Une nouvelle fois, je tiens à tous vous remercier, lecteurs de l'ombre ou de la lumière, de poursuivre cette aventure.

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Merci pour vos retours et vos mots.

Merci à Cha, pour son indécrottable soutien.

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Enjoy

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Chapitre XXII : " Son opportunité "

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Ils ne se parlent pas beaucoup. Ni l'un ni l'autre ne savent quoi dire sur ces mois d'absence. Gabriel est assis sur le bord du lit, Castiel à sa gauche.

Il ne peut empêcher son regard de glisser sur le vide au bout du pantalon que son ami a laissé pendre comme deux membres fantômes.

Les mains serrées sur le bord de l'édredon, plus pour en cacher le tremblement pour que éviter de basculer, Castiel le laisse faire. Il n'y a ni dégoût ni jugement dans ces orbes dorés, juste des questions auxquelles il ne sent pas encore prêt à répondre.

" J'ai quelque chose pour toi ", finit par lancer Gabriel en fouillant la poche de sa veste, abandonnée à sa droite.

Il lui tend une carte postale cornée.

" Tu l'as gardée ? " s'étonne Castiel en n'osant s'en saisir.

" C'est la dernière chose qu'il me restait de toi… avec quelques photos… et pas mal de souvenirs aussi ", en lui heurtant gentiment l'épaule.

" Tout cela paraît si… irréel ", en regardant cette écriture, la sienne.

Heurtée, hésitante comme le sont tous les adieux.

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" On t'a cherché si longtemps ", murmure Gabriel, les yeux fixant l'espace entre les mots.

" Je ne voulais pas être retrouvé ", détournant les siens vers son fauteuil roulant.

" Tu as toujours préféré fuir ", en jouant avec la carte. " Pas par lâcheté ", s'empresse-t-il de rajouter. " Simplement parce que tu n'as jamais su comment faire autrement. "

" C'est… C'était mon devoir de vous protéger… même de moi. "

" C'est là que tu fais erreur, Cassie ", en tournant la carte entre ses doigts.

Image. Mots. Image. Mots.

" Nous ne sommes pas tes hommes… Nous sommes tes amis… Et Dean… Dean bien plus encore ", rajoute-t-il.

" Gaby... ", las.

" Laisse-moi finir, tu veux ? ", en levant une main pour le faire taire. " C'est long une année d'angoisse à résumer en quelques phrases ", de la tristesse dans son sourire, tournant la tête vers lui.

Castiel reste impavide.

" On n'a pas la prétention de comprendre ce par quoi tu es passé et passe encore, mais… mais c'est le passé, Cassie… Tu es vivant… Tu as un avenir… Tu nous as nous… Tu… "

" La ferme ", entre ses dents.

" Non, Cassie ", d'une voix douce mais assurée. " Je sais que tu es en colère… que tu en veux à la terre entière pour ce qui t'es arrivé… pour ce qu'il leur est arrivé ", en pointant la fenêtre comme on pointe l'autre bout du monde. " Mais ressasser tout ça ne va pas les ramener… Ça ne va pas te rendre tes jambes… T.. "

" LA FERME ", éructe Castiel, postillonnant sa rage. " Tu sais RIEN ", gronde-t-il. " Vous ne savez RIEN ", en tendant la main pour attraper son fauteuil.

Il se sent glisser… Basculer… Tomber vers l'avant… et être rattrapé.

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" Pardon, Cassie. Pardon ", en le ramenant vers lui.

Castiel se débat avant de finalement se laisser aller dans l'étreinte.

" Tu ne sais rien ", lui murmure-t-il à l'oreille, bras ballants, tête dans le creux de son cou.

" Je sais que t'es le mec le plus courageux que je connaisse… Je sais que t'es le meilleur ami que j'ai jamais eu… mais ce que je sais surtout, Cassie ", en l'écartant et l'obligeant à lui faire face. " C'est que tu vas y arriver parce que tu es une putain de tête de mule ", en lui prenant le visage en coupe. " Alors arrête de penser que tu n'as aucune valeur sans l'uniforme, ce n'est pas lui qui a fait l'homme que tu es… Avec ou sans ce fichu fauteuil, tu restes Cassie… Le mec avec qui j'ai fait les 400 coups et avec qui je compte en faire 400 de plus… Le mec dont Meg s'est entichée au point de beugler partout que tu es sa licorne ", ce qui fait sourire Castiel malgré son regard humide. " Le mec qui compte le plus aux yeux d'un stupide chasseur de primes à l'humour douteux ", en le secouant légèrement. " Le mec qui sera mon témoin de mariage. "

Castiel tique.

