Chapitre 10
PDV Floireans
-Flo, pourquoi ta main est aussi rouge ?
Yeon Jun avait attrapé ma main tandis que j'ajustais son costume pour la soirée de prestige qui arrivait à grands pas. J'avais fini les costumes et je devais maintenant faire les retouches pour que mes garçons soient parfaits. Ils devaient l'être. Je devais montrer à ce connard qu'il nb'avait pas gagné et n'avait pas non plus le contrôle sur mes garçons.
Cela faisait depuis vingt minutes que j'observais les défauts de mob travail sur Yeon Jun. J'essayais de rattraper les erreurs que j'ai pu faire, mais curieusement même si je n'en trouvais pas je refusais de le laisser partir. Car si je passais à Huenning Kai, il resterait Soo Bin puis ensuite Beom Gyu et enfin TaeHyun. Si j'arrivais à Taehyun cela signifierait que j'ai fini et qui dis que j'ai fini, dis le retour de ce serpent qui me les enlèvera. Non. Je ne pouvais pas les laisser seuls avec ce monstre. Je devais faire en sorte de les garder en sécurité le plus longtemps possible. Rien ne devait plus rien leur arriver.
-Flo ?
Le voix douce de Yeon Jun me réveilla en quelque sorte. Une chaleur douce se propageait sur mes mains froides et pleines de piqûres d'aiguilles. Mes mains étaient englobées par celles beaucoup plus grandes de l'aîné des TXT.
-Flo, est-ce que tout va bien ? Tu sais... nous t'aimons tous les cinq beaucoup et on ne veut pas qu'il t'arrive quelque chose.
Soo Bin posa aussi une main chaleureuse sur mon épaule.
-Nous savons que nous sommes faibles mais nous ne voulons pas que tu te forces à étre forte pour nous protéger, continua-t-il. Tu dois aussi te protéger de cet homme.
Une paire de bras agrippa ma taille et une tête se posa sur mon autre épaule.
-Nous ça va, ajouta Huenning Kai en me berçant dans son étreinte. On a l'habitude. Mais on ne veut qu'il t'arrive quelque chose à cause de nous.
Je fermai les yeux en essayant de réprimer cette chaleur et cette douleur qui serraient mon cœur.
-Les gars, leur-dis-je doucement. Je ne peux pas vous laisser tomber. Je vais bien et j'irai encore mieux quand vous serez heureux et en sécurité. Ne vous inquiétez pas pour moi. Je sais ce que je fais et je ne compte pas vous abandonner. Je ne fais peut-être pas partie de votre cercle intime mais je le protégerai. D'accord ? Maintenant lâchez-moi , il faut que je finisses les essayages pour que vous soyez les plus beaux.
-Flo ! S'exclama Beom Gyu en virant Huenning Kai et mon dos et Soo Bin de mon bras. Tu as tord sur un point ! Tu fais partie de notre famille ! Tu es même notre garnde sœur alors pas question de te laisser dire, même penser que tu n'es qu'une étrangère qui nous sert de baby-sitter !
Beom Gyu fit quelque chose d'inattendu, une chose que seule ma meilleure am... que seule Fiona faisait quand elle me réconfortait durant mes périodes de doutes et d'abîmes. Un baiser sur la joue. Un baiser de réconfort avec le même sentiment que je n'étais pas seule et que je n'étais pas délaissée.
Alors que les garçons huaient mi scandalisés, mi amusé, je fermai les yeux savourant ce sentiment depuis longtemps oublié.
-Ca suffit maintenant, Dis-je d'une voix étrangement rauque en me débarassant de cet adorable lapin collant d'un mouvement d'épaules. Je dois bosser les gars. Buvez vos jus de fruits avant que je ne m'énerve.
-Oh ! S'attendrit Beom Gyu en pinçant ma joue rougi par tant de chaleur. Ne pleure pas sinon je t'embrasse encore !
-Je vois qu'on s'amuse bien ici, fit une voix forte nous faisant tous sursauter.
L'épingle à nourrice que je tenais dans les mains me piqua une énième fois les doigts.
