Bonjour à toutes et tous.

Je sais j'ai mis du temps à poster ce chapitre, mais comme vous le voyez la suite et bel et bien là.

J'espère que vous aurez plaisir à le lire et que je n'aurais pas perdu trop de lecteurs, frustrés d'un temps de publication inacceptable.

Je ne choisis pas les problèmes qui marquent ma vie et j'en choisirais des plus simples si j'avais le choix. Mais écrire reste toujours ma passion et mes fics trouveront toutes un jour le mot "Fin", j'espère que vous serez avec moi sur ce chemin qui sera peut-être long mais qui existera.

Puisque l'année 2020 a mal fini et que 2021 a encore moins bien commencé, svp je compte sur vous pour me remonter le moral et me dire ce que vous pensez en review de ce chapitre ! :) J'espère que pour beaucoup il sera satisfaisant par son contenu. Et alors que je finis de poster, sachez que je travaille déjà sur son petit frère !

Bonne lecture, bonne année et à bientôt chers amis lecteurs !


Tekilou, LoupSpell,Lady Zalia, Mainysla, Brigitte26, Doucette77, aurel8611, sasucchi0123, AngelCry0o, holybleu , swordartonline100
Merci pour votre soutien, vos reviews et votre fidélité ! :)


Chapitre 21

Severus Rogue était un homme heureux. Ebahi mais heureux. Son filleul dormait à l'étage et ils avaient passé tous deux une douce soirée.

Sa vie, décidément, était bien étrange, lui faisant vivre en permanence un camaïeu d'émotions et de situations des plus étranges aux plus belles.

Jamais il n'aurait pensé revoir Draco vivant. Il l'avait cherché partout, interrogé quiconque aurait pu savoir, allant jusqu'à parfois recourir aux Doloris pour faire parler ses victimes, qu'il abandonnait faute de résultat après un oubliette bien placé.

Draco n'était nulle part. Enfin plus maintenant.

Oui car Draco était désormais bel et bien là. Tombé de fatigue, il y a vingt minutes de cela, conduit au lit par son parrain sous couvert de promesses que « Oui, dès que Harry revient, je lui dis de monter te voir », il avait enfin accepté de se laisser aller au sommeil dans le lit qui était il y a encore peu, était celui d'Harry.

Il était à peine vingt-trois heures. Et Severus imaginait, un sourire moqueur aux lèvres, l'élève qu'il avait tant haï à ce banquet d'hypocrites.

Un verre d'alcool fort dans les mains, profitant de la fraicheur que lui offrait la terrasse de son ancien élève, il fronça les sourcils en n'entendant pas un mais trois « POP » devant la porte de chez Potter et tira sitôt sa baguette.

Mais dans la serrure, la clef tourna. Se pouvait-il que Saint-Potter soit déjà de retour ? Et bien oui, car apparût bientôt un Harry qui avait détaché sa cravate négligemment posée sur son épaule, et derrière lui …

- Oh, pitié, Granger et Weasley, grimaça Severus en rangeant sa baguette, quoique satisfait de ne pas avoir eu à l'utiliser contre quelconque adversaire, que fichez-vous donc ici ? Le ministre n'avait-il pas assez prévu de petits fours pour l'appétit de Weasley pour que vous soyez déjà rentrés ? demanda-t-il narquois.

Mais l'air d'Harry l'empêcha de continuer ses bribes amicales. Il suivit des yeux le jeune Auror qui se dirigeait vers son buffet, cherchant apparemment de quoi boire, et la mine noire qu'affichait la jeune femme épouse de Weasley semblait être en rapport avec l'état du vampire.

- Je peux savoir ce que vous faites ici, tous les deux ? demanda Severus les sourcils froncés.

- Mais je vous retourne la question, Rogue ! Que fichez-vous chez Harry ? s'exclama Ronald qui, malgré la vérité concernant le rôle de Severus dans la guerre, avait toujours une animosité à son encontre au vu de l'attitude de leur professeur pendant leur scolarité.

