Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien ?

Tout d'abord, merci pour vos reviews qui me font toujours plaisir :)

Oui, je sais. Je poste avec une journée de retard... Malheureusement, ma journée de hier était très chargée (merci les cours le samedi et les 10 000 exposés à faire) et je n'ai pas du tout eu le temps de publier. Du coup, je me rattrape aujourd'hui !

Je continuerai à poster le samedi, le rythme ne change pas :)

On se retrouve en bas ? Bonne lecture !


CHAPITRE 8

La nuit plongeait la forêt dans une obscurité inquiétante. Peu rassurée, je tournais sur moi-même, espérant trouver du réconfort dans quelque chose, ou quelqu'un. Un éclair de peau blanche m'apparut alors, surmonté d'une chevelure bronze.

« Edward ! » m'écriai-je, cherchant à le retenir près de moi. Malheureusement, il ne semblait pas m'entendre et continuait à s'enfoncer dans l'obscurité.

« Edward ! » répétai-je d'une voix paniquée. Toujours rien. Seul son dos m'était désormais visible, mais il ne se retournait pas, ni ne s'arrêtait pour m'attendre. La panique fit accélérer mon cœur et je me dépêchais de le suivre pour ne pas risquer de le perdre de vue.

Cependant, la malchance jouait en ma défaveur, les racines se multipliant sur mon passage, me faisant trébucher à répétition. J'essayais de garder le rythme, tant bien que mal, pour ne pas me faire distancer, mais Edward semblait pressé.

« Edward ! » Ma voix se brisa sous la panique, rebondissant contre les arbres autour de moi, créant un son des plus sinistres.

Un grondement surgit à ma droite et me fit sursauter. Ne sachant plus où regarder, je lâchai à regret la silhouette d'Edward du regard pour me concentrer sur la nouvelle menace. Un souffle chaud et humide me percuta à mesure que l'immense bête brune se rapprochait de moi, se léchant les babines d'envie. Elle ouvrit sa gueule et je mis d'instinct ma main devant mon visage, dans une tentative de protection bien futile.

Au moment où la morsure aurait dû me faire hurler de douleur, j'ouvris les yeux en me redressant brusquement dans le lit où j'étais couchée. Haletante, je posais une main sur mon front, décollant mes cheveux trempés de sueur.

« Ce n'était qu'un rêve » essayai-je de me rassurer. « Rien qu'un rêve ».

Essayant de me sortir de cette brume cauchemardesque, j'observais la pièce dans laquelle j'étais. Les grandes baies vitrées caractéristiques de la villa des Cullen m'indiquèrent qu'on ne m'avait pas ramenée chez moi. Les murs neutres et impersonnels pouvaient laisser penser que j'étais dans une chambre d'amis.

Mon souffle et mon cœur se calmèrent doucement, permettant à ma température corporelle de redescendre. Frissonnant au souvenir de mon rêve, je posais les pieds au sol pour attraper le sweatshirt d'Edward que j'avais porté et qui était posé sur une banquette au pied du lit. Au même instant, Esmée pénétra dans la pièce, chargée d'un plateau.

« Comment vas-tu ? » me demanda-t-elle immédiatement.

« Je… Bien » soupirai-je.

Elle posa le plateau sur le bureau avant de se diriger vers moi et de me prendre dans ses bras. Étonnée de son étreinte chaleureuse, je ne pus m'empêcher de la lui rendre, respirant avec plaisir son odeur sucrée.

« Je suis heureuse que tu ailles bien » souffla-t-elle tout en me caressant les cheveux.

Esmée s'écarta de moi avant de plonger ses yeux dans les miens. Je fus alors frappée par l'inquiétude qui marquait ses traits.

« Ils… Ils vont bien » hésita-t-elle. « Ils sont rentrés il y a quelques instants ».

« Que s'est-il passé ? » J'étais encore perturbée par la scène dans la prairie. Edward avait à nouveau eu soif, malgré sa chasse matinale. Et Laurent…

« Laurent n'est végétarien que depuis peu » m'informa Esmée. « Lorsque tu t'es coupée, la tentation était… » Elle n'eut pas besoin de finir sa phrase pour que je comprenne où elle voulait en venir.

