chapitre 9

Les adultes lançaient à tout va des sorts de nettoyage sur les enfants pour les libérer de la suie. Archimède roucoulait en voyant le noir quitter son magnifique plumage pour laisser la place à sa magnifique couleur doré et rouge sous les rires des enfants. Soudain, il y eut un silence de mort quand le tenancier de la gargotte leva la tête et reconnut James. Il s'exclama bruyamment :

-Par Merlin, mais ce sont les Potter !

Siranna fronça des sourcils et attaqua immédiatement protégeant ainsi son frère et ses parents d'une nuée de sorciers abrutis. Elle se mit à tousser comme une tuberculeuse et demanda à son père d'une voix mourante :

-Papa, ma fièvre du dragon va durer encore combien de temps ?!

-La varicelle, ma chérie ! Tu as la varicelle du dragon ! répondit James en entrant dans le jeu de sa fille.

Tous les sorciers se figèrent, puis disparurent en quelques microsecondes affolés à l'idée de s'approcher d'une enfant hautement contagieuse. Maintenant que le bar était vide, Sirius s'exclama :

-Severus, je crois pouvoir dire que Siranna est une future serpentarde.

Le sombre professeur de Potions ne put répondre tant il était plié de rire. En quelques secondes ce qui allait devenir une ruée de sorciers débiles, était devenu une débandade de sorciers débiles. Remus avec un léger sourire lança :

-Bien joué, Siranna.

-Merci, merci ! Je m'aime !

La petite famille quitta le chaudron baveur, puis Severus tapota le mur de la cour et les enfants virent le mur disparaître et l'artère commerciale du monde magique apparut. Les cavaliers ne l'avaient jamais vu grouillante de vie, car quand ils étaient venus à Londres, Harry Potter avait rasé le Ministère de la Magie et tout ce qui était magique dans la capitale de Grande Bretagne. Une étrange rumeur courait comme quoi une enfant avec une maladie hautement contagieuse se promenait avec ses parents. Les parents qui avaient été témoin de la puissance du virus cassaient méchamment les idiots en leur disant que la varicelle du dragon, virus cousin de la dragoncelle, clouait au lit la victime et quand elle toussait, une fumée rouge sortait de la bouche du malade. De plus le corps du malade était recouvert de plaques vertes hautement douloureuses ressemblant à des écailles de dragon, raisons pour laquelle on l'appelait la varicelle du Dragon. Ceux qui avaient colporté la nouvelle, repartaient humiliés en se rendant compte que la gamine avait fait fuir tout le monde par jeu.

Loin de là, les Potter and co se dirigeaient vers la boutique de prêt à porter. Les enfants n'avaient pas assez d'yeux pour voir tout ce qu'il y avait autour d'eux pour le plus grand plaisir d'Albus et des adultes. Ils voulaient tout voir et tout toucher, mais les adultes les retenaient d'une main ferme afin qu'ils ne déclenchent pas la fin du monde. En quelques minutes, la famille arriva dans le magasin de Madame Guipure. Et le cauchemar commença, pour Severus. En effet, quand Lily dit à la vendeuse qu'il fallait refaire la totalité de la garde-robe du jeune homme, tous virent ses yeux pétiller comme ceux d'un gobelin devant un tas d'or. La jeune vendeuse attrapa le pauvre Severus et le mesura sous toutes les coutures.

Maintenant que le jeune homme changeait de vêtements, les quatre cavaliers et Albus discutèrent de comment améliorer sa vie. Harry qui suçait son pouce chuchota à haute voix :

-Maman n'a qu'à lui donner un beau nez !

Ses frères et sœurs se tournèrent vers Severus et virent que son nez était vraiment moche. Siranna se rendit compte que le nouveau professeur de Potion devait être sacrément sexy sans cet affreux appendice nasal. Ce qu'ils ne surent pas, c'est que Lily avait entendu la remarque absolument pas discrète de son fils et s'aperçut que son frère serait vraiment magnifique sans son atroce nez. Elle était tellement dans ses pensées qu'elle n'entendit pas les cavaliers discuter de la manière de lui rendre un beau nez, chacun avait une technique différente mais avec le même point commun, le-dit nez et une surface étrangère qui le lui casserait. Si Albus était d'accord pour le changement de nez, il mit son véto et leur interdit purement et simplement de défigurer ce pauvre homme. Il avait suffisamment souffert de la violence de son paternel. Heureusement pour Severus, Lily s'exclama alors que la vendeuse était partie faire une razzia dans les rayons :

-Bon frangin. Maintenant que tu change de garde-robe, il va falloir que tu te débarrasses de cette chose affreuse qu'on appelle un nez.