- Ça va, Ron, calme-toi, intervint Harry, et le menaça d'un regard d'oser rétorquer, avant de se tourner vers le potionniste, Severus, ils sont là car Hermione a tout compris, prononça-t-il difficilement en s'essuyant la bouche d'un revers de manche.

- Presque tout compris, je dirais plutôt, intervint Ron, les joues rouges et l'air hilare de quelqu'un certain de passer un excellent moment.

- Parce que vous ne lui aviez pas déjà dit ? Ohlala, servez-moi à boire, je vais aussi en avoir besoin, prononça Severus en même temps qu'Hermione tonna :

- Ron, comment, enfin … « presque » tout compris ? Hermione se tourna vers son mari, les mains sur les hanches, puis après un instant, revint sur Harry, donc j'ai raison, tu sais où est Draco Malfoy ?

Harry avala rapidement une nouvelle gorgée de boisson qui glissa vers son estomac en le brûlant désagréablement. Il cherchait pendant ce temps quoi lui répondre, mais alors que rien ne lui venait, car il ne savait par où commencer, l'ouïe du vampire capta plus que la voix de sa meilleure amie qui répétait sa question.

S'il avait été soulagé en rentrant chez lui de constater que son calice dormait à l'étage, Harry paniquait maintenant en constatant qu'il avait été réveillé par les éclats de voix dans le salon, et le vampire commença à vrombir de colère. On avait dérangé le sommeil de son calice. Et celui-ci s'apprêtait à les rejoindre, si le vampire en juger bien par les bruits qui lui parvenaient.

Effectivement, quelques millièmes de secondes plus tard, un Draco Malfoy dans son pyjama trop grand, à l'instar de ses cheveux, apparût en haut de l'escalier, tirant un cri de surprise à Hermione et un grognement à Ron qu'Harry ne sût interpréter.

- Draco ! s'exclama Harry, la voix légèrement rauque.

Pour Harry, qu'importe la situation, qu'importe Hermione et son air courroucé, la priorité était le jeune ange blond, alors Harry se précipita vers lui, ayant à cœur de le rassurer, sentant sans difficulté l'angoisse que la vision de Granger et Weasley provoquait chez son calice.

- Viens, s'il te plaît, ne reste pas dans l'escalier, luit dit-il avec douceur en notant ses traits endormis déjà trop inquiets.

Heureusement pour lui, le choc semblait rendre Hermione muette. Elle se contentait de regarder son meilleur ami aider le Mangemort le plus recherché à descendre les marches en tremblant, soutenu par un Harry qui semblait bien trop proche de lui, physiquement certes, mais c'était aussi au-delà de ça. La complicité qu'elle pouvait ressentir entre eux la laissait interloquée.

- Tu bois quelque chose, Mione ? l'interpella Ron

Lui s'était désintéressé d'Harry pour aller fouiller dans le bar. Une dose généreuse de whisky accompagnée de deux glaçons dans un verre plus tard, il proposait à sa douce de l'accompagner. Mais celle-ci refusa, l'ayant regardé à peine une seconde avant de revenir sur celui qu'elle ne pensait jamais voir dans ces conditions : Malfoy.

- Oh tu devrais, ma chérie, renchérit Ron en pouffant, pour affronter ce que tu vas apprendre, tu aurais bien de besoin de l'un de ces revigorants.

Alors qu'Harry, qui, bien que penché sur Draco, entendait tout et s'exaspérait de l'attitude désinvolte de son ami, il eut le plaisir d'entendre Severus qui proposa à sa place à Ron de bien vouloir, pour reprendre ses termes exacts « fermez deux secondes votre bouche »

Harry voyait bien Draco regarder alternativement les intrus chez lui et plus il les étudiait, plus il lançait à son vampire des regards inquiets et son pouls s'accélérait.

