Cinq ans plus tard...
— J'y vais ! hurla Isabelle surexcitée quand quelques coups résonnèrent à la porte !
— Tata !
Le petit garçon se précipita dans les bras de la brune qui l'accueillit dans une étreinte emplie d'amour.
— Il nous casse les pieds depuis qu'il est réveillé, rit Clary en ébouriffant les cheveux de son fils avec un sourire bienveillant.
Derrière elle, Jace tentait tant bien que mal d'entrer dans le loft de Brooklyn, les bras chargés de sacs.
— Laisse-moi t'aider, se proposa Simon en sortant de la cuisine tandis que les filles se dirigeaient vers le salon tout en papotant, le petit Matthew dans leur sillage !
— J'ai pas besoin d'aide, riposta Jace en tentant de forcer pour passer le seuil malgré son chargement encombrant !
Il pénétra dans l'appartement avec un grand fracas, laissant tomber son fardeau et manquant s'étaler de tout son long.
— Mon risotto m'appelle, s'éclipsa le vampire pour camoufler son fou-rire et le blond grogna pour toute réponse.
Les deux femmes semblaient étrangères et indifférentes à son sort, toutes occupées à déguster un verre de blanc pour Izzy et un cocktail de jus de fruit pour la rouquine.
La brune écoutait les récits de grossesse de sa meilleure amie avec un air rêveur sans lâcher le ventre bien rond de la femme enceinte de la main, espérant sentir son futur neveu ou sa future nièce bouger.
— Attend, il devrait gigoter, expliqua Clary en avalant une grande quantité de sa boisson. Le sucre le fait toujours réagir. Là ! Tu as senti ?
La brune s'enthousiasma et appela son mari pour qu'il vienne lui aussi sentir le bébé bouger. Jace eut un sourire attendri en regardant la scène.
Isabelle aurait fait une maman géniale, mais son amour pour le vampire surpassait ses envies de maternitée et elle se satisfaisait parfaitement de son rôle de tata !
— Papa ! J'arrive pas ! s'agaça Matthew en forçant sur la fermeture du sac qui contenait ses jouets !
Jace l'aida avant de réclamer un bisou que le petit garçon lui offrit avec joie, en profitant même pour l'étreindre dans un énorme câlin.
— Et vous savez comment vous allez l'appeler ? s'enquit Simon en apportant un verre de vin rouge à Jace avant de trinquer avec son verre rempli également d'un liquide rouge qui pouvait faire illusion avec du vin, mais qui n'en était pas !
— On pensait à Harry pour un garçon et Joyce pour une fille, en hommage à ma mère !
— Je ne comprends pas pourquoi vous ne voulez pas d'Alec, s'emporta Simon pour la nième fois. Déjà pour Matthew, ça aurait été super.
Jace soupira bruyamment et Clary se mit à rire face à l'entêtement du vampire diurne qui était devenu son beau-frère par alliance.
Le blond et la rousse avaient eu cette conversation des milliers de fois. Si Alec leur manquait à tous, ils avaient refusé de lui rendre hommage à travers leur fils pour la simple et bonne raison que le jeune homme n'était pas mort. Il ne voulait pas l'encenser comme un disparu, mais au contraire, continuer de l'imaginer heureux et amoureux aux côtés de Magnus et Madzie.
Les débuts avaient été difficiles.
Alec hantait chaque souvenir de son parabatai et il lui manquait affreusement.
Isabelle était même tombée en dépression et c'était grâce à Simon qu'elle avait retrouvé le sourire.
Pourtant, jamais Jace n'avait remis en cause le choix de son frère de cœur.
À son retour depuis l'autre dimension, il avait fait son rapport devant le grand conseil de l'Enclave et celui des sorciers. Il avait expliqué — la disparition de sa rune parabatai à l'appui — qu'Alec était mort, qu'il l'avait senti.
Tous avaient conclu que Magnus avait dû subir le même sort.
— Ne sois pas triste, Jace, lui avait dit sa grand-mère. C'est une épreuve de perdre son parabatai, mais tu es fort et tu t'en sortiras. Vois ça comme une bénédiction des anges. Alexander, de part ses choix, était une honte pour tous les nôtres. Il a bafoué la loi en fricotant avec un homme. Un sorcier qui plus est ! Et il en était amoureux ! L'amour est une faiblesse, Jace ! N'oublie jamais ça...
C'est là que Jace avait compris que Valentin n'était pas la seule pomme pourrie du panier.
Les nephilims étaient pour la plupart des gens à l'esprit étriqué et moyenâgeux. Ceux qui n'avaient jamais quitté Idris étaient les pires.
Il était ravi de vivre à New-York.
Il s'était alors juré que s'il avait des enfants, il les élèverait dans l'amour et la tolérance.
Concernant l'Institut, il ferait son travail en appliquant ses principes.
Tolérance !
Le monde Obscur en avait grand besoin !
Et, dans chacune de ses décisions, il y avait Alec. Il s'efforçait toujours de l'imaginer à sa place afin de prendre les meilleures décisions.
Sa sœur s'était vite installée avec Simon dans le loft de Magnus.
Ils venaient régulièrement partager des moments en famille. Maryse et Max faisaient leur possible pour venir leur rendre visite régulièrement.
