Auteure: Tch0upi
Disclamer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto
Pairing: NaruSasu, peut-être d'autres.
Rating: T (pour violence et possibles scènes explicites)
Double Tranchant
Chapitre 12
Naruto était arrivé au point de rendez-vous au moment même où la voiture noire tournait le coin, s'engageant dans l'allée du stationnement. Il jeta un coup d'œil à sa montre : c'était bien ce qu'il pensait, ils étaient tous deux pile poil à l'heure exacte. C'était un après-midi fade, une journée grise et pluvieuse. La chaussée était encore reluisante, les nuages étaient alourdis par une future averse. L'humidité stagnait l'air.
Le jeune homme corrigea sa posture, se gonflant le torse tandis que la voiture ralentissait en arrivant près de lui. Il regarda à droite et à gauche. Deux hommes l'accompagnaient, deux agents spéciaux venus pour régler avec lui les détails de cette nouvelle mission.
Le chauffeur descendit du véhicule. Il contourna la voiture pour ouvrir la portière à un deuxième homme. Naruto le considéra un instant, détaillant son costume parfait. Il était plus élégant qu'un foutu membre de la royauté. Il avait une mince queue de cheval noire qui tombait sur son épaule, ainsi que de longues mèches encadraient un visage mince, pâle et d'une beauté indéniable. L'homme, aussi grand que Naruto, se posta devant lui, face à face, reboutonnant son veston.
Ils s'échangèrent un regard, les deux hommes s'étaient déjà vus autrefois, mais dans une autre vie.
Itachi Uchiwa lança un œil vers les hommes qui entouraient le blond. Puis ses yeux noirs revinrent se poser sur lui. Dans un sourire poli, il tendit une main.
- Naruto Uzumaki, dit-il de la même voix velouté dont il avait gardé le souvenir, mais qui était un brin plus grave.
Naruto serra la main pâle et fine du sergent-détective.
- Plaisir, ajouta ce dernier.
- Le plaisir est pour moi, Itachi. Au fait, c'est Namikaze, maintenant.
Itachi parut surpris, mais ne fit aucun commentaire.
- Entendu. Prêt pour la suite des choses ?
- Je le suis, confirma le blond. C'est pour ça que je suis là.
Itachi le détailla sans gêne. Ses yeux sombres passèrent de ses épaules larges et musclées, à son torse puissant, à sa taille plus étroite et le reste de son corps tout aussi bâti. Itachi ne s'attendait à rien de moins, après tout. Avec tous les éloges qu'il avait entendu sur l'agent spécial Naruto Uzumaki… Il n'était pas déçu de la marchandise.
- Plutôt impressionnante, cette carrure. Je me souviens qu'au lycée, tu étais une petite chose…
- L'entraînement a porté ses fruits… et puis je ne suis plus un gosse.
- Oui, visiblement, répondit Itachi avec un rictus.
Un moment s'écoula ainsi. Naruto attendit, alors qu'Itachi continuait à le reluquer. Avec un air de satisfaction sur son visage, il se tourna vers les messieurs près d'eux, puis vers son chauffeur.
- Il fera l'affaire. Vous pouvez retourner au poste, Naruto et moi avons beaucoup à discuter.
L'homme acquiesça à la demande du sergent. Itachi se retourna vers Naruto.
- Chez toi ?
Naruto, abasourdi, ne put qu'acquiescer à la demande du policier. Après s'être mis d'accord, Naruto emmena Itachi dans sa voiture personnelle et il les conduisit chez lui. Le blond habitait une charmante petite maison banlieusarde, qui se trouvait dans un quartier reculé de la ville, presque aux limites. C'était idéal pour rester en retrait et demeurer le plus discret possible. Ses seuls voisins se trouvaient à plusieurs mètres.
Une heure plus tard, ils étaient tous deux devant une tasse de café.
- Merci pour l'accueil, déclara Itachi en prenant place à la table de la cuisine. Faire cette rencontre chez moi aurait été plus compliqué. Sasuke ne tardera pas à rentrer de ses cours… Je ne peux pas vraiment lui expliquer qui tu es sans lui en révéler trop.
Naruto fronça les sourcils. Il était resté debout, son café en main, l'autre enfoncée dans la poche de son jean.
- Je vais le rencontrer un jour ?
- Ça ne saura tarder, approuva Itachi. Mais tu l'as déjà vu, non ?
- En photo, je crois, répondit Naruto. Attends, non, il me semble que je l'ai déjà vu du temps où nous étions au lycée. Il venait parfois te chercher avec ton père, les jours où il terminait l'école plus tôt.
Itachi sourit au souvenir.
- Il est ta copie conforme, s'enquit Naruto, qui avait en mémoire le souvenir d'un garçon énergique aux cheveux ébène et au sourire angélique. Plus jeune et plus…
- Plus ? s'amusa Itachi avec un sourire en coin. Vas-y, dis-le !
- Fougueux, lâcha Naruto après avoir longuement réfléchi.
- Tu peux voir ça en photo ? Ce n'est pas vraiment un trait de personnalité qui transparaît à travers du papier.
- C'est juste une impression. Et de la façon dont tu me parles de lui depuis toujours.
