques secondes.

Je sais qu'elle voit que je suis toujours en colère. Je n'arrive pas à me détendre, et, même si elle m'a juré que c'est la première fois que Jacob à ce genre de geste vers elle, j'ai du mal à la croire. Que ça soit la première ou la dixième fois qu'il est brusque avec elle, je ne comprends pas, et je ne peux surtout pas accepter ça.

Je sens son corps se figer un peu quand je me penche vers elle, savourant la sensation que son corps contre le mien provoque.

J'aime l'avoir contre moi, c'est indéniable.

Son souffle se coupe quand ma bouche effleure la sienne. Je la regarde fermer les yeux à mon contact, pour uniquement savourer mes lèvres contre les siennes. Mon cœur s'accélère tout seul. Je la trouve toujours d'autant plus belle dans ces moments où elle s'abandonne totalement à moi.

Quand je veux me reculer, ses mains atteignent ma nuque et elle se presse contre moi, embrassant ma bouche à son tour.

J'étouffe un soupire entre nos souffles qui se mêlent alors qu'elle m'embrasse lentement, se laissant aller à ses envies. Sa bouche est brulante et chaque seconde à son contact m'incendie le corps sans repos.

Finirai-je par moins la désirer, un jour ? J'en doute sincèrement.

Son baiser finit par se calmer, mais les tremblements de son corps redoublent quand elle s'éloigne un peu. J'ai de nouveau envie d'elle, comme si je n'avais jamais gouté à sa peau auparavant.

- A demain, chuchote-t-elle d'une voix faible avant de faire demi tour rapidement, me laissant haletant en bas des escaliers.

Je reste, immobile, à l'observer monter les marches et refermer la porte de son appartement derrière elle.

Quand la lumière de son salon qui brille par la fenêtre s'éteint, je me rends compte que je n'ai toujours pas bougé.

Je passe une main sur mon visage en soupirant.

Plus tard, dans mon lit, je peine à trouver le sommeil. Mes pensées tournent en boucle et me torturent bien plus qu'il ne faudrait. Il est déjà quatre heures du matin et, bien que la ville autour soit silencieuse, j'ai la sensation que le bruit chez moi est intenable.

Après une demi heure supplémentaire à me torturer, j'attrape une guitare et joue quelques accords. J'espère me détendre, si bien que, quand le soleil se lève, je torture toujours mes cordes à la recherche d'un apaisement quelconque.


Quinze jours sont passés depuis la révélation des marques sur Bella… mes nuits sont pourtant régulièrement comme celle que j'ai vécu cette nuit là : presque blanches et extrêmement longues.

Nous nous sommes vus -très- régulièrement et, hormis peu de fois, nous ne nous parlons presque pas. C'est surement mieux ainsi, puisque, de plus en plus, je n'ai pas envie de la laisser une fois que le sommeil nous gagne.

Plusieurs fois, elle s'est endormie contre moi, son corps brulant perturbant le calme de ma chambre.

Autant de fois, elle s'est éveillée en sursaut, avant de dire qu'elle devait rentrer.

A chaque fois je la regarde se rhabiller en silence, se pencher sur moi pour m'embrasser doucement et disparaitre par la porte de ma chambre pour regagner son appartement.

Je ne lui propose plus de rester; elle refuse à chaque fois.

Cette relation est étrange mais, quelque part, je crois qu'elle a finit par trouver un équilibre entre ses envies et sa relation avec Jacob qu'elle veut conserver.

Pour ma part, et même si sa seule présence embrouille de plus en plus chacun de mes sens, je crois que je me suis fait à l'idée qu'elle ne sera jamais mienne… j'aime ce qu'on vit aujourd'hui, et, je crois qu'elle à raison sur le fait que nous ne pourrons jamais être amis.

- Edward ?

La voix de ma sœur me réveille quelques -trop petites- heures plus tard, si bien que j'ai du mal à quitter le sommeil.

- Tu dors encore ? s'étonne Alice en avançant vers le canapé où je suis encore affalé.

- Hum… j'ai joué jusqu'à tard.

Je la vois sourire avant de poser son sac et sa petite veste à mes pieds. Courbaturé par mes vingt kilomètres d'hier soir, je m'étire lentement.

- J'te fais un café ?

- Un litre ne serait pas de refus.

Je l'entends rire légèrement alors que je me passe les mains sur le visage pour tenter de me réveiller un peu plus. Ma sœur parle déjà, debout dans la cuisine en changeant la dosette de café moulue dans la machine, mais je ne l'écoute qu'à moitié. Mon cerveau à apparemment du mal à penser à quoi que ce soit.

- Il est quelle heure ? demandé-je après une minute à l'entendre parler toute seule.

- 9 heures.

