Disclamer : Et c'est à partir de maintenant que l'ambiance va commencer à se réchauffer…Soyez patient et ne craignez pas les montagnes russes.

JAROD

La situation était tendue, du moins c'est ce qu'elle était censée être. Et j'aurai dû continuer à me sentir alourdi par la rancune – d'avoir été abandonné – et la colère suite à cette capture aussi bête qu'imprévisible. Oui, nous aurions dû nous cantonner à nos rôles respectifs. Mais en étions-nous seulement capables sans caméra, sans observateur, sans personne pour nous juger et nous dire quoi faire ? Nous étions coincés dans ce chalet, pris au piège par une tempête et nous ne pouvions rien faire de plus si ce n'est attendre une possible accalmie – que j'espérais secrètement ne voir jamais arriver – Attendre était de toute façon l'une de mes spécialités et puisque de ce fait j'étais en plus du genre patient, je ne craignais point les heures d'attente. Je ne craignais qu'une chose, la fin de tout ça.

J'avais donc cédé et m'étais défait de mon surplus vestimentaire. Je devais à tout prix faire remonter la température de mon corps au risque d'être terrassé par une hypothermie. Et voilà comment je me suis retrouvé en caleçon, avec un débardeur blanc qui me collait encore à la peau. Je n'étais que moyennement gêné dans le fond, car je n'étais pas pudique. Cependant, pour une raison que j'ignore encore, voir Parker en faire de même, avait fait naître en moi bien des choses, comme la première fois où ses lèvres frôlèrent les miennes alors que nous n'étions que des enfants. Elle semblait capable de faire naître en moi de telles sensations que je n'avais pas éprouvées même avec Mia, cette charmante jeune femme dont je m'étais épris quelques mois auparavant. Je pensais encore à elle et à ce que nous avons vécu dans ce parc. Je revois encore le feu danser près de notre tente, son corps contre le mien. C'était doux et agréable pour une première fois. Bon sang ! Étais-je vraiment en train de penser à une autre femme et à l'amour que nous avions fait ensemble ? Et pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Je me sentis encore plus gêné lorsque Parker vint se coller à moi. Elle était quasi nue, non rectification, elle était nue.

Nous nous retrouvâmes au sol, son visage éclairé par la lueur de flammes. Je crus rêvé quand l'espace d'un instant je pus voir dans ses deux prunelles aux couleurs de l'océan, cette lueur qui me faisait fondre lorsque nous étions enfants. Je ne pus donc m'empêcher de lui sourire lorsque presque innocemment elle me « suggéra » de retirer ce qu'il me restait pour entraver la progression du froid. Mon regard plus intense qu'à l'accoutumée, capta le sien et malgré la relative obscurité, je savais qu'il était fort probable qu'elle puisse lire en moi comme dans un livre ouvert par cet échange de regards. Et alors que je m'apprêtais à lui dire de m'enlever tout ce qu'elle voulait m'enlever, elle entreprit de soulever ce maudit débardeur qui me collait encore à la peau. Et sans que je ne sache expliquer comment ni pourquoi, en l'espace d'une seconde, nous nous retrouvâmes au sol, moi sur le dos, elle sur mon torse et je ne pus m'empêcher d'éclater de rire lorsque je constatais l'état de mon habit.

« - Si c'était mon débardeur fétiche. » renchéris-je avec ironie sans la quitter des yeux. Ma main gauche se posa alors sur sa joue avant de saisir une mèche venue obstruer ce si beau visage que j'aurais pu fixer durant des heures à présent, sans m'offusquer d'y passer autant de temps. Nos regards se croisèrent à nouveau. J'étais complètement désarmé, car jamais encore on ne m'avait regardé de la sorte. Sa main glissa alors le long de mon torse pour finir sa course sur ma hanche. « - Je t'en prie… » lui répondis-je presque aussitôt avec une certitude qui me surprit moi-même. Mon cœur battait à son rompre et mon bas-ventre en feu plus encore lorsque ses lèvres s'écrasèrent contre les miennes. Nous venions de franchir une première limite si bien que je me sentis obligé de reculer presque aussitôt.