" Je vais demander à Khali de m'épouser… J'espère qu'elle dira oui ", emprunté, tout en laissant tomber ses mains. " Mais avant, je voulais d'abord… "

" Me retrouver ? " ose Castiel, incrédule, après quelques secondes d'un silence complice.

" Je sais… c'est con ", en se grattant la nuque.

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" Je ne suis plus le même, Gaby… Je ne peux plus l'être. "

" Qui peut prétendre être encore celui qu'il était ? ", en haussant les épaules, nonchalant. " On fait des erreurs, on apprend, on grandit, on change… C'est la vie ", en lui faisant un clin d'œil.

" Mes erreurs ont coûté des vies ", ressasse Castiel en s'écartant.

" Pour t'apprendre à en sauver bien plus ", réplique aussitôt Gabriel.

Castiel le voit fouiller les poches de son pantalon et en sortir deux bonbons.

" Miel-citron ", en lui en tendant un. " Tes préférés. "

Il l'accepte après un temps de surprise. Certaines choses demeurent immuables. La passion de Gabriel pour les sucreries entre autres.

" Fraise pour moi ", en se laissant tomber vers l'arrière sur le matelas.

Le lit craque, le bruit de la chute étouffé.

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Castiel cligne des yeux puis se saisit d'une des poignées de son fauteuil.

" Cassie ? " se redresse aussitôt Gabriel.

" J'étouffe… J'ai besoin de sortir ", en manœuvrant pour s'asseoir.

" Je vais t'aider ", prêt à bondir du lit.

" Non ", glacial.

Ce nouveau changement d'humeur le cloue sur place.

" Tu veux que je partes ? ", hésite Gabriel.

" Tu fais ce que tu veux ", en sortant.

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C'est seulement à cet instant qu'il note que la porte est restée entrouverte. Adossé au mur, Abner pianote sur le clavier de son téléphone, un pied en appui juste au-dessus de la plinthe.

Castiel trace droit devant jusqu'à la sortie. Il sort en claquant la porte derrière lui.

Gabriel apparaît sur le seuil, le visage défait.

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" Ne vous inquiétez pas ", le rassure Abner en rangeant son téléphone. " Jimmy va garder un œil sur lui ", alors que ce dernier, alerté par le bruit, sort de sa chambre à l'autre bout du couloir.

" Est-ce qu'il va s'en sortir ? "

" Nul ne peut le dire et ceux qui ne s'en sortent pas ne sont plus là pour en témoigner ou ne le seront bientôt plus ", lâche-t-il platement.

" Vous savez y faire pour remonter le moral des gens, vous, y a pas à dire ", rétorque Gabriel, tristement sarcastique.

" Pourquoi mentir ?! ", en se redressant. " Café ? "

" Je… "

" Jimmy ", répète-t-il en l'invitant à le suivre.

" Je…", hésitant à marcher dans ses pas.

" Le fait qu'il soit ici devrait suffire à vous rassurer ", relance-t-il. " Et puis il a l'air de la vouloir tenir, sa promesse ", en jetant une œillade sur la porte de Castiel.

" Ça vous arrive souvent d'écouter aux portes ", alors qu'Abner prend le chemin des cuisines.

" Je vous ai laissé entrer, non ? Ça me donnait le droit à un petit bonus ", rieur. " et puis ce n'est pas de ma faute si les gens oublient de fermer leur porte ", en y disparaissant.

" Laissez-moi deviner… Vous étiez dans la DIA1 ? ", lance Gabriel depuis le couloir, retrouvant un peu de cet engouement dissout par la brusque fuite en avant de Castiel.

" Même pas ", lui fait-il écho.

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Jimmy observe Castiel depuis la fenêtre du salon. Il ne cherche pas à être discret. Il sort deux minutes plus tard pour le rejoindre sur le parking.