Je me lève du canapé un peu maladroitement pour la rejoindre et m'affale sur un chaise du bar.

- T'as une sale tête, commente-t-elle en me dévisageant.

- Merci Alice.

Son sourire angélique me réponds avant qu'elle ne me tende une tasse pleine de café.

- Tu vas en avoir besoin.

J'en bois rapidement une gorgée. Le liquide chaud inonde ma bouche et mon palais, me faisant le plus grand bien.

Paradis.

- Pourquoi vais-je en avoir besoin ? Demandé-je après quelques secondes à l'observer boire son café.

- On va a Southend on sea aujourd'hui.

Merde.

- Ne me dis pas que tu as oublié Edward ! Ca fait des semaines qu'on à programmé ça !

Sa voix par dans les aigus, ce qui, la connaissant, n'est vraiment pas bon signe.

- Excuses moi j'ai... promis, j'ai pas oublié, ça m'est juste sortit de la tête.

- Oui et bien, avale ton café et fonce prendre une douche ! On part dans une demie heure.

Je bois mon café lentement, tentant de sortir mon cerveau du brouillard dans lequel il se trouve.

- Allez vas à ta douche ! ordonne ma sœur en m'enlevant ma tasse alors que je l'ai à peine terminée.

- Alice !

- Ne fait pas l'enfant, j'aimerais y être avant septembre.

Je lève les yeux au ciel devant sa bêtise et décide qu'il est temps de me secouer.

- Essaie de te dépêcher, me sermonne-t-elle alors que je range ma guitare qui traine encore sur le canapé.

- Alice...

- Bella va arriver d'une minute à l'autre et je veux vraiment qu'on ne parte pas tard.

Sa phrase me fige au milieu de mon salon.

- Bella ? répété-je tentant d'ignorer ce que mon corps ressent.

- J'suis passée la voir avant de venir ici, c'est marrant d'ailleurs elle avait elle aussi une sale tête.

Je me sens pâlir mais ignore son regard sur moi avant d'attraper mon sweat sur le canapé, l'air de rien.

- Enfin bref, elle vient avec nous, reprend-t-elle en rangeant ma vaisselle propre. Sommes-nous chez moi ? Ou chez elle ?

- A Southend ? demandé-je pour être sûr d'avoir tout compris.

- Oui à Southend, tu veux qu'on aille où ?

- Oh je…

- Ne réponds même pas, me coupe-t-elle en se pinçant l'arrête du nez. Va à ta douche Edward.

Je ne peux même pas prétendre vouloir retenir mon sourire, puisqu'il mange déjà mon visage.


Quand je sors de ma salle de bain et regagne la pièce de vie, Bella est déjà assise sur les chaises de ma cuisine. Malgré les cernes mauves sous ses yeux, elle à l'air d'aller bien. Tous les autres sont arrivés aussi… à croire qu'ils ont tous élus ma grange comme point de rendez-vous.

- Ah bah enfin ! s'exclame Rosalie en relevant les yeux de sa tasse de café fumante pour me voir arriver.

- Faites comme chez vous ! ironisé-je en traversant le salon pour les rejoindre.

- Oh arrête Edward, ton café est le meilleur de la ville !

- Mais bien sûr ! Sers en moi un que je garde les yeux ouverts.

- Bonjour à toi aussi, s'amuse Bella en me jetant un coup d'œil quand je les rejoins.

- Edward n'est pas du matin, se moque Jasper, le nez dans sa tasse.

Je lève les yeux au ciel en adressant un sourire à Bella qui me dévisage. Un doux sourire étire ses lèvres roses lentement. Ses yeux sont profonds, clairs, incroyables. Comment fait-elle pour que le monde autour de nous disparaisse en une seconde ?

- T'as mis du gel ? demande Emmett en me scrutant attentivement.

Je me réfugie dans la tasse de café qu'Alice vient de me mettre entre les mains.

- Et alors ?

Bordel, un peu plus et je vais piquer un phare.

- Emmett… soupire Rosalie, fatiguée de l'attitude de mon meilleur ami.

Il doit avoir 10 ans, et non 32.

- Il a mis du gel, répète Emmett avec des grands yeux, comme si c'était l'évènement de l'année.

- J'avais des épis, mentis-je bêtement.

- On pourra aller à l'aquarium ? nous coupe Alice, le nez sur son téléphone.

Bien qu'elle en l'est pas fait exprès, elle vient de me sauver d'une conversation vraiment gênante. Je m'installe sur le tabouret libre à coté de Bella qui me lance un petit sourire alors que les autres soupires aux dires d'Alice.

- Oh bébé on l'a déjà fait dix fois, gémit Jasper.

- Moi je ne le connais pas, intervient Bella dans un sourire qui envoie ma sœur au paradis.

