Hello !

Nous voici déjà arrivés au 10ème chapitre... J'espère que la fiction vous plait, à vous lecteurs et lectrices qui me suivez si j'en crois les statistiques. Merci pour votre présence même discrète !

Merci également à Petite-Licorne-Arc-En-Ciel et Jiwalumy pour vos reviews, c'est super d'avoir votre retour après chaque chapitre :-)

Bonne lecture,

M


Chapitre 10 -

24 décembre 1999

- SURPRISE !

Pansy sursauta brusquement avant qu'un large sourire ne vienne éclairer son visage. Cette deuxième semaine au refuge avait été chargée et elle était véritablement épuisée. Elle avait veillé nuit et jour sur Peluche (le nom que les bénévoles avaient donné au chaton, bien que Pansy trouvât qu'il méritait bien mieux que ce nom de Poufsouffle) et ce dernier avait repris du poil de la bête, au sens littéral du terme. Le petit rouquin la suivait partout, y compris dans les cages des chiens, ce qui avait leur avait valu quelques frayeurs à tous les deux ! Plus généralement, elle avait adoré ces quinze jours passés au refuge, même si elle ne l'admettrait pour rien au monde devant Drago ou Blaise. Enfin, elle se sentait utile. Et ce sentiment était incroyable. Elle s'entendait bien avec le reste de l'équipe et cela lui déchirait le cœur de les quitter tous, animaux et moldus. Aussi fut-elle particulièrement touchée de découvrir que ses collègues lui avaient préparé un petit pot de départ. Elle avisa Harry, qui souriait de toutes ses dents.

- Tu étais au courant ? Demanda-t-elle.

- Évidemment ! J'avais même cuisiné un gâteau, pour tout te dire, mais je l'ai oublié en partant ce matin, ajouta-t-il, penaud.

Pansy éclata de rire.

- Bah, tu me revaudras ça, Potter ! Si tes gâteaux sont aussi bons que le reste !

Harry retrouva son sourire en voyant Pansy naviguer avec aisance au milieu de ses collègues. Que de progrès elle avait fait, depuis ses premiers pas dans le monde moldu ! Lorsqu'il avait rédigé son rapport hebdomadaire, la veille, Harry avait revu la Pansy méfiante et méprisante qui était entrée dans la bibliothèque, à peine quelques semaines plus tôt. Harry avait échangé avec ses collègues et il savait que la situation n'était pas aussi simple avec d'autres stagiaires. Certains avaient du mal à se débrouiller sans magie, d'autres étaient tombés sur des moldus peu recommandables. Pour quelques-uns, les idéaux étaient bien trop profondément ancrés et Harry savait que ce serait peine perdue. Le racisme ne pourrait pas disparaître en un jour, comme l'avait justement fait remarquer Hermione. Il y avait bien des choses à améliorer dans ce programme DETTE, Harry en était conscient. Mais il était fier, tout au fond de lui, de voir que Pansy parvenait à trouver sa place dans un monde qui lui était jusqu'alors totalement inconnu.

- Peluche va beaucoup mieux ! s'extasia Paola. Dans quelques semaines, ce petit gars sera fin prêt pour être adopté.

Harry vit Pansy se raidir, serrant le chaton tout contre son cœur. Emma dut remarquer son trouble elle aussi, puisqu'elle demanda :

- Tu ne veux pas l'adopter, Pansy ? Vous êtes devenus les meilleurs amis du monde, tous les deux.

L'intéressée prit son temps avant de répondre.

- J'adorerais… mais ça ne serait pas raisonnable, compléta-t-elle d'une voix qu'elle voulait ferme. Avec la vie que je mène… Il ne serait pas heureux avec moi. Mais promettez-moi de lui trouver une bonne famille, d'accord ?

Tous hochèrent la tête. Ils avaient eux aussi, de nombreuses fois, dû faire leurs adieux à un animal auquel ils s'étaient plus particulièrement attachés, et ils comprenaient la peine de Pansy. Mais c'était pour le bien des animaux qu'ils œuvraient sans relâche du matin au soir. Et ils savaient que, lorsqu'un animal trouvait une nouvelle famille, cela faisait deux heureux : le nouvel adopté… et celui pour lequel on libérait une place, qui coûtait cher…


La journée était passée comme un éclair. C'est en tout cas l'impression qu'avait Pansy, en cette fin d'après-midi, la veille de Noël. Ce soir, elle devait retrouver ses amis chez Blaise. C'était une tradition établie depuis quelques années maintenant : le 24 entre amis, le 25 en famille. Pour la première fois, Pansy ne rejoindrait pas sa famille le matin du 25. Son père mort, sa mère en prison, elle n'avait aucune envie de retrouver ses vieilles tantes acariâtres, surtout si c'était pour les entendre insulter les moldus pendant des heures. Elle était déjà en retard, si elle voulait se préparer pour le réveillon. Mais elle avait retardé l'échéance au maximum. Patient, Harry avait attendu qu'elle fasse ses adieux à l'équipe du refuge, salue les animaux un à un, et câline Peluche une dernière fois. Elle avait le cœur serré de le laisser. Mais elle savait qu'elle avait fait le bon choix, et le laissait entre de bonnes mains. Finalement, elle rejoignit Harry qui l'attendait devant la grande grille de fer forgé.

- Merci… de m'avoir laissée rester une semaine de plus. Et de m'avoir attendue ce soir. Tu as sans doute du monde à retrouver. J'aurais pu transplaner seule tu sais.

