Chapitre X
La journée fut incroyablement longue.
Atsushi avait passé la journée à enchaîner plusieurs enquêtes à la fois, une matinée et une après-midi riche en émotions, il n'avait pas eut le temps de respirer. Il méritait même quelques jours de vacances, histoire de pouvoir se reposer un minimum ou de profiter de la ville sans devoir s'arrêter ou espionner quelqu'un. « Mais c'est toi qui t'es lancé à la poursuite de ce Métamorphe alors que tu n'en avait pas l'obligation, tu t'essouffles tout seul » Oui je sais, se dit-il à lui-même. Mais cette fois-ci c'était différent. Il s'était assis sur un banc, s'appuyant sur ses genoux en tentant de calmer sa respiration. Il était de l'autre coté de la rue où il y avait le bâtiment de l'Agence, il était juste en face de lui, sur l'autre rebord. Le ciel était magnifiquement teinté d'orange, et le soleil se couchait à l'arrière de l'Agence, c'était si beau. Atsushi se mit à sourire doucement quand sa respiration se calmait après plusieurs minutes à se reposer. Il regardait les vitres teintées, puis il fermait les yeux en inspirant un bon coup quand une brise d'air frais passait. Ça faisait tellement du bien. Quand il ouvrit les yeux, il observait une nouvelle fois l'Agence en face, et il fut surprit de voir la porte d'entrée s'ouvrir et de voir Dazai en sortir. Il la refermait derrière lui, et Atsushi remarquait qu'il avait cette étrange manie de regarder en l'air, de fixer les fenêtres des appartements avant de reprendre son chemin.
En l'apercevant, Atsushi sourit doucement, et il sentit sa poitrine s'emballer une nouvelle fois. Cette sensation étrange lui apparaissait de plus en plus souvent, et il le ressentait de plus en plus fortement. En le voyant descendre les marches deux à deux, les mains dans les poches, Atsushi prit une inspiration puis levait une main haut en l'air, la secouant.
- Dazai !
Le brun au loin se reconnut et il cherchait un instant autour de lui avant de l'apercevoir et de lui sourire, se dirigeant vers lui. Atsushi oubliait la fatigue et fut heureux de pouvoir être avec quelqu'un, en particulier son ami. Dazai traversait la rue puis bientôt se trouvait face à Atsushi, le regardant tout en restant debout face à lui.
- Je te cherchais justement, dit le plus vieux en le fixant
- Tu me cherchais ? Disait Atsushi l'air surpris
- Qu'est-ce que tu fais ici ? Répondit le brun en changeant de sujet, Tu attends quelque chose ?
- Oh, je ne faisais que me reposer..., dit alors Atsushi en haussant les épaules, J'ai passé une journée plutôt complète alors je ne faisais que respirer un peu.
- Je vois.
Atsushi continuait de lui sourire doucement, puis Dazai se retournait et regardait le bâtiment de l'Agence, le vent soufflant à nouveau. Le plus jeune l'observait sans le quitter du regard d'une manière pourtant peu commune, d'habitude il ne regardait pas comme ça. Avec cette admiration.
- Je ne suis pas censé te reparler de ça, mais...
L'aîné se retournait et croisait le regard de Atsushi, il commençait à faire très frais dehors.
- Ce que Hashimoto a dit, pour essayer de nous convaincre, est-ce que c'était vrai ?
Oh. Oui, le Métamorphe.
- Il n'a fait que lire dans ma tête du début jusqu'à la fin, dit alors le plus jeune
- Tu nous considères vraiment comme ta famille ?
Atsushi sourit, puis levait les yeux vers Dazai en hochant la tête.
- Vous êtes tout pour moi.
Dazai sourit lui aussi à son tour, le vent continuait de souffler une nouvelle fois, la température basse de l'hiver commençait à se faire ressentir.
- Pourquoi ? Demandait Atsushi l'air inquisiteur
- Comme ça, j'imagine, répondit le brun en soupirant, Il commence à faire froid. On devrait peut-être rentrer.
- Oui, acquiesçait le plus jeune en se levant du banc, Bonne idée.
