Cela faisait un peu plus d'un mois depuis cette tragique expédition où le Bataillon d'exploration avait essuyé de nombreuse pertes. Entre les nombreux soldats tombés au combat, ceux ayant succombés à leurs blessures au sein même de l'infirmerie du QG, ceux encore en convalescence et ceux grièvement blessés au point de ne plus pouvoir partir en expédition pour cause de membres manquants, un seul pour les plus chanceux... Malgré tout ces derniers pouvaient rester affiliés à l'armée en tant que soutien s'ils le souhaitaient, ils étaient alors en charge de la cuisine, de l'entretien des lieux, des soins aux chevaux ou encore servaient de messager...
Mais pour ceux dont la mobilité était réduite à néant ou encore avec un état mental instable devenu dangereux suite au traumatisme, ces derniers étaient tout simplement répudiés, ils retournaient alors dans leur famille s'ils en avaient ou sinon ils étaient placés dans des hospices.
Le bilan de perte humaine suite à une expédition extra-muros n'était jamais immédiat, il ne se comptait pas juste à la fin de cette dernière, il y avait les conséquences qu'elle engendrait... Et c'est pour cela qu'après la 49 éme expédition, le Bataillon fut affaiblit, il manquait trop de soldat pour repartir à nouveau comme il était normalement prévu. Erwin Smith avait alors reportée la prochaine sortie au mois prochain.
Pendant ce laps de temps le Major ainsi que quelques soldats, qu'il sélectionnait soigneusement pour leurs qualités oratrices et sociales, partaient pour tenter de recruter de nouveaux soldats au sein de la Garnison ou encore des Brigades Spéciales. Et comme c'était également la période où les Brigades d'entraînement relâchaient une nouvelle génération de soldat fraîchement diplômée, Erwin venait alors en personne voir les nouvelles recrues de l'armée humaine et leur faisait un beau discours, comme il savait si bien les faire, sur le devoir et l'honneur d'offrir son cœur à l'humanité.
Ces recrutements étaient plus ou moins fructueux, mais une petite poignée de soldat de la Garnison et très rarement des Brigades Spéciales changeaient de corps d'armée, choix motivé par l'ennui, la recherche d'action, la curiosité, l'envie d'explorer, un esprit révolté d'être mis en cage ou un sens de devoir envers l'humanité. Et une toute aussi petite poignée parmi les nouveaux soldats issus des Brigades d'entraînement faisait le choix de s'engager dans le Bataillon. Ils étaient ridiculement peu nombreux, un chiffre presque risible aux yeux de certains... Mais chaque vie, chaque choix comptait pour le corps de l'armée à l'emblème des Ailes de la liberté.
Il restait donc presque un peu moins d'un mois pour former et préparer les quelques nouvelles recrues du Bataillon. Bien sûr, peu importe leur affection antérieure, ils savaient maîtriser l'équipement tridimensionnel et l'équitation. L'entraînement du Bataillon consistait principalement à renforcer ces acquis mais aussi à développer d'autres compétences qui pourraient servir voire même qui étaient vitales pour sortir en expédition. Comme savoir comment réagir aux ordres à l'extérieur des murs où la communication était plus subtile, une petite formation pour porter les premiers soins n'était pas de trop, savoir également faire face aux imprévus et agir en conséquence car tout ne se passait pas comme prévu pendant les expéditions.
Cependant malgré cette petite agitation et le petit souffle nouveau qu'insufflait l'arrivée de quelques nouvelles recrues, certaines choses étaient toujours les mêmes. Comme la petite routine des soldats plus aguerris qui à l'écho de la philosophie du Bataillon continuaient de regarder vers l'avenir et de vivre malgré le chagrin et les pertes. Car le temps défilait sans s'en soucier et que la vie ne les attendaient pas pour continuer de suivre son cours.
C'est ainsi qu'Erwin gardait son attitude impartiale qu'exigeait son rôle de Major, guidant ses hommes avec fermeté mais espoir. Il passait son temps sur la stratégie pour la prochaine expédition, soignant les détails, déterminait un objectif en particulier. Mais il ressassait également intensément les événements étranges de la dernière expédition sans trouver de réponses ou d'explications cohérentes...
Hansi était toujours aussi curieuse au sujet des titans, partageant sa passion et son intérêt débordant à qui faisait l'erreur de l'écouter. Elle passait des heures dans son laboratoire, en compagnie de son fidèle subordonné Moblit, tentant de résoudre le mystère des titans avec les éléments à sa disposition, malgré sa grande intelligence elle n'apprenait rien de plus que ce qu'ils savaient déjà... Mais il en fallait plus pour lui enlever sa détermination !
Mike mettait toujours un point d'honneur à prendre soin de ses hommes en les entraînant durement afin d'augmenter leur taux de survie. Et malgré son niveau élevé, il s'entraînait tout aussi rudement si ce n'est plus que ce qu'il imposait à ses subordonnés. Il était le prototype parfait du soldat. Droit, honorable, parlait peu mais bien, discipliné et rigoureux. Souvent grandement admiré par les nouvelles recrues, jusqu'à ce que... Aaaah ! ...Si seulement il n'avait pas cette étrange manie de renifler les gens...
