Commandes décembre 2020 ouvertes !
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Et si ?
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- L'équipe du Comptoir -
Et maintenant, place à la deuxième partie de ce chapitre : la fic !
Petite note générale sur la fic : Cette histoire est une co-écriture entre deux auteurs du Comptoir, Angelica R et Marina.
Pour ce neuvième chapitre, c'est Marina Ka-Fai qui est à la plume.
Disclaimer :OUAT et GOT ne m'appartiennent pas (on s'en serait pas doutés…)
Chapitre 9
Brienne déambulait dans la cour du château, à la recherche de Lord Renly. Elle faisait fi des racontars autour d'elle : une femme en armure. N'avaient-ils jamais vu de femmes ou d'armures auparavant ? Elle s'arrêta près d'un garde et se présenta :
- Brienne de Tarth. Je viens suite à la demande de Lord Renly pour le remplacement d'un garde personnel.
Jaime, qui arrivait de la tour des Gardes Royaux, s'arrêta, curieux. Une femme qui prétendait à la chevalerie ? Cela lui rappelait Cersei quand, enfants, ils s'amusaient à échanger leurs places, combien elle avait aimé porter les armes et un plastron !
- Et vous comptez faire quoi ? Les repousser avec votre visage ? Railla l'un d'eux
- Il suffit ! Intervint la cape blanche. Vous oubliez que vous parlez à une dame et une noble dame de surcroît.
- Pardon Ser mais avouez que c'est cocasse !
Le Régicide jaugea la nouvelle arrivante. Grande, très grande, plus grande que lui. Le cheveu blond court et filasse, les yeux bleus délavés, la mâchoire carrée, le nez abîmé... Et un air d'innocence. Oui, il ne connaissait rien de Brienne mais son intérêt était piqué. Il se demandait d'où lui venait son goût pour la chevalerie, ce qui l'y avait menée, ses aspirations. Des fillettes qui voulaient être chevaliers, c'était commun. Mais une qui arrivait à la cour, épée à la hanche, ayant le culot, les couilles même, de se présenter pour un poste vacant, c'était déjà bien plus rare.
- Je vous remercie pour votre intervention, Ser. Dit-elle. Mais je peux m'en sortir seule.
- Je n'en doute pas, Lady Brienne.
- Je ne suis pas une lady, Ser.
- Si vous le dîtes. Mais vous avez éveillé ma curiosité. Vous dîtes vouloir servir Lord Renly comme garde. Connaissant l'homme, à défaut de vous laisser une chance, ce qu'il ferait peut-être, il vous recevra, une marque de politesse pour votre long voyage.
- Où voulez-vous en venir, Ser ? Demanda Brienne qui gardait son calme mais perdait patience
- Accepteriez-vous un duel amical, Brienne ? Que je puisse voir l'étendue de vos talents et pour vous laisser une chance de rabattre le caquet de ces deux nigauds.
Les gardes ricanèrent. Face à la plus fine lame du royaume, elle ne faisait pas le poids ! Brienne accepta, ils se mirent en position.
- Le premier qui touche l'autre gagne. Annonça Jaime
Ils croisèrent leurs lames en signe de respect, reculèrent de quelques pas. Puis, Jaime chargea Brienne, laquelle para son coup d'estoc en le déviant vers sa droite. Le chevalier se remit aisément en position et bloqua la tentative de Brienne d'égratigner son armure. Elle évitait la figure. Il attaqua plusieurs fois d'affilée, la forçant à reculer tout en arrêtant son épée du plat de la sienne. Après quelques passes supplémentaires, l'homme chercha à l'attaquer par le dessus mais Brienne s'abaissa tout en levant son arme du bras droit, évitant ainsi le coup. Sur la pointe de sa lame, un morceau de la cape immaculée de Jaime siégeait. Il sourit, clairement amusé par l'échange.
- J'ai rarement croisé le fer avec une personne aussi rapide ! Vous avez gagné, Brienne.
Il tourna la tête vers les gardes médusés.
- Amenez Lady Brienne auprès de Lord Renly pour le poste de garde. Rapportez-lui l'échange, je me porte garant d'elle.
- Ser...
- Promettez-moi une revanche et nous sommes quittes. Maintenant, pardonnez-moi, mais des impératifs familiaux m'appellent.