- Ok, va pour l'aquarium. Mais je veux le fishchips du port, ordonne Emmett qui a déjà oublié mes cheveux.

- Celui dans la cabane bleu ? Ou celui de l'angle ?

- Celui de l'angle est trop gras Rose, se plaint Alice.

- Va pour celui de la cabane bleu, faudrait qu'on appelle pour commander.

- On le fera arrivé sur place, approuve Jasper.

Leurs échanges font sourire Bella qui, après quelques minutes à les écouter m'adresse un regard à se faire dresser les poils de mes bras.

- Vous y allez souvent non ?

- Tous les ans depuis qu'on est gamins, lui appris-je dans un sourire.

- Je comprends mieux, s'amuse-t-elle en secouant la tête.

- C'est très… paisible là bas. On aime y passer du temps. Puis c'est pas loin de Londres et vraiment dépaysant donc…

- Sympa le gel, me coupe-t-elle à voix basse avant de se cacher dans sa tasse.

Sa remarque me fige. Les autres continuent de discuter, se moquant clairement de notre conversation. Mes yeux détaillent son profile alors qu'elle a du mal à ne pas sourire.

- C'est… je… J'en mets souvent, balayé-je avant de boire une gorgée de café.

Bordel, depuis quand suis-je comme un adolescent qui bégaye ?

Le sourire de Bella s'agrandit légèrement, puis ses yeux accrochent les miens. Plusieurs secondes, on se dévisage, oublieux du monde autour. Quel sorte d'effet a-t-elle sur moi ? Son sourire s'affaisse lentement, avant qu'elle ne fasse tomber son regard sur mes lèvres quelques -trop longues- secondes.

- Allez on y va ! s'écrit ma sœur, nous faisant sursauter d'un même ensemble.

La femme qui torture mes sens étouffe un rire en secouant la tête.

- Je manque vraiment de sommeil, grogne-t-elle en descendant de son tabouret, m'effleurant au passage.

Je serre les dents à son contact. Encore assis, son visage à hauteur du mien, j'ai qu'une seule envie qui résonne dans mon cerveau malmené : l'embrasser à en perdre le contrôle. Mon cœur s'accélère tout seul à cette pensée des plus tentantes… Mais ma famille à eu le bonne idée de vouloir passer absolument toute la journée avec moi -avec nous- ce qui réduit grandement nos chances de pouvoir nous retrouver seuls un moment.

Son regard brulant fouille le mien quelques secondes pendant que les autres s'agitent, enfilant leurs vestes et récupérant leurs affaires tout autour de nous. Amusée, elle acquiesce un léger sourire puis sa main effleure mon genoux, ma cuisse avant qu'elle ne s'éloigne lentement.

Je me tortille sur ma chaise avant de fermer les yeux deux secondes, tentant de penser à autre chose que tout ce que j'ai envie de lui faire.

Quand ma sœur, à la porte, me réprimande de ne toujours pas bouger, j'attrape ma veste et sors de la grange à mon tour.

La journée va être très, très longue.


Assis sur le sable en arc de cercle, on mange notre repas en argumentant sur les prochaines sorties que nous pourrions faire.

Bella à ma droite reste silencieuse, bien qu'elle ait le sourire. Elle à l'air bien… en paix. L'horizon à perte de vue, je ne me lasserai jamais du vent de l'océan fouettant ma peau. Malgré le soleil au dessus de nos têtes, l'air est frais. Une nouvelle fois, je vois Bella frissonner avant de soupirer. Trois fois que je lui demande si elle veut mon sweat et trois fois qu'elle s'obstine à refuser. Cette fois je ne lui demande pas et l'enlève. Je n'ai pas froid, c'est même tout le contraire. J'ai la sensation que plus je passe de temps avec elle, et plus mon corps se réchauffe.

Assise en tailleur, elle me regarde, un peu étonnée, lui tendre mon vêtement.

- Enfile le, tu m'empêches de réfléchir tellement tu claques des dents.

- Je ne...

- Je ne voudrais pas que tu attrapes une pneumonie juste parce qu'on t'a emmenée en bord de mer. Mets ce sweat Bella.

Je la vois rougir légèrement alors qu'elle attrape le vêtement puis l'enfile dans des gestes lents et calculés.

- Merci, murmure-t-elle en verrouillant son regard au mien.

- Je vais pouvoir manger sans avoir l'impression que tu vas te transformer en esquimaux, m'amusé-je.

Elle baisse les yeux sur sa barquette de frites en souriant même si la gêne réchauffe encore son visage.

- Et il te va mieux qu'à moi, de toute façon.

Nouveau rougissement.

Nouveau sourire.