Livaï était encore plus exigent lors de ses entraînements avec Mikasa, la poussant dans ses moindres retranchements, toujours et encore plus loin car il savait que c'était le seul moyen de vraiment la protéger. Elle devait devenir forte, effroyablement forte comme lui même plus. Quitte à ce que cette force devienne une malédiction, celle d'être toujours celui qui survit... C'était égoïste mais Livaï souhaitait au fond lui céder sa place dans ce domaine, plus que quiconque il voulait qu'elle soit celle qui survivrait. Qui lui survivrait.
Mikasa était toujours aussi prévenante envers Livaï, s'assurant qu'il dorme au moins le minimum et le plus sereinement possible, s'affairant à respecter ses normes de propreté et de ménage, encaissant sans broncher les fastidieux entraînements du Caporal et s'appliquant à être présente s'il avait besoin de quoi que ce soit. Elle était toujours cette personne loyale, attentionnée et soucieuse avec son habituel sang-froid. Aux yeux de tous, elle était comme la surface d'un fleuve paisible. Sereine, tranquille, lisse, imperturbable...
Si certaines choses étaient toujours les même, une avait imperceptiblement changée... La relation entre Livaï et Mikasa était passé à autre niveau, d'une implicite romance platonique à un début de romance traditionnelle . Ce n'était pas officiel, même si ça faisait très longtemps que des doutes et des suspicions étaient portés à ce sujet.
Faut dire qu'ils n'avaient jamais caché leur profond attachement mutuel. Mikasa par son côté attentionné et sa dévotion, Livaï par ses regards persistants et son intérêt superficiellement nonchalant. Et... Il était dur de ne pas émettre d'hypothèse quand une soldate emménageait dans les appartements de son supérieur, aussi proches soient ils !
Bien sûr, on pouvait quand même douter d'une relation romantique entre eux, après tout ils ne faisaient pas preuve d'effluve de tendresse en public. Non pas qu'ils cherchaient particulièrement à le cacher mais parce que ce n'était pas dans leur nature de s'exhiber de la sorte ou même de faire une annonce en grande pompe. Ils gardaient ces moments et ces attentions plus intimes quand ils n'étaient que tout les deux dans les appartements du Caporal. C'était un moyen de faire de la nouvelle tournure de leur relation, un monde à part et à l'abri, les coupant de la dure réalité comme un univers parallèle où ils étaient les seuls habitants.
Et parce que les débuts avaient été un tout petit chaotique, Livaï n'était jamais celui qui faisait les premiers pas ou qui prenait des initiatives. C'était Mikasa qui décidait de quoi, où, quand et comment. Ainsi il s'assurait que ce soit la soldate qui établissait les limites afin d'être sûr qu'il ne piétine jamais dessus à nouveau. Mikasa ayant un certain passé "relationnel" et étant encore relativement jeune, il ne s'agissait alors que de chastes baisers, d'autres plus langoureux, de petits câlins, de dormir ensemble.
Puis ça restait de toute manière tout récent, au mieux peut-être deux semaines. Sachant qu'en plus ils étaient tout deux inexpérimentés dans ce domaine même pire chacun semblait avoir ses propres lacunes.
Livaï avait tendance à être maladroit et sans tact, il n'avait pas de souvenir ni de référence de couple sain et heureux pour savoir comment agir, il était totalement en terrain inconnu. Depuis son enfance les seules relations femme/homme dont il avait été témoin étaient les hommes venant voir sa mère ou les autres prostituées... S'il avait fini par comprendre que ce n'était pas la norme, il n'en demeurait pas plus avancé pour autant dans ce domaine.
Mikasa au contraire avait une bonne notion de ce qu'était un couple, après tout elle avait grandit avec des parents éperdument amoureux l'un de l'autre... Cependant les années passées au bordel où on ne prévoyait pas de prendre en compte son avis ou son envie, où elle avait vu les hommes prendre plus de plaisir que les femmes qui parfois souffraient ou encore abordaient une petite expression de dégoût, lui avaient par conséquent laissé une petite appréhension pour aller plus loin que quelques petits baisers.
Elle avait besoin de temps, il avait besoin d'être sûr qu'elle soit prête. C'était ainsi que leur relation avait toujours fonctionnée et évoluée petit à petit, doucement avec du temps mais solidement avec de la confiance.
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Livaï et Mikasa arrivèrent au petit trot sur Skyfall et Balerion dans la cour intérieure du château du Bataillon. Ils rentraient tout juste de la forêt où le Caporal venait de faire subir un énième et fastidieux entraînement tridimensionnel à la soldate. Arrivés devant les écuries, ils descendirent de leurs chevaux, après une petite caresse sur le chanfrein noir de son fidèle destrier, Livaï l'attacha et commença à le desceller. Il s'arrêta dans ses gestes quand il vit Mikasa, immobile, regarder derrière lui en fronçant les sourcils, tenant toujours sa jument argentée par la bride.
En observant Mikasa toujours figée, Livaï l'interpella pour la sortir de sa rêverie. " Quoi ? J'ai frappé trop fort ? " dit-il en se demandant à la fois ironiquement et sérieusement s'il ne lui avait pas fait une commotion cérébrale durant l'entraînement. Sans un mot ni même regard elle passa devant lui avec une expression contrariée. " Oï ! " Il la suivit du regard tandis qu'elle se dirigea vers Dita qui sortait un cheval boiteux et amaigrit de son box.
Mikasa se plaça devant l'homme au foulard sur la tête. " Qu'est-ce que tu fais ? " demanda la jeune femme, la voix claquant froidement.
Dita tourna ses yeux sur le cheval gris dont il caressa tendrement l'encolure en le regardant tristement. " Il ne va pas y arriver... Alors je vais abréger ses souffrances. "
" Non, tu ne peux pas faire ça. "
Dita tourna son regard compatissant sur la petite soldate devant lui. " Mikasa... Sa blessure continue de s'infecter. Et malgré nos soins nous n'arrivons pas à l'enrayer... "
" Alors il n'y a qu'à l'amputer ! " s'entêta Mikasa en fronçant les sourcils et haussant le ton.
" Ça ne fonctionnera pas ! Ça ne suffira pas ! Regardes le ! Il n'a plus que la peau sur les os ! Il refuse de boire et de s'alimenter... C'est trop tard, il est à bout... " s'exclama Dita en élevant la voix à son tour, il regardait la jeune fille en fronçant les sourcils et avec incompréhension. Il ne comprenait pas pourquoi elle s'acharnait à ce point avec ce cheval. Mikasa s'avança et prit la longe des mains de Dita mais ce dernier ne se laissa pas faire et tenta de reprendre la corde à la jeune soldate. " Arrêtes ! Tu ne vois donc pas que ton entêtement ne fait que le faire souffrir d'avantage ! "
Erwin, Mike et Hansi sortirent du bâtiment et balayèrent la cour des yeux pour voir l'origine de ces éclats de voix qui les avaient interrompus dans leur réunion. Le Major s'avança tout en coulant un regard sur son Caporal impassible observant la scène toujours à côté de Balerion. Avec ses deux chefs d'escouade sur les talons, Erwin se dirigea vers les deux soldats se disputant. Alors que Mikasa venait de mettre méchamment Dita à terre sur les fesses. La voix d'Erwin claqua " Qu'est ce qui se passe ? "
Dita se releva en dépoussiérant son pantalon. " C'est elle ! Elle ne veut pas comprendre que continuer les soins sur ce cheval plus longtemps ne fait que le faire souffrir inutilement ! "
" Tu es censé prendre soin des chevaux et non les tuer. " répondit froidement Mikasa alors qu'elle caressait tendrement la joue du cheval dont la tête baissée était collée au torse de la soldate.
" C'est ce que je fais ! Contrairement à toi j'ai assez d'expérience pour savoir quand il faut arrêter de s'acharner ! "
Mikasa s'apprêtait à répliquer mais la voix sèche d'Erwin l'en empêcha " Ça suffit ! " Il observa silencieusement la soldate à l'expression impassible, il fronça ses sourcils et sans la quitter des yeux il interpella son subordonné. " Dita... Quel est le problème avec ce cheval ? "
" Il a été blessé à l'antérieur avant droit lors de la dernière expédition. J'ai essayé tout ce que je pouvais mais l'infection... Mikasa a essayé de le nourrir mais en vain. Il n'y a plus rien à faire alors je voulais l'emmener une dernière fois dans une belle prairie avant de... " Dita ne termina pas sa phrase au lieu de ça il désigna d'un lent signe de tête le petit pistolet à sa ceinture.
Erwin observa rapidement l'état pitoyable du cheval, effectivement ce n'était qu'une question de temps avant que l'animal passe l'arme à gauche. Le Major avait confiance en Dita, il avait l'expérience mais il aimait également les chevaux et faisait tout ce qui était en son pouvoir pour prendre soin d'eux. " Je vois... Dita fait ce que tu as à faire. "
Le soldat hocha la tête et s'avança vers le cheval gris dont la longe du licol était toujours entre les mains de Mikasa qui protesta. " Non. "
" Ackerman ! " Erwin fixa sévèrement la jeune fille dans les yeux, il sut alors qu'encore une fois elle n'écouterait pas. Il regarda Mike qui comprit l'ordre silencieux et s'avança vers Mikasa, il enserra la jeune fille par la taille en bloquant ses bras par la même occasion. Elle se débattait mais sûrement à cause ou grâce à son récent entraînement avec Livaï qui avait dû la fatiguer, elle était trop affaiblie pour réussir à se défaire de l'emprise de Mike.
Dita en profita pour reprendre, avec l'aide de Mike, la longe des mains de Mikasa, aussitôt fait il s'éloigna avec le cheval boiteux et partit en direction de la prairie.
Mikasa continua de se débattre, essayant de se dégager de la prise de Mike en gigotant, elle tenta de lui écraser les pieds mais ne fut pas assez rapide et son talon ne rencontra que le sol. Elle protesta, grogna.
L'écho d'un coup de feu retentit.
À ce son Mikasa eut un sursaut avant de se figer et d'écarquiller les yeux... Après quelques secondes de torpeur elle baissa la tête et murmura " C'était son cheval... "
Mikasa se mouva sèchement pour se dégager de la prise de Mike qui la laissa faire, il n'avait plus aucune raison de continuer à la maintenir, c'était fini. La jeune soldate se tenait debout, la tête baissée, les cheveux devant ses yeux, la mâchoire tendue, les poings serrés le long de son corps.
Livaï, qui était durant toute la scène non loin aux côtés de Balerion, s'approcha du petit groupe. Il n'était pas intervenu, pensant qu'il s'agissait plus de gaminerie qu'autre chose... Il fronça ses sourcils en observant la jeune fille qui semblait réagir de façon excessive. Ces derniers temps Mikasa était toujours calme. En y repensant peut-être trop calme...
Hansi s'approcha de la petite soldate. " Mikasa... C'était le cheval d'Isabel n'est ce pas ? "
Cette question déclencha un petit sursaut puis deux petites larmes silencieuses qui coulèrent le long des joues de la jeune Ackerman au regard caché par un le rideau noir de ses cheveux.
Hansi plissa les yeux tristement en regardant Mikasa. " C'est pour ça que tu ne voulais pas le laisser mourir... "
Mikasa releva la tête et parla avec une boule dans la gorge. " Mais maintenant il est mort ! " cracha-elle comme du venin.
Tous furent un peu surpris par le changement d'humeur soudain qui était passé par une petite tristesse silencieuse à une haine féroce. Ils ne pipèrent aucun mot quand elle continua.
" Ma mère... Mon père... Isabel... Farlan... Flagon, Sairam... " Elle avait appris à estimer Flagon son chef d'escouade qui avaient finit par apprécier et prendre soin de leur petit groupe. Sairam avait été très virulent envers eux au départ même si elle ne l'appréciait pas particulièrement, il était un camarade et son Lieutenant. " Ils sont tous morts ! Tout le monde est mort ! " cria elle à nouveau alors que la rage laissa place à la fatalité, elle commença à avoir les yeux qui s'agitèrent à regarder sans but autour elle. " Donc qu'est qu-... Je ne peux même pas-... " elle bafouilla, complètement perdue. Toujours sous les regards interloqués d'Erwin, Hansi, Mike et Livaï. Mikasa semblait agir comme si la mort de ses camarades venait tout juste d'arriver. Elle laissa sortir de ses lèvres une petite plainte étouffée alors qu'elle plaça ses deux mains sur sa tête qu'elle balançait légèrement comme pour essayer de nier ce qu'elle venait de réellement réaliser.
Livaï s'avança vers elle prudemment à la manière dont on pouvait approcher un animal sauvage et menaçant. En scrutant son visage si expressif, ses yeux larmoyants mais brillants, il se demanda depuis combien de temps il ne l'avait pas vu avec une expression si humaine sur le visage. Depuis combien de temps ses yeux noirs n'avaient pas brillés...
Et il réalisa, depuis cette maudite expédition... Depuis elle avait des yeux ternes et vides sans éclats, elle abordait sans cesse une expression plate... Elle avait donné suffisamment le change pour faire comme si tout allait bien, comme si rien n'était arrivé.
" Je n'ai rien pu faire... " Sa voix n'était qu'un murmure, elle serra une poignée de ses cheveux ébènes tout en reculant. Elle se jeta sur la porte d'un box, l'arrête de ses petits poings fermés en avant. Elle brisa le bois en s'exclamant rageusement. " ENCORE ! "
Voyant que Mikasa prévoyait de se jeter à nouveau sur les restants de la porte dont le bois brisé risquait de la blesser, Mike se positionna rapidement derrière elle et la saisit fermement par la taille en la soulevant et l'éloignant. Livaï se plaça devant et attrapa ses poignets alors qu'elle se débattait et balançait sa tête sur les côtés en fermant les yeux. " Mikasa, j'ai besoin que tu te calmes. " dit le Caporal d'une voix qu'il voulait calme mais ferme.
Mikasa hocha négativement de la tête, la voix toujours éraillée d'émotion. " Non... Non... Je ne peux pas ! " Elle réussit à porter une main sur sa tête. " Ça fait mal... "
Livaï approcha son visage. " Hey...Hey ! Regarde-moi. " Elle n'écouta pas... Elle s'efforça à garder les yeux fermés et la tête baissée. " Mikasa. Regardes-moi. " Au ton un peu plus autoritaire, elle daigna alors ouvrir péniblement les yeux, le regard perçant de Livaï s'ancra dans le sien en lui intimant silencieusement de se calmer. Ce qu'elle fit doucement, sa respiration devint alors petit à petit plus lente et moins saccadée.
Sentant que la jeune fille ne se débattait plus, Mike la relâcha doucement et se recula. Au bout de longues secondes, elle rompit le contact visuel en baissant la tête et se laissa tomber à genoux devant Livaï toujours debout, tenant encore fermement ses poignets. " Fais que ça s'arrête... S'il te plaît, fais que ça s'arrête... " supplia-elle en serrant un peu plus sa main sur sa tête victime d'une atroce migraine, alors qu'elle était remuée par de gros sanglots et que les larmes coulaient sur ses joues.
Elle perdait pied, les émotions qu'elle avait contenues étaient en train de la ravager soudainement comme un raz de marré. Engendrant une migraine qui la tenaillait de plus en plus fort... Une autre atroce douleur qu'elle n'arrivait pas à enrayer... Elle voulait simplement que tout s'arrête afin de ne rien ressentir... Et cela effraya Livaï. Car s'il y avait une chose qui caractérisait Mikasa, c'était ses émotions. Profondes, intenses, sombres, sincères.
" Mikasa... " Sa voix presque douce eut le mérite de faire ouvrir les yeux larmoyants de la soldate sur lui alors qu'il s'agenouilla pour se mettre à son niveau. Cependant Livaï resta silencieux, il l'avait interpellée sans réellement savoir quoi lui dire par la suite... Il observa son expression peinée et douloureuse...
Il se rappela que Mikasa lui avait confié que lorsqu'elle avait perdu ses parents, elle avait simplement voulu se laisser aller, ne trouvant plus l'intérêt de continuer. À la mort de sa mère, Livaï avait fait exactement la même chose. C'était Kenny qui lui avait dit que tout le monde était l'esclave de quelque chose, qu'il devait s'accrocher à n'importe quoi d'assez important pour lui pour continuer à vivre et à se battre, qu'il avait cet instinct en lui... Alors si Mikasa fonctionnait comme lui... " Trouves juste une chose en toi qui te rends forte. Une raison, un objectif, un rêve, une personne, n'importe quoi... Il n'en suffit que d'une seule. Trouves la et raccroches toi à ça... Trouves juste une chose qui te donne envie de vivre, Mikasa. "
La jeune Ackerman le fixa de ses yeux sombres mais brillants de larmes, il pouvait voir, à la manière dont ses pupilles noires s'agitaient comme si elles fouillaient dans les tréfonds de l'âme, qu'elle s'appliquait à suivre son conseil, il l'encouragea. " C'est ça... "
Mikasa laissa tomber sa tête contre le torse de Livaï, elle agrippa sa chemise fermement, et laissa les larmes de tristesse et d'acceptation couler sur ses joues rosies.
Livaï glissa ses mains des poignets de Mikasa pour les placer doucement mais fermement sur le dos secoué par les sanglots. Il ne disait rien, ne tenta rien, il clignait juste des yeux de temps en temps, attendant que Mikasa évacue la tristesse de la perte de Farlan et Isabel qu'elle avait contenue ces derniers semaines. Il attendait qu'elle expulse toutes les émotions qu'elle avait enfouies, elle devait passer par là.
Ce fut qu'après de très longues minutes, qu'il put entendre les pleurs s'atténuer petit à petit, les secousses des sanglots se calmer devenant plus lentes et espacées. Il sentit Mikasa tomber un peu plus contre lui, vidée de toute énergie, endormie. Livaï la prit doucement dans ses bras et se releva tout en gardant ses yeux sur elle.
" Elle va bien ? " s'enquit platement Erwin en s'avançant vers le Caporal.
Livaï leva ses yeux froids sur le Major. " Non. Elle ne va pas bien. " Il s'avança dans le but de regagner ses appartements, regardant alors devant lui. " Mais elle ira mieux. " murmura-il en tournant le dos à Erwin, Mike et Hansi.
Livaï ramena Mikasa dans ce qui était devenu leurs appartements privés, il la déposa sur leur lit, lui enleva ses bottes et les sangles de son équipement avant de la recouvrir avec les draps. En observant son visage ravagé, rougit et boursouflé, il entreprit de lui laver doucement le visage avec un gant humide. Effaçant ainsi les traces de larmes sur sa peau diaphane. Il se fit la réflexion interne qu'habituellement c'était la petite brune qui prenait soin de lui ou des autres de cette façon, pour une fois les choses étaient inversés.
La nuit tomba rapidement, Livaï était assis sur le rebord du lit où Mikasa dormait. Cela faisait des heures qu'ils devaient être ainsi, qu'il la regardait simplement. Livaï ne prit même pas la peine de répondre quand quelqu'un toqua à la porte de son bureau ni même de bouger quand il entendit les gongs de la porte grincer suivit par des bruits de pas.
Il releva simplement le regard quand Erwin, Mike et Hansi se tenaient dans l'encadrement de la porte de sa chambre. Le Major s'avança doucement dans la pièce, il regarda rapidement Mikasa avant de planter ses yeux bleus dans ceux du Caporal. " Vous devriez manger. "
Livaï regarda rapidement les deux chefs d'escouade avec chacun un plateau de nourriture entre les mains. " Plus tard. Quand elle sera réveillée. Posez les sur le bureau. " Il reposa ses yeux sur Mikasa tandis qu'Hansi et Mike firent ce qu'il demandait avant d'entrer dans la chambre.
Mike vint se poster au pied du lit, regardant le visage endormie de la fille de Liam. " Bordel, qu'est ce qu'elle nous a fait... "
Erwin croisa ses bras sur sa poitrine. " Je crois que c'était une sorte de déni. "
Hansi regarda son supérieur brièvement avant de poser ses yeux sur Mike qui levait un sourcil. " Ouais... C'est une sorte de mécanisme de défense de l'esprit quand il refuse un événement qu'il juge inacceptable alors il l'obscurcit du mieux qu'il peut afin de nier son arrivée. "
Mike fronça les sourcils en regardant Hansi. " Pourtant elle devait bien se rendre compte qu'Isabel et Farlan n'étaient plus là ?! Ce n'est pas comme ci elle continuait de leur parler... Elle les a même enterrés ! "
Hansi remonta ses lunettes sur son nez. " C'est plus subtil que ça... Mikasa à simplement dû dans une moindre mesure effacer de sa mémoire Farlan et Isabel sans les oublier, comment dire... Elle les a sûrement mis dans un coin de son esprit comme s'ils étaient en attente, ils n'étaient plus là mais pas morts non plus... Enfin je suis pas psychiatre... "
" Elle... n'a jamais prononcés leurs prénoms depuis. " La voix de Livaï était un murmure plat mais suffisamment audible pour s'attirer les regards d'Erwin, Hansi et Mike. Il fronça ses sourcils en fixant Mikasa. " Je viens juste de me rendre compte, qu'elle n'a pas prononcés leurs prénoms depuis qu'ils sont morts. Quand elle a ramenées leurs affaires que lui avait données Petra et Gunther, elle a agit comme si de rien, comme si elle n'était pas concernée. "
Livaï plissa ses yeux en se rappelant de chaque événement de ce dernier mois. Il revint mentalement à l'expédition quand Mikasa se tenait dans la boue devant lui... " Tu entends ?! Ne regardes pas ! " C'est ce qu'il lui avait dit et elle l'avait sagement écouté.
" Je lui ai dit ne pas regarder les corps de Farlan et Isabel... Et elle ne l'a jamais fait...Même à l'enterrement. " En se rappelant les obsèques de ses amis, il n'arrivait pas à se souvenir de Mikasa regardant les corps ou les trous creusés des tombes... Soit elle regardait au loin, soit elle le regardait lui... Mais jamais eux.
Des flash de souvenirs défilèrent dans la tâte de Livaï.
Mikasa lui serrant la main devant les tombes de leurs amis... Mikasa qui lui disait de manger, de dormir... Qui lui tendait son bras pour lui offrir son pouls... Qui l'enlaçait pendant qu'il écoutait les battements de son cœur... Qui lui cachait l'ecchymose qu'il lui avait involontairement faîte... " Je peux venir ici... Si tu le veux... Si tu en as besoin... " Mikasa qui se décalait pour lui laisser de la place dans le lit... Qui le sermonnait alors qu'il s'apprêtait à boire de l'alcool dès le matin... Qui lui disait qu'il valait beaucoup mieux que ça et qu'elle ne le laisserait pas sombrer... Et tant d'autres...
Livaï se mordit la lèvre et prit une mine contrarié, il s'aperçut alors que Mikasa n'avait fait que prendre soin de lui depuis. Elle avait dû prendre sur elle pour être là pour lui... Et parce qu'il n'avait pas payé suffisamment attention, il avait été un prétexte supplémentaire pour que l'attention de la jeune femme soit focalisée sur autre chose que sur la mort d'Isabel et Farlan.
Putain, jusqu'à aujourd'hui, il ne l'avait pas vu couler ne serait-ce qu'une seule larme... Il aurait dû se rendre compte que ce n'était pas normal... Il était censé être le plus mature, le plus responsable, le plus fort, celui qui la connaissait le mieux... Alors comment avait-il pu être aussi aveugle et égoïste ? Il avait clairement merdé...
" Arrêtes. " Livaï sursauta légèrement quand la voix d'Erwin le sortit brutalement des ses remords. " Ne t'aventures pas là dedans. Sur ce que tu as ou non fait. " ajouta le Major comme s'il pouvait lire des les pensées de son Caporal, mais ce n'était pas le cas il l'avait deviné à l'expression de Livaï, il l'avait lui même vu tant de fois dans le reflet de son miroir. " Personne ne peut revenir pour corriger ses actions. Alors apprends de tes erreurs et arranges toi pour ne jamais rien regretter. En tout cas ça marche pour moi. "
Livaï suivit Erwin du regard avec des yeux un peu écarquillés tandis que ce dernier sortit de la chambre suivit de Mike qui couva du regard une dernière fois Mikasa tandis qu'Hansi lui fit un petit salut de la main avec un timide sourire chaleureux et encourageant.
