Bonjour !

Je tiens à rapidement m'excuser pour mon rythme absolument désastreux. Avec le travail, j'ai du mal à trouver un bon rythme, mais pas de panique je tiendrais ! J'espère en attendant que ce chapitre vous plaira ^^

Bonne lecture,

Edith.


Chapitre 9

Le pari

Aux alentours de 7 h 30, Hermione ouvrit les yeux. Elle était toujours dans la chambre du serpentard et elle n'avait donc pas rêvé. Celui-ci l'avait bien emmené dans sa chambre et lui avait prêté son lit, enfin, pas totalement. C'est en cherchant à se tourner vers le fauteuil où celui-ci était censé dormir qu'elle se rendit compte que la masse corporelle de Drago s'était déplacée pour s'allonger près d'elle. Il était sur le dos, les mains jointes sur son torse, et les yeux ouverts rivés sur la tenture au-dessus d'eux. Une vague anormale de chaleur traversa la gryffondor qui sursauta légèrement.

-Avant que tu te fasses la moindre idée, j'avais mal au dos, je ne suis là que depuis exactement, il consulta sa montre, deux minutes, alors pas de panique. Je veux juste que mes vertèbres ne tombent pas les unes après les autres.

-De toute façon… c'est ton lit. Répondit Hermione.

Ils restèrent alors là, chacun de leur côté, allongés sur le dos à fixer la tenture. Quelque chose était à l'œuvre. Ils étaient à nouveau proches. C'était une nouvelle façon de se rapprocher, c'était plus intime, plus gênant. Drago sentait ses entrailles bouillonner tellement, il paniquait intérieurement. Il n'osait pas tourner la tête vers elle pour voir dans quel état elle se trouvait. S'il était le seul à paniquer. Ses mains le démangeaient. Il aurait voulu en laisser glisser une entre eux, juste pour voir s'il pouvait tenter d'entrer en contact avec elle, comme la veille, mais il préféra ne pas bouger.

Les sentiments d'Hermione étaient à peu près les mêmes. Elle sentait son cœur battre si fort qu'il aurait pu sortir de son corps pour aller s'écraser sur un mur. Elle n'avait jamais ressenti cela pour Ron et cela rendait la situation d'autant plus étrange et effrayante. La gorge sèche, le sang battant à ses tempes et l'envie presque étouffante de se tourner vers lui, elle ne céda pas et se força à fixer une couture dans la tenture.

-Je peux te poser une question ? Demanda alors Hermione.

-Laquelle ?

-Pourquoi… pourquoi tu ne laisses pas les autres voir tes bons côtés ?

Elle le toucha en plein cœur. Son visage se déforma légèrement, comme si la douleur était réelle. Il aurait voulu ne jamais avoir à répondre à une telle question, mais à présent qu'il montrait ses bons côtés à Hermione, il savait qu'elle finirait par se poser la question et par lui demander une réponse à laquelle s'accrocher. Il se racla la gorge, se mordilla la lèvre et après avoir posé sa main sur son visage, il tenta de répondre de la façon la plus honnête sans pour autant se dévoiler totalement, car il n'était pas encore prêt.

-Quand les gens voient le bien en toi, ils pensent pouvoir s'attendre à ce que tu fasses le bien et tu dois constamment tout faire pour accéder à leurs attentes. Ca devient une sorte de but, alors qu'au bout du compte, peut importe ce que tu feras, tu finiras seul. Je préfère être un connard, c'est plus simple, comme ça les gens ne s'attendent à rien et je n'ai rien à prouver. Pas de compte à rendre.

-Mais… tu souffres quand même… c'est à double tranchant.

-J'évite de prendre la lame du mauvais côté, c'est tout. Bref.

Il souffla et se rendit compte que quelque chose était entré en contact avec sa main qui avait glissé sur les draps. Il tourna la tête et comprit qu'il s'agissait du dos de la main de son homologue qui avait elle aussi les yeux rivés sur leurs mains. C'était un bref contact, mais suffisamment puissant pour pousser les deux homologues dans leurs retranchements et les faire brutalement se redresser. Hermione ravala sa salive, elle n'osa pas tourner la tête vers son homologue, elle se sentait au bord du malaise et n'avait qu'une envie. Fuir le plus loin possible de ce sentiment plus qu'agréable dégagé par la situation.

La gryffondor se leva, le blond fit de même.

-Oui, d'accord, pas de soucis. Répondit Drago en fixant le sol.

Sans attendre, Hermione quitta la pièce à grandes enjambées, en se demandant comment était-il possible que leurs deux corps puissent autant entrer en contact sans leurs accords. Cela allait finir par devenir problématique, mais était-ce réellement un problème ? Hermione préféra ne pas se poser la question.

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Une demie heure après s'être quittés, les deux préfets se retrouvèrent dans le salon et se jaugèrent l'un et l'autre dans un court silence tout en constatant qu'ils avaient tous les deux étaient floués.

-Toi aussi ? Demanda Hermione.

-Probablement une idée de ce vieux croûton. Le pantalon est un peu grand. Je ne sais pas vraiment comment le prendre.

-Tu veux ma jupe ? Je la trouve trop courte.

-Oh non, je te la laisse volontiers. Il sourit.

-Arrête ça ! Elle chercha à faire redescendre sa jupe en tirant dessus sans y parvenir.

-Arrête, c'est pas si court que ça. On voit à peine tes genoux…. Il attendit quelques secondes. Évite juste de te baisser.

-Tais-toi ! Elle menaça de lui jeter un coussin.

-Blague à part. La question est, pourquoi ?

-Histoire d'être reconnaissable ?

-Peut-être, même si je ne comprends pas pourquoi on devrait l'être étant donné que tous le monde sait qui nous sommes… En tout cas, je ne vais pas cracher dessus, c'est bien plus classe que l'uniforme classique qu'on se colle depuis des années.

Hermione avait trouvé dans sa chambre, un tout nouvel uniforme. Une chemise noire sur laquelle était brodée les insignes de sa maison et de son rôle de préfète, une jupe noire à liserés rouges et dorés ainsi qu'une cape en velours noir et à la doublure rouge foncée, elle aussi brodée des insignes présents sur la chemise. L'uniforme était parfaitement à sa taille, mais il était aussi terriblement confortable et son homologue portait un uniforme assorti au sien, mais aux couleurs de sa maison à lui.

En silence, les deux préfets jetèrent leurs capes sur leurs épaules et se dirigèrent vers la sortie de la salle commune.

-Tu penses qu'Ernie et Luna ont les mêmes. Demanda Hermione en regardant le tableau pivoter pour les laisser sortir.

-Probablement. Après-toi. Il la laissa sortir la première et ferma marche.

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Une fois dans les couloirs, Hermione tenta de ne pas se concentrer sur les regards surpris des élèves qui fixaient leurs nouveaux uniformes qui ne pensaient pas inaperçu. Sur le trajet vers la grande salle, elle s'évertua à tirer les pans de sa jupe et se souvint qu'elle avait opté pour des collants, mais le sujet lui sortit de la tête une fois devant la porte de la grande salle, elle fit demi-tour, à la surprise de son comparse.

-Mais… qu'est-ce que tu fiches ?

Il vint attraper le bras d'Hermione pour la faire se tourner vers lui. Elle transpirait de nervosité, c'était plus que flagrant et assez exaspérant pour Drago qui leva les yeux au ciel.

-Granger ?

-Je vais plutôt aller à la bibliothèque. Je n'ai pas si faim que ça. Elle jeta un œil dans la salle.

-On voit que tu es une vraie gryffondor… tu es incapable de mentir correctement… Alors entre dans cette fichue salle. De toute manière, si tu ne le vois pas ici, tu le croiseras plus tard. Autant retirer le pansement d'un coup sec.

Il n'attendit pas de réaction de la part d'Hermione et la poussa dans la salle, de la sorte à ce qu'elle ne puisse plus se défiler. Drago s'était peut-être pris d'affection pour sa jolie homologue, il fallait néanmoins qu'elle affronte ses autres ennemis, pas uniquement lui. Hermione se tourna vers lui et siffla.