Harry se sentait désemparé, là où le vampire, lui, ne pensait que calice, Harry, lui pensait à toutes ces personnes autour de lui, des personnes qu'il aimait, appréciait, et il redoutait avoir à gérer tout ce monde, en même temps.

Quand Hermione l'avait mis devant le fait accompli, sur la terrasse du ministère, elle avait aussi exigé de savoir ce qu'on lui avait caché, immédiatement, menaçant d'un scandale s'il ne la ramenait pas aussitôt chez lui pour discuter quelque part plus au calme de tout ça. Et les refus d'Harry ne firent pas un seul instant flancher la jeune lionne. Il dût donc s'exécuter, en ayant l'impression de se mener lui-même à l'échafaud.

Dans le salon de l'auror, un étrange silence s'était peu à peu installé. Hermione, qui pensait discuter en privé avec son meilleur ami n'en revenait pas de trouver chez lui ce Mangemort que tout le monde recherchait. Et pire encore, elle n'arrivait pas à comprendre ce qui poussait son ami à agir si familièrement, presque même affectueusement, si elle acceptait de le voir. Mais l'intuition d'Hermione ne pouvait guère la tromper. En son for intérieur, elle savait ce qui poussait Harry à cette attitude. Elle l'avait soupçonné alors même que les pupilles normalement smaragdines de son ami avaient tourné au rouge rubis étincelant, lorsque Draco était apparu.

Finalement, ce fût Harry qui rompit le silence pesant qui avait envahi la pièce, s'adressant à Severus Rogue :

- Je crois que la nuit va être longue, Severus, on va avoir beaucoup de choses à se dire, Ron, Hermione et moi, et Draco risque d'avoir besoin de vous, cela vous ennuierait-il de rester ? Pour l'épauler ?

A son plus grand soulagement, celui-ci répondit simplement :

- Potter, que vous me l'auriez demandé ou non, le fait que je reste pour Draco est d'une évidence cristalline.

Un poids en moins sur les épaules, Harry se tourna vers ses amis, croisant le regard amusé et embrumé de Ron et l'incompréhension dans ceux d'Hermione.

- La terrasse ? proposa-t-il simplement, désireux de ne pas tenir une discussion aussi lourde devant son calice, qu'il comptait bien remettre ce temps-là dans les mains de son parrain.

Et d'un hochement de tête, les deux époux s'exécutèrent.

- Tu me laisses ? la petite voix chuchotée de Draco parût résonner dans la pièce, alors que le calice comprenait que son vampire avait l'intention de l'abandonner, au profit d'êtres qu'il se rappelait avoir toujours détestés.

Et si en apprenant ce qu'ils étaient devenus, son vampire regrettait, influé par ce que lui n'avait jamais eu, des amis ? Et s'il le rejetait ?

Une nouvelle vague d'angoisse le submergea, et bien que témoins de cela, par pudeur Ron et Hermione firent semblant de ne rien voir et refermèrent derrière eux la baie vitrée.

- Non, Draco, Harry avait été témoin de la décence de ses amis, et profita de cet instant pour parler à son calice à cœur ouvert, écoute, tout va bien, Ron était déjà au courant pour toi et moi, tu le sais, et je suppose qu'Hermione se doute aussi maintenant. Tu es passé, à mon cœur, de Mangemort menaçant et recherché à victime et maintenant tu m'appartiens, nous construirons notre renaissance ensemble, comme promis. Mais pour l'instant, je dois aller parler à Hermione, je dois lui avouer tout ça.

- Et si elle refuse ? Si elle ne veut pas que je reste ton calice ?

Harry entendait la souffrance et la peur du garçon blond perdu, et tout en serrant ses mains dans les siennes lui assura :

- Personne ne peut séparer un vampire d'un calice, Draco, et mes amis ne le voudront pas. Ne t'angoisse pas à ce propos, tu devrais juste essayer de passer ce moment que je discute avec Severus. Crois-moi, tu ne cours aucun danger, notre lien ne court aucun danger ! Je te l'assure !

