Chapitre 21 : Vélane d'Halloween
L'esprit frappeur pensait sans doute que la Serpentard n'arriverait jamais à voler la carte des maraudeurs à leur propriétaire, surtout sans aucune indication. C'était très mal connaître Livia Octavia Blackwood. Cette dernière ne baissait jamais les bras. Au cours de la semaine, elle avait fait ses petites recherches sur la carte auprès de ses amies Gryffondors. Personne ne savait rien sur elle et Livia commençaient à désespérer lorsque le fruit de l'espionnage qu'elle avait entreprit sur Peter et Remus avait abouti.
Jeudi matin, elle avait cherché la petite troupe infernale au petit déjeuner mais ne l'avait pas trouvée. Quand ils avaient enfin débarqué dans la grande salle, ils avaient tous l'air épuisés comme s'ils avaient passé la nuit éveillés sous la lumière de la pleine lune. James et Sirius s'étaient effondrés sur la table des Gryffondors en ne relevant la tête que pour boire leurs doses de café qui étaient apparues devant eux. Remus avait un teint blafard et maladif et avait pris du temps à s'asseoir. Cependant, des trois, il fut le seul à ne pas s'effondrer sur la table bien que l'envie ne dû sans doute pas lui manquer vu de son visage. Le trio ne semblait pas se rendre compte tout de suite qu'il manquait Peter. Elle était sûre qu'ils avaient pensé qu'il était à la traine comme d'habitude. Cependant, dix minutes après le début du petit déjeuner, Remus, comme Livia, commençait sans doute à se dire que quelque chose n'allait pas parce qu'il n'y avait aucune trace de Pettigrow et aucun signe qu'il allait bientôt apparaître dans la grande salle pour rejoindre le trio.
Le garçon aux cicatrises en fit vite la remarque mais les autres ne semblaient pas plus inquiets que ça, davantage obnubilés par le vidage de la cafetière. Ce ne fut que quelques minutes plus tard qu'ils commencèrent à prendre les choses au sérieux.
Ce fut James qui impulsa le tempo vers la sortie de la grande salle. Livia trouvait qu'il regardait un peu trop autour d'eux pour simplement aller chercher Peter de manière conventionnelle. Alors, la jeune sorcière s'était levée et les avait suivis après avoir sifflé un « je reviens » à Lily et Marlène qui l'avaient regardée, perplexes. Essayant de se faire aussi discrète qu'un demiguise, Livia avait suivi les garçons. Ils avaient franchi la grande porte et s'étaient réfugiés derrière un petit muret à l'entrée des jardins.
Livia avait sorti sa baguette. Merlin ! Elle n'avait plus utilisé ce sort depuis des lustres. Elle se demandait si elle arriverait à le faire comme il faut. Elle se mit derrière le mur, dans un endroit où les garçons ne penseraient pas à regarder et elle avait sifflé le plus silencieusement possible « Visiotramura ». Elle voulut presque pousser un soupir de soulagement quand elle vit que ça avait marché mais se ravisa. Une petite bulle était apparue qui laissait voir ce qu'il y avait derrière le muret. Elle le réduit à la taille d'un œil, puis l'orienta vers les garçons qui étaient dos aux jardins et discutaient fébrilement.
-…Comment tu as pu ne pas remarquer qu'il n'était pas derrière nous ! siffla James alors qu'il sortait un parchemin de son manteau.
Livia avait déjà vu les garçons avec ce parchemin, plusieurs fois, mais ce n'était pas une carte. Il était vierge à ce qu'elle avait pu en voir. Elle avait toujours cru que c'était une farce ou une réserve de papier.
-Désolé si je n'ai pas des yeux derrière la tête Cornedrue ! répondit rageusement Sirius avant de sortir sa baguette. Et puis je te signale que c'est toi qui étais censé le surveiller !
-Quoi ? fit James outré en relevant le parchemin vers lui. Et depuis quand est-ce qu'on a décidé de s'attribuer des rôles pour le surveiller ?
-Depuis la fois où il s'est retrouvé coincé sous une racine de la forêt interdite et qu'il a fallu des heures pour le trouver et le faire sortir ! répondit Sirius sur le qui-vive.
