Chapitre 8 Les Craft Atavisme et Eugénisme
Cimetière, Londres, le samedi suivant
Une marée de personnes était agglutinée dans ce cimetière londonien, amassés sous un crachin d'automne. Ces gens étaient venus rendre un dernier hommage à Dave Wilson. Parmis cette foule, se trouvait Persia Clark, accompagnée de sa mère et du professeur Chourave. Elle avait été présente lors de la terrible annonce à Alec, lorsqu'ils étaient redescendus pour qu'il puisse prendre quelques affaires avant d'emprunter une cheminée pour revenir chez ses parents préparer les obsèques, il avait dit à Persia qu'il s'y attendait peut-être pas aussitôt mais cela devait arriver, son grand-père était en effet atteint d'une déchirure de la veine aortique et qu'il refusait une opération, même après plusieures alertes.
Après son départ, Persia s'était entretenue avec le professeur Slughorn pour essayer d'obtenir le droit de se rendre aux obsèques qui avaient lieu ce samedi. Comme elle était parmis ses élèves préférées, il avait réussi à convaincre McGonagall et Chourave de la laisser venir. Mais ces obsèques avait quelque chose d'étrange : il lui semblait y avoir beaucoup de sorciers, nombreux accompagnés de jeunes enfants. Elle avait même repéré au milieu de la foule, le premier ministre Kingsley Shacklebolt, se demandant ce qu'il pouvait faire ici.
Persia patienta pour présenter ses condoléances à la famille très réduite d'Alec, ils n'étaient que trois après tout. Elle commença par présenter ses condoléances au père d'Alec, puis prit celui-ci dans ses bras suffisamment longtemps pour que la mère de celle-ci lui fasse comprendre d'avancer, et finit par Cassandra. Celle-ci la prit dans ses bras, à sa surprise et lui dit de repasser chez eux si ça ne dérangeait pas sa mère. Celle-ci autorisa sa fille à les rejoindre un peu plus tard tant qu'elle rentrait pour 19h avant de reprendre une cheminée pour Poudlard.
Logement des Craft, Chemin de Traverse
Persia rejoignit donc un peu plus tard la famille en deuil, Cassandra l'accueillit s'éclipsant de son salon où se trouvaient encore quelques personnes.
- Tu peux monter directement, je viendrai un peu plus tard voir si ça va. Par contre Alec n'est pas tout à fait dans son état normal.
- C'est logique au vu de la situation.
- Oui bien sûr, mais il n'a pas vraiment dormi depuis qu'il est revenu, il refuse la potion de sommeil sans rêves.
- D'accord, vous êtes sûr que je ne vous gêne pas?
- Non ne t'inquiète pas, ça lui fera du bien de voir quelqu'un, son père est resté avec lui toute la journée d'hier à la cave sans esclandre et je lui ai donné ce que son grand-père m'avait confié si ...
- Je comprends, c'est spécial n'est-ce pas? demanda Persia, sachant qu'il fallait bien cela pour perturber Alec.
- Oui et il a du mal à l'accepter.
Persia pût donc monter, la porte de la chambre n'était pas fermée et elle vit Alec assis sur son lit, il avait jeté sa veste dans un coin et semblait avoir passé ses nerfs sur certains objets. Il y avait une boite remplie de parchemins à côté de lui et un écrin. Elle frappa à la porte.
- C'est moi, fit-elle.
- Entre, ce qu'elle fit, viens t'asseoir.
Son ton était vraiment étrange, le fait d'être assise sur le même lit qu'Alec lui faisait bizarre, elle passa la main dans son dos.
- Je sais que c'est idiot comme question vu la situation mais est-ce que ça va?
- Ça va, juste un peu de mal à réaliser. Et surtout ce que j'apprends.
Elle regarda ce qu'il avait dans les mains, des parchemins écrits par des écritures différentes, et elle vit ce que contenait l'écrin : un ordre de Merlin, mais pas le classique qui était souvent apparu depuis la fin de l'année des ténèbres, elle put lire l'inscription :" Pour service rendu à notre communauté".