Il se posta aux cotés du plus grand, mains dans le dos, et ensemble ils partirent alors vers l'Agence. Les deux amis rentrèrent dans le bâtiment alors que la neige commençait déjà à tomber dans la rue, et l'odeur si familière de l'endroit faisait du bien à Atsushi qui aimait cette sensation de rentrer chez soi. Alors qu'il allait monter dans ses quartiers, il remarquait que la lumière dans les bureaux était éteinte derrière la vitre de la porte. Sans même se poser de question ou réfléchir, il ouvrit alors la porte et allumait la lumière.
- SURPRISE !
Deux pétards pétaient dans la salle, et Kenji et Kyouka lancèrent des confettis multicolores en l'air. Atsushi ne sentit plus son cœur battre, les yeux exorbités, paralysé sur place, il gardait même la main bloquée sur la porte, impossible pour lui de bouger. Il paraissait déboussolé, encore plus chamboulé que Kyouka le jour où ils lui avaient fait une surprise de ce genre. Tout le monde était là, tous les membres de l'Agence étaient là, ils souriaient, même le patron. Au plafond, il y avait une banderole avec marqué en gros « Bienvenue à l'Agence ». Il y avait des ballons, des serpentins, et Atsushi restait statique, complètement pétrifié. Dazai s'avançait de derrière Atsushi, et il posait une main sur son épaule, se postant à côté de lui. Le plus jeune ne réagissait pas, tel une statue.
- On s'était rendu compte que tu n'as jamais eu le droit à une fête de bienvenue convenable, dit alors Dazai, Alors on s'est dit qu'avec tous tes efforts, on t'en devait bien une.
Tout le monde acquiesçait, s'entre-regardant. Atsushi, lui, n'avait toujours pas bougé, et certains commençaient à se poser des questions, même Dazai perdit son sourire, tournant la tête vers le plus jeune.
- Atsushi ?
Le plus jeune semblait pourtant là, il les regardait tous. Ses mains tremblaient.
- Mais...
Sa voix semblait se casser. Il ouvrait et fermait la bouche comme une carpe, mais rien d'autre ne put sortir. Alors doucement, une larme coula le long de sa joue. Tout le monde le fixait, alors que Atsushi semblait pleurer silencieusement sans même s'en rendre compte. Kyouka semblait atteinte par sa réaction, et elle se mit alors à courir, sautant dans les bras de Atsushi. Le garçon prit une inspiration, clignant des yeux, tandis que la plus jeune serrait ses bras dans son dos pour le serrer un peu plus contre elle. Kyouka finit par relever la tête vers son aîné, le menton collé contre son torse, et Atsushi finit par réagir, baissant les yeux vers son amie. Et en observant son sourire réconfortant, Atsushi ne put s'empêcher de sourire à son tour, et il se mit alors à rire innocemment, serrant la jeune fille dans ses bras en retour. Les autres membres sourirent tous à leur tour, et ils se mirent à applaudir, ainsi que Dazai, soulagé. Ils éclatèrent deux autres pétards, et Atsushi semblait enfin être totalement conscient.
21h.
Tous levaient leur verre, et hurlèrent « santé » en même temps, buvant leur verre. Atsushi buvait pour la première fois son premier verre d'alcool, et il grimaçait en gémissant.
- C'est vraiment horrible, lâchait-il en regardant le fond de son verre
- On a tous dit ça la première fois, rit Tanizaki
- T'es plus jeune que moi pourtant...
- Mais moi j'me suis lancé avant toi.
Atsushi ricanait alors que son ami lui tirait la langue, et Naomi ne put s'empêcher de rire à son tour. Kunikida profitait lui aussi, et Akiko l'observait faire sans jamais oser l'interrompre. Depuis la fête pour Kyouka, ils n'avaient pas eu l'occasion de se retrouver et boire ensemble comme ça, rire entre eux dans les bureaux. Atsushi taquinait le blond quand il s'aperçut que celui-ci ne tenait pas si bien l'alcool, et jetait un simple regard sur le côté pour voir que Dazai semblait s'amuser lui aussi.
- Dazai, tu me sers un verre s'il te plaît ?