Le directeur Kwang se tenait dans l'embrasure de la porte, visiblement en colère. Après tout ce n'était pas comme si je l'avais déjà vu sourire où du moins avoir un semblant de bonne humeur, mais je ne l'avais jamais vu avec une expression aussi sauvage. C'était comme si il était prêt à déchaîner la puissance des forces de la nature. Après je n'étais pas vraiment un bon exemple niveau sentiment démonstratif vu que je passai la majorité du temps dans une bulle d'anxiété et d'angoisse qui puisse arriver quelque chose à mes protégés.
-Pas du tout, dit Soo Bin en saluant avec respect le directeur Kwang. Nous étions seulement en plein essayages de nos costumes pour la soirée Clocktale (oui c'est le nom de la grosse soirée qui doit avoir lieu, dont on parle depuis un petit moment déjà. Je n'avais pas trop d'idée de nom mais c'est bon j'ai trouvé !). QU'est-ce qui vous amène ici, directeur Kwang ?
Le directeur Kwang nous dévisagea un à un avec un air suspicieux. Son regars se posa enfin sur moi. Sous son regard perçant je reçu un sceau d'eau glacée. Il me pointa du doigt et d'une voix calme mais pleine de danger il déclara :
-Toi. Tu viens avec moi.
-Mais...
-Pas de mais. Tu me suis ! Maintenant !
Mon estomac se tordait violemment alors que je lâchai tout ce que je tenais. Mon corps ne me répondait plus. C'était comme si le directeur Kwang rien qu'avec sa voix avait envoûté mon corps. Où alors mon instinct de survie, du moins ce qu'il en restait, avait conscience que j'avais intérêt à faire ce qu'il me disait.
Je suivais le directeur Kwang à travers l'agence. Les questions de la raison de cet accès de colère envers moi se bousculaient dans ma tête.
Et s'il avait découvert ma tentative râtée de suicide ! Et si le manager Choi lui avait révélé que je comptais démissioner mais avant que je voulais le faire quitter l'agence ! Et si il lui avait dit que je voulais couler TXT et BTS et l'agence toute entière ! Et si il voulait me renvoyer à cause de mes hospitalisations répétées ? Et si finalement il avait découvert cette histoire de série chinoise, dont je n'avais plus aucune nouvelle maintenant que j'y pensais. Et si il pensait que je me servait de ce job de styliste juste pour me faire bien voir.
En fait non. La dernière possibilité n'était pas possible. Il savait parfaitement que j'avais été engagé dans cette agence de malheur sans mon consentement et que je n'avais jamais voulu être styliste. C'était dit assez explicitement sur mon CV et mon attitude ne laisser pas vraiment présager le contraire. De plus le côté pour me faire bien voir était aussi pas vraiment d'actualité vu ce qu'il s'était passé à la soirée mondaine de Fif... de Fiona.
-Entre.
Alors que j'entrai dans le bureau du président Park, je compris instantanément la raison de la colère deu directeur Kwang.
Kin Seokjin.
J'avais frappé son précieux poulain et il allait me le faire regretter amèrement.
Le président Park était assis à son bureau, les coudes sur la table et son menton reposant sur ses mains. Il était préoccupé. En me voyant arrivé il ne sourit et ne prit pas non ce ton mielleux qu'il utilisait dès qu'il me voyait.
Kim Seokjin me regarda très agité. Avait-il peur que je lui en remette une ? Il devrait se rassurer je ne comptais pas ruiner mes poings sur lui. En plus j'avais mal à la main. Je n'aurai pas dû utiliser le poing droit. Mes coupures n'étaient pas encore totalement guéries et me lançaient régulièrement.
-Styliste Flo est-ce la vérité ? Questionna le président Park avec le plus grand sérieux.
La seule fois où je l'avais aussi sérieux était lorsque j'avais surpris une conversation entre lui et le directeur Kwang.
-A quel propos ? Demandai-je neutre.
J'avais appris à mes dépends qu'il valait mieux être sûr qu'on parlait de la même chose. Je n'ai jamais été une fan des quiproquos et je n'étais pas vraiment d'humeur pour faire un effort de devinette.
Le président Park ne dit rien pendant quelque secondes. Il se contenta de m'analyser de la tête aux pieds. Finalement, il soupira en abattant les mains sur son bureau et s'adressa au directeur Kwang.
-Minki, je ne peux pas croire que Flo puisse faire aussi mal à Seokjin. Elle paraît tellement fragile et petite.