- Pourquoi il n'a jamais rien dit, ça fait des années que j'ai l'impression que les sorciers ne l'intéresse pas, qu'il n'a jamais vraiment accepté l'idée, expliqua Alec qui retenait des larmes, et là j'apprends ça.
- Alec... qu'as-tu appris qui te blesse autant ?
Alec se leva du lit brusquement, s'énervant en marchant dans sa chambre.
- Il a aidé des sorciers...lui que le mot magie exaspérait, il a aidé des sorciers pendant l'année des ténèbres. À fuir, à se cacher, tiens lis.
Elle ne releva pas le ton sec sur lequel il lui parla, il était bouleversé après tout. Elle lit quelques parchemins, des lettres de sorciers qu'il avait aidé à cacher usant de ses contacts dans le monde moldu pour les faire fuir l'Angleterre, ce qui expliquait le nombre de sorciers à l'enterrement et la présence du ministre. Elle dû aussi lire un carnet incompréhensible contenant une liste de nom: Pedro, Madrid FI; René, Brest, P; Avannah, Berlin, EU(S), et beaucoup d'autres.
- Je comprends pas le carnet, lui fit Persia avant de se rendre compte que peut-être cela ne la regardait pas.
- Moi non plus, enfin les signes à côté en fait, ce sont clairement des contacts sans doute sorcier, les lettres majuscules doivent être leur domaine de prédilection. Il le faisait aussi quand je l'aidais sur des boulots. Mais MERDE pourquoi il m'a rien dit...
Persia sursauta quand il haussa le ton et se leva, elle le prit dans ses bras pour le calmer.
- Si il était pas contre les sorciers, cet été j'aurais dû te le présenter il t'aurait appréciée mais j'ai pas osé, il voulait tellement qu'on passe l'été comme d'habitude.
- Arrête, il a dû être heureux de passer son été seul avec toi...c'est ce qui compte.
- Si je comptais tant que ça il m'aurait...
- Non Alec, l'interrompit Persia, ne dis pas ça, c'est plutôt l'inverse je pense.
- Quoi?
- Il voulait juste être un grand-père normal, pas un héros, pas à tes yeux, c'est peut-être la même pudeur qui te caractérise.
Elle lui expliqua que son grand-père, même si elle ne le connaissait pas, devait être comme lui, hésitant à exprimer ses sentiments et ses pensées profondes. Ils se rassirent sur le lit, Persia ôta sa veste et caressait le haut du dos et le cou d'Alec, ce qui l'avait toujours détendu depuis qu'ils étaient en couple. Il lisait les parchemins, découvrant de terribles histoires, les remerciements et les lui passaient ensuite. Elle était gênée d'être dans l'intimité de ce moment, qu'Alec voulait pourtant partager.
Au bout d'un moment Persia fut prise de panique, Alec s'était rapproché et s'affalait sur elle. Elle ne savait pas comment réagir ou même ce qu'il désirait, elle l'interpella inquiète:
- Alec qu'est-ce que tu fais?
Il ne répondit pas et s'affalait désormais de tout son long sur elle, elle avait le bras coincé par le poids de son petit ami. Elle fût prise d'un énorme doute, espérant vraiment se tromper, car même si il avait besoin de réconfort elle ne désirait pas ça, enfin surtout pas comme ça en ces circonstances.
- Alec, commença-t-elle très inquiète, je...pas comme...
Elle s'interrompit, sentant le souffle d'Alec sur son visage, le souffle de quelqu'un d'apaisé, d'assoupi. Elle regarda le visage d'Alec, et se rendit compte de sa méprise. Il venait de s'endormir, ayant évacué tout le stress et le ressentiment qui l'habitait. Elle ajusta sa position dans le lit et le regardait dormir. Elle desserra la cravate qu'il portait encore depuis le cimetière et l'enleva, déboutonna les plus hauts boutons de la chemise pour qu'il n'ait pas trop chaud. Le tout, elle le faisait dans un élan de tendresse, lui caressant la joue et les cheveux tandis qu'il dormait, elle s'en voulait de s'être méprise sur ses intentions, et profita de l'instant où elle voyait un Alec si différent de d'habitude, si vulnérable lui qui ne laissait jamais rien transparaître depuis qu'elle le connaissait. C'était aussi la première fois qu'il se trouvaient tous les deux dans le même lit, c'était étrange, surtout au vu de la situation. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était là mais elle sentit une présence dans la pièce, elle releva la tête et vit Cassandra, un plateau de thé dans les mains, en train de le déposer discrètement sur le bureau. Elle s'approcha de Persia et souleva délicatement la tête de son fils pour libérer Persia. Elle lui fit signe de la suivre dans le couloir en lui tendant une tasse de thé.