Le brun hochait la tête, et prit le verre que Atsushi lui tendit. Mais quand Dazai attrapait le verre, Atsushi refusait ensuite de le lâcher. Son regard s'était arrêté sur le poignet du brun, et il s'était soudainement bloqué. Ses yeux regardaient ses bandages et son regard s'était arrêté sur une écriture qui était inscrite en minuscule sur le rebord d'un des bandages caché en dessous d'un autre. Ça été fait avec un tampon à encre noire, ce genre de tampon encreur utilisé lors des inventaires, ça s'était grisé depuis le temps, c'était vieux. Mais ce qui troublait le jeune homme, ce fut ce qu'il y avait marqué: «Orphelinat; Yokohama.». Il ne comprenait pas. Comment est-ce qu'il...
- Atsushi ?
- … hein ?
Il revenait enfin à la réalité et relevait les yeux vers Dazai, celui-ci le fixant avec interrogation. Atsushi finit par reprendre ses esprits et sourit maladroitement.
- Oui, désolé.
Il finit par lâcher le verre et le brun le remplissait sans se poser de questions, le lui rendant et Atsushi le remerciant avant qu'il ne retourne à ses préoccupations. Atsushi garda quand même son regard bloqué sur lui, le verre en mains, complètement perdu.
Ces bandages. Il y avait la marque de son orphelinat dessus, il ne pouvait pas les avoir eu comme ça, pas sans être entré dans le bâtiment. Comment est-ce qu'il a pu les avoir ? Pourquoi ? Il n'avait jamais réellement su les raisons pour lesquelles il portait ces pansements. Merde, il avait affreusement mal au crâne, ça faisait vraiment mal. Il secouait alors la tête et tentait de ne pas trop y penser. Après tout, cette soirée, c'était sa soirée, autant ne pas la gâcher. Il ne fallait pas la gâcher comme il l'avait fait pour le festival. Ils n'avaient pas pu aller voir les feux d'artifices par sa faute, alors autant profiter de ses amis tant qu'il le pouvait. Il portait son verre à sa bouche, et malgré son dégoût, bu autant qu'il le put. Et bizarrement, ça faisait affreusement du bien.
Il ne tenait absolument pas l'alcool. Atsushi avait complètement décroché, perdu le fil au bout du troisième verre. Il s'était mis à rire pour n'importe quoi, parlait sans aucune raison, parfois ne parlait plus du tout, et disait des choses incompréhensibles. Tout le monde trouvait ça hilarant de le voir ainsi, même Dazai trouvait ça assez divertissant. Pour cette soirée, les membres de l'Agence avaient même préparé une table pour y manger, là où le repas devait se dérouler, et en comprenant qu'ils allaient tous passer un repas ensemble, comme un repas de famille, Atsushi s'était mis à chouiner de joie et tous les serrer dans ses bras sous les effets de l'alcool. Ils s'étaient installé et avaient passé un repas hors du commun où parfois Kenji avait failli faire basculer toute la table avec sa force herculéenne, Kunikida qui s'occupait plus de ses notes qu'autre chose, Naomi et Tanizaki qui s'occupaient, et bien, d'eux-mêmes, et bien évidemment Atsushi totalement ivre qui pouvait dire tout et n'importe quoi. Dazai qui était installé à côté de lui, l'observait souvent et parfois l'empêchait de faire des choses absurdes et de boire encore plus, tel un ange gardien ou un père sage.
Kenji lâcha une blague stupide, et Atsushi ne put s'empêcher d'éclater de rire, se tournant toujours vers Dazai pour lui dire à quel point la blague était bonne, celui-ci lui acquiesçant à chaque phrase qu'il prononçait pour ne pas le rendre susceptible. Vers la fin du repas, Atsushi était quasiment mort, quand il parlait, sa phrase n'avait soit ni de début, soit ni de fin, elles n'avaient plus aucun sens et la plupart du temps il s'abstenait de parler, tanguant d'avant en arrière en riant de temps en temps.
- Atsushi, tu vas bien ? Demandait Tanizaki aussi ivre que lui
- Je.. me sens.. incroyable.. blem.. incro.. bien...