« J'aurais dû faire plus attention » marmonnai-je tout bas.

« Ce n'était pas de ta faute » me rassura-t-elle d'un air maternel. « Ce n'était qu'un simple accident ».

« Un accident qui aurait pu lui coûter la vie. »

Je me figeai instantanément au son de sa voix. L'amertume et la colère qui la teintaient me firent frissonner. Esmée regarda son fils par-dessus mon épaule, m'adressa un sourire encourageant avant de quitter la pièce, pressant tendrement le bras d'Edward au passage.

Ce dernier était négligemment appuyé contre le chambranle de la porte, ses yeux dorés fixés sur moi. Si sa voix exprimait sa colère, ses yeux reflétaient toute sa tristesse et ses remords. Mon cœur se serra à cette vue.

Aucun de nous n'osait bouger, comme si cela pouvait briser notre stabilité. Nos regards fondus l'un dans l'autre, lui à l'entrée de la pièce, moi près du lit. Seuls quelques mètres nous séparaient, mais ils me semblaient plus insurmontables que jamais.

Prenant mon courage à deux mains, je fis un pas en direction d'Edward, mes yeux ne quittant pas les siens, mon cœur battant rapidement dans ma poitrine. Alors que mon pied allait se poser sur le parquet ciré, Edward tendit une main devant lui. Je m'arrêtai net.

« N'approche pas. »

Jamais ses paroles ne m'avaient autant blessée. Je ne comprenais pas pourquoi il mettait autant de distance entre nous, pourquoi il s'échinait à me repousser alors que je ne voulais que le réconforter.

« Edward… » murmurai-je. Je retentai un pas dans sa direction, mais son pied se leva, prêt à reculer si je continuais de m'approcher.

« Bella, ne m'approche pas » répéta-t-il.

« Tout va bien » lui assurai-je. « Je vais bien ».

Les yeux torturés qu'il posa sur moi m'empêchèrent de parler davantage. Il ne devrait pas ressentir autant de douleur, exprimer autant de tristesse. Un être tel que lui n'avait pas besoin de ça.

« Tu vas bien » reprit-il d'un air sarcastique. « Tu vas bien ? »

Je sursautai à son haussement de ton. Avant que je n'aie le temps de répliquer, il reprit la parole.

« Bella, tu aurais pu mourir ce soir ! » s'écria-t-il. « Tu aurais pu mourir par ma faute ! »

Rageusement, il donna un coup de pied dans la chaise de bureau, l'envoyant voler à travers la pièce. Figée, je le regardais saisir ses cheveux dans ses poings, comme s'il voulait se les arracher. Son emportement me surprenait, lui qui était toujours en contrôle. Il devait vraiment s'en vouloir.

« Edward… Tu as réussi à t'arrêter… Il ne m'est rien arrivé. »

« Je me suis arrêté uniquement parce que Laurent voulait lui aussi t'attaquer » cracha-t-il amèrement.

« C'est bien ce que je dis. Tu ne m'aurais rien fait. »

Edward soupira fortement, fixant le sol devant lui.

« Comment peux-tu en être aussi sûre ? »

« Tu voulais me protéger de Laurent… Ton instinct de protection était plus fort que ta soif » lui assurai-je en espérant que cela puisse le réconforter.

Il ricana, guère convaincu.

« Ou alors le monstre en moi ne voulait pas partager ».

Choquée par ses paroles, j'essayai de reprendre contenance.

« Tu sais aussi bien que moi que c'est faux, Edward. »

Enfin, il leva la tête vers moi, plongeant ses yeux dans les miens, faisant accélérer mon cœur. Alors que je pensais l'avoir un peu calmé, il grogna et débuta une série d'allers-retours dans la pièce, passant sans cesse sa main dans ses cheveux, signe de son stress.

