Bonsoir à toutes et à tous.

Nous voilà au neuvième chapitre. Cette histoire devient donc la plus longue fiction à scénario que j'ai écrite pour Saint Seiya... Pfiou! Merci de votre soutien et de vos lectures, et je vous dis à dans deux semaines.

-Disclaimer: Tous les personnages présents et cités appartiennent à Masami Kurumada. Et le reste est sujet à interprétation!

-Rating: M.

-Précédemment, le choix d'ambassadeur et de rédacteur du traité de paix est sujet à débat au Sanctuaire, alors qu'aux Enfers et au domaine Sous-Marin, les élus se préparent chaque jour un peu plus. Néanmoins, Minos s'inquiète et exprime le besoin de démontrer sa possessivité envers Eaque. Les Gémeaux se voient incapables de communiquer entre eux. Kanon trouve une source de réconfort aussi nécessaire que mutuelle avec Milo, qui peine à se remettre de sa conversation avec Camus. Mais d'autres choix doivent à présent se faire dans les différents royaumes.

Merci, toujours, à Talim76 pour son soutien et ses encouragements constants dans mon écriture. Pour nos headcanons toujours plus développés et renouvelés, qui m'ont encouragée à écrire cette histoire.

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture.


Chapitre IX : Célébration.

Palais de Valhalla, Asgard

Les mains posées sur les accoudoirs de son trône, Hilda posa un regard glacé sur le défenseur qui s'avançait vers elle. Si la résurrection semblait avoir perturbé certains de ses hommes, ce n'était pas le cas de celui qui marchait à présent en sa direction. Comme si tout s'était naturellement déroulé selon son plan. Connaissant l'intelligence et la fourberie de l'étoile Delta, ce n'était même pas à exclure, songea la jeune femme. Freya se tenait aux côtés de sa sœur, incertaine quant à ce qui allait se jouer. Agenouillés devant elles, les sept autres Guerriers demeuraient silencieux, écoutant l'écho des pas du traître à leur rang. Arrivé à leur hauteur, ce dernier sourit. Une envie profonde d'effacer ce rictus ironique se répandit dans l'assistance, mais la prêtresse choisit de ne pas céder à sa pulsion de revange. Ce n'était pas le moment pour ça. Il s'inclina face à elle, quand bien même elle était persuadée qu'il n'y croyait pas vraiment, et elle tapota des ongles sur le bois fatigué.

S'il voulait prendre les choses ainsi, soit. Ils seraient deux à valser.

« Albérich de Megrez, je te remercie d'avoir répondu à cette convocation.

— Je n'avais que peu de choix, vous en conviendrez.

— Surveille ton langage devant Dame Hilda ! » Tonna Siegfried.

Elle leva la main, nullement impressionnée bien que profondément fatiguée. Mourir, passer des années aux Enfers pour finalement être ramené à la vie n'avait rien changé à la personnalité de son supposé protecteur. Et ce n'était tout simplement pas tolérable à présent que ses yeux étaient pleinement ouverts à ce sujet. Elle se devait d'agir. Quand bien même ses autres hommes n'apprécieraient certainement pas le tournant de sa décision.

« Je suis à présent parfaitement consciente de tes actes et décisions lors des événements ayant précédé votre mort. »

Il resta silencieux, imperturbable. Visiblement, il attendait la suite de son discours, et s'il était nerveux, il ne le montrait nullement.

« De fait, j'ai songé au juste châtiment à choisir pour tes agissements passés. »

Un gloussement contenu.

Figée, l'assemblée constata le rire léger de l'Etoile Delta, à peine masquée derrière sa main, et son regard plissé d'ironie. Son manège dura quelques secondes à peine, avant qu'il ne secouât la main comme pour chasser un insecte ennuyeux.

« Allons, mettez-moi donc à mort, déclara Albérich. Vous en avez tous envie. Me voir revenir a dû être une véritable déception. Très franchement, je trouve surprenant d'avoir fait partie du lot ayant droit à son rappel, et encore plus de ne pas m'être fait poignarder dans le dos depuis. Ce serait logique, alors autant faire ça rapidement.

— Silence ! »

La voix polaire claqua dans l'air. Elle serra les accoudoirs entre ses doigts, repoussant au plus profond d'elle-même l'envie de faire signe à Siegfried d'achever l'impertinent sur place. Son Guerrier était insupportable, mais il avait raison sur ce point. L'ensemble du palais était mal à l'aise en sa présence, et il y avait un désir commun de voir disparaître l'Etoile de Delta de façon permanente. Et si elle devait être honnête, elle se serait certainement mise en tête de ce cortège peu pieu. Elle avait apprécié son protecteur, avait admiré son intelligence et ses réflexions toujours pertinentes. Il était un excellent guerrier, même sans faire usage de ses méthodes peu chevaleresques. Mais de savoir qu'il avait comploté tout ce temps derrière son dos, qu'il n'avait d'autre but que de la renverser, savoir qu'il lui avait menti derrière ses sourires toujours plus faux… C'était intolérable. Elle haïssait l'image d'elle qu'il lui renvoyait. Et elle ne pouvait digérer le fait qu'il ait choisi son ambition personnelle au détriment du Royaume lorsqu'il avait compris ce qui était arrivé à sa prêtresse.

