Chapitre 10 :
Abrutis !
Comme convenu, ce fut dans l'heure que le cessez le feu avait été signé. Edward avait dû lutter de toute ses forces pour se lever et se reconstituer une façade neutre et forte, de bonne humeur. Il avait beaucoup de mal mais il avait réussi, remplissant une fois encore son devoir. Il avait été infiniment soulagé lorsqu'il avait posé sa signature sur l'acte de cessez le feu lu et relu scrupuleusement. Les choses avançaient et si la paix n'était pas encore là, elle était en route. L'ambiance dans la zone s'en ressentait d'ailleurs, soudain plus détendue après cette signature qui avait fait sourire les deux camps. Tous avaient d'ailleurs observé de loin ce moment important se déroulant au milieu de ce qui avait été leur champs de bataille. La nouvelle se répandait d'ailleurs très rapidement sur le front qui s'embrasait de joie et d'espoir. Le cessez le feu officiellement établi, Edward avait dû se forcer encore de longues heures pour discuter des détails avec le général Diavra qui commandait le front en face de lui. Tout deux devaient se charger des détails d'organisation de la négociation qui aurait lieu ici même, sur le plus grand point de conflit de la ligne de feu. C'était à eux de s'occuper de la logistique et de la sécurité. S'ils s'affrontaient depuis plusieurs mois maintenant, ils ne s'étaient jamais rencontrés et ce fut l'occasion pour eux de faire connaissance.
Edward découvrit un homme d'honneur, patriote et ne voulant que protéger son pays et lui apporter la paix. C'était un homme bien qui malheureusement n'avait pas eu autant de prise que lui sur ses officiers, les influences jouant en tout sens avec des hommes de pouvoir souvent bagarreurs et pas forcément bien intentionnés. Un peu comme à Amestris pour certains d'ailleurs. C'était aussi pour cela qu'il avait été choisi pour cette mission, parce qu'il était incorruptible et qu'il voulait vraiment la paix. Le général quant à lui avait un immense respect à son égard et il ne se privait pas pour lui montrer. Au final, Edward trouvait vraiment stupide que deux personnes qui pouvaient s'entendre aussi bien aient été forcé de s'affronter de la sorte. La guerre était vraiment stupide. Ils avaient réglé tout les détails ensemble sans trop de mal. On dresserait une tente pile entre les deux pays et chacun pourrait amener sa propre sécurité pour protéger ses dignitaires. L'artillerie serait retirée de chaque camps pour éloigner le risque d'attaque longue distance qui seul pouvait atteindre la tente des négociations et chaque camps mettrait en place une sécurité interne pour vérifier que personne ne ferait de bêtise de son côté. Le général avait promis de prendre des mesures contre les extrémistes pour qu'ils n'interviennent pas, expliquant que tout ceux qui étaient connus comme tels ou simplement soupçonnés de l'être avait été éloigné. Tout faire avait été long et lorsque Edward avait enfin pu rejoindre sa tente, tout ses hommes l'acclamant sur son passage pour ce dénouement, il s'était de nouveau effondré, les membres des forces spéciales veillant sur lui, très inquiets à son sujet.
L'annonce du cessez le feu et de l'acceptation des négociations fut une très grande nouvelle pour Central. Le Généralissime et tout le gouvernement la reçurent avec stupeur devant cette réussite du Fullmetal en laquelle peu croyaient puis avec grande joie pour la plus part. Grumman ne perdit pas de temps. Ce fut au général Mustang et au général de brigade Hyughes qu'il décida de confier les négociations, passant ses consignes et ses ordres. Le but était simple : obtenir cet accord de paix au plus vite pour mettre fin à cette guerre qui n'avait que trop duré. Amestris n'avait pas l'intention d'être exigeante dans cet accord déjà trop longtemps attendu. La seule chose que l'on voulait était la paix et rien d'autre. Ils espéraient simplement que Aerugo en ferait de même. On redoutait les demandes farfelues qui pouvaient jaillir dans ce genre de discussion. Négocier un traité pouvait ne prendre que quelques jours comme des mois. Les deux hommes se montrèrent plus qu'enthousiastes et disposés à remplir cette mission, très heureux d'avoir appris cette nouvelle. Aussi, les ordres donnés, ils étaient partis sans attendre, Mustang emmenant son équipe, les capitaine Focker et Ross ainsi que l'adjudant Brosh accompagnant Hyughes. Et au delà de cette annonce formidable, tous étaient plus que pressés de retrouver le Fullmetal au front depuis plus de six mois. Ils avaient donc pris la route, les transports facilités en urgence par les autorités pour les amener au plus vite sur place. Le train c'était donc fait très direct, le trajet bien raccourcis en temps grâce à cela alors qu'on ne faisait aucun arrêt.
Aussi, ce fut en fin d'après midi le jour même qu'ils arrivèrent au QG principal de la ligne de front. Ce fut un commandant portant l'écusson des forces spéciales qui les reçut, les soldats au garde à vous pour accueillir les généraux et leur escorte. Les nouveaux arrivant ne purent que noter que tous ici étaient fatigués, sans surprise mais il régnait aussi une ambiance plutôt agréable, certainement grâce aux nouvelles du jour.
- Général Mustang, Général de Brigade Hyughes, je suis ravi de vous accueillir ici, salua l'homme. Je suis le commandant Ciore. Je seconde le colonel.
Ils lui rendirent son salut, tous regardant curieusement autour de lui à la recherche d'une tête blonde qui n'était nul part en vue.
- Le colonel Elric n'est pas ici ? demanda Roy un peu inquiet devant cette absence.
- Il a eu beaucoup de travail avec le cessez le feu ce matin, répondit le commandant l'air un peu tendu. Il est à sa tente pour le moment. Nous vous avons fait installer des quartiers aussi confortables que nous le pouvons avec les moyens du front, dit-il ensuite en changeant clairement de sujet. Le colonel ne savait pas si vous pourriez être là aujourd'hui et nous n'avons su que cela serait le cas il y a seulement une heure, alors la première rencontre avec Aerugo n'a été prévu que pour demain après-midi. En attendant, vous pouvez vous reposer du voyage. Toutes les dispositions ont déjà été prises.
- Nous aimerions voir le colonel Elric avant tout, répondit Roy se faisant impérieux.
L'homme hésita visiblement face au général, les surprenant. Il était clairement son supérieur, seul le Généralissime plus élevé en grade pourtant, il semblait ne pas vouloir obéir.
- Commandant Ciore, ça ira, intervint une voix.
Tous se tournèrent pour voir arriver un autre soldat portant l'insigne des forces spéciales, le grade de lieutenant et l'écusson des médecins. Il salua respectueusement et on lui rendit avant de l'autoriser au repos. Il se tourna alors vers le commandant qui lui donnait un regard hésitant.
- Le colonel est très ami avec eux, remarqua le lieutenant en lui souriant. Vous savez comme moi qu'il a longtemps servis sous les ordres du général. Ils peuvent le voir, ce n'est pas un problème et le colonel ne vous en voudra pas pour ça. Il n'y a pas de risque au contraire.
- Si vous le dîtes lieutenant, approuva-t-il finalement. Si vous le désirez, je vous conduis à la tente du colonel, dit-il alors à la délégation désormais très inquiète devant leurs gravités et l'évidente protection qu'ils déployaient autour de leur supérieur.
- Allons-y, lança alors Roy un nœud au ventre.
Ils se mirent en route, tous saluant les officiers de Central sur leur passage. Au plus ils avançaient, au plus la sécurité était renforcée et cela n'était pas vraiment de bonne augure à leurs yeux.
