– Sirius est en danger ! Hurla quasiment Harry dans le couloir lorsque Hermione et Ron sortirent de la salle de cours.
– Comment cela ? s'enquit la jeune fille.
– Je l'ai vu. Je l'ai vu au ministère de la magie avec Voldemort prêt à le tuer. On doit absolument partir à sa recherche et…
– Harry calme toi, lui intima Hermione en le traînant dehors pour qu'ils se fassent moins repérer et surtout pas par Ombrage.
– Cela m'étonnerait que Sirius ait pris le risque d'aller au ministère de la magie. Il ne prendrait pas ce risque-là.
– JE VOUS DIS QUE SIRIUS EST EN DANGER. On doit aller au ministère de la magie, et on doit le libérer de Voldemort. Je ne peux pas laisser la seule famille qu'il me reste.
Hermione et Ron échangèrent un regard inquiet. Ginny, Neville et Luna débarquèrent pour leur dire qu'ils viendraient avec eux : ils avaient tout entendu. Malheureusement Harry avait parlé si fort qu'Ombrage s'approcha d'eux et les fit monter dans son bureau. Hermione se sentait sous pression, elle aurait aimé avoir Fred près d'elle mais la seule chose qu'elle pouvait faire était de tenter de le prévenir qu'il se tramait quelque chose de grave. Le problème, c'est qu'elle n'en avait absolument pas l'occasion. La jeune fille resta silencieuse alors qu'Ombrage parlait à Harry. Elle devait trouver une solution pour se libérer de ce vieux crapaud. Une solution qui leur permettrait de se débarrasser d'elle et de l'éloigner du château pour pouvoir partir. La jeune fille sortit d'une traite :
– Il y a un géant dans la forêt interdite.
– Comment cela ?
– Harry et moi on peut aller vous le montrer… pas sûr qu'il vous intéresse, mais s'il y a un géant dans la forêt, c'est que quelqu'un associé à Poudlard l'a peut-être introduit ici.
Ombrage ne réfléchit pas très longtemps. Elle empoigna Harry puis Hermione et les traîna avec elle pour tirer cela au clair. Elle laissa les autres dans le bureau en compagnie de Malefoy et d'autres membres de sa brigade. Hermione se sentait de plus en plus mal. C'était la seule excuse qu'elle avait trouvée pour pouvoir éloigner Ombrage, mais elle n'avait pas envie qu'Hagrid ait des problèmes pour autant… Le demi-frère d'Hagrid était toujours au même endroit, Ombrage semblait horrifiée de voir une telle créature dans la forêt près de Poudlard.
– Il est très gentil, il ne faut juste pas être brusque avec lui.
– Il n'a rien à faire ici ! Il doit partir ! Qui l'a introduit ici ? C'est vous ?
Ombrage se retourna vers Hermione et s'approcha d'elle d'un pas menaçant. Le demi-frère d'Hagrid la décolla du sol et elle hurla. Pour une fois, la jeune fille fut soulagée de voir qu'ils pourraient au moins garder Ombrage sous contrôle. Sauf qu'elle ne pouvait pas être tenue indéfiniment. La Gryffondor s'accrocha au bras d'Harry lorsqu'il s'avança suite aux appels aux secours d'Ombrage, puis il regarda le demi-frère d'Hagrid.
– Pars retrouver Hagrid mon grand.
Le demi-frère poussa des cris d'adieux, triste de devoir laisser ses deux amis. Puis il s'en alla avec Ombrage dans les bras qui hurlait de la sortir de là. Cela fit sourire les deux jeunes gens malgré l'urgence de la situation. Hermione pensa que Fred aurait aimé ne pas rater cela : il aurait adoré voir Ombrage dans une telle situation, cela l'aurait bien fait rire. Cela inquiétait plus Hermione par rapport aux représailles de cet acte.
– Hermione on doit retrouver Sirius ! rappela Harry avant de partir en courant.
Avant de le suivre, Hermione sortit sa baguette et invoqua son patronus.
– Harry nous emmène au ministère de la magie, essaye de prévenir les adultes cela va être dangereux. Et ne viens pas.
Elle vit son patronus s'éloigner et espéra qu'il arrive à temps pour transmettre le message à Fred. Harry cria son nom et elle se mit à courir. Son corps brûlait de peur, elle se demandait bien ce qui allait se passer. Elle angoissait, et elle espérait que les adultes puissent les aider et vite car elle avait le sentiment, qu'ils se dirigeaient droit dans un piège. Sauf qu'Harry ne voyait pas cela de cette manière, et elle ne pouvait pas le laisser seul.
– S'il-te-plaît Fred, murmura-t-elle à elle-même. Reçois le message.
Fred discutait avec George dans la boutique. Ils se mettaient d'accord sur les prix des articles, un à un. Ce n'était pas le moment le plus intéressant, mais c'était un des plus importants pour pouvoir gagner leur vie. Les jumeaux avaient la fibre du commerce, depuis le temps où ils distribuaient des farces à Poudlard, ils s'en étaient rendu compte.
– Fred, déclara George. Patronus.