Elle prit une profonde inspiration. Elle avait eu des années pour réfléchir à cette situation. Et pourtant, une fois devant le fait accompli, face à l'expression emplie d'ironie d'un homme en lequel elle avait cru autrefois, les mots étaient plus difficiles que jamais à choisir. Néanmoins, elle se redressa, laissant ses yeux reprendre leur froide neutralité alors qu'elle croisait ses mains sur sa robe.

« Tu as pêché contre notre domaine. J'ai longtemps réfléchi pour savoir quelle punition serait la plus appropriée si tu devais te confronter à tes erreurs, et payer pour tes trahisons. »

Face à lui, le regard vert eut une lueur incertaine, qui ne dura qu'un instant. Immédiatement, il reprit sa contenance et son air ironique, écoutant néanmoins attentivement.

« Tu seras notre ambassadeur lors des réunions inter-domaines. Cette fois-ci, tu devras réellement défendre nos valeurs. Puisque tu avais tant à cœur de prendre ma place autrefois, je te donne l'occasion de faire usage de tes capacités intellectuelles et de ta ruse pour parvenir aux meilleurs arrangements possibles pour notre royaume. Prouve-moi ta valeur, montre-nous donc ce que tu avais tant à offrir.»

Un silence estomaqué. Suivi d'un murmure grondé, grandissant en une véritable cohue. Siegfried se redressa brusquement, faisant face à la jeune femme avec une passion dans ses yeux qu'elle ne connaissait que trop bien.

« Vous ne pouvez pas faire ça ! C'est un traître ! Il mérite la prison au mieux, la mort si vous n'étiez pas si clémente, et non votre pardon et une charge aussi importante. »

Elle leva la main, intimant son audience au silence. Face à elle, pour la première fois, l'expression satisfaite avait disparu au profit d'une surprise sincère. Albérich avait sûrement songé à de nombreux scénarios, mais celui-ci en avait visiblement été exclu. Elle masqua un sourire derrière ses mains croisées, analysant les émotions sur le visage fin. Finalement, il déposa la paume de sa main sur son cœur et s'inclina.

« Si c'est là votre souhait.

— Ça l'est. Je te demande de défendre notre petit royaume face aux trois autres. C'est de ton devoir de t'assurer qu'Asgard continue de florir. »

Il hocha, les dents serrées, le poing serré sur son genou, et porta un regard acéré vers elle. Il avait parfaitement compris. C'était bel et bien une punition, de jouer ainsi sur ses envies de pouvoir, et son affection pour sa propre terre. Evidemment qu'il se battrait pour s'assurer que leur domaine soit représenté à l'image de sa force. Sans parler du fait qu'il serait absent du domaine suffisamment souvent pour que le reste du palais cessât enfin de se plaindre de sa présence. Il se mordit la lèvre pour retenir un ricanement : leur prêtresse avait bien grandi pendant leur sommeil.

« Bien. Par ailleurs, Bud ? »

Ce dernier s'avança, la tête baissée.

« Je te charge de la rédaction du traité de paix au nom d'Asgard. Il est plus que temps que notre terre paie le prix qu'elle t'a coûté pendant toutes ces années par ses traditions. Je t'offre ma pleine confiance pour offrir à ce domaine une place de choix dans la rédaction de ce document hors du commun. Qu'en dis-tu ? »

Figé, le jeune homme ne sût que répondre. Il n'osait y croire. Contrairement à Albérich, ceci n'était pas une punition, mais bel et bien une opportunité. De devenir plus qu'une ombre, d'embrasser une destinée qui lui serait propre. Et il n'eut d'attention pour personne d'autre que pour Hilda lorsqu'il leva la tête vers elle, une reconnaissance sincère peinte sur ses traits.

« Ce sera un honneur, ma Dame.

— Je te remercie, Guerrier d'Alcor. »

Le sourire doux de sa supérieure et le regard empli de fierté de son aîné dans son dos suffirent à emplir le jumeau anciennement maudit d'un bonheur serein.


Temple de Poséidon, Royaume Sous-Marin

Alors qu'il quittait la salle de bains pour se rendre dans la chambre principale, frottant lentement ses mèches lavande, Sorrento s'arrêta. Allongé sur le lit, un livre à la main et un crayon derrière l'oreille, Julian paraissait plus humain qu'il ne l'était jamais. Un sourire tendre étira les lèvres de la Sirène Maléfique et il rejoignit son amant sur l'immense lit, appréciant intérieurement le confort lié à la richesse de la famille Solo. Lorsqu'on venait d'un orphelinat, c'était le genre de chose que l'on savait savourer à sa juste valeur. Littéralement.

