Je tiens à remercier tout particulièrement les quelques lecteurs qui chaque semaine prennent le temps de me laisser quelques mots, vous n'imaginez pas à quel point, ils sont importants.

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Merci aussi aux lecteurs de l'ombre et tous ceux qui mettent cette fic dans leur follow ou favorit, ça me touche beaucoup.

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Merci à ma beta Cha pour son œil avisé.

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Enjoy

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Chapitre XXI : " Jour après jour, nuit après nuit "

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En ce lundi matin, ils ne sont que trois patients dans la salle. Castiel est déjà installé sur la table de kiné, mains croisées sur sa poitrine. Il observe un amputé fémoral en train de faire ses premiers pas entre deux barres parallèles. Il est assisté par un kiné et Hudson, les yeux rivés sur la prothèse de rééducation.

Cette barre de métal… Cette emboîture… Ce fantôme…

" Novak ", alors que Corbett se place délibérément dans son champ de vision.

Il cligne des paupières et détourne le regard.

Corbett ne rajoute rien. Il enfile ses gants, lui laissant le temps d'enregistrer cette image. Ce futur qu'il doit digérer et accepter.

" Aujourd'hui... ", appuyé contre la table "...après quelques exercices d'échauffement, on va s'attaquer au renforcement du grand pectoral ", en indiquant le haut de son propre torse. " Pour cela, on utilisera la poulie thérapie… Ensuite, nous ferons quelques push-up pour la ceinture abdominale et on terminera la séance par des mouvements de fessiers latéraux, histoire d'assouplir les articulations au niveau de la hanche ", joignant le geste à la parole. " Ça permettra d'éviter une boiterie à la marche ", en commençant à lui masser les cuisses. " Novak ", pour attirer son attention.

À contrecœur, Castiel lève les yeux vers lui.

" Dorénavant, les séances seront plus longues… Comptez 1 heure trente ", en commençant à le masser. " Pour ce qui est des assouplissements au niveau de la hanche, vous pourrez reproduire quelques exercices par vous-même, je vous montrerai lesquels, bien évidement ", précise-t-il. " Et ceci en tenant toujours compte de la plus importante des règles : ne jamais forcer ", en pliant lentement le genou droit.

Castiel l'écoute distraitement. Il se laisse manipuler telle une marionnette.

" Ça va toujours ? ", en poussant sur l'articulation pour la ramener vers sa cuisse.

Castiel dodeline de la tête.

" Pas de douleurs au niveau de la hanche ? "

" Non. "

" Parfait ", en pliant et dépliant le genou en appuyant sur le membre résiduel, tout en relevant le haut de sa jambe.

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Après plusieurs minutes à masser et assouplir ses muscles et articulations, Corbett et lui se dirigent vers une poulie haute à l'autre bout de la salle.

Le médecin positionne son fauteuil dos à la colonne de l'agrès et cale les roues avant d'ouvrir une armoire à portée de main.

" Tenez… Elles sont bien plus adaptées que les vôtres ", en lui tendant une paire de mitaines.

Contrairement aux siennes restées dans le cabinet du médecin, celles-ci possèdent un système de bandes velcro et le pouce est protégé en étant entièrement recouvert.

Castiel lève les yeux vers Corbett.

" Cadeau ", appuyé d'un clin d'œil.

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Les minutes suivantes, Castiel les passe à tirer sur les poignées de la poulie vers l'avant ou à les rabattre sur sa poitrine tout en suivant les instructions de Corbett qui corrige ses mouvements et sa position sur le fauteuil. Ses muscles lui font mal, mais cette douleur n'a rien à voir avec les autres.

Elle le libère. Chaque traction est une victoire sur lui-même.

Il abhorre autant qu'il aime ces séances. Elles lui rappellent son handicap tout en l'obligeant à y faire face.

Une demi-bouteille d'eau plus tard, il est à nouveau étendu sur la table de kiné. En sueur. Épuisé. Les exercices de fessiers latéraux le laissent éreintés.

" Bien bossé ", lance Corbett en ôtant ses gants.

Cette fois, Castiel accepte son aide pour basculer dans son fauteuil. Il n'en a plus la force.

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" Je vais demander à Robert de vous prescrire un complément alimentaire à base de protéines ", pensant tout haut. " Toujours pas de douleurs ? ", s'enquiert-il.