-D'un coup sec hein ? Serpent !

Sans le moindre mot le serpentard lui adressa un bref sourire et partit vers sa table. Il fallait mieux éviter de se montrer trop amical avec elle, ce n'était pas bon pour lui, ni pour Hermione qui avançait vers sa table à petits pas hésitants. Lorsqu'elle arriva à sa place, à côté de Ginny, le groupe se tut et la fixa. Hermione rougit. Elle savait que c'était son nouvel uniforme et cela la gênait. Elle n'avait jamais été être le centre de l'attention et avant du mal à s'y faire de par son statut d'amie de Harry, mais aussi de sorcière plus que douée et née moldue ce qui forçait l'admiration et les regards. Harry se tourna vers son amie et lui sourit.

-Hermione ! Tu es superbe !

-C'est le nouvel uniforme des préfets en chef ? Interrompit Ginny. On peut en avoir si on est dans l'équipe de Quidditch ? D'ailleurs, on ne pourrais pas juste avoir de nouveaux uniformes ?

-Tu peux toujours rêver. Fit Dean. Déjà qu'on rame pour avoir de nouveaux balais…

-En tout cas, tu es magnifique. La complimenta Ginny.

-Merci… merci à vous.

Très intimidée par ces quelques compliments, Hermione replaça une mèche de cheveux derrière son oreille tout en laissant rosir ses joues, puis elle leva les yeux vers la table des Serdaigles. Luna, préfète en chef elle aussi, portait l'uniforme des préfets et avait agrémenté la cape de petites étoiles scintillantes. La serdaigle fit un signe de la main à Hermione et se replongea dans sa lecture du Chicaneur... à l'envers bien entendu.

Une fois assise la gryffondor posa son sac près d'elle et se versa un peu de thé dans une tasse.

-Au fait ! Dean se redressa sur le banc et lâcha son croissant. C'est en quel honneur ces nouveaux uniformes et surtout ces superbes capes ? On en a pas des comme ça. Tu me la prêterais ?

-Je pense que c'est pour qu'on soit reconnaissable et tu peux t'asseoir sur un magyar à pointes pour la porter. Sourit Hermione pour toute réponse.

-Je voudrais être préfet parfois. Continua Dean sur un ton rêveur. Il en renversa son jus de citrouille sur ses œufs. Par le caleçon et les chaussettes à pompons de Merlin !

La maladresse de Dean eut pour résultat de faire rire tout le monde, mais Hermione eut un rire tinté d'une légère inquiétude, ce que la détective Ginny remarqua.

-Ron n'est pas là. Il a « oublié » quelque chose dans la tour. Dit-elle en imitant grossièrement des guillemets avec ses doigts et en levant les yeux au ciel.

-Ginny… souffla Harry. Évite le sujet, c'est mieux.

-Non, ça va Harry, je suis une grande fille. Répondit Hermione en prenant sur elle.

-Ginny, je veux terminer mon petit-dêj sans vomir. Avoua Seamus. Tu sais on…

-Oh par pitié ! Tonna une voix connue de tous.

Instantanément, les têtes se tournèrent vers la table des serpentards où Drago, les dents serrées était debout face à Blaise. La tension et la colère se lisaient dans leurs yeux.

-Tu ne peux pas continuer à nous cacher des choses ! Et ne nous fais pas croire qu'elle n'y ait pas pour quelque chose ! Quand tu deviens se

-Pas sur ce terrain Blaise. Je ne te dois pas des explications sur chacun de mes faits et gestes. Cela ne TE regarde pas et d'ailleurs ça ne regarde AUCUN d'entre vous ! La voix de Drago montait en intensité.

-CA ! Blaise pointa la table des gryffondors du doigt. C'est pas toi ! c'est pas ton monde ! Je ne sais pas où tu vas, mais tu vas vite devoir faire demi-tour ! tu vas te perdre et tout perdre par la même occasion ! Tu crois réellement au futur dans ces conditions ? Ne sois pas stupide ! Rien ne tiendra ! Il n'y a pas d'avenir Drago et tu sais très bien pourquoi ! Elle, c'est de la poussière, rien de plus.

Drago restait immobile, la rage déformait les traits de son visage. Il semblait méconnaissable. Il respirait bruyamment comme pour tenter de se contenir. Il savait qu'il pouvait devenir dangereux quand il était réellement en colère et il ne voulait pas que qui que ce soit assiste à ça. Il tourna alors la tête vers Hermione. Elle était aussi debout et regardait la scène, livide. Il venait de se trahir et de trahir une potentielle amitié qui aurait dû rester secrète pour les protéger. Les mains sur son cœur, Hermione était plus inquiète pour son homologue que pour elle. Jamais, même dans leurs années de haine elle ne l'avait vu comme ça. Blaise se tenait debout, il avait fait éclater la vérité et était bien décidé à tout détruire pour ramener son ami à la raison.

-Tu ne dis rien ? Demanda Blaise. Tu n'aimes pas qu'on te dise la vérité, surtout quand elle ne va pas dans ton sens. Je te connais et je connais ton père.

-Mes relations ME regardent ! Ai-je déjà critiqué la moindre relation que tu entretenais avec des gens que je n'aimais pas ? je ne crois pas ! Alors laisse-moi et laisse mon père en dehors de tout ça !

-Tu as TOUJOURS détesté cette fille ! TOUJOURS ! et maintenant, c'est ta nouvelle meilleure amie ? C'est quoi le prochain coup ? Tu vas la porter jusqu'à sa salle de cours pour qu'elle ne salisse pas ses chaussures ?! Nous ne sommes pas serpentards pour rien ! Tu as des valeurs ! Respecte-les ! Tu es un Malfoy bon sang !

-Tu ne comprends rien. Pesta Drago entre ses dents.

-En effet, je ne comprends pas comment tu peux être ami avec elle. Mais je te connais et tu vas rapidement redescendre.

Blaise s'approcha de Drago et attrapa son col de chemise pour lui parler de plus près de façon à ce que lui seul l'entende.

-Toi et moi savons qui tu es réellement Drago. Ca ne va pas durer et tu le sais. Tôt ou tard, elle saura et je doute qu'elle apprécie. Il serra de son autre main le bras gauche de Drago. Tu as choisi ta voie et tu ne peux plus en changer. Tu as intérêt à revenir dans le droit chemin Drago parce qu'à un moment… elle devra mourir.

-Lâche-moi ! Hurla Drago et s'écartant de Blaise, l'air dégoûte. Tu sais, il y a des choix que je regrette et celui-ci plus que les autres quand je vois ce que ça m'apporte. Des emmerdes. Dorénavant, vous vous passerez de moi.

-Mais… Drago.. Tenta Pansy.

-Au diable. Il les foudroya du regard et prit son sac avant de sortir de la grande salle d'un pas rapide, le visage caché par ses mèches rebelles qui volaient sur son visage en colère.

Une fois le serpentard hors de la salle, le silence retomba, mais la tension ne s'apaisa pas pour autant. Les regards se désintéressèrent de la table des serpentards pour se tourner vers une Hermione qui se retrouvait à être une fois de plus le centre de l'attention et cette fois pas à cause de son uniforme. Elle palissait à vu d'œil et ne savait pas où se mettre. Ginny la fit se rasseoir lentement à sa place dans l'espoir que tous l'oublient, mais rien ne se passa comme prévu quand une voix s'éleva.

-T'es pas sérieuse Hermione ? Tu es amie avec lui ?

Ron se tenait dans l'entrée de la grande salle, Lavande à son bras. Le roux avait les yeux grands ouverts, la colère se mêlait à la surprise. Il ne savait pas quoi dire. Ron lâcha le bras de Lavande et se rua vers Hermione.

-Tu es complètement folle ? S'écria le roux. Tu sais qui il est et tu sympathises avec lui ! C'est un manipulateur !

-Cela ne te regarde pas Ronald. Répondit simplement Hermione en levant les yeux vers lui. Tu arrives après la bataille. Puis tu sais, si manipulateur qu'il soit, il ne m'a rien fait, contrairement à toi.

Elle savait que ses paroles n'étaient pas justes pour Ron, mais elle ne parvint pas à contrôler sa part de femme blessée.