Sans quitter sa lecture, l'autre homme ouvrit un bras, faisant une place devenue naturelle à ses côtés à l'Autrichien. Ce dernier répondit à l'invitation, venant s'installer confortablement contre le Grec qui se mit à caresser son épaule distraitement à travers son pyjama. Parfois, sa main venait glisser dans ses cheveux, soulevant doucement sa frange, dégageant ses yeux à la couleur unique. Sorrento aurait pu se fâcher de voir que l'autre homme gardait son attention sur son ouvrage, mais il avait appris il y avait longtemps que Julian avait aussi besoin de ces moments de détente qui étaient siens.

Être l'hôte du dieu Poséidon ne venait pas sans sacrifices. Son temps était un dû que le jeune héritier payait constamment.

Alors, le Marina profitait de ces moments de quiétude. Il aperçut vaguement le titre de l'ouvrage, quelque passionnant volume aidant son amant à demeurer le successeur incontesté de sa fondation. Avec les années, et l'équilibre délicat mais finalement atteint avec l'esprit de Poséidon, le dieu et son hôte étaient peu à peu devenus des vases communicants. Le souverain des mers avait amplifié l'amour profond de Julian pour les Océans, lui ouvrant les yeux et les perspectives sur les meilleures façons de faire grandir son entreprise tout en protégeant le domaine aquatique. Le jeune homme, pour sa part, avait su rasséréner l'esprit parfois très entier de la déité, l'arrêtant dans des décisions hâtives ou sur des envies de revanche parfois renouvelées.

Au bout d'une heure de lecture et de caresses distraites mais constantes sur l'épaule de l'Autrichien, le Grec ferma son livre pour se concentrer sur le visage somnolant du jeune homme à ses côtés. Il sourit un peu en voyant l'air endormi, frôlant ses lèvres des siennes. Un petit soupir satisfait lui répondit, mais les yeux améthyste se posèrent sur lui sévèrement :

« Nous sommes seuls ?

— Comme si j'allais le laisser s'immiscer dans ce genre de moments.

— Tu le connais.

— Oui, et je peux te rassurer. Je n'ai aucune envie de partager ces instants avec Poséidon.

— Nous sommes deux. »

Un petit rire échappa à l'héritier, et il offrit un nouveau baiser à son amant. Cette fois-ci, Sorrento y répondit avec bien plus d'enthousiasme, ouvrant presque immédiatement les lèvres pour l'intensifier. Ses mains glissèrent dans les mèches océans, les décoiffant irrémédiablement, alors que celles du Grec glissaient sous le pyjama, caressant la peau abîmée par le sel marin tendrement. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, un ronronnement ravi lui échappa, et de nouveau, Julian rit doucement.

« Aucune gêne, n'est-ce pas ?

— Pourquoi en ressentirais-je ? Je t'aime, et j'adore ce que tu me fais.

— Tu auras mon âme, un jour.

— Un jour. Ce soir, je me contente fort bien de ton corps, si ça ne te dérange pas.

— C'est tout ce qui t'intéresse, n'est-ce pas ?

— Il a des avantages certains. Mais ta fortune n'est pas mal non plus.

— Je suis outré. »

Le Grec s'installa face à lui, en appui sur un coude, laissant couler ses doigts sur le visage, le cou et la clavicule du Marina, visible par l'ouverture du pyjama. Ce dernier ferma les paupières un instant, appréciant la caresse pour la tendresse évidente qui en émanait. Toutefois, il pouvait sentir le regard bleu posé sur lui, et lorsqu'il le croisa du sien, il y vit une certaine gravité.

« Quelque chose ne va pas ?

— Eh bien… je ne devrais sans doute pas te le dire, mais bon… Poséidon pense vous appeler à voter demain concernant Kanon. Je crois qu'il souhaite voir avancer la situation, et savoir sur quel pied danser avant la première réunion. »

Le visage fin se referma immédiatement. Julian revint poser sa main sur la joue bronzée, cherchant à garder l'attention de l'Autrichien qui serrait les dents douloureusement.

« Parle-moi.

— C'est juste un sujet sensible.

— Je comprends.

— A moitié seulement, sans vouloir t'offenser.

— Je sais que nous n'avons pas vécu les mêmes événements de façon similaire. Je reste néanmoins le premier à avoir été manipulé par ses décisions, tu sais.

— Je ne suis pas près d'oublier. »

La froideur dans les yeux superbes fit frémir l'hôte de Poséidon.