Il peinait à ouvrir les yeux, alors il se les frottait et il sourit une nouvelle fois dans le vide. Kenji et Ranpo rirent ensemble en observant le Tigre-garou, puis celui-ci semblait fermer les yeux de plus en plus souvent jusqu'à ce qu'il bascule complètement et que sa tête touchait l'épaule de Dazai. Le brun le regardait faire avec amusement, Atsushi essayant de se relever plusieurs fois pour au final rester auprès de lui, il s'était même mit à chercher à caler sa tête quelque part, comme un chat cherchant la parfaite position pour dormir, Dazai le regardait étrangement. Mais il semblait s'endormir de plus en plus malgré lui, et c'est en cherchant la position parfaite qu'il tomba dans les bras de Morphée et qu'il s'endormit profondément. Il avait la tête posée sur sa clavicule, son souffle chaud et alcoolisé se répandant dans la nuque du brun, dormant déjà à point fermé.
- Qu'il est mignon, dit Akiko en posant son visage sur ses deux paumes de main, Il n'a d'yeux que pour toi mon cher Osamu.
- Tais toi un peu, répondit Dazai en roulant les yeux au ciel
La jeune femme se mit à rire ainsi que les autres autour de la table, et Dazai posait une main sur sa tête, caressant doucement ses cheveux sans le réveiller. Il le fixait, puis en le laissant endormi, il se remit à parler avec ses amis, comme si de rien n'était, alors que Atsushi se calait un peu plus contre lui.
Cela faisait plusieurs heures déjà depuis. Il était tard et la plupart des membres de l'Agence étaient déjà repartis chez eux, les bureaux ressemblaient à un véritable chantier avec des serpentins et confettis traînant par terre, la banderole était pendue et la table était pleine d'assiettes sales et en bazar. Kenji s'était endormi sur la table, la tête à plat sur la table et ronflant comme un ogre, Ranpo lui aussi s'était endormi sur sa chaise, les jambes tendues sur la table et les bras croisés. Le Patron était encore resté un moment dans les bureaux, mais préféra rester dans l'angle de la porte en attendant que Dazai finisse par s'en aller lui aussi. Il était temps qu'il rentre chez lui, alors en se rendant compte que Atsushi dormait toujours sur lui, il avait finit par prendre une décision, il se leva en portant le jeune homme en évitant de le réveiller et le transporta jusqu'au canapé qu'il y avait dans la salle. Il le posa dessus, et Atsushi avait plus de mal à se décrocher de lui qu'il ne l'aurait cru, mais avait fini par lâcher prise, restant endormi sur le canapé. Il avait l'air d'un enfant ainsi, et Dazai ne put s'empêcher de décrocher un sourire en le constatant. Il se redressait, et l'observait seulement quelques instants.
- Dazai, appela Fukuzawa les bras croisés, Il se fait tard.
- Une seconde, j'arrive, répondit le brun en se tournant vers son patron
Fukuzawa hochait la tête, puis préféra l'attendre dehors, alors il sortit. Dazai l'avait regardé s'en aller, et quand ce fut fait, il tourna son regard vers le Tigre-garou endormi. Alors il soupirait et en roulant les yeux au ciel, il enleva son trench-coat, le tapota, puis d'un simple geste, l'étala sur Atsushi en guise de couverture. Alors il soupirait doucement, ramenant bien le col de son manteau sur son cou, puis quand il finit de faire cela, il mit ses mains dans les poches de son pantalon, et sortit du bâtiment pour rejoindre Fukuzawa, les étoiles déjà hautes dans le ciel noir.
.
- Alors, remis de ta cuite ?
- Ne.. Ne parle pas si fort.., ronchonnait Atsushi
Le jeune homme se frottait fort les yeux et baillait une nouvelle fois, gémissant quand son crâne lui faisait affreusement mal. Kunikida était le seul dans les bureaux encore encombrés, buvant tranquillement son café d'une main assis sur le bord d'un des bureaux, l'autre main tenant son carnet de notes qu'il lisait. Il avalait une autre gorgée et levait les yeux vers le plus jeune en souriant avec amusement en voyant la tête qu'il pouvait avoir. Atsushi était debout, portant la veste de Dazai avec lui. Elle était beaucoup trop grande, elle traînait sur le sol et les manches étaient larges aussi. Il avait l'air si innocent qu'on aurait dit un enfant. Atsushi finit par faire un pas et il s'avançait, marchant avant de finalement s'asseoir sur une chaise, se massant les tempes.
