Bonjour tout le monde,

Oui je vous ai oubliés la semaine dernière. Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa. Aujourd'hui vous aurez donc deux chapitres.

Dans le premier, c'est Hermione qui nous conduit.

Hermione c'est le personnage d'Harry Potter avec lequel j'ai eu le plus de mal. Mais j'ai toujours eu du mal avec les bons élèves. Rappelons que l'une de mes fiertés de primaire est d'avoir fait punir (un mot dans le carnet) la meilleure élève de ma classe pour bavardage (elle avait tout de même deux ans d'avance et était toujours première de la classe), notons que notre maîtresse nous avait mis côte à côte pour que je ne bavarde pas !

J'ai commencé à la trouver fréquentable lors de l'attaque du troll, puis j'étais totalement d'accord avec elle lors de l'arrivée désastreuse d'Harry et Ron en voiture. Et j'ai fini par la trouver vraiment géniale quand elle sauve Hagrid et Buck en troisième année (je vous ai dit que j'abhorrais l'injustice ?).

J'aime Hermione parce qu'elle me bluffe. Elle engueule Harry et Ron dès qu'il ont l'idée de faire une connerie, mais, lorsqu'elle est convaincue qu'il faut la faire (genre préparer du polynectar), elle met toute son énergie dedans, presque plus que ses camarades.

Je ne sais pas si j'aurais été amie avec elle, parce que le côté mademoiselle-je-sais-tout m'exaspère mais je l'admire pour son courage et sa franchise. C'est une sacré sorcière !

J'aime aussi beaucoup sa manière de manipuler Ron (et Harry dans une moindre mesure), ça me fait toujours beaucoup rire.

Je vous laisse avec Hermione. J'espère que ce chapitre vous plaira.

Des bises

Nictocris


Hermione vit au loin le chapeau de Luna avancer vers elle avant même de voir Luna. Elle fit une tête bizarre que Minerva remarqua :

- Un problème, Hermione ?

- Non, rien du tout. J'ai juste l'impression de voir un insecte géant venir vers nous.

- Notre prochaine conversation risque d'être moins rationnelle, si c'est bien Luna Lovegood qui arrive.

- Vous visez juste.

Hermione adorait Luna, la question ne se posait plus. En revanche, elle avait toujours autant de mal avec, comment dire, l'imagination de Luna ? son bestiaire interne ? ses expériences improbables ? Elle ne se souvenait que trop bien de la fois où Luna avait voulu faire une fondue moldue avec du fromage de lait de dragon (fromage explosif d'un petit commerçant, Nigellur, de Pré-au-lard). L'affaire avait failli mettre en péril la carrière de Ron, et on ne devait le salut de ce dernier qu'à l'intervention bienvenue de son frère George qui en avait profité pour élargir sa gamme de farces. Les sorciers facétieux proposaient désormais, en association avec Nigellur, des Paniers gourmands farceurs, qui agrémentent vos soirées sorcières et ajoutent un peu de piment à vos repas avec votre belle-mère, et Ron avait dû prouver sa bonne foi devant le Magenmagot pour conserver son poste. Hermione conservait donc une légère dent contre Luna, et la voir affublée d'antennes n'était pas fait pour la rassurer.

- Comment vas-tu, Luna ? demanda Ginny, heureuse de trouver une amie neutre dans les parages.

- Très bien. Les effets du portoloin sur l'anatomie sorcière provoquent toujours de légers chatouillis dans la zone préfrontale, les enfants verront leur potentiel magique augmenter pendant un quart d'heure. J'aimerais qu'ils profitent au maximum de cette opportunité.

Minerva et Hermione échangèrent ce fameux regard qui accompagnait souvent les interventions de Luna. Hermione demanda :

- Rolf n'est pas venu ?

- Oh si, je crois qu'il discute avec Ron.

Hermione, Minerva et Ginny tournèrent la tête vers le buffet. Ron, Neil et Rolf tenaient compagnie à une charmante bouteille de whisky en rigolant comme des tordus.

- Et dire qu'il a sauvé le monde étant jeune, s'exclama Minerva, attendrie.

- Dire qu'il est mon mari depuis vingt ans, ajouta Hermione, amusée.