« Quand bien même » reprit-il. « Laurent voulait t'attaquer. Tu aurais pu mourir. »

Je soupirai, exaspérée par sa manière de prendre tout le malheur du monde sur ses épaules. J'avançai d'un pas vers lui et posai doucement ma main sur son bras, lui intimant d'arrêter ses mouvements.

« Je suis humaine. Je peux mourir à chaque instant et… »

« D'une mort naturelle » me coupa-t-il. « Pas à cause d'un monstre ».

Je grimaçai à l'entente du qualificatif employé. Il ne se pardonnait pas facilement ses faiblesses et ses erreurs.

Un long moment passa, durant lequel nous nous fixions, chacun voulant gagner la bataille. Sous ma main, la peau d'Edward se réchauffait, créant une délicieuse sensation. Les picotements habituels lorsque je le touchais remontaient le long de mon bras pour se loger dans mon cœur, comme s'il me remerciait d'entrer en contact avec ce magnifique être devant moi.

Mon souffle se coupa lorsqu'Edward ferma les yeux tout en effleurant ma joue du bout des doigts. Incapable de résister à la tentation, j'appuyai doucement ma tête contre son toucher, voulant profiter de ses instants.

Malheureusement, le corps d'Edward était raide et figé. Même si nous étions proches physiquement, j'avais l'impression que des centaines de mètres nous séparaient. Je détestais cette sensation. Comme si mon cœur devinait ce qui allait suivre, il se mit à battre plus frénétiquement, comme à la recherche d'oxygène. Mes yeux dévisageaient Edward, qui gardait toujours les siens fermés. Sa main retomba à ses côtés, laissant des traces brûlantes sur ma joue là où il m'avait touchée. Lentement, comme pour ne pas me brusquer, il ouvrit les yeux et se dégagea de mon emprise pour se poster devant la baie vitrée.

Ma main retomba, inerte, et je ne pus m'empêcher de trembler en comprenant ce qui allait suivre.

« Fréquenter des vampires ne t'apporte rien de bon, Bella. »

Mon souffle se coupa dans ma gorge, alors que mon cerveau essayait d'assimiler ce qui était en train de se passer.

« Non… » murmurai-je, désemparée. « Non » repris-je d'une voix plus forte.

« Réfléchis » me dit-il d'un ton sec. « Mon monde n'est pas pour toi. Tu n'es qu'une proie pour nous, une simple humaine. »

Instinctivement, je ramenai mes bras contre ma poitrine, comme pour empêcher mon corps de se disloquer en mille morceaux.

« Tu ne peux pas faire ça » haletai-je. Ma voix se brisa à la fin de ma phrase et des sueurs froides descendirent le long de ma colonne vertébrale. Mes jambes tremblaient anormalement, me donnant l'impression que j'allais m'écrouler d'un moment à un autre.

« Faire quoi ? » me demanda-t-il sèchement. Lorsqu'il se tourna vers moi, son visage n'exprimait plus que de la colère contenue.

« Ne me quitte pas » murmurai-je pitoyablement. « Tu n'as pas le droit… Tu ne peux pas. »

Les mots quittaient ma bouche de leur propre chef, précipités par la peur brûlante de son départ. J'essayais de fixer son visage pour graver chaque détail dans ma mémoire, mais tout m'apparaissait flou. Je ne me rendis compte que je pleurais seulement lorsque les larmes dévalèrent mes joues, traçant une ligne glacée sur ma peau, accentuant mon inconfort.

« Je le peux » dit-il gravement. Ses yeux ne me quittaient pas, mais la colère avait disparu, ne laissant place qu'à une grande indifférence. Je ne sais pas ce qui me blessa le plus entre sa colère disparue ou sa nouvelle indifférence.

Mon cœur cogna douloureusement dans ma poitrine, attendant les paroles qui achèveraient mes rêves.

« Je vais le faire » ajouta Edward d'un ton morne. « Je ne peux pas continuer à mettre ainsi ta vie en danger. »

Mes bras se resserrèrent d'eux-mêmes autour de moi, comme pour me soutenir. L'éclat de la lune donnait un aspect irréel à la pièce, refroidissant l'atmosphère déjà glaciale. La froideur affichée par Edward était renforcée par l'éclat lunaire, lui conférant un aspect des plus irréels.