- T'as raison. Mon idiot de p'tit frère est une tête brûlée. C'est une bonne qualité pour devenir flic, mais c'est également un défaut… D'ailleurs, je me demande si vous allez être capable de bien vous entendre, tous les deux. Tu as un sacré caractère, toi aussi, Naruto.
Naruto pouffa.
- On n'a pas besoin d'être amis pour que je puisse faire mon travail. Dis-moi, comment vont ses cours ? L'école de police est achevée ?
- Il lui reste encore quelques mois. Un an, tout au plus, mais j'ai l'impression que Sasuke va terminer avant le reste de sa promotion.
Naruto eut un sourire.
- Il a un bon exemple à suivre. Tu crois que c'est nécessaire de déployer autant d'efforts pour ça ? Enfin, je ne dis pas qu'il n'en vaut pas la peine, loin de là ! C'est mon travail, et je compte le faire avec le plus grand soin. Avec le plus grand dévouement. Mais Sasuke va devenir policier… A-t-il vraiment besoin de protection ?
Une lueur plus sombre passa dans le regard d'Itachi. Il posa sa tasse de café après en avoir siroté une longue gorgée. Il sembla réfléchir longuement. Ses yeux se posèrent quelque part sur la table, et le sergent se mit à fixer ce même point invisible. Ses doigts se mirent même à pianoter dans le vide, comme un tic nerveux. Naruto observa le brun en attendant une réponse qui ne semblait jamais venir.
- Je ferai tout ce que j'ai à faire pour m'assurer que mon frère reste en sécurité, marmonna-t-il lentement. Je ne pourrai pas être toujours à ses côtés… et l'ennemi qui nous guette… est plus vicieux et dangereux que tu peux l'imaginer. C'est pourquoi je te fais confiance, Naruto.
Les yeux noirs se relevèrent et tombèrent directement dans les lagons azuréens de l'agent spécial.
- Je peux, n'est-ce pas ? s'inquiéta-t-il soudain. Te faire confiance ?
- Tu sais bien que oui. Je n'ai qu'une parole.
- Alors promets-le moi. Ici et maintenant.
Naruto faillit lâcher sa tasse. Le promettre ? C'était un peu démesuré, non ? Pour la première fois, il avait l'impression que le sergent Itachi Uchiwa, pourtant connu comme l'un des meilleurs dans la police, l'un des plus braves et inébranlables, était en train de craquer. Sa parfaite façade se craquelait devant lui.
- Tout ce dont tu as besoin que je fasse, lança Naruto solennellement. Je le ferai, Itachi. Ne t'inquiète pas pour ça.
- Même lorsque je ne serai plus là… Je ne veux pas que Sasuke se retrouve désemparé par… par tout ce qui viendra vers lui.
- Je serai là.
« Je serai là. »
Naruto avançait d'un pas rapide dans le couloir du commissariat. Il ne voyait rien devant lui, il se contentait de marcher sans se soucier du monde qui existait autour de lui. Il refusait de l'admettre de toute façon : que le monde continue de rouler. Que les heures continuent de s'écouler comme ça, hors de son contrôle. Le matin était venu et Sasuke n'était nulle part. Et il ne pouvait pas l'appeler puisque l'idiot avait laissé son téléphone dans son empressement à foutre le camp…
Le plus ironique, c'était que Naruto n'avait que lui-même à blâmer.
- Naruto ! cria Neji au bout du couloir.
Le blond leva un œil au moment où il arrivait dans l'air des bureaux. Neji était debout, son portable en main.
- Qu'est-ce qui se passe, putain de merde ? grogna le sergent-détective. Il est où, Sasuke ?
Naruto se figea, fixant l'autre avec un choc qu'il ne put camoufler. Il n'y avait pas beaucoup de monde dans les locaux, et c'était normal puisqu'il n'était pas encore 8 heures. Mais comment se faisait-il que Neji savait… ? Et puis il savait quoi, au juste ?
- Sasuke ne répond pas à son portable et ils ont retrouvé son putain de pistolet ! Tu me raconte ce qu'il se passe ou je dois deviner ?
Le sergent Hyûga était visiblement en colère. Des pas retentirent et, en se tournant de moitié, Naruto vit le reste du groupe arriver. L'agent Kiba Inuzuka, déjà en uniforme, suivi de Sakura Haruno et d'Ino Yamanaka. Naruto grogna dans sa barbe puis se tourna vers Neji.
- Pas maintenant, Hyûga, jeta-t-il sur un ton sombre. Pas maintenant.
Sur ce, Naruto prit la direction du bureau du lieutenant en essayant de ne pas péter un câble. Que venait juste de dire Neji au sujet du pistolet ? Non, ça ne pouvait pas être vrai, tenta-t-il de se rassurer, mais déjà, son sang se glaçait dans ses veines.
Il entra dans le bureau sans même frapper et claqua la porte derrière lui. Kakashi Hatake, installé derrière son bureau, semblait l'attendre.
- On a retrouvé son arme ? lança-t-il d'entrée de jeu. C'est une blague ?!
- Tu veux parler de cette arme-là ?
Kakashi se leva en indiquant l'arme en question, bien isolée dans un sac de plastique. Un sac destiné à contenir les…
Les pièces à conviction.
Naruto déglutit difficilement.
