Disclaimer : l'univers Marvel ne m'appartient pas
Cette nuit-là, Bucky fut réveillé en sursaut, à travers le baby-phone, il pouvait entendre la voix d'Amélia, douce et calme. Elle parlait à voix basse avec une intonation qu'il reconnaissait parfaitement : elle racontait une histoire à Adelia. Il repoussa le drap et quitta leur lit pour les rejoindre dans la chambre d'enfant. Il trouva immédiatement Amélia dans le fauteuil, leur fille sur un bras et un livre dans sa main libre.
Lorsqu'elle le vit pénétrer dans la pièce, couvert de sueur et le regard particulièrement vif, elle referma la livre. Si les cauchemars s'étaient calmés, la naissance de leur fille avait ravivé ses plus grandes craintes. Sans un mot il les rejoignit, il déposa un baiser sur le front des deux femmes les plus importantes de sa vie. Il marqua cependant un temps d'arrêt lorsqu'il toucha le front chaud de Lia.
- Ses dents. Expliqua Amélia.
- Ça fait longtemps que tu es réveillée ?
- Quelques heures.
- Tu aurais dû me réveiller.
- Si j'avais su que tu faisais un cauchemar, je l'aurais fait.
- Tu lui as donné son sirop ?
- Il y a une demi-heure. L'anneau de dentition à l'air de la soulager.
La poussée des dents fut l'une des périodes les plus compliquées à gérer, tant pour Bucky que pour Amélia. Si Amélia restait calme et ne s'inquiétait pas face à l'état de leur fille, Bucky était absolument l'inverse et à chaque crise de pleurs, il était tenté d'aller voir un médecin.
- Elle grandit si vite. Souffla Amélia.
Amélia et Bucky regardaient Lia assise dans l'herbe non loin d'eux, la petite observait d'un œil vif Huguette qui sautillait gaiement autour d'eux.
- J'ai encore du mal à croire qu'elle ait déjà sept mois. Sourit Amélia.
Le couple observa d'un regard amusé Lia se pencher en avant pour finalement basculer et se retrouver sur le ventre. Elle commença à bouger les jambes dans l'espérance de réussir à ramper mais Bucky se releva pour l'en empêcher en la prenant dans ses bras pour finalement venir se rasseoir à côté de sa femme. Que son père l'empêche de faire ce dont elle avait envie entraîna une crise de colère, elle serra les poings et balança vivement ses jambes tout en gazouillant de frustration.
- Elle a même hérité de ton caractère. Pouffa Amélia.
- Les caprices viennent de toi.
- Ce n'est pas un caprice, c'est de l'obstination. Nuança-t-elle. Et on sait à quel point tu es obstiné.
- Parce que tu ne l'es pas ?
- Je suis un degré en-dessous.
- Bien sûr. Est-ce que notre fille a hérité de tous mes défauts ?
- Non. Elle a hérité de ma gourmandise.
- Ton plus vilain défaut. Plaisanta-t-il.
Lia babilla encore quelques temps sur les genoux de son père avant qu'il ne cède et la laisse s'asseoir dans l'herbe. Il fut récompensé par l'un de ses fameux sourires et Amélia ne put retenir le sien.
- Tu sais qu'elle pourra obtenir tout ce qu'elle voudra avec ce sourire ? Rit-elle.
- Et c'est là que tu devras agir.
- Tu veux dire que j'aurais le rôle de la méchante maman ?
- Tu ne seras jamais méchante. Tu seras juste la plus sévère de nous deux.
- Et si je refuse ?
- Alors on aura un gros problème.
- On divise la sévérité à part égale. Hors de question que je sois le méchant flic.
- Bien. Mais je compte sur toi pour me prévenir dès qu'elle te parlera de garçon.
- Pour que tu puisses les faire fuir ?
- Les faire disparaître. Corrigea-t-il.
À ces propos, Amélia pouffa s'attirant l'attention de sa fille. Elles se regardèrent toutes les deux et la brunette se pencha en avant jusqu'à ce que son nez touche celui de Lia.
- Ton père va vouloir t'enfermer dans une tour. Chantonna-t-elle. La plus haute tour de tout le Wakanda.
- Si c'est le prix à payer. Marmonna Bucky.
- Maman sera là. Assura-t-elle en souriant.
La petite babilla toute une série de son ressemblant vaguement au son « m » et son visage s'illumina.
- C'est ça, maman. Répéta-t-elle. MA-MAN.
- Et si tu lui laissais le temps de grandir ?
- Tu es simplement jaloux parce que son premier mot sera maman.
- Tu n'en as aucune idée.
- Ce serait plutôt logique que ce soit son premier mot.
- Pourquoi ?
- Tout pourrait se résumer en un seul mot : l'accouchement. Tu te souviens ?
- Pas besoin de me le rappeler. Grimaça-t-il. Tu as à moitié promis que tu ne me laisserais plus jamais te toucher.
- C'était sous le coup de la douleur, tu le sais. Je n'ai jamais respecté cette promesse.
Elle gloussa à nouveau lorsqu'il la vit jeter un regard à sa fille qui semblait suivre leur conversation avec attention.
- Tu sais qu'elle n'a aucune idée de ce dont on parle n'est-ce pas ? Sourit-elle.
- Ce serait mieux si on n'en parlait pas devant elle.
- Je vais me délecter du jour où elle te demandera comment on fait les bébés.
- Tu sais ce que je lui répondrais ce jour-là ?
- Va demander à maman. Répondirent-ils à l'unisson.
Ils échangèrent un regard amusé avant de reporter leur attention à Lia.
- C'est la plus belle chose qu'on ait faite. Murmura-t-elle. Notre plus grande réussite.
- La plus belle. Sourit-il.
- Est-ce qu'un jour tu me parleras de tes cauchemars ?
- Non. Jamais.
- Tu m'as déjà parlé de ceux que tu faisais avant. Je sais que c'est par rapport à elle. Tu te lèves toujours pour aller dans sa chambre. Elle est en sécurité, ici. Avec nous. Tu n'en doutes pas n'est-ce pas ?
- Elle sera toujours un peu en danger avec moi.
- Tu n'es pas une menace pour notre fille. Tu l'adores. Tu ferais n'importe quoi pour elle.
- J'ai peur de reperdre le contrôle.
- Bucky, ça fait combien de temps qu'il n'y a pas eu de rechute ? Ça va faire deux ans.
- Tu ne peux pas savoir si ça n'arrivera plus.
- J'ai confiance en toi. Il n'y a plus aucune trace du soldat.
- Tu sais que c'est faux. Tu sais que je nettoie toujours mes armes, que je les change de place toutes les semaines.
- C'est un automatisme, Bucky. Pas un signe du soldat.
- Je parle russe dans mon sommeil.
- Un automatisme. Répéta-t-elle. Tu te souviens quand tu as monté la chambre de Lia ? Tu as lu les explications en russe.
- Parce qu'il y a plus de détails.
- Parce que le russe est pratiquement devenu ta langue maternelle.
- Si un jour tu crois voir le soldat.
- Ça n'arrivera jamais.
- Si un jour ça arrive, je veux que tu l'emmènes loin d'ici.
- Non. Refusa-t-elle. Je n'emmènerais jamais notre fille loin de toi. Tu ne seras jamais un danger pour elle et je ne veux plus que ça t'inquiète.
- Ça m'inquiètera toujours. Confia-t-il.
- Et je serais toujours là pour te répéter que tu es le meilleur père qu'elle puisse rêver d'avoir. Et que tu es le meilleur mari du monde.
- Je suis loin d'être le meilleur dans ces deux domaines.
- Tu es parfait pour nous. Souffla-t-elle. Tu es tout ce que je veux.