Sorrento était un homme d'une grande douceur. Sa musique était sa passion, et avec les années, le Grec l'avait vu la partager inlassablement à travers le monde, apportant son immense talent à des enfants qui n'avaient rien. L'Autrichien avait un don unique pour son art, qu'il ne pouvait qu'admirer. Ils avaient passé des soirées entières à jouer ensemble, lui au piano, son amant à la flûte. Le même instrument, depuis des années. Oh, comme il lui en avait voulu lorsque Julian avait offert de la remplacer, autrefois. Incapable de se rappeler de ses propres défenseurs sacrifiés pour une guerre qu'il n'avait pas souhaitée, il ignorait à quel point l'instrument était symbolique pour son ami.

Pour la première fois, ce soir-là, il s'était mis en colère. Il avait jeté son instrument au loin, et s'était mis à détruire tout ce qui passait à sa portée, fracassant le bois des chaises pour finir par se couper sur du verre, sans pour autant en avoir conscience. Lorsque Julian avait fait un geste pour venir l'aider, Sorrento avait hurlé. Le regard empli de larmes rageuses le fixait avec hargne, et il s'était mis à crier avec ce qu'il savait à présent être toute la puissance de la Sirène Maléfique.

« Souviens-toi, merde ! Rien qu'une fois ! »

Il n'oublierait jamais la détresse dans les yeux améthyste. Sa tristesse sans nom, alors qu'il tentait de le secouer par le col, avant de s'effondrer à genoux, toujours accroché à sa chemise, pleurant des noms que lui ne reconnaissait pas. L'implorant, pour la première fois.

« Je t'en supplie… Rappelle-toi. »

Il en avait eu le cœur crevé de voir son ami ainsi. Et la violence de son aura avait, semblait-il, secoué l'âme endormie au fond de son être. Car il avait ressenti, comme jamais auparavant, cette présence autre en lui, puissante et bienveillante. Ce cosmos divin l'avait étreint, et Poséidon, avec un murmure d'excuse, lui avait rendu ses souvenirs. Brusquement, tout était revenu. Aussi clair que violent.

Et Julian aussi s'était mis à pleurer.

« Tu es tout pâle. »

La voix douce le ramena à la réalité. Il embrassa le front de son amant, le ramenant contre lui encore d'avantage, entremêlant leurs jambes pour créer un cocon de bien-être auquel il savait que Sorrento répondrait. Il caressa la peau sous ses doigts quelques instants supplémentaires, appréciant le sourire revenu sur le visage fin. Il savait qu'il n'aimerait pas ce qu'il s'apprêtait à lui dire, tout en sachant que c'était nécessaire.

« Je vais voter, moi aussi.

— C'est bien normal.

— Tu ne vas pas apprécier mon choix. »

La surprise dans le regard améthyste. En un instant, le Marina était redressé, le fixant avec sévérité.

« Ne me dis pas que tu es d'accord pour qu'il revienne ici !

— Si, je le suis. »

L'Autrichien se rassit, frottant ses tempes, avant qu'un ricanement sans joie ne lui échappât.

« Tu sais, ce n'est pas exactement ce que j'entendais lorsque je t'ai parlé de maintenir l'inattendu dans notre relation.

— Les dieux soient remerciés, je suis au courant.

— Je ne comprends pas. »

Le ton dépité de son amant lui serra le cœur. Il se releva à son tour, posant une main sur sa jambe, cherchant à capter son attention.

« Je sais que tu es en colère. Tu as toutes les raisons de l'être. Tu n'as pas à changer d'avis, et je ne te forcerai jamais à accepter sa présence. Poséidon non plus. Mais… je pense que nous avons besoin de la force de Kanon, et je crois sincèrement en ce nouveau départ. Grâce à cela, j'ai pu rencontrer à nouveau les personnes qui m'ont protégé de leur vie. J'ai appris qui était Thétis, et ce que je lui dois. Et puis… j'ai pu aussi mieux te comprendre, toi. »

Sorrento serra sa main dans la sienne.

« Je ne suis pas prêt à te suivre dans cette voie.

— Je ne te le demande pas. Tu choisiras en fonction de tes croyances, toi comme les autres. Nous verrons demain quel sera le résultat. Peu importe ce qui se passera, je reste avec toi. »

Le Marina hocha lentement, avant de se laisser attirer dans les bras du Grec qui les rallongea contre les oreillers. Sorrento soupira, appréciant la reprise des caresses habiles au creux de ses reins. Nichant son visage au creux du cou de Julian, il ferma les yeux, se laissant bercer par la respiration de son amant, qui ne cessa pas un instant de lui répéter à quel point il l'aimait.


Temple du Bélier, Sanctuaire

Arrivé par l'escalier liant le Second au Premier, Aldébaran toqua prudemment à la porte des appartements privés de la demeure. En quelques secondes, elle s'ouvrit, et ce fût le visage adolescent de Kiki qui apparut, souriant immédiatement en reconnaissant le Chevalier du Taureau.

« Bonjour.

