Le porte-clés

Tu laissas le porte-clés pendre à ton doigt, c'était un pendentif en forme de chaton qui se balançait comme un pendule.

"Oh, c'est le mien, aru." Cria le Chinois surpris, à côté de toi. Il mit sa main sous le chaton en porte-clés et tu le fis tomber dans sa petite paume. Tu n'avais jamais vraiment parlé à cet homme auparavant, tu préférais plutôt l'admirer de loin. Lors des réunions mondiales, tu ne pouvais pas t'empêcher de sourire bêtement à son attitude d'enfant enthousiaste et à sa mince queue de cheval brune qui bougeait au moindre de ses mouvements. Un rougissement se glissa sur tes joues.

" Euh, mademoiselle _?" Demanda Yao doucement, la tête penchée sur le côté avec curiosité. Ses doux yeux bruns fixèrent les tiens d'un air interrogateur, longtemps et maladroitement, avant que tu ne reviennes à la réalité.

"O-Oui, désolé!" Dis-tu fortement avec nervosité. Alfred, qui se tenait juste à côté de vous, se moqua de ton bégaiement inhabituel. Tu lui jetas un regard d'avertissement avant de porter ton attention sur l'homme asiatique svelte. " Allons-y." Dis-tu gaiement, en essayant de détendre l'atmosphère.

Il te tendit sa main que tu saisis avec un peu plus d'empressement que d'habitude. Tu souris d'un air penaud, tu suivis Yao qui t'emmenas lentement vers le placard. Une fois à l'intérieur, tu lui jetas un rapide coup d'œil à son visage avant que la porte ne se ferme, vous laissant tous les deux dans l'obscurité la plus totale.

" Sept minutes, _!" Cria-t-il de derrière la porte, le fait que ça te soit adressé te fit rougir de façon incontrôlable. En mordant ta lèvre inférieure pour tenter d'arrêter ta nervosité, tu sentis une main caresser ton cou.

" C'est quoi, aru?" Demanda Yao confus. A son insu, il avait touché une zone plutôt érogène, et tu n'as pas pu résister de gémir.

"M- Mon cou." Chuchotas-tu, sa main reposant toujours sur ton cou. En dépit de son âge (quatre mille ans environ) et bien qu'il soit aussi un travailleur acharné, ses mains étaient aussi douces que du satin sur ta peau. Tu ne pus t'empêcher de te demander comment il avait réussi à avoir l'air si jeune, plus jeune que toi même.

"Oh, Oh, parfait." Murmura-t-il avec son accent chinois. Il fit un pas vers toi, son autre main glissant autour de ta taille et te rapprocha de lui. Ses mouvements n'étaient pas brusques et lascifs mais tendres et doux, un changement bienvenu par rapport à ce à quoi tu étais habitué. " Tu es une belle nation, _."

Son visage était si proche du tien que tu sentis son souffle toucher ta peau, envoyant des sensations de picotements dans tout ton corps.

" On me l'a déjà dit." Dis-tu gentiment, sans vouloir paraître froide ou distante. Sa prise sur ta taille se resserra légèrement.

"C'est bien dommage, aru." Dit-il avec une fausse tristesse évidente dans sa voix. " Et si je te disais que tu es probablement la chose la plus mignonne que j'aie jamais vue, et que je vis pour collectionner ce genre de choses?" Ronronna-t-il. Tu ne comprenais pas s'il voulait dire qu'il voulait te "collectionner" ou s'il voulait juste déclarer qu'il avait vu toutes les choses mignonnes imaginables, et que tu étais la plus magnifique. Quoi qu'il en soit, cela a suscité chez toi un petit soupir silencieux.

Le vieux pays déplaça sa main sous ton menton, le saisissant délicatement comme si tu étais en porcelaine.

" Eh bien, je dirais que c'est définitivement une première." Réussis-tu à sortir en gloussant, tes lèvres tremblantes d'anxiété. Le Chinois rit, un son pétillant qui te fit immédiatement sourire.