Timidement, Draco leva les yeux vers ceux de son vampire, à travers ces rubis rougeoyants, il lisait une telle conviction, une si certaine détermination qu'il fondit dans ses bras, écoutant pour la première fois la poitrine du vampire résonner d'un cœur qui battait si doucement contre son oreille, ce bruit, il en était à ce moment sûr, était le plus doux jamais entendu. Il raffermit sa prise autour de son vampire, malgré l'angoisse qui l'habitait, soumise à mille autres interrogations. Mais il n'avait pas envie de les formuler maintenant. Son vampire était là, c'était tout ce qui comptait.

Surpris de cette étreinte, Harry laissa le vampire y répondre avec joie, enlaçant à son tour cet être grouillant de vie, au cœur pulsant toujours un peu trop rapidement. En même temps, il lança un regard à Severus, discret mais ne perdant rien de tout ce qui c'était passé dans la pièce depuis que le trio avait franchi la porte.

- Tout ira bien, lança-t-il au vampire sans parler, juste du mouvement des lèvres, et Harry comprit sans peine, allez voir vos amis, je m'occupe de Draco.

Un léger hochement de tête plus tard, Harry détacha ses bras autour de son calice, mais il ne regrettait pas, cette première étreinte signait la promesse de tant d'autres à venir. Alors, après un dernier regard ravi de se perdre dans deux orbes d'or, Harry se leva, et en silence, rejoignit ses amis, en tirant les rideaux sur eux, pour ne pas rajouter à l'angoisse de Draco, si le débat venait à être animé.

- Tu as fait de Draco Malfoy ton calice ?

Hermione lui tournait le dos, mains posées sur les hanches, tête basse, elle semblait se retenir de l'étrangler.

- Hermione, écoute, ce que tu dois savoir c'est que…

- J'ai bien vu le jeu de Ron, depuis ce soir-là, le coupa-t-elle, j'ai de suite compris que le chapitre Malfoy était de retour. Bêtement, j'ai cru que tu l'avais capturé, pour le faire parler, ou que tu le gardais en otage, j'étais même prête à l'idée que tu le soignais pour mieux le livrer ensuite et qu'il soit en état d'être interrogé, mais ça…

La nuit attrapa son soupir qui rompit le silence qui les baignait une fois sa logorrhée terminée.

Harry sentait qu'il l'avait déçue, mais ce sentiment fit naître chez le vampire une colère qu'il refoula difficilement. Ce n'était pas le moment de se mettre à dos ses amis, la déception d'Hermione était légitime. A lui de lui faire comprendre maintenant ce qu'il avait fait, et surtout pourquoi.

- Viens, Mione, s'il te plaît, assis-toi ! l'interpella-t-il d'une voix douce en s'asseyant lui-même, aux côtés de Ron qui, lui, avait pris place depuis le début autour de la grande table en chêne sur la terrasse.

La douceur de la voix, l'emploi du surnom firent craquer Hermione qui se retourna vers eux et lentement s'assit à son tour, fusillant au passage du regard son époux et son air amusé.

- Il n'y a vraiment rien d'amusant dans tout ça Ronald, commenta Harry qui avait lui aussi remarqué.

- Non, je sais, soupira le roux, c'est juste que… fit-il en fanant un peu son sourire, je savais que la réaction de Mione allait être explosive

- Je peux la comprendre, articula doucement Harry, après ce que Malfoy a fait avec nous à Poudlard, le savoir ici, chez moi…

- Tu l'as transformé en ton calice, Harry, les mots semblaient sortir avec douleur de la gorge d'Hermione

- J'ai interdit à Ron d'en parler, parce que le soir où on a fait la descente, il était là. Hermione, il lui attrapa la main, même toi tu aurais eu pitié. Il était loin du mode de vie dont on le pensait à l'époque, c'était…

Le vampire grogna, furieux qu'on dévoile ce que son calice avait vécu. Mais Harry décida de l'ignorer. Il s'agissait de ses amis, et de toute façon Ron, le moins sage d'entre eux, savait déjà tout et avait accepté, alors avec Hermione…

Sa voix se brisa. Les images du soir de la découverte de Draco heurtaient inlassablement sa rétine, chaque flash plus douloureux que l'autre. Le souvenir lui fit monter la nausée, qu'il tenta de calmer en avalant une gorgée d'alcool que Ron lui avait servi.