- S'est-il passé quelque chose? demanda finalement Mustang n'y tenant plus. Il n'est pas dans les habitudes du colonel Elric de se barricader de la sorte.
- C'est moi qui ai donné ces ordres monsieur, répondit le commandant.
- Pourquoi ? demanda Hyughes suspicieux. C'est bien la tente de votre colonel que vous protégez de la sorte n'est-ce pas ?
- Oui. Hier soir, il y a eu une attaque, expliqua-t-il. Les extrémistes d'Aerugo avaient eu vent de l'intention de négociation de leur pays et ils ont voulu agir pour remédier à cela. Alors ils ont tenté d'assassiner le colonel, dit-il en les choquants. Avec tout ce qu'il représente pour nous, ils étaient persuadés que sa mort relancerait la guerre. Le Prince Alvaro a présenté ses excuses officielles pour cet assaut, engagé une enquête et il a pris des mesures à l'encontre des extrémistes. Les drapeaux blancs ont été levé plus tôt que prévu par Aerugo parce qu'en apprenant cette attaque, ils ont eu peur des représailles et de la perte des possibilités de négociations. Ils se sont expliqués et ont promis des sanctions. Les attaquants ont déjà été emprisonnés et ils recherchent les commanditaires. Mais nous redoutons qu'ils réessayent alors j'ai décidé de renforcer la sécurité autour du colonel. Il s'est chargé des négociations du cessez le feu et des détails de la logistiques et de la sécurité des négociations.
Ils arrivèrent devant la tente gardée par plusieurs autres membres des forces spéciales qui saluèrent à leur approche. Tous avaient l'air sombres et cela ne fut pas pour les rassurer.
- Vous pouvez entrer mais calmement s'il vous plaît, pria le médecin.
Ils se tendirent mais le suivirent, entrant avec le commandant. À l'intérieur, ils ne tardèrent pas à trouver Edward et ils restèrent figés un moment. Le jeune homme était allongé sur sa couchette, terriblement pâle et assurément inconscient. Il respirait faiblement, son visage et son cou portant d'épais pansements. Il était soigneusement couvert, ses cheveux libres autour de lui, une perfusion en place. Il avait l'ait totalement exténué et amaigri, les horrifiant.
- Ed ! s'exclama Maes en accourant vers lui.
Tous s'avancèrent d'ailleurs, se faisant terriblement inquiets à cette vue.
- Que s'est-il passé ? gronda Roy.
- Le colonel était déjà très éprouvé après tout le travail qu'il a fourni et les combats sur le front, répondit le médecin. Il y eut un gros affrontement hier et il était déjà légèrement blessé et épuisé lorsqu'il y a eu cette attaque. Ils ont agis lorsqu'il était seul et ils ont réussi à le toucher. Il a pris plusieurs balles et d'autres blessures, nous avons dû l'opérer en urgence. Ses blessures ne mettaient pas sa vie en danger mais il a dû se forcer ce matin à la levée des drapeaux puis négocier le cessez le feu et le reste alors qu'il n'aurait pas dû quitter le lit et sa tente. Il a grand besoin de se reposer. Je voulais le faire rapatrier dés que vous auriez repris les choses en mains ici mais Aerugo insiste sur sa présence aux négociations. Ils n'ont confiance qu'en lui et le colonel insiste pour rester lui aussi. Il refuse de partir. Pour le moment, son état et stable mais il doit rester tranquille. Général Mustang, général de brigade Hyughes, je sais qu'il vous écoute bien plus que nous alors si vous pouviez le persuadé de se ménager. Sa vie n'est pas encore en danger mais ça arrivera s'il ne se soigne pas.
- Avez vous tout ce qu'il vous faut pour le soigner ici ? demanda le général les poings serrés.
- Oui, le colonel veille bien sur ses hommes, sourit le médecin, alors il a fait en sorte que nous ayons de bons hôpitaux de campagnes et de bonnes infirmeries pour soigner tout le monde. C'est une de ses priorités. Alors nous avons pu le soigner correctement même si j'aurais préféré un véritable hôpital.
Il y eut un moment de silence lourd avant qu'on ne bouge de nouveau. Roy envoya leur escorte installer leurs affaires, ne gardant que Maes et Riza avec lui. Le commandant repartit à son poste, les priant d'appeler au besoin et le médecin s'en alla, spécifiant que sa tente était juste à côté au besoin et que l'unité du colonel montait la garde ici. Lorsqu'ils furent seuls avec Edward, tout trois vinrent prendre place près de lui, terriblement inquiets. Maes vint effleurer son front d'une main, remontant la couverture sur lui en disant qu'il semblait avoir froid.
- Il en a encore trop fait, remarqua-t-il ensuite en soupirant.
- Certainement mais ce n'est pas une surprise, répondit Riza. Vu tout ce qu'il a fait, c'est évident qu'il a dû y mettre beaucoup d'énergie. Et si Aerugo refuse de négocier sans lui...
- Je me fiche de leur bêtise, grogna Roy. Il n'est clairement pas en état pour des négociations, ni pour rien d'autre.
- On le connaît tout les trois Roy, remarqua Maes. Il ne voudra pas partir sans avoir eu cet accord de paix. Tu le sais comme nous.
- Regarde le Maes ! s'insurgea Flamme Alchimiste. Il doit se reposer en sécurité.
- Et il est en sécurité avec le grand Flamme Alchimiste près de lui non ? répondit calmement son ami percevant presque de la panique chez lui à la vue du Fullmetal dans cet état. On est là pour l'épauler et veiller sur lui maintenant. On va l'aider et s'en occuper. Le mieux que l'on puisse faire et de très vite obtenir ce traité pour qu'on puisse rentrer avec lui.
Le général ne répondit pas mais il approuva, respirant pour tenter de se détendre un peu. Il prit un tabouret pour s'asseoir près du blond avec eux et ils se mirent à veiller, scrutant le jeune homme sous toutes les coutures. Bien sûr, ils avaient eu des nouvelles régulières de tout ce qu'il se passait au front par les rapports et ils savaient que Edward avait dépassé toutes les espérances avec un travail extraordinaire et une ligne de conduite noble jamais entaché. Si c'était avec beaucoup moins de détails, même la population savait que le Fullmetal Alchimiste, l'Alchimiste du Peuple, le Colonel Elric, commandait désormais le front d'Aerugo. Et si c'était surtout par stratégie de communication, le Généralissime ne s'était pas privé pour parler de ce qu'il faisait et de comment il le faisait. Autant dire que la grande majorité du pays étaient encore plus fière du jeune homme qui était encore et toujours ce héros au grand cœur pour tous. Cependant, ils n'avaient pas eu de nouvelles vraiment précises de leur jeune ami. Même dans ses lettres il ne disait rien à personne. Sauf à Roy seul à avoir reçu les confidences du blond qu'il avait gardé pour lui, veillant à le soutenir de son mieux. Il avait senti sa fatigue grandissante dans ses lettres, déjà inquiet pour lui alors qu'il n'était pas au mieux à son départ pour le front. Edward lui avait terriblement manqué et il n'avait jamais cessé de penser à lui chaque jour, priant pour qu'il rentre vite et en vie. Peu à peu, son éloignement s'était fait de plus en plus insoutenable et il s'était surpris à rêver de l'avoir de nouveau dans ses bras, au chaud et à l'abri pour ne plus le laisser s'éloigner de lui. Et voilà qu'il le retrouvait dans cet état. Si cela ne tenait qu'à lui, il l'aurait pris dans ses bras pour le ramener à Central, en sécurité, dans le meilleurs hôpital du pays pour le soigner et le mettre au repos.