-Lily ! s'indigna Severus rouge de honte.

-C'est vrai qu'elle a raison, beau-frère ! lança James.

Sirius qui s'en voulait encore pour toutes les saloperies qui lui avaient faites quand il était plus jeune fouilla dans sa poche en disant :

-Je connais un médicomage qui fait des miracles. Tu te rappelles Gideroy Lockart ? Il ressemblait à la lune avec ses cratères, il avait des dents horriblement tordues et un nez qui était l'exacte réplique d'un groin de porc ?

-Heu… oui, je m'en souviens ! D'ailleurs vous le surnommiez le petit poids du lac noir, parce qu'il était aussi idiot qu'il était moche !

-C'est bien lui. Il est allé voir ce médicomage et voilà à quoi il ressemble maintenant, répondit Sirius en lui montrant une photo de magazine. L'homme sur la photo avait une peau parfaitement lisse, un nez droit, des dents blanches et un sourire parfait.

Albus l'acheva en lui disant :

-Severus, tu as travaillé dur pour te libérer de tes chaînes. Mais tu n'auras une nouvelle vie que si tu te libères de la violence de ton père. Or tu ne seras totalement libre que si tu n'as plus jamais la vision de cette maltraitance dans le reflet de ton miroir.

Severus se tourna vers le miroir et se rappela du temps où il avait un nez droit jusqu'à ce que son père pique une crise et le tabasse. Quand il s'était réveillé, son père était étalé par terre dans son vomi et sa mère le soignait, lui et non ce monstre moldu. En fait, cet ivrogne avait passé toute la journée dans sa crasse. Son regard se durcit d'un coup, puis il se tourna vers Sirius et lui dit :

-Dès qu'on termine ici. Tu m'amène chez ce médicomage.

Il eut un léger sourire quand il entendit ses presque neveux crier de joie. Damien lança :

-Bon, maintenant que physiquement oncle Severus va changer. Il reste une chose à lui trouver.

-Et c'est quoi ? demanda Remus.

-Une femme !

Tous les maraudeurs explosèrent de rire tandis que Severus rougissait violemment. Lily posa sa main sur son bras et lui dit :

-Mon frère. Je serai toujours là. Comme toi tu as été toujours là pour moi. Mais sache que la femme que tu amèneras à la maison devra plaire à tout le monde. Et gare à elle si elle tente de nous séparer de toi. Je n'aurai aucun scrupule à relâcher les maraudeurs sur elle.

Severus regarda sa sœur d'abord avec stupéfaction, puis avec un sourire ému. Il la serra contre lui et chuchota :

-Je t'aime petite sœur.

-Je t'aime grand frère.

Maintenant qu'il connaissait les sentiments fraternels de Severus envers sa femme, James n'était absolument pas jaloux. En fait, il était heureux de savoir que sa femme avait une autre famille que sa conne de sœur. Quand il intercepta le regard de Severus sur lui, il lança :

-Mon cher beau-frère ! Tu pense bien que si ta sœur me demande de me lâcher sur quelqu'un, je vais vraiment m'amuser.

-Ouais et quand on en aura terminé avec elle, elle priera le ciel de ne jamais te recroiser, s'esclaffa Sirius avec un sourir diabolique.

Severus préféra se reconcentrer sur la vendeuse plutôt que d'imaginer toutes les saletés que pourraient faire les maraudeurs sur la pauvre fille qui se mettrait entre lui et sa nouvelle famille. Pendant une heure, elle le palpa, le mesura. Si au début c'était amusant, maintenant les adultes se retrouvaient avec un Harry qui s'ennuyait et malheureusement qui entraînait les autres. James se tourna vers Lily et lui dit :

-Lily, je vais faire sortir les enfants avant qu'ils ne déclenchent une guerre.

-Je vais venir avoir toi. Grand frère, tu me pardonnes ?

-Vas-y petite sœur. Remus et Sirius vont rester avec moi, puisque Sirius doit m'amener chez le médicomage.