-Écoute, pour hier, je suis désolé… j'étais en colère et… je n'ai jamais voulu te blesser.

-Ron… tu ne veux jamais rien de toute manière. Ce n'est jamais de ta faute. Elle le foudroya du regard.

-Hermione… Il ne savait plus quoi dire.

-Je crois qu'on n'a plus rien à se dire sur le sujet. Tu devrais déjeuner, ça ne te va pas le ventre vide.

Sans un mot, le regard vide de toute émotion, Hermione prit son sac, adressa un sourire amer à Harry et Ginny, puis elle prit le chemin de la sortie, n'oubliant pas de bousculer Ron et Lavande au passage.

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Hors de la grande salle, la gryffondor chercha un endroit où se cacher et se dirigea sans réfléchir vers la tour d'astronomie, elle savait que tout le monde irait la chercher à la bibliothèque, mais pas en haut de la tour. Elle avait une heure avant que les cours ne commencent, une heure pour se calmer et mettre en ordre ses pensées qui se faisaient et se défaisaient sans trouver d'ordre. Sans vraiment s'en rendre compte, des larmes commençaient à couler le long de ses joues et elle se mit à courir. Personne ne devait la voir comme ça. La jeune femme courut aussi vite que le lui permirent ses jambes, tout en pensant au fait que son homologue l'avait défendu quand il aurait pu ne pas le faire pour tenter de se protéger. Il aurait pu mentir pour éviter d'être harcelé et ne l'avait pas fait.

Elle monta les marches menant à la tour, elle était à bout de souffle et les larmes perlaient encore sur ses joues rouges de l'effort fourni pour arriver jusque-là. Hermione jeta au hasard son sac sur le sol et se précipita sur la rambarde de métal pour reprendre son souffle et chercher un peu d'air pour se calmer, pour ne pas sombrer. Au loin, la lumière du jour glissait sur la surface lisse du lac noir, elle illuminait délicatement les montagnes pour les colorer de vert et d'orange. Les oiseaux volaient de part et d'autre du paysage et le ciel bleu se parsemait de quelques nuages. C'était une vue de laquelle Hemione ne pouvait pas se passer. La tour d'astronomie était un lieu si peu prisé des élèves qu'il était facile d'y trouver un peu de silence.

Il lui fallut quelques secondes pour sentir le vent frais caresser son visage et sécher ses larmes. Elle ferma les yeux pour tenter de se concentrer sur ce qu'elle entendait. Le bruit du vent dans les arbres, les oiseaux, mais aussi les cris qui avaient retenti. Elle revit le doigt accusateur de Blaise dirigé vers elle comme si elle était porteuse d'une horrible maladie. Celle d'être née moldue. Hermione secoua la tête, mais rien de ce que Blaise avait dit refusait de sortir de sa tête et encore moins le visage colérique de Drago. Ses mèches de cheveux qui volaient sur son visage, son souffle bruyant, ses cris, son regard noir, ses poings serrés. Des mots pour se défendre et la défendre elle sans la nommer. Si Hermione ne l'avait pas vu, elle n'y aurait probablement pas cru.

C'est alors que le plancher craqua derrière elle.

Drago Malfoy n'était pas son homologue pour rien. Debout devant elle, lui aussi pensait être seul en haut de la tour. Il semblait mal à l'aise et fit un pas en arrière. Ils s'observèrent un instant, certainement dans l'attente que l'un parle, mais rien ne se passa. Elle le vit grimacer et tenter de cacher la blessure sur le dos de sa main qui s'était de nouveau ouverte et pas de façon involontaire apparemment. Il tenta aussi de cacher son bras gauche. Elle ne devait pas le voir, elle ne devait pas savoir sinon tout serait terminé et il le savait. Pourtant, elle fit un pas en avant.

-Je te l'ai dit. Harry était là… Je ne pense pas me tromper sur ce que tu cherches à me cacher. Dit-elle sur un ton étrangement calme.

-Il…

-Il a eu des doutes et ils se sont confirmés ce soir-là. Il m'a demandé de ne rien dire et de le laisser faire. Je m'exécute.

-Tu sais donc que j'ai des liens avec…

-Oui.

-Et ça ne te fais pas peur ? Je pourrais me servir de toi, je pourrais te manipuler, je pourrais te faire tellement de mal… je ne sais pas si tu mesures le poids de ce que tu sais.

-Une chose fait peur à partir du moment où tu décides qu'elle est terrifiante. Dit-elle simplement.

Lentement, Hermione avança vers son homologue qui ne comprenait pas comme elle pouvait trouver le courage de venir vers lui, tout en sachant qui il était, ce qu'il était. Son cœur se mit à battre si fort qu'il n'entendait presque plus rien en dehors de lui, et elle continuait d'avancer, sans peur. Lui, se sentait trembler et recula. Quand elle faisait un pas vers lui, son corps à lui reculait. Il savait que si elle le touchait, il lui ferait du mal. Blaise avait raison sur un point, il pouvait tout détruire, mais il ne parvint pas à lui demander de s'arrêter. Quand son dos fut arrêté par l'une des colonnes de pierres de la tour, il n'eut d'autre choix que de la laisser s'approcher.

Une fois face à Drago, Hermione leva doucement ses mains et avec des gestes doux, elle prit le bras gauche de son homologue. Il chercha à se soustraire à ce contact, mais elle reprit son bras.

-Attends. Murmura Hermione, les yeux rivés sur la manche de chemise de son homologue.

Sans lui demander sa permission, Hermione déboutonna les boutons de manchettes de la manche de son homologue puis elle fit délicatement remonter celle-ci le long du bras de Drago qu'elle sentait trembler sous ses doigts. Elle découvrit pour la première fois la marque des ténèbres. Un crâne à l'intérieur duquel s'insinuait un serpent dont la tête sortait par la bouche. Un peu d'encre noire sur le bras pour contrôler un être humain, c'est cela qu'elle trouva terrifiant. Bien entendu, elle savait que ce n'était pas seulement un tatouage, mais bien plus, c'était un véritable maléfice et son partenaire en était victime. Il avait dû y voir l'opportunité de bien se faire voir en la portant avant de tout perdre et de devoir porter ceci comme preuve de son échec, un fardeau plus lourd qu'il n'aurait dû l'être.

C'est alors que sans prévenir, la courageuse gryffondor passa le bout de son index sur les traits noirs et épais de la marque. Elle semblait tranquille, presque curieuse, mais Drago, qui se sentait avoir des vertiges, ne voyait pas de peur dans le regard ambré de son homologue qui leva bientôt les yeux vers lui.

-Tu vois ? Ça ne fait peur qu'à partir du moment où tu décides que ça fait peur.

Hermione laissa tranquille le bras de son homologue qui la fixait comme une créature irréelle. Jamais il n'aurait cru qu'un jour quelqu'un ne regarde pas sa marque en éprouvant peur et dégoût. Elle n'avait pas peur, de lui, de qui il était, de ce qu'il était devenu.

-Tu es… la personne la plus étrange que j'ai rencontrée…

-Je vais prendre ceci comme étant un compliment.

-Pourquoi n'as-tu pas peur ? Demanda enfin le serpentard.

-Je ne sais pas vraiment. Je crois qu'une part de moi sait que tu ne m'aurait pas laissé aller si loin. Tu ne montrerais pas tes bons côtés.

-Des bons côtés… Il eut un rire nerveux. Tu serais bien la seule à en voir.

-Disons que je suis une éternelle optimiste et puis, tu m'as défendu devant les autres, tout à l'heure. Tu aurais pu tout à fait mentir, je ne t'en aurais pas voulu, tu sais.

-C'est vrai… je ne sais pas ce qu'il s'est passé.

Il préféra éviter d'avoir à expliquer à la gryffondor que ses émotions avaient pris le dessus pour la première fois et qu'il n'était pas parvenu à les contrôler.

-Et pour tes parents ? Ton père et… les autres ?