- Il a été retrouvé par un citoyen à l'aurore, sur le bord du pavé, curieusement à quelques pâtés de maison de là où habite Sasuke. On dirait que tu es au courant de quelque chose, ajouta Kakashi calmement, même si Naruto avait le sentiment qu'il était sur le point d'éclater de colère. Alors je te laisse m'expliquer toute l'histoire ou tu préfères que je te chasse à grands coups de pieds pour avoir lamentablement échoué la seule tâche que tu avais ?
Naruto contempla l'homme devant lui en faisant tout son possible pour contrôler les battements de son cœur. Il fixa l'arme de Sasuke, qui était là sur le bureau du lieutenant, et pas dans ses mains. Sasuke était Dieu savait où… les mains vides. Sans rien pour se défendre.
- Naruto ! s'écria Kakashi.
Le blond releva la tête et se décida enfin à parler.
- J'ai merdé, Kakashi, c'est ça que tu veux que je te dise ?
- Je veux que tu me dises où est Sasuke.
- Si je le savais, je ne serais pas ici !
- Que s'est-il passé, bon sang ?!
Naruto poussa un cri de rage. Il se prit la tête entre les mains et se tourna pour faire quelques pas, tel un lion en cage. Ses mains se logèrent sur sa nuque, et il demeura là comme un fou à lier, attendant que la tempête fasse ses ravages, se repassant toute la nuit dans sa tête comme s'il s'agissait de son procès et qu'il pourrait y trouver un quelconque indice sur comment régler la situation… Mais Sasuke avait disparu. Son estomac se retournait à cette pensée…
- J'ai passé le weekend chez Sasuke, révéla-t-il, sa voix rauque et grave. Et… il a découvert mon… mon ancienne identité. Il a découvert que j'avais été sous couverture au sein de l'Akatsuki et il a cru que j'étais avec eux. Il a cru que j'étais l'ennemi.
- Pourquoi ?
Naruto se retourna lentement et reposa les yeux sur le pistolet.
- Parce qu'il m'a pointé avec son arme, il m'a regardé comme si j'étais un assassin. Comme si j'allais lui faire du mal.
Cette image était inscrite dans sa tête, maintenant. Il n'oublierait pas cette expression sur son visage. La trahison, plus que la peur, avait affecté Sasuke. Naruto repensait à la nuit dernière comme s'il relatait un cauchemar, un rêve absurde, et non la réalité.
Kakashi l'écouta. Lorsqu'il eut terminé, le lieutenant soupira.
- Sasuke a donc enquêté sur toi ?
- Il a dit qu'il avait une source… Sasuke n'est pas un idiot, Kakashi, continua Naruto. Il a tout de suite vu que je ne correspondais pas au rôle qu'on m'a donné ici. Il a tout de suite eu des doutes, depuis le jour de notre rencontre, et pourtant, ça ne l'a pas empêché de…
Naruto pencha la tête vers le bas, le cœur lourd dans sa poitrine. Il revoyait sans peine le sourire du brun. Son sourire quand ils passaient des moments ensemble. Il sentait encore ses bras se jeter autour de sa nuque et s'y accrocher quand ils faisaient l'amour, la chaleur de son corps, la chaleur de son âme qu'il avait si gracieusement partagé avec lui. Leur proximité… ça n'avait pas été une illusion, non ? Non. Non, se répéta Naruto. Ce qu'ils avaient eu avait été suffisamment vrai pour que Sasuke en ait le cœur brisé.
- Ça ne l'a pas empêché de quoi ? demanda Kakashi.
- De me faire confiance.
Naruto redressa le menton pour plonger dans le regard sombre de Kakashi.
- Naruto, que s'est-il passé entre vous ? Dis-moi que tu ne t'es pas rapproché de Sasuke comme je le crains. Ce n'est pas professionnel, Naruto, et tu le sais !
- Eh bien, excuse-moi de ne pas être un mur de glace ! rétorqua Naruto. J'ai des sentiments, je suis humain, tu sais ? Ce n'était pas prévu, évidemment que ce n'était pas prévu ! Mais ça s'est passé alors maintenant il faut que j'assume.
- Les sentiments ne sont jamais les bienvenus dans un boulot comme celui-là ! Ça n'avantage personne !
- Mes sentiments ne m'empêcheront pas de faire ce pour quoi j'ai été engagé, argumenta le blond. Protéger Sasuke. C'était bien ma mission première, n'est-ce pas ? D'ailleurs, vous avez envoyé des escouades de recherche ?
- Bien entendu. Ils ont été déployés au moment où nous avons récupéré l'arme de Sasuke. Que crois-tu, Naruto ? voulut savoir Kakashi. C'est l'Akatsuki, ou bien est-ce que Sasuke a simplement pété les plombs et décidé d'être seul ? J'imagine qu'avoir découvert que tu étais infiltré l'a blessé d'une certaine façon.
- Je ne sais pas, contra Naruto. Il serait déjà rentré… Il serait venu travailler même s'il était en pétard contre moi, ne serait-ce que pour me botter les fesses encore plus. Et puis je ne vois pas pourquoi il aurait laissé son arme dehors, ce n'est pas un comportement qu'aurait un policier dans son état normal …
- C'est bien ce que je me suis dit, termina gravement le lieutenant.
Un silence de mort dura quelques secondes.
- Du temps où tu étais sous couverture, reprit Kakashi. Tu connaissais leurs planques, pas vrai ?
