Disclamer: Les personnages appartiennent à Shonda Rhimes. Ce travail est une fiction sans autre prétention que prendre du plaisir.

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Chapitre 10

Les différentes séries de chimio s'étaient succédées, épuisant les défenses immunitaires de Callie. Elle avait été en proie à plusieurs épisodes délirant en raison de fièvres inexpliquées. Afin d'éviter tout nouveau risque de contaminations, il avait donc fallu se résoudre à l'hospitaliser en chambre stérile. Hélas, cela signifiait également, isolement et visites strictement limitées.

Les relations avec le Dr Stevens ne s'étant pas améliorées, Arizona était traitée comme n'importe quel autre accompagnant, obligée d'attendre patiemment l'heure des visites, pour voir Callie. Frustrée d'être réduite à une telle impuissance, sa façade qu'elle voulait garder calme et positive ne reflétait pas les combats qui torturaient ses entrailles.

Pour couronner le tout, ses parents venaient de lui téléphoner pour lui annoncer que Sofia était souffrante, l'enfant était fiévreuse et vomissait. Bien sûr Alex l'avait déjà vérifiée et avait déjà appelé pour la rassurer. Selon ses propres mots, la petite tornade comme il aimait nommer Sofia, aurait retrouvé l'énergie de détruire la maison au grand dam de ses grands- parents, avant même qu'elle ait eu le temps de décoller de Portland.

Le médecin en elle, faisait confiance à son ami, ainsi qu'aux capacités de démolition de sa fille, mais l'esprit irrationnels de la mère soucieuse, avait besoin de le vérifier de ses propres yeux. Même si l'enfant ne l'avait pas exprimé lorsqu'elle lui avait parlé pour au moins la réconforter à distance, elle était persuadée que Sofia avait besoin d'elle. Quand elle était fatiguée ou malade, tout comme sa mère latine, Sofia l'ouragan, devenait un vrai Chewing-Gum, tendre et collante, et avait toujours besoin au moins d'une de ses mamans pour la câliner. Elle gémit dans ses pensées « Et bien on fait difficilement pire comme soutien familial, en plus d'être, une mauvaise épouse, ça je m'en suis assurée il y a quelques années, je fais une piètre ex-femme, absolument inutile doublée d'une mère absente »

Allongée dans ce lit, séparée d'elle par cette maudite vitre, Callie se battait seule contre la mort essayant de s'insinuer sournoisement dans chaque cellule de son corps. Ecartelée entre son besoin presque obsessionnel de ne pas quitter son ex-femme, et son désir presque vital d'être auprès de sa fille, Arizona avait l'impression que le volcan qui sommeillait en elle allait se réveiller et imploser d'une minute à l'autre.

Elle était assise devant la vitre, attendant que les minutes qui la tenaient éloigner de Callie s'écoulent, elle essaie de se concentrer sur ce qu'elle fait le mieux, le seul domaine de sa vie dans lequel, selon ses critères personnels d'évaluation, elle n'avait pas échoué, dans lequel, quelle que soit la force des vents qui emportaient sa vie privée, elle avait gardé le contrôle et jamais perdu confiance : la médecine.

Allait-elle faillir là aussi ? Elle n'avait pas pu sauver Nick, il était venu trop tard, elle n'était pas là pour sauver Tim. Mais Callie, elle devait la sauver, elle ne pouvait pas ne pas y arriver. Elle devait trouver un moyen pour la sortir de là et puis elle allait l'aimer encore plus qu'elle ne l'avait déjà fait. Non, plus n'était pas possible. Callie avait toujours été son tout, son jour, sa nuit, sa lumière au bout du tunnel. Non, l'aimer plus était impossible, mais l'aimer mieux, la rendre heureuse, était ce qu'elle avait toujours voulu, et maintenant, elle savait qu'elle le pouvait, qu'elle saurait le faire. Mais pour ça, il fallait la sauver d'abord.

Alors elle restait là, devant la vitre, se questionnant sur les choix de traitements, envisageant les options qui restaient. Les séances de radiothérapie devaient être interrompues pour l'instant et de toute façon la dernière avait été particulièrement éprouvante pour Callie.

Selon ce qui était devenu un rituel, Arizona avait aidé Callie à s'installer confortablement sur le brancard, elle avait arrangé la couverture sur elle, puis, avant que l'on pose la protection redoutée sur son visage, elle l'avait l'embrassée dans le cou, tout prêt de l'oreille, lui murmurant des mots d'encouragement pour qu'elle seule les entende. Elle avait ensuite saisi sa main et l'avait portée à ses lèvres avant de se retourner pour se joindre à l'équipe médicale qui suivait la séance.

A travers la vitre, elle ne quittait pas des yeux la femme allongée sur le brancard, prisonnière dans la machine. Soudain elle note une certaine agitation, le corps de Callie se raidit, ses jambes remuent de façon incontrôlée, ses mains se tendant vers l'endroit où se tenait Arizona, comme un appel au secours

- Arrêtez ça, il y a un problème, elle ne va pas bien, arrêtez tout de suite, il faut la sortir de là !

Arizona avait hurlé à plein poumons, stoppant les bavardages futiles des personnes dans la pièce. Elle-même ne savait pas qu'elle pouvait crier aussi fort.

Un médecin, avait machinalement branché le micro, donnant des ordres à son ex-femme terrorisée d'une voix froide, dénuée d'empathie, comme s'il récitait une rengaine ennuyeuse

- Mme Torres, calmez-vous, il reste encore quelques minutes.

Se jetant pratiquement sur lui, elle avait arraché le micro de la main du médecin indifférent. Sa voix douce avait résonné dans la salle.

- Calliope chérie, tu veux venir à la plage avec moi ?

