Exact ! La suite est bien là :)

Disclaimer : Les droits du fandom Star Wars ne m'appartiennent pas. Yoda non plus. Il n'y a que l'histoire et quelques OC qui m'appartiennent.

Relecture : J'ai eu la chance d'avoir une relecture attentive de la part de Nanthana14. Elle connait bien le fandom et elle a gentiment accepté de m'aider. Merci Nanthana ! :)

Bonne lecture !


Chapitre 12 : Un écho du passé

Entrepôts désaffectés, Morukar

Le Zabrak monta doucement au premier étage en se fondant dans les ombres. Difficile de savoir s'il serait le premier arrivé.

Impossible d'utiliser la Force pour quadriller les lieux. Les siths le repéreraient immédiatement, s'ils étaient déjà là. Heureusement, le jedi avait déjà mémorisé les plans des lieux.

Le cousin de son ami Herglic était le propriétaire du bâtiment, jusqu'à l'année dernière du moins. Celui-ci avait pu lui donner suffisamment d'informations pour maîtriser le terrain.

Daraï s'immobilisa dans une zone d'ombre et retint sa respiration. Il prit le temps d'écouter et d'observer, à l'affût des moindres détails. Il traquait à l'ancienne, sans la Force, c'était le seul moyen de piéger efficacement ceux qui se reposaient uniquement sur elle.

Rien au premier.

Sans hésiter, le Zabrak se dirigea vers les conduits de chauffage. La saison des blizzards approchaient, mais les habitants du glaçon ne chauffaient pas encore. Pour le moment, c'était donc un passage plus ou moins secret.

Il fallait juste réaliser l'ascension dans un silence absolu, car le moindre bruit raisonnait. Heureusement, les Herglics étaient passés deux jours plus tôt pour huiler les trappes d'entretien. Arrivé au second, il ne détecta aucune présence et poursuivit son infiltration silencieuse.

Au troisième, le Zabrak se figea. Il n'était pas sûr, mais cette fois-ci, il y avait peut-être quelqu'un. Il attendit un moment avant de sortir en douceur des conduites.

Cela pouvait être n'importe qui. D'après les Herglics, plusieurs mercenaires avaient disparus de la circulation. Ils avaient probablement été recrutés pour une grosse opération.

Quatre autres siths étaient arrivés pour prêter main forte à Darth Chase. Bien sûr, il y avait toujours l'inconnu qui avait intercepté l'appel du Duro. La variable imprévisible qui ne s'était toujours pas manifestée, à moins que cela vienne des agents de Chase. Improbable.

Quel dommage qu'on ne puisse pas pulvériser la planète, songea le Zabrak. Le problème serait réglé en toute simplicité. Malheureusement – ou heureusement – ça dépendait du point de vue, une telle force de frappe n'existait pas à l'heure actuelle et n'existerait probablement jamais.

Le jedi hésita à reprendre l'ascension par la tuyauterie. Mieux valait garder ce passage pour s'évader si nécessaire. Les accès aériens réservés aux aéronefs étaient exclus car verrouillés. Restait au choix, le monte-charge, les escaliers pour les ouvriers ou les voies d'accès pour les porteurs-mécanisés. Le monte-charge serait peu discret. Les escaliers seraient sans doute les moins éclairés. C'était parfait.

Le quatrième étage était en mauvais état. Le Zabrak prit bien garde à ne pas buter sur un obstacle ou des morceaux de caisses éclatées, des fragments d'outils rouillés. Se dissimulant dans l'ombre d'une bâche, le Zabrak se remit à écouter. Il y avait définitivement quelqu'un. Sa présence était presque aussi discrète que la sienne, mais pas suffisamment pour échapper à un chasseur expérimenté.

Le jedi vérifia la position de ses sabres. Le bleu dans la manche gauche, le rouge dissimulé au niveau de l'omoplate. Le couteau incurvé était à sa ceinture. Il était prêt à combattre.