-Ça suffit ! s'interposa Remus qui semblait avoir de plus en plus de mal à se tenir debout. On ferait mieux de commencer par le trouver avant de se faire des leçons de morales non ?
Sirius et James, bien que visiblement énervés, avaient acquiescés. James avait tendu le parchemin et Sirius avait pointé sa baguette dessus.
-Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, dit-il dans un souffle.
Sous l'œil ébahi de Livia le parchemin commença à se revêtir de petites traces d'encre. Elle n'arrivait pas à voir plus loin, mais lorsque James ouvrit la carte elle reconnut des motifs et des allées. C'était une carte.
-Tu le vois ? demanda Remus visiblement à bout de souffle, une fois bien sûr que le concerné ait retourné plusieurs fois le parchemin dans tous les sens.
-Non attends, répondit James en tournant et retournant des morceaux de la carte encore une fois, cherchant visiblement du côté de la forêt si les motifs de la carte étaient exacts.
Il le fit encore quelques instants, puis Sirius, impatient, réclama le papier jauni pour essayer à son tour. Après un jeu de regard entre les deux garçons, le Black l'avait prise des mains tendues de James qui avait fait la moue. Il avait cherché quelques instants du côté du grand arbre qui faisait peur (le saule cogneur si ses souvenirs étaient bons), puis il s'était exclamé qu'il l'avait trouvé. Les garçons s'étaient regardés à tour de rôle puis ils étaient partis à toute vitesse à travers les jardins.
Livia avait enfin pu respirer une fois qu'ils étaient partis. Elle avait annulé le sort d'un « finite » et s'était collée contre le mur. Elle savait ce qu'elle devait voler désormais, ce qui était un bon point. Maintenant, il fallait trouver comment la voler. S'ils se trimballaient toujours avec, comme elle le craignait, ça risquait d'être problématique.
Livia ne trouva pas de solution avant que le bal d'Halloween ne s'approche dangereusement. Elle avait retourné toutes les possibilités dans sa tête. Elle s'était même réintroduite dans le dortoir des garçons samedi midi pendant un entrainement des Gryffondors, mais rien. À croire qu'ils dormaient avec ! Elle ne devait pas penser à ça maintenant. Ce soir était le soir où Mulciber et Avery devaient être sa priorité. Cependant, elle n'arrêtait pas de penser qu'elle avait encore du temps pour les deux Serpentards, alors que l'échéance de son plan contre Black approchait à grand pas.
Lorsqu'elle descendit l'escalier, costumée en Vélane (idée de Marlène) pour le banquet et la petite fête des septièmes années qui aurait lieu après le diner dans les cachots, Livia se dit qu'elle pourrait tenter les deux en même temps. C'est bien pour ça qu'elle avait soigneusement caché un parchemin vierge assez convainquant pour passer pour la carte et sa baguette dans sa poche intérieure de veste.
Au cours du banquet, où des centaines de citrouilles étaient suspendues dans les airs, elle était tellement occupée à observer à tour de rôle les stars de Gryffondor et les petits rois de Serpentard qu'elle prenait à peine part aux discussions que Lily, Marlène, Dorcas et Mary avaient entre elles. Comme Mulciber et Avery n'étaient pas très intéressants dans leur occupation culinaire, Livia s'était concentrée sur les autres. Elle devait savoir qui avait la carte, c'était la première étape. Après elle improviserait, bien qu'elle ait une sainte horreur de l'improvisation.
Mais est-ce que Peeves lui donnait le choix ? Non. C'était le seul moyen de faire payer Sirius pour son épaule, alors elle devait le faire. Ce ne fut qu'à la fin du diner qu'elle put découvrir que c'était Remus qui avait la carte. Elle en eut un pincement au cœur quand elle le remarqua. Mais au moins ce n'était pas Sirius, elle en était soulagée. Pour se donner bonne conscience, elle se dit que de toute façon Remus et elle ne se parlaient déjà plus, un peu plus, un peu moins ça ne changerait pas grand-chose.
En se dirigeant vers la soirée, Livia avait déjà une ébauche de plan et elle le ruminait lorsque Lily-Vélane lui avait pris le bras et s'était un peu distancée des filles.
-Je ne sais pas ce que tu prépares, mais fait attention Livia. Tu commences à jouer un jeu dangereux.
-Qu'est-ce que tu racontes ?