L'équipe médicale médusée l'avait regardée, comme si une corne était en train de pousser au milieu de son front, mais les mouvements désordonnés de Callie avaient ralenti, dés qu'elle avait entendu les mots.

- Ouai, c'est bien, tu vois ça marche toujours. Concentre-toi sur ma voix chérie. Doonc, nous sommes sur une plage déserte installées sur des transats, l'une à côté de l'autre et nous regardons au loin, toutes les deux dans la même direction. Oh ai-je signalé que tu portes un bikini vraiment très sexy ? Ce détail est inutile tu es toujours sexy, même si tu portais un sac poubelle tu te débrouillerais pour être sexy, ce qui est un peu agaçant en passant.

On pouvait entendre des gloussements dans la salle, les médecins étaient tous attentifs attendant comme des enfants la suite de l'histoire, Arizona ne les voyait, ni ne les entendait plus, son esprit connecté à celui de Calliope.

Bref, laissons le truc « tout le monde te trouve toujours sexy et ça m'énerve » pour le moment. Des cocktails sont posés sur une petite table entre nous. Calliope, tu entends le bruit des vagues qui viennent s'échouer sur la plage ? Le soleil lèche ta peau cuivrée, alors je m'approche de toi pour appliquer la crème solaire sur ton corps brûlant. Toi et moi savons que tu n'en n'as pas besoin, ta peau est faite pour le soleil, elle ne brûle pas, mais il y a des années, que tu fais semblant d'acheter mon argument de « principes de précautions », juste parce que tu sais que j'aime faire ça, alors… j'en abuse un peu. Oh mais j'entends des petits rires qui se rapprochent, Sofia accourt vers nous dans son joli maillot, rose bien sûr, et qui est ce petit garçon qui l'accompagne…

- C'est fini la séance est terminée interrompt le médecin

- Waouh comment avez-vous fait ça Dr Robbins ? Vous êtes une sorte de Milton Erickson ou quoi ? demande un résident admiratif

- Méthode de suggestion indirecte, utilisée dans les membres fantômes.

Elle avait adressé une réponse professionnelle à l'élève flatteur, jetant un regard noir au médecin robot devant le micro, ajoutant pour elle-même tout en s'empressant de rejoindre son ex-femme ; Un amour fou aide aussi

- Ça va ?

La brune désolée, les yeux remplis de larmes avait murmuré

- Merci, j'ai juste paniqué à un moment, mais ça va aller s'il le faut je recommencerai.

Elle était tellement courageuse et combattante, elle méritait tellement que sa vie soit plus douce.

- Hey si c'est trop dur on trouvera une autre solution.

Arizona avait parlé tout en essuyant les larmes qui roulaient sur les joues de la brune, et Callie avait ri en reproduisant son geste car les larmes de la blonde coulaient aussi.

- C'était un peu chaud ton histoire de bikini et de crème solaire non ? Vraiment ? Le soleil lèche ta peau…

- Ouai je me serai peut-être un peu laissée emporter, mais les enfants sont arrivés pour me remettre sur les rails

- Les enfants hein ?

Et juste comme ça, inclinant un peu sa tête les sourcils levés, prenant volontairement un air énigmatique, elle lui avait adressé un sourire magique, avec les fossettes et les yeux qui brillent et tout, et le cauchemar avait simplement disparu, il n'était resté que le rêve.


Une main se pose sur son épaule, Colleen vient la prévenir qu'elle devait enfiler la tenue stérile. Elle lève la tête vers l'infirmière dévouée, ses joues sont trempées, elle sèche les larmes négligemment avec le revers de sa manche et se précipite pour rentrer dans le bocal, accueillie par le sourire de Callie qui se transforme en une seconde en un regard inquiet

- Arizona, tu as une mine qui fait peur.

- Waouh ! tu sais parler aux filles pour qu'elles se sentent bien! Plaisante Arizona s'efforçant d'amener un peu de légèreté mais ses yeux racontaient une autre histoire à la brune.

- Arizona Robbins, pas de secret, plus de secret ! Elle avait droit au nom complet, Calliope était sérieuse. Ses épaules s'affaissent un peu, c'était exaspérant cette façon qu'elle avait de la deviner si facilement.

- C'est Sofia, elle est malade, mais ne t'inquiète pas, ce n'est rien, Alex l'a déjà vérifiée c'est juste une grippe intestinale et...

- Vas-y. Interrompt Callie.

- Non, elle sera guérie très vite…Je n'ai pas envie de te quitter

- Qu'est-il arrivé à « Ce que tu ne peux pas faire je le ferai ? » Les yeux grands ouverts, dévisageant son ex-femme, la brune fait une pause, elle laisse le temps à Arizona de peser l'argument irréfutable. Vaincue, celle-ci s'affaisse encore un peu plus, déclenchant un ricanement attendri de Callie

Arizona, notre fille a besoin de l'une d'entre nous en ce moment, et je suis manifestement empêchée, alors tu dois y aller. Je ne bouge pas d'ici, de toute façon. Ce n'est pas comme si je pouvais m'enfuir.

- Mais…

- Pas de mais ! Sors d'ici Arizona ! exhorte Callie.

Son ex-femme avait certainement autant besoin d'être avec Sofia, que Sofia avait besoin d'elle, Callie le savait. Mais elle voyait également combien la blonde était épuisée et déprimée, elle voulait qu'elle sorte un peu de cet hôpital qu'elle trouve un peu de repos et de réconfort auprès de ses parents et de sa fille. Cependant la femme têtue, ne capitulerait pas sans un peu d'autorité.

- J'en ai marre, tu recommences à me virer … Riposte Arizona la moue boudeuse

- Tu vas me manquer, ricane Callie Ne t'inquiète pas pour moi, j'ai Marc.

- Depuis quand est-ce censé me rassurer ! Arizona soupire. Je reviens le plus vite possible, tu me manques déjà.