- Dire que ce n'est que le début de la fête et qu'ils vont finir ronds comme des queues de pelle, ajouta Ginny.

- Dire que la chasse aux calibasses sera lancée ce soir et qu'ils seront tellement ivres qu'ils ne pourront pas aider leurs enfants à les trouver, termina Luna.

Ginny prit soudainement conscience de quelque chose et se précipita vers son compagnon pour lui retirer son verre des mains, apparemment outrée. Hermione tiqua à peine.

- La chasse aux calibasses…, commença Minerva. Pourriez-vous nous éclairer, Luna ?

- Les enfants vont rechercher des calibasses dans le terrain vague pour les occuper.

- Les calibasses…, insista Minerva, tandis qu'Hermione hésitait entre le rire et la stupeur.

- De petits animaux, en forme de boules de fourrures lumineuses qui sautillent de partout. On peut les prendre pour des feux follets, mais ils dansent beaucoup mieux. Les enfants les adorent : ils sont faciles à trouver la nuit et si on en a vingt-trois, on peut obtenir un calibaroum, qui chante la sérénade à toutes les jolies filles de la région.

- Et combien en avez-vous pour le moment ? demanda Minerva, affable.

- Douze. Et on en a une dorée, donc on aura essentiellement de la musique en ré mineur, expliqua calmement Luna.

Hermione s'étouffa dans son verre. Elle aperçut son fils, Edward, qui mettait sur sa tête deux antennes grotesques, qui ressemblaient malheureusement trop à celles de Luna.

- Dis-moi, Luna, tes antennes…, demanda Hermione. Elles ont un rapport avec les boules de fourrures lumineuses ?

- Oui ! Ravie que tu me poses la question. Elles attirent les calibasses vertes. Les calibasses sont attirées par leur couleur. Les antennes leur permettent de s'accrocher plus facilement dessus.

- Et je suppose que cela explique la nouvelle couleur de tes cheveux, supputa Hermione.

- Je ne savais pas que tu t'y connaissais si bien en calibasses. Tu fais équipe avec moi pour la chasse ?

Hermione toussa, Minerva lui tapa gentiment dans le dos pour qu'elle ne s'étouffât pas devant cette conversation difficile.

- Luna, savez-vous si les Londubat viennent aujourd'hui ou s'ils sont en vacances dans la famille de Perla ?, s'enquit Minerva pour changer de sujet.

- Perla est revenue la semaine dernière mais elle préfère que Juan parte en Amazonie en octobre ou en avril. D'après elle, c'est plus sûr, je n'ai jamais compris pourquoi.

Hermione souleva un sourcil : c'était rare qu'elle entende Luna déclarer qu'elle ne comprenait pas une décision sorcière bizarre. Au contraire, Hermione n'avait pas de réticence à accepter les excentricités de Perla comme si le fait qu'elle vienne d'une culture complètement étrangère justifiait toutes ses particularités. Perla lui avait déjà prouvé plusieurs fois que certains de ses choix avaient un impact certain sur la magie ou l'environnement qui les entourait, comme le sens de brassage d'une potion ou la tenue d'une baguette.

- Elle m'a expliqué que pendant les changements de saison, la nature était moins agressive. En ce moment, c'est la saison sèche et les animaux sont à cran car ils n'ont pas toujours assez à manger.

Une voix douce avec un léger accent roulant se fit entendre derrière elle :

- Je ne pensais pas entendre cette explication aussi concise et précise dans ta bouche, Hermione. Bonjour Madame, continua Perla en tendant la main vers Minerva avec un sourire éclatant.

Elle tendit ensuite la main vers Luna pour la saluer aussi, en regardant ses antennes d'un drôle d'œil.

- C'est pour la chasse aux calibasses, tenta de justifier Hermione.

- Oh, c'est ainsi que vous faites dans cette partie du monde, se lança Perla. Chez nous, on tresse de grands tapis avec des lianes pendant l'appel à la pluie et nous habillons les enfants avec des vêtements neufs.

Hermione et Minerva s'éloignèrent pour aller saluer Neville, laissant les deux femmes discuter sérieusement chasse et danse magique.