-Entre Mulciber, Avery et Sirius, tu commences à avoir beaucoup trop d'ennemis ici. Et j'ai peur que ça ne te retombe dessus.
-Ça va je gère, répondit Livia avec une moue désagréable avant que Marlène (dont le costume de vélane était beaucoup moins ressemblant que celui de Lily) ne les rejoigne en sautillant dans sa robe prune qui réhaussait sa forte poitrine.
-Eh ! Les messes basses ce n'est pas du jeu ! s'esclaffa la jeune femme avec un petit ton guilleret. Je veux être dans la confidence !
-Okay, répondit Livia en prenant le bras de la jeune femme. Tu te rappelles que tu m'avais dit vouloir m'aider pour mon prochain coup ?
-Ouais, répondit Marlène tandis que Lily se détachait du groupe. Eh où tu vas ?
-Je vous avais dit que je ne m'en mêlerai pas, alors je ne m'en mêle pas.
-Rabat-joie, siffla Marlène à mi-voix pensant que Lily n'avait pas entendu, mais elle lui dit à voix haute qu'elle avait parfaitement entendu avant de rejoindre Mary qui parlait de Livia ne sait quoi.
- À la fête, au moment où je te le dirais il faudra que tu fasses exactement ce que je te dirais de faire d'accord ?
-D'accord, mais tu vas me demander de faire quoi ? demanda Marlène qui semblait comme commencer à s'inquiéter que Livia ne lui demande de se déshabiller devant tout le monde.
-Tu verras. Il faut juste que tu me promettes de le faire, répondit Livia avec ses lèvres bleutées.
-Okay, avait répondu Marlène avec un mauvais pressentiment sur le visage qu'elle perdit vite lorsqu'elles rentrèrent dans les cachots bondés où les gens se déhanchaient déjà sur le rythme de la musique.
La fête avait bien commencé. Elle ne se sut jamais comment les Gryffondors avait réussi à faire passer illégalement de l'alcool dans les pompes à boisson mais elle leur tirait son chapeau. Au milieu de la soirée, Livia était partie se boire un verre, seule dans un coin. Marlène et Dorcas étaient introuvables et les autres dansaient. Alors, elle était là, seule, près d'une bande de chaînes défraichies. Elle regardait Lily et Mary danser sur la piste en riant, leur verre à la main. James regardait lui aussi Lily mais avec des yeux si amoureux que Livia en aurait cru que s'il avait la possibilité de pouvoir la manger là tout de suite, il le ferait sans hésiter. Comme prévu, les sbires de Mulciber et Avery étaient tous occupés à la fête, ce qui laissait les deux princes assez seuls, mais pas si malheureux que ça de l'être. Il y avait quelque chose de malsain dans leur relation.
Si Augusta Flint (qu'elle avait presque oublié depuis toutes ses semaines) ne prenait pas autant de soin à se trémousser avec son petit-ami, elle aurait été presque sûre qu'ils étaient amoureux l'un de l'autre. Elle était perdue dans la contemplation des deux petits princes et leur étrange regard lorsqu'elle sentit quelqu'un s'approcher d'elle.
-Laisse-moi deviner ? Une déesse de l'amour ? demanda un garçon en s'arrêtant près d'elle.
Livia se tourna vers lui. Il était habillé en fantôme, enfin c'est ce qu'il voulait faire croire en tout cas. La craie qu'il s'était tartinée sur le visage était si mal mise qu'on aurait cru une tarte au citron géante. Il avait mis de la sauce rouge sur son cou mais, disons que ce ne n'était pas réussi. Quant à ses vêtements… Livia ne préférait même pas en parler.
-C'est une méthode d'approche ? demanda Livia les sourcils froncés. Parce que si c'est le cas c'est plutôt raté.
-Ouais euh… balbutia-t-il. Désolé, c'est vrai que l'approche ce n'est pas mon fort.
-Effectivement, répliqua-t-elle en buvant une gorgée de son verre, espérant que le garçon s'en aille tout seul, roulé dans sa propre honte (qui lui aurait également enlevé cet horrible accoutrement si c'était possible).
-Euh… Je t'ai vu toute seule alors je me suis dit que…
-Que tu pouvais venir et me sortir une phrase de looser ? questionna Livia d'un ton qui mixait le mépris et la moquerie à la perfection.