Daraï résista à l'envie de déployer ses pouvoirs et de se plonger dans la Force. Au contraire, il respira doucement et enfouit sa sensibilité au plus profond de lui-même. Pour le moment, il ne fallait pas s'annoncer en tant que jedi.

Caressant ses cornes pour se donner du courage, il reprit sa progression silencieuse en direction de la silhouette qui hantait les lieux.

Le Zabrak parvint à se dissimuler une nouvelle fois. Il jeta un coup d'œil. Humanoïde certes, mais définitivement pas Darth Chase. Le Bothan n'avait pas cette allure. Le jedi se surprit à observer la prestance de la personne. Il avait rarement rencontré une telle maîtrise de ses mouvements, même chez les jedis.

L'autre semblait aussi inspecter les lieux. Étonnament sans l'usage de la Force non plus. Pourtant une telle grâce ne pouvait pas venir d'un simple mercenaire. Depuis quand les traqueurs de Ruptura employaient ce genre de méthodes ? Chase en était capable, mais c'était bien le seul.

Et si c'était lui ? Depuis tout ce temps ?

L'heure tournait, d'autres pouvaient arriver. L'intrus était seul. Il fallait en profiter.

« Puis-je vous aider ? » proposa le Zabrak à voix basse en sortant de l'ombre de son pilier.

L'inconnu sursauta légèrement. Pas assez pour que cela paraisse naturel. Daraï eut un mauvais pressentiment.

L'autre pivota sur ses talons et rejeta son capuchon. C'était une femme, une Umbaran. La peau nacrée, la haute taille et simplement les traits ne laissaient aucun doute. Premier soulagement, il n'y avait jamais eu d'Umbaran dans les rangs de Darth Ruptura.

« Possible. Je cherche le Baragwin Selny, expliqua-t-elle. Pour affaires » crut-elle bon d'ajouter.

Le Zabrak se reprocha doucement, jaugeant l'Umbaran.

« C'est bien le propriétaire des lieux, reconnut le jedi avec méfiance. Malheureusement, il se trouve dans sa résidence près de Sudakar. Étrange qu'il vous ait donné rendez-vous ici. Qui êtes-vous ?

— Et vous ? C'est un peu curieux de vous introduire dans des entrepôts en pleine nuit pour surprendre les gens, répliqua-t-elle.

— Je vous trouve assez mal placée pour me faire la morale » répondit le Zabrak amusé.

L'inconnue se mordit un instant la lèvre. Encore un détail étrange. Les Umbarans avaient toujours un excellent sens politique, des explications pour tout et un talent inné pour les intrigues. Celle-ci était trop silencieuse. De plus, rien ne pouvait justifier la présence d'un Umbaran aussi loin de sa planète natale. Elle le savait et il le savait. Voilà pourquoi elle ne prenait pas la peine de l'embrouiller. Est-ce que c'était elle ?

« Vous savez déjà qui je suis, tenta le Zabrak. La politesse voudrait que vous vous présentiez. »

Elle ne répondit pas.

« Nous ne nous sommes pas croisés souvent mais…

— Je m'en souviendrais, coupa l'Umbaran.

— Il y a deux années standards, j'ai reçu une information anonyme. Cela m'a permis de faire tomber une partie du réseau de renseignement de Ruptura. Une année auparavant, l'un des alliés de Ruptura a été retardé, ce qui m'a permis de l'assassiner. Bien sûr que si. Nous sommes déjà rencontrés. Plus ou moins. »

L'Umbaran hésitait, mais elle ne répondit pas. Elle le jaugea pour déterminer s'il faisait semblant d'en savoir plus.

« Vous appartenez à la lignée maîtresse des siths. La vraie lignée. La seule qui compte. Celle qui suit la règle des deux.

— C'est une grave accusation que vous portez là, répliqua doucement l'Umbaran.

— Pourquoi ? C'est une vieille légende sith et je dois bien être le seul jedi à y croire.

— Vous vous trompez, j'attends mon maître Darth Chase. »

Le Zabrak éclata d'un rire joyeux.

