Bonjour, bonsoir & bienvenue !
Un petit chapitre aujourd'hui avec la présence de Bonney. Une sorte de parenthèse où il ne se passe pas grand chose.
Comme toujours, les personnages ne sont pas de moi, mais de Oda.
Enjoy ;)
L'amour comme une fleur
...
Chapitre 09
...
- La première chose à savoir sur ce couronnement, déclare le maître, c'est que ce n'est qu'une formalité pour Mademoiselle Perona et Monsieur Roronoa.
Robin est assise dans le canapé du petit salon. Le maître fait les cent pas devant elle.
- Ils ne seront présents que pour accompagner leur sœur dans cet épisode important de sa vie. Rien de plus. Ils n'ont aucun droit de parole, aucune chose à faire.
- Ils font de la figuration, en quelque sorte.
- Oui, Mademoiselle. Oui, exactement. Ils font de la figuration. La cérémonie va se dérouler de la manière suivante : les invités vont entrer un à un dans la salle de couronnement. C'est sur invitation, donc il n'y aura que des grosses pointures. Ensuite, Monsieur et Mademoiselle, vous et moi-même, allons entrer par une petite porte pour nous asseoir dans la partie qui est dédiée à la famille, une espèce d'alcôve décalée par rapport au trône. Ensuite, la reine Jewelry fera une entrée en fanfare, sous les applaudissements. Et enfin, la Princesse arrivera, par le fond de la salle et devra passer devant tous les invités pour rejoindre le trône. Quand la Princesse entrera, il faudra se lever et applaudir. Si elle vous jette un coup d'œil, il faut dévier le regard et s'incliner. C'est la règle : on ne regarde jamais la Reine en face en cérémonie officielle. À part si on y a été invité, évidemment.
Il se racle la gorge et poursuit :
- Ensuite, la cérémonie va se dérouler. Je préfère vous prévenir, cela risque de vous sembler bien long et un brin ennuyeux. Vous ne serez pas obligée de tout écouter. À la fin de la cérémonie, lorsque l'actuelle Reine va laisser sa place à la Princesse, il faudra se lever et écouter le serment, applaudir à la fin… Jusqu'ici, il n'y a pas de mystère, il vous faudra procéder par mimétisme : faites ce que fait Monsieur et le tour est joué. C'est ensuite que ça se corse…
Il invite Robin à se lever. Elle se dresse, droite comme un piquet.
- Une fois que la Princesse Bonney sera officiellement Reine, il y aura ce qu'on appelle la « présentation à la Reine ». Tous les invités vont venir, littéralement, lécher les bottes de la Reine.
- Comme vous y allez, maître…
- Oui, j'exagère un peu mais c'est le jeu. Chacun va s'avancer, s'incliner devant la Reine, la congratuler… Monsieur et vous-même passerez en premier. Mademoiselle Perona en second. Je passerai ensuite et après, ce sera le défilé des couronnes. Lors de votre passage, il faudra vous mettre face à la Reine, tête baissée comme ceci…
- Pour ne pas regarder la Reine en face, c'est cela ?
- Exactement. Donc, vous baisserez légèrement la tête et le regard. Vous le faites très bien. Ensuite, vous basculerez votre poids du corps sur votre jambe droite pour soulever doucement la jambe gauche. Votre pied gauche prendra appui, comme ceci, légèrement en arrière et vous plierez les jambes, doucement, sans jamais courber le dos et en gardant, évidemment, la tête inclinée, comme ceci. Faites-le pour voir.
Robin s'exécute. Le maître lui lance un sourire.
- C'est très bien ! L'idéal serait de vous entraîner avec une robe. Le tissu vous gênera forcément pour plier, il faudra donc que vous le teniez du bout des doigts. Mais vous avez déjà une belle posture. Montrez-la moi à nouveau, je vous prie !
Robin baisse la tête, passe son pied gauche légèrement en arrière et plie les jambes sans courber le dos.
- La respiration idéale à avoir est d'inspirer discrètement juste avant de s'incliner et d'expirer en douceur et par le nez tout le temps de la révérence. Monsieur se maintiendra certainement en position pliée quelques secondes avant de remonter. Il faudra vous calquer sur son attitude. Nous répèterons tous ensemble plus tard, lorsque tout le monde sera libre.
- Bien. Et ensuite ?
- Ensuite, il faudra vous éloigner et rejoindre le banc des proches, sur le côté. Vous vous laisserez guider par Monsieur. Après, comme d'autres personnes vont défiler, certaines vont peut-être s'approcher de vous pour échanger quelques mots avec Mademoiselle ou Monsieur. Il faut saluer en inclinant la tête et sourire très légèrement. Ne jamais éclipser la beauté de la Reine d'aucune manière.
- Tout ceci est très contraignant.