Le jeune homme se retourna et reconnut la loutre caractéristique d'Hermione. Le jeune homme serra les poings : quelque chose se passait mal. La voix d'Hermione emplit la salle et les jumeaux se regardèrent atterrés. Fred envoya son patronus prévenir son père et sans réfléchir les deux Weasley transplannèrent au Terrier. Ils ouvrirent la porte sans frapper et découvrirent leur père dans le salon. Fred vit son patronus arriver juste après. Molly débarqua de la cuisine et les contempla un bref instant avant de hurler :
– Vous deux ! Vous allez m'expliquer votre histoire de fuite de Poudlard ! C'est malin, qu'allez-vous faire sans diplôme maintenant ?
Elle aurait continué encore longtemps si Arthur ne lui avait pas fait signe de baisser d'un ton alors qu'il écoutait le patronus envoyé par son fils. Il envoya lui-même un patronus à quelqu'un et se leva pour s'approcher de Fred.
– Comment sais-tu cela ? Quelqu'un t'as prévenu ? Ton frère ?
– Hermione, répondit Fred. Elle m'a envoyé son patronus pour me prévenir. Elle n'était pas sereine et me demandait d'envoyer des adultes pour les secourir. Elle devait sûrement penser que cela serait dangereux.
– Bien sûr que c'est dangereux. C'est un guet-apens. Jamais Sirius ne se serait amusé à aller au ministère de la magie alors qu'il est en danger et recherché. J'ai bien peur qu'ils affrontent des mangemorts voire Voldemort.
– As-tu prévenu Dumbledore ? s'enquit Molly.
– Je pense que Kingsley s'en chargera quand il recevra mon Patronus, affirma Arthur. Vous restez ici je vous transmettrai des nouvelles, mais vous ne partez pas là-bas, cela risque d'être dangereux.
Fred commençait à suivre son père mais George le retint. Arthur se tourna vers lui et posa ses deux mains sur ses épaules.
– Cela va aller mon grand, Hermione est la plus coriace de tous même si je ne sais pas combien ils sont. Cela ira. Tu n'as pas à venir, pas ce soir.
Fred allait protester mais son père disparut avant qu'il n'ait le temps de faire quoi que ce soit. George regagna leur chambre pour éviter les représailles de sa mère. Fred n'avait pas la tête à faire attention aux reproches de Molly, et il savait d'avance qu'il n'arriverait pas à dormir. Il faisait assez chaud la nuit pour rester dehors avec seulement une veste. Le jeune homme ne savait pas vraiment ce qu'il faisait dehors mais il restait là, à regarder l'horizon. Peut-être espérait-il voir le trio venir ici ? Au fond, il savait qu'il espérait voir Hermione arrivée saine et sauve. Il se retourna lorsqu'il sentit une main appuyée sur son bras.
– Cela va aller mon grand, soupira Molly même si son visage sans sourire laissait penser tout le contraire.
– Je… j'aurai dû y aller maman. J'aurais dû partir avec papa, marmonna Fred en baissant la tête.
– Ton frère et ton père sont déjà là-bas et c'est amplement suffisant. Ce n'est pas encore la guerre, alors ne te risque pas dans des activités dangereuses dès ta sortie de Poudlard, assura Molly en passant une main sur la joue de Fred.
– Maman… je n'ai jamais eu réellement peur une seule fois dans ma vie. Je n'ai jamais eu peur au point de ne plus savoir quoi faire. Mais là… J'ai tellement peur de la perdre. Je ne sais même pas si cela va, ou si elle est en danger ou si elle va mal à cause des mangemorts… cette incertitude c'est horrible.
– Fred chéri, ce n'est que le début de ta vie, déclara Molly en souriant. Des émotions aussi fortes que celles-ci, tu en ressentiras plein d'autres. Cela ne sera pas facile, mais ces moments-là nous permettent de nous maîtriser un peu plus après. Cela va aller.
Fred serra sa mère dans les bras. Il avait l'impression d'être un enfant à nouveau, mais cela lui faisait du bien. George descendit à son tour, ce dernier fut étonné de voir son frère et sa mère enlacés mais ne dit rien. Rien qu'en regardant son frère, il remarquait bien que cela n'allait pas. Les trois Weasley rentrèrent à la maison. Cette nuit-là, ils ne dormirent pas et guettèrent des informations. Ce fut tôt dans la matinée qu'ils en reçurent, non de la part d'Arthur mais de la part de McGonagall qui fit son entrée chez les Weasley. Elle toisa les jumeaux puis s'adressa à Molly :
– Votre fils et votre fille étaient au département des mystères cette nuit quand il y a eu une attaque impliquant notamment Voldemort et Bellatrix.
– Ginny était là-bas ? s'exclama Molly en devenant toute pâle.
– Elle va bien. Ron aussi, il est blessé aux bras mais rien de bien méchant… je dois vous déplorer la mort de Sirius.
– Sirius ? s'exclamèrent les trois Weasley.
– Il a été tué par Bellatrix.
– Et Hermione ? Comment va-t-elle ? lâcha Fred.
– Elle est blessée à la jambe, mais cela ira. Ils sont soignés à l'infirmerie de Poudlard si jamais vous voulez venir les voir.
– On va y aller, affirma Molly en regardant ses fils. Allons-y !