" Juste fatigué ", répond Castiel.

" C'est tout à fait normal ", mains sur les hanches. " Quelque chose me dit que nous allons faire du bon boulot, vous et moi ", d'un air satisfait.

Castiel baisse la tête et fixe les mitaines bien plus confortables que les siennes.

Quand les deux hommes quittent la salle, ils croisent une jeune femme et son médecin. Elle leur offre un large sourire.

Elle ne doit pas avoir plus de 25 ans. Elle est amputée du bras et de la jambe gauche.

Castiel et elle échangent un long regard, empli de ces mots que les médecins ne peuvent comprendre.

Jour après jour, nuit après nuit…

Reprendre le contrôle de son déséquilibre.

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Après la réunion du dimanche et les premiers rapports de Charlie peu concluants, à son grand désespoir de geek vaincue, Dean et Sam ont fait leur rapport sur leur dernière chasse en deux exemplaires avant de rejoindre chacun leurs pénates.

Sauf changement de programme de dernière minute, ils ne se retrouveront pas avant mardi. D'ici là, ils espèrent que Charlie en saura un peu plus sur leur mystérieux escroc en col blanc.

Dean profite du lundi pour faire le grand nettoyage. Non pas que la maison en ait vraiment besoin, mais ça lui occupe l'esprit et les mains. Fin d'après midi, il pousse le caddie au supermarché du coin, le remplissant de ce qui aurait du être le strict nécessaire, c'est-à-dire un pack de bière, une boîte de céréales, un paquet de café, un litre de lait, deux pizzas surgelées, deux hamburgers et leurs pains et, pour faire bonne mesure, un oignon et une tomate qu'il pose dans sa charrette du bout des doigts, sans oublier la sacro-sainte tarte aux pommes, sans quoi sa vie n'aurait plus aucun sens.

Foi de Winchester !

Tout en parcourant les allées, il ne peut cependant s'empêcher de piocher dans les chips et barres chocolatées. Il grimace quand il s'apprête à y rajouter deux boites de cookies qu'il remet en place en louchant sur son ventre qui n' a plus rien des abdos de ses vingt ans.

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C'est en picorant dans son paquet de chips, assis sur sa nouvelle acquisition, un rocking-chair sous son porche, qu'il retrouve Castiel au bout du fil en début de soirée.

La conversation n'a pas duré, mais ça n'a rien eu de gênant en soi. Castiel a parlé succinctement et uniquement de sa séance de kiné. De son côté, Dean a résumé son lundi en quelques mots en se plaignant de ses achats « de bouffe " impulsifs tout en croquant dans un chips.

Il a entendu Castiel étouffer un petit rire et ça lui a fait sa journée.

Ils se quittent en se promettant de se recontacter le lendemain.

Dean termine son paquet de chips tout en buvant une bière, une jambe recroquevillée sur son rocking-chair.

Castiel passe la fin de sa soirée à observer les étoiles. Les mêmes que là-bas. Pour la première fois, elles ne le rendent pas nostalgique ou amer.

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La semaine se poursuit sur le même rythme. Castiel retrouve Hudson le mercredi. Il lui fait essayer les manchons et emboîtures de ses futures prothèses, reprend des mesures, note la modification des moignons et assiste à la séance de kiné.

Castiel a du mal à quitter des yeux les deux prothèses posées à même le sol. Si Corbett et Hudson le notent, ils n'en disent rien pour autant.

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L'après-midi, il retrouve le docteur Visyak. Ils parlent de Johnson et de la rééducation. Castiel demeure distant et sur ses gardes. Il ne parle de ses séances de thérapie qu'en des termes techniques et phrases concises.

Visyak n'insiste pas.

Quand elle lui demande d'évoquer ses cauchemars, il se braque.

Le silence s'impose. Elle le brise en lui proposant un verre d'eau alors qu'elle s'en sert un.

Il refuse et joue nerveusement avec les scratch de ses gants. Bien qu'il ne les porte pas, ils sont posés sur ses cuisses.

Il cache ainsi le tremblement de ses mains, ce qu'il faisait auparavant en serrant ses accoudoirs.

Visyak n'est pas dupe. Elle se penche, fouille son sac et en sort une petite balle bleue pastel.

" Tenez ", en la lui tendant.