James explosa de rire en voyant la tête de Sirius et de Remus. Toujours avec le sourire, la famille Potter quitta le magasin et se retrouva sur le Chemin de Traverse. Les enfants étaient surexcités, cependant malgré ce fait, les cavaliers protégeaient toujours Harry de même qu'Albus tandis qu'Archimède survolait les environ pour vérifier qu'il n'y avait pas de danger. Harry regardait avec bonheur tout ce qu'il y avait autour de lui. Il voulait tout voir et tout sentir. Des odeurs qu'il ne connaissait pas, des couleurs inédites, des sons incroyables. Il était tellement pris par ce qu'il voyait qu'il sursauta violement et se cacha derrière sa sœur quand il entendit un grand cri :

-JAMES POTTER !

La famille se tourna vers l'origine du cri et ils virent arriver un homme dégarni et une femme taillée comme un tonneau se précipiter vers eux. L'homme et la femme étaient aussi roux l'un que l'autre. Daniel demanda à Albus :

-C'est quelqu'un de ta famille ?

-Non ! Ce sont les Weasley. Méfies-t-en comme de la peste. Ils cachent leur avidité et leur cupidité sous un masque de générosité et de gentillesse. Si tu leur serres la main, tu peux être sûr qu'il te manquera un doigt, répondit froidement Albus qui connaissait très bien cette famille.

En entendant cela, les cavaliers firent immédiatement barrage et protégèrent avec encore plus de férocité leur petit frère. Archimède se posa sur l'épaule de l'enfant afin de le ramener au manoir en cas de problème. James et Lily se placèrent eux aussi devant les enfants, ayant eux aussi entendu les explications d'Albus. Pour eux, il était hors de question que leur plus jeune fils se retrouve entre les mains de ces rapaces. James demanda froidement :

-Arthur, Molly ! Quelle surprise de vous voir ?

-Bonjour James, Lily ! A qui sont tous ces enfants ? demanda Molly.

-Ce sont nos enfants. Lily les présenta les uns après les autres. Voici Siranna, Albus, Damien, Daniel William et Harry.

-Harry ?!

Arthur se pencha vers le petit brun aux yeux verts effrayés avec un air avide. Il regarda l'enfant et se releva en disant :

-Mais ce n'est pas Harry Potter ?! Il n'a pas de cicatrice.

James ferma les yeux, prit une grande respiration et siffla :

-Harry n'a pas vaincu Voldemort. Quand ce sac à main sur pattes est entré dans la maison, mon fils se trouvait dans sa chambre à dormir. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais ma Lily et moi nous avons vu la tête de Voldy exploser. Si vous êtes trop stupides pour croire les paroles malhonnêtes d'un mangemort et d'un traitre grand bien vous fasse. Mais ne venez pas nous dire que vous avez la connaissance de ce qu'il s'est passé ce jour-là alors que vous aviez vos gros cul vissés sur vos fauteuils.

En entendant l'attaque de son père, Siranna pouffa de rire entrainant les autres enfants. Molly voyant les enfants se moquer de son époux gronda :

-A qui sont ces horribles enfants ?!

-Ce sont mes enfants ! répéta Lily en grondant.

-Tout le monde sait que les Potter n'ont eu qu'un enfant, rétorqua Molly d'un air supérieur.

Lily siffla outré :

-Est-ce que tu étais là, quand ce monstre a pénétré dans notre maison pour nous tuer ? Est-ce que tu étais là quand on a découvert après sa mort les exactions qu'il avait faites ? Sache qu'il était tard quand il nous a attaqués. Car ce malade mental a pris d'abord le temps de massacrer cinq familles devant les yeux des derniers nés, celle de Siranna, de Damien, de Daniel, de William et d'Albus. Quand nous les avons découverts, la magie nous les a confiés. Depuis cette affreuse soirée, Harry a cinq frères et sœur.

-C'est impossible ! cracha Molly Weasley.

Là, ce fut la parole de trop. Siranna se jeta sur la grosse dondon et lui donna un gros coup de pied dans le mollet. Cela déclencha immédiatement le déploiement des trois autres cavaliers qui regrettaient de ne pas avoir leurs armes, mais ils pensaient que leurs armes ne réapparaîtraient qu'au moment où Voldemort reviendrait. Donc pour l'instant ils en étaient réduits à taper et à mordre. Daniel fut stupéfait quand il vit le gentil Harry accroché à la main de la mère Weasley et la mordait à pleines dents. James regardait ses enfants défendre leur mère avec la férocité d'une meute de loups. Il avait même vu Albus lancer un sort de flatulence et un autre de laxatif. C'était des sorts extrêmement simples et il n'y avait pas besoin d'une grande puissance pour les envoyer.