Elle était partie pour Seattle, non sans avoir passé quelques appels, pour veiller que Callie verrait des visages familiers durant son absence. La latine continuait à avoir des conversations avec Marc, ce qui ne présageait rien de bon, elle semblait en plus apprécier sa présence, ce qui préoccupait beaucoup Arizona. Elle pensait que l'esprit de la brune devait être le plus souvent possible, gardé dans la réalité afin d'éviter les hallucinations, et une ou deux heures de visite par jour, était insuffisant.

Depuis des jours, elle se positionnait donc de l'autre côté de la vitre, afin qu'elles puissent se voir et discuter au téléphone. Elle lui disait comment Sofia avait enroulé le colonel autour de son petit doigt. L'image de son ex beau- père raide comme la justice, en train de boire le thé avec une couronne sur la tête, entouré de toutes les poupées de sa fille, était tellement hallucinante en soi, que c'était un vrai remède contre la tumeur … L'hôpital de Portland étant assez dénué de drames, voire parfaitement ennuyeux, alors, Arizona racontait les dernières nouvelles croustillantes de Grey Sloan qu'elle avait obtenu d'April. La latine épuisée s'endormait quelque fois au milieu de la conversation. A ce stade, Arizona se raccrochait à tout, même à ce qui pouvait paraître dénué de sens, pour essayer de sauver la femme de sa vie.

Elle avait son propre espion en la personne de Colleen qui s'était avérée d'une aide précieuse. L'infirmière aimait les deux femmes. Elle avait certes été marquée par une petite histoire avec Arizona, mais avait apprécié travailler pendant plus de 2 ans avec Callie. Aussi elle facilitait autant qu'elle le pouvait, leur vie à l'hôpital et s'était engagée non seulement à aller vérifier Callie plus souvent que le protocole ne l'exigeait, mais aussi à prévenir Arizona au moindre problème. Meredith, avait proposé de passer une journée à Portland et promis de prendre la place d'Arizona devant la vitre, même si ça ne lui paraissait pas le traitement le plus efficace, elle n'avait pas eu le cœur de contrarier la blonde, Carlos ne s'était pas fait prier non plus pour prendre le premier avion, et visiter également.


Elle était couchée dans son lit à Seattle, son enfant dans les bras, elle caressait lentement ses longs cheveux bruns identiques à ceux qu'avait Callie. Elle fermait les yeux, les bras de son bébé autour de son cou apaisant un peu son anxiété. La mère et la fille se réconfortaient mutuellement. Elle sent l'enfant bouger prise d'un peu d'inconfort.

- Tu veux que je te fasse mon câlin magique ?

- Celui qui guérit tout ?

- Oui

En réponse Sofia la serre fort et se blottit plus près encore, tout contre sa mommy. Arizona renifle, c'est une réaction typiquement Callie, quand, les deux latines de sa vie, deviennent câlines, elles ont toutes les deux un besoin impérieux de contacts, et quand elles ont un besoin, elles le font savoir sans cérémonie. Déposant de petits bisous légers sur la tête de l'enfant, elle continue à passer ses doigts dans l'épaisse chevelure sombre, et à masser de l'autre main le ventre douloureux de la petite fille, lentement l'enfant s'endort. A son réveil les yeux brillants de larmes de sa mommy, la regardent tendrement.

- Mommy, est-ce que tu pleures parce que mama va mourir, comme papa ?

- Oh Sofia pourquoi tu…

- Mama ne m'a pas parlé depuis longtemps, tu as dit que je ne pouvais pas venir à Portland, tu as ces marques autour des yeux, qui te donnent l'air vraiment triste.

Sofia ressemblait tous les jours un peu plus à Callie, elles avaient la même facilité naturelle, pour exprimer ce qu'elles ressentaient, Arizona aimait cette qualité qui lui faisait défaut. Comme Callie, sa fille avait une sensibilité à fleur de peau, elle pouvait comprendre les gens d'un regard, elle lisait déjà en elle comme dans un livre ouvert. Elle était si raisonnable et si mature pour son âge, qu'il était inutile de lui cacher la vérité. Elle resserre son étreinte sur l'enfant inquiète qui avait besoin de réponses.

- Mama est très malade chérie. Tu te souviens que je t'avais expliqué que les traitements pour la guérir pouvaient la rendre très faible ? La petite hoche la tête. Eh bien …C'est exactement ce qu'il se passe. Elle est à l'hôpital, dans une pièce pour la protéger de tous les virus comme celui qui a attaqué ton petit ventre.

- C'est pour ça que je ne peux pas la voir, pour ne pas lui donner mon virus sanglote Sofia, les mots restant bloqués dans sa gorge serrée, Arizona acquiesce de la tête

- Mais tu es un grand docteur, tu sauves plein d'enfants, tu ne peux pas sauver mama ?

- J'essaie chérie, j'essaie de toutes mes forces.

A ce stade de la conversation les larmes coulaient sur les joues de la mère et de la fille, Arizona n'essayait même pas de lutter ou de les dissimuler, parce que pleurer, se serrer l'une contre l'autre et partager leur chagrin et leur crainte, était ce qui leur fallait à toutes les deux.

- Tu dois la sauver mommy, tu sauves les bébés avant qu'ils soient nés, c'est beaucoup plus difficile. Gémit Sofia, entre deux pleurs.

Arizona la couvre de baisers, elle ne peut prononcer un mot, comment expliquer à sa petite fille qui lui faisait une confiance aveugle pour sauver sa mama, qui doit lui faire confiance pour se sentir en sécurité dans la vie, que quelque fois malgré tous ses efforts, on ne gagnait pas la bataille. Ses pensées reviennent vers son ex-femme, elle-même adulte et médecin avait mis des mois à accepter que Callie ait été impuissante pour sa jambe… L'enfant en proie à de nombreuses interrogations empêche Arizona de se vautrer dans les remords qui la submergeaient souvent ces derniers jours.