Ce fut une petite heure plus tard, alors que l'heure du dîner approchait, que le jeune colonel donna des signes d'éveil. Son visage se crispa et il se mit à remuer légèrement, grimaçant de douleur et d'inconfort.
- Doucement Ed, conseilla Maes une main posée sur son épaule.
Le blond cligna lourdement des paupières, l'air un peu perdu.
- Maes ? bredouilla-t-il.
- Lui même mon colonel, répondit-il légèrement. On est arrivé de Central il y a un petit moment.
- Les négociations, se rappela-t-il en tentant de bouger pour se redresser.
Il gémit pourtant de souffrance, tremblant de tout son corps et Riza se pencha sur lui pour le garder allonger.
- Reste tranquille Edward, tu peux te reposer pour le moment, dit-elle. Les négociations ne commenceront que demain.
- Riza ?
- Oui. Repose toi. Tu as fais de l'excellent travail et tout est en ordre alors tu peux te détendre un peu ce soir.
Il consentit alors à rester allongé, n'ayant toute manière pas la force de se redresser. Il peina visiblement à vraiment se réveiller et ils se demandèrent s'il n'allait pas se rendormir. Mais ce ne fut pas le cas et il fut finalement bien éveillé, ses yeux restant pourtant seulement à demi ouvert, ternes. Il regarda autour de lui avec faiblesse, s'arrêtant en trouvant Mustang.
- Salut, bredouilla-t-il.
- Salut, répondit-il en lui souriant doucement. Prend une pause, tu l'as bien mérité. On va se charger des négociations et on pourra bientôt rentrer.
- Aerugo veut que j'y sois aussi, bredouilla-t-il.
- On sait mais ils savent que tu es dans cet état ? demanda Maes.
- Nan, bien sûr. Il vaut mieux pas, ça aidera pas avec ces débiles d'extrémistes, dit-il lentement. Si je suis pas là, ils risquent de trop se méfier et ça va prendre des plombes. Et ils ne veulent pas que la sécurité de notre côté soient sous la responsabilités d'un autre. Ils craignent encore un piège.
- Ok, répondit l'homme. On va faire ça tous ensemble alors. On va te filer un petit coup de main maintenant et pas de protestation monsieur le héros, dit-il légèrement pour couper court à toute discussion.
- Du moment que vous foutez pas en l'air tout notre travail avec vos conneries, dit-il sur le ton de la taquinerie.
- À vos ordres mon colonel, rit Maes en le faisant sourire légèrement. Mis à part toi, il y a quelqu'un qui peut me donner touts les détails déjà arrangés ?
- Ouais. Va voir l'adjudant Wilrose de mon unité. Il a participé à toutes les discussions avec moi et le commandant Ciore est aussi au courant.
- Ok alors je vais aller les voir, annonça-t-il. Toi, tu te reposes un peu.
Le blond approuva doucement, visiblement pas très alerte et Maes lui sourit, sortant ensuite en échangeant un regard grave avec Riza et Roy. Il faudrait vraiment décharger le jeune colonel et veiller à sa protection.
- Je vais allez nous chercher le dîner, proposa alors Riza.
Roy acquiesça et elle s'en alla, le laissant seul avec le Fullmetal. Aucun d'entre eux ne l'avait dis tout haut mais ils s'étaient déjà entendus sur le fait que l'alchimiste de flamme resterait avec lui au cas où on l'attaquerait de nouveau. Il vint d'ailleurs s'asseoir plus près de lui, observant ses blessures visibles.
- J'ai reçu ta dernière lettre ce matin, remarqua le blond en le faisant sourire.
- Comment ça va ? demanda-t-il alors avec délicatesse.
- Fatigué, bredouilla-t-il.
Si Roy s'efforça de rester tranquille et souriant, il se fit plus inquiet encore. Si Edward le laissait aller à ce genre d'aveux, il devait vraiment être épuisé.
- Ce sera bientôt terminé grâce à toi, répondit-il. Après, tu auras droit à une longue permission.
- Il y aura encore du boulot ici, murmura-t-il.
- Mais une fois la paix obtenue, le QG sud pourra reprendre le relais pour retirer les troupes et réorganiser les gardes frontières.
- Et s'ils font des conneries ?
- Ils n'en feront pas. Nous ferons passer des ordres stricts. Ces accords de paix sont bien trop importants pour être mis en danger de quelque façon que ce soit. Tu n'as pas idée de l'effet que cette nouvelle a fait à Central, s'amusa-t-il. Le Généralissime est ravi.
- Dis moi qu'il ne vous a pas demandé de réclamer des choses impossibles ?
- Non ne t'en fait pas. Il veut signer ce traité au plus vite et stabiliser la situation ici. Comme ça, on pourra se concentrer sur Creta et Drachma. Tu as une idées des exigences d'Aerugo ?
- À priori, ils ne vont pas être difficiles. Ils sont fatigués de cette guerre. Aerugo n'est pas une nation militaire loin de là. Comme on le disait, ce n'est pas qu'ils ne voulaient pas la paix mais ils avaient peur de nous et de ce que nous pourrions faire. Ils nous laissent une chance maintenant.
- Et on ne va pas la gâcher. Grumman m'a envoyé avec Hyughes justement pour ne pas qu'un crétin vienne mettre le bazar dans tes efforts. Si tout vas bien, ce sera vite réglé.
- Mon général ? fit Riza de l'extérieur.
- Entrez lieutenant colonel, autorisa-t-il.
Elle s'exécuta, amenant deux plateaux repas avec elle. Elle les déposa sur une petite table près de la couchette du jeune homme, se redressant ensuite.
- Est-ce qu'on vous a installé ? demanda Edward vaseux.
- Oui ne t'en fait pas, sourit-elle. Tout est en ordre. Je vais discuter des détails du dispositif de sécurité avec le commandant Ciore.
- Ok, soupira-t-il.
Elle repartit, rabattant soigneusement les pans de la tente derrière elle. Comme tout les proches du jeune homme, elle savait qu'il détestait qu'on le voit ainsi et c'était certainement pour ça que presque personne au camps ne semblait être au courant de son état véritable. Seul les membres des forces spéciales l'étaient de toute évidence, veillant très étroitement. Les autres savaient que leur colonel avait été blessé dans l'attaque mais pas qu'il allait si mal, le détail de ses blessures et de son état ne leur étant pas parvenu. Edward l'avait sûrement demandé. C'était dans son caractère mais en plus de cela, c'était aussi un moyen de ne pas miner le morale des troupes, surtout quand on voyait à quel point tous ici respectaient et appréciaient leur colonel. D'ailleurs, beaucoup se doutaient qu'il devait au moins être très fatigué. En les écoutant, on les entendait dire qu'il était étrange de ne pas voir le blond habituellement présent auprès de ses hommes ou à la tente stratégique toujours ouverte pour quiconque voulait venir. Les soldats s'inquiétaient pour lui et cela en disait long sur le commandant qu'il était. Mais ni elle ni les autres venus pour la négociation n'étaient surpris en le connaissant.
Dans la tente, Roy regarda le blond qui était bien éveillé malgré sa faiblesse, avisant ensuite le repas qui l'attendait. S'il rechignait un peu à le déranger, il décida rapidement qu'il devait manger, les kilos qu'il avait perdu lui sautant aux yeux.
- Il faut manger Ed, remarqua-t-il.
- Hein ? bredouilla-t-il en fronçant les sourcils.
- Riza a apporté le repas et il est l'heure de dîner, expliqua-t-il devant son manque de concentration légitime.
- Ah ok.
