Depuis le temps qu'ils marchaient, Lexy demanda une pause à Thomas, qu'il lui accorda avec plaisir, lui aussi épuisé. Cela faisait bien cinq, voir même six fois qu'ils repassaient devant le mur rouge aux motifs blanc et doré qui retraçait une scène mythologique. Ils tournaient en rond sans moyen de sortir de là. Ils avaient pourtant essayé de déposer des objets quelconques à chaque intersections qu'ils prenaient, histoire de se rendre compte quand ils repassaient par un endroit déjà exploré, mais cela ne fonctionnait manifestement pas. Le duo resta silencieux pendant un long moment, reprenant leur respiration après avoir couru pour leur deux derniers tours.

- Je te l'avais dis. Sans Clairvoyant, on est fichus.

- Mais il y a une chose que je ne comprend pas... Un Clairvoyant, c'est quand même bien quelqu'un qui est capable de voir à travers la Brume ?

- Oui, exactement. Pourquoi ?

- Nous aussi nous voyant à travers la Brume puisque nous voyons les monstres. Alors pourquoi nous ne voyons pas les pièges ?

- Parce que ce n'est pas encore la même chose, Alexane. Les Clairvoyants ne se laissent pas avoir par la Brume. Nous, il est possible que nous soyons manipulés. Regarde Até, par exemple. Les illusions qu'elle nous a fait avoir. C'est la manipulation de la Brume.

- Comme Hécate ?

- On peut dire ça, oui.

Lexy hocha la tête avant de claquer ses mains sur ses genoux, décrétant qu'il fallait qu'ils se remettent en route, quitte à tourner encore en rond. Il fallait qu'ils trouvent une sortie, un moyen de remonter à la surface. Parce que la quête n'attendrait pas, et ils ne savaient pas combien de temps il leur faudrait encore pour trouver Moïra. Ils étaient déjà le 13 juillet, pas de temps à perdre.

Lou et Cecil couraient à en perdre haleine, regardant par dessus leurs épaules toutes les deux secondes, tremblants à l'idée de retomber sur cette créature hideuse qui les poursuivait depuis plusieurs longues minutes. Et en plus, ils étaient certains d'être déjà passé par là. Le mur bleu aux dessins blancs qui montrait une scène de la mythologie n'était pas facile à oublier. On aurait dit un ciel rempli de nuages, et la magie de Lou leur permettait de le voir très nettement. Du coup, ça voulait dire qu'ils tournaient en rond depuis de très longues minutes, voir des heures, et en plus, ils étaient en danger de mort.

- Pourquoi as-tu crié ? Elle ne se serait pas rendu compte qu'on était là sans ça !

- Qu'est-ce que tu voulais que je fasse d'autre ?

- Je sais pas moi ! Sourire et me dire que tu m'aimais !

- Ouais, bah depuis le temps que j'attendais qu'on se révèle l'un à l'autre, j'étais hyper content moi ! protesta Cecil en évitant, de justesse, de se prendre un objet qui dépassait d'un mur. Et puis, je pense que beaucoup aiment crier leur joie quand la personne qu'ils aiment répond à leur déclaration.

Lou bifurqua sur la gauche quand quelque chose apparu devant eux, mais cette fois, Cecil n'eut pas la chance d'y échapper, cette fois. Il se mangea l'oiseau de nuit en pleine figure, hurlant quand les griffes se plantèrent dans sa peau. Lou réagit au quart de tour, attrapant une bout de bois de qui traînait à terre et frappant l'oiseau (qui se révéla être une chauve-souris un peu particulière... elle semblait être un mélange entre une chauve-souris et un hamster couplé avec perroquet).

- Punaise, merci, tu viens de me sauver la vie ! soupira Cecil alors que son ami lui tendait la main pour le relever.

- Ouais, bah la prochaine fois, essaye d'éviter d'ameuter tous les monstres du quartier en criant, pesta Lou Ellen.

- Parce que tu crois que je savais qu'il y avait de Lamia ici ? Je pensais que ça n'existait plus depuis des millénaires !

Cassie se tenait la tête entre ses mains, n'en pouvant plus des cris que poussaient ses deux compagnons d'infortune. Aporripse avait eu le malheur de faire une allusion à sa vie merdique dans le Gouffre des Monstres que lui rappelait les lieux. Et bien sûr, cela avait fortement énervé Gabi qui se souvenait de tout ce qu'elle avait vécu, elle, dans le Gouffre.

- Mes enfants ont grandi sans moi, à cause de toi ! Et maintenant, je me retrouve ici, plusieurs siècles après, et je découvre que je suis l'ancêtre de deux de nos compagnons de route ! L'ancêtre, Ripse. J'ai... Je...

- D'accord, j'ai fait de nombreuses erreurs, j'ai fait du mal à de très nombreuses personnes, et je sais que mes excuses n'y changeront rien, mais on n'en est plus là. Il faut sortir et sauver le monde du destin que Moïra risque de lui infliger.

- On n'en est plus là ? s'écria de plus belle la Princesse. Je te signal que tu as détruit la vie de dizaines de demi-dieux ! Et pleins sont morts. J'en ai vu. J'ai vu comment le Cyclope les traitait. Comment il les tuait. C'était horrible. Rien qu'à y repenser, j'ai envie de vomir. Tu es l'unique responsable de tous ça.

- Je le sais, je sais tout ça, Gabriella. Je te le dit encore, je suis désolé ! S'il te plaît, laisse tomber cette arbalète...

Gabriella, les larmes aux yeux, abaissa son arme qu'elle avait apparemment toujours sur elle puisqu'il s'agissait de sa broche en bronze, visiblement du Bronze Céleste, et qu'elle avait dédaigné au moment où la dispute avait pris de l'ampleur. Cassie, soulagée qu'enfin le silence soit revenu, frappa dans ses mains en affichant un sourire resplendissant.

- On peut continuer notre route, maintenant ?

- Oui. Désolée, Cassandra, s'excusa Gabi en remettant sa broche en place après l'avoir fait redevenir ainsi. Toi, je ne te lâcherais pas, fit-elle, menaçante, à l'attention du fils d'Artémis. Lorsque tout sera fini, nous aurons une discussion tous les deux, je peux te le jurer.

Aporripse souffla, mais ne put s'empêcher de se sentir soulagé d'être enfin libéré de la menace de l'arbalète. Ils se remirent tous en marche, tandis que Cassie s'assurait pour bien tenir ses deux camarades éloignés l'un de l'autre en se plaçant entre eux deux. bon sang, toute cette histoire allait être longue si une nouvelle dispute éclatait encore...