-C'est vrai ! Dit Kim Seokjin affolé en écartant les bras de sorte de me cacher de la vue du président. Flo est douce et sage. Elle ne m'a pas frappé. Je vous l'ai dit. Je suis tombé et je me suis mal réceptionné, c'est tout.
-Tout à l'heure c'était un panneau, puis c'était cette histoire idiote sur ton costume d'Halloween, après on a eu droit à un coup de porte et maintenant tu es tombé, résuma le directeur Kwang.
-C'est faux.
Tous se tournèrent vers moi. J'avais parlé d'une voix claire et avait viré le bras de Kim Seokjin. Je m'avançai d'un pas.
-J'ai frappé Kim Seokjin et je suis prête à accepté ma sanction.
Le président Park semblait tombé des nus. La fureur du directeur Kwang ne fit que s'accroître. Kim Seokjin était complètement affolé. Mais je m'en souciais guère.
-Flo ne m'a pas frappé. Je suis vraiment tombé ! Je me suis pris les pieds dans mes lacets. C'est stupide, c'est pourquoi je ne vous ai pas dit la vérité tout de suite mais...
-Arrête de mentir pour la couvrir. Je sais parfaitement de quoi elle est capable. Et franchement tu me déçoit énormément Floireans. Je n'aurais jamais pensé que tu tournerai de cette façon quand je t'ai vu pour la première fois.
La voix du directeur Kwang claqua dans l'air. Il était dans une énorme fureur. Curieusement le voir ainsi ne me faisait pas peur. En fait j'avais l'impression qu'à part la santé et le bonheur de mes garçons rien ne pouvait vraiment m'atteindre.
Cependant quelque chose tilta dans ma tête à cause de ses paroles. La première que je l'avais rencontrée, n'était-ce pas au mois de mai à mon arrivée ici ? C'était il y a seulement quelques mois. Alors pourquoi ça sonnait comme si cela faisait depuis des lustres ?
-Où est passé la gamine aux sourires éclatants et aux grands yeux émerveillés qui faisait le bonheur de ses parents ? Me demanda le directeur Kwang le plus sérieusement du monde. Où est passé cet enfant qui faisait tout pour empêcher ses parents de se séparer ? Où est passé cet enfant adorable qui ne faisait pas de mal à une mouche ?
Je me figeais. Comment savait-il tout ça ? Comment savait-il que j'avais joué les entremetteuses entre mes parents pendant des années afin qu'ils soient à nouveau heureux ? Comment le savait-il ? Ma mère lui en avait-elle parlé ? Après tout avec la bonne approche, elle pouvait déballer toute ma vie sans aucun regret.
Le directeur Kwang s'approcha d'un pas dans ma direction. Bien que son expression était emplie de colère, ses yeux cachaient un voile de tristesse.
-Quand est-ce que ce petit bébé aux gands yeux verts optimistes est-il devenu cette jeune fille pessimiste et sauvage ? Floireans que t'es-t-il arrivée ?
Il avait murmuré ces paroles mais je les avais parfaitement comprises. Ce qui n'était pas le cas des deux autres hommes présents dans la pièces. Le directeur Kwang avait parlé en français. Un français impeccable sans aucun accent. La vérité me frappa soudainement. Comment avais-je été aussi stupide ?
Je n'étais pas entrée dans cette agence à l'autre bout du monde seulement parce que ma mère avait envoyé mes travaux au président Park et que ce dernier sur un coup de tête excentrique était d'accors. Ma mère n'avait pas cette influence. Mais le directeur Kwang si. Ma mère et le directeur Kwang se connaissaient depuis très longtemps. Il avait vécu en France ce qui expliquait qu'il était capable de prononcer mon prénom parfaitement. Mais surtout il me connaissait depuis ma naissance. Je n'avais fait attention, mais le prénom du directeur Kwang était Minki et je connaissais ce prénom. Il planait au-dessus de ma tête depuis le divorce de mes parents. Depuis que ma mère s'était mise en tête de me faire apprendre le coréen. Ce fut le neveu de Minki Kwang qui m'avait appris cette langue. Ce fut Minki Kwang qui avait convaincu le directeur Park de m'engager. Mais pourquoi ?
Ma mère me cachait encore des choses et je n'allais pas tarder à les mettre au clair.
Je toisais le directeur Kwang et froidement je répondis à ses questions en français.
-J'ai grandi. Voilà ce qu'il m'est arrivé.