Naruto acquiesça, la gorge sèche.
- Ouais, mais ils ne restent jamais longtemps aux mêmes endroits. Tu dois t'en douter…
- Ça ne coûte rien de vérifier. Vois avec tes agents.
- Bien.
- Naruto ?
Le blond était déjà à mi-chemin hors du bureau. Il se retourna, une main sur la poignée de la porte.
Kakashi le contempla un long moment.
- Si l'Akatsuki a bel et bien mis la main sur Sasuke…
- Ils ne toucheront pas à un seul de ses cheveux, gronda Naruto. Je l'ai juré autrefois et j'en refais le serment ici même.
Sur ce, le blond sortit du bureau. Il ignora les appels de Neji et des autres agents, qui devaient sûrement paniquer à l'idée que leur collègue et ami ait disparu. Il n'avait pas le temps pour ça.
Il s'enfuit à travers le couloir et se dirigea vers le stationnement. Une fois dehors, il prit son téléphone et sélectionna un contact dans sa liste.
Après trois sonneries, une voix féminine répondit.
- Oui ?
- Karin, c'est moi, Naruto, s'exclama le blond. J'ai besoin de ton aide.
- Que se passe-t-il ?
- Je cherche quelqu'un qui aurait possiblement été enlevé par des membres de l'Akatsuki.
- Qui donc ?
- Sasuke Uchiwa.
- Le frère d'Itachi ?
- Exact. Tu les surveilles toujours, n'est-ce pas ?
- Je les ai à l'œil, confirma la jeune femme.
- Tu peux vérifier leurs planques ? Celles que tu connais, bien sûr…
- Euh… Tu sais à quel point c'est risqué, ce que tu me demandes ? se plaignit l'agente. J'aurai du renfort, au moins ?
- Le mieux serait que tu restes sous couverture, donc seule. Tu passerais inaperçue. Évidemment, tu te retires dès que tu te sens en danger ! L'idée c'est que tu puisses trouver tout ce que tu peux sur l'endroit où ils détiendraient potentiellement une personne. C'est une question de vie ou de mort !
- Bon, très bien ! Je verrai ce que je peux faire !
- Merci, et tiens-moi au courant !
- Naturellement.
Sa complice et collègue de travail termina l'appel. Naruto abaissa sa main un instant et jeta un regard à travers le stationnement. Il était encore très tôt. Le soleil éclairait encore timidement l'extérieur, on voyait à peine le début de son rayonnement derrière les bâtiments. La journée ne faisait que commencer. Mais les minutes s'écoulaient. Le temps passait… et il passait trop vite.
Il ne pouvait cesser de penser au pire. Tout en étant constamment assailli par les derniers jours. Le début officiel de sa mission… Alors que durant les dernières années, il avait fait son travail à distance. La mort d'Itachi avait changé bien des choses, mais son travail se poursuivait. De toute façon, boulot ou pas, Naruto ferait ce qu'il avait à faire pour protéger le jeune policier.
Itachi avait raison sur lui. Il était une foutue tête brûlée. Il devait admettre que cette fois-ci, il avait eu raison de s'enfuir en courant, d'exploser et de lui en vouloir. Mais Sasuke sautait à pieds joints dans le danger, volontairement ou non. Il n'avait pas peur, il était courageux, et il était déterminé.
Et loin d'être stupide.
« Je suis incapable de te résister… incapable de me détourner… Je suis comme un fichu moustique qui vole sans cesse autour d'une flamme, incontestablement attiré par sa chaleur. Quoique je fasse, je reviens toujours dans tes bras, même si je risque de m'y brûler. C'est stupide… »
Naruto sentit son cœur se serrer une énième fois. Avoir Sasuke dans ses bras lui manquait horriblement. Et Itachi qui avait cru qu'ils seraient tous les deux incapable de s'entendre. Au contraire… Ils se comprenaient mieux que quiconque. Sasuke avait compris aussitôt qui il était. Il avait eu ses doutes, et pourtant il s'était donné à lui. De toutes les façons possibles.
- Tiens bon, Sasuke… où que tu sois.
Je suis désolé, songea-t-il.
Puis il remonta son téléphone et débuta un second appel. En posant l'appareil sur son oreille, il attendit, écoutant la sonnerie.
Cette fois, ce fut la voix d'un homme qu'il entendit.
- Ouais.
- Sasuke n'est pas rentré, déclara Naruto sans prendre de détours. Ils ont trouvé son pistolet dans la rue, mais aucune trace de lui.
Naruto jura entendre Sasori prononcer de vilaines paroles. Quelques secondes plus tard, il reprit :
- C'est très mauvais, ça. Je lui avais dit d'arrêter, pourtant !
- T'es avec eux, non ? grommela Naruto, impatient. T'as pas une idée de l'endroit où il pourrait être ? On n'a pas une minute à perdre !
- J'ai quelques idées, s'écria Sasori, ce qui redonna espoir à Naruto. Mais mec, j'te jure que ce ne sera pas facile. En plus, ils ne garderont pas quelqu'un en otage au même endroit. Si ça se trouve, Sasuke est déjà mort à l'heure qu'il est.
Naruto serra la mâchoire.
- Tu sais que t'es vraiment une douceur à entendre toi ? grogna-t-il.