Les deux Potter regardaient la marée humaine en culotte courte se déchaîner sur la rousse. La grosse dondon hurlait de douleur alors que le grand roux hurlait aux enfants de cesser d'attaquer sa femme. Il n'osait pas sortir sa baguette de crainte de représailles aussi rapides que violentes de la part de parents connus pour être extrêmement puissants. Lily sifflait aux roux que leurs enfants étaient innocents et montraient simplement que les Weasley étaient des idiots et des traîtres à la Magie. Au bout de quelques minutes, James vit qu'il y avait de plus en plus de monde qui voulait voir le « survivant ». Il comprit que s'il ne voulait pas se retrouver avec une émeute sur les bras, ils allaient devoir partir assez rapidement. Heureusement dans leur malheur, si les gens avaient bien entendu que le grand Harry Potter était là, ils ne s'étaient pas rendu compte que la petite panthère griffante et mordante était leur cher survivant. Pour être capable d'être entendu par tout le monde malgré le foutoir, James s'écria bruyamment :

-Les enfants ! Vous ne savez pas où elle a trainé !

La phrase était tellement abrupte que les enfants cessèrent de mordre et de griffer pour la plus grande joie de Molly Weasley en larme qui avait les bras et les jambes en sang. La grosse rousse fut folle de rage quand les cavaliers se mirent à crachouiller par terre comme s'ils avaient mordu dans quelque chose de pas propre. Lily comme une mère-poule entraîna ses poussins vers le magasin le plus proche, la ménagerie magique. James resta un instant à regarder les résultats des exploits de ses enfants. Le plus amusant, c'est qu'Archimède s'était fait une joie de fienter sur les deux roux et était présentement en train de roucouler sur l'épaule d'Albus tout fier de cette réussite. Avec un léger sourire, James rejoignit sa famille et remarqua que personne ne les suivit. Voir cette curée avait dû effrayer les sorciers qui ne voulaient pas finir dans le même état que Molly Weasley.

Maintenant qu'ils étaient tous réunis, James se rapprocha de sa famille et dit :

-Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis fier de vous. De vous tous. Vous avez défendu votre mère et protéger votre frère. Allez chercher l'animal que vous voulez. C'est moi qui paye.

Les enfants furent fous de joie et se dispersèrent dans tout le magasin en un groupe compacte dont le centre se trouvait être Harry. Siranna l'air de rien lança au petit garçon :

-Tu t'es bien battu Harry.

Le petit garçon fit un sourire magnifique à sa sœur, puis lança en se renfrognant :

-Mais je n'aime pas me battre.

Il se retrouva serrer dans les bras de William qui lui dit :

-L'important mon Harry n'est pas de prendre part à n'importe quel combat, mais à choisir les plus pertinents.

-Hein ?!

-Will, il est trop jeune, pouffa Daniel en ébouriffant les cheveux du garçonnet aux yeux verts.

-D'accord ! Ce que je voulais te dire. C'est que tu ne doit pas te battre pour rien. Tu dois avec une raison pour le faire, une raison noble. T'amuser à te battre pour faire mal aux autres, ce n'est pas bien du tout. Mais te battre pour défendre ta famille ça s'est bien. Tu vas apprendre que tu peux te battre aussi avec les mots. Mais ça tu découvriras ce pouvoir plus tard.

-Donc, je ne dois pas m'amuser à me battre ?

-Tu as tout compris, mon Harry, répondit Damien en le serrant contre lui.

Harry adorait apprendre avec ses frères et sœur. Ils savaient toujours comment le motiver et lui remonter le moral. Tout content, le petit garçon se promena dans le magasin et entendit soudain une voix se moquer de lui.

Non loin de là, James et Lily regardaient avec un sourire les enfants se promener dans les allées. Le jeune homme se pencha vers Albus qui était resté près d'eux et lui demanda :

-Tu as bien lancé deux sorts sur Molly ?

-En effet, des sorts à retardement. Ils ne se déclencheront que… maintenant !