J'étouffe le mien dans ma bière, reporte mon attention sur les vagues qui roulent doucement au loin. La mer est à marrée basse, ce qui laisse l'occasion d'avoir une plage énorme. Peu de personne s'y promène à cette heure-ci, et le silence est agréable malgré la ville plus haut qui fourmille.

- On va à l'aquarium après ? s'agite Alice quand on a à peine terminé nos plats.

- On va y aller oui Alice.

- T'es génial, s'extasie-t-elle en embrassant la joue de Jasper.

Je vois ce dernier sourire niaisement avant de rire légèrement.

- Ils sont dégoutant, murmure Bella à mon coté.

- Tu crois que Rosalie et Emmett ne le sont pas ? lui demandé-je en désignant ces derniers plus loin sur la plage, arpentant le sable pour revenir vers nous.

Main dans la main, ils se sourient le plus amoureusement du monde. J'ai envie de lever les yeux au ciel. Cette blonde d'un mètre soixante-dix mène ce monstre de muscle à la baguette autant qu'elle veut. Bella rit doucement en finissant sa bière puis s'étire.

- Je pense que je vais aller voir la température de l'eau.

- Oh, je ne ferai pas ça à ta place, m'amusé-je en la regardant se relever.

- Pourquoi ? demande-t-elle.

- Elle ne dépasse jamais les 15 degrés ici, se moque Jasper -que j'avais oublié face à l'intensité de la lumière dans les yeux de Bella face à moi.

- Ca ne me fait pas peur !

- Dit celle qui claquait des dents y'a 5 minutes...

Elle me lance un regard noir avant de tirer sur les manches de mon sweat trois fois trop grand pour elle. Est-ce normal de la trouver encore plus sexy avec mes affaires sur elle ?

- Heureusement un chevalier servant est venu à mon secours, lance-t-elle dans un sourire.

Je remonte mes jambes contre mon torse pour lutter contre l'envie de la toucher. Mes vêtements sur elle sont définitivement un peu trop perturbant à mon gout.

- Personne ne vient ? demande-t-elle.

D'un même ensemble, Alice, Jasper et moi secouons la tête.

- J'ai des amis géniaux, s'exclame Bella avant de faire demi tour dans un sourire.

Je ravale le mien en secouant la tête avant d'allumer une cigarette. Je ne serais jamais son ami. Jamais.

Tandis qu'elle s'éloigne, elle croise Rose et Emmett qui remontent vers nous. Ils échangent quelques mots avant de les voir se séparer. J'observe -dévore- Bella des yeux lorsqu'elle marche lentement pour atteindre l'eau. Elle finit par se déchausser, puis avancer lentement. Je la vois grimacer d'ici, ce qui me donne envie de rire.

- Edward ? s'écrit Jasper en claquant des doigts pour attirer mon attention.

Je finis par comprendre, aux regards que tous me lancent, que ça doit faire plusieurs fois qu'il réclame mon attention.

- On se disait que ça serait sympa d'aller à l'aquarium après.

- On l'a déjà dit dix fois, lui fis-je remarquer.

- C'est vrai, admet-il avant de sourire. Mais Alice veut y aller alors…

Je lève les yeux au ciel. Si Alice le veut…

Quand ils se mettent à débattre de la route qu'on va devoir emprunter pour rejoindre l'aquarium de l'autre coté de la baie, je me lève pour rejoindre Bella. J'ai de nouveau envie de voir cette étincelle dans ses yeux et, même si je suis ridicule et que j'en ai pleinement conscience, j'ai juste envie de l'avoir près de moi.

Le besoin de la toucher est trop fort et je ne peux que sourire quand j'arrive enfin à sa hauteur.

Les pieds dans l'eau, l'air fouettant son visage et faisant voler ses cheveux, elle me parait plus libre qu'elle ne l'a jamais été. Je glisse mes mains dans mes poches en restant à quelques pas d'elle, refusant de mettre mes pieds dans l'eau.

- Tu devrais essayer, s'amuse-t-elle en ne me lançant même pas un regard. Elle est bonne une fois qu'on s'habitue.

Comment sait-elle que c'est moi derrière elle ?

- C'est parce que tes pieds se sont congelés.

Elle éclate de rire en se tournant à moitié vers moi. Son rire provoque un sourire qui étire ma bouche sans que je le veuille, comme si je ne pouvais lutter contre.

Nos yeux s'accrochent. Elle à l'air… presque heureuse. Les doutes qu'elle porte sans cesse sur ses épaules semblent s'être apaisés un peu, ce midi.

Elle finit par se tourner complètement vers moi et remonter légèrement la plage pour être plus près. Pendant un moment, elle me dévisage sans rien dire. Je tente de ne penser à rien, et d'ignorer mon cœur qui s'emballe lorsqu'elle passe devant moi et me tourne le dos.