- Soyons réalistes !
- Tu m'aides ou pas ?
- Qu'est-ce que j'y gagne ? grommela Sasori.
- T'es sérieux ? Sasuke ne veut absolument rien dire pour toi ? T'as aucun honneur, ou quoi ? À ce que je sache, il t'a pas encore mis en prison ! Tu m'as dit que tu avais quelqu'un à protéger, alors…
- Alors rien, Naruto. J'ai répété des centaines de fois à cet entêté de ne pas jouer avec sa chance. Il s'est attiré des ennemis tout seul comme un grand.
- Tu veux quoi ? s'énerva Naruto en serrant le poing. Que je me mette à genoux, que je t'implore ? S'il te plaît, continua-t-il plus doucement. On sera plus forts ensemble.
Un long silence s'étira, appuyant fortement sur les nerfs du blond. Et pourtant, il était incapable d'en vouloir à Sasori. Peu importe qui était exactement cet homme, il n'avait pas d'obligation envers Sasuke. Il n'avait pas l'obligation de risquer sa vie pour le sauver. En plus, si les membres de l'Akatsuki découvraient que tout ce temps, Sasori avait été à cheval entre eux et la police, il allait passer un très mauvais quart d'heure. Naruto en savait quelque chose, ayant été parmi eux durant un temps.
- Celui-là… lâcha Sasori. J'te jure que je vais me faire un plaisir de lui servir le classique « Je te l'avais bien dit » !
Naruto eut la drôle envie de rire à cette phrase. Pourtant, son estomac se retournait encore, comme s'il y avait un putain d'ouragan dans ses entrailles.
- Comment on s'organise ?
- On ne peut pas se pointer là-bas sans être préparé, déclara Naruto. Ce serait du suicide, mais on ne peut pas se permettre de prendre trop de temps…
- Je sais que j'ai pu être cru tout à l'heure, dit Sasori. Mais je ne crois pas que Sasuke soit mort. S'ils avaient tué un policier, tu peux être sûr qu'ils auraient déjà fait parader son corps, question de vous narguer…
- Qu'est-ce qu'ils attendent, selon toi ?
- Que sais-tu au sujet de l'enquête que menait Itachi Uchiwa ? lui retourna Sasori, le prenant de court.
Naruto ne put s'empêcher de s'arrêter net. Cette question était on ne peut plus directe.
- C'est sérieux, mec, insista Sasori. Ça pourrait peut-être nous aider à penser plus clairement, et savoir ce qu'ils veulent de Sasuke. J'ai découvert des trucs, moi aussi…
Le blond souffla tout bas. Un énorme soupir passa ses lèvres. Il se retourna et jeta un regard au bâtiment du poste de police.
- Il faut vraiment qu'on parle, annonça-t-il. Face à face.
Il était gelé. Complètement frigorifié. Ses muscles étaient paralysés, figés par le froid et engourdis d'être resté dans la même position aussi longtemps. De la glace s'était formée à la pointe de ses cheveux. Ses lèvres étaient bleues, sa tête tombée vers l'avant, ses paupières trop lourdes pour qu'il les garde ouvertes.
Sasuke ignorait combien de temps il était resté là. Il avait grelotté pendant des heures jusqu'à ce que son corps ne soit plus capable de le faire.
Lorsqu'il revint lentement à lui, après avoir sans doute vacillé entre conscience et inconscience pendant des heures, Sasuke ouvrit les yeux. De tous petits cristaux s'étaient collés à ses cils et il papillonna des paupières avant d'apercevoir un filament de lumière sur le plancher. En tournant lentement la tête, il se rendit compte que les lieux n'étaient plus aussi noirs. Si, plus tôt, des ténèbres profondes possédaient l'endroit, maintenant une très faible lueur éclairait cette… étrange pièce. Sasuke remarqua la porte coulissante, une grosse plaque de métal. Il y avait un escalier qui menait à une pièce supérieure. Des meubles de cuisine au fond, un canapé à côté de lui.
Il vit la table sur laquelle il y avait des couteaux et autres outils. Sasuke compta une bonne dizaine de poignards et sentit son estomac se tordre.
Il était où, au juste ? Dans un entrepôt ? Un sous-sol délabré ?
- Blanche-neige est réveillée ! s'exclama une voix.
Sasuke roula des yeux sous ses mèches. L'homme, Hidan, s'il se souvenait bien, descendait l'escalier. Dans un coin sombre, la forme de Kisame Hoshigaki se retirait des ombres pour s'approcher.
- Je voudrais p-pas vous… dire quoi faire, mais… je devrais être mort à l'heure qu'il est, non ? C'est ce que v-votre patron a dit…
- On a décidé que ce serait plus amusant de te faire languir, répondit Hidan. Mais t'inquiète pas, princesse, tu meurs aujourd'hui.
- Il le sait déjà, approuva Kisame d'une voix rauque.
- C'était une erreur, marmonna Sasuke en penchant la tête, afin de se concentrer pour rester éveillé. De me laisser en vie…
Une main brutale attrapa soudain son menton pour le forcer à lever la tête.
- Qu'est-ce que tu marmonnes tout bas ?!
- J'ai dit que c'était une erreur de me laisser en vie !