Le garçon avait compris que c'était plutôt foutu à ce stade et avait décidé de partir de lui-même avant que les choses ne deviennent effectivement trop gênantes.
-Alors ça ce n'était pas très gentil, commenta le garçon qui était à quelques pas d'elle d'une voix presque désolée alors même qu'il avait un grand sourire dessiné sur les lèvres.
Livia l'avait déjà remarquée. Plutôt pas mal dans son genre, bien que ce n'était pas du tout ses goûts. Elle avait toujours eu du mal avec les blonds.
-Ce n'est pas de ma faute si ses méthodes d'approche sont aussi ridicules que son costume.
Le garçon eu un petit rire avant de se rapprocher un peu plus d'elle pour arriver à adopter une voix normale à travers le tumulte de la fête.
-Au moins je suis sûre que tu n'es pas une vraie vélane. Je crois que tu as fait fuir ce pauvre garçon en un temps record.
Livia le regarda s'approcher encore un peu plus d'elle avec un début de sourire. Ça c'est ce qui s'appelait de l'approche comme il se doit. Livia se disait presque qu'elle pourrait laisser sa chance à ce grand blond juste pour sa subtilité à la séduire.
-J'aurais pu faire plus rapide.
-Ah oui ? demanda-t-il avec toujours une mimique amusée peinte sur la figure. Je demande à voir. Fais-moi fuir.
-Et si je n'en ai pas envie ? dit-elle en rentrant dans son jeu de séduction qui ne volait pas très haut mais qui valait mieux que tous les loosers qu'elle s'était coltinée depuis le début de la soirée.
-Alors je vais penser que tu es vraiment une vélane et que tout ça n'était qu'une stratégie pour m'attirer dans ta tanière et me dévorer.
Livia eut un petit rire mielleux. Ce n'était même pas drôle et pourtant elle eut ce rire de drague. Celui qu'elle avait lorsqu'elle avait envie de jouer. Ensuite, elle lui lança son grand regard de séductrice qui avait toujours le don de lui faire avoir pratiquement tous les garçons qu'elle voulait.
-Je croyais que les vampires étaient immunisés contre le pouvoir des vélanes ? demanda-t-elle d'une voix toute douce.
-Pourquoi tu crois que j'ai osé m'approcher ? répliqua-t-il en haussant les épaules et Livia se mit à rire de nouveau comme le blond qui était tout proche d'elle maintenant. Mais… Je crois que pour vérifier cette théorie il faudrait un baiser, finit-il en se pinçant les lèvres.
-Cette fois ci c'est toi qui es un peu trop rapide, annonça Livia sans quitter son petit sourire charmeur.
-Je suis moins rapide sur d'autres choses, répondit-t-il d'une voix plus que séductrice.
Livia était tellement prise par l'attirance sexuelle que ce garçon était en train de faire naître entre eux qu'elle en oublia presque l'objectif qu'elle s'était fixée ce soir-là. D'un pas lent mais très assuré elle se rapprocha du garçon histoire d'être toute proche de son visage.
-Ah oui et lesquelles ?
-La danse par exemple ! dit-il en lui proposant sa main.
Livia le regarda avec un sourire. Elle se dit qu'elle n'avait surement pas de temps pour ça, mais finalement, elle accepta. Elle prit sa main et se laissa embarquer sur la piste de danse. Le garçon dansait affreusement bien, ce qui la gêna un peu parce qu'en vérité, elle n'était pas très douée dans ce domaine. Cependant, le garçon la manœuvrait si bien qu'au bout de quelques pas, elle se laissa complètement aller. Ils dansèrent pendant dix bonnes minutes de manière assez folle il fallait le dire, même si le garçon semblait très contrôlé dans ses gestes.
À un moment, il la fit rouler sur elle-même et quand il la rattrapa elle sentit ses lèvres contre les siennes. Immédiatement, Livia lui rendit son baiser. Il fut long, très langoureux et terriblement excitant. Lorsqu'ils s'arrêtèrent, ils étaient essoufflés.
-Je t'avais dit que j'étais moins rapide sur d'autres choses, lui susurra-t-il à l'oreille.
-Je vois ça, murmura-t-elle à son tour avec un petit sourire. Je suis assoiffée. Je te ramène un truc à boire ?