- Est-ce qu'elle est toujours seule ou est-ce que toi tu peux la voir ?

- Je peux la voir mais à travers une vitre, on ne me laisse entrer auprès d'elle qu'une heure par jour, avec un masque, des gants, tu sais, une tenue stérile

Comme le faisait Callie quand elle se concentrait, la petite fronçait les sourcils, mordait sa lèvre inférieure c'était à peine perceptible. Cette image fait sourire Arizona, il n'y avait aucune chance qu'elle puisse un jour oublier Callie, elle avait son clone sous les yeux, et ça c'était encore une chose dont elle lui était redevable, le plus beau cadeau qu'on ne lui ait jamais fait.

- Mais mommy, c'est comme, ça que tu es à l'hôpital à Seattle dans l'I.C.U! Alors pourquoi ils ne te laissent pas rester avec mama tout le temps, Tu n'as qu'à mettre ta tenue stérile ? Tu es docteur quand même, tu devrais pouvoir rester avec maman et t'en occuper. Il n'y a que toi qui dois t'en occuper.

Avec deux mères tellement absorbées à sauver des vies, Sofia avait pratiquement grandi à l'hôpital. C'était son domaine depuis toujours, elle était familiarisée avec tous les termes médicaux, les instruments et mêmes certaines procédures. Les sourcils relevés, les yeux grands ouverts, Arizona regarde sa fille fixement, lentement un sourire se dessine sur ses lèvres, illuminant le visage de la chirurgienne. Est-elle à ce point aveuglée par le chagrin, qu'elle avait besoin que sa fille de sept ans lui fasse toucher du doigt l'évidence ?

-Oh je t'aime mon bébé, je t'aime tant. Elle l'embrasse en riant, la serrant dans un câlin un peu trop fort au goût de l'enfant

- Mommy ! L'enfant se débat en protestant, elle ne comprend pas tout du changement d'humeur de sa mère, mais ça avait l'air bien. Je ne suis plus un bébé, et je crois que je suis guérie. Je n'ai plus besoin de tes câlins magiques, mama en a besoin, tu devrais rentrer à Portland. Arizona pouffe, ses larmes se mêlant à ses rires ignorant ses objections, elle dévore sa fille de baisers.

- Je dois être la seule à m'en occuper hein? Mon dieu je n'y crois pas , tu me vires comme elle !


Le lendemain, elle reprend l'avion pour Portland, et quelques heures après, elle se faufile en tenue stérile dans la chambre de Callie qui sommeille, recroquevillée en boule. Elle grimpe sur le lit, et se glisse contre le corps de son ex-femme enroulant son bras autour de sa taille. Doucement, elle frotte avec le bout de son nez l'arrière de la tête de la brune, qui s'éveille par le tendre contact. D'une voix enrouée encore pleine fatigue, Callie demande sans se retourner.

- Qu'est- ce que tu fais ici, tu vas te faire virer par Stevens

- Je suis en mission, envoyée par un petit ange brun qui prétend que mes câlins sont magiques et qu'ils guérissent tout. Lui murmure Arizona à l'oreille

- Comment va-t-elle ?

- Bien. Très bien. Elle est géniale Callie. C'est la plus belle chose que nous ayons faite elle est … C'est tout toi. Merci.

Alertée par l'émotion dans la voix d'Arizona, Callie se retourne pour faire face à son ex-femme. Leurs visages à quelques centimètres, les yeux, dans les yeux, elles s'enferment dans l'intimité de cette tendre proximité

- Merci, pourquoi ? murmure Callie

- Merci d'avoir toujours su avant moi ce dont j'avais besoin, merci de m'avoir choisie pour être sa mère, merci pour tout. Pour m'avoir si souvent montré le chemin.

- Waouh Mme Robbins vous êtes bien sentimentale tout à coup. Est -ce que je vais mourir ?

- Je te l'interdis, tu m'entends. J'ai tellement de choses que je veux encore te dire et notre fille aussi.

Cherchant à changer l'ambiance, la blonde prend un ton enjoué. Sofia a enregistré des vidéos pour toi, des poèmes, des chansons… Je dois t'en montrer une par jour, ce sont les ordres, je suis en mission.

- Stevens ne va pas acheter ta petite histoire de mission, il va te virer. Ricane Callie

- Stevens va aller se faire foutre, je me suis faite embaucher par son chef. Tendant une main en guise de présentation. Enchantée, Arizona Robbins, infirmière particulière au service exclusif du patient Torres.

Les yeux noirs écarquillés de stupeur, admirent ce petit air de supériorité que la blonde arbore lorsqu'elle est fière d'elle. La lueur malicieuse qui éclaire ses yeux d'un bleu océanique, son sourire faisant apparaitre deux fossettes tueuses et qui rend tout meilleur, toutes ces choses qui lui donnent un charme indéfinissable, que Callie ne voudrait plus jamais s'arrêter de regarder. Tout est là, tout ce qui a fait qu'elle a aimé cette femme au-delà de la raison est à nouveau devant ces yeux, et plus encore.

- Qu'est-ce que tu as fait ?

- Je ne te quitte plus. Tu ne pensais pas j'espère, que j'allais te laisser dans les mains de cette infirmière rousse, totalement gay qui te dévore des yeux. Mon radar gay est infaillible !

A l'émotion se mêle les rires de Callie face à la jalousie presque avouée d'Arizona. Son radar gay avait toujours été effectivement très affuté. C'était un jeu entre elles, Arizona se targuait d'être capable de reconnaitre une lesbienne au premier coup d'œil, et elle le faisait souvent, même si elle avait un peu tendance à en voir partout, surtout si elles avaient le malheur de montrer un quelconque intérêt pour Callie.