-Je peux m'en occuper. De toute manière, ma mère n'en croira pas un mot. Elle déteste les Zabini, surtout depuis que la mère de Blaise à tenté de faire de mon père son prochain époux, qui serait mort dans de mystérieuses circonstances en lui laissant tout son argent. Ma mère à failli en faire un ulcère. Pour elle, ce qui sort de la bouche d'un Zabini ce n'est que de la bouse de dragon, donc autant te dire qu'elle préférera en rire et Pansy se taira, elle sait que c'est préférable.

-Si ça peut me permettre de rester en vie…

-Ca devrait le faire.

Hermione sourit légèrement, puis, alors qu'elle replaçait timidement une mèche de cheveux derrière son oreille comme elle faisait quand elle se sentait gênée, elle remarqua la blessure à la main de son homologue. Elle s'était rouverte et saignait. Machinalement, Hermione prit la main de Drago pour examiner la blessure. Ce n'était pas grand-chose, elle pouvait le soigner elle-même. La main du jeune homme était froide et tremblait légèrement, elle le sentait entre ses doigts.

-Ce n'est rien. Murmura le serpentard.

-Chez moi, c'est une blessure donc ce n'est pas vraiment rien. Répondit Hermione qui fit voler son sac vers elle pour fouiller à l'intérieur.

-Je t'assure que…

Mais rien n'y fit. Hermione prit sa baguette, en fit passer le bout délicatement sur la blessure et lentement, le sang cessa de couler et la blessure commença à se refermer, provoquant de petits picotements peu agréables. Elle était vraiment la sorcière la plus douée sa génération, s'en était presque rageant. Le processus prit deux bonnes minutes durant lesquelles le silence régna. Aucun regard ne fut échangé tant les deux homologues sentaient qu'un seul regard pouvait mener à une situation dont ils auraient du mal à sortir.

-Et voilà. Comme neuve. Dit Hermione plutôt fière d'elle.

-Merci.

-On… les cours vont commencer, on devrait…

-Oui… oui oui, on devrait y aller.

-J'ai horriblement envie de sentir tous les regards de l'univers nous juger, nous jauger afin de savoir ce qu'il se passe… Elle leva les yeux au ciel.

-Au cas où, j'ai toujours mon passe-droit pour frapper Weasley.

-Ne le gaspille pas. Elle lui sourit et jeta un dernier coup d'œil au paysage.

Si cela lui avait été permis, elle serait restée plus longtemps, mais elle ne pouvait pas étirer les minutes autant qu'elle le voulait. Hermione prit son sac et attendit son homologue qui descendait derrière elle. Il fixait la chevelure brune et ondulée de la lionne qui se balançait lentement de gauche à droite. Tout jusqu'à sa manière de descendre les marches sur la pointe des pieds semblait irréel. Chaque marche descendue les rapprochait de la réalité et plus la porte était proche, plus le cœur de Drago battait fort, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus entendre le son de ses propres pas. Hermione, quant à elle, pouvait sentir le regard orageux de son homologue dans son dos et ce n'était en rien désagréable. Tout au long de leur descente, elle repensa à ce qu'elle venait de découvrir. Bien entendu, par Harry, elle savait qu'il était un mangemort, mais jamais elle n'aurait pensé qu'il la laisse faire et la laisse le découvrir sous cet angle-là. L'avait-il fait par confiance ou, car il savait qu'il finirait par la tuer après s'être servi d'elle ? Mais dans quel but ? Elle ne trouva pas de réponse et seule sa première pensée semblait la plus logique.

Une fois en bas de la tour, devant la porte qui donnait sur le couloir, Hermione s'arrêta net et souffla. Elle n'était pas à l'aise à l'idée d'affronter tous ses regards qui allaient la juger, l'interroger, inventer et modifier les faits. Elle se tourna et fit face à son homologue qui avait reprit des couleurs et toute sa contenance de serpentard prêt à en découdre. Il refusait qu'on le culpabilise et il refusait de montrer ses faiblesses aux autres, car il deviendrait plus facile de le détruire et il le savait.

-Prête ? Demanda le serpentard en posant une main sur la porte.

-Non.

Lentement, Hermione posa sa main sur le poignet de Drago, comme pour chercher à se rassurer. Elle n'était pas prête à quitter ce petit coin tranquille. Elle n'osait pas avouer qu'elle était aussi bien en la présence du serpentard. Elle se sentait légère rien qu'en le regardant, c'était un peu comme si une bulle les entourait, les séparant du reste du monde. Elle fixa droit dans les yeux le jeune homme qui lui rendit son regard avec un sourire ou ce qui semblait en être un. Elle pressa affectueusement son poignet puis elle se tourna vers la porte. Elle savait que si cela continuait, ils seraient encore là dans plusieurs heures et le château serait en ébullition face à leur absence. C'est alors qu'Hermione eut le geste le plus machinal qu'elle ait envers Drago et elle le prit contre elle, simplement.

Elle entoura le corps du jeune homme de ses petits bras. Elle n'osa pas lever la tête vers lui tant elle sentait que son geste était stupide, gênant et surtout stupide, alors elle resta là, la tête contre le torse de son homologue qui ne bougeait pas, figé de surprise. Personne ne l'avait jamais pris dans ses bras comme ça en dehors de sa mère et de Pansy, mais Pansy, c'était différent d'Hermione. Ici, c'était une étreinte douce, réelle et affectueuse. Il ferma les yeux et apprécia cette étreinte. Elle portait un parfum fleuri terriblement frais et enivrant. Il hésita un moment, puis, lentement, avec des gestes peu assurés, il referma à son tour ses bras autour du corps frêle de son homologue qu'il sentit sursauter. Ce serait leur petit secret, leur énième petit secret.

Ils restèrent ainsi un moment, puis Hermione leva sa main pour regarder sa montre et la réalité les rattrapa aussi vite que le retard en cours qu'ils étaient entrain d'accumuler. Il avait une étreinte maladroite mais tellement réconfortante. Hermione se sentait en cet instant protégé contre n'importe qu'elle attaque, mais à regret elle se sépara de lui et préféra regarder ses pieds.

-On…

-Y aller. Il termina sa phrase.

Drago ouvrit la porte et ils sortirent l'un près de l'autre, afin de marcher en direction de la salle de métamorphose. Ils restèrent silencieux un long moment, puis en repensant à ce que chacun tentait de nommer « câlin », Hermione eut un léger rire et accéléra le pas sans s'en rendre compte. Drago accéléra aussi pour se mettre à sa hauteur. Bientôt, cette simple petite accélération se transforma en une véritable course dans les couloirs entre les deux homologues, comme si courir et sourire un peu, retomber en enfance allait leur faire oublier l'espace d'un instant tout ce qui venait de se passer.

Hermione ouvrit finalement la porte de la salle de métamorphose, essoufflée, les cheveux en bataille, Drago derrière elle qui manqua de tomber en voulant s'arrêter.

-Pardon professeur. Elle chercha à reprendre son souffle.

-Nous avons emmené des élèves de première année à leur cours de botanique… ils étaient perdu. Continua Drago en se tenant à la porte.

-Bien, mais tâchez d'arriver à l'heure la prochaine fois. Mettez-vous au premier rang, il y a une table libre.

Le professeur McGonagall leur indiqua une table devant et retourna à la contemplation d'une saleté sur ses lunettes qu'elle s'empressa de nettoyer. Drago et Hermione en profitèrent pour aller s'asseoir, en ignorant les regards curieux et méfiants.

- J'ai gagné murmura discrètement Hermione.

- Tu m'as poussé dans le dernier tournant.

- Mauvais joueur.

- Tricheuse.

-Revanche.

-Si tu veux.

Une fois assis à la table qui se trouvait devant et donc à la vue de tous, ni Drago, ni Hermione ne jugèrent bon de se tourner vers les autres, ils se sentaient déjà suffisamment jugés et jaugés. Pansy tenta de capter l'attention de Drago sans y parvenir, tandis que Ron se tordait le cou en tentant de voir ce que faisait Hermione, trois rangées devant lui.