Il menaçait de me quitter. Je ne pouvais pas le laisser faire. Il n'avait pas le droit.

« Ne fais pas ça » suppliai-je. « Ne pars pas. »

Pendant une seconde, son masque indifférent tomba pour révéler un éclat de souffrance dans ses iris dorées. Malheureusement, il remit rapidement son masque en place, m'empêchant de voir ses véritables sentiments.

« Bella, sois raisonnable » me gronda-t-il. « Il n'y a pas d'autre solution. »

Fermant les yeux, je secouai la tête. Une vague de colère, agrémentée par ma souffrance à l'idée de son départ, monta en moi.

« Tu n'as pas le droit de décider pour moi ! » m'écriai-je avec un regain d'énergie. « Je ne veux pas que tu partes ».

Edward se pinça l'arête du nez, sans doute exaspéré par mon comportement. D'un point de vue extérieur, on devait penser que j'allais me mettre à taper du pied comme une petite fille capricieuse. Peut-être que je l'étais, mais l'idée qu'Edward puisse partir me faisait paniquer déraisonnablement.

« Ce serait te sauver la vie » marmonna-t-il.

« Me sauver la vie ? Vraiment ? » C'était à mon tour d'hausser la voix. « Tu penses que partir va arranger les choses ? Que je pourrais vivre une vie sereine tout en sécurité alors que tu m'auras quittée ? »

Je débitais des paroles sans y réfléchir, souhaitant absolument qu'Edward comprenne que j'avais besoin de lui. D'une manière inexplicable et déraisonnable. Mais j'avais besoin de lui.

« Bella… »

« Écoute-moi Edward ! Ne pars pas. Ne fais pas ça. »

Lorsqu'il releva les yeux vers moi, une détermination nouvelle y avait pris place. Les larmes roulaient sans interruption sur mon visage, emportant les dernières traces de ma dignité avec elles.

Edward s'avança vers moi et m'essuya la joue de ses doigts frais. Mon cœur battit frénétiquement à son contact, espérant qu'il avait renoncé à ses plans ridicules. J'ouvris la bouche, mais un sanglot s'en échappa, me coupant le souffle.

Les mains d'Edward entourèrent mon visage, effaçant les sillons de larmes de ses pouces. Je me concentrai pour retrouver une respiration normale alors qu'Edward posait son front contre le mien, ce qui, j'espérais, était le signe de sa reddition. J'en profitai pour inhaler son arôme si particulièrement épicé et sucré à la fois.

Edward décolla son front du mien, laissant ses yeux courir sur tout mon visage. Un instant, je pensais à l'image qu'il devait avoir de moi, rouge et larmoyante, avec une respiration hachurée et sifflante. Toutefois, je n'eus pas le loisir d'y réfléchir plus longtemps, mon cerveau se mettant en mode Off alors qu'Edward posait tendrement ses douces lèvres sur mon front. Mon cœur s'arrêta pour repartir de plus belle et je fermai les yeux sous son contact, en profitant pleinement.

J'avais gagné la bataille. Edward restait.

Un sourire naquit sur mes lèvres, heureuse de le garder près de moi. D'eux-mêmes, mes bras entourèrent son torse pour le coller plus à moi, comme pour l'empêcher de s'échapper. Edward bougea ses lèvres jusque dans mes cheveux, respirant leur odeur. De mon côté, je me pelotonnai contre son torse, humant avec envie son parfum délicat. Le silence dans son torse, à l'endroit où aurait dû battre son cœur, me frappa. D'instinct, mon cœur battit plus fort, comme s'il voulait battre pour deux. Fermant les yeux, je profitais de ce moment de grâce qui nous était accordé.

Pendant de longues minutes, aucun de nous ne bougea, réticent à briser notre bulle intime. Malheureusement, de légers coups à la porte attirèrent l'attention d'Edward, qui s'écarta légèrement de moi.