- Ils sont gagnants, ils ont une infirmière surqualifiée gratuite en plus !

- Marc dit que tu n'as pas changé, toujours aussi possessive. Callie éclate de rire. Oh et puis il dit aussi que tu as toujours de très beaux seins.

- Oh ferme la Marc ! ricane Arizona et regarde-moi dans les yeux !

- Il dit aussi qu'il savait que tu allais très bien te débrouiller sans lui.

Soudain une ombre passe dans les yeux bleus, le souvenir des bois refait surface. Marc la tête sur ses genoux qui n'en finissait pas de vouloir mourir, elle qui essayait de le ramener à Callie et à Sofia, les promesses qu'elle lui avait faites et qu'elle n'avait pas su tenir.

- Ne t'inquiète pas Marc, j'ai ça, je ne foire plus, je suis là maintenant. Tu peux partir tranquille je m'occupe de nos filles.

Les yeux brillants de larmes qu'elle retenait, elle se retourne vers Callie, la voix timide à peine plus haut qu'un murmure Tu crois qu'il m'a entendue ? Toutes deux savaient à qui ses paroles étaient adressées, et ce n'était pas à Marc.

- Tu es … Arizona tu es … La blonde plonge sa tête dans le cou de Callie ne la laissant pas s'exprimer

- Tu ne vas plus pouvoir te débarrasser de moi maintenant.

Elle murmure ces mots promettant sans le faire vraiment, car elles avaient un long passif avec les promesses.

- Pourquoi, ai-je même essayé un jour ?

Les deux femmes se regardent, une infinie tendresse dans leurs yeux, Callie tend la main vers le visage de la blonde effleurant sa joue à travers le masque avec le dos de ses doigts. J'ai encore tellement de choses à te dire moi aussi.

- Alors s'il te plait vit. Vit pour Sofia et vit pour moi.

- C'est ce que me dis Marc tous les jours, je fais de mon mieux Arizona, je te le jure.

- Je sais mon cœur et tu vas y arriver. Mais pour cela, tu dois laisser partir Marc. Elle prend une profonde inspiration refoulant des années de regrets. Je sais qu'il te manque et que je ne t'ai pas vraiment laissé le temps de faire son deuil, mais tu dois le faire maintenant. Tu dois lui dire au revoir Callie. La tumeur, ne dois pas évoluer, tu dois te battre contre elle, Marc doit partir.

- Tu n'es pas jalouse de mon ami mort Arizona ?

- Je crois que tu es épuisée, et que tu pourrais t'abandonner dans ce confort.

- Il me manque.

- Je sais, il me manque aussi, mais il est parti, et toi, tu dois lutter et rester avec moi.

- On était si heureuse, toi et moi avec Sofia quand il était là.

- Ouai, c'était génial, Les yeux de la blonde brillaient au souvenir des jours heureux. C'était le grand bonheur, et ça le sera encore, je te le …

- Promis ?

- Je promets.

Elles venaient de franchir une étape de plus, recommencer de promettre et y croire, parce que les doutes, les faux semblants, les questions n'avaient plus leur place. Callie ferme les yeux et s'endort apaisée dans les bras de son infirmière très spéciale.


Arizona passe jours et nuits dans la bulle stérile. En tant qu'infirmière personnelle, elle prend soin de la santé de Callie, en tant qu'ex-femme très amoureuse, elle la distrait, en tant que tout, elle l'aide même à faire sa toilette, et jours après jours la fièvre diminue, les constantes s'améliorent.

- Humm, Quand tu vas sortir d'ici, je pourrai bien regretter ces moments-là ! Dit-elle en passant un gant de toilette dans le dos nu de son ex-femme

- C'est une chose qui pourrait s'arranger facilement. Je crois me souvenir, que tu aimais bien partager un bain.

- C'était dans l'unique but de sauver la planète.

Elle rit ne croyant même pas à sa propre blague et bien convaincue que Callie n'y croyait pas non plus. Elle adorait se lover dans les bras de Callie dans la baignoire, ou la surprendre dans la douche, quand tout était simple et naturel.

- Tu te souviens, quand Lexie nous a attrapées dans la douche ?

- Ouai pauvre Lexie elle était …tellement gênée. Oh j'aimais bien Lexie.

- Ouai … Arizona songeuse, On ne pensait qu'à ça à l'époque.

- On ne faisait pas qu'y penser fait remarquer Callie dans un gloussement

- Sur, on travaillait comme des folles, et le reste du temps on faisait l'amour sans arrêt.

- Ça te manque ?

- Quoi de faire l'amour ? Demande Arizona étonnée de la question. Callie lève les yeux au ciel.

- Non, je te connais. Tu es…euh le sexe pour toi c'est comme les beignets.

- Comme les beignets ? grimace Arizona interrogeant son ex du regard

- Ouai, je veux dire…C'est le remède universel pour toi, comme les beignets !

- Encore une théorie totalement erronée. Rétorque la blonde se figeant un peu; elle n'avait aucun problème avec la façon dont elle menait sa vie sexuelle, qui pouvait paraître débridée pour certains, mais le jugement de Callie piquait toujours. Elle s'éloigne jetant négligemment à Callie un T -shirt pour qu'elle se couvre

- Sais-tu seulement pendant combien de temps je n'ai pas eu de relations sexuelles ?

- 7 mois 2 semaines et 3 jours, je suis intimement au courant. J'étais très solidaire, j'étais ta femme.

Inconsciente de la contrariété d'Arizona, Callie bavardait innocemment faisant allusion au long rétablissement après l'amputation.

- Pas ça, pas avec toi. Avec toi je n'ai jamais eu de relations sexuelles, je faisais l'amour.