La jeune femme le regarda partir, le cœur battant dans la poitrine. Elle venait de battre Jaime Lannister, le Régicide, l'un des meilleurs guerriers du royaume. Et il était prêt à appuyer sa candidature. Un homme de sa trempe l'avait prise au sérieux.
Peut-être que son père avait tort et que la capitale lui apporterait le bonheur, finalement.
Lancel ne ressentait rien. Ni douleur, ni chaleur, ni frissons. Rien. C'était comme s'il était plongé dans un profond sommeil. Jusqu'à ce qu'il éprouve comme des fourmillements envahir chaque parcelle de son corps. Et alors qu'il ne voyait rien, n'entendait rien, il savait que c'était Hades. Il ignorait comment ou pourquoi, mais il le sentait. Il sentait cette aura particulière, un peu comme un parfum porté à fleur de peau. Il l'avait déjà ressentie avant au niveau de sa jambe. Mais là, c'était partout et peu à peu, les sensation lui revinrent. Aucune douleur, juste la chaleur de ses draps et de la courtepointe, la douceur de l'oreiller, la caresse du vent sur ses joues. Il grogna légèrement, le soleil venant taquiner ses yeux. Il les ouvrit lentement et découvrit l'ami de Zelena à ses côtés, sa main au-dessus de sa tête, un léger halo bleu en sortant.
- Bienvenue parmi nous, Lancel. Plaisanta le dieu en constatant son réveil.
- Lord Had...
Il se coupa, regarda brièvement autour de lui, avant de reprendre :
- Lord Frey ?
- Toujours aussi vif, c'est bien, cela veut dire que ton cerveau n'a pas de dommages. Zelena sera soulagée.
- Que s'est-il passé ?
- De quoi te souviens-tu ?
- Une chasse, le roi, une racine et...
Il se tut, réalisant l'horreur de ses propos. Robert l'avait frappé, encore une fois, mais cette fois-ci, même involontairement, il avait failli le tuer. Le choc de son crâne contre la pierre lui revint, vivace, presque pénible. Le roi avait failli le tuer... L'information valsait dans sa tête, le rendant profondément malade. Qu'avait-il donc fait pour mériter un pareil traitement ? Etait-il venu le voir ? Avait-il au moins eu la décence de regretter ce qu'il s'était passé ?
- Vous m'avez déjà aidé, n'est-ce pas ? Demanda-t-il. Ma jambe. Quand je suis tombé. J'ai senti votre magie. Ne me demandez pas comment j'ai fait ou comment j'ai su que c'était vous, par contre.
Hades l'étudia un instant, surpris mais étonnement ravi.
- C'était bien moi. Tu avais la jambe cassée. J'ai aussi ralenti ta chute. J'ai essayé depuis longtemps de te soigner mais mes pouvoirs étaient encore bridés.
- Bridés ? Pourquoi ?
- C'est une longue histoire. Sache juste que je suis au mieux de ma forme désormais et ce, grâce à Zelena.
- Votre départ est donc proche.
- J'ai promis à Zelena de t'aider, Lancel.
- Je maintiens ce que j'ai dit. Quand vous partirez, je viens avec vous.
- Nous verrons le moment venu mais en attendant...
Hades stoppa les soins, se composa un rôle vite fait et se précipita hors de la chambre, feignant la surprise.
- Ser Kevan ! Ser Kevan, venez vite ! C'est un miracle ! Cria-t-il
Lancel eut à peine le temps de réaliser qui l'homme venait d'appeler que son père accourut, le soulagement peignant ses traits tirés dès qu'il le vit réveillé. Il ne parvint pas non plus à l'appeler, Kevan ayant été bien trop rapide : il l'avait aussitôt enlacé contre lui, le serrant comme s'il avait peur de le perdre s'il le relâchait. Le jeune homme ferma les yeux et lui rendit son étreinte. Après un moment, le chevalier demanda à ce que l'on aille chercher Zelena.
- Lady Harloi, Ser Kevan ? Demanda Hades, prétendant ne pas comprendre pourquoi
- Elle a été la première et seule amie de Lancel avant votre arrivée à la cour. Si quelqu'un mérite de le voir avant tout le monde, c'est bien elle.
Le dieu acquiesça et laissa le père et le fils à leurs retrouvailles.