- Je suis désolée, c'est un peu gênant, fit Persia tout bas dans le couloir.
- Ce n'est pas gênant, c'est même assez mignon. Je voulais te remercier d'être là pour mon fils.
- C'est normal.
- Quand je vous ai vus, j'ai hésité à entrer, je me demandais ce qui passait. J'aurai pu déranger.
- Non non vous inquiétez pas, Alec et moi...
- Ne te justifie pas tout le temps Persia, tu n'en as pas besoin avec moi. J'ai grandi dans le monde moldu, cela n'a rien de choquant si...
- Non, fit Persia comprenant où voulait en venir la mère d'Alec, nous n'avons pas...
- D'accord, mais si ça devient sérieux à ce point, sache que je n'y vois aucun inconvénient.
Persia la regarda choquée, comme si la mère d'Alec imaginait des choses. Cassandra lui expliqua qu'elle savait que ce genre de chose était assez tabou dans les familles sorcière. Persia écouta cette conversation complètement surréaliste, c'est vrai qu'elle pouvait pas aborder cela aussi directement avec sa propre mère.
- Par contre si il se comporte mal, tu me le dis, il aura à faire à moi.
- Ne vous inquiétez pas, il est très respectueux avec moi, il ne me force en rien et c'est ce que j'aime chez lui.
- J'ai vu la différence chez lui depuis cet été. Tu lui apporte ce qui lui manquait.
Persia fut heureuse de savoir que la mère d'Alec soutenait leur relation. Cassandra repartit vers le couloir et elle rentra dans la chambre où Alec dormait toujours. Elle en profita pour découvrir la chambre de son petit ami en l'observant, elle n'irait pas fouiller non plus. Elle vit les photos qu'ils prenaient à Poudlard depuis quelques années maintenant, elle put dénombrer qu'il en avait installé beaucoup d'elle, puis s'attarda sur la petite bibliothèque de la chambre, des romans classiques moldus qui semblaient anciens, elle en prit un au hasard: le Crime de l'Orient Express par une certaine Agatha Christie, elle l'ouvrit et remarqua qu'il s'agissait d'une édition originale. Prenant plus attention aux autres, elle remarqua qu'il ne s'agissait que d'éditions originales, mais depuis qu'elle savait qu'il était un riche héritier rien ne la surprenait. Elle s'attarda ensuite sur le bureau où se trouvaient des paires de lunettes de soleil de marque luxueuse, elle se surprit à en essayer une et à se regarder dans un petit miroir puis sursauta :
- Elle te vont bien, tu peux les garder si tu veux, avait dit Alec.
Elle se retourna gênée d'avoir été surprise, et fut encore plus surprise de voir qu'il semblait avoir intégralement récupéré.
- Désolé de t'avoir fait peur, et de m'être endormi.
- Non c'est rien tu en avais besoin, mais je peux pas accepter.
- Persia, prends les, j'en ai plein. Si c'est par rapport au prix je m'en fous.
- Justement si, je veux pas que t'imagines que j'en profite.
- Tu pourrais, avec mes parts de la holding, j'en ai plus qu'il m'en faut. En parlant de ça...j'ai des choses à te dire.
Persia savait de quoi il voulait parler: sa famille.
- Tu m'avais dit cet été.
- Oui mais on est seuls, alors autant que je te revèles tout.