Précise Arizona le doigt levé pour insister sur ce point. Quand tu m'as quittée, j'ai passé des mois à attendre que tu reviennes, jusqu'à ce que tu amènes à l'hôpital ton nouveau grand amour parfait. Tu vois ce n'est peut-être pas mon remède à tout ! Mais ce qui est exact c'est que j'ai mangé beaucoup de beignets.

Le ton passif agressif éveille la latine sur la tension à couper au couteau qui avait envahi l'espace. Callie se reproche la blague, elle gratte sa gorge. Le procès et les allégations de son avocat avait rendu le sujet plus que sensible.

- Désolée, je plaisantais. Je ne devrai plus plaisanter avec ça, c'était pour rire Arizona

- Je ne crois pas que ce soit pour plaisanter, c'est un thème assez récurrent. Ça aurait été une plaisanterie avant, et j'aurai certainement beaucoup rit, mais là ça sonne plutôt comme un sous- entendus. Et c'est exactement ce qui me fait peur, certaines choses ne disparaissent jamais.

Callie pouvait voir qu'elle n'était pas seulement fâchée, elle avait été froissée, offensée, humiliée. Tout dans sa posture le faisait savoir, le ton de sa voix était ému et froid.

- J'ai fait comme j'ai pu, pour continuer Callie et ce n'était pas simple. Tu as fait aussi comme tu as pu. Tu es tombée amoureuse, tu as chamboulé toutes nos vies pour cette femme que tu connaissais depuis cinq minutes. Ricanant. Je suppose que c'était ton beignet à toi.

- Oh mon dieu, Arizona tu as le sens de la métaphore ! Vraiment mon beignet ?

Réalisant ses mots, la blonde frappant Callie sur le bras ne peut empêcher un sourire malgré sa contrariété

- Oh merde ! Tu viens de ruiner mon dessert préféré, je ne pourrai plus manger de beignets, sans avoir cette image mentale

- Ouai pardon.

Elle s'était avancée vers son ex-femme et l'avait saisie par la taille posant sa tête sur son épaule pour voir son visage. Elle ne s'excusait pas pour le dessert, elle sait que malgré l'humour, Arizona à accuser le coup. Quant à elle, elle devait aussi digérer, la douleur d'avoir entendu dire au Grey Sloan, que son ex-femme passait de bras en bras, avoir simulé que ça ne lui importait pas alors que ça la déchirait, en silence, et de s'être vengée de la façon la plus sournoise et vile qu'il soit. Elle prend la blonde dans ses bras posant un baiser sur sa tempe. Tu n'as pas à te justifier, je suis stupide.

- Dis-moi juste qu'elle n'est pas encore entre nous.

- Qui Penny ?

- Non Boswell! s'exclame la blonde se retournant brusquement. C'est à elle que tu pensais, hein ?

- Pas du tout, c'est toi qui y penses. C'était une plaisanterie débile, juste pour rire, parce qu'avant de me connaitre tu étais un peu…eh bien Marc en femme.

- Mais c'était avant, il y a longtemps, j'étais jeune et… j'expérimentais en t'attendant… Attend, tu penses encore à Penny ?

- Non ! Arizona bien sûr que non !

- Mais si. Tu as demandé « Qui Penny ? » C'est à elle que tu as pensé en premier…

- C'est toi qui en as parlé, oppose Callie tu as dit qu'elle était un beignet ! Euh…Donc toi tu penses à Boswell alors ?

- Non ! J'avais peur que toi, tu penses à Boswell ! S'écrie la blonde.

Callie lève les yeux et les bras vers le ciel, elle a l'impression d'être téléportée, dans leur chamailleries puériles, il y a des années à Seattle.

-Gruuhh Arizona ! Je déconnais de façon inappropriée et sans sous -entendu comme je l'ai toujours fait ! Ça c'est mon côté Marc, à moi. Je ne pensais ni à Boswell, ni à Penny, ni à personne d'autre d'ailleurs okay ?

Arizona accepte le brin d'olivier tendu, la mine un peu renfrognée quand même.

- Okay donc je ne pense pas à Penny non plus !

- Okay répond Callie fermement, camouflant le sourire, à l'effort évident que faisait son ex-femme

- Ni à couteau à steak et à la robe sexy que tu portais pour elle.

- Okay Callie ricane ne pouvant pas dissimuler un petit plaisir malsain de voir Arizona jalouse.

- Ou à ce flic idiot, qui était raide dingue de toi, et auquel j'aurai bien mis un coup de pied aux fesses pour la façon qu'il avait de te déshabiller du regard, avec mon pied gauche bien sûr.

- Okayyy

- Et … gémit Arizona Et tous les autres que je ne connais pas et que je ne veux surtout pas connaitre.

- « Je ne serai plus jamais la même, je ne serai plus jamais celle que tu as aimée ».

Callie chantonne gaiement les mots qu'Arizona lui avait si souvent ressassés lorsqu'elle avait peur de perdre Callie, parce qu'elle ne se trouvait pas suffisante pour elle.

Manifestement tout n'a pas changé tu es toujours aussi jalouse ! Elle porte son regard vers la femme à ses côtés qui hoche les épaules comme une enfant boudeuse. Depuis 10 ans elle se demande comme la même personne peut en même temps réunir un tel sex-appeal et de telles moues d'enfant, et que ça la rende si sexy.

- J'étais jalouse aussi quand tu sortais avec Richard…T'imaginer avec des tas de femmes ce n'était pas facile

- Parce que tu crois que c'était plus facile de t'imaginer avec une seule femme que tu présentes comme le grand amour, le vrai, un truc comme jamais tu as vécu. Te voir avec elle partout, à l'hôpital, dans les soirées, avec Sofia, et continuer à être gentille, compréhensive, parce que ça te rendait heureuse, et que je devais être heureuse pour toi. Ce qui est sûr c'est que je ne l'étais certainement pas pour moi. Ce n'était pas facile Callie.