« - Non… on… C'est dangereux ! Tu es dangereuse… » Ma raison venait de prendre le pas sur la passion, je me maudissais déjà d'avoir prononcé ces mots.

PARKER

Le corps est une machine incroyable, capable de résister à bien des choses avant de finalement céder et rendre son dernier souffle. Le mental aussi, mais à un degré différent. Selon les individus, l'un ou l'autre est plus fort. Pour ma part en cet instant, mon corps allait à peu près bien, bien que soumis à un froid qui ne lui plaisait pas, mais mon mental était soumis à des affres inattendues. Pour Jarod, c'était son corps qui souffrait, il semblait avoir terriblement froid et sans que je ne comprenne pourquoi, cette simple idée m'avait été insupportable, alors j'avais tout mis en œuvre pour le tirer de cet état.

Nous venions de nous poser au sol devant cette cheminée dont émanait la douce chaleur des flammes dansantes du feu qu'il avait allumé. J'étais contre lui, nos jambes imbriquées l'une sur l'autre, et j'avais entrepris de lui enlever son débardeur détrempé dont les fibres cédèrent à la tension quand nous perdîmes l'équilibre. Il était sur le dos, torse nu à présent, l'une des couvertures sous lui, le séparant du sol, et moi j'étais sur lui. Nos poignets liés, quand je plaçai chacune de mes mains de part et d'autre de son visage, j'obligeai alors sa main droite à être près de sa tête. Ce torse… grand dieu avais-je déjà remarqué cette musculature si bien dessinée ? Je mentirais si je disais que je ne trouvais pas ce corps attirant. Je trouvais Jarod attirant. Je redevenais cette petite fille qui avait le béguin pour son copain de jeux ? Vraiment ? L'alcool me tournait la tête, je ne voyais pas d'autre explication.

Sa réponse sur son débardeur fétiche me fit esquisser un sourire en coin tandis que nos yeux s'ancraient l'un à l'autre. Sa main libre caressa ma joue et je fermai les yeux tandis qu'il remettait l'une de mes mèches de cheveux trempés qui gouttaient sur lui. Mais il avait encore du tissu mouillé sur lui qui ne nous aidait vraiment pas à garder de la précieuse chaleur qui nous faisait défaut. Je lui demandai alors la permission de l'en défaire, ce qu'il accorda. Aussitôt, ma main glissa le long de son torse pour se saisir de l'élastique de son caleçon et l'abaisser autant que la longueur de mes bras le permettaient. Il était assez grand pour gérer le reste tout seul. Mais là, allongée au-dessus de lui, son regard plongé dans le mien, nos deux corps nus l'un contre l'autre, et ce besoin de nous réchauffés, mes pensées perdirent totalement l'axe du raisonnable et mes lèvres vinrent alors se saisir des siennes. Alors que mon corps s'embrasait à ce contact, je le sentis s'en soustraire. Mon regard trahissait l'incompréhension et je l'entendis déclarer que j'étais dangereuse. Je restai interdite quelques secondes avant d'éclater de rire en me redressant.

- Ah, au moins tu le reconnais !

Je me penchai vers lui, plus féline que jamais.

- Actuellement, le plus grand danger qui nous guette, c'est l'hypothermie.

J'étais accoudée de part et d'autre de sa tête, mon corps de tour son long posé contre le sien.

- Je suis peut-être pas un génie mais je crois deviner qu'une partie de ton corps fait mentir ta raison. Tu devrais peut-être boire un verre ou deux toi aussi, dis-je avec un sourire en coin.

Apparemment, son mental lui aussi avait quelques soucis, plus ancré dans une réalité qui pour le moment m'échappait. J'étais focalisée sur l'instant présent, sur le fait que je ne voulais pas mourir de froid, et que peut-être cette excuse me suffisait pour l'heure. Aurais-je besoin d'en trouver d'autres ultérieurement ? L'avenir le dirais, je n'étais pas apte à y réfléchir. Je voulais avoir chaud et je le voulais lui.