- Il faut comprendre, Hermione, reprit-il avec toute la douceur dont il était capable, ce n'est plus le garçon que nous avons connu, à Poudlard, si celui-ci a au moins déjà existé…

Quand il vit les sourcils de son amie se froncer, il vit cela comme un signe d'encouragement et continua :

- Il n'a pas la marque, il n'a jamais voulu de la vie à laquelle le destinait son père !

- Ça efface tout alors ? D'un claquement de doigt ? elle mima le geste dans l'air, ça efface les brimades, moqueries et autres, ça efface qu'il ait voulu la mort de Buck, ça efface qu'il ait fait entrer des Mangemort dans l'école, et surtout, ça efface ce qu'il nous a fait dans son manoir ? demanda la jeune médecin en reniflant avec dédain.

Sa voix avait pris, sur la fin, un accent pathétique, et Ron tendit la main vers elle pour serrer la sienne avec douceur et compassion.

Cette journée restait gravée dans la mémoire du trio, avec une précision médicale. Les cris d'Hermione, les garçons les avaient entendus, leurs cœurs en avaient été déchirés, tandis que le sang d'une « sang-de-bourbe » tâchait le marbre froid et glacé qui ornait la pièce toute aussi lugubre qui compos ait le salon Malfoy, sans que l'héritier n'ait esquissé le moindre geste pour l'aider alors qu'elle était torturée…

Si Ron ni Harry n'avaient pu oublier cet évènement, c'était encore plus vrai pour Hermione qui gardait dans la chair de son bras une cicatrice calligraphiée offerte par Bellatrix, la tante de Draco…

Et nerveusement elle commença à porter sa main sur cette marque qu'elle garderait à jamais. Elle ne pouvait pas oublier.

- On était chez lui, Harry, siffla-t-elle, cherchant du regard le soutien de son mari et en serrant un peu plus fort sa main pour tarir des larmes qui naissaient dans ses yeux, il n'a rien fait pour nous aider, il m'a regardée, sans relâche, pendant que Bellatrix, sa voix se brisa.

Harry la regarda, désemparé. Elle n'avait jamais voulu aborder les détails de sa torture, ni avec son époux, ni avec son meilleur ami. Et Harry ne sût alors quoi lui dire pour soulager sa haine.

Un silence gênant s'installa, Harry voyait bien que son amie n'était pas prête à avancer, et il se sentait pris dans un étau inextricable duquel il n'aurait pu se défaire. Mais soudainement la porte de la terrasse grinça et laissa apparaître Severus sur le pas de celle-ci.

Il s'avança vers eux, droit et raide.

- Draco ? s'inquiéta immédiatement Harry, sans même que l'intervention du vampire en lui ne soit nécessaire.

- Il regarde un documentaire à la télé, répondit Severus, maintenant appuyé dos à la rambarde, les bras croisés sur sa poitrine, je crois qu'il s'est découvert une passion pour les zoos des moldus, Harry, vous êtes bon pour l'y amener je crois.

Harry ne répondit dit, mais lui et le vampire se firent la promesse de répondre à ce souhait, très vite.

- Professeur, … commença Ron, je pense qu'il serait mieux que cette conversation reste privée, si vous le permettez.

Mais Ron reçut pour seule réponse un regard noir typiquement Roguéen, et se liquéfia sur place, s'étouffant avec une gorgée d'alcool qu'il avait tenté d'avaler pour se donner contenance.

