Pour la Nuit du FoF, sur le thème Guerrière.

Brouillon

Ça pourrait être un aveu de faiblesse.

Ça pourrait.

C'est l'histoire d'une guerrière et d'une princesse, d'une guerrière à qui on a fait croire qu'elle était une princesse, d'une princesse à qui on a fait croire qu'elle était une guerrière, ou l'inverse, en fait c'est un peu confus.

Confus comme les brouillons d'une lettre.

C'est un luxe.

De faire des brouillons.

De pouvoir raturer.

C'est quoi déjà l'histoire ? Ah ouais, c'est nous deux.

Tu sais Christa, les brouillons des lettres que je t'écris pas ils sont juste dans ma tête.

J'aurais aimé les écrire pour tous te les envoyer d'un coup.

J'aurais aimé voir ta gueule perdue en les lisant.

Mais c'est moi.

Qui ai perdu.

J' suis perdue.

Ça, là, c'est un brouillon.

Je t'ai déjà dit tout ce qui comptait.

Je suis sûre que la couronne te va pas.

Tu veux bien me faire une faveur ?

Quand la guerre sera finie. Quand t'auras gagné, parce que je sais que je peux pas gagner face à toi.

Quand t'auras gagné.

Tu voudras bien me manger et durcir la peau de ton annulaire gauche pour toujours ?

Juste ça. Juste une bague.

Pas de promesses.

Jusqu'à ce que la mort nous sépare – la mort nous aura déjà séparées.

Alors juste la bague.

Je l'écris juste en brouillon, dans ma tête, au milieu du reste.

Si tu me manges, peut-être tu pourras tout lire.

Et si tu peux tout lire.

Tout savoir.

Tu m'aimeras encore ?

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