Un énième cauchemar où la mort s'invite vient de le happer.

Quand il revient, poussant le fauteuil d'un Castiel encore entre deux mondes, Gabriel surgit de la cuisine.

" Cassie ! ", suivi par l'ombre d'Abner qui s'arrête au seuil de la pièce.

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Jimmy ne s'arrête pas, traçant jusqu'à la chambre. Il voit Gabriel débouler sur sa gauche pour courir leur ouvrir la porte.

Son visage est pâle et l'inquiétude noie ses orbes dorés.

" Aidez-moi à le coucher ", lui ordonne Jimmy, calmement.

Gabriel suit les instructions de l'un et la moindre de trace de souffrance chez l'autre.

" Je vais rester avec lui ", lâche Gabriel avant que Jimmy ne se propose de le faire.

" Prévenez-moi quand vous partez ", lui ordonne-t-il. Gabriel s'apprête à contester " Vous n'êtes pas autorisé à rester… Une fois endormi, vous partez ", l'interrompt Jimmy, mettant poliment fin à toute forme de discussion. " Ce sont les règles ", imperturbable.

" D'accord ", soupire Gabriel en s'affalant dans le fauteuil roulant.

" Je vous laisse ", en s'apprêtant à refermer derrière.

" Merci ", l'interpelle Gabriel.

" Y a pas de quoi ", bougonne-t-il.

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Gabriel réalise soudain qu'il est assis dans ce fauteuil qui a résumé la vie de Castiel ces derniers mois.

Une prison sur roulettes, se fait-il la réflexion en en caressant les roues.

" C'est pas si mal quand on s'habitue ", le surprend la voix rauque et fatiguée de Castiel, la tête tournée vers lui.

" Oh merde !", feignant la crise cardiaque. " Préviens, mec ", cachant mal son embarras.

" Tu n'es pas obligé de rester ", pli las sur les lèvres.

" Je sais ", en se calant, mal à l'aise, dans son siège d'emprunt. " Je veux juste être sûr que tu ailles bien… Mieux, j'veux dire ", se reprenant maladroitement. " De toute manière, l'autre cerbère-là ", en indiquant la porte. "… m'a quasi foutu dehors " maugrée-t-il pour reprendre un peu d'assurance.

S'ensuit un long silence. Il n'a rien de pesant. Juste deux amis qui partagent le même espace temps.

" Je suis désolé de ne pas t'avoir prévenu. J'avais peur de faire face à un refus si je t'en avais demandé la permission de venir ", relance Gabriel.

" La permission ? ", dubitatif.

" Oui bon, hein !", balayant sa réflexion de la main.

" Je t'aurais dit non ", lui répond Castiel d'une voix blanche.

" Je sais ", tête basse.

" Et j'aurais eu tort ", en se tournant une nouvelle fois vers lui.

" Vraiment ? ", incertain.

" Vraiment ", avec un sourire fatigué.

" J'ai dû un peu forcer la main au sergent Mc Bright ", avoue Gabriel après quelques secondes. " Deux bouteilles de Jack Daniels ", grimace-t-il.

" Il est toujours là ? ", surpris.

" Ce vieux clou est bien décidé à rester planter dans nos godasses jusqu'au dernier jour ", peste-t-il.

" Tu repars quand ? "

" Demain matin… je dois être à la base au plus tard lundi matin ", dépité.

" Je suis heureux de t'avoir vu, Gaby ", en fermant les yeux.

" Pas autant que moi, Cassie ", en se penchant, avant-bras calés sur le matelas.

Castiel s'endort dans la minute.

C'est non sans une certaine réluctance que Gabriel finit par quitter cette chambre, ne sachant quand il pourra revenir ni quand Castiel lui donnera de ses nouvelles.

Peu importe, il ne compte pas attendre d'en avoir, se promet-il.

La route valait ces quelques heures de retrouvailles.

Sur la table, une poignée de bonbons au miel et citron.

Jimmy relève la tête de son livre quand il voit passer Gabriel dans le couloir. Les deux hommes se saluent.

Tout cela lui paraît tellement surréaliste…

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" Gabriel ? " lâche Dean dans l'écartement de la porte. " Qu'est-ce que tu fous là ? ", suspicieux.