Pendant la conversation elles s'étaient assises face à face sur le lit se confrontant avec honnêteté. Pour la première fois, elles livraient en toute sincérité, ce qu'avait été leur vies pendant la séparation, leurs douleurs, leurs efforts, et ça allégeait les choses, tout simplement parce que c'était la vérité.

Les deux femmes réalisaient qu'elles avaient tellement fait semblant, de ne pas avoir peur, de ne pas être fatigués, de ne pas avoir mal, qu'elles avaient pris l'habitude de ne voir que ce qu'elles voulaient voir, de ne croire que ce qu'elles voulaient croire. Elles s'étaient tellement mentis à elles même que leur mensonge étaient devenus leur réalité, à force de se voiler la face elles avaient fini par perdre de vue l'évidence qui était sous leurs yeux.

- Je ne sais pas comment tu as pu faire ça, mais je crois que tu viens d'admettre que tu étais jalouse continue de plaisanter Callie.

Elle avait du mal à affronter la douleur qu'elle avait infligés à son ex-femme, la plupart du temps inconsciemment, parce qu'à cette époque elle était confuse. Persuadée que la blonde la ferait toujours souffrir, elle était souvent aveuglée par la colère quand elle pensait à Arizona, obsédée par le désir de l'oublier et de passer à autre chose d'enfin facile, elle se débattait avec ses propres difficultés

- Je ne suis pas jalouse, je suis de nature inquiète

- Un Ouai sceptique sors de la bouche de la latine. Tu sais, la première fois qu'elle m'a dit je « t'aime », je lui ai répondu « merci »

- Non! Callie je ne veux rien savoir ! Oppose Arizona mettant ses mains sur ses oreilles …Merci ? Elle s'écrie réalisant soudain ce qu'elle venait d'entendre. Oh Callie c'est bien pire « qu'on se voit toute à l'heure »

- Ouai je ne suis aussi sure que toi! Ricane Callie. Mais ce qui est pire c'est qu'il n'y a pas eu de deuxième fois. La brune pouffe de rire

- Tu veux dire que tu as déménagé avec notre fille, à des milliers de kilomètres avec une femme à qui tu n'avais même jamais dit je t'aime?

La brune hoche la tête l'air rétrospectivement consternée

- C'était tellement bizarre, je ne pouvais pas. Le lendemain tu l'as appelée ma petite amie, alors que moi je ne le faisais même pas.

- Oh ça va être encore ma faute !

- Non ce n'est la faute de personne, mais avoue que si tu avais été plus sincère, si tu m'avais dit ...

- Plus sincère ? plus sincère ! Tu m'as dit que je ne te manquais pas assez !

- Mais c'était au début de notre séparation, et c'est toi qui as déduit « pas assez », je n'ai même pas répondu. Bien sûr que tu me manquais, comme une folle. Mais assez pourquoi ? Pour recommencer la même chose pour la énième fois ! On n'allait nulle part !

- Non, moi j'allais quelque part et toi tu as cessé de me tenir la main.

-Et si on admettait tout simplement, que tous les messages étaient brouillés, parce que nous étions totalement déboussolées sourit la brune pressée de clôturer cette discussion mortifiante, et de fumer le calumet de la paix avec son ex-femme, avec laquelle aujourd'hui les relations étaient au beau fixe.

- Hum, ça résumerait assez bien la situation

- Donc le travail ça te manque ? Le scalpel, l'adrénaline tu sais ? Le boulot c'était ta vie.

- Le boulot c'était mon refuge, quand j'avais peur, quand j'avais mal, quand j'étais triste, il y avait le travail. Je me concentrais, c'est le seul moment où j'avais l'impression que j'avais tout sous contrôle, et ça me sécurisait, j'arrivais même à me sentir bien quelques fois. C'était plutôt ça mon beignet à moi

Callie se détestait tellement de l'avoir fait se sentir si mal, et à cet instant elle aurait donné beaucoup pour pouvoir effacer tout d'un coup de baguette magique

- Tu as vraiment souffert. J'ai parfois l'impression d'avoir été mise sur cette terre pour te faire souffrir

- Ouai confirme Arizona sans la moindre hésitation.

Choquée par l'assurance avec laquelle Arizona avait répondu, Callie se retourne vers la blonde. Bien sûr elle ne s'attendait pas à des félicitations, mais au moins à un peu d'indulgence, juste reconnaitre qu'elles s'étaient blessées toutes les deux, une sorte de responsabilité mutuelle. Impassible,Arizona mordillait sa lèvre inférieure, elle fixait le plafond comme si elle cherchait LA solution au problème de la faim dans le monde

- Okaayyy dit la brune désappointée

- Ou pour me donner mes plus grands orgasmes. Ajoute enfin la blonde donnant vraiment l'impression de s'interroger sur cette question cruciale.

La surprise passée, Callie éclate de rire, rejoint rapidement par son ex-femme.

- Arrête on s'est blessée toutes les deux, mais c'est du passé, on l'a compris. Nous étions .. Elle secoue la tête. On a tout mal jugé, on a pris des tas de mauvaises décisions, on doit enterrer tout ça maintenant. Songeuse elle confirme et Ouai je crois que tu as été créée pour me faire rejoindre le septième ciel !

-Ouai ?

-Ouai.

-Mieux que la spécialiste de l'orgasme ?

- Sans comparaison Arizona espérait que Callie lui rende la politesse, mais comme la brune s'était réfugiée dans un mutisme torturant, elle finit par demander

- Toi ? Un sourire espiègle vient éclairer le visage de Callie

- Je te répondrais quand tu admettras que tu étais jalouse.