Il y avait bien-sûr toujours des démons à combattre et des renégats dans les rangs que ce soit ceux des nephilims, des vampires, des loups ou des sorciers, mais la vie était belle malgré tout.
— Debout, marmotte !
Alec grogna. C'était son jour de repos et en plus Madzie passait la nuit chez sa meilleure amie. Aucune raison de se réveiller tôt donc... Quoi qu'il n'était pas contre un petit-déjeuner coquin !
Il se redressa et attrapa les lèvres de son compagnon qui ne fit pas cas de l'haleine matinal de son amant.
Magnus s'extirpa malgré tout de l'étreinte passionnée avec un sourire amusé.
—Que veux-tu pour ton petit-déjeuner ?
Le brun fit semblant de réfléchir quelques instants tout en se levant et s'approcha d'une démarche féline.
— Toi !
Il s'empara à nouveau des lèvres de son amoureux qui soupira de bien-être quand il sentit les grandes mains du policier explorer son corps avec gourmandise.
— Je crois que je vais commander le même menu, chuchota l'Asiatique les yeux légèrement noircis de désir.
Le baiser devint plus profond et sensuel et les mains plus entreprenantes tandis que leurs corps se réveillaient d'un même désir même.
Après plusieurs années, ils ne parvenaient pas à se lasser l'un de l'autre.
La sonnette de l'entrée retentit, faisant grogner Alec de désespoir.
— Tu attends une nouvelle paire de chaussures ? s'agaça-t-il en levant un sourcil vers son compagnon.
— Des Jimmy Choo. C'est intemporel, se justifia l'homme en s'éloignant de son amant avec un dernier baiser.
— Rejoins-moi sous la douche, lui ordonna presque Alec en partant dans le sens inverse !
Il mit l'eau à couler pour qu'elle soit chaude quand il se placerait sous le jet et retira son unique vêtement. Un rapide lavage de dent et il pénétra dans la grande cabine.
Il se sentit tout de suite mieux et bien plus réveiller quand la chaleur salvatrice massa ses muscles endoloris.
La veille, il avait couru sur une dizaine de pâtés de maisons pour rattraper un criminel que Jace et lui avaient laissé filer après la descente dans le domicile du malfrat. Il avait mal partout !
Il sentit les bras puissant de son amant l'étreindre et il oublia instantanément son travail pour se laisser aller contre la douceur du torse derrière lui.
— Ça a été rapide, sourit-il. Tu n'as pas tenu à les essayer aussitôt ?
— C'était un pli pour toi, expliqua Magnus avant de laisser ses lèvres courir sur le torse de son compagnon.
— Un pli ? Qu'est-ce que ça peut bien être ?
— J'ai une petite idée, éluda Magnus en continuant de s'occuper du corps du plus jeune qui ne s'en plaignit pas.
Quand les lèvres se refermèrent sur la preuve de son désir, Alexander ne put contenir un gémissement profond en rejetant la tête en arrière sous le jet d'eau.
Il n'avait pas besoin de retenir ses complaintes de plaisir aujourd'hui et il comptait bien en profiter.
Il se souvint de leur début passionné presque violent avec un sourire.
Aujourd'hui, leurs étreintes étaient toujours aussi impatientes, mais ils avaient, en plus, parfaitement appris à se connaître mutuellement, sachant comment caresser l'autre pour lui offrir un plaisir maximal et paradisiaque.
Ce matin-là ne fit pas exception. Ils alternèrent les positions, les petites attentions... Firent monter le plaisir à son apogée avant de le laisser volontairement redescendre afin de mieux recommencer. Quand l'eau commença à devenir froide signe que la totalité du cumulus y était passé, ils se séchèrent mutuellement avant de continuer leur corps-à-corps dans les draps de soie du lit conjugal.
— J'ai faim, annonça Magnus quelques heures plus tard, le corps recouvert d'un drap, la tête appuyée contre le torse de son amant.
Alec rit.
— À quelle heure doit-on aller chercher Madzie ?
— Quatorze heures. Largement le temps pour un brunch !
Magnus fut le premier à se motiver pour se lever, Alexander sur ses talons.
Dans la cuisine, l'ancien plus grand sorcier de Brooklyn s'afféra à préparer des œufs tandis qu'une enveloppe épaisse et blanche attira l'attention du policier. Il en avait presque oublié le pli.
Il s'installa à une chaise du bar pour pouvoir observer son amant préparer le repas simplement vêtu d'un tablier, laissant ses fesses nues rebondir librement à chaque mouvement.
Hypnotisé par la vue, le brun ouvrit distraitement son courrier et en sortit un dossier épais à l'allure officiel. Dès la première ligne, il sentit une chaleur intense envahir tout son corps et son cœur se mit à battre plus fort. Incapable de se contenir, il se leva d'un bond, renversant sa chaise derrière lui dans un fracas assourdissant qui attira l'attention de son compagnon qui fut interpellé par les larmes qu'il voyait dans les yeux de celui-ci.
— Alexander ? demanda-t-il d'une voix vibrante d'inquiétude en s'approchant de lui.
Les prunelles vert-miel ne retenaient plus les larmes.
Elles se fixèrent sur les iris chocolat et un sourire timide souleva les lèvres du brun avant qu'il ne se jette dans les bras de son âme-sœur, laissant tomber à leurs pieds les papiers validant officiellement l'adoption de Madzie.
Ils étaient enfin une vraie famille.
FIN