" Eh bien, dans ce cas, je dois te demander quelque chose." Dit-il sérieusement, son ton enjoué se désintégra. "Puis-je t'embrasser? C'est comme ça qu'on joue à ce jeu, non?"

Tu eu la tête qui tourne et il t'a fallu un moment avant de réaliser qu'il attendait patiemment ta réponse. "Oh, b-bien sûr, tu peux..." Tu t'arrêtas, te préparant pour le moment où ses lèvres rencontreront les tiennes. Les yeux fermés, tu entendis une douce expiration, puis ta bouche fut sur la sienne, goûtant ses lèvres au doux parfum. Tes mains se sont immédiatement placées derrière son dos, s'accrochant au tissu soyeux de sa tunique et le tirant ainsi plus profondément dans l'étreinte. Sa langue glissa contre ta lèvre inférieure et tu ouvris la bouche juste assez pour que Yao la glisse dans ta bouche. Tu commenças à sentir que tes poumons se contractaient de plus en plus, mais tu ne voulais pas mettre fin au baiser si brusquement que tu décidas de respirer par le nez. Tu glissas lentement ta main dans son dos jusqu'à ce que le bout de tes doigts rencontre les douces mèches qui pendaient de sa queue de cheval. Avec précaution, tu t'agrippas aux douces mèches qui caressaient ta peau sensible et qui te firent rire.

La porte s'ouvrit soudainement, trop vite pour que vous puissiez réagir. Il y eut un flash éblouissant et ta vision se brouillait, gémissant alors que tu sentis Yao détacher son corps du tien.

"C'était impoli, aru!" Dit le chinois en colère, le visage rougeoyant. Alfred éloigna la caméra de son visage, révélant un sourire exubérant. Lui seul pouvait trouver de la satisfaction à gâcher un tel moment.

"Hey! Ce n'est pas tous les jours que l'on a la chance de voir Yao ou _ faire des cochonneries, surtout entre eux!" S'exclama Alfred avec enthousiasme, en tapant des doigts sur le corps de la caméra. Le visage de l'Américain s'illumina, et il s'éloigna de la porte. " COPIES POUR TOUT LE MONDE!" Beugla-t-il.

Son idiotie fut si exaspérante qu'elle te donna un mal de tête.

"_."

Tu retiras ta main de ton visage et tu vis Yao penché vers toi, le porte-clés chaton se balançant entre son pouce et son index.

"S'il te plaît, prends-le, aru." Dit-il avec un sourire désarmant. Tu regardas le porte-clés pendant un court instant, puis tu le repoussas vers lui.

"C'est à toi et il fait sans doute partie de ta collection. Je ne peux pas l'accepter." Réfutas-tu, en montrant le petit pendentif dans sa main. Son expression devint maussade.

"_, Je donnerais toute ma collection pour toi. S'il te plaît, j'insiste." Riposta-t-il, les yeux grands ouverts et implorant en te remettant le porte-clés dans la main. Même s'il avait une façon originale d'exprimer ses sentiments, tu savais qu'il ne donnerait sa collection pour rien au monde, car c'était son bien le plus précieux.

En empochant la petite figurine, tu gardas les yeux rivés sur le visage de Yao, regardant allègrement sa bouche se recourber en un sourire si grand que tu crus qu'il allait lui fendre le visage au point d'être cousu.

Penchés en avant, tu pressas tes lèvres contre les siennes dans un chaste baiser. "Je t'aime, Yao."

Il sourit et te prend dans ses bras. "Wǒ ài nǐ chāoguò shìjiè shàng rènhé yīgè kě'ài de shōují." [1] Chuchota-t-il à l'oreille, sa voix mélodieuse te fit frissonner.


[1] - " Je t'aime plus que n'importe quelle autre collection ridicule au monde."