De retour pour un nouveau chapitre plutôt long cette fois. Petit à petit l'histoire évolue et nous allons bientôt arriver à la partie qui me réjouit le plus. Bref, je ne vais pas vous spoiler non plus.
Merci à tout ceux qui pensent à me laisser une review. Apparement, selon les stats j'atteint les 300 lecteurs. Mon dieu. J'imagine même pas ce que ça donne, mais ça me rend fière 3
Bonne lecture
De l'amour.
Chapitre XI
Le lendemain il était parti rejoindre ses parents. Après avoir passé quasiment la nuit à discuter dans la salle sur demande.
Harry, assis dans le salon du Manoir Snape observait la neige tomber au sol dans un silence apaisant. Ils étaient arrivés le matin même et il avait été plus que surpris de découvrir le lieu de vie de son Tuteur.
Le manoir était immense. Il ressemblait sûrement à celui des Malefoy. Le sol était de marbre noir. Les murs de pierre décorés de nombreux tableau et objets précieux. Tout était sobre mais décoré avec goût. Harry y retrouvait des touches de l'appartement de Poudlard. Mais ici, il y avait des elfes. D'ailleurs ils avaient tout décoré. L'escalier était orné de guirlandes de sapin et de houx, des bougies flottaient un peu partout alors que le salon était orné d'un immense sapin de noël.
Harry pouvait d'ailleurs sentir depuis leur arrivée de nombreuses odeurs alléchantes. Cannelle, sucre, beurre, viande rôtie. Badiane ou encore caramel. C'était étrange. C'était la première fois qu'il se sentait aussi heureux et nerveux à la fois. Il savait que le soir, lui et Snape partageraient un repas avant de pouvoir lui offrir son cadeau au matin du 25 décembre.
Enfin. Ses deux cadeaux. Parce que s'il avait le livre de potion depuis plusieurs semaines, il avait également trouvé autre chose lors de sa sortie à Pré-au-Lard.
Il se souvenait encore d'avoir stoppé net devant la vitrine de l'échoppe et hésiter de longues minutes sous la neige. Il s'était senti un peu bête. Il était évident que son tuteur n'était pas du genre à manquer de quoi que ce soit mais qui avait dit qu'un cadeau devait être absolument indispensable…?
Pensif, il sourit. Le présent soigneusement emballé lui avait coûté cher mais il ne regrettait pas. Soupirant, il se leva. Il allait aller voler une heure ou deux. Ça le détendrait.
Snape releva les yeux de ce qu'il faisait quand il nota l'heure. Quasiment celle du souper. Il s'étira, massa doucement sa nuque douloureuse et ferma le livre qu'il lisait.
Magie noire. Cela faisait longtemps qu'il ne s'y était pas plongé. Mais il devait impérativement en apprendre plus sur les derniers Horcruxes. Dumbledore lui avait dit que grâce aux Malefoy, deux avaient été découverts. La bague de Gaunt et la coupe des Poufsouffles. Maugrey avait alors évoqué l'idée que les reliques de Poudlards soient toutes devenues des parties d'âme du Lord. L'argument avait été rejeté. L'épée de Godric Gryffondor en avait détruit un. Impossible.
Mais personne ne pouvait en être sûr. Alors maintenant le Diadème de Serdaigle et le médaillon de Serpentard étaient la cible de toutes les recherches.
Le maître des potions avait alors ressorti de vieux livres afin de comprendre le processus de création de ces choses. Il devait mieux comprendre tout cela pour déterminer quels autres objets pouvaient être les réceptacles de l'âme du lord. Il grimaça et secoua doucement la tête. Combien donc de ces horreurs le Seigneur Noir avait-il donc créé ?
Plus il s'enfonçait dans ses recherches, plus il se sentait mal. Petit à petit il en était venu à la conclusion que les objets ciblés devaient être déjà emprunts de magie pour que le maléfice fonctionne. Mais il avait également découvert dans un vieux grimoire tombant quasiment en poussière que les horcruxes pouvaient revêtir des formes vivantes. Animales. Nagini avait été la première pensée de l'Ex-Mangemort. Ce serpent qui accompagnait partout le Lord et à qui il semblait vouer un amour tout aussi malsain que dégoûtant.
Il devait se sortir tout cela du crâne. Il était censé fêter Noël avec Potter. Et il s'était promis que cela aurait, à défaut de l'être réellement, au moins l'air d'être joyeux.
Il avait d'ailleurs donné des consignes strictes à ses elfes et avait été très satisfait à son arrivée de voir les décorations et le sapin. Il avait conduit son pupille jusqu'à une chambre et lui avait annoncé que ce serait la sienne ici.
Il l'avait vu observer les lieux, un peu dubitatif au départ, osant à peine entrer. Snape avait supposé que la taille l'avait impressionné. Évidemment. Il lui avait choisis la chambre la plus spacieuse. Peut-être était-ce une erreur de sa part ? Un lit immense trônant au milieu, entourés de confortables rideau de velours. Tout était dans un camaïeu de bleu. Le maître des potions ayant supposé qu'une couleur ne faisant de rappel à aucune de leur maison respective était peut-être mieux. Et puis, à la réflexion, il s'était également dit qu'il fallait que le gosse arrête de s'identifier à quelque chose qui avait été choisi pour lui.