" Je suis venu voir Cassie ", debout sous le porche, un sac dans une main, sa veste dans l'autre.

" Tu quoi ? ", en ouvrant grand et se plantant devant lui.

" Désolé, Dean, mais il n'y a pas que toi qui t'inquiète pour lui ", se défend-il. " J'en pouvais plus de ses textos… D'attendre… Je… Il fallait que je le voies ", en baissant les yeux sous le vert inquisiteur de ceux de Dean.

" Et ? ", en croisant les bras.

" Merde, Dean… C'est mon meilleur ami ", en relevant la tête.

Dean passe du sac à la veste et replante ses yeux dans les siens.

" Pourquoi t'es là ? "

" J'ai.. Je repars demain matin… J'ai dû faire des pieds et des mains pour avoir cette perm'… J'ai…", bafouille-t-il.

" Tu sais pas où crécher ", en conclut Dean.

" Le seul motel que j'ai croisé sur la route était complet ", penaud.

Il entend Dean prendre une énorme inspiration avant d'expirer, vaincu.

" Entre ", en s'écartant pour le laisser passer.

" Merci Dean-o "

" Dean ", le corrige-t-il en refermant derrière lui.

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Devant un pack de bières et quelques parts de pizza rescapées du dîner, Gabriel lui raconte leurs retrouvailles et Dean l'écoute, attentif, ponctuant le tout de sourires ou de hochements de tête.

Il fait rouler sa bouteille entre ses doigts et finit à son tour par parler de lui, de sa rééducation, des résidents de Baker's house, des coups de fil ou de leur absence. Il lui cache cependant, sciemment, leurs déjeuners dans l'espace fumeur du parking d'un bar resto'.

Ce sont ses moments à lui.

Gabriel doit avoir les siens, se défend-il devant cette esquive.

Et puis au fil de la soirée, la conversation bascule. Ils en viennent à parler d'eux. De la base et des chasses. De Khali et de Sam.

Parce que la vie continue…

Il est près de minuit quand Dean lui montre sa chambre, anciennement occupée par son frère ainsi que la salle de bains où il lui indique l'emplacement des serviettes.

" Petit-déjeuners à 8 heures, ça te va ? "

" 8 heures, c'est une grasse matinée pour moi ", en lui souriant. " Merci Dean-o ", en relâchant sa main. " Et pas que pour ça ", indiquant la chambre.

Dean ne sait pas quoi répondre alors il se contente d'une tape sur le bras et d'un léger sourire et s'en va.

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Le lendemain, Gabriel retrouve Dean devant les fourneaux. La table est dressée. L'odeur du café se mêle à celle des œufs brouillés.

Ils mettent quelques minutes à s'habituer à la présence de l'autre. Excepté son frère, Dean passe la majorité de ses petit-déjeuners en tête-à-tête avec lui-même, Gabriel au mess cerné d'une dizaine de soldats braillards. Comme tous les matins, la radio meuble le silence.

Une réflexion sur une chanson passant sur les ondes détend soudain l'atmosphère.

La dite chanson rappelle une chasse à Dean. Histoire sur laquelle Gabriel rebondit en balançant sur les travers de la police militaire.

Dean l'écoute et se surprend à rire plus d'une fois devant les vannes acerbes de son voisin de table.

Lui qui ne l'a jamais vu autrement que par le prisme Castiel le découvre à visage découvert. Il comprend enfin les raisons qui ont fait de ce "planqué", comme Gabriel aime à se qualifier lui-même, l'ami de Castiel… Le meilleur qu'on puisse avoir, comme l'ont prouvé ces derniers mois.

Le petit-déjeuner terminé, la cuisine rangée, un dernier café dans le salon avant d'envisager à regrets le retour à la base.

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" Tu savais qu'il avait prévu de quitter l'armée ? " relance Gabriel alors que Dean croise les pieds sur la table basse. " Cette mission devait être la dernière ", fixant le vide.

" Il m'en avait vaguement touché un mot, mais j'ai cru que…", en jouant avec sa tasse, les mots suspendus, regard incertain.