- Je vous l'ai dit, Mademoiselle. Vous ne vivrez cela qu'une seule fois dans votre vie.
- Et si jamais on me pose des questions ?
- Si d'aventure on vous parle directement, Mademoiselle Perona se fera un plaisir de vous enseigner quelques mots à sortir à vos interlocuteurs. Vous travaillerez certainement cela en soirée.
- Très bien. Et pour sortir ?
- Ah oui. Et bien, une fois que toutes les couronnes auront pavané devant la nouvelle Reine, chacun ressortira par la porte principale. Et vous, vous resterez jusqu'à la fin. Pour que Monsieur et Mademoiselle profitent de leur sœur… et peut-être leur aïeule.
Robin approuve d'un signe de tête. Au même instant, la porte s'ouvre sur Zoro. Il s'approche en époussetant son pantalon.
- Je suis désolé maître, j'ai un peu traîné.
- Ce n'est rien. Approche. J'ai expliqué à Mademoiselle Robin le déroulement de la cérémonie. Pourriez-vous lui enseigner la bonne façon de marcher ?
- Bien sûr.
Il s'approche de Robin en lui tendant son bras. Elle y glisse sa main et le regarde avec anxiété.
- On démarre toujours du pied droit. Si jamais nous sommes en décalage, ne vous occupez pas de moi, je ferai mon possible pour me remettre à votre hauteur. Allez-y, marchez.
Elle commence à marcher, à petits pas. Zoro la guide dans le petit salon. Le maître les regarde et pousse un soupir.
- Monsieur, enfin, votre dos…
- Toutes mes excuses, maître, gronde le jeune homme.
Robin ne peut pas s'empêcher de ricaner.
- Cela vaut aussi pour vous, Mademoiselle. Garder la tête haute et digne, essayez d'oublier vos pieds. Voilà, c'est une belle posture… Monsieur, faites un demi-tour. Avec élégance, Monsieur…
Alors que le maître leur donne des indications, la porte s'ouvre à nouveau sur Perona et sa sœur. Elles observent discrètement leur frère et sa fiancée. Bonney plisse les yeux.
- J'ai bien fait de venir plus tôt.
- Qu'est-ce que tu en penses ?
La future Reine pousse un soupir.
- C'est une jolie fille. Mais mon frère va devoir être patient pour avoir sa confiance.
- Je trouve qu'ils vont bien ensemble.
- Tu n'es pas objective, petite sœur.
La plus jeune fait la moue et déclare, en tirant la manche de sa sœur.
- Viens. Allons nous présenter.
Et Perona pousse en grand la porte du petit salon. Le maître se retourne et lui sourit, inclinant la tête à la vue de Bonney.
- Princesse, déclare-t-il. Bienvenue dans mon humble demeure.
- Vous allez me faire le coup à chaque fois, maître ?
- Oh Bonney ! s'exclame Zoro en se tournant vers sa sœur. Tu vas bien ?
La future Reine pousse un soupir en se frottant le ventre.
- Je suis stressée ! Et j'ai faim. Mais sinon ça va.
- Je vais prévenir le chef que nous passons à table, déclare le maître avant de sortir.
Zoro enserre sa sœur dans ses bras puis, il tend la main vers Robin et déclare :
- Bonney, permet-moi de te présenter Nico Robin, ma fiancée.
- Enchantée, déclare Robin en inclinant poliment la tête.
- Enchantée, répond-elle. Je suis ravie de savoir mon frère devenu enfin responsable. J'ose espérer qu'il prendra bien soin de vous, Mademoiselle.
- Il… euh… Il est d'une patience extraordinaire et d'une gentillesse inégalable.
Bonney sourit alors que Perona pousse un soupir exagéré.
- Ce qu'il ne faut pas entendre…
- Hey ! s'écrie Zoro.
- On ne crie pas dans mon salon, s'il vous plait les enfants ! gronde le maître alors qu'il apparaît à nouveau dans l'encadrement de la porte. Vous le savez pertinemment. Lavez-vous les mains. Nous allons passer à table…
...
Le déjeuner est un enchantement pour Robin. Elle déguste des plats qu'elle n'avait jamais vus. Elle écoute avec attention les anecdotes hilarantes sur son fiancé et sa fratrie. Même le maître a droit à son moment de raillerie, ce qui ne lui plait guère. Tout le monde rit de bon cœur et Robin commence à se sentir tellement à l'aise, qu'elle sent un sourire étirer ses lèvres.
Après le repas, comme le temps est clément, le maître propose de prendre le café sur la terrasse, ce que la Princesse s'empresse d'accepter. Elle et sa sœur se retrouvent en quelques secondes allongées sur les transats, lunettes de soleil sur le nez, toutes manches relevées, pour « faire le plein de vitamines ». Zoro ricane dans son coin alors qu'il sert le thé au maître et du café à Robin.