— Bonjour, Kiki. Ton maître est là ?

— S'il ne l'était pas, vous seriez en droit de vous inquiéter. Il n'a pas quitté l'atelier depuis qu'il peut marcher.

— Je vois. Puis-je… ?

— Oh, bien sûr. Je vais faire du thé, faites comme chez vous.

— C'est un peu le cas.

— Touché ! »

La figure rousse disparut en direction de la cuisine, et Aldébaran s'avança vers l'arrière, jusqu'à trouver le Premier Gardien à genou devant l'armure d'or du Sagittaire, un burin à la main. Prudemment, le Brésilien frappa à l'entrée de la pièce, ne voulant surtout pas surprendre son ami. Ce dernier releva son masque de protection et se tourna vers lui, son expression concentrée s'adoucissant immédiatement en le voyant.

« Bonjour, mon ami.

— Bonjour, Aldébaran. Que puis-je pour toi ?

— Etant donné l'heure, il s'agit plutôt de ce que je peux faire pour toi. Nos camarades commencent à s'impatienter.

— Pardon ?

— L'horloge va s'éteindre sur la Huitième Maison. Vous êtes prêts ?

— Déjà ?

— Depuis combien de temps n'es-tu pas sorti ? »

Le Réparateur se frotta l'arête du nez avant de passer une main sur son front pour en balayer la sueur, répandant une légère trace d'huile en même temps. Le Chevalier du Taureau se mordit l'intérieur de la joue, alors que Kiki arrivait, une tasse fumante à la main. Sans faire de commentaire, il offrit le thé au Brésilien et saisit un chiffon propre qu'il passa sur le visage de son maître avant de se tenir nerveusement près des Armures d'Or.

« Alors, Maître ?

— Alors, je te répète que c'était inutile de me demander de vérifier.

— Vous l'avez fait quand même.

— Parce que tu as insisté pour chacune d'Elles. Lourdement. »

Kiki piétinait d'une jambe à l'autre face au regard doux et sévère de son maître. Celui-ci sourit, frôlant Ariès d'une main bandée :

« Elles sont parfaites. Tu as sublimé le don de sang de notre Déesse, regarde donc… »

Aldébaran ne put qu'admirer le travail de l'adolescent : les Armures réunies brillaient comme jamais, chantant ensemble comme face au Mur des Lamentations, ravies d'être réunies et de savoir que leurs porteurs les attendaient. Il caressa la sienne, riant doucement en voyant la corne toujours manquante.

« Je vois que tu as le sens du détail.

— Je l'ai toujours, si tu le souhaites. Mais Taurus ne m'a pas laissé la remettre à sa place.

— Elle a bien raison. Je dois beaucoup au gamin, et c'est mieux ainsi. Un rappel constant de toujours rester sur ses gardes. Contrairement à d'autres, j'ai eu la chance d'apprendre de mon erreur sans en mourir.»

Mû sourit à son tour, et serra l'épaule de son apprenti. Ce dernier tourna la tête, incertain.

« Je t'en prie. Tu leur as tout donné, c'est à toi de les rendre à leurs porteurs. »

L'apprenti hocha, puis s'avança vers les Totems soigneusement alignés. Il leva une main devant lui, paume vers l'avant, et tapota de l'autre deux fois sur chacune, murmurant à même le métal des mots secrets qu'Aldébaran ne comprit pas. Elles disparurent avec bonheur en une traînée dorée, s'empressant de rejoindre leurs porteurs qui les attendaient dans leurs demeures. Taurus, pour sa part, se délia immédiatement pour recouvrir le Brésilien qui attendait. Il caressa le métal qui le recouvrait, savourant la chaleur retrouvée, la sensation bien connue, et l'enthousiasme de sa partenaire qui se lovait contre lui tel un chat satisfait. Il leva ensuite les yeux sur les deux Béliers, l'un toujours nerveux et l'autre visiblement épuisé.

« Merci. C'est aussi agréable qu'avant, et incroyablement plus fort en même temps. Vous avez fait un travail incroyable.

— C'est tout lui.

— Maître !

— Je ne te laisserais pas ne pas accepter tes honneurs. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vais prendre un bain.

— Je pense que c'est nécessaire. Et n'oublie pas, nous sommes attendus à la flamme du Sagittaire. »

Le Chevalier du Bélier secoua la main distraitement et quitta les lieux. Restés dans la pièce, Kiki et Aldébaran échangèrent une expression incertaine. L'apprenti rassembla les outils et commença le rangement, alors qu'Aldébaran croisait les bras.

« Comment va-t-il ?

— Bien, je pense, autant qu'il peut.

— Shion est venu le voir ? »

Kiki interrompit son activité, et tourna ses yeux bleu-gris vers celui qu'il considérait comme un second mentor avant de secouer la tête.