" L'affaire Skean a eu raison de ses dernières illusions… et toi…", en le pointant de son mug.

" Quoi moi ? ", la voix basse, la tête enfoncée sur sa poitrine, mal à l'aise.

" Toi, l'imbécile dont il s'est entiché ", amusé par sa gaucherie.

" N'importe quoi ! ", bougonne-t-il, chassant les mots de la main, le feu aux joues.

" Il a saisi l'opportunité que tu lui as offerte pour tout oser abandonner ", poursuit-il, touché par sa maladresse.

" Je suis une opportunité, moi, maintenant ?! ", étouffant de sarcasme sa pudeur dévoilée.

" Dean ", le rappelant à l'ordre avec tendresse.

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Un ange passe…

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" Des projets dans le civil, il en avait, tu sais ", en détournant les yeux vers l'écran noir de la télévision. " Sécurité, reconversion dans la police, il a même envisagé de devenir Ranger ", en souriant. " J'ai pris quelques renseignements et même rempli des demandes de formation en son nom "

" Pourquoi tu ne m'as jamais rien dit ? ", circonspect.

" Parce qu'entre temps, les choses ont changé ", en posant sa tasse vide sur la table.

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Une nouvelle pause. De nouvelles pièces à rajouter au puzzle qu'est devenu l'énigmatique vétéran.

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" Ranger ? " répète Dean, dubitatif.

" Des années à ramper par terre et manier le M16, ça laisse des traces… Les aptitudes sociales de Cassie sont… un peu rouillées ", ironise-t-il en mimant des guillemets fictifs.

" Je le confirme ", le coupe Dean en riant, se souvenant de leur première rencontre.

" Celles sur le terrain, par contre ", poursuit Gabriel en laissant les mots en suspens. " Et puis Cassie a toujours adoré les grands espaces… De tous ses choix, j'avoue que c'est celui que j'ai préféré… Quitter l'armée pour le savoir à risquer sa vie sous un autre uniforme, même civil, ça craignait ", en se grattant distraitement la joue. " Cassie et son fichu complexe du sauveur ", marmonne Gabriel entre ses dents.

Dean sirote son café pensivement.

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" Il doit bien exister un moyen de le faire intégrer la vie civile sans se la faire Tarentino ", se fait-il la réflexion à haute voix.

" Ils sont pas légion les patrons qui acceptent d'engager des vétérans… Même la police émet des réserves… En plus… "

Le mot handicap flotte dans l'air.

" Je sais ", soupire Dean avant de vider sa tasse. " Mais si c'est pour sortir de tout ça, debout mais sans perspectives d'avenir, quel intérêt ?! ", en se mordant la lèvre. " J'ai beau être une belle opportunité ", reprenant avec humour l'expression de Gabriel. " je ne détiens pas toutes les clefs "

" Cassie ne donne de valeur à sa vie qu'à travers celle des autres… C'est de ce côté qu'il va falloir creuser ", souligne Gabriel.

" Qu'il va falloir creuser ? ", en se tournant vers lui, dubitatif.

" Il ne m'a jamais dit d'arrêter mes recherches ", sourire gouailleur.

" Bien vu ", sourit à son tour Dean en tendant sa tasse vers lui.

Ils trinquent et, derrière ce geste, une promesse.

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Deux heures plus tard, Dean accompagne Gabriel jusqu'à son cabriolet. Ce dernier a retrouvé son humour potache des débuts, reboosté à l'idée de pouvoir aider Castiel même à des kilomètres de là. Persuadé qu'il était jusqu'alors de n'être plus rien qu'un souvenir lointain, il vient de retrouver sa vraie place : celle de meilleur ami.

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Les quelques heures qui viennent de passer le lui ont prouvé.

Le message de Castiel tombé vingt minutes plus tôt aussi :

" Sois prudent sur la route. Embrasse Khali de ma part. Et merci pour les bonbons. "

Tout est dit à qui sait lire entre les lignes…

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Le Cabriolet prend la direction de la base. L'Impala, celle de Baker's house.

Un banc vide attend ses visiteurs du week-end.

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Fin chapitre XXII

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En espérant que ce chapitre vous aura plu, on se retrouve dimanche prochain si le coeur vous en dit.

Love you.

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