Il se mit à remuer un peu, tentant de se redresser mais il fut évident qu'il n'y parviendrait pas lorsqu'il se mit à trembler, s'essoufflant et tanguant, grimaçant, Roy se leva alors pour venir l'aider, entourant ses épaules d'un bras solide. Il le redressa avec délicatesse, prenant place derrière lui en comprenant qu'il ne tiendrait pas assis seul. Edward n'eut pas l'air de se rendre compte de ce qu'il faisait, s'appuyant lourdement sur lui lorsqu'il l'installa contre son torse. Il lui laissa un moment pour se reprendre, terriblement inquiet pour lui.
- Ed ? Tu es avec moi ?
- De toute évidence, bredouilla-t-il en l'amusant. Merde ça tourne, râla-t-il.
- Respire profondément, conseilla-t-il en prenant le plateau pour le déposer sur ses genoux.
Il l'encadra de ses bras, approchant son propre plateau plus près pour pouvoir y piocher comme il voulait. Il se concentra pourtant d'abord sur le blond qui semblait se tranquilliser peu à peu. Il le sentit d'ailleurs se détendre progressivement contre lui.
- Est-ce que tu peux manger seul ou veux tu un peu d'aide ? demanda-t-il avec attention.
- C'est bon je me débrouille. Merci, murmura-t-il ensuite.
- Mange Ed, poussa-t-il.
Le jeune homme sourit, levant une main tremblante pour se mettre à manger. S'il ne le dirait pas à voix haute, avoir Roy près de lui était un soulagement immense. Lorsqu'il avait su que c'était lui qui viendrait, il s'était soudain senti heureux et enthousiaste. Il n'avait pas la force de faire semblant alors que lui seul était là et il admettait en lui même qu'être contre lui était ce qu'il avait rêvé avoir bien des fois ces derniers mois. Maintenant qu'il l'avait, il n'allait pas s'en priver et il n'avait pas l'énergie de se poser des questions à ce sujet. La chaleur de l'homme faisait un bien fou, comme sa présence et c'était tout ce qu'il voyait après ces semaines de guerre et d'épreuves. Il se sentait enfin de nouveau en sécurité et pour rien au monde il n'aurait renoncé à ça à cet instant avec la douleur et la fatigue pesant. Il mangea lentement, peinant un peu alors que même sa main manquait de force. Il n'utilisait que la droite, son bras gauche blessé par balle douloureux et lourd.
Derrière lui, le général mangeait aussi, sa main se portant régulièrement vers son plateau. Sa respiration était longue et profonde, ses bras le tenant forts, son torse ferme et confortable. Il sentait bon l'après rasage et son souffle balayait faiblement ses cheveux. Edward se détendit un peu plus sans même y faire attention, se sentant à l'aise pour la première fois depuis tellement longtemps. Le silence les entourant était tranquille et agréable, loin du boucan quotidien du front qu'il peinait à supporter encore. Désormais, il se mettait à stresser au moindre bruit ressemblant de près ou de loin à un coup de feu ou à un coup de canon. Mais pas à cet instant. Il mangea lentement, fatiguant pourtant rapidement. Il posa finalement sa fourchette, s'affaissant complètement contre le général, fermant les yeux d'épuisement. Il voulait juste... profiter de la chaleur du flamme alchimiste, le froid du front et de son cœur devenus trop lourds.
Roy ne fit pas de remarque lorsqu'il cessa de manger. Il n'avait pas fini son repas mais il était évident que le jeune homme était trop fatigué pour continuer, désormais prêt à se rendormir. Il sourit lorsqu'il se laissa aller contre lui, sa tête tournant lentement, sa joue se posant sur sa poitrine. Il le débarrassa doucement de son plateau, remontant la couverture sur lui pour le laisser se reposer. Et si le Fullmetal n'était visiblement pas décidé à bouger de là, il n'avait lui même aucune envie de le lâcher au contraire. Le jeune homme lui avait tellement manqué, il s'était tellement inquiété, rêvant d'aller le chercher au front pour le ramener en sécurité. Il craignait chaque jour de recevoir une mauvaise nouvelle, terrorisé à cette idée. Il l'avait retrouvé maintenant mais dans quel état ? Il était hors de question de le lâcher pour l'instant et il était évident pour lui qu'il était sa priorité du moment et qu'il s'occuperait de lui. Le tenir de nouveau dans ses bras l'apaisait plus que rien d'autre n'y était jamais arrivé. Il sentit Edward glisser peu à peu dans le sommeil, paisiblement, souriant à ce constat. Il vint poser sa main sur la sienne si froide et un léger soupir lui répondit, l'attendrissant. Il leva son autre main pour la poser sur son front, baladant ses doigts dans ses mèches d'ors. Edward s'endormit alors complètement, sa main venant inconsciemment serrer la sienne, s'y accrochant comme à une ancre.
Longuement, il resta ainsi, cajolant le jeune homme sans trop se poser de questions à ce sujet. Il voulait juste qu'il se sente bien, qu'il dorme paisiblement et qu'il ait un peu de douceur après tout ça. Ce ne fut qu'un bon moment plus tard qu'il bougea de nouveau, se déplaçant précautionneusement pour rallonger le colonel, le couvrant soigneusement. D'une main légère, il vint écarter ses cheveux de son visage, soulagé de le trouver paisible malgré la pâleur et les cernes. Il se redressa ensuite, allant allumer une lanterne, l'obscurité tombant. Cela fait, il gagna l'entrée de la tente, en écartant un pan pour trouver trois membres de l'unité Alpha montant toujours la garde.
- Sergent ? interpella-t-il en regardant Onélie.
- Oui mon général ? répondit-elle au garde à vous.
- Faîtes amener un lit de camp ici, ordonna-t-il. Je dormirais dans la tente du colonel Elric, dit-il en les surprenant.
Elle hésita avant d'acquiescer, partant s'exécuter. Roy rentra de nouveau, écartant les plateaux repas avant de se rasseoir au chevet du blond.
- Général Mustang ? appela une voix à l'extérieure. C'est le lieutenant Holy. Puis-je entrer ?
- Oui, acquiesça-t-il.
Le médecin entra alors, saluant avant de s'approcher.
- Je suis venu examiner le colonel, expliqua-t-il.
- Faîte lieutenant, approuva-t-il.
L'homme vint donc, vérifiant l'état de son supérieur rapidement. Il changea sa perfusion, ajoutant une autre couverture sur lui.
- A-t-il mangé ? demanda-t-il en voyant les plateaux.
- La moitié d'un repas, renseigna le général. Il n'a pas tenu éveillé assez longtemps pour plus.
- C'est déjà bien. Une bonne nuit de sommeil devrait aider.
- Se remettra-t-il rapidement ?
- Il a enduré beaucoup ces derniers mois, soupira-t-il. Vous le connaissez bien mieux que moi alors je ne pense pas vous apprendre quelque chose en disant qu'il n'a pas ménagé ses efforts et qu'il a beaucoup combattu.
- En effet.
- Ses blessures sont loin d'être anodines et il est épuisé. D'autant plus qu'il se forcera encore avec la négociation. Pour le moment, j'espère juste qu'il n'aggravera pas son état, dit-il sérieusement. Ensuite, il aura besoin d'un repos total pour guérir et récupérer. Même son automail a besoin d'être changé. Il a beaucoup souffert et fonctionne mal.
- Je vois. Nous allons tenter d'abréger au plus vite les négociations.
- Cela serait une bonne chose pour lui. J'aimerais autant éviter de devoir le rapatrier en urgence si son état empire. On m'a dit que vous vouliez dormir ici ?