Il lui avait signalé que si quelque chose ne lui plaisait pas, il n'avait qu'à le changer. De son côté, cela lui était bien égal. Par contre. Sa chambre devait toujours être dans un état de propreté décent. Hors de question qu'il en fasse un taudis.
Le brun avait alors souri et s'était détendu. Il avait posé sa valise, libéré sa chouette et hoché la tête.
Snape l'avait ensuite rapidement guidé au sein des différents couloirs, lui montrant bibliothèque, salon, salle à manger, chambre d'amis, laboratoire, bureau, salles de bain, cuisine et autres avant de le laisser à lui-même, l'informant qu'il avait du travail et qu'ils se retrouveraient pour le repas du soir.
Sortant de ses pensées, il ouvrit la porte de son bureau et partit rapidement se changer avant de se mettre à la recherche de l'enfant. Fronçant les sourcils après avoir examiné sa chambre, le salon et la bibliothèque, il allait rejoindre Eltia et Sary, les elfes de maisons, quand une silhouette à l'extérieur attira son regard.
Nom de Merlin. Évidemment. Il s'approcha de la porte fenêtre du couloir et observa le jeune virevolter dans le jardin, accroché à son balai. Il avait les sourcils froncés et le regard concentré. Il s'exerçait. Et la figure semblait particulièrement périlleuse et délicate. Et ce fichu enfant ne portait même pas de bonnet ou de gants. C'est tout juste s'il semblait avoir enfilé un manteau. Avait-il conscience qu'il neigeait…?
Ouvrant finalement la porte, il s'avança dans le froid avant d'intervenir.
- Monsieur Potter. Ne pensez-vous pas qu'il soit temps de rentrer….?
Il vit Harry se tourner vers lui avant de sourire. Il ne l'avait pas vu ainsi depuis plusieurs semaines. Il semblait plus détendu. A Poudlard, le jeune sorcier était en permanence sur ses gardes. Ici, depuis son arrivée, il semblait juste savourer la liberté d'être seul.
- C'est déjà l'heure professeur…?
- Effectivement. Et vous allez geler si vous continuez de vous entraîner dans le froid sans même vous protéger un minimum.
Il se posa au sol avant d'hausser les épaules nonchalamment.
- Je vais bien ! Je vais ranger mon balai j'arrive !
- Et profitez donc de prendre une douche. Vos cheveux sont recouverts de neige.
Amusé, le brun secoua la tête pour en chasser les flocons avant de se précipiter dans les escaliers. Soupirant, le professeur referma la porte et rejoignit le salon.
D'un mouvement de baguette souple, il alluma toutes les bougies de la pièce avant qu'une pile de cadeaux n'apparaisse sous le sapin. Il les observa et nota ceux que la jeune Granger lui avait remis. Elle était venue la veille, portant avec elle plusieurs paquets venant , apparemment, de sa part et celle des Weasley. Dumbledore lui en avait remis un. Ainsi que Lupin. Ce fichu chien enragé de Black en avait également envoyé un. Soupirant, il quitta la pièce pour rejoindre la salle à manger.
Par Salazar. Il était épuisé. Depuis que ce gamin était entré dans sa vie il était constamment obligé de revoir ses habitudes. Comme pour ce soir. Il avait soigneusement étudié les coutumes moldues et sorcières avant de mettre au point un plan pour la soirée. Il avait également demandé des éclaircissements à Narcissa. Lucius avait ricané des heures durant alors que sa femme s'empressait de faire une liste interminable à Severus des choses à faire. Usant.
Mais il avait au moins échappé à l'idée de fêter Noël avec la famille complète. Il s'imaginait mal avec son pupille à la table des Malefoy. Il imaginait d'ici la scène.
Draco qui jouerait les possessifs avec Harry. Harry qui serait sur ses gardes face à Lucius. Narcissa qui tournerait autour des deux enfants en s'exclamant… Lucius qui lancerait pique sur pique à Severus. Non. Définitivement, la soirée serait infiniment meilleure sans eux. Quoi qu'il aurait bien aimé voir la tête de Lucius face au comportement de son fils.
Plus les choses avançaient, plus Severus était certain que Draco ressentait bien plus que de l'amitié envers le Sauveur du Monde. Il le voyait s'approcher et roder autour de son pupille sans la moindre gêne. C'était tout juste s'il n'allait pas menacer en douce les filles qui lançaient un regard à Potter.
Son petit manège avait le don d'amuser le Maître des potions et il se doutait que Lucius, malgré ses airs, n'irait pas contre son fils. Narcissa encore moins. Elle le voyait comme la 8ème merveille du monde alors…
Non. Par contre, le problème serait l'Ordre. Et le Lord. A plusieurs reprises Voldemort avait convoqué Draco pour lui soutirer des informations sur Potter… Et sans le sort de Secretum, ils auraient été gravement en danger.