Il la regarde, circonspect.

" C'est une balle anti-stress… Vous la malaxez comme ça ", en la faisant jouer entre ses doigts.

" Je sais ce que c'est ", se vexe-t-il.

Pour toute réponse, elle la lui tend une nouvelle fois. Il finit par lâcher ses gants et s'en saisit.

" Ça vous évitera d'user le velcro ", en indiquant les mitaines.

" Merci ", marmonne-t-il en observant la petite balle en polymère.

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Il range les mitaines, joue avec celle-ci du bout des doigts.

" Mes cauchemars ", commence-t-il. " Ce sont toujours les mêmes ", rajoute-t-il après quelques secondes.

" Vous voulez en parler ? "

" Non ", en passant la balle d'une main à l'autre. " Je veux juste qu'ils disparaissent ", avec une colère mal contenue.

" Je peux vous aider. "

Il fait la moue et se renfrogne.

Elle n'obtiendra rien de plus qu'un silence obstiné.

" On se voit vendredi ? " alors que la séance touche à sa fin.

Il ne répond pas.

Elle se lève, range son carnet dans son sac, vide son verre d'eau et s'apprête à prendre congé.

" La mort ", marmonne-t-il en levant les yeux vers elle.

Elle le fixe, imperturbable.

" Vous vouliez savoir ", en les détournant vers la fenêtre.

" On en reparlera vendredi ", en lui offrant un sourire qu'il ne voit pas, mais qu'il entend dans sa voix.

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Devant son absence de réaction, elle sort. Elle s'adosse contre la porte en fermant brièvement les yeux.

Elle se redresse, tire sur les pans de sa veste et redevient le docteur Visyak.

Elle ne quitte pas Baker's house. Dans moins d'une heure, elle en animera le groupe de parole.

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Enfermé dans sa chambre, Castiel perçoit les cris, la colère et le désespoir dans les voix étouffées qui lui parviennent depuis la salle à manger.

Il se bouche les oreilles des mains, en vain.

Une porte claque violemment. Puis le silence et les larmes. Il ne sait pas qui pleure, il ne veut pas le savoir. Paumes écrasant à présent ses paupières.

Des soldats qui pleurent de trouille. Des blessés qui hurlent leur douleur. Des souffrances qui déchirent l'âme…

Ces mêmes larmes qu'on ne peut arrêter et qui affaiblissent plus qu'elles ne soulagent.

Les retenir pour ne pas briser le fragile équilibre. Craquer sous la douche ou sur les chiottes.

Jour après jour.

Nuit après nuit.

Rentrer et ne plus savoir comment le faire… ni quand… ni pourquoi…

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Castiel se balance sur lui-même. Puis il se souvient et sort la petite balle bleue glissée dans la poche latérale de son fauteuil.

Il se focalise sur le geste, une main dont les doigts se tordent dans ses cheveux, l'autre qui écrase sa douleur couleur pastel.

Dean l'appelle, il ne décroche pas. Il lui écrit un message laconique auquel Dean répond :

" À demain, Cass. "

Et lui répond :

" À demain, Dean. "

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Ce soir-là, au dîner, il manque deux personnes autour de la table : Rob et Sully.

Le bruit des couverts et des verres que l'on vide ne suffit pas à effacer leur absence.

Castiel finit la soirée dans le salon entre Abner et Portia, devant la rediffusion d'une comédie dont il ne connaît ni le titre ni les acteurs.

Quand il se couche, il n'en garde aucun souvenir.

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" Jeudi : Spaghetti alle vongole ", note un Dean septique, en pointant la devanture d'un petit restaurant italien de quartier aux rideaux tirés. " Alle quoi ? ", dubitatif, en se tournant vers son frère.

" Je crois que c'est un plat à base de fruits de mer ", lui répond Sam qui se tient en retrait.

" Tu me peux me dire ce qu'un mec qui a détourné plus d'un million de dollars viendrait foutre dans ce mouchoir de poche ? ", le sourcil en point d'interrogation.

" Manger ? ", un rien ironique.

" Très drôle, Einstein ", rictus mauvais. " Bon, on fait quoi, là ? ", en reculant d'un pas pour le rejoindre.

" Déjà, il faut s'assurer qu'il soit bien là… Charlie a juste précisé que notre fugitif avait contacté le propriétaire des lieux, un jour avant de prendre la poudre d'escampette… "

" La poudre d'escampette ? ", l'interrompt Dean, effaré. " Mec, tu me fais honte là ", outré.

" Avant de se tirer, si tu préfères ", en roulant des yeux, exaspéré.

" Je préfère ", satisfait, tout en scrutant la façade. « Continue ", en s'arrêtant sur la fenêtre au-dessus de l'entrée. " Tiens ! On nous reluque depuis le premier ", en croisant les bras.

" Ou c'est simplement un habitant inquiet qui vérifie qu'on ne s'apprête pas à fracturer la porte ", soupire Sam.

" Aussi ", avec une moue approbatrice.

" On pourrait passer par l'arrière et emprunter l'escalier de secours ? " propose Sam.

" On pourrait ", approuve-t-il tout en ne quittant pas la fenêtre du coin des yeux.

" Ou on attend que le resto ouvre et on tâche d'en savoir plus sur le proprio… "

"… et leur plat du jour ", poursuit Dean, faussement innocent.

" Amène-toi ", en souriant. " Ça n'ouvre pas avant 18 heures ", alors qu'il traverse.

" C'est notre homme ", lâche Dean en le rattrapant.

" Pardon ? "

" Te retournes pas… Putain ", l'invective Dean en le dépassant. " Je te dis que l'espion du premier, c'est notre homme. "

" Comment tu le sais ? ", en prenant sur lui pour ne pas se retourner et le voir de ses propres yeux.

" Cet abruti vient d'écarter les rideaux ", en sortant ses clefs de voiture de sa veste.

" Pile ou face ? ", en faisant le tour de la voiture.

" Pas de pile ou face qui compte, gigantor ", en le harponnant par-dessus le toit. " Je t'abandonne au coin de la rue, ensuite je fais le tour du pâté de maison : option escaliers de secours ", en ouvrant la portière.

" Je peux savoir pourquoi ? "

" Parce que c'est moi qui conduis ", prenant place derrière le volant.

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" Tu trouves qu'il ressemble à notre fugitif, toi ? ", enrage Sam en pointant le corps étendu au sol.

" Vu d'en bas ", tente de se justifier Dean.

" Visiblement, vu d'en haut aussi ", furieux en s'accroupissant auprès de l'homme.

" Oh ça va ! ", le rabrouant à grands coups de manivelles de bras. " L'erreur est humaine. "

" L'erreur ? ", scandalisé. " Dean… Notre fugitif est blanc. Cet homme est asiatique. "

" Ce sont les rideaux ", se défend-il, penaud.

" Je te conseille de trouver une explication plus plausible pour éviter la case prison, ou pire : la case Bobby ", alors que l'homme se réveille lentement.

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Dean s'excuse, explique à l'homme le malheureux malentendu dont il a été victime et la raison de celui-ci.

Il en est à proposer un arrangement à l'amiable quand la porte de l'appartement s'ouvre sur… le dit fugitif.

" Mais… ", bafouille Sam.

" Cours, Philip… Cours ", hurle la victime : pas si innocente que ça : de Dean.

" La ferme ", en le frappant une nouvelle fois. " Et toi aussi ", en menaçant son cadet du doigt. " Bouche ton cul. Y a Forrest qui se barre ", en abandonnant l'autre homme inconscient sur sa chaise.

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Sam hésite un instant à suivre son aîné avant d'opter pour l'escalier de secours. Il dévale les quelques marches avant de bondir au sol et de filer droit devant.

Dean, lui, court comme un dératé derrière son escroc en col blanc qui s'avère plus rapide qu'il ne le pensait.

Plus rapide, certes, mais moins prudent.

Des pneus qui crissent, un bruit sec et puis rien…

Dean tourne au coin de la rue et , au milieu de celle-ci, le corps de l'escroc au col blanc, heurté de plein fouet par une camionnette de livraison.

" Et merde !", en reprenant sa course. " TOI… Appelle une ambulance ou je te colle où je pense ", en arrachant le téléphone des mains d'un jeune garçon ne trouvant rien de mieux à faire que de filmer la scène.

Ce dernier s'exécute aussitôt.

Sam déboule de la rue voisine et rejoint son frère.

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" Ah bah alors, Forrest ", fait Dean, soulagé de voir son fugitif vivant, bien que mal en point. " On s'est mangé un chocolat ? ", accroupi, un genou à terre.

Il entend Sam soupirer, soulagé de voir l'homme vivant.

" Il est quitte pour quelques semaines d'hosto… M'est d'avis que ça doit ressembler à un puzzle là-dessous ", note Dean en indiquant les membres tordus sur le bitume.

Au loin, les sirènes de l'ambulance résonnent.

Phil " Forrest " Humprey en sera quitte pour une double fracture à la jambe et une épaule démise.

" Je te l'avais dit ", fanfaronne Dean. " J'ai le pif ", en se le tapotant.

" T'as surtout du bol ", rétorque Sam.

" T'es juste jaloux ", en faisant tourner ses clefs sur son doigt. " Tout ça parce que, grâce à moi, on a pu arrêter son complice ", fier comme un coq.

" Vaut mieux être sourd que d'entendre ça… "

La suite se perd dans l'habitacle.

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Quand ils débarquent à l'agence le vendredi soir, ils apprennent par Charlie que la police a découvert sur un des fichiers du complice d'Humprey une liste de 412 personnes victimes d'escroquerie à l'assurance. Une nouvelle enquête est ouverte.

Tout cela parce que mon frangin est bigleux, se dit Sam bitchface numéro 10.

Il n'a pas fini d'en entendre parler de cette chasse.

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Il est près de 20 heures. Castiel vient de raccrocher. Il a refusé de parler de sa journée à Dean. Que dire de toute manière ?

Il a refusé de parler de " ses morts " à Visyak… La moitié de leur entretien n'a été que silence ou banalité.

Il a cependant accepté de la revoir. Il ne lui accorde pas encore sa confiance, mais il apprécie qu'elle ne cherche pas à lui forcer la main.

Il a pris tous ses repas avec les autres résidents avec qui il n'a guère échangé que quelques mots.

Mais il reste pendant et après.

Jour après jour…

Nuit après nuit…

Il regarde le téléphone dont l'écran vient de s'éteindre. Il se demande combien de temps Dean va encore tenir sans se lasser.

Dean et ses aventures rocambolesques qui viennent d'éclairer sa journée. Il sourit à son reflet quand on frappe à la porte.

" Oui ", ne pouvant cacher la pointe d'exaspération dans sa voix.

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Elle s'ouvre et, dans la vitre, une ombre familière. Un fantôme inattendu…

" Bonsoir, Cassie ", les mots trébuchent.

Doucement, le fauteuil se retourne. Gabriel se tient sur le seuil de la porte. Il est habillé en civil, sans cravate et le premier bouton de sa chemise est ouvert.

" Gaby ", mains crispées sur ses accoudoirs

Il voudrait lui hurler de foutre le camp. De quitter cette chambre, cette maison.

Il voudrait faire taire le bruit de ces battements sourds dans ses oreilles.

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Gabriel est là… Malgré tout ce temps, malgré leur amitié trahie, ses silences et son rejet.

" J'ai cru ne jamais te revoir vivant ", amusé, mais son sourire n'a rien de joyeux.

Il est empli de tristesse, de déception aussi et d'appréhension surtout.

Castiel est incapable d'articuler le moindre mot, ses lèvres bougent, mais rien ne sort. Il a mal.

Tellement mal.

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" Hey hey hey ", se reprend Gabriel devant le visage blanc comme un linge de son ami. " Tu vas pas me claquer dans les mains maintenant qu'on s'est retrouvé quand même ? ", en s'accroupissant, main sur sa joue.

Les iris noyés d'une amitié retrouvée.

Castiel ne trouve d'autre réponse que de se jeter dans ses bras. Il le serre… Il le serre à l'en étouffer.

Il crève de l'avoir retrouvé.

" Ça va aller, Cassie… Ça va aller ", en le serrant à son tour. " Je suis là… On est là "

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Et Castiel s'accroche à sa veste comme un naufragé à sa bouée. Il refuse de le lâcher. Incapable de parler, d'émettre le moindre son.

Incapable de pleurer, les yeux secs et le cœur en larmes.

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Fin de chapitre XXI

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En espérant que ce chapitre et ces retrouvailles vous auront plu. On se retrouve dimanche prochain si le coeur vous en dit.

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Love you