- Je sais. Mais ça ne me dérangeait pas de t'attendre, Pansy.

La jeune femme sourit en entendant son prénom dans la bouche de son ancien ennemi. De l'eau avait coulé sous les ponts, depuis leurs premières années à Poudlard.

- Alors euh… On se retrouve le 3 janvier devant le Ministère pour ta prochaine semaine de DETTE, ça te va ?

- Ça me va. Et avant que tu le dises, non, je ne serai pas en retard Potter.

L'Élu sourit.

- Bien. Dans ce cas… Passe un joyeux Noël, Pansy.

Il s'avança et la prit maladroitement dans ses bras. L'étreinte était aussi étrange qu'agréable. Pansy trembla légèrement, et fronça les sourcils en s'apercevant que ce n'était peut-être pas dû au froid.

- Toi aussi… Harry.


Pansy tombait de sommeil. La soirée du réveillon était déjà bien avancée et, bien qu'elle soit d'ordinaire la première à faire la fête, elle sentait ses yeux papillonner, luttant pour rester ouverts. Elle avait passé un excellent moment avec ses amis. Drago et Blaise semblaient bien supporter leur DETTE et leur amie en était ravie. Elle aurait sans doute eu du mal, désormais, à entendre Drago jacasser sur « ces imbéciles de moldus ». Si les préjugés avaient la vie dure, elle s'apercevait à présent qu'il était possible de les déconstruire, avec un peu de patience et de bienveillance. Elle s'inquiéta brièvement pour Peluche, se demandant si Emma avait pensé à lui laisser sa couverture préférée avant de partir. Les deux nuits précédentes, son protégé avait déjà dormi dans la chatterie avec les autres, afin de lui assurer une adaptation en douceur. Mais Pansy ne pouvait s'empêcher d'être quelque peu inquiète. Ses pensées furent brutalement interrompues par Daphné qui s'installait à côté d'elle.

- Tu vas bien, Pansy ? Tu as été souvent plongée dans tes pensées, ce soir.

- Tout va bien Daph'… Je suis juste un peu fatiguée, c'est tout, répondit la brunette, rassurante.

- Avoue que ton tuteur te manque déjà ! C'est pas donné à tout le monde de pouvoir passer des journées entières en compagnie du grand Harry Potter !

Pansy savait que son amie plaisantait, aussi la rabroua-t-elle gentiment. Néanmoins, si elle était complètement honnête avec elle-même (ce qu'elle évitait de faire, la plupart du temps), Pansy se demandait bien comment allaient se passer ces quinze jours de pause. Ces dernières semaines, son quotidien avait été rythmé par la DETTE, ses tâches… et Potter. Et elle avait appris à l'apprécier, petit à petit. Même s'il restait toujours hautement insupportable quand il prenait ce petit air docte qui n'allait qu'à Granger, et encore !

- Il te plaît bien, hein ?

- Ne raconte pas n'importe quoi Daphné, on parle du petit pote Potter, accessoirement mon tuteur pendant toute la durée de ma condamnation, rétorqua Pansy en insistant sur le dernier mot. Il est moins stupide que j'imaginais, mais ça reste un Gryffondor dans l'âme, autant te dire qu'il peut être incroyablement idiot quand il s'y met.

- N'empêche… Tu l'aimes bien.

Pansy resta songeuse un instant. L'aimait-elle bien ? Sans doute. Mais il était hors de question qu'elle l'admette devant quiconque et surtout pas la Serpentard qui lui faisait face, quand bien même elle fut son amie.

- C'est un bien grand mot. Et même si c'était le cas, il reste mon tuteur. Notre relation doit rester purement professionnelle.

- Si tu le dis…


1er janvier 2000

Pansy le disait. Mais elle dut bien se rendre à l'évidence. En ce premier jour du millénaire, au réveil, sa première pensée avait été pour Potter. Elle se demandait ce qu'il faisait, comment il occupait ses vacances. Sans doute était-il inondé d'amour et de joie chez les Weasley, et Pansy en ressentait un petit pansement au cœur. C'était un coup dur pour son égo, mais elle n'était pas du genre à fuir quand elle devait voir la vérité en face : Harry Potter lui manquait.

Un coup frappé à sa fenêtre la coupa dans ses pensées. Elle alla ouvrir au hibou dégarni qui sautillait devant ses rideaux... et qui manqua de s'assommer en fonçant dans la vitre avant que Pansy n'ait eu le temps d'ouvrir la fenêtre.

- Par Merlin, mais qui es-tu, toi ? A-t-on déjà vu hibou plus stupide ?

La jeune femme récupéra le courrier qui lui était adressé et donna un peu de Miamibou à l'étrange créature, qui repartit aussitôt. Elle en gardait toujours en réserve pour la chouette de Drago, qui n'hésitait jamais à la pincer si elle estimait que Pansy était trop lente à lui offrir sa récompenser.

Pansy décacheta la lettre, impatiente et quelque peu fébrile. Elle n'avait pas reconnu l'écriture de ses amis sur l'enveloppe, et le cachet d'Azkaban n'était apposé nulle part.

Pansy,

Je te souhaite une belle année 2000 ! Puisse ce nouveau millénaire être source de joie, de partage et de nouveaux horizons.

A bientôt,

Harry

Pansy sentit un sourire niais fleurir sur son visage et tenta en vain de reprendre contenance. Le petit mot était bref, simple. Mais savoir que Harry lui avait écrit la faisait se sentir toute chose. Et Pansy n'aimait pas ça. Pas du tout.