« Entre. »

Carlisle passa la tête par la porte, nous souriant gentiment.

« Il est tard » nous fit-il remarquer. « Peut-être que Bella devrait se recoucher. »

Edward hocha la tête à l'attention de son père, qui referma la porte derrière lui.

Sans un mot, Edward me conduisit au lit et se coucha à mes côtés, sur la couverture. Pendant un moment, rien ne brisa le silence qui s'était installé, jusqu'à ce que je ne tienne plus.

« Ne parle plus jamais de partir » murmurai-je dans l'obscurité. « C'est trop douloureux. »

Edward ne prononça pas un mot, se contentant de me caresser les cheveux en fredonnant la mélodie qu'il m'avait jouée dans l'après-midi.

« Promets-le-moi » lui ordonnai-je, certaine que s'il ne le faisait pas il pourrait partir.

Surpris par mon ton, Edward cessa ses caresses un instant.

« Très bien » marmonna-t-il.

Quelque peu rassurée par ses paroles, je me pelotonnai contre lui, prenant sa main qui ne me caressait pas les cheveux dans la mienne.

« Bonne nuit » soufflai-je. Le sommeil me gagnait rapidement, mon corps et mon esprit étant épuisés de la journée.

Edward embrassa ma tête avant de me souhaiter une bonne nuit. Rassurée par sa présence à mes côtés et ses cajoleries, je ne mis pas longtemps à rejoindre Morphée.

Un coup de tonnerre me réveilla en sursaut. Le réveil digital sur la table de nuit indiquait qu'il était plus de dix heures. Un soupire m'échappa alors que la pluie courrait verticalement sur les fenêtres, les gouttes s'écoulant vers le bas aussitôt remplacées par des nouvelles.

Reposant la tête sur l'oreiller, je ne pus m'empêcher de noter l'absence d'Edward à mes côtés. Mon cœur se serra à l'idée d'un réveil avec lui. Au bout de quelques minutes de tranquillité, je remarquais qu'aucun bruit ne provenait du rez-de-chaussée, ce qui m'étonna. Me redressant, ma main frôla un bout de papier plié sur l'oreiller qu'avait occupé Edward pendant la nuit.

Instantanément, ma gorge se noua et une chape de plomb me tomba dans l'estomac alors que je dépliai la note. Mes yeux s'embuèrent en reconnaissant l'écriture.

Bella,

Je suis désolé, mais je ne pouvais pas rester à tes côtés. Crois-moi, c'est ce qu'il y a de mieux pour toi.

Hier soir, tu m'as supplié de ne pas partir, de ne pas te quitter. Je ne le veux pas, mais j'aurais dû le faire il y a bien longtemps. C'est trop risqué pour toi de fréquenter des vampires, des monstres. De nous fréquenter. Nous aurions dû partir dès la première fois. Nous ne l'avons pas fait et je m'en mords les doigts. Tu aurais moins souffert…

Je suis profondément attristé à l'idée que mon départ puisse te faire souffrir, mais je n'ai pas le choix. Je ne suis pas bon pour toi. Nous ne sommes pas du même monde et je ne peux pas laisser mon cœur dicter ma raison.

J'espère que tu pourras me pardonner de ne pas être parti avant. Avant que tu ne t'attaches à moi. Avant que tu ne souffres. Tu es forte, Bella. Tu m'oublieras et tu vivras une vie heureuse et humaine. Je te souhaite plein de bonheur. Tu le mérites.

Nous n'étions que deux personnes qui n'étaient pas destinées à être ensemble. Comme un lion et un agneau. Mais le lion s'est épris de l'agneau, tel un masochiste. C'est justement pour cette raison que je dois partir. Je ne pourrais plus me supporter si jamais il t'arrivait malheur par ma faute.

Prends soin de toi, Bella. Sois heureuse.

Edward

Je ne pus retenir mes larmes plus longtemps. Celles-ci dévalèrent de mes yeux jusqu'à mon menton, traçant des trainées humides le long de mes joues, pour finalement s'échouer sur la lettre d'Edward.

