Bonsoir à toutes et à tous.
Voici le douzième texte de ce recueil qui avance doucement. Celui-ci fut un texte coopératif. Un peu de mignon cette fois-ci. Une petite tranche de vie dans l'univers d'Encyclie, mais il n'est pas nécessaire de lire cette histoire, cet OS se suffit à lui-même.
Nous rappelons à toutes fins utiles que nous n'apprécions pas les ajouts en favoris sans reviews. Nous ne forçons personne, mais respectez cette demande, s'il vous plaît !
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Masami Kurumada.
Nous vous souhaitons une agréable lecture !
12- Slippery (Glissant)
Par Ta-chan et Saharu
« Je ne le sens pas.
— Tout va bien, prends mes mains. Mets bien ton poids sur tes talons, je vais t'aider.
— Je pense vraiment que tu sous-estimes mon… Ah ! »
Le bruit caractéristique d'une chute. Hyôga grimaça un peu, tout en tentant de masquer un petit rire devant l'air honteux et vexé de Shun. Ce dernier, assis sur la glace, le regardait par-dessous en gonflant les joues.
« J'aurais dû te dire, c'est un peu glissant.
— Hilarant. »
Hyôga se campa sur ses jambes avant de prendre de nouveau les mains emmitouflées de son ami dans les siennes sans le moindre vêtement. Il aida Shun à se redresser, le tenant un peu plus fermement contre lui, appréciant la caresse des mèches vertes contre sa joue lorsqu'il le serrât davantage.
« Désolé.
— Je t'invite à faire preuve de davantage de pédagogie : c'est que tu es évalué toi aussi.
— …Pardon ? »
Shun lui accorda un doux sourire, qui aux yeux de Hyôga n'était rien de moins que rayonnant, avant d'indiquer d'un geste discret le bord du lac gelé et de lui murmurer :
« Cette leçon n'est peut-être pas aussi discrète que nous l'espérions… »
Un instant, Hyôga sembla se renfrogner, déclenchant un léger rire chez son jeune frère d'arme, avant de suivre son indication. Il se raidit aussitôt, sa nervosité n'étant cette fois en rien lié à la proximité du corps d'Andromède contre le sien.
Il s'était imaginé que Seiya les aurait suivis, pour les taquiner quelques minutes avant de s'enfuir en ricanant. Ou peut-être Ikki, venu s'assurer du déroulement purement éducatif de cette session. Rien ne l'aurait préparé à la présence digne et au regard perçant de son maître, observant la session depuis le banc de bois sur la rive opposée. Il déglutit, puis reporta son attention sur Shun qui lui souriait avec bien plus d'insolence cette fois.
« Bon, dans ce cas… »
Shun n'eut même pas le temps de protester. Déjà, Hyôga avait commencé à patiner en arrière, entraînant avec lui le Chevalier d'Andromède qui serrait ses mains avec toute la force dont il était capable à travers ses moufles.
« Respire, détends-toi. Je ne te laisse pas tomber, cette fois. »
Bien qu'encore légèrement crispé, Shun fit ce qu'il lui demandait, prenant une grande inspiration avant de se mettre à suivre les mouvements de son ami un peu plus souplement. Nerveux, il jeta un coup d'œil à ses pieds haussés sur patins, se retrouvant aussi hypnotisé que décontenancé par le rythme.
« Regarde-moi. »
Il leva les yeux, croisant la prunelle bleue glacée incroyablement tendre sur lui. Hyôga lui souriait, et cela suffit à le rassurer. Un peu, du moins. Son coccyx endolori, pas suffisamment. Toutefois, une fois focalisé uniquement sur l'expression de son ami, il put pleinement apprécier la caresse du vent à la vitesse à laquelle ils allaient, et la façon dont le paysage autour se troublait, pour ne rien laisser d'autre que l'expression douce face à lui. Et il se laissa peu à peu guider, diriger, alors que Hyôga l'aidait à tourner, en une valse éthérée sur la glace.
Au loin, Camus entendit leur rire s'entremêler. Il y avait quelque chose de déroutant à voir son jeune élève, d'ordinaire si sérieux et mélancolique, s'adonner aussi librement à son bonheur sous ses yeux. Aphrodite prétendait que le jeune chevalier d'Andromède était un véritable faiseur de miracle : il jugea bon d'accorder désormais un peu plus de crédit à son voisin du dessus.
La danse se poursuivit, et Camus suivit d'un regard expert le jeu de jambes contrôlé de Hyôga, et sa parfaite maîtrise dans le guidage de son partenaire : il songea, avec une pointe de regret qu'il aurait préféré chasser, qu'il n'avait plus rien à apprendre à ce garçon devenu homme. Et d'autres pensées lui vinrent alors, souvenirs lointains et soudain ravivés, de deux autres enfants s'exerçant à cette valse, avec autrement plus de maladresse.
Et il ne chercha pas à contenir le léger sourire qui étira ses lèvres lorsque les yeux émerveillés de Milo, l'écho de son rire enfantin et ses petites mains étroitement serrées dans les siennes lui revinrent à l'esprit.