Mais bientôt, toute cette guerre prendrait fin. Snape releva les yeux alors qu'Harry faisait à nouveau son apparition, les cheveux mouillés et attachés en chignon au sommet de son crâne. Il portait un pantalon noir et un pull vert que Severus n'avait jamais vu.
Quand son pupille s'approcha il ne put s'empêcher de soupirer. Le serpent en bas à droite était un signe évident de la provenance du cadeau. Il faudrait quand même que son neveu réfrène quelquefois ses accès de possessivité…
- Joli pull…
- C'est Draco qui me l'a offert hier pour Noël…
- Tu m'en diras tant… Cependant je m'en doutais. La provenance était plutôt...évidente…
Snape, moqueur, désigna le petit symbole et il vit son pupille rougir et hausser les épaules.
- C'est Draco…
- Hn. Allons nous asseoir, les elfes sont impatients de savoir ce que tu penses de leur cuisine.
Naturellement il était repassé au tutoiement. Le jeune sourit et alla s'asseoir. Une seconde plus tard, le repas était servi et il le vit écarquiller les yeux. C'était superbement appétissant. Et délicieux.
Pour une fois, il sembla manger plus que d'habitude, goûtant à tout, complimentant le vide, commentant chaque plat à son tuteur, qui lui, fidèle à lui-même restait de marbre et silencieux, comprenant rapidement le manège d'Harry qui parlait à voix haute pour que les elfes entendent.
Quand le dessert fût avalé, il reprit la parole.
- Je propose de rejoindre le salon pour les cadeaux.
- ... Les cadeaux…? Ce n'est pas le matin de noël en général…?
- Cela dépend des maisons Harry.
Il ne l'avouerait pas, mais il avait également envie que ce soit différent des Noël que le brun avait connu jusque-là. Une tradition qui appartiendrait à cette maison. Harry dû penser que ce n'était pas une mauvaise idée parce qu'il venait de se mettre debout d'un bond.
- Je reviens !
Haussant un sourcil, il le vit partir en trombe et l'entendit monter les escaliers quatre à quatre. Il allait encore se casser un os à courir comme ça comme un inconscient. Il devrait penser à jeter un sort de protection à ce gamin. Ça lui évitera sûrement plein d'ennuis. Soupirant, il rejoignit dignement le salon, s'installant dans un fauteuil confortable devant le feu.
- Professeur….?
- Severus quand nous sommes seuls Harry…
Plongé dans ses pensées, il ne l'avait pas entendu revenir. Relevant les yeux sur son pupille, il le vit se tenir devant lui, l'air gêné, portant deux paquets.
- Severus… tiens…. Joyeux Noël…
Stupéfait, le maître des potions regarda le jeune homme lui donner les deux paquets emballés soigneusement. Il avait pensé à lui offrir quelque chose. Il n'aurait jamais pensé que Harry Potter lui offrirait quoi que ce soit de toute sa vie… Mais par Merlin, il n'aurait jamais pensé devenir son Tuteur non plus…
Posément, il prit les deux et ouvrit le premier. Sans surprise, au vu de la forme, il s'agissait d'un livre. Mais quand il vit la couverture il écarquilla les yeux. Il s'agissait d'une édition rare d'un livre relatant toutes les utilisations possibles des ingrédients provenant des créatures de la forêt interdites ainsi que des plantes s'y trouvant dans l'art des potions.
- Comment t'es-tu procuré cela ?
Incrédule, il feuilleta le précieux ouvrage avec respect. Tournant les pages parcheminées et usées par le temps.
- Je...j'ai demandé à Hagrid de m'aider… Apparemment Firenz a plein de livres quelque part…
- C'est un cadeau inestimable… Merci Harry…
- Je...de rien...Ouvre l'autre…
Haussant un sourcil, il releva les yeux sur le jeune homme qui semblait de plus en plus gêné et se tortillait presque devant lui.
Le second paquet était une sorte de boîte allongée et plate. Il défit lentement le paquet et haussa un sourcil en reconnaissant l'enseigne. Il souleva le couvercle et tomba sur une longue chaîne d'argent ornée d'un petit pendentif en forme de bague, gravée de différents symboles.
- C'est…un bijou enchanté… Il y a un sort de protection dessus… Je sais que vous allez me dire que vous n'en avez pas besoin mais je vous assure que si ! Si vous êtes en danger, il s'activera ! Ça peut vous sauver la vie ! Je sais que vous êtes un grand sorcier mais… dans une guerre, personne ne peut se permettre de refuser un peu d'aide n'est-ce pas…? Peu importe d'où ou de qui elle vient…
Sans dire un mot, il avait écouté son petit discours. Apparemment Potter s'était préparé, il avait répété ses arguments. Et il faut dire qu'ils étaient plus que percutants. Effectivement, qui, en temps de guerre, serait assez stupide pour refuser une aide supplémentaire ou providentielle…? Sans ajouter un mot, il passa la longue chaîne autour de son cou et dissimula le pendentif sous sa robe noire.
- Merci. C'est un cadeau qui a le mérite d'être utile.
Il observa son pupille rougir avant d'hocher la tête doucement.
- