Hello everyone, right written, right published ! I have done as quickly as possible to publish this new chapter. It maintains the current pace of progress that is also a good thing
Mainly plot for this chapter a bit longer than usual, but I hope you will enjoy it as well. I'm more and more convinced that the final number of chapters will be 12, that is not so bad for a first fanfic !
The next chapter will be more focused on our favorite characters, so stay tuned !
Un très grand merci flower70, Laulette2727 et bulle-de-bo pour vos commentaires. Je me rends compte que pour un "écrivain" ces quelques mots qui me communiquent votre avis positif sur "le jour d'après" sont véritablement de l'or en barre !
Les perspectives de Georges venaient de s'obscurcir définitivement. Leur conversation n'avait pas commencé depuis plus de quelques minutes que déjà les hésitations, les temps d'arrêt dans la voix de Camille l'atteignaient au plus profond de lui. Tout s'accélérait formidablement et se brouillait dans sa tête. Camille, sa douce Camille, comment connaissait-elle les activités de cette Lady Wingfield… ! Pourquoi d'ailleurs se trouvait-t-elle devant chez lui au moment où Harriet était arrivée ? Pourquoi l'appeler maintenant… L'onde de peur qui ne le quittait plus depuis quelques jours se propageait avec une intensité plus fulgurante. C'était comme s'il avait reçu un coup de couteau pointu, incisif et en même temps terriblement violent dans son estomac. Il suffoquait presque.
« Camille, mais pourquoi m'appelles-tu ? Comment la connais-tu ? Camille qu'est-ce que tu me caches ? »
Camille l'entendait haleter à l'autre bout du fil. Elle le sentait plus fragile que jamais. Il perdait pied mentalement et physiquement, et ce coup de fil allait peut-être être le coup de grâce.
« Georges, calme-toi, je t'en prie… je t'appelle car il est encore temps de tout dire à la police… Il est encore temps, crois-moi ! Rien n'est encore arrivé. On va tout lui raconter, tous les deux, d'accord ? On va lui expliquer ce qu'on sait, que nous n'étions rien dans cette affaire, que nous ne nous décidions de rien, d'accord ? Réponds-moi Georges ! »
Georges n'était cependant pas d'accord. Il n'était plus d'accord du tout. Une rage folle et bruyante s'emparait de lui. Il se sentait pris au piège par tout ce petit monde, Andrew qui ne l'écoutait pas, et Camille qui sans aucun doute était déjà allée voir la police. La peur se transformait en une colère rouge, qui paradoxalement lui redonnait force et courage. Alors, malgré l'agitation sordide qui l'animait, il lui répondit très froidement.
« Non Camille, je n'irai pas voir la police. Et d'ailleurs elle n'ira voir personne, elle non plus. »
Camille cria dans le combiné
« Georges, ressaisis-toi Georges… Il n'y aura plus d'issue possible. Georges j'arrive… »
Et Georges raccrocha presque calmement maintenant le téléphone.
Pendant que Camille avançait à très grandes enjambées vers le domicile de Mianon, celui-ci s'était armé d'un petit tisonnier qu'il venait de prendre dans le grand salon. Et il s'en retournait retrouver cette chère Lady Wingfield.
Makepeace patientait quand elle entendit la porte du petit salon s'ouvrir derrière elle. Elle tournait le dos à la porte et Mianon approcha rapidement d'elle la surplombant avec calme. Makepeace remarqua néanmoins que son pas souple se doublait d'une respiration soutenue, et instinctivement elle ressentit le besoin de se retourner pour le voir. Ce qu'elle constata en cette fraction de seconde lui fit comprendre qu'elle entrait maintenant dans les ennuis, et qu'accessoirement elle s'était trompée dans son diagnostic : le faible Mianon ne souhaiterait pas coopérer.
George Mianon arma son bras, de la sueur froide perlant sur son front. Ses pupilles étaient dilatées à l'extrême, il se contenait pour essayer de maîtriser la brusque accélération de sa respiration. Georges ne prononça pas un mot et abattit le tisonnier sur l'épaule de Makepeace, avant que celle-ci n'ai pu faire le moindre geste pour l'éviter. Il toucha l'épaule, un dernier réflexe de pitié ou de sagesse lui ayant évité de viser la tête. Sous le choc Harriet dégringola de sa chaise. De son côté Camille McPherson Fengler était arrivée chez Mianon, et elle débarqua à ce moment-là dans le petit salon. Découvrant Makepeace à terre, elle hurla hystérique.