Hermione sortit sa plume, son encrier, un peu de parchemin et son livre. Le cours du jour consistait à transformer la flamme d'une bougie en papillon sans le faire brûler. L'exercice demandait beaucoup de concentration, de la patience et pas de sortilège formulé à haute voix au risque de faire vaciller la flamme qui pouvait s'éteindre ou devenir un papillon de feu qui pouvait voler dans la salle et potentiellement mettre le feu quelque part. Par précaution, le professeur McGongall demanda à Seamus de se mettre à une table devant pour éteindre toute explosion étant donné que celui-ci y était habitué depuis sa première année.

-Bien, maintenant que monsieur Finnigan ne mettra le feu à aucun d'entre vous, nous pouvons commencer ! Cet exercice demande une grande patience et de la concentration ! Pensez bien à manier délicatement votre baguette ! Le feu est un élément volatile, fragile, qui demande de la patience et un contrôle extrême.

Drago s'y reprit à plusieurs fois avant de parvenir à un résultat pleinement concluant en laissant sortir de sa flamme un grand papillon aux ailes noires et bleues. Il était majestueux et possédait quelque chose de mystérieux. Le papillon vola quelques instants autour de son créateur et après examen de McGonagall, il disparut dans une douce fumée blanchâtre. Hermione quant à elle, prouva une fois de plus qu'elle sorcière exceptionnelle elle était, en faisant naître de sa petite flamme une véritable nuée de papillons aux couleurs explosives, comme un vent aux couleurs du printemps. Les papillons volèrent dans toute la salle et disparurent en laissant retomber une fumée rosée, sous les regards ébahis des autres élèves. McGonagall retira ses lunettes tant elle était surprise et parvint à murmurer tout en cherchant à compter le nombre de papillons découlant de cette si petite flamme.

-J'accorde… 20 points à gryffondor. Miss Granger… C'est remarquable.

Il y eut quelques applaudissements, Hermione rougi. Elle ne parvenait toujours pas à prendre l'habitude des compliments. Elle se tourna vers Drago qui salua son sortilège d'un bref hochement de tête et d'un très mince sourire.

Plus loin, Harry parvint à obtenir un papillon rouge et doré dont il n'était pas peu fier. Il tourna la tête vers Ron et constata que celui-ci ne cessait de faire s'éteindre la flamme de sa bougie et qu'il n'obtenait qu'une petite étincelle. Sa colère pouvait se sentir de là où se tenait Harry.

-Elle lui trouve quoi à ce petit con ? Grogna Ron en pointant une fois de plus sa baguette sur sa bougie.

-Arrête d'y penser et concentre-toi. Siffla Harry.

C'est alors que le rire d'Hermione arriva jusqu'à eux, le gryffondor explosa et sa bougie se transforma en une plante informe et fanée au grand désespoir de Harry. Comme les deux préfets avaient terminé leur exercice, ils parlaient à voix basse tout en gardant une certaine distance entre eux, mais Hermione n'avait pu se retenir de rire à quelque chose que Drago lui avait dit. Ce n'était pas un rire sonore et connu de tous, mais Harry et Ron le connaissait.

Ron dépité, fixa sa fleur informe sans rien pouvoir y faire jusqu'à ce que McGonagall ne passe devant lui et ne constate les dégâts.

- Ce n'est pas très concluant, monsieur Weasley, dit-elle en baissant les yeux sur son parchemin. Peut-être n'avez-vous pas la main verte.

- Sûrement. Maugréa-t-il.

-Bien. Notez le devoir que je vous ai donné. Bonne journée à tous !

Après quelques rires dirigés vers Ron, les élèves commencèrent à ranger leurs affaires. Ayant un cours à l'autre bout de l'école, le professeur McGonagall prit ses affaires et sortie en chargeant les deux préfets de fermer la salle.

Il ne resta bientôt que Drago, Hermione, Harry et Ron, tous deux se tenaient au fond de la salle. Harry tenta de tirer Ron dehors, mais le roux semblait collé sur le sol.

-Ron, c'est bon. Fit Harry en prenant Ron par le bras.

-Non.

-Enfin, en même temps, tu m'as poussé. Retentit la voix rieuse d'Hermione.

-Qui ne triche pas n'est pas Serpentard. Répondit Drago en souriant à la jeune femme qui rougit.

-Allez monsieur le tricheur, allons-y.

Hermione prit son sac et lorsqu'elle se retourna, elle vit que son homologue lui tendait sa cape qu'elle avait failli oublier. La jeune femme tendit la main, mais au moment de poser sa main sur sa cape, Drago recula son bras et fit alors s'approcher de lui la gryffondor qui rougit.

-Toujours trop petite. Dit-il.

-Toujours trop lent. Répondit Hermione en contournant le jeune homme pour récupérer son bien.

Elle lui sourit et fit signe à Drago qu'il fallait s'en aller. C'est lorsque les deux préfets se tournèrent vers la porte qu'ils s'immobilisèrent. Ils n'étaient pas seuls et ne s'en étaient pas rendu compte. Hermione s'écarta brusquement de Drago, mais cela sembla inutile. Harry était debout, entre agacement et gêne, il regardait Ron qui était à deux doigts d'exploser tant la colère qui se lisait sur son visage suintait par tous les pores de sa peau. Il serrait les poings et se mordait les lèvres. Hermione fit un pas en arrière tellement elle était surprise. Harry aurait bien agi, mais il connaissait son ami et il savait que c'était peine perdue.

Drago fit un pas en avant et agita la main comme pour balayer l'air.

-Allez la belette, bouge. Tu gênes et tu gâches la vue.

-Non. Grogna Ron entre ses dents. Je veux que tu laisses Hermione en paix.

-Que je… Tu sais Weasley, il faut partager dans la vie. Avec ta famille, le partage tu connais, non ? Répondit froidement le serpentard non sans oublier son fameux sourire en coin. Et elle n'est pas à toi Granger.

-Ne parle pas de ma famille ! Et la concernant, elle n'est pas ta propriété ! C'est quoi le problème ? C'est votre nouveau rôle de préfets qui fait ça ? Arrête de la coller comme ça. Arrête ton manège, tout le monde sait que tu la manipules et que tu finiras par la jeter ou pire !

-Wow… Tu es donc capable d'aligner correctement les mots pour former des phrases ? Je suis surpris. Cela veut donc dire que tu peux comprendre, je ne lui fais rien, ok ? Maintenant, vas voir ailleurs si j'y suis, ça nous fera à tous des vacances. Oh, j'ai une idée ! Va rejoindre Brown, elle doit mourir d'envie d'en savoir plus sur ta petite crise de jalousie. Profites-en pour compter ses amygdales, elle en sera ravie. Il sourit.

-Ne parle pas d'elle comme ça ! Vociféra Ron. Tu vas la laisser !

-Ron ça suffit !

Hermione émergea bientôt de derrière Drago et foudroya Ron du regard. Ses yeux étaient presque noirs tant, ils étaient sombres et colériques. La gryffondor d'ordinaire si calme malgré son ton autoritaire était si en colère que Ron recula de quelques pas. Cette Hermione était celle à éviter et elle lui fonçait dessus à pleine vitesse.

-Tu ne le toucheras pas ! Mugis la jeune femme.

-Mais enfin, Hermione ouvre les yeux ! Tenta Ron. Il te manipule ! Tu ne vois rien ?

-Ah, parce que tu es clairvoyant maintenant ? Elle aurait presque ri.

-Apparemment plus que toi pour une fois !

-Tu l'es tellement que tu n'as même pas été fichu de voir que j'avais des sentiments pour toi ! Hurla alors la gryffondor.

Elle avait tellement retenue ces paroles que lorsqu'elles filtrèrent entre ses lèvres, c'est un véritable vent qui gifla le visage de Ron.

-Tu m'as menti ! Tu voyais Lavande dans le dos de tout le monde ! Tout ce monde qui ne cessait de te dire que j'étais là ! Tu ne m'as RIEN DIS ! Et tu oses me dire que tu vois des choses que je ne vois pas ? Tu as du culot Ronald surtout après les horreurs que tu m'as jeté au visage. Alors, je ne te laisserais pas continuer de tout détruire.