-La même chose que toi.
Livia lui fit un clin d'œil et partit à la pompe pour chercher de quoi se désaltérer. Après avoir croisé Augusta dans la file d'attente (moment de malaise garanti) elle avait rempli deux verres. Elle allait repartir, mais en se retournant elle vit Black, accompagné de Remus qui se tenait derrière lui et évitait de croiser le regard de Livia.
-Eh, dit sèchement Sirius. Ne t'approche pas d'Adam t'as compris ? C'est mon ami ! T'a pas le droit d'y toucher !
-Et depuis quand est-ce que tu as un acte de propriété sur tes amis ? demanda Livia, hérissée de voir le garçon.
-Depuis que je sais que tu n'es qu'une salope qui couche avec tout ce qui bouge, dit-il avec un air méchant sur le visage.
Remus s'était approché de Sirius pour lui dire d'arrêter son cinéma et Livia eu sa fenêtre de tir parfaite. Elle pouvait faire un tout en un, alors sans hésiter elle le fit.
Elle balança le contenu de l'un des verres au visage de Sirius Black. Bien sûr, cela arriva également sur Remus qui recula d'un pas à l'instar de son ami. Autour d'eux, quelques filles poussèrent des « oh » de surprise et des garçons se mirent à rire. En prenant une fausse mine choquée, Livia se dirigea vers Remus en ignorant complètement Sirius qui avait pris le gros morceau.
-Remus je suis désolée ! s'exclama Livia au garçon qui enleva sa veste, toute trempée. Elle contenait la carte à ce que vit Livia au premier coup d'œil.
Alors elle lui prit la veste des mains en lui disant qu'elle allait nettoyer. Il avait essayé de lui dire que ce n'était pas la peine, qu'il pourrait régler ça en un coup de baguette mais Livia avait dit d'une manière si stricte qu'elle voulait faire les choses bien pour se faire pardonner, qu'il avait fini par accepter. Livia avait promis de revenir vite avec un faux air de culpabilité sur le visage puis elle s'était dirigée vers la sortie.
Elle n'aurait pas eu besoin de Marlène finalement, ce qui tombait bien parce qu'elle était introuvable. Avec un petit sourire de victoire dessiné sur les lèvres, elle oublia complètement le garçon blond qui l'attendait afin de se diriger vers les toilettes les plus éloignées, c'est-à-dire celle du rez-de chaussée. Sur le chemin elle avait retourné les poches de veste du garçon et avait trouvé la fameuse carte. Livia était si contente qu'elle faillit exploser de joie dans le couloir. À la place elle sortit son parchemin vierge de sa poche de veste (qu'elle avait fini par rabattre autour de sa taille au cours de la danse) et fit l'échange à l'abris des regards.
Elle était si fière d'elle qu'en rentrant dans les toilettes, elle n'avait même pas fait attention au petit bruit de succion qu'elle entendait. Si elle n'avait pas été ailleurs, elle aurait compris que ce n'était pas le moment d'entrer dans ces toilettes. À moitié affalées sur les lavabos, Dorcas et Marlène s'embrassaient avec passion. Les deux filles étaient en soutien-gorge, signe qu'elles allaient potentiellement aller plus loin qu'un simple baiser. Livia se figea. Les deux filles s'interrompirent et le rouge leurs montèrent aux joues à la place de Livia qui sentait le malaise remonter dans son gosier.
La gêne était à son comble. Livia décida alors de revenir sur ses pas et partir plus loin. Oui, il valait mieux qu'elle aille au premier étage, là où il y avait moins de risque de surprendre un ébat amoureux. Alors elle s'y précipita.
Une fois arrivée, elle verrouilla la porte d'un coup de baguette pour être sûre de ne pas être interrompue et ensorcela le veston de Remus pour qu'il se lave tout seul. Livia avait sorti la carte et l'observait. Elle s'apprêtait à lancer la formule qui la déverrouillait mais une petite voix bêlante l'interrompit avant qu'elle puisse le faire.
-L'amerloque a réussi ! Peeves ne l'aurait jamais cru, entendit Livia derrière elle.