« Non. Je pense qu'ils ont tous les deux peur de cette discussion. Notre Grand Pope se cache derrière sa fonction, mon Maître derrière ses outils. »

Aldébaran soupira.

« Ces Béliers, têtus jusqu'au bout.

— Hey !

— Comme si tu ne l'étais pas. »

L'apprenti grommela un instant. Apercevant la lueur d'inquiétude dans son regard tourné vers les appartements, Aldébaran posa une main sur son épaule, la serrant de sa force contenue.

« Donne-leur le temps. Nous avons tous des blessures à panser, et la leur s'est envenimée.

— Toi aussi, tu en as ?

— Oh, oui.

— J'ai peur qu'ils ne sachent pas comment se réconcilier.

— Cela ne se fera pas sans mal, mais fais leur confiance. »

Et sans attendre, le Brésilien serra contre lui l'adolescent inquiet, qui avait pourtant tellement travaillé ces dernières années pour leur permettre de retrouver leurs Armures bien aimées à leur réveil. Passant une main voulue rassurante dans la chevelure rousse à présent si longue, il resta ainsi jusqu'à ce que les tremblements de Kiki se fussent apaisés.


Temple du Cancer, Sanctuaire

Alors qu'il sortait de la douche, une serviette nouée autour des reins, Angelo sentit une immense vague de puissance dorée envahir ses appartements. Il quitta la salle de bain pour se diriger vers le hall, faisant fi de sa tenue, pour voir l'Armure du Cancer se tenir en plein cœur des lieux dans toute sa force totem. Il grimaça un peu. Elle avait eu beau lui pardonner suffisamment devant le Mur des Lamentations pour un dernier sacrifice, une protectrice n'oubliait jamais les actes commis par son porteur. Il demeura ainsi, en silence, face au jugement intense de la Gardienne. En sentant le grondement de mécontentement de cette dernière, il soupira, passant une main sur sa nuque, tête basse.

« Alors ? Tu décides quoi, finalement ? »

Un chant puissant lui répondit. Visiblement, ce n'était pas à lui de mettre ses conditions. Il posa son regard carmin sur son Armure, qui lui renvoyait toute sa colère. Il y avait des années de meurtres et de détresse entre eux, et la force des mots de Shiryu avait tout remis en cause.

« Tu sais, tu aurais pu réagir avant. Mais tu ne l'as pas fait. Peut-être que si tu es autant en colère, c'est parce que toi aussi, tu as failli à ta mission. »

La rage de sa protectrice le frappa de plein fouet, et il fut projeté contre le mur. Essuyant machinalement le filet de sang sur ses lèvres, il hocha, retournant vers ses appartements privés pour aller s'habiller.

« Je comprends, je ne peux pas t'en vouloir. J'irais sans toi, dans ce cas. On est d'accord sur un point : tu mérites mieux que ça. »

Le silence de son Armure lui répondit, et sans vraiment comprendre pourquoi, Angelo sentit son cœur se serrer atrocement dans sa poitrine.


Temple du Lion, Sanctuaire

Marine entra dans le Cinquième Temple à l'instant où Aiolia sortait de ses appartements privés, vêtu de son Armure. Elle prit un instant pour apprécier la force qui émanait de cet homme malgré les années passées alité. Il porta son regard vert sur elle, et un instant, la contraction de ses muscles se délia, alors qu'il souriait à ce masque de fer qu'il avait appris à déchiffrer. Le Chevalier de l'Aigle s'avança, récupérant la cape blanche qu'il tenait entre ses doigts.

« Puis-je ?

— Ce serait un honneur.

— Flatteur. »

Il demeura silencieux alors qu'elle accrochait le drapé dans son dos, renforçant la noblesse du Grec, s'il en avait seulement besoin. Elle revint à ses côtés, croisant les bras et laissant ses yeux couler sur la stature de l'homme qu'elle aimait sans qu'il s'en offusquât, ayant parfaitement conscience de l'examen approfondi dont il était l'objet.

« Satisfaite ?

— Je l'ai toujours été. »

Aiolia écarquilla les yeux, s'accordant de rire un instant. Ils quittèrent son temple côte à côte, remontant les marches en direction du Treizième. Gardant une distance respectueuse, il observa son profil droit avant de fixer de nouveau l'horizon.

« J'ai entendu dire que tu es venue me voir souvent pendant mon sommeil.

— Les commères s'ennuient.

— Mais je ne t'ai presque pas vue depuis mon réveil.

— Parce que je ne souhaitais pas venir te retrouver devant l'ensemble de tes camarades, si cela ne te dérange pas.

— Non, je peux comprendre.