-Détruire quoi ? Lui ? Il te ment ! Et pour Lavande, c'était compliqué, je ne savais pas comment te le dire et il est arrivé avec son énorme tête et sa méchanceté. Il ment comme il respire, c'est dans sa nature, il ne peut pas s'empêcher de faire du mal aux autres ! La voix de Ron devint presque suppliante.

-Peut-être qu'il me ment, mais lui au moins il a été là quand j'en avais besoin. Répondit Hermione, d'une traite.

-Il… quoi ? Ron devint blanc et ses bras tombèrent le long de son corps. Tu vas aussi me dire qu'il t'a consolé ?

-Peut-être.

-A ta place, suggéra Drago, j'éviterai de revenir là-dessus.

Il se passa quelques secondes durant lesquelles le silence devint écrasant. Le visage de Ron se décomposa un peu plus pour le rendre presque méconnaissable. Cela faisait tant d'années qu'il contenait sa colère à l'égard du serpentard, mais là s'en était trop, il ne pouvait toucher à Hermione. Il n'en avait pas le droit. Sans comprendre le cheminement de sa pensée, il en vint à imaginer Hermione dans les bras du blond et la haine s'empara du gryffondor. Sans parvenir à se contrôler, Ron sortit sa baguette de la poche de sa robe et la leva en direction de Drago qui ne vit rien venir.

-Ron non ! Arrête ! Hurla Harry.

Le roux failli jeter un sortilège, mais il fut arrêté non pas par Harry, mais par la vision du corps d'Hermione, bras tendu, entre lui et Drago qu'elle protégeait. Elle était en colère, mais aussi attristée par le fait de se tenir de la sorte entre son homologue et ses amis. Elle ne parvint pas à retenir les larmes qui se déversèrent sur ses joues. Elle était triste, en colère, elle respirait si fort qu'on pouvait voir sa poitrine se lever et s'affaisser aussitôt. Elle ne comprenait plus rien à la situation, c'était presque irréel.

Harry en profita pour prendre la baguette de Ron et lui faire baisser son bras.

-Tu me déçois tellement…. Murmura Hermione.

-Hermione je… Ron comprit ce qu'il venait de faire et sembla regretter son geste sur l'instant.

-Non. Je ne veux plus t'entendre parler. Arrête. Ne prononce plus un seul mot. Harry ça va ? Demanda Hermione.

-Oh, oui, ne t'en fais pas. Harry fit un bref geste de la main.

Drago agit à son tour en posant ses mains sur les bras d'Hermione pour la faire reculer avant qu'elle ne tue vraiment Weasley qui bondit.

-NE LA TOUCHE PAS !

Le serpentard souffla.

-J'ai été bien gentil et patient, alors maintenant, tu vas m'écouter la belette parce que ça devient horriblement pénible et je vais finir par t'en coller une devant elle. Au final, elle nous détestera tous les deux.

-je vais te…

Ron était sur sa lancée, prêt à porter encore des coups, mais Drago leva la main, un petit sourire sur ses lèvres.

-J'ai une idée… si Potter est d'accord. On va parier et je suis très doué pour les paris.

-Ah non ! pas de pari ! Siffla Hermione.

Mais l'idée de Drago sembla subitement interpeller Harry et Ron.

-Je t'écoute. Répondit Harry.

-Comme Weasley aime le Quidditch et qu'il rêve de prouver qu'il est capable de tenir sur un balai sans se faire dessus à la moindre balle qui lui arrive en pleinne figure, je propose que tu lâches le vif d'or. Il se tourna vers Ron. Ca se jouera entre toi et moi. Le premier qui attrape le vif d'or gagne. Si je l'attrape, je reste et tu n'auras rien à dire. Si tu gagnes, je la laisserai.

-T'es attrapeur ! t'auras des facilités ! Siffla Ron.

-Je suis tellement doué que j'ai toujours perdu. Répondit le serpentard. Alors ? A prendre ou à laisser.

Dans un grognement qui signifiait qu'il réfléchissait à la proposition du jeune homme, Ron s'avança et serra la main de Drago. Une poignée de main qui dura à peine quelques secondes, c'était bien trop répugnant autant pour l'un que pour l'autre. Hermione de son côté avait des yeux grands ouverts, elle n'en revenait pas d'être l'objet d'un stupide pari.

-Mais… je proteste ! Je ne suis pas un prix !

-Désolé de dire ça, intervint Harry, mais au vu de la situation, tu n'as pas vraiment le choix… et ça me fait mal de dire ça. D'un côté, je préfère que ça se termine comme ça, ça pourrait être pire, tu sais.

-Je sais, mais…

-Dis-toi que deux hommes se battent pour toi. Fit le serpentard qui tentait de détendre l'atmosphère après sa proposition qu'il savait stupide et ce qu'il venait de dire et pouvait ouvertement le trahir.

-Oh toi, boucle-là ! Siffla la gryffondor les joues rouges et gonflées comme celles d'une enfant.

Elle se détourna de son homologue et fixa Ron qui trouvait tout ça dégoutant. Il continuait de se demander comment elle pouvait bien s'entendre avec ce type qui s'était donné tant de peine pour la détester ? Mais il respira le plus calmement possible.

-Hermione, je suis désolé, je…

-Je ne veux pas d'excuses. Pas maintenant. Répondit-elle simplement.

Elle prit son sac et suivit son homologue en dehors de la salle, elle devait fuir cette atmosphère négative qui la faisait se sentir si mal.

Une fois la salle vide, il ne resta que Ron et Harry qui s'était retenu durant un moment et frappa Ron sur la tête, l'air agacé, avec la baguette de celui-ci.

-Toi, dit-il en redonnant un coup. T'es vraiment… un idiot et encore je suis gentil car tu es mon meilleur ami. Tu sais bien que Malfoy est un crétin, il veut juste te faire marcher, il est comme ça. Il aboie, mais il ne mord pas. Et puis sans le défendre, c'est vrai… il n'a rien fait à Hermione. Alors, arrête de partir au quart de tour, un jour ça finir mal.

-Attends, tu es de quel côté ? Demanda le roux en commençant à faire les cent pas dans la salle.

-Aucun.

-Aucun ? Tu es sérieux ? Hermione se fait manipuler par ce type ! C'est pas son genre de se laisser faire comme ça !

-Si je me mets d'un côté, et connaissant Hermione elle pourrait se braquer et on ne pourra plus rien faire Ron. Tu le comprends ? Allez viens, je vais te filer des conseils pour cette histoire de pari, histoire que tu te casses pas quelque chose.

Harry et Ron sortirent de la salle en silence.

Plus loin dans les couloirs, Drago marchait tranquillement aux côtés d'Hermione.

-Tu sais que tu vas gagner ? Finis par demander Hermione le regard rivé sur le bout du couloir. Tu veux simplement le ridiculiser.

-En effet. Je vais lui faire les pieds.

-C'est vraiment un truc masculin ? Vouloir à tout prix être supérieur aux autres ?

-Probablement et puis, j'ai toujours eu l'esprit de compétition.

Elle eut un léger rire et préféra laisser tomber. Elle savait qu'elle aurait beau dire ce qu'elle voudrait, ni lui ni Ron ne changeraient d'avis. Discrètement, elle leva les yeux vers son homologue qui était visiblement plongé dans une profonde réflexion, en témoignait son regard fixe sur le couloir, sa main tenant fermement la lanière de son sac et son pas presque trop rapide pour elle. Néanmoins, elle détourna très vite la tête pour repenser à ce qu'il venait de se passer. Elle était devenue l'objet d'un pari, à cause de la jalousie de Ron, de sa méfiance, mais aussi du désir de pouvoir de Drago. Elle aurait voulu ne pas avoir été présente, peut-être que rien ne se serait passé.

Elle commença alors à craindre que tout se passe mal. Hermione connaissait Ron et ses accès de colère menés par sa sensibilité et souvent par sa stupidité et son manque de réflexion. Elle souffla et s'arrêta de marcher, faisant s'arrêter son homologue qui se retourna vers elle. Il savait à quoi elle pensait. Le fait d'être devenu le centre d'un pari ne lui plaisait pas et il pouvait le comprendre. Il s'en voulait quelque part d'avoir fait cela, mais sur le moment, c'était la seule idée qui lui été venu pour se sortir de cette situation.