- Oui, je veillerais sur lui, assura-t-il. Et je suis alchimiste, ça aidera si d'autres tentent de l'attaquer.
- Je pense que sa rassurera tout le monde. Merci mon général. N'hésitez pas à appeler s'il y a le moindre problème, je dors juste à côté.
Roy approuva et il s'en alla, emportant les plateaux avec lui. Rapidement, on lui apportait un lit de camps qu'il plaça lui même non loin d'Edward. Tout son groupe revint un moment prendre des nouvelles, se réunissant dans la tente de leur ami, inquiets pour lui. Havoc avait amené le sac de son supérieur, tous rassurés de savoir que l'alchimiste restait auprès de lui. Il était assurément le mieux placé pour le protéger en cas de nouvelle attaque. De toute manière, ils s'étaient déjà arrangés entre eux pour tourner et venir aider à garder cette tente. Parlant bas, ils firent un point sur les dispositions déjà prises pour les négociations et tous furent d'accord pour dire que le colonel avait fait de l'excellent travail. Il n'y avait simplement rien à y redire.
- Il a abattu un boulot de fou, remarqua Havoc en regardant le colonel.
- Comme toujours, répondit Maes. Il n'y a qu'à voir tout les rapports et ce qu'il s'est passé sur le front depuis son arrivée. Personne d'autre n'aurait pu faire ça.
- Il est toujours plus impressionnant, posa le capitaine Ross.
- Mais ça lui coûte cher une fois encore, s'attrista Breda.
- On va boucler ça vite et le ramener à Central, assura Roy alors que tous approuvaient.
Tous partirent finalement se coucher et le général se prépara pour la nuit, se couchant de manière à garder un œil sur le blond. Il ne dormit que légèrement, se réveillant régulièrement pour venir voir si Ed allait bien. Il s'approchait et effleurait son visage de ses doigts, se rassurant en le regardant respirer un moment. Au matin, ce fut un gémissement douloureux qui le réveilla et il bondit sur le champs, son regard tombant immédiatement sur Edward qui cherchait à se redresser péniblement sur sa couchette. Il se leva, le rejoignant pour l'aider à s'asseoir, s'installant près de lui.
- Tu devrais rester allongé et te reposer, posa-t-il.
- J'ai assez dormi, répondit-il en respirant. Il y a encore du travail et les négociations commencent aujourd'hui.
- Cette après-midi seulement.
- Et je dois encore vérifier plusieurs choses avant. C'est bon, je me suis assez reposé, dit-il sans le convaincre le moins du monde. Merci pour hier soir, bredouilla-t-il ensuite avec gêne.
- Ce n'est rien, rassura-t-il doucement. On va terminer ça correctement et rentrer.
Le jeune acquiesça et Roy ne l'empêcha pas de bouger, sachant que ça ne servait à rien avec lui. Il lui demanda néanmoins de prendre son temps et d'être prudent, le Fullmetal y consentant sans trop de problème. Il commença par s'asseoir au bord de sa couchette, tanguant un peu et respirant profondément. Il était toujours aussi pâle et Roy devina qu'il avait tout juste assez de force pour se reconstituer une façade, rien de plus. Et ce fut ce qu'il le vit faire dans les minutes suivantes. Il retira sa perfusion et se leva ensuite doucement, le général suivant le mouvement, l'entourant d'un bras lorsqu'il chancela. Il lui laissa le temps de se stabiliser, Edward s'accrochant un peu à lui. Mais il parvint finalement à chasser son malaise ou tout du moins à l'avoir sous contrôle, s'écartant alors. Il se dirigea vers un coffre pour en sortir un uniforme, entreprenant visiblement de s'habiller.
- Tu devrais peut-être prendre un petit-déjeuner avant, remarqua le général.
- Je vais aller le prendre à la tente de cantine. Les soldats doivent commencer à se demander pourquoi je ne sors pas et ce n'est pas le moment de créer des tensions et des doutes inutiles.
Roy ne put rien répliquer, comprenant. Aussi, il sortit ses propres vêtements pour en faire autant, décidé à le suivre. Il serra les dents lorsque Edward, retira son tee-shirt et son pantalon de détente, dévoilant son corps portant de nouvelles cicatrices récentes, des blessures pas tout à fait guéries, des hématomes en pagaille et des pansements épais. Il avait de toute évidence subis beaucoup de dommages en quelques mois. Tout cela disparus progressivement sous son uniforme passé avec quelques grimaces et temps d'arrêts. Mais ce fut finalement fait et il se mit ensuite à rapidement brosser ses cheveux qu'il laissa libre. Le général déjà prêt depuis un moment l'attendit patiemment, inquiet devant ce manque d'énergie et cette faiblesse bien trop apparente pour quelqu'un comme Edward. Il en fallait vraiment beaucoup pour ça. Mais compte tenu de son état avant son départ au front et ce qu'il avait enduré depuis, ce n'était pas si surprenant. Le colonel fut bientôt prêt et il respira profondément un moment, terminant de parfaire sa façade. Roy se posta près de lui pour l'accompagner et ce fut ensemble qu'ils sortirent, aussitôt salué par ceux qui montaient la garde et qui les escortèrent sur le champs.
Sur le chemin, Roy nota avec attendrissement toute l'attention que les soldats portaient à leur supérieur ici. Tous s'arrêtaient pour s'écarter de son chemin et le saluer respectueusement, prenant de ses nouvelles, manifestant leur joie de le revoir. Edward était assurément un très bon commandant à en juger par cela et son œuvre réalisée sur le front. Lui se faisait presque ignorer, le Fullmetal avançant près de lui captant toute l'attention à son grand amusement. C'était comme s'il n'était même pas là pour certains et il décida de prendre cela en riant, heureux de voir que Ed avait de très bonne relation avec ses hommes. Il le suivit jusqu'à la tente cantine où ils retrouvèrent les autres, tous très surpris en voyant le blond debout.
- Ed ! s'exclama Maes.
- Boss ! s'écrièrent les hommes de Mustang sous le sourire de Riza.
- Yo ! répondit-il nonchalamment avec un signe de main.
En le regardant comme ça, on ne lui trouvait qu'un air fatigué commun aux soldats du front, ne pouvant se douter qu'il était très loin d'être en forme. Tous autour d'eux regardèrent leur interaction, la plus part sachant qu'il avait servis sous les ordres de Mustang au début de sa carrière et qu'il devait donc tous très bien les connaître. Il s'assit d'ailleurs avec eux, l'un des soldats en charge venant lui apporter son petit-déjeuner avec joie, l'attention n'échappant à personne alors que même les deux généraux présents devaient au moins le réclamer. Ce matin là, tous purent voir Edward remplir ses fonctions avec brio sans jamais laisser paraître le moindre signe de faiblesse, seul ceux le connaissant lui ou son état pouvant se douter de quelque chose, admiratifs devant sa volonté mais aussi très inquiets.
Puis l'après-midi arriva et le début des négociations avec lui. Ce fut avec une image forte, noble et très assurée que le colonel mena son cortège à travers ce qui fut un champ de bataille pour aller vers l'immense tente dédiées aux discussions. Il avait avec lui sa délégation composée de lui même, Roy, Maes, Riza et le capitaine Focker, une escorte composées des membres des forces spéciales et du reste de ceux de Central les entourant. Un groupe semblable arrivait de l'autre côté, le silence régnant. Les escortes restèrent dehors, chacun de leur côtés de la tente et les deux délégations entrèrent pour se retrouver l'une face à l'autre. Celle d'Aerugo était là même que Edward avait rencontré pour le cessez le feu. Il s'avança le premier, saluant le prince dans les règles protocolaires qu'il aimait tant, Riza, Maes et Roy intérieurement surpris pour ne l'avoir jamais vu si sérieux. Indubitablement, le jeune homme avait encore bien évolué.