Dans la rue silencieuse, tous entendirent le bruit caractéristique d'un pet foireux. Molly était rouge de honte alors qu'elle sentait que ses sous-vêtements étaient souillés, tandis qu'Arthure sentait une diahrée liquide lui couler le long de ses jambes. Frôlant la crise de rage, ils transplanèrent au terrier en laissant une marque marron odorante. Dans la ménagerie, James explosa de rire alors que Lily secoua la tête. Elle savait bien qu'Albus avait toujours adoré les blagues des maraudeurs. Après un dernier rire, James demanda à son fils :

-Tu ne veux pas rejoindre tes frères et ta sœur ?

-Non merci papa. Je ne veux pas d'autre ami qu'Archimède. C'est mon meilleur ami depuis qu'il m'a sauvé quand j'avais huit ans. Il ne m'a jamais trahi, je l'aime et je l'aimerai jusqu'à la fin de ma vie.

En entendant cela, l'oiseau frotta sa tête contre celle de son ami. Dieu qu'il aimait ce petit homme. Cela lui avait brisé le cœur quand il était revenu en étant esclave de Grindenwald et quand il s'était libéré de cette malédiction, c'est comme si lui aussi était libéré. Soudain, Albus se tourna vers son père et lui dit :

-Les fruits du dragon.

-Comment ?

-Archimède adore les fruits du dragon. Je m'en souviens maintenant. Il partait souvent en Asie pour en prendre et il m'en ramenait aussi de temps en temps. Il adore ça. J'aimerai bien lui en acheter.

Archimède roucoula de joie. Il adorait les fruits du dragon. Tout à sa vision de champs de fruits du dragon, il ne fit pas attention à Damien qui rejoignait ses parents en courant. James voyant son fils arrivé lui demanda :

-Alors vous avez trouvé ce que vous voulez ?

-Non ! C'est Harry ! Il est en train de se battre avec un serpent.

-Avec un quoi ?

-Un serpent !

-Attends je ne comprends pas. Amène-moi là-bas.

Le reste de la famille rejoignit le groupe des enfants et les deux adultes virent William et Daniel retenir Harry qui rugissait contre un serpent blanc. James ne comprenait pas. Harry avait toujours été calme et très doux. Alors l'entendre insulter avec rage le serpent le stupéfiait. Il le fut encore plus quand il comprit ce que disait le serpent. Et entendre ce sale sac à main sur pattes menacer de mordre son petit garçon le hérissa. Fou de rage il fonça vers la cage et menaça de le transformer en ceinture s'il continuait à agresser son fils. Lily écoutait avec un petit sourire son époux menacer le serpent, quand Albus demanda :

-Que c'est-il passé le jour où Voldemort s'est fait tué ?

-Et bien. Nous étions dans le salon, on a senti le fidelitas s'effondrer. Avant de pouvoir s'enfuir, la porte a explosé et il était devant nous. James s'est interposé, mais soudain tout est parti en vrille. James m'a raconté qu'il a vu deux lumières apparaître sur la main et le visage de Voldemort. On a entendu quatre explo… non, détonations. C'était des détonations, quatre coups de feu et Voldemort était allongé sur le sol. Il y a eu une puissante explosion et puis plus rien. Pourquoi ?

-Car j'ai la joie de t'annoncer que les Potter sont une famille de fourchelangue par droit de victoire.

-Oh ! Mais c'est terrible !

-Pourquoi ?

-Mais le fourchelangue, c'est de la magie noire.

-Non ! Le fourchelangue est l'apanage des druides. Serpentard était le dernier druide, il n'a jamais été contre les nés de moldus, mais il pensait que les sorciers ne devaient pas suivre les préceptes de Merlin. Il détestait Merlin car il pensait à juste titre que les sorciers risquaient de ne plus respecter la Magie. Et c'est ce qu'il s'est passé. Les sorciers ont oublié qu'ils étaient les débiteurs de la magie que sans elle, ils ne seraient que des Moldus. Merlin se croyait supérieur aux Moldus et cela a déclenché cette guerre. C'est comme Voldemort. Il aurait pu être médicomage, chercheur et faire tous les métiers qu'il voulait, mais par paresse et par esprit de revanche, il a décidé de devenir un seigneur des ténèbres.

-Donc ce n'est pas une mauvaise chose ?