Je reste immobile plusieurs secondes, incapable de détacher mes yeux de ses longs cheveux libres qui bougent doucement avec le vent, de son corps si près -si loin. J'inspire lentement, m'avance d'un pas vers elle.

Son souffle se coupe quand je passe mes bras autour d'elle pour la ramener contre moi. Elle se laisse faire, enfermée dans un silence qui me colle la chair de poule. La chaleur de son corps contre le mien me fait lourdement frissonner. Elle reste tendue quelques secondes, puis fini par s'appuyer contre moi, toujours aussi silencieuse. Elle soupire lentement, appréciant le calme et la chaleur de notre étreinte.

Pendant un moment, je dois me concentrer sur ma respiration et les vagues roulant doucement devant nous pour ne pas la retourner pour l'embrasser. Ma famille est là, à quelques pas de nous. Je ne peux me permettre de suivre mes envies et je ne veux pas la forcer à quoi que ce soit.

Ses doigts froids se posent sur mes avant bras. Quelques secondes, elle caresse ma peau doucement.

- Tu avais raison, c'est très paisible ici.

- Ca l'est, oui.

Elle finit par se dégager, puis enfonce les mains dans son -mon- sweat en se tournant lentement vers moi.

On échange un regard chargé d'une émotion que j'ai du mal à déchiffrer. Je me rends compte que nous nous sommes rapprochés quand elle recule d'un pas en se grattant la gorge, apparemment mal à l'aise.

- Ils veulent aller à l'aquarium.

J'ai dit le premier truc qui me venait à l'esprit et qui n'incluait pas nos corps dans une position horizontale, ou qu'importe.

- Oui, ils l'ont dit déjà trois fois, fait-elle remarquer dans un sourire.

- C'est ce que je leur ai dit.

Elle mord légèrement sa lèvre pour retenir son rire. Ce geste chez elle -quelle fait bien trop souvent à mon goût- provoque en moi, a chaque fois, une bouffée de désir qui me tord toujours le ventre. Brusquement, je fais demi tour pour remonter la plage. Elle me rattrape en trottinant, toujours pieds nus, ses chaussures dans les mains.

- Il a quoi de si spécial cet aquarium ? demande-t-elle en me jetant un coup d'œil.

Je la regarde quelques secondes. A-t-elle déjà été plus belle ? L'ai-je déjà trouvé plus belle ?

- Tu verras, soufflé-je en voulant paraitre mystérieux.

Je vois ses sourcils se froncer un peu mais elle ne réponds rien, se contentant de rire doucement.

Un sourire étire mes lèvres.

J'vais devoir -encore- allez courir.


- Tu savais que cette race de poisson était la plus éphémère qui soit ? Ce sont des Killifish. Ils vivent quelques mois, une année tout au plus.

- Tu as une passion secrète pour les poissons ? demandé-je en gardant les yeux rivés sur les petites bêtes frétillant devant nous.

- Je fais un exposé sur eux au collège.

Je me sens sourire alors que Bella fixe le petit poisson comme si elle le connaissait.

- Je les trouve jolis, avoue-t-elle en l'examinant avec attention.

- Tu l'es plus.

Elle se fige, mais refuse de me regarder. L'eau autour de nous donne des lumières bleus et blanches qui éclairent doucement la peau de son visage.

- Surtout avec mon sweat, ajouté-je dans un sourire.

Elle se pince les lèvres une seconde puis secoue la tête. J'ai du mal à détacher mes yeux d'elle alors que son attention est toujours fixée sur les petites bêtes devant nous.

Depuis la plage, elle s'est fermée. Quelque chose à changé en l'espace de quelques minutes, et un poids appui sur mon torse sans cesse. Est-ce mon sweat, sur elle ? Cette sorte de… de moment perturbant et tendre entre nous ? Est-ce le fait que sa culpabilité s'est rappelé à elle quand je lui ai donné la main pour l'aider à passer par dessus le tronc d'arbre au sol avant le parking ? Ou le fait qu'elle n'a cessé de me jeter des regards tout le long de la route jusqu'ici ? Ou le fait que Jacob rentre demain pour quatre jours ?

- Ca me perturbe, murmure-t-elle après une minute d'un silence lourd. J'ai parfois l'impression que je suis comme eux.

Je fronce les sourcils alors qu'elle relève les yeux vers moi.

- Que tu es… comme eux ? répété-je, pas certain de comprendre.

- Ephémère, avoue-t-elle du bout des lèvres.

Je m'approche d'un pas, ne pouvant le contrôler.

- Pourquoi tu dis ça ?

Elle baisse les yeux nerveusement, avant d'humidifier ses lèvres. Son comportement me trouble mais ses réflexions m'inquiètent.