Cela lui fit mal de le reconnaître mais Erwin avait raison, ne pas regretter et aller de l'avant. C'était une bonne marche à suivre... Livaï reprit son expression habituelle et posa une main sur l'épaule de la jeune femme toujours endormie. " Mikasa. " Il la secoua doucement pour la réveiller. " Mikasa. "
Elle cligna doucement des yeux avant de déposer son regard encore un peu embrumé dans celui de Livaï. " Lèves toi, on va manger. " Sur ces derniers mots, il se rendit sans l'attendre dans son bureau. Il s'installa dans son fauteuil et plaça l'un des plateaux de nourriture devant lui. Il tourna son regard vers la porte de la chambre où se tenait Mikasa un peu amorphe. " Assis toi. " Elle s'exécuta sans entrain, regardant sans envie le plateau devant elle. " Manges. " ordonna-il à nouveau alors qu'il s'empara d'une fourchette et commença à manger. Tandis qu'il mastiquait la nourriture dans sa bouche, il leva les yeux sur Mikasa qui le regardait manger. Ils se fixèrent silencieusement , sans rompre le contact visuel Livaï reprit un nouveau morceau de légume tiède.
Poussée par l'ordre explicite et implicite de Livaï qui lui montrait également l'exemple, Mikasa commença à manger doucement à son tour sous l'œil avisé du Caporal. Ils finnisèrent rapidement leur repas en silence, Livaï se chargea de redescendre les plateaux en cuisine tandis qu'il avait chargé Mikasa de préparer du thé et de la tisane de camomille.
Ils burent tranquillement leurs boissons respectives, Mikasa était toujours un peu éteinte, Livaï ne faisait que la regarder ou plutôt l'examiner en silence. Songeur sur la manière dont il pouvait l'aider un peu plus... Ce qui lui paraissait plus logique c'était de ne pas se laisser aller ce que semblait commencer à faire Mikasa. Alors une fois leur thé fini, ils s'attelèrent à faire la vaisselle dans la salle de bain, comme d'habitude Livaï lavait tandis que Mikasa essuyait.
Il lui tendit la dernière tasse qu'elle prit nonchalamment, Livaï s'appuya contre le lavabo et croisa les bras sur sa poitrine en regardant Mikasa essuyer la tasse avec des gestes las. Il soupira légèrement en détournant le regard qui tomba alors sur la baignoire. Il fronça les sourcils, pensif, puis il enleva la tasse propre et essuyée des mains de Mikasa. " Tu devrais prendre un bain. " Elle leva les yeux sur lui tandis qu'il prit les tasses et la théière propres. " Tu aimes vraiment ça non ? " Sans attendre de réponse il sortit de la salle de bain, ce n'était pas une question il savait qu'elle aimait les bains, que ça la faisait toujours se sentir un peu mieux. Il se rendit dans son bureau afin de ranger les tasses et la théière dans leur belle boite en bois, observant attentivement le L noir ornant l'une des tasses, encore une chose qu'il lui devait...
Quand il revint dans la chambre il entendit l'eau couler, au moins elle semblait l'écouter sans trop résister, pour le coup l'influence qu'il pouvait avoir sur elle l'arrangeait actuellement. Livaï s'affaira à enlever les draps du lit afin d'en mettre de nouveaux. Il termina de faire le lit soigneusement en passant une main experte sur le drap pour en lisser la surface. Avant de regagner son bureau, il jeta un rapide coup d'œil à la porte fermée de la salle de bain.
Derrière cette même porte, Mikasa (après avoir pris une douche rapide afin de ne pas baigner dans sa propre crasse) entra dans l'eau brulante du bain, elle s'immergea jusqu'au menton, reposant sa tête contre la fonte. La chaleur de l'eau et l'ambiance tamisée due à la vapeur et aux deux trois bougies éclairant la petite pièce eurent le mérite de l'aider à se détendre un peu. Elle ferma les yeux quelques minutes, se concentrant sur la sensation de légèreté et de chaleur qui éliminait doucement la tension de chacun de ses muscles. Elle effleura d'une main la surface douce de l'eau savonneuse, produisant ainsi un petit bruit tout aussi doux et apaisant, la jeune femme ouvrit ses yeux, son regard évasif fixa l'autre extrémité de la baignoire. Elle vit pendant quelques secondes la silhouette fantomatique d'Isabel qui lui souriait avant de disparaître.
Sentant venir une petite douleur familière et pulsative s'immiscer à nouveau dans sa tête, Mikasa ferma les yeux et s'immergea complétement. Sous l'eau, tout semblait être suspendu, comme si l'on se retrouvait dans une autre dimension, la sensation d'apesanteur et de légèreté, seul le bruit du crépitement du monde du silence résonnait dans sa tête.
C'était de douces et apaisantes sensations. Elle était bien, comme dans une bulle...