Elle s'installa et Alec déballa toute l'histoire des Craft d'une traite qu'elle n'interrompit pas. Les Craft avaient fait fortune dans la traite d'êtres humains, esclaves le plus souvent, prostituées et malheureusement des mineurs également. Après leur arrivée en Amérique, il leur avait fallu asseoir leur position, meurtres et chantages devenant le lot quotidien. Naturellement, en tant que sorciers ils s'intéressèrent très vite à la magie noire et ses rituels. C'est grâce ou à cause d'un de ces rituels qu'un jour l'un d'eux: Joseph Craft, envisagea l'eugénisme.
Persia était de plus en plus choquée et quand Alec parla d'eugenisme, elle l'interrompit.
- Tu veux dire avec des rituels?
- Non, désolé, il était assez fou pour faire lui-même cette sélection.
L'eugénisme, cette pseudo-théorie de sélection naturelle par le sang, les sorciers anglais aussi avaient gardé cette idée par les sang-purs se mariant entre eux avec certains exploits notables dont les Gaunt. Chez les moldus, l'eugénisme aussi avait eu son heure de gloire sombre au temps du IIIeme Reich et sa théorie aryenne. Mais chez Joseph Craft, l'eugénisme s'apparentait à la recherche de la perfection. Il cherchait une femme belle, ou aux capacités athlétiques afin d'améliorer son patrimoine génétique, même si celle-ci était une simple moldue. Naturellement si en plus d'avoir des qualités elle était d'une lignée rare de sorcières, jackpot pour Joseph. Et c'est ainsi que durant plusieures générations les Craft firent leur recherche de l'amour comme un catalogue génétique ne se souciant ni des sentiments, ni des origines et encore moins du consentement.
Persia s'était levée et s'était rapprochée d'Alec en l'écoutant, elle posa ses mains sur ses épaules l'interrompant.
- D'accord, ta famille est clairement pas la famille idéale mais ça ne change rien à qui tu es.
- C'est gentil... mais le pire est à venir.
Elle écouta donc la suite, il s'avèra que les nombreux essais familiaux n'étaient pas parfait. Si un cracmol ou un enfant handicapé naissait, il était immédiatement donné en sacrifice dans un rituel sombre visant à accroître les pouvoirs du géniteur, rien ne se perd chez les Craft. Il n'y a pas de petit profit.
- Et leurs recherches ont aboutis au milieu du XIXeme siècle, continua-t-il. L'esprit analytique est apparu à cette époque, l'excellente mémoire compartimentée plus tard, de même que deux ou trois heures de sommeil sont aussi réparatrices qu'une nuit entière. Mais deux pouvoirs auraient fait la fierté de ce Joseph: le premier c'est une sensibilité aux flux magiques, c'est pour ça que je suis excellent en métamorphose, je remarque toutes les variations.
- Et je suppose que le dernier est celui qui te pose problème?
- Voilà, si je te le dis c'est que je pense que ça pourrait te dégoûter de moi.
- Je ne pense pas... mais dis toujours.
- Bon, il inspira profondément, le premier cas est recensé en 1843 et il a permis d'améliorer chaque membre de la lignée ensuite, par atavisme ce don comme les autres s'est transmis même si il est le seul à ne pas devoir être entrainé, je... hum.
- Vas y. Je peux tout entendre.
- Ok, cet ancêtre a découvert un don, magique ou non je ne sais pas peut-être dans le cerveau reptilien, bref, les Craft sont devenus capables de savoir si...une compagne pouvait... améliorer la lignée. Ils ressentent alors une attirance profonde presque surnaturelle.
Et là Alec attendait la réaction de Persia, qui étrangement n'avait pas réagi. Il pensait qu'elle serait choquée, mais quand elle reprit la parole sa voix était aussi douce qu'à son habitude.
- Tu avais peur de me le dire car je pourrai imaginer que c'est le sang des Grindelwald qui t'a attiré chez moi.
- Voilà, en fait oui j'ai immédiatement été attiré par toi mais...
- Attends deux secondes, que tu aies été attiré par moi pour ça n'est peut-être pas très gratifiant mais ca ne change rien à ce que tu ressens. Enfin je suppose que c'est comme ça que ça marche, tes ancêtres n'y voyaient qu'un moyen de reproduction ?
- Oui mais...