« Georges, mais qu'as-tu fait ! Tu es fou ? Elle est officier de police ! »
Georges ne répondit rien. Il s'avança lentement vers elle jusqu'à la faire reculer contre le mur attenant à la porte.
« Camille, tu vas bien m'écouter. Je n'irai pas à la police, c'est assez clair ? Alors sois-tu le comprends et tu m'aides, soit… »
Camille n'avait pas le choix, Georges avait franchi le point de non-retour en ayant agressé physiquement ce sergent. Elle ne l'en aurait jamais cru capable. Mais il semblait maintenant dans un état second, d'une folie calme et à la fois aberrante. Se sentant elle aussi prise au piège, Camille essaya de se libérer de son étreinte pour se rapprocher de la porte. Il ne la laissa pas faire et comprenant que Camille devenait elle aussi une gêne qu'il faudrait nettoyer, il ne tarda pas à attraper à nouveau le tisonnier pour lui faire subir le même sort que la belle sergent au carré blond. Dix minutes plus tard, les deux femmes étaient bâillonnées, ligotées. Et chacune aux portes de la conscience suait d'une peur dure.
Georges Mianon roulait finalement assez calmement au volant de ce qu'il ressemblait à une Bentley. Les sortir de chez lui n'avait pas été chose simple et il avait dû faire appel au majordome Herman pour lui donner un coup de main. L'homme entre deux âges n'avait même pas manifesté un signe d'étonnement face à l'énormité de la situation. Il chargea les corps avec Georges dans le coffre de la voiture, s'inquiéta d'une autre potentielle demande de son patron et se retira sans se retourner. Une fois remonté du garage, il se mit néanmoins à trembler comme une feuille. Le pauvre homme avait compris lui aussi depuis des mois le dangereux manège de son patron. Sans connaître ni l'origine ni la destination des armes, il était bien persuadé que Georges Mianon traînait dans quelques sales histoires pour lesquelles on ne pose pas trop de questions. Alors au vu du généreux salaire qu'il recevait chaque mois et de sa propre précarité, seul à élever deux gamins, il avait décidé de continuer en espérant que tout irait bien. Voilà, c'était aujourd'hui une des contreparties du job qu'il venait de découvrir.
Quant à Georges, pris dans son étourdissement criminel, il perdait peu à peu contact avec la réalité et le comportement aidant du majordome ne l'interrogea même pas. Avant de partir, il avait appelé Andrew, pour lui expliquer la situation. Et les deux s'étaient mis à se disputer violemment au téléphone, pour que finalement Andrew accepte de recevoir « les problèmes » dont Georges voulait d'ailleurs se décharger.
« Georges, tu vas me rejoindre à Battersea, le site industriel désaffecté »
- Pourquoi là ?
- On va se faire aider par les pakistanais. Ils connaissent le coin, et tous seuls nous n'y arriverons pas.
– Andrew, qu'est-ce que tu vas faire de ta femme ? ».
Andrew ne savait pas quoi répondre. Mianon venait en quelques minutes de ruiner son départ vers des cieux plus cléments et accessoirement de mettre un bon grain de sable dans la machinerie huilée qu'ils combinaient depuis des mois, elle destinée à faire « boum » tous les tous prochains jours.
« Je… je ne sais pas. Mais d'ailleurs Georges, pourquoi était-elle avec toi ? ».
Georges enchaîna sans répondre.
« Et la flic ?
- Elle, on va demander aux pakistanais de s'en occuper. »
Dans le coffre de la voiture, Makepeace reprenait doucement ses esprits. La situation était sérieuse et bien sûr la préparation médiocre du SI-10 y était pour beaucoup. Mais il n'était guère temps d'avoir des regrets. L'heure était à la mobilisation, en espérant que ses capacités et cette fameuse chance ne l'abandonnent pas aujourd'hui.
Dempsey au bureau regardait les demi-heures défiler. C'était son unité de temps quand le SI-10 était embarqué dans un coup sérieux. Il n'était pas le seul à gamberger autour de l'horloge. Chas, ses collègues et surtout Spikings étaient tous recueillis dans un silence éloquent, celui qui exprimait l'envie irrépressible que la journée s'accélère et que tout le monde rentre gentiment chez lui comme un jour ordinaire. Tout le monde, oui, même les sergents en vacances…
Vers 19 heures, ce fut au tour de Spikings de passer nerveusement le nez dans le grand bureau.
« Dempsey, rugit-il, des nouvelles du sergent Makepeace ?
- J'allais vous poser la même question, Chef » lui répondit-il. Il ne se faisait d'ailleurs aucune illusion sur l'entrée de son Chef dans leur tanière. Spikings était comme lui, sentant les minutes qui défilaient et les risques pesant sur le sergent s'alourdissant à vitesse grand V.