- Prince Alvaro, c'est un plaisir, commença-t-il.
- Partagé une fois encore colonel Elric, rendit-il avec une sincérité évidente.
Il était juste quelques années plus vieux qu'Edward, l'air doux et calme.
- Permettez que je fasse les présentations, enchaîna le colonel en commençant par Aerugo pour continuer par les siens. Je vous présente le capitaine Focker, le lieutenant colonel Hawkeye, le général de brigade Hyughes et le général Mustang.
- C'est un plaisir altesse, salua Roy en s'avançant à ses côtés.
- J'ai beaucoup entendu parler de vous, Héros d'Ishval, remarqua le prince bien plus fermé.
- Si je puis me permettre Altesse, intervint Edward plus dur lui aussi devant cette entrée en matière froide. Je pense que pour la majeur partie d'Amestris, ce titre et ce qu'il représente n'est plus vraiment d'actualité pour qualifier le général. Il a été le principal architecte de la reconstruction d'Ishval depuis les événements de Central au cour desquels il s'est plus qu'illustré pour sauver le pays. Je vous prierais de ne pas l'oublier, posa-t-il fermement.
Les Amestrians restèrent un peu surpris par cette prise de position pour défendre Roy, cela étant la première fois qu'ils le voyaient faire cela. Et il semblait d'ailleurs vraiment vexé pour lui, le général intérieurement touché. Leurs vis à vis eurent l'air surpris aussi, voyant cette façade dure du jeune homme pour la première fois. Le prince le considéra un moment, semblant comprendre qu'il avait confiance en ce général et qu'il avait de l'estime pour lui, revoyant presque aussitôt son avis à l'étonnement de beaucoup.
- Bien sûr, dit-il. Veuillez m'excuser général Mustang mais je dois avouer qu'au vu du passé, il peut-être compliqué d'accepter certaines choses. Cependant, le colonel Elric est bien le seul de vos concitoyens auquel j'accorde une véritable confiance alors je respecterais ses paroles.
- Ce que j'ai pu être dans le passé ne change pas le fait que je ne souhaite que la paix pour mon pays et mon peuple, posa Mustang. Comme tout ceux qui m'entourent, dit-il en désignant les siens. Je vous prie donc de croire Altesse que je ne suis pas ici pour vous nuire de quelconque façon que ce soit, nous ne voulons que la paix pour nos deux nations.
- Et c'est pour cela que vous avez envoyé le colonel Elric ici n'est-ce pas, releva-t-il.
- Contrairement à la très grande majorité des gens où qu'ils soient, le colonel est ce que tous ne peuvent que nommer héros, dit-il sérieusement en touchant le concerné. Un véritable héros et notre pays en est plus que conscient. Nous voulons changer ce pays et le colonel est notre meilleur exemple. C'est pourquoi le Généralissime a eu la sagesse de l'envoyer ici et de nous montrer à tous une manière bien plus humaine de faire les choses. Au vu des événements, je pense que nous pourrons tous dire que c'était une bonne décision.
- Je vous le concède, sourit-il. Prenons place voulez vous ? Nous avons du travail.
Ils s'installèrent donc et les choses sérieuses commencèrent. Toute l'après-midi, les pourparlers durèrent sans pause. Edward n'intervint pas. Assis à la droite de Roy, Riza à la sienne, il écoutait très attentivement mais il n'était vraiment pas assez versé en négociations diplomatiques pour aider. Tout ce charabia politique officiel et ces manipulations verbales ne lui allaient vraiment pas. Roy et Maes qui se chargeaient de négocier avec le prince et son ministre principalement, avaient quand à eux l'air tout à fait dans leur élément. Cependant, il eut très vite des problèmes, son état et ses blessures se rappelant à lui durement. Son corps se fit de plus en plus douloureux, ses sens le trahissant et simplement tenir droit sur cette chaise devint une lutte de chaque seconde. Il se battit pourtant pour ne rien laisser transparaître, se tenant fier et neutre. Bientôt, son sang pulsant dans ses oreilles et ses yeux l'empêchèrent de suivre les discussions et il pria pour que personne ne lui parle ou ne remarque quoi que ce soit.
Il ne put dire combien de temps passait et ce qu'il se disait mais cela lui sembla durer une éternité. Il se força à se concentrer lorsqu'il perçut du mouvement autour de lui et il parvint à comprendre que l'on mettait fin aux discussions pour ce jour là. Il se leva sans rien montrer, sa seule volonté lui permettant d'y arriver. Il salua automatiquement avant de suivre le mouvement, se repérant à la présence forte et chaude de Roy tout près de lui. Il le suivit en confiance alors que l'obscurité s'était installée à l'extérieur et il se douta que l'homme devait avoir remarqué quelque chose lorsqu'il marcha plus lentement. Finalement, la voix lointaine de Roy raisonna, sa main chaude se posant sur son épaule.
- Ed ? On est dans ta tente maintenant, c'est bon, annonça-t-il l'air inquiet.
Il ne lui en fallut pas plus pour céder à son corps criant grâce, se relâchant d'un coup, cessant de lutter.
- Ed ! s'écria Roy lorsqu'il s'effondra purement et simplement.
Autour de lui, Maes, Riza, Havoc et Breda qui étaient avec eux s'exclamèrent aussi, bondissant alors qu'il rattrapait le blond aussi délicatement que possible. Il avait bien vu qu'il avait eu beaucoup de mal ces dernières heures malgré sa façade parfaite et Riza et Maes l'avaient vu aussi mais cela ne les empêchaient pas de se sentir paniquer en le voyant s'écrouler. Il le cala contre lui pour l'asseoir au sol avec précaution, s'accroupissant et le gardant dans ses bras. La tête blonde se posa lourdement contre son épaule, dévoilant un visage au teint cadavérique et à l'expression douloureuse. Le Fullmetal respirait mal, tremblant de tout son corps.
- Allez chercher le médecin, ordonna Roy.
Havoc s'en alla en courant alors qu'il retournait le regard vers le blond :
- Ed ? Edward tu m'entends ? appela-t-il.
Il n'eut aucune réponse à l'inquiétude de tous et il aida Riza lorsqu'elle se baissa près d'eux pour déboutonner le col du jeune homme et desserrer sa ceinture pour tenter d'aider un peu. Une seconde plus tard, le lieutenant Holy arrivait avec Jean et l'adjudant Wilrose, le médecin accourant et se jetant à genoux près d'eux. Riza s'écarta pour le laisser faire et il examina rapidement le blond.
- On va l'allonger, dit-il finalement. Retirez lui cet uniforme et allez y en douceur.
Bien qu'il soit loin d'être le plus gradé, tous obéirent sur le champs, Riza aidant Roy à lui retirer son uniforme, le laissant en caleçon et tee-shirt alors que le médecin avait demandé à Breda d'ajouter des oreillers sur la couche de son supérieur pendant qu'il préparait une perfusion. Les vêtements retirés, une chose sauta immédiatement aux yeux de tous.
- Doc ! appela Uriel.
Maxime accourut pour vite voir le sang qui tachait le tee-shirt et le sous-vêtement au niveau de sa hanche et de sa cuisse. Il réclama du matériel à l'adjudant qui le trouva facilement alors que le colonel se faisait soigner dans sa tente la plus part du temps pour ne pas alerter ses hommes. Le médecin écarta rapidement les vêtements pour jeter un coup d'œil aux pansements se trouvant en dessous et desquels le sang venait.