- Attends...ce collier, ta mère m'a dit que c'est le symbole d'un lien puissant.
- Oui en fait, ceux qui rejettent le concept d'eugenisme offre ceci à celle qu'ils aiment sincèrement.
- Donc vu que tu me l'as offert...
- Persia, c'est pas le problème, c'est la raison...
- Non Alec, qu'importe la raison, même si tu n'aurais vu que l'amélioration du patrimoine en moi, au jour d'aujourd'hui je sais que tu es amoureux de moi et je le suis de toi. Si tu ne m'aimais pas tu ne me respecterai pas comme tu le fais.
- Je..., il fut coupé car Persia l'embrassait.
- Laisse tomber, tu m'as clairement énoncé tes sentiments, à mes yeux tu es aussi sincère que je le suis, ces sentiments tu ne les inventes pas?
- Bien sur que non mais je voulais pas qu'il y ai un regret quelconque.
- Je ne regretterai pas mon choix d'être avec toi, conclut-elle mettant fin au débat, je me vois pas dans quelques années m'expliquer sur ma vie avec des ados parce que je suis ivre.
- Tu parles de Krum? C'est pas si pathétique.
- Tu crois? fit-elle profitant pour aborder un sujet plus léger. Si très...autant de regrets.
- Attends il a clairement fait des efforts, il a appris notre langue, comme il sait qu'elle est intellectuelle il a appris beaucoup de chose en art, littérature, histoire pour pouvoir tenir une conversation avec elle. Bon il s'y reprend tard mais je me demande à quoi pouvait bien ressembler cette fille.
- Il est resté évasif sur son physique en tout cas, mais bon ça ne nous regarde pas.
- Au fait, depuis quand tu dérives les sujets pour un moins grave en concluant une conversation à ta convenance ?
- Depuis que je te connais, fit Persia tout sourire. En tout cas c'est quand même très mais alors très particulier mais plaisant que tu aie vu une mère potentielle pour des enfants... euh...enfin...c'est un peu bizarre dit comment ça...
- C'est vrai que l'idée n'est pas déplaisante. Même si ce serait pas dans l'immédiat, fit-il souriant.
" Merlin, pensa Persia, il est sérieux en plus, il en a l'air en tout cas, il voit aussi loin?"
Poudlard, Bureau de McGonagall, le soir même
Persia venait de rejoindre Poudlard via le réseau de cheminette. McGonagall, acceuillait toujours les élèves qui utilisait ce réseau avec une tasse de thé, sachant que beaucoup étaient nauséeux après cette utilisation.
- Comment se porte Monsieur Craft ?
- Il encaisse à sa manière, il ne devrait plus tarder normalement.
Elles discutèrent de choses et d'autres et surtout du tournoi, la félicitant pour sa prestation lorsqu'Alec passa la cheminée.
- Bonsoir professeur.
- Bonsoir encore toutes mes condoléances.
- Merci Madame.
- Il semblerai que vos amis attendent votre retour en salle d'étude.
Le jeune couple descendit alors jusque la fameuse salle. En descendant Alec proposa à Persia qu'au début de l'été elle le rejoigne au bureau de son grand-père pour le vider, Alec ayant pas mal d'affaires chez son grand-père, et avait fait promettre à sa mère de le laisser faire ça ne nettoyant que de temps en temps le bureau. Persia accepta avec un peu réticente au début. Ils arrivèrent alors dans la salle d'étude trouvant tout un groupe: Gemma, Kiara, Henry, Terry, Willie et même Mina. La plupart des filles prirent Alec dans leurs bras, Willie se tenant bien pour une fois, et les garçons lui mirent juste unr tape dans le dos. Willie et Mina s'eclipsèrent rapidement laissant le groupe habituel seul.
- Alors, quoi de neuf? demanda Alec afin de rompre un peu le malaise ambiant.
Le groupe hésita un peu sur ce qu'il pouvait bien dire et Henry ouvrir la bouche:
- Pas grand-chose, Kiara est enceinte.
Sous les HEIN? surpris du groupe, celle-ci se leva et décocha une gifle à son petit ami.