-Non. Aucun don n'est mauvais. C'est la manière dont il est utilisé qui fait la différence entre bénéfique et maléfique.

-Merci Albus. Mais comment sais-tu tout cela ?

-Il y a longtemps quand j'étais élève à Poudlard, j'ai trouvé une bibliothèque cachée. Je n'ai malheureusement pu lire qu'un seul livre. C'était les mémoires de Serpentard. A la fin du livre, il disait que cette bibliothèque contenait tous les moyens pour rendre à la Magie sa puissance virginale. Après, je ne l'ai plus jamais retrouvé. Heureusement d'ailleurs, car Grindenwald voulait que je la détruise car il ne voulait pas que la Magie redevienne toute puissante.

-Et maintenant ?

-Je découvrirais avec plaisir les moyens de montrer mon amour et mon respect envers notre mère la Magie.

La mère et le fils se sourirent sans se rendre compte que James avait entendu les paroles de son fils. Assez rapidement, Siranna en eut assez et siffla au serpent :

-Bon ! Maintenant ça suffit ! Alors le sac à main tu te calme où je te jure qu'on t'achète, on t'engraisse et on te bouffe ! Tu savais que le serpent avait un goût de poulet ?

Le serpent crut à du bluffe jusqu'à ce qu'il voit le regard froid de la fillette et qu'il sût qu'elle avait bien l'intention de le dévorer. Le serpent frissonna de terreur quand le brun aux yeux verts s'exclama :

-Maman ! On peut acheter le serpent pour le manger !

Il se recula et tous entendirent :

-D'accord ! J'arrête !

-Je savais bien que tu n'étais pas idiot ! Futur petit méchoui !

Maintenant que la dispute était terminée et qu'Harry fit la moue parce que non ils n'achèteraient pas le serpent pour le manger, les enfants reprirent leurs pérégrinations dans le magasin. Mais plus ils avançaient et moins Harry allait vite. En fait, il ne voyait plus des animaux mignons, mais des prisonniers. William demanda :

-Harry ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

-Regarde-les ! Ils sont tous en prison ! Ils sont tous tristes ! murmura Harry qui avait de plus en plus envie de pleurer.

Les quatre regardèrent autour d'eux et virent ce qu'Harry voyait, non pas des animaux joueurs et heureux, mais des êtres magiques tristes qui ne voulaient qu'une seule chose s'enfuir loin de cette prison horrible et puante. Les quatre se regardèrent, puis Daniel se mit à pleurer le plus sincèrement possible. Il arriva presque à se tirer une larme. Des deux, le seul qui fut parfaitement sincère fut Harry qui pleurait comme une Madeleine. En entendant les pleurs, le reste de la famille arriva et Harry se jeta dans les bras de sa mère. Elle le consola doucement et demanda :

-Que se passe-t-il ?

-Ils sont tous en prison, sanglota Harry.

-Les animaux. Les animaux sont tous emprisonnés, aucun n'est libre, expliqua Siranna qui avait abandonné l'idée des faux pleurs.

James regarda autour de lui et vit une geôle plus qu'une boutique. Il n'y avait pas de joie à part pour les plus jeunes. D'ailleurs ils étaient beaucoup trop jeunes et ne devaient pas se rendre compte de ce qui leur arrivait. Lily murmura :

-Je me souviens que l'ancien propriétaire a été tué par Voldemort. C'est son neveu qui a pris la suite. D'après ce que je peux voir et entendre, il n'aime pas les animaux.

James se tourna vers le serpent insultant et lui demanda :

-Qu'arrive-t-il aux plus vieux ?

Une petite voix répondit douloureusement :

-La mort !

La belle rousse regarda son mari qui comprit immédiatement l'idée. Il lui dit :

-Ça va coûter cher !

-Mais tu auras ta boutique !

-C'est d'accord ! Je vais voir mon conseiller et je reviens.

-Bien mon chéri. Je reste avec les enfants.

James embrassa son épouse puis rejoignit Gringotts. Il adorait Gringotts et l'humour pince-sans-rire des gobelins. Il traversa le chemin de traverse, puis vit Lucius Malefoy qui passait devant le garde comme si ce dernier n'était qu'un laquais sans importance. James s'approcha du gobelin et le salua avec respect. Le gobelin sursauta, étonné de ce respect, puis lui demanda :

-Que puis-je pour vous ?