Il l'avait fait. Il était parti. Il m'avait abandonnée. Malgré sa promesse.

Cette dernière pensée me ramena quelques heures auparavant. Il ne m'avait pas promis de ne pas partir. Il ne l'avait jamais fait.

Ma poitrine se compressa à cette pensée, puis sembla se déchirer comme si une part de moi-même m'avait été arrachée brutalement. Comme si Edward avait emmené une partie de moi avec lui.

Ne supportant pas de rester dans cette pièce où nous nous étions déchirés, je récupérais rapidement mon portable, qui avait soigneusement été posé sur la table de chevet, glissai la lettre dans ma poche arrière, puis descendis les escaliers pour rejoindre le salon. La pièce de vie était vide, mais la lumière dans la cuisine m'incita à rejoindre cette pièce.

Esmée s'affairait devant les fourneaux tandis que Carlisle lisait un journal. Tous deux levèrent la tête à mon arrivée, m'adressant de petits sourires contrits.

« Bonjour » saluai-je, la voix rauque d'avoir pleuré. Je n'avais même pas cherché à effacer mes larmes, sachant très bien qu'elles risquaient de couler une fois de plus si nous en venions à reparler d'Edward.

« Bonjour Bella » m'accueillit chaleureusement Carlisle.

Esmée ne s'embarrassa pas de politesses, venant directement me prendre dans ses bras dans une étreinte maternelle en me murmurant « ma chérie ». La tristesse transperçait sa voix et je ne pus m'empêcher de penser qu'eux aussi devaient faire face à une perte : celle de leur fils.

De force, elle me conduisit à un tabouret et posa une assiette pleine d'œufs brouillés devant moi, accompagnés d'un jus d'orange.

« Merci » soufflai-je. « Je rentrerai chez moi après avoir déjeuné » les informai-je.

Ils échangèrent un regard.

« Tu peux rester autant de temps que tu le souhaites, Bella » m'offrit Carlisle.

« Je crois que ma présence parmi vous n'est pas souhaitée par tout le monde » répliquai-je sèchement, les paroles de leur fils me revenant en mémoire.

Le silence s'abattit sur la pièce et je pus déjeuner sans qu'aucun autre mot ne soit prononcé. Une fois mon assiette vidée, Esmée s'empressa de la nettoyer tandis que je les remerciais pour leur hospitalité.

Alors que je me dirigeais vers l'entrée pour repartir, Alice apparut à mes côtés.

« Je suis navrée que ce weekend se termine de cette manière. »

Ne sachant quoi répondre, je me contentai d'hausser une épaule.

« Tu me ramènes ? » lui demandai-je.

Alice acquiesça avant de me conduire devant la berline qu'avait utilisée Edward la veille pour m'amener chez lui. J'avais du mal à croire que la journée féérique de hier se soit terminée de cette façon… Sentant les larmes me monter aux yeux, je m'efforçais de penser à autre chose.

Alice roulait vite, si bien que nous arrivâmes devant chez moi en un rien de temps.

« Bella… euh… »

J'haussai un sourcil, la main sur la poignée de la portière, prête à sortir. Rares étaient les moments où Alice ne savait pas quoi dire.

« Oui ? » l'incitai-je.

« Edward a raison, d'une certaine manière. Fréquenter des vampires n'est pas recommandable. »

« Si c'est pour me servir le même baratin… »

« Non » me coupa-t-elle. « Il est important que tu connaisses les dangers, mais jamais je ne déciderai pour toi. »

Son aveu me soulagea. Elle ne comptait pas partir elle aussi.

« Dommage que ton frère n'ait pas compris ça aussi… »

Le regard fixé devant elle, Alice garda le silence. Aussi, je me permis de lui demander.

« Tu sais où il est ? »

Me regardant du coin de l'œil, elle sembla juger si je pouvais émotionnellement supporter la nouvelle.

« Non… Il ne nous a rien dit. »

« Et les autres, où sont-ils ? »

« Les Denali s'en veulent pour ce qui est arrivé… Laurent est encore un jeune végétarien. Ils sont rentrés en Alaska ce matin. »

La gêne s'empara de moi alors que je prenais conscience des dégâts que j'avais causé au sein de cette famille. Alice sembla le comprendre.