- Non mais tu crois que c'est le bon moment de faire de l'humour, pauvre crétin, tu pourrais avoir du respect pour Alec quand même.
Tandis qu'Henry allait s'excuser, Alec partit dans un fou rire qu'il ne pouvait contrôler, évacuant un stress présent et entraîna tout le monde dans son fou rire.
- Tu vois ça aide l'humour, fit Henry.
- T'en veux une deuxième ?
Après quelques discutions sans vifs intérêts concernant les cours, Terry prit la parole.
- En fait il y a bien quelque-chose, dit-il en posant la gazette du sorcier sur la table, il y a un vrai engouement pour le tournoi, les médias vont envoyer des journalistes, un jury du ministère viendra, et vous aurez même droit à un examen de baguette comme dans les compétitions officielles. D'ailleurs dès la semaine prochaine les journalistes déboulent.
- Ha ça me fait penser, dit Henry, faudrait que tu me prêtes des lunettes de soleil pour l'interview.
- Quel interview?
- Ben celle des participants tiens.
- Ok, fit Alec, mais je vois pas le rapport avec l'interview.
- Je vais la jouer Tom Cruise...
- C'est qui Tom Cruise ? fit Persia
Petite explication du monde moldu par Henry, naturellement les né sorciers ignoraient qui il était, même les plus ouverts comme Persia et Alec n'avaient jamais vraiment regardé la télévision ou vu de séances de cinéma.
- Franchement, cet été venez chez nous en vacances on vous fera voir le monde moldu, fit Gemma.
- Ce serait génial, fit Henry malgré les mines hésitantes des autres. Bon donc j'ai mes lunettes pour l'interview de Sorcière Hebdo.
- Franchement qui lit ce torchon, fit Alec.
- T'as quelque chose à redire? fit Kiara.
- Presse poubelle, quel intérêt, qui de normal y voit un article de qualité, répondit Alec.
- L'anormale t'emmerde, fit celle-ci en riant. Donc c'est officiel Persia tu es anormale.
Le mouvement brusque du cou d'Alec aurait pu émettre un craquement tellement il avait rapidement tourné la tête.
- Tu lis ça ? fit Alec surpris.
- Pas vraiment, juste les recettes de cuisine, elles sont simples et pratiques, c'est Mina qui est abonnée alors je lis ce qui m'intéresse, puis voyant le regard d'Alec, et non je m'intéresse pas aux articles à scandales, gros malin.
En réalité, depuis cet été, Persia s'était aussi intéressée aux rubriques modes et beauté pour trouver l'inspiration pour plaire à Alec.
- Bon ben si il faut y passer à cette interview, on y passe.
Cabane d'Hagrid, Cours de SACM, la semaine suivante
Le petit groupe suivait son option du jour, au grand dam d'Alec. Le fameux sujet de l'année, la manticore qu'Hagrid avait pu obtenir, possédait désormais la taille d'un bon gros rottweiler, la queue de scorpion n'avait pas encore sa chitine noire, ses poils l'immunisant contre la magie commençaient leurs pousses mais elle semblait déjà comprendre ce que l'on pouvait lui dire. Cependant, ses propres capacités de paroles étaient à leurs balbutiements. Ce qui decourageait déjà Alec était le sujet du jour : l'alimentation. Hagrid dans sa grande mansuétude tentait de varier son alimentation avec l'aide de ses élèves et ce avec la grande espérance d'en faire autre chose qu'une créature affamée de chair humaine. C'était à leur groupe pour le moment.
- Bon le poulet c'est mort... fit Henry
- C'est surtout qu'il soit déjà mort qui lui pose problème, fit Alec sarcastique.
- Tu vas pas déjà recommencer non? lui lança Kiara.
Il faut dire que cette sale bestiole restait constamment plantée devant le groupe fixant Alec en reniflant longuement dans sa direction sans aucune réaction agressive.
- Bon allez une carotte peut-être, fit Gemma en lui lançant n'attirant aucun regard de la créature.
- Là j'aurai deviné toute seule, fit Persia amusée de l'idée de son amie, elle est carnivore à la base.