-Je voudrais simplement voir mon conseiller.

-Grifarck sera mis au courant !

-Merci, frère magique !

Le gobelin sentit ses yeux picoter devant l'énorme respect du sorcier envers lui. Il le salua avec le même respect :

-Merci à toi, frère magique !

Sachant que les remerciements pouvaient durer très longtemps, le sorcier et le gobelin se quittèrent d'un commun accord. James n'eut même pas à attendre, car les gobelins l'emmenèrent immédiatement dans le bureau de son conseiller. Il fit un petit sourire amusé à Malefoy qui était au bout de la queue qui se résorbait très lentement.

Maintenant qu'il était dans le bureau, James se mit à réfléchir à comment saluer son ami. Oh ! Il ne lui avait jamais dis qu'il était son ami, mais son nouveau testament le ferait pour lui. En effet, dans ce testament s'il arrivait quoique ce soit à sa femme et à lui, et qu'aucun maraudeur ne puisse prendre soin de ses enfants alors c'est Grifarck qui s'occuperait d'eux jusqu'à ce qu'ils soient majeurs. Il était en train de réfléchir quand il entendit les pas caractéristiques de son conseiller. Il se leva pour l'accueillir. Le gobelin entra, referma la porte, posa le dossier sur la table et vit que James lui tendait la main. Sans méfiance, les Potter n'avaient jamais été agressifs envers les gobelins, Grifarck serra la main du sorcier et se retrouva à faire un pas de tango. Il était totalement éberlué surtout quand James le fit basculer en arrière. A ce moment précis, James lui demanda :

-Grifarck ! Quand allez-vous quitter la sécurité de Gringotts et vivre votre passion avec moi ?

Avant qu'il puisse dire quoi que ce soit, James l'avait redressé et s'était assis. A chaque fois que James venait, il faisait le pitre. Mais il ne le faisait que dans la sécurité d'un bureau vide afin que personne ne puisse les voir. Malgré le sale coup du sorcier, il ne lui en voulait pas, car les Potter le traitaient toujours avec énormément de respect. Il défroissa ses vêtements, puis après avoir toussoté demanda :

-Bien, Monsieur Potter, vous vouliez me voir ?

-En effet. Je souhaiterais vider mon compte étudiant afin de racheter la ménagerie magique. Ensuite, je voudrais la modifier pour qu'il y ait deux magasins en un. Un bar à fléreur et un magasin de farces et attrapes.

-Bien. Que ferez-vous des animaux de la ménagerie ?

James resta sans voix pendant quelques secondes, puis une idée totalement folle s'incrusta dans son cerveau. Il chuchota :

-Un parc zoologique.

-Comment ?

-On va séparer la boutique en trois. La première partie un parc zoologique où tous les animaux seront totalement libres, ensuite le bar à fléreur et enfin le magasin de farce et attrape.

Le gobelin imagina le magasin et eut un sourire en imaginant les profits qu'allaient faire Gringotts. Il accepta et prépara le contrat d'achat de l'immeuble. Quand tout fut prêt, Grifarck lui tendit les documents à faire remplir au vendeur avec une plume de sang et lui dit avec un sourire dentu :

-Voilà, monsieur Potter tout est prêt ! Je sens que cela va parfaitement fonctionner.

-J'ai totalement confiance en vous. Si vous aviez eu des doutes, je ne me serais pas lancé, répondit calmement James.

Par Ragnuk qu'il aimait les Potter. Il aima encore plus ce sorcier devant lui quand James se leva, posa sa main sur le cœur et s'inclina avec un immense respect.

C'était la première fois que James Potter faisait cela. C'était une véritable preuve de confiance de sa part. Emu, le gobelin se leva, mit la main sur le cœur, mais au moment de s'incliner, James l'attira dans une étreinte fraternelle et lui dit :

-Si tu as le moindre problème, mon frère magique. Je serais là pour t'aider. Que la magie scelle cette promesse.

Une lueur blanche entoura le sorcier prouvant ainsi que sa promesse n'était pas une promesse en l'air. James s'écarta du gobelin, puis quitta le bureau. Grifarck se laissa tomber sur la chaise et pour la première fois de sa vie, pleura. Il pleura de bonheur car il sentait que la Magie allait renaître grâce aux Potter. Ils allaient être le renouveau du monde magique.

A suivre