— Et parce que nous n'avons jamais eu l'occasion de reparler de nous avant ton départ pour les Enfers. »

Arrivés devant le Septième Temple, Aiolia s'arrêta pour se tourner vers elle. Malgré le filtre de fer qui l'empêchait de voir ses yeux, il pouvait sentir l'intensité de son regard sur lui. C'était une question, lourde de sens, sans qu'elle eût besoin de la formuler. Le Chevalier du Lion s'approcha d'un pas, gardant une distance nécessaire par le protocole du Sanctuaire. Néanmoins, les mots seuls de la jeune femme avaient rallumé un espoir auquel il n'avait pas pensé pouvoir se laisser aller.

« Tu veux reprendre là où nous nous sommes arrêtés ?

— Pourquoi cette surprise ?

— En cinq ans, je pensais… Disons que je ne pensais pas avoir le bonheur de te retrouver. »

Elle pencha la tête et croisa les bras. Lorsqu'elle reprit la parole, elle paraissait presque insultée.

« Aiolia, trois hommes seulement font partie de ma vie. Mon frère disparu, mon disciple et toi. C'est aussi simple que cela. Il n'y avait de place pour personne d'autre, et encore moins lorsque vous avez été ramenés. Peu importait ton état, je savais que tu étais vivant. Cela me suffisait amplement. Par ailleurs, je n'aurais jamais pu commencer quoi que ce fût avec un autre sans avoir tourné la page proprement avec toi. »

Le Chevalier du Lion resta interdit, dévorant la silhouette élancée de la jeune femme. Marine avait grandi, s'était musclée encore d'avantage, et sa chevelure rousse était un peu plus longue que dans ses souvenirs. Mais surtout, elle dégageait cette assurance tranquille, déjà présente autrefois mais à présent mélangée à sa maturité. Du haut de ses vingt-et-un an, la Japonaise était plus fière que jamais, parfaitement déterminée et claire dans ses intentions. Et Aiolia, le ventre tordu, se trouva brusquement sans voix, plus amoureux encore qu'il ne l'avait jamais été.

« J'irais demander l'autorisation officielle de te courtiser.

— Tu plaisantes ?

— Non, je…

— Je l'ai déjà depuis longtemps, idiot. Athéna est parfaitement au courant. Il ne te restait qu'à ouvrir les yeux, dans tous les sens du terme. »

Figé sur place, le Grec ne put que rester sans voix, alors que Marine, jetant un coup d'œil prudent de part et d'autre des escaliers, s'avançait avec rapidité vers lui, ôtant prudemment son masque pour l'embrasser, du bout des lèvres. Aiolia passa immédiatement un bras protecteur autour de son visage, masquant du plat de la main l'autre côté de la figure du Chevalier de l'Aigle qui sourit dans le baiser. Son autre bras vint trouver une place prudente autour des hanches de la Japonaise qui soupira en le sentant la coller contre son Armure qui vibrait du bonheur de son porteur.

Gardant cette position, il colla son front au sien, plongeant son regard dans celui de la jeune femme, aussi inflexible que brillant d'une lueur passionnée.

« Tu es incroyable.

— Je te remercie.

— Je t'ai déjà dit que je t'aimais ?

— Pas depuis que tu t'es éveillé.

— Quelle erreur.

— Je trouve aussi.

— Je vous aime, Chevalier de l'Aigle.

— Vous m'en voyez flattée. Je crois même pouvoir vous rendre le compliment. »

Un rire, léger. Il la laissa remettre convenablement le masque à sa place, et une fois assuré que son visage était de nouveau protégé, il s'écarta. Ensemble, ils reprirent leur route vers le Treizième temple, à une distance bien amoindrie cependant.


Infirmerie, Sanctuaire

« Alors, tu es prêt ? »

Seiya se retourna en entendant la voix de Shun. A la porte de sa chambre se tenaient ses camarades Chevaliers de Bronze, visiblement impatients de l'accompagner. Car aujourd'hui, enfin, Pégase pouvait à son tour quitter l'infirmerie. Sur ses deux pieds, après de longues semaines de rééducation douloureuse. Mais cela n'était pas le genre de choses qui aurait pu arrêter le Japonais, bien décidé à se servir de ses jambes à nouveau. Après tout, cela faisait la fierté de son Armure et de ses attaques. Seika posa une main sur la chevelure châtain.

« Je vous laisse entre vous. A plus tard. »

Elle salua les quatre autres hommes avant de quitter la pièce. Shun sourit doucement, se mordillant néanmoins la lèvre. Le Japonais capta la lueur dans le regard vert et secoua la main.

« Ne fais pas cette tête-là, Shun.

— Je ne fais pas de tête.

— Si, si, ton expression de chiot à adopter un soir de Noël.

— Ah, j'aurais dit un chaton quémandant pitance, dit Hyôga en se tapotant le menton.

— Non mais ! »

L'expression outrée d'Andromède suffit à provoquer un degré d'hilarité variable chez son frère et ses amis. Il roula des yeux et grommela, croisant les bras d'un air boudeur.