- Ça dérange quelqu'un si dans la case régime de préférence j'écris "élève de Poudlard"? questionna Alec sarcastique.
- Arrête Alec, elle est trop petite pour te manger toi ou un autre élève, fit sa petite amie amusée.
- Ha oui ?
Alec attrapa alors Persia par les hanches et la souleva légèrement comme pour indiquer qu'il allait essayer de la mettre de l'autre côté de la barrière.
- Haaaaaa, imbécile repose moi tout de suite.
Leurs amis avaient remarqué que depuis le retour d'Alec le couple était un peu plus tactile et démonstratif en leur présence, sans toutefois se douter qu'Alec était apaisé que Persia n'ait pas mal réagi à ses doutes. Néanmoins, Kiara avait osé poser la question à Persia: n'avaient-ils pas passé un certain cap malgré les évènements ? Persia lui avait certifié qu'elle n'aurait pas pu faire ça en ces circonstances, mais qu'Alec s'était endormi dans ses bras. Kiara avait malgré tout noté le rapprochement et commençait à parier avec elle-même combien de temps ils allaient tenir avant de se laisser aller.
Après avoir reposé Persia, le groupe avait constaté que la petite créature s'était rapprochée de la barrière et émis une mélodie douce du fond de sa gorge.
- Je vous l'avais bien dit, fit Alec.
Une élève plus jeune, sans doute une première année arriva près du groupe et dit d'une voix fluette:
- Excusez moi mais on demande Alec Craft et Persia Clark au contrôle des baguettes.
Ce contrôle s'effectuant sur 64 élèves, il avait lieu par ordre alphabétique. Persia et Alec se dirigèrent donc vers la salle de contrôle qui était attenante à la Grande Salle. Arrivés à destination, ils virent le directeur et d'autres entraîneurs qui supervisaient les contrôles. Le sorcier affairé sur les baguettes avait une apparence des plus inattendues, aussi petit que le professeur Flitwick, des lunettes possédant une dizaines de verres différents tous capable de détecter des détails de baguette. Il leur fit signe de s'approcher.
- Bonjour jeunes gens, je me nomme Herbert Faradet, je suis mandaté par le ministère pour étudier vos baguettes.
- Enchantée de vous rencontrer, Monsieur, fit Persia.
- Miss Clark je suppose vu que je viens de vous faire demander.
- C'est bien celà.
- Puis-je ?
Persia sortit précipitamment sa baguette et la tendit au drôle de bonhomme.
- Voyons voyons, fit-il tapotant une plume qui allait consigner les données. Persia Clark, 15 ans, Maison Serpentard, c'est bien cela?
- Oui oui, fit Persia intimidée comme si elle passait un examen oral sous un sourire amusé d'Alec (ce qui lui valut un petit coup de coude d'ailleurs), pas d'erreur.
- Je vois qu'elle est très entretenue, vous êtes une jeune fille méticuleuse. 23 centimètres, oui.
Persia vit le sorcier ne glisser qu'un seul œil vers elle, l'autre fixant toujours la baguette, fait étrange car ses yeux étaient naturels et pas un artéfact magique.
- Une taille tout à fait adéquate au vu de vos mains, droitière je pense?
- Oui monsieur Faradet, fit la jeune fille.
- Bois de rose, parfaitement équilibrée, et... ventricule de dragon, d'un Opaloeil des antipodes exactement...
Persia regarda Alec comme si il était censé être au courant, il haussa les épaules sans la moindre idée.
- Vos sortilèges doivent être très fluides, beaucoup plus dense et lumineux que ceux de vos condisciples. Un problème à préciser avec cette baguette ? Et qui en est l'auteur ?
- Aucun problème, elle provient du Chemin de Traverse, Howard Craft en est l'artisan.
Il rendit sa baguette à Persia qui la rangea immédiatement dans sa poche, heureuse d'apprendre de quel dragon provenait le ventricule, le gardant en mémoire. Persia se mit sur le côté de la table et attendit le tour d'Alec.
- Monsieur Alec Craft, un lien avec Howard Craft l'artisan? Ou un simple homonyme?