- C'est idiot, lance-t-elle en se reculant légèrement. Tu n'as pas des fois eu la sensation que… que ta vie se sera jamais assez longue pour vivre tout ce que tu as envie de vivre ?

Depuis quelques semaines, c'est le cas. J'ai la sensation que le temps passé avec elle ne sera jamais assez long. Un sourire triste éclaire son visage avant qu'elle ne secoue la tête, comme si elle était la personne la moins censée du monde.

- On devrait avancer, élude-t-elle en ne voyant plus les autres dans la même salle que nous.

- Attends Bella...

- Edward… c'était... c'était idiot, murmure-t-elle dans un sourire, laisse tomber.

Un silence s'installe avant qu'elle ne soupire et recule vers le passage qui mène à l'autre pièce où nos amis sont déjà. Je mords ma langue une seconde avant de renoncer à me taire.

- C'est ce que je ressens, laché-je d'une voix un peu plus forte au moment où elle va passer la porte.

Elle se fige, puis, lentement, je la vois se tourner vers moi. Ses cheveux longs et ondulés flottent autour de son visage mi-surpris mi-ému. Son regard glisse sur mon visage, n'arrivant pas à se poser.

- Je… l'impression que je ne pourrais jamais assez profiter c'est… c'est ce que je ressens quand je suis avec toi.

La lumière bleue qui nous entoure et berce la pièce m'empêche de la voir rougir, pourtant, je sais que c'est ce qu'il se passe. Elle reste pétrifiée un instant avant de baisser les yeux sur ses mains tremblantes.

- Ces dernières heures je… j'ai la sensation que tout va s'arrêter… bientôt.

Mes mots lui font fermer les yeux alors qu'elle se pince les lèvres dans un excès d'émotion.

- Je… je sais que c'est ce qui va se passer… parce que je… Jacob va revenir, expliqué-je en essayant de paraitre moins grave.

Elle finit par rouvrir les yeux et ce que je lis dans ses pupilles fait monter une bouffée d'incertitude en moi. Elle est terrifiée. Littéralement.

- Edward…

Sa voix me fait l'effet d'une claque et, en une seconde, je me reprends et lui souris doucement, espérant éteindre la peur qui brille dans ses yeux.

- Mais c'est pas grave, je… ce qu'on vit toi et moi c'est… ça me fait du bien, vraiment.

Elle laisse passer un silence puis inspire lentement. Ca lui semble presque douloureux.

- Si ça devient compliqué… on, on peut...

- Non, non. Je…

Je soupire. Je voulais tout, sauf ça.

- Ne t'inquiète pas pour ça, balayé-je, maintenant gêné de la tournure de cette conversation.

Elle croise ses bras sur sa poitrine, lance un regard un peu nerveux autour de nous puis me fait face à nouveau.

- Si tu… si tu ressens quelque chose ou…

- Bella, tout va bien, murmuré-je en approchant.

- Je ne veux pas te faire de mal, lâche-t-elle, soudain émue.

Sa réaction me touche et me terrifie à la fois. Comment un si petit corps peut-il contenir autant d'émotion ?

- Ca n'est pas le cas.

Ses yeux se baissent sur le sol entre nous plusieurs longues secondes avant qu'elle n'arrive à me faire face à nouveau.

- On devrait rejoindre les autres.

Je hoche la tête en la regardant disparaitre puis serre les dents à m'en faire mal.

Putain.


Quand je gagne mon lit, il est presque 1h du matin. Je suis épuisé. Je crois même que le mot est faible. Mes nuits sont véritablement trop courtes; et mes journées trop longues.

Cependant, la petite lumière de ma table de chevet allumée, je reste un moment à scruter le plafond, un bras coincé derrière la tête à ne pas pouvoir réussir à m'endormir.

- Tu sais que ce plafond ne répondra pas à tes questions ?

Je sursaute en baissant les yeux sur Bella, qui, appuyé contre la chambranle de la porte, me scrute avec attention. Je me rends compte avec une certaine délectation qu'elle porte encore mon sweat… et qu'elle est plus belle que jamais.

- Peut-être qu'il le peut, répondis-je en souriant doucement, retrouvant le blanc immaculé du plafond.

Je la sens plus que je ne la vois sourire. Le lit s'affaisse quand elle s'assoit doucement sur le bord, à ma gauche. Pendant quelques secondes, je sens son regard sur moi avant que mes yeux ne retrouvent son visage. Elle à l'air préoccupée presque… triste.

- Tout va bien ? demandé-je en me redressant sur mes coudes pour la regarder.

Sa gêne apparait à nouveau alors qu'elle baisse les yeux sur la parure de lit qui à l'air d'être soudain la chose la plus intéressante du monde. Elle reste murée dans son silence pendant plusieurs minutes, peinant visiblement à garder une totale maitrise d'elle-même.