- Allongez le sur sa couche, ordonna-t-il de nouveau en allant rapidement ajouter une couche de draps propres sur elle.
Rapidement mais avec beaucoup d'attention et de délicatesse, Roy et Maes soulevèrent le jeune homme pour aller l'installer puis la plus part se firent mettre à la porte. Les deux généraux restèrent pourtant et Riza offrit son aide au médecin, possédant quelques connaissances en soins de bases. Elle fit alors office d'infirmière de fortune pour passer au médecin ce dont-il avait besoin et l'aider. Protégeant l'intimité de son supérieur d'une couverture, le médecin lui retira le reste de ses vêtements, les découpant pour ne pas le bousculer d'avantage. Il retira ensuite les pansements souillés pour découvrir les blessures saignantes qu'il s'empressa de soigner.
- Pourquoi est-ce comme ça ? demanda Roy très inquiet.
- Il a pris une balle dans la hanche et il a reçu un profond coup de couteau dans la cuisse, répondit-il tout en travaillant. Il ne devrait pas marcher autant ça malmène sa jambe. D'autant plus que son automail fonctionne mal, dit-il alors que tous avaient vu le blond boiter de sa jambe mécanique. Cela met énormément de pression sur le reste de sa jambe, sa hanche et son dos. Les plaies se sont rouvertes.
Longuement, on le vit traiter les blessures impressionnantes à leurs yeux, avant de les protéger de pansements propres. Puis il entreprit de vérifier toute les autres. Et ils serrèrent les dents à la vue de tout ces dégâts sur le corps déjà bardé de cicatrices de leur jeune ami. Plusieurs points de sutures avaient cédé, de légers saignements se faisant visibles à plusieurs endroits. Les blessures de son cou et de sa tête les intriguèrent un peu et ils pâlirent dramatiquement lorsque le médecin expliqua qu'elles venaient de tirs de sniper. Un centimètre plus loin et Edward aurait pris les tirs en plein dans la tête et la carotide. Ils étaient vraiment passés très prêt de le perdre. Ce fut dans un silence lourd que les soins continuèrent pour finalement se terminer. On avait rhabillé Edward, Roy et Maes aidant bien volontiers au besoin. Puis on l'avait installé confortablement, son dos légèrement relevé calé par les oreillers, les perfusions en place, les couvertures le tenant soigneusement au chaud.
- Il a besoin de repos, conclut finalement le médecin. S'il se réveille il faudrait essayer de le faire manger un minimum mais je doute qu'il ouvre les yeux ce soir.
- Est-ce que ça ira ? demanda Maes accroupit près d'Edward.
- Il ne tiendra pas ça longtemps si ça doit être tout les jours ainsi, soupira le médecin. On rapatrie des soldats à l'arrière pour bien moins que ça. Les négociations commencent dés le matin demain. Il faut espérer que rester assis toute la journée l'aidera à mieux la passer cette fois. Mais le stress ne l'aidera pas non plus. Pour faire court, il faut en terminer vite ou s'arranger pour qu'il puisse être envoyé dans un véritable hôpital. Donc au moins à South City. Ce qui implique qu'il ne participe plus aux négociations et laisse le commandement du front.
- Ce qu'il n'acceptera jamais, soupira Maes. Espérons que ça se passera mieux demain.
Ce ne fut que tôt le lendemain que Ed se réveilla bien difficilement sous l'attention de Roy qui avait passé la nuit à le veiller. Le général lui avait ordonné de resté couché, faisant venir le médecin qui fut là en quelques secondes, examinant son supérieur encore très vaseux. Il lui demanda de rester au lit le plus longtemps possible et de ne se lever qu'au dernier moment pour aller aux négociations, sachant fort bien qu'il ne pourrait l'en empêcher. Il exigea aussi qu'il mange. Affaibli, Edward céda rapidement au médecin et au général appuyant du regard. Il le fit puis une nouvelle journée de discussion suivit. S'il tint une nouvelle fois les apparences avec maestria, il s'effondra une fois encore une fois rentré. Il en fut ainsi pendant les quatre jours suivants, tous s'inquiétant de plus en plus pour le jeune colonel qui loin de guérir, s'affaiblissait de plus en plus, ses blessures se rouvrant régulièrement dans l'agitation qu'il s'imposait. Il refusait pourtant catégoriquement de s'arrêter, remplissant ses fonctions en même temps que les négociations même si on le déchargeait au maximum. Il avait même entamé des discussions avec le général Diavra pendant les pauses, restant à la tente avec lui quand les autres s'en allaient, organisant la démilitarisation du front pour agir dés la signature d'un acte de paix. Il ne se ménageait donc toujours pas à l'angoisse des siens. Pourtant, tous savaient qu'on ne pouvait mener les discussions sur la démilitarisation à sa place. Edward connaissait le front par cœur de bout en bout à la perfection. Il était le seul à pouvoir parler de cela de cette façon.
Au sixième jour, alors que l'on discutait depuis un moment sous la tente de négociation, Edward se mit doucement en colère bien qu'il n'en montre rien. Il s'était débattu pour pouvoir suivre les discussions et comprendre ce qu'il se disait et il était de plus en plus énervé. Tout le monde ici se prenait la tête pour des choses sans importance à son idée. Il savait qu'il n'était pas un politique ni un diplomate et que ce domaine lui était bien étranger mais il trouvait ça vraiment stupide. Les deux parties ne parlaient même plus paix, démilitarisation, loi frontalière ou retour au calme mais politique, droit commerciaux, territoriaux, doutant constamment des intentions de l'autre, se cherchant, tentant d'être le plus fort... C'était la politique d'accord mais il en avait assez et définitivement, il détestait ça. Encore une fois, ce genre de discussions de pouvoir ne menait nul part. Ce matin là, épuisé, perclus de douleurs, affaibli, il perdit rapidement patience, cédant finalement, énervé et n'y tenant plus. Il tapa littéralement du poing sur la table, faisant sursauter tout le monde alors qu'il n'était jamais intervenu jusque là. Tout les regards se tournèrent vers lui alors qu'il se levait lentement, le silence tombant.
- Colonel Elric ? interrogea le prince.
- Vous êtes tous des abrutis finis ma parole, dit-il froidement en les surprenant. On est ici pour parler paix et vous vous prenez tous la tête pour des conneries qui n'ont pas leur place ici. Est-ce qu'on pourrait s'il vous plaît revenir sur notre véritable soucis : l'accord de paix. Merde, on se bat pour ça depuis des mois et je ne sais pas combien de morts et de blessés il y a eu sans parler de la souffrance du peuple. Et vous reculez tous cette paix que tous attendent pour ces broutilles commerciales et politiques ? Est-ce qu'on pourrait déjà simplement se contenter de stopper cette folie et de réinstaller le calme sur cette frontière, réparer les dégâts comme on peut ?! Personne ici ne se fait confiance et vous voudriez parler accords de toute sorte pour avoir je ne sais quel avantage ! La paix ne serait-elle pas un avantage suffisant ?! On devrait déjà apprendre à vivre les uns à côté des autres simplement avant de chercher à aller plus loin. Vous allez trop vite en besogne et au bout du compte ça va se casser la gueule et la guerre va continuer. Arrêtez vos conneries par pitié ! Pensez un peu aux soldats qui n'ont pas vu leurs familles depuis des mois, aux populations frontalières qui vivent dans la peur et la précarité, à nos pays dont les citoyens, l'armée et l'économie endure cette situation détestable ! Pensez à tout ceux qui sont morts, à tout ceux qui n'en peuvent plus ici et qui veulent rentrer chez eux ! On est venu parler paix ! Pas argent, commerce ou je ne sais quoi et j'en ai marre de votre combat de coqs puéril alors que ça fait des mois que j'essaye de faire comprendre à tout le monde que rouler des mécaniques et vouloir être le plus fort ne sert à rien. C'est pas comme ça qu'on a obtenu cette négociation au contraire ! Vous n'avez rien appris bande d'imbéciles ! Et si vous continuez comme ça, autant repartir en guerre parce que c'est ce qui arrivera ! claqua-t-il.