Hades entra dans les appartements de Zelena avec un grand sourire aux lèvres. Il fut surpris de la trouver en compagnie de Jaime et de Tyrion. Il n'ignorait pas que les frères Lannister s'étaient rapprochés d'elle pendant la convalescence de Lancel suite aux événements. Ils pensaient qu'il ne fallait pas la laisser seule dans son chagrin. Il leur en était reconnaissant même s'il trouvait cela assez hypocrite de leur part.
- Lord Steffon ! Quelle bonne surprise ! Dit Zelena
- Ser Kevan vous réclame, Madame. Répond-il
- C'est Lancel, n'est-ce pas ? Demanda Jaime
Le chevalier avait les traits tirés et les yeux cernés. Il prenait cette histoire à cœur et la peur de perdre son jeune cousin d'une manière aussi horrible qu'injustifiée semblait lui avoir ouvert les yeux. Il avait raconté à Zelena des anecdotes sur Lancel enfant, leur proximité, la distance qui s'était doucement installée et surtout, leur négligence. Ils avaient fait l'erreur de supposer que Lancel était comme eux. Et ils en payaient le prix aujourd'hui.
- En effet, Ser Jaime. Lancel vient de se réveiller.
Le visage de Zelena s'illumina avec un immense sourire et un cri de joie qu'elle ne put retenir. Sa joie réchauffait le cœur nouveau du seigneur des Enfers. Tyrion eut un soupir de soulagement. Quant à son aîné, on aurait dit que le poids du monde venait d'être ôté de ses épaules.
- Il ne réclame que Lady Zelena ? S'enquit-il
- Oui. Ser Kevan voudrait que la première visite de Lancel soit son amie.
- Vous êtes bon, Lord Steffon, de le tourner ainsi. Mon oncle l'aurait dit bien plus brusquement.
La sorcière les salua avant de prendre le bras qu'Hades lui offrait. Une fois seuls, Jaime s'autorisa à trembler. Tyrion lui servit un verre de vin. Si les dieux existaient, ils étaient bons et avaient épargné leur cousin. Et c'était à eux, désormais, de le sauver de cet Enfer.
Lors du chemin, Zelena et Hades avaient croisé Barristan Selmy. Face à la joie de la jeune femme, il comprit qu'une bonne nouvelle était arrivée mais son soulagement fut réel et sincère quand elle confirma sa pensée. Le vétéran se sentait terriblement coupable. Alors qu'il servait le roi, il n'avait rien vu de la détresse de son écuyer, d'un enfant. Un chevalier était censé secourir les plus faibles et il n'avait rien remarqué.
Ou plutôt, il avait fermé les yeux.
Lancel souffrait depuis longtemps et il aurait pu agir et mettre fin à cette mascarade bien plus tôt, en prévenant la reine. Etant de sa famille, elle aurait sûrement fait quelque chose, même si ce n'était que prévenir Lord Tywin, le chef de leur famille.
Mais cela, c'était avant l'accident de Lancel et l'absence évidente de la reine à son chevet.
Même pas un mot, une question à son sujet, rien. C'était comme si Lancel n'existait pas à ses yeux.
Il agirait avec Jaime pour le bien du garçon.
Mais avec lui uniquement.
Le duo marcha et arriva enfin à l'infirmerie. Ser Kevan se leva pour saluer la nouvelle arrivante et s'écarta pour qu'elle constate d'elle-même la nouvelle qui avait des airs de miracle : assis sur son lit, les couvertures remontées à la taille, Lancel, bien qu'apparemment un peu fatigué, lui souriait.
- Lancel...
- Lady Zelena.
Les larmes lui vinrent aux yeux et elle l'enlaça aussitôt, si fort que le jeune homme eut l'impression de manquer un peu d'air.
- Les Sept soient remerciés, tu vas bien !
- Lady Zelena... J'étouffe !
- Oh pardon !
Kevan retint un petit rire amusé.
- Tu nous auras fait une belle frayeur. Dit la sorcière à son protégé
- Le roi nous aura fait une belle frayeur, ma lady. Lui répondit-il
Le père de l'alité regarda son fils, surpris. Il était rare que Lancel se montre si imprudent. Poli, oui, toujours. Mais en temps normal, il suivait son conseil : surveiller ses paroles à la cour. Là, il décelait dans les yeux de son garçon une pointe d'amertume, de colère même. Il fallait faire quelque chose et vite. Lancel était quelqu'un de résilient. Mais à force d'être sous pression, il finirait par exploser et la soupape semblait dangereusement prête à sauter. Il comprenait son enfant. Lui-même était rongé par une colère sourde. Il avait pardonné à Jaime et à Tyrion. Les deux avaient fait pénitence :
N'étaient-ils pas venus voir Lancel plusieurs fois ?
