11. Livre toi

Une vignette qui change quelque peu des précédentes... Vous verrez, hi hi.

Petite suggestion : écoutez « I Hold You » de Clann en même temps !

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Tu te languis, tu sommeilles dans la B.U., comme aux confins. De ta place rarement vacante, puisque tu l'occupes dès lors que tu es , à l'instar d'un chat qui, les yeux mi-clos, ne dort que d'une oreille, tu t'imprègnes des va-et-vient qui te bercent. En leur centre, presqu'absent, tu fais partie du décor.

Il en faut davantage pour dénicher l'observateur engourdi que tu es ; il te faut lui. A vrai dire, tu n'espérais pas vraiment passer inaperçu ; l'autre arpente les lieux, maître en son domaine. Levi Panoptès[1]. Quand il te secoue, te sors de ta torpeur millimétrée, tu t'épanouis subitement.

Il lit en toi. Te déchiffre, sans vergogne aucune, ses yeux plongés dans le moindre interstice. Le moindre contact est pour toi d'une violence inouïe, tellement tu l'attends, tellement tu l'espères. Il t'effleure à peine pourtant. A-t-il peur de te briser ?

Toi, tu voudrais l'ébranler, le ficher sens dessus dessous ; qu'il ne soit plus jamais le même.

Parfois, il te parle ; moins que tu ne lui parles. Quoi que vous disiez, tous les deux, un autre niveau de lecture se profile, une invitation à descendre l'escalier de vos pensées ; après tout, vous êtes au 6e étage. Marche après marche, il met au jour ces mots gravés en ta peau, qui racontent une autre histoire à qui pose les bonnes questions.

Tout comme cette vulgarité en dit long ; toi aussi, tu sais lire entre les lignes.

Au fil de ce qu'il découvre, tu redoutes de le lasser, de le décevoir. Tu crains qu'il ne te mette de côté. N'être plus que poussière. Tu le haïrais, non, tu te haïrais pour cela. Méprisable. Moins-que-rien. Brouillon manquant de consistance, d'intérêt – pire, de style.

Vaines et pieuses prières.

Tu sais bien qu'il a sa préférence, lui, et qu'aussi captivants que soient tes mots, ton histoire, tes pages onduleux, ils ne seront jamais aussi charmants que ce jeune homme, Eren au regard franc, qu'il feuillette, déploie, désosse avec force tendresses.

Aujourd'hui comme hier, ta couverture reste close ; une nouvelle page se tourne.

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[1] Panoptès : « qui voit tout ». Epithète d'un personnage de la mythologie, Argos (ou Argus) qui possède cent yeux sur le corps. En français, ça a donné panoptique (une prison panoptique).


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Alors, qui est ce "tu" ? ;) Et quel est le lien entre cette vignette et la précédente ? (indice : c'est au niveau d'un choix d'écriture, non du contenu, cette fois-ci).

Ce qui relie la 9e et la 10e vignette, c'est la résolution du déni, l'acceptation d'Eren quant au fait de désirer un homme, de désirer Levi.

J'ai l'impression que FFnet rame de plus en plus ces temps-ci ! Je ne reçois pas toutes les alertes, aussi doit-il en être de même pour vous... ?

Plus que deux vignettes, et Jusqu'à la lie s'achèvera ! Snif.

Bises.