- Alors c'est ça, boire ? Et bien franchement, je ne comprend toujours pas ceux qui boivent sans arrêt...
- C'est comme le tabac mon grand, tu trouves ça horrible la première fois, mais certains continueront de fumer jusqu'à ce qu'ils en meurent, répondit Kunikida dans une grande sagesse
- Ou la drogue aussi..
- Et oui. Ce goût étrange de l'infini n'est propre qu'à l'homme.
Atsushi regardait le blond, puis sourit, baissant les yeux avant d'attraper la bouteille d'eau qui se trouvait sur la table. Il l'ouvrait, puis but un coup, tirant ensuite la langue quand celle-ci devenait pâteuse. C'était horrible, tellement horrible.
- Comment le manteau de Dazai s'est retrouvé sur toi ?
À cette question, Atsushi levait les yeux vers Kunikida, et en se rappelant qu'il l'avait sur le dos, il affichait un rictus presque invisible et haussait simplement les épaules.
- Aucune idée, avouait-il, Je.. Je ne me souviens que de la moitié des choses qui se sont produites hier, en réalité.
Il s'en souvenait, ce matin là en se réveillant, la lumière du jour était beaucoup plus forte que de d'habitude. Dans sa chambre normalement, il y avait toujours les rideaux qui cachaient de la lumière du jour, et quand il se réveillait, il y avait seulement quelques rayons de soleil, et c'était toujours agréable. Mais cette fois-ci, c'était très lumineux, et quand il avait ouvert les paupières, il n'avait vu qu'un énorme flash lumineux avant de s'apercevoir, après que ses yeux ne se soient habitué, qu'il ne se trouvait pas dans sa chambre, mais dans les bureaux de l'Agence, là où les grandes vitres en verre laisser entrer toute la lumière du soleil levant. Il s'était mis à gémir mais aussi à grogner quand un horrible mal de crâne le prit et que tous ses membres étaient engourdis. Mais il avait préféré refermer les yeux pour tenter de se rendormir, et avait enfoui son visage dans ce qui lui servait de couette. Soudain, il s'était senti mieux, il avait senti une chaleur monter dans son estomac et sa tête lui faire moins mal quand une odeur familière lui vint. Ce n'était pas fort, ni flagrant, ni trop léger. C'était une odeur familière qu'il reconnaissait, et il aimait quand cette odeur était là, tout près de lui. Quand il avait entre-ouvert les yeux, il pouvait voir que c'était le manteau de Dazai qu'il avait au dessus de lui, et il ne se fit pas prier pour se fourrer un peu plus en boule en dessous, se serrant contre le trench-coat l'air totalement épanoui.
Il avait l'impression que Dazai était là, avec lui, qu'il le serrait fort contre lui pour qu'il puisse s'endormir à nouveau. Il pouvait sentir sa présence près de lui, et c'était tellement agréable. Ça semblait bizarre dit comme ça, mais Atsushi avait malgré tout du mal à se l'admettre. Pour lui, Dazai était un protecteur, quelqu'un qui était toujours là pour lui, alors sentir sa présence tout près, il se sentait parfaitement bien, en sécurité, il ne voulait tout simplement pas se lever. Mais il devait se l'admettre, il n'était pas là, c'était simplement sa veste, et réagir comme ça était sans doute exagéré et presque dingue. Peut-être qu'il était malade. Oh et puis quoi encore, il oubliait presque toutes ces sensations quand sa gueule de bois reprit le dessus, et que sa tête se remit à cogner et à tourner, et que sa bouche semblait pâteuse et son haleine puante.
- Je vois, dit alors Kunikida en avalant une autre gorgée de son café, J'espère que tu as passé une bonne soirée.
- Oui, répondit Atsushi en hochant la tête, Jamais personne n'aurait pu faire ça pour moi. Merci énormément..
Le blond le regardait, puis sourit.
- Tu devras remercier tout le monde dans ce cas-ci, on a tous participé tu sais.
- Oui. Tu as raison, répondit Atsushi
Comme toujours.