« Ne t'inquiète pas, Bella. Personne ne t'en veut. »

« Je suis désolée… Toute ta famille s'est dispersée… »

« Bella ! » me coupa-t-elle. « Ne t'inquiète pas. Emmett, Rose et Jasper sont seulement allés chasser pour se détendre. »

Une petite vague de soulagement s'empara de moi. La pluie frappait moins fort sur le pare-brise et j'en profitai pour sortir de la voiture.

« On se voit demain en cours ? » demandai-je malgré tout à Alice.

« Bien-sûr Bella » me sourit-elle.

Lui adressant un sourire timide, je la saluai puis claquai la portière pour me diriger vers la maison de Charlie. Cette dernière me paraissait très sombre après avoir vécu dans la villa des Cullen, baignée de lumière, d'autant plus que l'orage reprenait de plus belle.

Ne sachant quoi faire, je lançai une lessive puis fis le ménage. L'objectif était clairement d'occuper mon esprit, afin de m'empêcher de penser à Edward. Chaque fois que son nom effleurait mon esprit, mon cœur se pressait douloureusement dans ma poitrine, comme s'il voulait s'en échapper pour retrouver l'objet de mes souffrances.

La journée passa lentement, rythmée par les coups de tonnerre et les sonneries de la machine à laver. Charlie rentra vers dix-huit heures et fila à la douche pour se débarrasser des odeurs de poissons, tandis que je congelais la plupart de ses prises.

« La pêche a été bonne ? » lui demandai-je quand il redescendit.

« Très » me confirma-t-il. « Et toi, ton séjour chez les Cullen ? »

Mon estomac se retourna aux souvenirs du weekend que j'avais finalement passé. Toutefois, je ne souhaitais pas alerter Charlie sur une éventuelle dispute, qui m'amènerait à coup sûr à lui expliquer le pourquoi du comment, et donc à lui révéler la nature des Cullen.

Aussi, je me contentais d'un pauvre fait réel.

« Nous avons joué au baseball avec les Cullen et leurs amis. »

Charlie se contenta d'hocher la tête, même si je lisais de la surprise dans son regard à la mention du baseball et de moi-même dans la même phrase.

Épuisée, je décidais de m'octroyer quelques heures de repos supplémentaires en allant me coucher tôt. Toutefois, une fois allongée dans mon lit, je n'arrivais pas à trouver le sommeil.

Je ne cessais de repenser à la discussion que j'avais eu avec Edward, à son départ, son abandon. J'avais beaucoup pleuré ce matin, mais mes yeux semblaient actuellement incapables de produire d'autres larmes.

J'aimerais pleurer, cela apaiserait peut-être la plaie béante dans ma poitrine, causée par son départ.

Me tournant et me retournant dans mon lit, je n'arrivais pas à calmer la sensation de brûlure dans ma poitrine et à dormir. Aussi, je fonçai dans la salle de bain et m'administrai deux somnifères, espérant qu'ils seraient assez puissants pour m'endormir jusqu'au lendemain matin sans interruption. Demain, une journée au lycée m'attendrait. Malheureusement, Edward ne serait certainement pas de la partie. Mon cœur se serra douloureusement à cette idée. Je ne savais pas quand je le reverrai, ni même si je le reverrai un jour.

C'est la tête pleine de questionnements, de doutes et d'incertitudes, que les somnifères firent effet, me plongeant dans un sommeil profond.


J'espère ne pas vous avoir perdus et que ce chapitre vous a plus ? Dites-le moi en commentaires !

Dédicace de ce chapitre à Tied, qui est toujours là pour m'aider lors d'une baisse de morale avec des photos de la superbe et fantasmique mâchoire de Rob ! Merci de supporter mes râleries interminables et de toujours me comprendre, même quand je m'exprime bizarrement :')

Je vous dis à samedi prochain pour le chapitre suivant ! En attendant, prenez soin de vous.