- Oh je ne m'inquiète pas, je connais mes forces Calliope ! Réplique Arizona sur un ton suffisant. Il ne fallait pas la défier, elle était compétitive.

- Peut -être mais tu ne connais pas celle des autres

Soudain Arizona, ne trouvait plus cette petite conversation sexy très amusante.

- J'étais jalouse. Heureuse ? Alors toi ?

- Hum j'ai d'assez bons souvenirs.

- Assez bons souvenirs ? Assez bons souvenirs ? Faire l'amour avec moi t'a juste laissé d'assez bons souvenirs ?

La blonde absolument vexée, se met à marcher dans la pièce, s'occupant nerveusement à déplier et replier des vêtements, rangeant fébrilement des affaires qui étaient déjà à leur place, sous le regard très amusé de la brune

-Il faut absolument programmer un nouveau tep Scan, cette tumeur altère ta mémoire. « Assez bons souvenirs !» Tu vas voir quand tu vas sortir de ce truc. La blonde ronchonne à voix basse

-Pardon ? Demande Callie l'air innocent

- Rien !

- Ai- je entendu une promesse de sexe époustouflant. Je ne peux pas attendre ! Callie s'amusait beaucoup, elle avait oublié combien elle aimait se jouer de sa femme. Depuis que tu caresses mon sein droit en dormant, ma libido a fait son grand retour ! Le gauche est un peu jaloux cependant. Elle éclate de rire

A ces mots Arizona s'immobilise, cessant toutes ses activités inutiles.

- Quoi ? Je ne fais pas ça ? L'air offusquée de la blonde était la cerise sur le gâteau, Callie tentait de garder le triomphe modeste, mais son sourire la trahissait, elle répond en hochant simplement la tête, en souriant d'une oreille à l'autre

- Mais… Mais, pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

- Parce que tu aurais arrêté de le faire, et que ça fait partie des très, très, très bons souvenirs !


Les nuits pendant que Callie dort, en infirmière très consciencieuse, Arizona continue de la surveiller régulièrement. Les constantes sont bonnes, la fièvre est stable la plupart du temps. Elle élabore un nouveau plan. Demain elle demandera, un bilan, des analyses, un scan elle l'enverra à Amélia. Si c'est encore nécessaire Callie sera assez forte pour reprendre, le traitement de radiothérapie et de chimio, ou envisager la chirurgie.

Le lendemain, comme prévu lors des visites, le Docteur Steven, n'était pas des plus agréables. Il avait été obligé d'accepter à contre cœur la présence permanente d'Arizona, et le faisait savoir par un comportement méprisant envers la chirurgienne. Entouré des étudiants, il faisait sa consultation, ignorant totalement la femme. Stratégiquement Arizona s'était placée devant la porte, rendant ainsi impossible la retraite de l'oncologue.

- Dr Stevens, vous n'envisagez pas un nouveau pet-scan

- Hum

- Pouvons-nous le faire dès aujourd'hui s'il vous plait ? Le médecin est contraint de donner une réponse

- Il n'y a pas d'urgence, elle est encore faible, je vous avais prévenue, chimio plus radiothérapie…

- Elle est en vie, et va de mieux en mieux. Donc il faut faire le point avant d'envisager la chirurgie.

- Je crois que vous êtes infirmière ici Mme Robbins, donc veuillez rester à votre place d'infirmière Mme Robbins

- Docteur Robbins s'il vous plait. Corrige Arizona froidement. Je soutiens que quelque fois prendre les mesures qui paraissent drastiques est la bonne chose à faire pour sauver une vie. Quelques fois il faut savoir être courageux, prendre des risques

Stevens s'adressant aux élèves qui buvaient ses paroles, faisait le malin, pensant déstabiliser la blonde

- Le docteur Robbins est chirurgien fœtal, mais elle en sait plus sur le cancer qu'un oncologue

- Non Dr Stevens, ce n'est pas le chirurgien qui parle ici, c'est le patient. Elle remonte son pantalon sur sa jambe gauche provoquant un silence parmi les résidents et les internes ainsi qu'un masque de stupeur sur le visage habituellement neutre du Dr Stevens. L'agilité avec laquelle elle marchait ne lui avait pas permis d'imaginer une seconde qu'elle était appareillée.

- Je le sais c'est tout. Ce courage dont je vous parle, a sauvé ma vie. Alors je le sais Dr Stevens ! Je le sais c'est tout

Elle tourne sa tête vers Callie, offrant un grand sourire à la femme qui lui avait sauvé la vie, et qui attendait ces mots depuis cinq longues années. Les yeux noirs s'emplirent de larmes, Callie prend une profonde inspiration avant de s'adresser à l'oncologue

-Dr Stevens, ne sous-estimez pas le Dr Robbins et veuillez…

- Laisse tomber Callie. La blonde hoche les épaules, signifiant ainsi le peu d'importance des dires du médecin. Mais la brune n'en n'avait pas fini avec le médecin condescendant et prétentieux.

- C'est un excellent chirurgien général, un des meilleurs chirurgiens pédiatriques du pays, des gens traversent le pays pour lui confier leur enfant, elle est considérée également comme un des meilleurs chirurgiens fœtaux. Et même si effectivement elle n'est pas oncologue, j'ai plus confiance en son avis qu'à celui de personne d'autre, y compris vous. Merci pour ce que vous avez fait mais nous allons rentrer à Seattle maintenant. Déclare la latine sèchement, la fierté se lisant sur son visage

Elle se retourne vers Arizona qui ouvrait et fermait la bouche sans qu'il en sorte le moindre son

- On rentre à la maison, chérie. Je peux marcher suffisamment grand pour rentrer à Seattle maintenant.


Merci d'avoir lu.