« Vraiment ? Non je connais les trois apprentis de Chase.

— Qu'est-ce qui pourrait bien vous faire penser que je ne suis pas avec lui ?

— L'appel de Vektas vers Coruscant. Ni Chase, ni Ruptura n'ont le pouvoir d'intercepter des communications galactiques. De plus, nous sommes trop éloignés du rayon d'activité de Ruptura. Jamais le Bothan n'aurait pu pousser le glaçon à accuser et enfermer un jedi. Alors l'apprenti ou le maître ? Je pencherais pour l'apprenti. Vous manquez encore de subtilité dans vos interventions. »

Pour une Umbaran, c'était clairement une insulte et cela fonctionna.

« Et vous ne me craignez pas ? » cracha-t-elle en dégainant un sabre.

Un sabre incurvé. Une praticienne de la forme Makashi. L'élégant style des duellistes. Effectivement il y avait des raisons de la craindre.

« Si vous vouliez me tuer, ce serait fait depuis des années, objecta le Zabrak avec un rictus satisfait.

— Les temps changent !

— Pourquoi être venue ici ?

— À votre avis ?

— Pour les deux Twi'Leks bien évidemment. Si j'avais l'esprit aussi bien tourné qu'un sith, je dirais que vous voulez recruter un apprenti dans le dos de votre maître. »

Les yeux de l'Umbaran s'allumèrent. Elle était amusée.

« Mais si c'était le cas, poursuivit Daraï. Il y aurait eu une explosion chez le raffineur qui les détenaient et vous auriez déjà quitté le glaçon.

— Bien raisonné, encouragea la sith.

— Vous êtes venu dans ce bâtiment pour faire le ménage. Exécuter définitivement les gosses pour qu'ils ne renforcent pas les rangs de Ruptura ou ceux des jedis.

— Intéressante interprétation mon cher Daraï, souffla-t-elle.

— Est-ce que les communications des siths ont été bloquées aussi ? Les siths de Ruptura ?

— Exactement, reconnut-elle. C'est même l'absence de réponse qui a poussé quatre nouveaux renforts à rejoindre Chase.

— Mais ce n'est pas vous qui avez recruté les mercenaires. Trop voyant.

— Toujours exact, quelle est votre conclusion ?

— Vous voulez que je fasse le ménage pour vous, pour affaiblir Ruptura. Il y a bien la moitié de ses guerriers sur cette planète. Si je m'en charge, c'est plus facile de désigner un coupable crédible. Tandis que la disparition soudaine d'une partie de ses troupes vous aurait mis en lumière.

— Et si vous aviez tort ?

— Si j'étais moi-même la cible ? ricana le Zabrak. Je ne suis pas si important. Un autre me remplacera, moins instable, probablement moins efficace, mais je serai remplacé. Aucun intérêt. »

La sith laissa planer un silence pensif. Puis son visage se tordit en une grimace qui ressemblait à un sourire, à moins que ce soit un sourire qui ressemblait pas à une grimace.

« Maintenant que vous m'avez rencontré, les choses ont changé, rectifia-t-elle.

— Pas vraiment. La lignée maîtresse reste une légende. Ce n'est pas comme si j'avais beaucoup de crédit auprès du Haut Conseil. Ma valeur ne se mesure qu'au nombre de cadavre de siths que je laisse derrière moi, dit-il en souriant.

— Vous et moi savons que ce n'est pas tout à fait vrai » nuança-t-elle avec un sourire à peine plus sincère.

Le Zabrak éclata d'un rire franc, mais se reprit très vite.

« Vous me flattez. Mais dîtes moi ? Si je suis si important et que je vais mourir, puis-je vous poser une dernière question avant de décéder ?

— Ça dépendra de la question, répliqua l'Umbaran.