- T'as encore la force d'être aussi arrogant ? s'énerva Hidan. Peut-être qu'on aurait dû laisser la porte ouverte toute la nuit, comme ça t'aurais les lèvres tellement gelées que tu ne pourrais plus me casser les oreilles !
- Je vous ai dit que je n'étais pas une proie facile…
- Tu es ligoté à cette chaise, mon mignon. T'as aucune issue !
Sasuke les fixa froidement.
- Vous en êtes bien sûr ? lâcha-t-il dans un souffle.
Kisame et Hidan firent tous deux la grimace brusquement. Ce fut à cet instant que le jeune sergent leur dévoila ses mains libérées.
Tout se passa très vite. Les deux hommes parurent déstabilisés, comment avait-il réussi à défaire ses liens ?
Sasuke en profita pour se jeter sur eux. Fouillant dans les dernières réserves de forces que son corps possédait, il joua le tout pour le tout. Il attrapa les cordes pour s'armer. Celles-ci avaient été lourdement imbibées quand Hidan lui avait jeté toute cette eau à la figure, elles avaient naturellement glissé sur sa peau mouillée et c'était comme ça qu'il avait pu se défaire. Sasuke comptait bien s'en servir maintenant, il comptait bien ne pas mourir dans ce trou dégueulasse.
Kisame réagit au quart de tour. Il tenta d'attraper au vol le jeune homme, mais Sasuke, plus rapide et, d'un coup de pied habile, fit voler la chaise et la fracassa violemment sur le meurtrier d'Itachi. Kisame recula sous la force de l'impact et cria de douleur, mais ne s'arrêta pas pour si peu. Il retourna à l'assaut, ses poings serrés deux fois plus gros que ceux de Sasuke, pendant que Hidan récupérait deux couteaux sur la table.
Sasuke évita de justesse un coup qui l'aurait atteint en plein visage, et parvint à lui asséner un coup de pied à son tour, au thorax de Kisame, ce qui l'obligea à reculer.
Sasuke s'éloigna, manquant trébucher sur le seau d'eau encore par terre. Bien sûr, Hidan ne le laissa pas partir. Il courut vers lui, sautant au-dessus du canapé. Saisissant sa chance, Sasuke lança la corde et réussit à le fouetter violemment au visage.
- AARRGH ! P'tain de merde !
Loin d'être à court d'idées, Sasuke récupéra la corde et s'avança, à son tour prédateur. Usant de génie, de rapidité et de force brute, il frappa son adversaire au visage et le força à tomber à genoux. Ainsi, Sasuke put le manœuvrer habilement afin de le positionner de dos à lui. Sous le regard agrandi et incrédule de Kisame, et avant que Hidan n'ait pu retrouver ses esprits, Sasuke entoura sa gorge de la corde et tira vers l'arrière. Très fort.
- Moi aussi je peux jouer à ce jeu ! siffla-t-il entre ses dents.
Sasuke leva un œil vers Kisame qui observait sa démonstration de force et de folie. Sasuke savait très bien que s'il continuait à resserrer juste un peu plus, il allait étrangler à mort l'homme. L'envie ne lui manquait pas. Mais il n'était pas un assassin. Mais était-ce plus grave de récidiver après avoir été attaqué le premier ? Il pourrait sans problème plaider la légitime défense, n'est-ce pas ? Sasuke força sur la corde à deux mains, écouta les bruits étouffés de l'homme qu'il était en train de tuer lentement.
Tu n'es pas un assassin, Sasuke.
Mais avoir du sang sur les mains était un juste prix pour venger Itachi, se dit-il ensuite. Et là, tout de suite, Sasuke était prêt à le payer…
Mais soudain, et si vite qu'il ne put esquiver, Kisame pointa sur lui une arme à feu. Sasuke écarquilla les yeux et lâcha sa proie pour se jeter derrière le canapé. Au vol, la balle le percuta, le frôlant à l'épaule. Sasuke atterrit au sol dans un grognement de douleur pendant que Hidan tombait vers l'avant, respirant à grandes goulées d'air. Il avait la figure rouge, presque violette.
- Je vois que tu avais raison, s'éleva la voix de Kisame.
Sasuke se cacha derrière le canapé et plaqua une main sur son épaule. La douleur était minime, mais du sang avait quand même jailli. En y jetant un coup d'œil, il se rassura en constatant qu'il ne s'agissait que d'une égratignure. La balle l'avait raté de peu.
- Tu n'es pas une proie aussi facile qu'Itachi.
Merde ! réalisa Sasuke, à bout de souffle. Ils étaient deux. Et la seule arme à sa portée avait été cette longue corde, qui se trouvait à présent hors de sa portée. Comment allait-il combattre ces deux ennemis, maintenant ?
La colère le submergea en entendant le prénom de son frère – elle seule pouvait le garder debout. Seules la colère et l'adrénaline expliquaient qu'il ne soit pas encore vaincu. Il était encore parcouru de frissons, mais se battre avait fait circuler son sang et il avait un peu plus chaud… mais il ne pourrait pas continuer à improviser comme ça. Tôt ou tard, la réalité allait le rattraper.
- Alors ? appela de nouveau Kisame. Tu vas faire honneur à ton frère ou tu penses te cacher toute la journée ? Je te le répète : c'est inutile de gaspiller ton énergie. Tu seras mort dans les prochaines heures, alors mieux vaut profiter de tes derniers instants.