Satanée question, toujours la même. Persia regarda Alex sachant qu'il devait bien penser ce genre de chose.
- Mon père en effet, j'ai 15 ans et je suis à Poufsouffle, fit Alec ramenant la conversation sur la baguette et l'examen.
- Moui, fit Faradet qui aurait sans doute voulu tailler le bout de gras sur le travail d'Howard Craft.
Le petit homme attrapa la baguette déçu et l'observa. Persia avait remarqué qu'il avait les yeux écarquillés.
- Surprenant, un style beaucoup plus américain que vos condisciples de Poudlard, ils préfèrent en général un style plus classique comme celui qu'avait Ollivander.
- Est-ce vraiment réglementaire pour le tournoi fit une voix qui s'approchait soudainement.
- Et vous mêler de ce qui vous regarde ça serait réglementaire aussi... répliqua Alec.
Persia avait posé sa main sur le bras d'Alec pour lui intimer de parler plus poliment.
- Monsieur Craft, fit la voix du directeur Matheson qui s'approchait entendant l'esclandre d'Alec, je croyais avoir intimé aux élèves de Poudlard un comportement exemplaire, dix points de moins pour Poufsouffle et calmez vos ardeurs.
Soupir d'Alec, il avait réagi tellement vite quand Théodore Crichton, l'entraîneur de Ilvermorny s'était approché posant pourtant simplement une question qu'il en avait oublié la présence du directeur.
- Il n'y a aucun point de règlement qui interdisent celà, après tout son père exerce sur le territoire britannique, fit Faradet.
- Vous comptez rester là durant l'examen? fit Alec à l'intention de Crichton.
- Alec... fit Persia pour qu'il se calme.
- Si Monsieur Craft y voit un inconvénient je vous demanderai de partir, fit Faradet.
- Je m'en moque, accélérons le mouvement, Monsieur Crichton doit avoir besoin de temps pour rapporter ses informations.
Un petit raclement de gorge du directeur Matheson plus tard pour intimer un peu de respect à Alec, l'analyse commença.
- 29 centimètres en bois d'ébène, un peu grand peut-être ?, puis regardant les mains d'Alec, bien que la taille de vos mains soit adaptée...
Persia ne put s'empêcher de sourire tandis qu'elle avait pensé "et douces" lorsqu'Alec croisa son regard, elle lui fit un clin d'œil discret et Alec sembla comprendre ce qu'elle avait pensé et se détendit.
- Donc deux catalyseurs, pour le minéral c'est clairement une améthyste, très appréciée pour la métamorphose...
- Monsieur Craft est l'un des élèves les plus doués en cette matière, ajouta Matheson.
- Cependant le second catalyseur est surprenant...
Persia tendit l'oreille intriguée et intéressée.
- Comment cela peut il bien fonctionner, avoir accordé ces deux catalyseurs, votre père est vraiment doué, et vous encore plus car réussir à canaliser un sortilège dans un dard de manticore demande un grand contrôle de votre flux magique.
Persia fut des plus surprise et amusée, lui qui détestait ces créatures, utilisait une partie d'elle, ce qui semblait d'ailleurs complexe et si paradoxal. Elle se demanda si justement son père n'avait pas créé cette peur en harcelant son fils au sujet des manticores. Quand son examen fut fini, le couple repartit en cours.
- Hey mais oui...fit Persia.
- Quoi? Tu penses encore des trucs bizarres? fit Alec mesquin repensant à son clin d'œil.
- Arrête, j'ai pas pu m'en empêcher,... mais c'est pas ça. Et si la manticore du professeur Hagrid sentait en réalité ta baguette, elle reconnait peut-être une odeur de manticore.
- Si tu insinues que je vais tenter de la dresser, l'idée est bonne, fit-il un sourire sadique au lèvres.
- A quoi tu peux bien penser?
- À la lâcher dans le campement américain.
Le couple partit en un fou rire complètement inattendu. Surtout qu'Alec n'était quand même pas rassuré quand la dite manticore se remit à chantonner à l'approche d'Alec.
Prochain Chapitre 9 : La petite fiancée de l'Angleterre.