— À la bonne heure ! Qui est Ruptura par rapport à la lignée maîtresse ? Je doute qu'un jour, un sith de son niveau soit apparu comme ça. Un enfant sensible à la Force, non repéré, ni par nous, ni par pour vous, c'est possible. Mais qu'il ait atteint un tel niveau. Non. Qui est-il ? »

La sith haussa un sourcil amusé.

« Je vous ai sous-estimé Daraï. Enfin, Ruptura a tout de même laissé un indice évident. Le nom qu'il s'est choisi n'est pas anodin.

— C'est lui qui a fait rupture avec la règle des deux, certes, mais est-ce que c'était un plan de la part de la lignée ?

— C'est la seconde question que vous me posez Daraï, vous êtes bien gourmand, répliqua-t-elle.

— Pas vraiment. C'est le développement de la première. Est-il un renégat de la lignée principale ou un outil pour agiter la République et vous permettent de progresser en exploitant les remous ?

— Et vous croyez que je vous aurais aidé à deux reprise s'il rentrait dans nos plans ? Non. Ruptura était l'ancien apprenti de Darth Nemo. Je suis sa remplaçante en quelque sorte. »

Le Zabrak prit le temps d'analyser les révélations et de réorganiser ce qu'il savait sur Ruptura. De plus, il venait d'obtenir deux informations supplémentaires sur l'Umbaran. Il était bien face à l'apprenti, mais celle-ci était déjà expérimentée, assez pour l'aider discrètement. En résumé, du bon et du moins bon.

« Trop avide de pouvoir et pas assez ambitieux pour la lignée, murmura-t-il. Il a essayé de former des apprentis pour se débarrasser de votre maître et il a échoué. C'est bien ça ?

— Je ne connais pas les détails. Mais oui. Mon maître lui a échappé. Depuis le renégat construit son armée et mon maître poursuit ses plans en suivant la règle des deux.

— Pourquoi ai-je l'impression que vous êtes fréquemment en conflit avec Ruptura ? ricana le Zabrak.

— Je ne vois absolument pas ce qui vous fait dire ça » susurra la sith.

Tous les deux éclatèrent de rire sans se quitter du regard.

« Loin de moi l'idée d'écourter cette agréable conversation, reprit le jedi. Comme vous vous en doutez certainement, vous n'êtes pas celle que je voulais attirer ici à la base. »

Les doigts de la sith se crispèrent légèrement sur son sabre. Elle était prête à bondir même si le Zabrak n'avait toujours pas dégainé.

« Sur tous les aéronefs de diversion, deux ont disparu mystérieusement et un a été retardé inexplicablement. Je ne peux qu'admirer la différence entre les deux philosophies siths.

— J'imagine que tous les aéronefs permettaient de remonter plus ou moins subtilement à cette adresse.

— Vous supposez bien, confirma Daraï satisfait. Que penseriez vous d'une alliance contre Ruptura ? Temporaire bien sûr, précisa-t-il.

— C'est tentant, mais vous pourriez me trahir avec eux, répliqua-t-elle.

— Et réciproquement. Quoique Darth Chase me semble trop arrogant pour accepter de s'allier à un électron libre comme vous ou moi.

— Surtout à un jedi, fut-il aussi tordu que vous.

— C'est un risque à courir. Mais la moitié des apprentis de Ruptura sont sur le glaçon. C'est une opportunité unique, souffla-t-il.

Le jedi et la sith eurent un frissonnement. La Force venait de subir une perturbation.

« Quelle coordination, remarqua l'Umbaran avec aigreur.

— Ils ont déjà fait sonner deux alarmes pendant que nous parlions, expliqua Daraï en sortant un petit boîtier d'une de ses poches. Alors, quelle est votre décision ? Ils sont en bas.

— Au premier » rectifia-t-elle.

Le sourire du Zabrak s'élargit et celui de l'Umbaran se durcit.


Aha !

Si je vous dis qu'il fallait bien couper quelque part ? Vous ne me croiriez pas :D

Vous avez déjà eu beaucoup de révélations. La rencontre entre les trois camps attendra la prochaine fois. A bientôt ! :)