Ses derniers instants ? Sasuke ferma les yeux. C'était une drôle de perception. Une drôle d'idée… Allait-il vraiment mourir ? En ce moment, ses chances s'effritaient à vue d'œil, elles s'envolaient comme les grains dorées du sable dans un sablier.
Pendant un instant, il se laissa aller à penser à Naruto. Ses yeux bleus ensorcelants, son beau visage, son regard doux et prévenant dans lequel Sasuke s'était perdu. Dans lequel il s'était accroché… Il se surprit à rêver à ses bras puissants, sa façon de le supporter, de l'enlacer… S'il devait mourir aujourd'hui, il pourrait se satisfaire de ces quelques moments volés, cette brève histoire qu'il avait vécu avec lui, même si ça n'avait été que des mensonges…
Un mensonge était mieux qu'un vide vertigineux.
Sasuke rouvrit les yeux et, sans plus hésiter, se leva, se révélant à ses bourreaux.
- Je n'ai pas peur de vous, lança-t-il.
- Ça suffit, gronda Kisame. On a assez perdu de temps comme ça !
Il pointa à nouveau son arme, mais Sasuke se jeta vers l'avant. Hidan, qui n'arborait plus son expression moqueuse, fonça également sur lui. Commença un affrontement plus explosif qu'il ne l'avait cru. Au fond de lui, Sasuke avait cru ne plus avoir aucune force. Mais il échangea les coups avec Hidan et en bloqua plusieurs. Ses muscles étaient endoloris, ça c'était un fait, mais il puisait jusqu'au plus profond de lui… Sasuke endura la douleur, surmonta la faiblesse qui l'accablait.
Ils continuèrent à se battre. Sasuke s'exécutait comme un automate, étudiant la technique de l'autre et récidivant avec toujours plus de détermination, possédé par rien d'autre que l'instinct de survie. Kisame se mêla à la bataille. À deux contre un, Sasuke se vit rapidement pris dans un coin. Il reçut des coups plus souvent qu'il en octroyait. À un certain point, il sentit une profonde et vive douleur à l'abdomen, et n'eut même pas la force de comprendre quand il vit un couteau dans la main d'Hidan, un énorme poignard.
Encore debout, Sasuke continua le combat, fatigué mais résolu à survivre. Il parvint à faire assommer Hidan contre le barreau de l'escalier. Kisame l'attaqua par derrière. Sasuke eut tout juste le temps de piquer le couteau des mains de l'autre homme avant que Kisame ne l'attrape. Il le souleva et le balança tout droit contre le mur. Sasuke cria en atterrissant par terre sans douceur. Il vit des étoiles pendant quelques secondes. Il vit également du sang, mais n'eut pas le temps de s'en inquiéter…
Dehors, le jour semblait s'être levé, puisque la clarté s'améliorait de minute en minute. Assez. Il avait passé assez de temps ici.
Déterminé, Sasuke ramassa le couteau, s'accrochant à cette arme avant de se relever, tremblant. Fatigué et étourdi, il essuya un filet de sang sur sa lèvre et jeta un regard en direction de Kisame.
- Je le reconnais, s'enquit celui-ci. Tu as du cran, gamin.
- Qu'est-ce que tu attends ? souffla Sasuke. Termine ce que tu as commencé…
Kisame le fixa comme un vautour observant une carcasse délicieuse. Il s'avança lentement. Sasuke l'observa, calculant chacun des pas que l'autre faisait vers lui. Les moments qui suivraient allaient déterminer s'il vivrait ou non.
Il ne mourrait pas ici.
Alors, prenant son courage à deux mains, et serrant ses doigts autour du manche du poignard, Sasuke recula de deux pas et leva le bras pour lancer son arme. Il n'était pas doué pour le lancer de couteau, ce n'était pas exactement une technique qu'on enseignait à l'école de police… mais son angle de tir était parfait. Tirer avec un pistolet ou avec sa propre main, quelle différence, au final ?
Une seconde s'envola, en même temps que le projectile, qui alla se planter dans l'épaule de Kisame, dangereusement près du cœur. Kisame, n'ayant définitivement pas anticipé ce geste, s'immobilisa. Une expression choquée se peignit sur son visage, qui se transforma ensuite en grimace de douleur. Il l'avait grandement sous-estimé et en payait maintenant le prix.
Sasuke demeura un bref instant sur place, fixant avec de grands yeux son œuvre, y croyant à moitié. Hidan était toujours inconscient au sol et Kisame avait un couteau enfoncée en pleine poitrine. Avait-il vraiment réussi ?
C'est maintenant ou jamais !
Sasuke se précipita sur la lourde porte. Après avoir geignit, comme un bruit de métal rouillé qui grince, celle-ci finit par céder. Sasuke goûta à sa délivrance quand il sentit le vent froid de l'hiver, de l'extérieur caresser sa peau déjà froide… Il entendit Kisame grogner derrière lui. Un bref coup d'œil lui apprit que l'homme était en train de retirer le couteau de son torse en gémissant. Il cracha du sang, mais Sasuke n'avait pas de temps à perdre.