Qui éclata quand elle sentit qu'on la saisit par les épaules et qu'on la ramena brutalement à l'air libre. Mikasa toussa plusieurs fois, sous la surprise elle avait ouvert la bouche sous l'eau, elle passa une main sur son visage et plaqua ses cheveux en arrière. Elle regarda alors, surprise et interrogative, Livaï qui se tenait devant elle avec une expression un peu apeurée et contrariée, secouant les épaules de la soldate qu'il tenait. " Qu'est-ce tu foutais ?! Ça fait au moins 2 minutes que je toques ! " Mikasa cligna des yeux, assimilant l'information, elle ne s'était pas aperçu du temps qu'elle avait passé sous l'eau et n'avait pas entendu Livaï frapper à la porte ni même entrer. " Ne me dis pas que tu voulais... "
Mikasa écarquilla un peu les yeux. " Quoi ? Non... " Voyant que Livaï la regardait toujours un peu suspicieux, elle ajouta d'une voix basse mais assurée en plantant ses yeux dans les siens. " Non. "
Livaï scruta sévèrement ses yeux et son visage cherchant à déterminer si elle mentait ou non, mais il vit que ce n'était pas le cas. Il la lâcha et s'assit à même le sol en s'adossant contre la baignoire, il lâcha un long soupir de soulagement en plaquant quelques cheveux en arrière. Il sentit alors ses mains et ses manches trempées.
Quand Mikasa ne lui avait pas répondu, il était rentré dans la salle de bain et dans la précipitation il avait plongés ses bras dans le bain pour remonter Mikasa. Il avait cru un instant qu'elle avait eu une pulsion suicidaire et avait cherché à se noyer... Elle lui avait fait une sacrée frayeur... Il pouvait encore sentir les effets de l'adrénaline dans son corps.
Le bruit de l'eau derrière lui le sortit de ses songes, il regarda alors par dessus son épaule. Tout ce qu'il vit fut une baignoire vide, il leva un peu les yeux pour voir Mikasa de dos venant tout juste de s'enrouler dans une serviette. Livaï détourna le regard et se leva.
Chacun de dos à dos vis à vis de l'autre, Mikasa se sécha délicatement les cheveux avec une serviette tandis que Livaï enleva son foulard qu'il plia soigneusement avant de le déposer sur un petit tabouret, puis il retira sa veste, ses sangles, ses bottes et sa chemise. Il mit les vêtements trempés dans le bac à linge avant de sortir de la salle de bain. Il se dirigea vers son armoire et en sortit un simple tee-shirt à manches longues blanc qu'il enfila. Au même moment, Mikasa sortit de la salle de bain dans sa chemise de nuit, Livaï se retourna en la regardant silencieusement se mettre dans le lit sous les draps propres et frais. Il se retourna pour la laisser dormir et se rendre dans son bureau afin de sûrement remplir quelques feuilles blanches, comme d'habitude...
Cependant Mikasa le retint par la manche. " Restes. " ajouta-elle doucement pour accompagner son geste. Livaï se retourna et la regarda un peu surpris, il était encore trop tôt pour lui pour dormir le peu d'heures dont il avait besoin et elle le savait. Et pourtant elle le lui en faisait la demande... Alors comment il pouvait dire non quand elle demandait quelque chose égoïstement pour une fois.
Toujours habillé, Livaï vint doucement s'allonger par dessus les draps propres et avec une petite hésitation il leva son bras, Mikasa vint se caler délicatement contre lui, posant sa tête et une main sur son torse. Il lui enserra fermement la taille et posa sa main sur la sienne en exerçant une petite pression. Mikasa se colla le plus possible qu'il était permis contre lui en fermant les yeux, voulant ainsi profiter au maximum de la chaleur corporelle de Livaï et de la sensation de sécurité qu'elle ressentait quand il l'étreignait si fermement. Livaï enleva la main sur sa taille pour la poser sur la tête de la petite brune, caressant doucement ses cheveux tandis qu'il déposa doucement ses lèvres sur son front avant de caler sa tête sur la sienne. Ces petits gestes prévenants eurent le mérite d'adoucir la petite mélancolie qu'elle ressentait. Alors bien au chaud et avec la main de Livaï glissant réitérément dans ses longs cheveux, Mikasa ne tarda pas à s'endormir avec une petite et douce tranquillité d'esprit malgré sa morosité.
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Hey !
J'espère que ce chapitre vous a plut, de mon côté je le trouve moins bien que les deux derniers... Pourtant c'était celui-là auquel je tenais le plus car je me suis servit de ma propre expérience pour décrire le déni que traversait Mikasa donc ça me tenait à cœur de bien décrire la chose car je sais que c'est pas évident à comprendre quand on ne l'a pas vécu soi-même...
Les gens pensent souvent qu'un déni à la mort d'un proche c'est continuer de croire que la personne vit encore, qu'on lui parle, qu'on a des hallucinations. Alors oui ça peut être comme ça mais pas que, il y a différentes nuances et degrés de déni propre à la personne qui traverse cette épreuve.
N'hésitez pas à me donner votre avis et vos conseils, suite à cela je pourrais éventuellement réécrire certains passages s'ils vous semblent incompréhensibles ou incohérents et m'améliorer pour la suite.
Comme vous pouvez le voir dans le titre, ce n'est que la première partie car le chapitre aurait été deux fois plus long que les autres sinon.