Il décida alors d'agir sans réfléchir et dans un élan de gentillesse qui lui procura une douce sensation de bien-être, il leva d'une main, le menton de la jeune femme et lui adressa un regard qui se voulu doux et rassura Hermione presque immédiatement. Son cœur se serra et son estomac fit quelques tours de montagnes russes. Il avait les yeux d'un bleu profond presque hypnotique et la chaleur qui se dégagea de ses joues lui fit comprendre que quelque chose chez le jeune homme ne la rendait pas insensible, que quelque chose n'allait pas.

-Hé, dit-il. Je ne fais pas ça de gaieté de cœur. J'avoue que j'ai merdé et que j'aurais pu avoir une autre idée, mais si je n'avais rien fait, il serait encore derrière nous à hurler comme un gosse et là, crois-moi, ça se serait très mal terminé. Je peux contrôler ma colère, mais j'ai des limites. J'ai fait ce pari en sachant que je gagnerai et je gagnerai. Il n'aura alors plus le choix et devra se tenir tranquille.

-Si tu le dis. Murmura Hermione. C'est juste… c'est tellement dur de se tenir entre toutes les personnes auxquelles qu'on aimes...

-Donc… tu tiendrais réellement à moi ? Il arqua un sourcil.

-Hein ? heu… et bien…

Hermione se mit à rougir de façon incontrôlable. Elle ne pouvait encore lui répondre, elle ne savait pas où se tenir vis-à-vis de lui. Elle s'écarta du serpentard, le visage rougit par la haine et la honte.

-Nous devrions aller en cours. Bredouilla la jeune femme.

-Pitié Granger…

-Allez ! L'histoire de la magie n'attend pas, puis on va encore être en retard et deux fois dans une journée, ça risque d'être louche.

-Après vous mademoiselle. Il tendit le bras en direction de la salle d'histoire de la magie.

Elle lui sourit timidement puis ils se mirent silencieusement à marcher en direction de leur salle de cours.

-Où vas-tu ? Demanda subitement Hermione en voyant son homologue prendre un autre couloir.

-Si on nous voit arriver tous les deux, je pense qu'on va se faire incendier. Il lui adressa un bref signe de la tête puis fila prendre un autre chemin.

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Hermione, ENFIN seule traîna les pieds jusqu'à la salle d'histoire de la magie. Ron était assis dans une niche de pierres, Lavande dans ses bras, c'était à croire que rien ne s'était passé. Il lui souriait et tripotait les mèches de cheveux de la gryffondor qui ne cessait de glousser d'une façon qu'Hermione trouvait horrible. Harry était debout près de la porte et parlait quidditch en compagnie de Dean et Seamus. Hermione s'approcha d'eux, ignorant les regards et les silences des autres élèves.

-Salut ! Fit Dean d'un ton joyeux en gobant un chocogrenouille.

-Tout va bien ? Demanda Hermione.

-Oh oui, répondit Seamus. Au fait, c'est vrai, t'es amie avec Malfoy ?

Hermione manqua d'avoir un ulcère.

-Harry !

-J'ai rien pu faire… sinon je me baladais avec une queue de rat sur le nez toute la journée…

-Et puis… avec la scène de ce matin, dans la grande salle on se pose tous des questions. Fit Dean.

-Disons… qu'on apprend à s'entendre étant donné que nous sommes homologues… Tenta la jeune femme.

-Je suppose que c'est pas plus mal ! En tout cas, fais attention. Dean tapota l'épaule d'Hermione avant d'enchaîner. En tout cas, il nous faut tenir la distance avec serpentard d'au moins 150 points.

-Bah oui, souffla Harry. Et quelles sont tes idées ?

-Tuer l'attrapeur ou le goal, ricana Seamus.

Une fois en classe, il fallut attendre cinq minutes pour que Drago ne se montre en donnant une excuse stupide que le professeur Binns accepta sans rien dire. Le jeune homme se fit discret et alla prendre place au dernier rang du petit amphithéâtre. A peine assit, il fit comme la plupart des élèves après que le petit professeur flottant se soit mit à parler de sa voix terriblement ennuyeuse de sujets intéressant rendu tout aussi ennuyeux. Il porta son attention sur autre chose que le sujet du cours qu'il connaissait déjà. En revanche, la chevelure brune de la gryffondor la plus intelligente de sa génération retint l'attention du préfet. Elle était assise devant comme à son habitude et notait chaque mot qui sortait de la bouche du professeur Binns. Elle écrivait, raturait, écrivait encore, faisait des flèches pour y inscrire des notes et reprenait le fil du cours avec une aisance que peu de gens possédait. Tout en prenant ses propres notes, le jeune homme repensa à cette matinée un peu trop mouvementée pour lui. Il n'avait ni envie, ni besoin de s'exprimer sur ses relations aux autres et surtout pas la concernant. Il savait que ce n'était pas une bonne idée, mais il ne pouvait s'en empêcher et ne comptait pas faire en sorte que cela s'arrête. Cependant, il savait que cela allait finir par poser problème, il allait la mettre en danger et il devait commencer à penser dés maintenant à une solution. Il n'osa même pas lever la tête vers Blaise dont il sentait le regard posé sur lui. Crabbe et Goyle devaient être collés à lui étant donné que Drago avait fini par ne plus traîner avec eux et ce n'était pas plus mal. Hermione le sortit de ses pensées lorsqu'elle leva la main pour répondre à une question, ce qui clôtura le cours qui avait endormit une grande partie des élèves.

Le jeune homme rangea ses notes en désordre dans son sac et se précipita vers la sortie. Il voyait déjà Blaise et Pansy se jeter sur lui pour lui demander, une fois de plus des explications.

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Dans la grande salle, à la table des gryffondors, Dean s'avachit sur le banc, la mine dépitée et souffla tout en se servant.

-Un devoir de 80 centimètres de long sur les traités dentre le Japon et la Chine en 1886 ? C'est tellement ennuyeux… Il fit voler une cuisse de poulet vers lui. Je hais ce cours par moment.

-Arrêtez de vous plaindre. Répondit Hermione. Ce n'est pas si dur, tout a est dans le cours et le professeur Binns nous a même donné des titres de livres à lire pour le devoir. Si vous écoutiez, vous le sauriez.

-J'aimerais être comme toi dans ces moments-là, continua Harry en tripotant ses légumes.

-Tu pourrais.

La gryffondor sourit à son ami avant de se replonger dans la lecture de son livre d'histoire de la magie. La nourriture n'avait pas vraiment de saveur, elle n'avait pas le goût à grand-chose. La seule chose qui motivait la gryffondor, c'était sa place favorite à la bibliothèque et le feu de cheminée de la salle commune devant lequel elle aimait travailler. Ron se tenait loin d'elle et de Harry. Il était avec Lavande qui cherchait à lui donner à manger comme s'il était un enfant, ce qui était ridicule au possible et faisait doucement sourire tout le monde. Hermione leva les yeux vers le ciel et souffla de dégoût en regardant Harry qui ne savait plus quoi dire.

-Laisse. Dit-il.

Hermione hocha la tête et laissa alors vagabonder son regard autour d'elle jusqu'à arriver à la table des serpentards. Drago semblait être aux combles du désespoir et tripotait son repas sans y toucher vraiment. Près de lui, Blaise tentait de lui parler sans obtenir le moindre résultat. Drago ne l'écoutait pas le moins du monde et écoutait encore moins Pansy qui usait de tous ses charmes et de toutes ses mimiques pour le faire tomber. Rien ne fonctionna et Drago finit par souffler avant de se lever et de partir. Il commença à penser cesser de venir manger dans la grande salle si la tension continuait de monter et lui donnait envie d'exploser. Le parc serait l'endroit parfait pour réfléchir et être au calme. Pourtant, à peine Drago eut-il amorcé un pas vers le parc que les pas de Blaise raisonnèrent derrière lui. Il marchait vite et cette rapidité signifiait qu'il était en colère. Drago s'arrêta et se tourna vers le serpentard. L'affronter une fois de plus ne l'enchantait pas, mais avait-il le choix ?