- Bella ? insisté-je en me redressant un peu plus pour dégager son visage caché par ses cheveux du bout des doigts.

Son souffle se coupe sous mon touché, si bien que mon ventre se noue. Son regard finit par retrouver le mien après quelques secondes tandis que j'ai la sensation qu'elle lutte littéralement pour ne pas partir en courant.

- Qu'est-ce qui se passe ?

Je la sens inspirer doucement alors que ses mains se tordent entre elles dans un excès d'anxiété qu'elle n'arrive pas à contrôler.

- T'es pas enceinte au moins ? dis-je dans une vaine tentative pour la faire rire -ce qui marche.

Elle roule des yeux et, malgré la crainte et la confusion que je perçois dans ses pupilles sombres, elle étouffe un rire.

- J'n'aurai plus qu'à aller en enfer, ironise-t-elle, ce qui me fait lever les yeux au ciel.

- Dis pas n'importe quoi.

Elle hausse les épaules, comme si ce qu'elle disait n'avait aucune importance. Distraitement, je m'assoie en face d'elle pour pouvoir être plus près. L'envie, le besoin de la toucher se faire trop fort et j'attrape ses doigts, -qu'elle tord- dans les miens pour caresser sa paume cherchant uniquement à l'apaiser.

- Parle-moi, soufflé-je doucement, espérant lui insuffler assez de confiance pour qu'elle se confie à moi.

Pendant un instant, elle reste silencieuse. Ses yeux fouillent avec une telle profondeur que j'ai du mal à soutenir son regard torturé. Ce soir, cette nuit, dans ma chambre, elle à l'air totalement perdue.

- Jacob rentre demain, lâche-t-elle à voix basse tandis que mon souffle se coupe.

Je le sais. Je le savais. Pourtant faire face à cette réalité là me perturbe plus que je ne suis prêt à l'avouer.

- Je sais, répondis-je doucement.

Elle se pince les lèvres une seconde avant de soupirer.

- Je… c'était une belle journée.

Je hoche la tête alors que la crainte, mélangée à un autre sentiment que je n'arrive pas à identifier dansent dans ses yeux. Un nouveau silence s'installe.

- Qu'est ce qu'il se passe Bella ? finis-je par demander quand je la vois ouvrir la bouche à plusieurs reprise sans que rien n'en sorte.

Ses yeux se baissent sur nos mains liées. Elle reste silencieuse un instant, semblant chercher ses mots.

- J'ai… je n'ai pas envie que cette journée se termine, chuchote-t-elle avec lenteur.

- J'n'en ai pas envie non plus, avoué-je en imprimant chaque morceau de son visage dans ma mémoire.

Est-ce totalement idiot d'avoir l'impression que c'est la dernière fois que je la vois ?

- Je… je crois que... que toi et moi on devrait… arrêter de se voir, quelques temps, reprend-t-elle à demi-mots après un nouveau silence.

Je fronce les sourcils. La peur m'effleure. Elle veut… arrêter ? Mon cœur s'accélère malgré moi.

- J'veux dire je… Jacob va être là plusieurs jours et… je… je ne veux pas prendre le moindre… risque, bafouille-t-elle en relevant son regard sombre et terne vers le mien.

- Pourquoi tu dis ça ?

- J'ai peur pour toi.

- Bella...

- Je sais, tu vas me dire que tout va bien et je te crois. Seulement je… si Jacob comprends quoi que ce soit…

Elle secoue la tête et serre les dents alors que sa voix se brise. Pourquoi parait-elle soudain si… fragile ?

- Ca fait des semaines que ça dure et… franchement Edward, on se cache à peine toi et moi ! Avec ta famille je… je ne comprends même pas que personne n'est encore deviné ce qu'il se passe entre nous. Alors je… je me dis que, peut-être, prendre un peu de… de distance ne nous fera pas de mal… je crois.

Elle laisse passer un nouveau silence puis, après avoir serré les dents, elle ajoute d'une petite voix :

- Tu devrais peut-être voir… rencontrer, d'autre personne.

L'agacement me frôle tandis qu'elle lutte pour garder un contact visuel entre nous. Elle veut que je… que je rencontre d'autres personnes ? D'autres femmes ? A-t-elle conscience de ce qu'elle est en train de me demander ?

- J'n'ai pas envie de rencontrer d'autres femmes Bella.

- Mais pourquoi ? croasse-t-elle, les yeux brillants de larmes.

Je serre les dents face au désespoir flottant dans ses yeux alors que je repousse mes propres démons.

- J'en sais rien, je… je ne veux que toi.