« Je t'assure, tout va bien. Ma sœur est en vie, c'est plus que je n'osais espérer même à l'époque. Le reste prendra du temps, mais bon, vu que vous avez habilement négocié pour que je n'ai plus à me fracasser le crâne nulle part, je pense en avoir beaucoup à ma disposition. »

Seiya récupéra son sac sur le lit, avant de suivre ses amis. Curieux, il observa autour de lui puis ralentit avant de saisir la manche de Shiryu.

« Je croyais que j'avais une chambre ici ? On va où, comme ça ?

— On s'est dit que tu aimerais prendre un bol d'air frais, depuis le temps ? Questionna le Chevalier du Dragon.

— Et puis, il faut absolument que tu vois le Jardin d'Aphrodite.

— Oui, je t'en prie. Il ne parle que de ça depuis deux semaines, je craque… » soupira Hyôga avant de se prendre un coup de poing dans le deltoïde.

Pégase eut un rire franc et suivit ses camarades. Arrivé face à l'immense porte, il s'arrêta. Les quatre autres échangèrent un coup d'œil, et Shiryu pressa l'épaule de son meilleur ami.

« On t'attend dehors, d'accord ? Prends ton temps. »

Les silhouettes disparurent derrière les immenses battants. Seiya demeura sur place, observant les tentures de velours autour de lui, les formes travaillées sur les murs anciens. Derrière la porte, enfin, se tenait la possibilité de marcher en plein air. De sortir définitivement de son état. Pourtant, une fois la main posée sur la poignée, il hésita. Il prit une grande inspiration, secouant la tête. Ce n'était pas son genre, cette indécision de dernière minute. Et puis, la perspective de passer un peu de temps au bord de la mer avec ses amis valait bien un effort de sa part.

Il releva la tête, tourna la poignée puis poussa la porte, laissant la lumière superbe du ciel Grec le baigner. Il s'avança de quelques pas hésitants, puis s'arrêta. Il fut ébloui par les rayons du soleil, toujours puissants même en cette fin d'Automne. Il se protégea d'une main, le temps de s'habituer à la lumière incroyable. Il cligna des yeux quelques fois, avant de réaliser que l'éclat ne perdait en rien de sa force malgré les secondes qui s'écoulaient. Surpris, il baissa le bras, et demeura figé.

Face à lui, et plus bas encore sur les marches de l'Escalier Sacré, se tenaient l'ensemble de la Chevalerie d'Athéna en Armures étincelantes. Alignés par rangs, poing sur le cœur, la foule descendait sur des centaines de marches. Sans voix, il tourna la tête brusquement pour voir ses amis, eux-mêmes vêtus de leurs protectrices, lui adressant un sourire complice et plein de chaleur. Seika était là, également. Et face à lui… Saori. Rayonnante, parée d'or, elle baignait tout son domaine sacré de son cosmos puissant et aimant, et ses yeux doux posés sur lui suffirent à lui couper les jambes.

« Que… qu'est-ce que…

— Chevalier de Pégase. Tu as su mener des batailles décisives, et tes camarades ont souhaité te rendre hommage. »

La voix puissante et empreinte de bonté de la déesse de la Sagesse. Son sac lui échappa, retombant sans grâce à ses côtés.

« Pour tous les services que tu as rendu à ce Sanctuaire, inlassablement depuis le premier jour, tu as toute ma reconnaissance, et celle de tes pairs. Nous célébrons aujourd'hui ta détermination sans failles et ton courage qui ont inspiré celles et ceux ayant eu la chance de te rencontrer, et de changer grâce à toi. »

Le regard d'Aldébaran. La reconnaissance d'Aiolia. L'inclinaison de tête de Saga.

« Merci, Chevalier.»

Athéna leva son sceptre, heurtant le sol de deux répétitions. Et d'un geste commun, les Chevaliers frappèrent à leur tour par deux fois leur poing fermé sur leur cœur, avant d'ouvrir la main vers lui, paume tournée au ciel. Saori s'avança d'un pas, lui souriant toujours, prenant sa main dans la sienne et posa un genou à terre face à lui, le regardant avec tendresse et admiration.

« Seiya, tu nous as sauvés. Ce Sanctuaire n'oubliera jamais la dette qu'il a envers toi. Et en tant que protectrice de ces terres, je m'en porte garante. »

Elle s'écarta, laissant Kiki s'approcher. L'adolescent déposa la Cloth devant son porteur, et adressa un clin d'œil à l'expression médusée de son aîné. Ce dernier frôla le métal, toujours sans voix, ne trouvant pas les mots pour exprimer ce qu'il ressentait. Se mordant la lèvre, il appela son Armure. L'immense halo blanc doré éclata sur le parvis du Treizième Temple, alors que pour la première fois depuis plus de cinq ans, Seiya revêtait à nouveau son Armure ailée.

Et un tonnerre d'applaudissements salua le Chevalier de Pégase enfin de retour au Sanctuaire Sacré.