Jaime n'avait-il pas admis, honteux, qu'il n'avait pas été à la hauteur ?
Ou même avoué ses idées d'action ?
Ne lui avait-il pas écrit et avoué toute la vérité sur la vie de son cousin à la cour ?
Non, Kevan ne pouvait pas en vouloir à ses neveux, il ne pouvait plus leur en vouloir, pas après leur mea culpa sincère.
Mais il en voulait à Cersei pour son inaction, son indifférence alors qu'il lui avait demandé, dans une lettre peu avant le départ de Lancel pour Port-Réal, de veiller sur lui comme elle veillait sur ses propres enfants ? Il n'avait que trois ans de plus que Joffrey, pour l'amour du Ciel !
Il en voulait au roi et devait contenir ses envies de régicide.
Et il s'en voulait aussi.
Il n'avait pas su lire entre les lignes. Avait-il, même inconsciemment, mis trop de pression sur les épaules de son petit garçon ? Lancel avait le respect de leur nom, voulait les rendre fier, être un membre contribuant à leur gloire. Et le fait qu'il était né après tant d'années de stérilité en ajoutait à cette idée qu'il devait être le meilleur héritier possible. Alors que l'héritier qu'il était actuellement n'avait absolument pas à rougir de qui il était. Kevan ne le disait pas souvent mais il était fier de lui. C'était peut-être là le nœud du problème. Il aurait dû dire à Lancel combien il était fier de lui, de l'homme qu'il devenait. Il avait fallu une étrangère venue de l'ouest de Westeros pour leur ouvrir les yeux à tous.
- Comment te sens-tu ? Demanda-t-elle
- Mieux. Un peu sonné. Jai beaucoup à rattraper mais je vais mieux.
- Rattraper ? Répéta-t-elle
- Le roi m'aura remplacé le temps de mon absence mais je vais retourner le servir sous peu.
- Tu ne retourneras pas auprès du roi, Lancel. Déclara alors Kevan
Tous les yeux se tournèrent vers lui. Il regardait son fils avec bienveillance mais sa mine était fermée, son ton sans appel.
- Père ?
- Tu ne serviras plus le roi, Lancel. Pas après ce qui est arrivé. J'ai encore à peaufiner les détails mais il est hors de question que je te laisse servir quelqu'un qui te maltraite et qui lève la main sur toi. Je ne t'ai pas envoyé à la cour pour servir de sac de frappe.
- Je ne comprends pas.
- Jaime m'a écrit ce qui était arrivé et ce que tu subis au quotidien. Bien sûr, il faudra voir avec le roi mais je doute qu'il s'oppose à un transfert.
Voyant l'expression confuse de Lancel, il lui sourit gentiment.
- Ser Barristan Selmy ou ton cousin Jaime seraient ravis de reprendre ta formation.
Les yeux du jeune homme brillèrent alors qu'il souriait comme un enfant à qui on venait de faire le plus beau des cadeaux. Cependant, il restait dans ses iris verts une crainte.
- J'ai dû beaucoup vous décevoir, Père. Je suis désolé.
- Désolé ? Mais de quoi enfin ? S'il y a quelqu'un ici qui doit s'excuser, c'est moi, Lancel. Je t'ai laissé dans cette merde trop longtemps. Et il est normal que je t'en sorte. Mais avant toute chose...
Il fixa Zelena et Hades.
- J'aimerais savoir qui vous êtes réellement tous les deux.
- Je vous demande pardon, Ser ? Dit Zelena, sentant son corps se raidir contre sa volonté
Il n'y avait aucune méchanceté dans l'expression de Kevan. En fait, elle était difficile à déchiffrer. Les savoir les amis de Lancel les mettaient de son côté. Définitivement de son côté. Cependant, pourquoi une telle question ? Il était impossible pour lui d'avoir pu constater leurs dons. Zelena n'en était encore qu'aux balbutiements et Hades était bien trop prudent.
- J'aimerais savoir votre véritable identité. Reprit Kevan. Votre véritable identité et une explication : comment une lumière bleue émanant de la main de Lord Frey a-t-elle pu sauver mon fils ?
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