- Je crois savoir, reprit Severus, une main tenant son menton de façon nonchalante, que Draco n'a été qu'un simple témoin, dans la torture que vous avez subie, Miss Gr… Madame Weasley, se rectifia-t-il, et croyez-moi, je sais que j'aurais dû vous le dire depuis longtemps mais je suis sincèrement désolé de ce qui vous est arrivé.

Ces mots heurtèrent le cœur d'Hermione si fort qu'elle en eut un sursaut et gigota mal à l'aise sur sa chaise.

- En avez-vous voulu à Harry ou à Monsieur Weasley ici présents ? Vous dites que Draco vous a regardé sans rien faire…

Chez la jeune lionne, naquit un sentiment d'injustice, et sa voix s'éleva un peu lorsqu'elle répondit :

- Ron et Harry sont venus me secourir, ils…

- Ils sont extrêmement courageux, c'est vrai, souligna Severus, mais Draco n'a pas été soumis à cette éducation. Il a connu la violence, déjà très jeune, et il devait penser avant tout à sa survie, qui, vous l'ignorez peut-être, était menacée, avant même le moment où vous êtes arrivés chez lui. Draco a toujours été un captif. Il en a payé le prix cher, la mort de sa mère, devant ses yeux sans qu'un seul sanglot ne doive couler, sous peine de subir le même sort.

Il se rapprocha d'une démarche féline de la table, et posa ses mains bien à plat dessus avant de continuer :

- Vous saluerez vos parents pour moi, lors du prochain repas dominical !

Et sans un bruit, dans un mouvement de cape qui lui était typique, Severus Rogue regagna le salon et referma d'un coup de baguette la porte derrière lui qui n'eût pas l'audace de grincer, cette fois.

Comme sous apnée jusqu'ici, Ron et Hermione poussèrent un long soupir, et reprirent une respiration qui se voulait laborieuse.

Harry les étudia longtemps, un vent frais soufflait autour d'eux, mais à l'aide de sa baguette, il invoqua une bougie à trois mèches qui apporta luminosité et chaleur au milieu d'eux.

- Il n'a pas complètement tort, dit-il finalement, lorsqu'il vit le visage de ses amis commencer à se détendre, légèrement.

- Et, Hermione, Ron, au Manoir, il ne nous a pas dénoncés, continua Harry, il n'a participé à rien…

Hermione se leva, ayant la sensation de manquer d'air, elle commença à faire les cent pas sur la terrasse. Son argument concernant ce qu'elle avait vécu venait d'être balayé par une implacable vérité. Le visage de sa mère s'imposa dans son esprit. Elle l'avait vue, il y a deux jours. Heureuse et pleine de vie. Elle l'imagina soudain, face contre le sol, morte. Des frissons naquirent sur ses bras.

Est-ce que cela effaçait pour autant dans son esprit la panique et la colère restante face à ce que son meilleur ami avait fait ? Pas totalement….

- Il n'y a pas que ça, Harry, et tu le sais… es-tu conscient du retentissement que cela va avoir sur ta carrière ? Sur ta vie ? Je croyais que tu en avais marre d'être sous le feu des projecteurs ?!

Hermione était revenue vers eux, les mains posées à son tour sur la table, les joues rougies des émotions qui se bousculaient en elle.

-Parce que c'est uniquement cela qui te préoccupe ? la voix d'Harry était triste. Et Hermione le remarqua, baissant la tête avant de finalement se rassoir.

- Les conséquences de son entrée dans ma vie t'importent plus que ce qu'il a vécu ? Tu lui en veux au point de ne même pas chercher à savoir comment il s'est retrouvé lié à moi ?

La déglutition de Ron fût bruyante. Apparemment pour lui non plus, cette descente n'était pas un bon souvenir.

- Tu l'as vu, toi, Ron, tu as vu que je n'avais pas le choix ! profita Harry.