Elle se retourna à toute vitesse et vit l'esprit frappeur qui flottait à quelques centimètres du sol. Il avait un sourire niais sur le visage et ses yeux sombres semblaient briller dans le reflet de la lune qui traversait les toilettes par l'intermédiaire des fenêtres. Il faisait un peu peur à ce moment précis, mais la détestation qu'elle éprouvait pour l'esprit surmontait sa peur.
-J'ai fait ce que tu m'avais demandé, dit Livia d'un ton assuré. J'ai la carte, maintenant il faut tenir ta promesse.
-L'amerloque doit donner la carte à Peeves d'abord, siffla-t-il en étendant son bras comme un élastique tout près de la carte que Livia avait dans la main. Elle la recula instinctivement.
-Tu me prends pour une débutante ? demanda la sorcière. La possession de cette carte est ma seule garantie que tu feras ce que je te demande. Alors c'est hors de question que je te la donne avant que tu aies accompli ta part du contrat.
- L'Amerloque est dure en affaire, répliqua-t-il d'un ton sérieux qui étonna Livia.
Il était étrangement peu grossier et farceur cette fois, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Il semblait tellement vouloir cette carte qu'il montrait à Livia une part beaucoup plus sombre de lui-même, sans doute une part que les autres élèves n'avaient jamais vue de lui. En même temps les autres élèves n'avaient surement jamais essayé de passer un marché avec l'esprit frappeur.
-Très bien, finit par dire l'esprit en retirant sa main. Dis à Peeves ce que tu veux qu'il fasse et il le fera.
-L'anniversaire de Sirius est dans quatre jours, annonça Livia d'un ton confiant. Il a prévu une grande fête depuis des semaines. Je veux que tu apparaisses à cette fête et que tu la ravages et que tu n'arrêtes de le faire que lorsque les invités décideront de partir. Utilise tout ce que tu veux ça m'est égal, mais répands le chaos et la destruction.
-Peeves le fera, répondit alors l'esprit en se mettant à tourner autour de Livia. Et après il viendra prendre ce qui est à lui.
-Je te donnerai la carte, tu as ma parole, dit-elle d'un ton déterminé.
-Alors nous nous reverrons dans quatre jours l'Amerloque, conclut l'esprit frappeur qui disparut dans un pop étrangement différent de la dernière fois.
Livia était soulagée lorsqu'il partit. Déjà parce qu'il avait été assez effrayant, mais aussi parce que son plan était en route et que maintenant elle pouvait relâcher la pression. Elle eut un petit sourire satisfait et regarda la carte, se disant qu'elle aurait tout le loisir de la découvrir plus tard. La rangeant soigneusement dans sa poche de veste en cuir, elle sécha le vêtement de Remus puis, une fois la porte des toilettes déverrouillée elle rangea sa baguette près de la carte en remontant la fermeture éclair de sa poche.
Grossière erreur.
La première chose qu'elle sentit, fut la coupure de sa respiration, même pas la douleur. Ce ne fut que lorsqu'elle fut propulsée contre le torse de son agresseur que la douleur apparue et qu'elle comprit qu'un fil lui lacérait le cou. Son réflexe premier fut bien sûr de lâcher la veste de Remus et de porter ses mains à son entrave pour s'en libérer, mais le filament était trop serré pour qu'elle puisse le retirer.
Son deuxième réflexe fut d'essayer de se retourner pour voir le visage de celui qui l'étranglait, mais là aussi ce fut impossible. De plus, cela était inutile, car ses vrais agresseurs apparurent devant elle. Elle vit Avery d'abord. Avec ses ridicules cheveux blond laqué et son sourire suffisant. Celui qu'elle vit à sa suite (comme par hasard) fut Mulciber, avec ses cheveux aussi noirs que ses yeux. Il ne souriait pas à la différence de son copain, mais son visage semblait quand même exprimer quelque chose de l'ordre de la satisfaction. Derrière eux se dessinait plusieurs sbires dont les visages étaient masqués mais dont l'expression annonçaient que ça n'allait pas être le moment qu'elle s'imaginait. Suffoquant, elle les regarda tous avec de grands yeux surpris.
-Je crois que c'est l'heure d'un second avertissement Blackwood, annonça Vaticanus Avery avec un sourire cruel sur le visage avant de faire un signe à celui qui l'étranglait affreusement fort de la faire avancer.