- Ne vous endormez pas, mesdemoiselles ! Je vous rappelle, Princesse, que vous devez repartir pour 16h et Mademoiselle Perona a encore une leçon à donner à Mademoiselle Robin, n'est-ce pas ?
- Hein ?! s'étonne la plus jeune. Mais… C'est à quel sujet ?
- Le maître veut que tu donnes quelques phrases toutes faites à Robin, afin qu'elle sache quoi répondre si par ailleurs quelqu'un chercherait à lui faire la conversation le jour du couronnement…
- Ah, ce n'est que cela ! Je vais tout vous montrer en un rien de temps, Robin, vous verrez. Cela sera d'une facilité déconcertante.
Le maître pousse un soupir de déception. Robin l'étudie attentivement. Fronçant un sourcil, le maître lui demande :
- Vous avez quelque chose à rajouter ?
- Non maître, je me posais juste une question.
- Allez-y sans crainte et posez donc !
- Je conçois que vous êtes comme un père pour ces trois jeunes gens. Mais n'avez-vous pas l'impression d'avoir un rôle plus important à jouer ? N'avez-vous pas envie d'être plus qu'un simple père ?
- Haaaaa ! s'écrie Perona en se redressant soudainement. Robin, vous avez vu l'heure ? Nous devrions immédiatement passer à vos apprentissages. Venez avec moi !
- Mais… Mon café !
- Vous le boirez en travaillant ! Quelle question idiote. Allez. À plus tard !
Et Robin se laisse entraîner sans rien comprendre, lançant des regards apeurés à Zoro. Son fiancé lui sourit, faisant taire ses inquiétudes d'un signe de la main. Un fois le calme revenu, Bonney éclate de rire sur sa chaise longue.
- Oh bon sang, je vous prie de m'excuser… Cette jeune femme, maître, a visé parfaitement au centre de la cible !
- Je n'ai pas besoin de vos commentaires, Princesse.
- Oh non maître, souffle Zoro. Vous rougissez !
- Je veux voir ça ! Oh mais ouiii !
Le frère et la sœur éclatent de rire alors que le maître, vexé, quitte la terrasse sans rien ajouter. Zoro et Bonney mettent dix bonnes minutes à se calmer.
- Nous sommes d'accord, Zoro, n'est-ce pas ?
- Oui bien sûr.
- Mais il a intérêt à se dépêcher… souffle Bonney.
Devant le regard incrédule de son frère elle ajoute :
- Grand-mère reçoit déjà des propositions de mariages pour Perona.
- C'est vrai ?!
- Oui. Mais, à chaque fois, elle les repousse en disant : « Tu t'en chargeras quand tu seras Reine ! »
- Tu crois qu'elle a deviné quelque chose ?
- Grand-mère a toujours eu un flair désespérément exact. Alors, je n'en serais pas étonnée !
Ils gardent le silence une minute ou deux, le temps pour eux de finir leurs boissons chaudes. Puis, Zoro se lève en déclarant :
- Je vais voir où en sont Perona et ma fiancée. Je prends ta tasse, grande sœur. J'irai la poser en cuisine.
- Oh merci mon Zozo t'es un amour.
- Ne m'appelle pas ainsi ! C'est dégradant !
- Désolée !
Zoro hausse les épaules en poussant un soupir. Il rentre à l'intérieur du manoir et va déposer dans l'évier de la cuisine les deux tasses sales. Il discute un instant avec le chef cuisinier puis, prend la direction du petit salon. Il ne trouve personne. Alors, il file à la bibliothèque. Là, il trouve sa sœur et sa fiancée, installées sur le canapé en velours taupe à discuter vivement autour d'un objet posé sur leurs genoux.
- Et là, déclare Perona l'air surexcité, c'est la première fois que Zoro a vu la mer ! Il avait quatre ans, regardez-moi cette horrible tête qu'il fait !
- Quoi ?! Mais… Perona qu'est-ce que… ?
- Oh ! L'album de maman ! s'exclame Bonney dans son dos. Que de bons souvenirs ! Faites-moi une place les filles !
Et sans se préoccuper de son frère, Bonney rejoint sa sœur et sa future belle-sœur sur le canapé, commentant les photos avec forces anecdotes et beaucoup d'humour. Zoro n'ajoute rien. Il prend un tabouret et s'installe auprès de ses sœurs. Il écoute d'une oreille les commentaires des filles mais garde son regard attentif sur sa jeune fiancée, étourdie par toutes ces histoires. Un sourire se dessine sur ses lèvres. Et ça, pour Zoro, c'est un immense pas en avant.
NdZ Bon la prochaine fois, on aura droit au couronnement de la Princesse Bonney. On avance, petit à petit. Merci d'avoir lu !