Il vit les regards de sa femme et de son ami se tourner vers lui, et Ron se sentit mal d'être pris au piège de cette manière, alors il se défendit :

- Harry, ce n'est pas une situation confortable pour moi, tu sais ce que je pense de tout ça, on en a déjà parlé. Même si j'accepte ce qu'il s'est passé, je ne dis pas que dans ta situation j'aurais réagi comme toi. L'avoir vu mort, il hésita en voyant les pupilles rougoyer, sur le moment, j'ai comme ressenti une forme de soulagement… avoua-t-il, certain de recevoir une paire de canines dans le cou dans la seconde qui suivrait, pour autant, son courage et son franc-parler le poussèrent à continuer, tu peux comprendre qu'on ne s'attendait pas à ça, on l'a détesté parce qu'on le pensait roi des Mangemorts pendant des années, pardon d'éprouver du soulagement à le voir… enfin, tu comprends…

Mais Harry ne répondit pas, il ne bougea même pas. Il tentait avec difficulté de maîtriser un vampire furibond aux mots de l'homme face à lui, mais quelque part, en son for intérieur, il comprenait mille fois ce qu'Hermione et Ron pouvaient ressentir.

A lui maintenant de réussir à leur faire voir ce que lui avait vu dans ce garçon.

Et pour y parvenir, il n'y avait qu'une seule solution. Alors que le vampire lui hurlait qu'il refusait que tout soit révélé, Harry se leva, marcha jusqu'à la rambarde de sa terrasse et posa ses avant-bras dessus.

Il décida de prendre la parole au bout d'un très long moment de silence pendant lequel, il laissait ses amis se calmer, et choisissait, lui, les mots à employer.

- Quand j'ai découvert Draco, je ne l'ai même pas reconnu, en cet instant, c'était sa voix qu'il ne reconnaissait pas, il le savait, son discours allait devoir être convaincant s'il ne voulait pas perdre le soutien indéfectible de ses amis, c'était une vraie poupée, qu'un homme était en train d'abuser. Du sang coulait de son front, il était plein de bleus, d'écorchures, de blessures, sa peau était translucide, et il était maigre comme jamais. Harry se retourna, pour aller planter son regard redevenu Vert-Lily dans les prunelles chocolat de sa meilleure amie, un homme, un mangemort, un vrai, Hermione, abusait de lui, pour la énième fois de la journée. D'une façon si naturelle qu'il ne se débattait même pas. J'ai maîtrisé cet homme, et je suis allé porter secours à sa victime. La suite, Ron la connaît, Draco a fait un arrêt cardiaque dans mes bras, et il était mort, pendant de longues minutes, Ron et moi avions devant nous le cadavre d'une victime tuée à force de viols et de violence.

Le silence qui les avait envahis était glacial. Et Harry était sûr que les prunelles d'Hermione brillaient un peu plus que d'ordinaire.

- Est-ce que j'ai tort de croire que tu aurais réagi aussi violemment si tu avais appris que j'avais laissé « Malfoy », il mima des guillemets dans l'air, finir sa vie ainsi ? Que tu aurais jugé que c'était indigne de moi ? Je n'avais pas le beau rôle dans cette affaire, j'étais coincé. Aucune de mes réactions n'aurait été la bonne, pas en le trouvant dans ces conditions.

Harry fût soulagé de voir que leur tête hochait inconsciemment de haut en bas tout en l'écoutant.

- Mon instinct de vampire a alors pris le dessus, s'excusa-t-il, j'ai réalisé l'avoir mordu une fois que je l'avais fait. Hermione, ne me condamne pas de l'avoir sauvé.

- Je ne te condamne pas, répondit la brune d'un ton doux, elle laissa son regard errer, comme perdue dans ses pensées avant de reprendre, c'est juste qu'il va me falloir du temps, pour me faire à l'idée.

Le cœur d'Harry tressaillit de joie, par ses mots, son amie lui avait permis tout espoir de rédemption.