Il piqua un sprint et courut plus vite qu'il n'avait couru de toute sa vie. Il ne s'arrêta qu'au bout de ce qui lui parut une longue et interminable ruelle, aboutissant à un boulevard. À bout de ressources, il se pencha vers l'avant et s'effondra à genoux sur le pavé enneigé. Rapidement, il ressentit le froid lui traverser les os. Il n'avait plus de forces, l'adrénaline était en train de retomber, les longues heures qu'il avait passé à être complètement trempé et gelé avaient considérablement affaibli son corps et il ne portait qu'une légère veste.
Le jeune sergent-détective regarda autour de lui, luttant contre la fatigue qui rongeait ses derniers soupçons de conscience. Il tenta de reconnaître l'endroit où il se trouvait, chercha un indice. Il allait devoir trouver de l'aide, ou peut-être même retrouver son chemin jusqu'à chez lui. Il ne pouvait pas être si loin, non ?
Il était encore tôt. Le soleil se levait à peine derrière les bâtiments. L'aube pointait et il était encore en vie… Un bref sourire de victoire se dessina sur son visage, avant qu'une vague de douleur le ramène à l'ordre.
Sasuke glissa une main sur son abdomen et se sentit défaillir lorsqu'il vit le sang en énorme quantité maculer sa main lorsqu'il la retira. Qu'est-ce que… ?
Le couteau ! Hidan l'avait poignardé durant leur altercation. Sous l'effet de l'adrénaline, Sasuke n'avait rien senti.
Sasuke reposa ses deux mains au sol. Du sang s'écoulait déjà sur la neige. Merde… ce n'était pas bon…
Il releva la tête et, après un court moment, Sasuke rassembla ses dernières forces et se hissa sur ses pieds. Il ne pouvait pas rester là. Kisame n'avait pas reçu la lame en plein cœur, ce qui signifiait qu'il pouvait très bien revenir le chercher, qu'il était encore en vie et encore un danger pour lui. Sasuke n'avait pas le choix : il allait devoir marcher jusqu'à un endroit où il pourrait téléphoner.
Malheureusement, le jeune homme avait surestimé son endurance. Il commençait à avoir la vision floue, ce qui l'obligea à s'arrêter à peine un coin de rue plus loin.
Il s'appuya sur le mur d'un bâtiment quelconque et ferma les yeux un moment.
- Mon Dieu ! Vous allez bien ? s'écria une voix stridente.
Sasuke rouvrit les paupières. Devant lui se tenait une dame d'un certain âge, qui promenait son chien. Sasuke posa son regard fatigué sur l'animal, qui avait évidemment flairé toutes ses blessures. Sasuke referma discrètement sa veste, afin de cacher la mare de sang qui tachait son t-shirt. Il avait déjà le visage défiguré, inutile d'effrayer davantage cette pauvre samaritaine.
- Vous… vous pouvez m'emmener quelque part… ? murmura-t-il.
La femme le regardait avec un mixte de tristesse et de colère.
- Je vais vous emmener aux urgences, oui ! Et tout de suite ! Venez, vite ! J'habite juste à côté, et ma voiture est là.
La courte marche ne dura que cinq minutes, mais Sasuke eut l'impression qu'il venait d'effectuer un marathon. Il faillit perdre pied et s'effondrer, mais tint bon. La gentille dame courut faire rentrer son animal puis revint s'installer derrière le volant après avoir aidé Sasuke à monter dans son VUS.
- Emmenez-moi au poste de police, souffla-t-il.
- Vous voulez rire ? Vous êtes blessé, je dois vous…
- Au poste, insista Sasuke en fermant les yeux.
- Pour qu'ils m'arrêtent parce que je ne vous ai pas porté secours ? C'est d'un hôpital dont vous avez besoin, mon petit ! Vous pourrez rapporter à la police ceux qui vous ont tabassé plus tard !
- N-Non, vous ne comprenez pas. Je suis la police… Je travaille sur une affaire et je dois retourner au poste immédiatement avant qu'on ne perde la trace de criminels endurcis… Je vous assure que c'est la vérité.
La dame le fixa avec confusion et affolement. Sasuke rouvrit les yeux.
- J'ai l'air plus mal en point que je le suis réellement, ajouta-t-il pour la rassurer, même si c'était loin d'être la vérité.
Après un court silence, la dame mit le contact et s'empressa d'obéir. Sasuke ne put s'empêcher de se tourner sur son siège pour balayer la rue du regard, de peur que Kisame ne surgisse et ne les abatte tous les deux. Il avait douloureusement conscience que d'être là dans la voiture de cette pauvre dame mettait sa vie en danger. Un nouveau frisson le parcourut… et il se repositionna nerveusement, ignorant les coups d'œil inquiets et confus que la vieille femme posait sur lui.
Il avait si froid… Sasuke tenta de tirer sur les manches de sa veste pour couvrir ses mains. Mais rien à faire.
Il n'arrivait plus à se réchauffer.
A Suivre...
Hey ! :D
Qu'en avez-vous pensé ? Sasuke est la princesse en détresse qui s'est sauvée toute seule ! x) Sans blagues, je voulais vous surprendre... Mais ne vous inquiétez pas, Naruto va bien s'occuper de lui ! Et l'action est bien loin d'être terminée ! ;)
Merci pour vos beaux mots d'encouragement. Je les lis avec tellement de plaisir 3
A bientôt pour le prochain chapitre !
Tch0upi