« Chef, on peut pas y aller maintenant… ».
Et avant qu'il puisse développer son propos, Spikings lui fit un petit signe de l'index pour qu'il le rejoigne dans son bureau. Visiblement il ne voulait pas communiquer trop largement, comme d'ailleurs à chaque fois depuis le début de cette affaire. Une fois seuls, Dempsey reprit et il ne semblait pas vouloir admettre la contradiction.
« Chef, on peut plus attendre maintenant, faut y aller ! Le sergent Makepeace ne doit pas être dans une posture favorable. Ça fait plus de quatre heures qu'elle est avec Mianon et elle n'a pas donné signe de vie à l'équipe de soutien.
- Ils sont à proximité immédiate ?
- Oui et non, ils n'ont pas en visuel l'ensemble de la propriété, mais en distance c'est assez court pour qu'ils puissent intervenir en moins de trois minutes.
- Ils ont vu quelque chose de particulier ?
- Ils ont signalé l'arrivée d'une grande femme brune dans la trentaine, distinguée, une demi-heure après le début du rendez-vous. Depuis, plus rien. »
Spikings réfléchit et Dempsey enchaîna.
« Le sous-fifre ne nous intéresse pas ! Il faut arrêter Fengler, le faire parler, Chef ! Bon sang on ne peut plus attendre.
- Dempsey, du calme
- Bon dieu ! Chef, mais qu'est-ce qui se passe avec cette affaire ?
- Dempsey, Fengler est protégé ! hurla-t-il finalement, Fengler est protégé… par le sommet de ce pays.
- Le sommet ?
- Suffisamment haut Dempsey pour que nous ayons interdiction d'intervenir directement sur sa personne, en l'absence de faits avérés.
- Avérés, hein. On pourra rien faire alors, avant qu'il n'ait fait sauter la moitié des réserves de gaz de Londres ! Non chef, c'est vous qui allez m'écouter maintenant. Le sergent est dans les ennuis et nous savons tous les deux que sa vie est certainement en danger à l'heure actuelle. »
Spikings à ce moment se leva de sa chaise et fit le tour de son bureau résolu pour venir se planter à distance raisonnable de Dempsey et continuer à l'avoir entièrement dans son champ de vision.
« Dempsey, j'ai mis personnellement le sergent dans cette situation, et j'en ai pleinement conscience ! J'ai essayé de concilier politique et résultats, et cette fois j'ai échoué… Mon seul objectif maintenant c'est de la ramener vivante parmi nous ! Je vais tout faire pour y arriver, je vous en donne ma parole. »
Spikings avait rarement été si solennel, même au pire moment de leur collaboration. Dempsey prit conscience à ce moment que Spikings lui rendait presque des comptes, à lui le coéquipier du sergent, mais aussi l'homme qui lui portait le plus d'intérêt sur cette terre. Ils continuèrent à se regarder quelques secondes de plus, sans ciller dans cette forme de force et de courage qui animait le SI-10 dans les moments les plus critiques. Spikings ajouta les quelques derniers mots.
« Dempsey, je vous demande de chercher et de trouver les pakistanais et le dénommé Chachar en premier lieu. Garder un œil sur l'équipe de surveillance. Dès que j'ai l'autorisation de coffrer Fengler, je vous fais signe. »
« Vous allez demander l'autorisation ?
- Non Dempsey, je vais la prendre »
Il était 8h du matin le lendemain quand Spikings entra dans le bureau du Directeur des Polices du Royaume-Uni, l'homme qui chapeautait du moindre surveillant de circulation au sommet de Scotland Yard. Pour en arriver là, Spikings avait passé une bonne partie de la soirée à monter les échelons au téléphone, contournant toutes les procédures classiques, mais le triptyque Exklora, Fengler et dans une certaine mesure Wingfield ouvrait les portes. L'homme qui reçut Spikings ne prit même pas le temps de se tourner vers lui. Il resta de profil à son entrée et lui dit d'une voix monocorde.
« Monsieur le Superintendant du SI-10, que me vaut cette visite si matinale ?
- Monsieur, merci de me recevoir. » Il était maintenant intimidé par le bonhomme et l'enjeu. Ce dernier l'invita à poursuivre.
« Monsieur, en collaboration avec le MI-5, nous travaillons sur les présomptions d'attentat diligentées par l'organisation Exklora contre notre pays. Le MI-5 enquête sur l'organisation et nous les appuyons sur des suivis plus particuliers de suspects.