Il balaya tout le monde du regard, les yeux perçant et glaciaux, en colère alors qu'ils semblaient tous touchés par son discours.
- Alors est-ce que vous ne pourriez pas d'abord faire le plus urgent, ce qui est vraiment important pour tous, pour nos peuples et plus tard, quand tout se sera apaisé et qu'on pourra s'entendre avec plus de confiance, parler de relations plus approfondies ?! reprit-il. Ce serait déjà bien si on signait un accord de paix, qu'on cessait cette folie, qu'on démilitarisait et pacifiait la frontière ! Et si vous n'avez pas confiance, on peut signer un pacte de non agression, désigner des ambassadeurs pour communiquer et s'assurer que tout se passera bien ! Je vous signal qu'on est là pour ça ! J'en ai ma claque ! C'est toujours pareil avec les gens qui ont un peu de pouvoir ! On oublie le bien du pays et de la majorité pour satisfaire l'orgueil et l'envie de supériorité des gouvernements et des dirigeants. Stupide. Mes hommes ont bien plus de jugeote, eux au moins m'auront écouté dernièrement alors excusez moi mais je ne crois que je sers à grand chose ici parce qu'on est vraisemblablement pas là pour la même chose, gronda-t-il.
Il se détourna ensuite, sortant en fulminant, sa colère dépassant son état à cet instant. Un silence de plomb tomba sous la tente, tous se fixant avec choc sans trop savoir comment réagir à cette remontrance tranchante de vérité et de cet esprit qu'était celui du Fullmetal. Il n'y eut pas un son pendant un moment et ce fut tout autre chose qui les réveilla lorsque le bruit d'un tir raisonna dehors, suivit de cris :
- Colonel Elric ! hurla quelqu'un.
- Protégez la tente ! cria la voix de celui-ci en retour. Protégez les deux délégations ! précisa-t-il alors que sa voix s'éloignait.
- Mon colonel...
- Pas de discussion Havoc ! La négociation d'abord !
L'agitation couvrit ensuite les voix alors que les deux escortes déboulaient sous la tente pour protéger les délégations qui bougèrent enfin.
- Restez à l'intérieur ! ordonna le commandant Ciore. Les palissades de protections mobiles prévues par le colonel sont déjà dressées autour de la tente. Pas un tir n'arrivera ici.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?! demanda Roy impérieux.
- Une attaque, répondit Havoc. Le boss les intercepte avec ses hommes. Ils sont encore loin.
- Qui ? demanda Maes.
- D'abord des uniformes d'Aerugo, répondit-il en faisant sursauter leur délégation clairement ahurie. Ils ont tiré sur le boss monsieur ! dit-il en leur transmettant son inquiétude palpable. Puis des uniformes d'Amestris se sont ajoutés pour attaquer la tente juste avant la levée des palissades, dit-il en les laissant confus.
Roy bondit alors, sortant en enfilant ses gants, refusant catégoriquement de rester derrière et tous le suivirent, le prince et les siens sortant aussi. Ils se trouvèrent derrière les épaisses barricades que Edward avait imaginé, posées au sol pour pouvoir être rapidement relevées en cas de besoin, transformant ce point en petit abri efficace. Ils regardèrent par les trappes aménagées, les cris et les bruits de tirs raisonnant. Quelques dizaines de mètres plus loin, une mêlée de soldats des deux camps s'affrontait dans un bazar absolu. Seulement, une seule chose attira vraiment l'attention du général et des siens : une chevelure blonde brillant dans le soleil. Edward. Edward au sol et l'air mal en point, tentant de se relever sans y parvenir, s'écroulant à chaque tentative. Les membres des forces spéciales étaient autour de lui, le protégeant farouchement alors qu'une bonne part de présents cherchaient à l'atteindre, ayant visiblement renoncé à la tente devant les barricades et l'éloignement. Et le plus effarant était que des soldats d'Amestris l'attaquaient aussi. Grondant de fureur, terriblement inquiet pour Edward, Roy bouscula les gardes pour zigzaguer entre les palissades et passer, courant vers le champs de bataille quand Riza s'appropriait le fusil d'un garde pour se mettre en place et le couvrir. Le général claqua des mains, Ed tourna le regard vers lui à cet instant précis et cela le fit réagir immédiatement :
- Soldat ! hurla-t-il. Encerclement immédiatement ! ordonna-t-il.
Sans que personne ne puisse comprendre, une grosse part des soldats en bleus s'éloignèrent vivement pour former un cercle large autour de la mêlée dont les protagonistes restèrent surpris un moment par ce mouvement inattendu et instantané de leur part.
- Général ! cria Edward alors qu'il s'apprêtait à claquer des des doigts. Enfermez la mêlée ! ordonna-t-il plutôt.
Roy ne chercha pas à réfléchir, ne comprenant pas lui même comment un groupe composé à la fois d'Amestrian et d'Aerugians se retrouvait à attaquer le colonel et la négociation. Il plaqua ses mains au sol, les éclairs courant en une fraction de seconde pour enfermer le groupe dis dans une bulle de terre hermétique. Aussitôt, le silence retomba, le combat cessant, tout s'immobilisant. Mais ça n'empêcha pas Roy de repartir en courant, les yeux fixés sur Edward qui s'était définitivement laissé retomber au sol, ses hommes se précipitant vers lui.
- Edward ! hurla-t-il en se jetant près de lui avec panique.
Il y avait du sang. Du sang à plusieurs endroits. Le colonel entrouvrit les yeux, respirant mal, luttant pour rester conscient alors qu'on hurlait pour avoir un médecin beaucoup de monde accourant, la délégation et les soldats d'Aerugo inclus. Et cela provoqua une tension électrique, les deux camps se faisant soudain face, se mettant en joug, une masse d'uniformes bleus s'interposant devant le Guerrier d'Or, décidée à le protéger de toute évidence.
- Stop ! hurla aussitôt Edward de toutes ses forces. Soldats, baissez vos armes immédiatement ! ordonna-t-il le souffle saccadé. Tout de suite ! dit-il plus fort.
Une quinte de toux l'agita, lui faisant cracher du sang, beaucoup de ses hommes criant son nom.
- Baissez vos armes, insista-t-il difficilement.
- Baissez vos armes ! appuya alors Roy décidant de le suivre. C'est un ordre ! claqua-t-il.
Ils s'exécutèrent et Aerugo en fit de même sous l'ordre du prince et du général qui s'avancèrent devant.
- Général, appela péniblement Edward pour obtenir aussitôt son attention. C'est pas eux, dit-il faiblement alors que les médecins déboulaient. C'est... pas eux... C'est... c'est Creta, lâcha-t-il en choquant tout ceux qui avaient entendu. C'est des... crétois... là dedans, assura-t-il en toussant. Ça se voit et... y a un crétin... qui a... qui a crié à la gloire des... des tribus et le style... de combat correspond. Faîtes pas de... connerie...
Il toussa plus durement, perdant son souffle et ce fut dans un déluge de cris paniqués qu'il ferma les yeux, l'inconscience l'emportant.
À suivre...
Audragon