-Il faut qu'on…

-Allons plus loin. Répondit Drago. Je refuse de subir une scène comme ce matin.

Le deux jeunes hommes marchèrent en silence jusque dans le parc, ignorant qu'une petite sourie aux longs cheveux bruns les suivait en silence, un livre en main.

Drago emmena Blaise près du stade de Quidditch, personne ne devait s'entraîner ce jour-là donc il savait qu'ils seraient tranquilles pour parler. Les deux amis se firent face un moment dans le plus grand silence. La tension et la colère les entouraient et Blaise attaqua, il ne tenait plus.

-Alors, c'est vrai tout ça ? Tu es ami avec cette fille ? Cette… née moldue ? Ton histoire de « elle est à moi », c'était des conneries ?

-Je ne pense pas avoir de compte à te rendre. Fit Drago en croisant les bras.

-Drago je… Blaise souffla. Je ne vais pas hurler parce que nous savons que ça va très mal se terminer étant donné que nous sommes seuls, alors je vais rester calme. Arrête de parler à cette fille. Maintenant. Tu es un mangemort Drago, vous n'êtes pas du même camp et à un moment, tu vas devoir choisir ton camp, et j'espère que tu feras le bon choix.

-Mes choix me regardent. Tu n'es pas à ma place, tu ne sais pas ce que c'est que de subir tout ça.

-Ne me sers pas ce genre d'excuse bidon ! Je ne sais pas ce qu'il se passe entre toi et elle, mais ça t'aveugle ! Lâche là avant de perdre pied et de tout perdre ! Un jour, tu choisiras ton camp et ce jour-là, elle devra mourir, tu le sais !

-Oh ferme là ! Il s'agit de mes choix et je commence à comprendre que j'ai rarement fait les bons.

-Tu ne peux pas changer ! Tu ne peux plus ! Tu as la marque, tu ne peux plus reculer ! Tu fais partis de ce groupe jusqu'à la fin de ta vie et elle ; cette fille, Granger, elle n'y a pas sa place ! J'ai l'impression qu'elle t'as collé ses idées de sang de bourbe dans la tête. De toute manière, cette situation ne va pas durer. J'ai pris la liberté de mettre ton père au courant. Peut-être que lui pourra mettre fin à tout ça.

-Pardon ? Drago avait pâli et son visage se décomposa lentement.

-Je te rends service Drago. Tu es mon ami et tout ça n'est pas bon pour toi.

-Tu parles d'elle comme d'un poison.

-C'est ce qu'elle est ! Où est ta haine ? Où sont passées les années d'insultes et d'évitement ?

-J'ai grandi, ce qui n'est pas ton cas.

-Que sais-tu d'elle ? Demanda alors Blaise.

-J'en sais probablement plus que toi.

Drago sentait sa patience s'effriter et son envie de se jeter sur Blaise pour le faire taire montait en lui. Il serrait les dents et fit son pososible pour contrôler toute cette colère qui courrait en lui comme un feu dévorant tout sur son passage. Blaise reprit son sac, il allait partir.

-De toute manière, nous allons te remettre les idées en place. A plus tard Drago.

Blaise ne laissa pas le temps à Drago de répondre, il tourna les talons et retourna vers le château. Une fois le serpentard hors de vue et Drago seul, il laissa exploser sa colère. Il hurla si fort que le stade aurait pu en trembler, les oiseaux présents dans les alentours s'envolèrent et le jeune homme frappa du pied, une caisse en bois contenant du matériel de quidditch. Lucius savait. Son père arrivait et le monde allait probablement s'écrouler. Il connaissait son père et l'entourage de celui-ci. Par honte, son père n'allait en parler à personne et tenter de régler le problème seul, mais même seul, Lucius continuait de terrifier son fils qui préféra s'asseoir par terre et mettre son visage dans ses mains. Il était fou de rage et prit au ventre par la peur de ce qui allait se passer. La question était à présent, quand allait, il venir et ouvrir les portes à la volée ? Qu'est-ce que cet abruti de Blaise avait raconté dans sa lettre ? Il n'aurait pas menti sur ce point, il savait que Drago craignait son père.

Le serpentard resta assit sur le sol un long moment, ignorant qu'Hermione était toujours cachée non loin et avait tout entendu. Elle hésita un moment à venir vers lui, mais étrangement son corps refusa de bouger et sa tête lui conseilla de ne rien faire et de le laisser seul pour cette fois. Elle sentait au regard assombrit du jeune homme qu'elle ne pourrait rien y faire et qu'il ne serait pas forcément heureux de savoir qu'elle avait été témoin de tout ça. Lentement, avec une discrétion presque féline, la gryffondor s'éclipsa vers la bibliothèque. Elle devait réviser, reprendre ses notes, faire des recherches complémentaires sur les cours de la matinée, mais aussi se préparer au pire. Une fois la nuit tombée, Ron et son cher homologue allaient partir à la chasse au vif d'or dans l'unique but de se donner le droit de rester près d'elle. Elle trouvait cette histoire stupide, mais visiblement, c'était quelque chose de typiquement masculin, alors elle savait qu'il fallait les laisser faire. Au moins, ça les occuperait et ils régleraient enfin leurs comptes.

.

Lorsqu'en fin de journée le soleil se coucha, Harry, Ron, Hermione et Drago se retrouvèrent au terrain de Quidditch. La tension était à son comble, Ron préféra ne pas s'approcher de Drago, il savait que cela ferait des étincelles et que Harry allait certainement le tuer.

-Comment as-tu fait pour avoir le terrain ? Demanda Drago

-J'ai dit que je devais entraîner Ron et…

-Attendez moi ! Cria une voix derrière eux.

Drago foudroya Harry du regard.

-Je vais te tuer.

-Harry ! Siffla Ron.

Ginny arriva. Elle était presque à bout de souffle et s'appuya sur l'épaule de son petit ami pour retrouver l'usage de ses poumons. Tous la regardèrent, surprits.

-Bah quoi ? Demanda la rouge et or. Vous pensiez vraiment que j'allais rater un truc pareil ? Vous êtes malades.

-Elle m'a supplié. Tenta Harry en guise d'excuse.

-On attend encore du monde ? Ironisa Drago.

-Oh non, je veux pouvoir garder ce moment uniquement pour moi. Fit Ginny. C'est de l'or en barre, ça ne se partage pas.

Préférant ne pas s'éterniser devant le terrain, Harry invita tout le monde à entrer sur le terrain. La nuit rendait les immenses tours colorées, presque invisibles. La lune était la seule source de lumière et se montra clémente ce soir-là.

Ron et Drago se firent face et retirèrent leurs manteaux pour enfiler des capes plus légères qui allaient leur permettre de voler plus aisément. Drago portait sous sa cape un pull noir assez épais et chaud, Ron ne montra pas son énorme pull d'un violet plutôt douteux tricoté par sa mère et enfila sa cape le plus rapidement possible. Harry vint alors se placer entre Ron et Drago qui se fixaient l'un et l'autre. Des regards noirs qui témoignaient de l'ambiance présente.

Hermione et Ginny se tenaient un peu éloignées et observaient la scène. Harry ouvrit la boite qui contenait les balles et prit le vif d'or dans sa main.

-Je vais faire un malaise. Murmura Hermione.

-T'en fais pas, je te raconterais. Répondit Ginny qui regardait attentivement ce qu'il se passait tout en grignotant quelques sucreries.

-Bien ! Commença Harry. Avant de commencer et pour éviter d'avantager ou de désavantager l'un de vous deux, vous aurez le même balai. Il tendit aux deux ennemis des nimbus 2001 que l'école avait récemment acquis.

Le capitaine de l'équipe de Gryffondor recula de quelques pas, regarda les deux adversaires enfourcher leur balai.

- Prêts ? Il leva la main et lâcha le Vif d'or.

La petite balle dorée prit son envol dans la nuit noire. Harry attendit quelques secondes et après avoir prié pour que tout se passe bien, il leva le bras.

- Allez-y !

Drago et Ron s'adressèrent un dernier regard brutal et frappèrent violemment le sol de leur pied pour s'envoler.