- Oui, j'en ai entendu parler Spikings. Mais au fait, Spikings au fait…
- Un de nos agents a été enlevé par Exklora.
- Et c'est pour me parler de l'un de vos agents que vous venez me voir, Spikings ?
- Monsieur…
- Et bien Spikings, sortez de cette pièce et allez donc arrêter les commanditaires, esquissa-t-il sous un petit rire à peine dissimulé.
- Monsieur, l'auteur de l'enlèvement est protégé. Et j'ai reçu l'ordre, confirmé par plusieurs échelons de ne rien faire contre lui.
- Qui est-il ?
- Andrew Fengler, Monsieur
- Je vois, répondit-il sans sourciller. Et ?
- Et je viens vous voir pour recevoir un autre ordre.
- Lequel ? »
Il faisait mine de ne pas comprendre pour se laisser à chaque instant un peu plus de temps pour réfléchir et recomposer délicatement son personnage. Il connaissait de loin Spikings mais savait que c'était un homme de valeur qui ne se serait pas risquer à venir le déranger, s'il n'avait pas un motif très sérieux.
« Celui d'aller tirer de là mon agent, et donc de mettre la main sur Fengler.
- Spikings, j'avoue ne pas vraiment comprendre votre démarche. Vos supérieurs vous ont confirmé l'ordre de ne rien faire. Il faut vous y conformer.
- Monsieur, avec tout le respect que je vous dois, la vie d'un agent est en jeu.
- Très bien Spikings, mais ce n'est pas la première fois que la vie d'un agent est en jeu… Et c'est même leur rôle de se mettre au service de notre pays quelques soient les circonstances. ». Comme il continuait de ne pas comprendre, passablement agacé, il ajouta sèchement.
« Finissons-en Spikings, voulez-vous. »
Spikings savait qu'il ne lui laisserait pas plus d'une phrase ou deux pour inverser la tendance et poursuivre l'échange.
« Monsieur, l'agent en question est Lady Harriet Wingfield. ».
L'homme derrière le bureau leva tout de même l'œil, d'un intérêt limité mais existant.
« Lady Harriet Wingfield, de la famille de lord Frédéric Wingfield ?
- Sa fille, Monsieur.
- Et ?
- Harriet Wingfield n'agissait pas en tant qu'agent du SI-10 au moment de son enlèvement.
- Ah, et pourquoi donc ? ».
Spikings ne s'embarrassa pas des détails et lui indiqua
" Harriet Wingfield ne faisait plus partie des effectifs de la police au moment de son intervention mais agissait en tant que civil missionné par Scotland Yard »
L'homme pensa à ce vieux statut d'un autre temps qui avait laissé des civils de bon rang ou de bonne fortune agir pour le compte de l'État, ce qui avait crée bien des loupés dont certains historiques, mais aussi quelques belles réussites, non moins historiques elles aussi.
« Monsieur, Harriet Wingfield agissait comme civil et a mis sa vie en danger…
-Spikings, que voulez vous que je vous dise ? Fengler est un homme protégé et personnellement je ne peux rien contre ça. Quant à Miss Wingfield, ma foi c'est regrettable, mais …
- Monsieur, la situation est tristement parallèle, convenez-en. Deux civils au service du pays, l'un qui l'aide et l'autre en passe de le trahir de la pire des manières, et devinez qui est sauvé ? Si je peux me permettre le parallèle ne manquera pas d'être mis en avant par ceux qui auront vent de l'affaire.
-Et qui pourraient être ?
- Monsieur, Lord Wingfield, certes un peu original je vous l'accorde, est bien introduit. Ses relations ne manqueraient pas d'essayer d'éclaircir ce qui est arrivé à sa fille si par malheur… »
Spikings marquait un point. Les Wingfield étaient connus, cela ne faisait aucun doute. Dans cette configuration, que quelque chose d'explicable arrive à cette famille était recevable, la jeune Wingfield avait bien choisi son métier volontairement, que diable ! Mais si la réputation d'un sacrifice injustifié venait à se colporter à bon niveau, il ne viendrait que s'ajouter à une liste déjà quelque peu fournie d'actes questionnables endossés par l'homme derrière le bureau. Et qui sait quelle goutte ferait déborder le vase ? une goutte se transformant en une petite mare… Et puis ce Fengler, l'homme derrière le bureau ne le connaissait pas personnellement...
Finalement, il lui adressa pour conclure
« Spikings, vous pouvez disposer maintenant.
-Monsieur
-Attendez les ordres, Spikings, attendez les ordres.
-Bonne journée, Monsieur
- Bonne journée, Spikings"
Et Spikings en se retournant esquissa un demi sourire.