Elle secoue la tête, faisant déborder ses larmes qui roulent sur ses joues et qu'elle essuie maladroitement de sa manche. Sa nervosité me fait trembler alors que je prends son visage entre mes mains pour qu'elle me regarde. Je veux qu'elle comprenne qu'elle me fait absolument tout ressentir, sauf de la peine. J'ai du mal à soutenir son regard larmoyant et torturé quand elle verrouille son regard au mien.

- Ca me comble suffisamment, insisté-je, espérant éteindre les doutes en elle, mon pouce effaçant ses larmes.

- Ca ne devrait pas, se lamente-t-elle, la voix cassée.

- C'est pourtant le cas… je… je n'ai envie de personne d'autre. Ce qu'on vit toi et moi je… je sais que ça ne durera pas et je… pour l'instant, ça me comble suffisamment au point de me foutre d'absolument tout le monde, que tu le veuilles ou non Bella…

De nouvelles larmes roulent sur ses joues qu'elle essuie piteusement. Mes doigts glissent dans sa nuque, puis dans ses cheveux, cherchant à l'apaiser.

- Cesse de te torturer de la sorte, j't'en prie, la supplié-je.

Elle secoua la tête, comme si je ne disais que des choses insensées. Je finis par soupirer en tirant sur ses bras pour la ramener contre moi.

Elle lutte une seconde, mais rends les armes et s'affaisse contre moi, son visage dans le creux de mon épaule alors qu'elle renifle, essuyant ses larmes à nouveau. Un silence entre-coupés de sa respiration lourde nous berce quelques minutes avant qu'elle ne soupire longuement.

- Je ne pourrais te donner ce que tu attends de moi, finit-elle par dire après un moment, la voix chargée d'émotion.

Je ferme les yeux une brève seconde, sentant mon ventre me bruler. Je sais exactement de quoi elle parle. Je ne le comprends que trop bien.

- Je n'attends rien.

Je l'entends inspirer profondément puis la vois se redresser contre moi, presque au ralentis. Son regard glisse sur mon menton, ma bouche, avant de retrouver mon regard.

- Je… je suis la pire des égoïstes, murmure-t-elle difficilement.

L'intensité de ses yeux et de ses mots est si vive que j'ai du mal à la regarder en face. Touché, je mets plusieurs secondes pour comprendre ce qu'elle me dit alors que son corps et son souffle brulant sont si près. Elle brouille tout mes repères, tout mes signaux de détresses. Qu'a-t-elle fait de moi ?

- Tout ira bien Bella, finis-je par répondre, ne sachant pas vraiment si ce que je dis est vrai.

Qu'est ce qui me garantis que rien ne nous échappera jamais ?

Elle s'apaise lentement… très lentement. Pendant plusieurs minutes, on se dévisage comme si c'était la première fois. La gravité de ses traits, est, après un moment, remplacée par quelque chose de plus doux, de plus brulant.

Nos corps réagissent avant même que nos cerveaux ne comprennent totalement que le vent vient de tourner. Sa main, toujours dans la mienne, serre un peu mes doigts. Juste assez pour créer un frisson qui longe ma colonne vertébrale, mais pas assez pour que je réussisse à trouver la force de réagir.

Mon corps entier s'affole quand elle monte lentement à califourchon sur mes cuisses, tremblante comme une feuille en glissant ses mains dans ma nuque, puis dans mes cheveux. On ferme les yeux au même instant quand elle s'assoit au plus près de moi. Son corps est brulant.

- Edward… chuchote-t-elle entre deux inspirations quand mes mains retrouvent ses reins pour la ramener contre moi.

Je reste une seconde interdit lorsque j'ouvre les paupières, littéralement hypnotisé par tout ce que je ressens pour elle.

Son corps se cambre un peu plus alors que son nez frôle le mien dans une caresse. Je la laisse faire, incapable de bouger tant je suis troublé. Ses lèvres effleurent ma bouche avant qu'elle ne pose sa joue sur la mienne, me bouleversant par la tendresse dont elle fait preuve. Ses doigts glissent dans ma nuque avant d'atteindre mes cheveux une nouvelle fois. Déjà, on respire plus vite.

- Fais moi l'amour, quémande-t-elle dans un tremblement.

Sa voix mêlée de larmes finissant d'achever le peu de raison qu'il me restait.

Mon cœur va foutre le camp.

Je la veux.

Je la veux, elle, qu'importe les conséquences… Qu'importe le prix à payer lorsqu'elle partira.

Quand mes mains gagnent son visage et que nos bouches se retrouvent, je ne sais plus très bien si un de nous va finalement gagner, ou perdre.


Les âmes torturées, moi j'aime bien... et vous ?

On en parle, de ce chapitre ? Laissez moi un mot.

A très vite,

Tied.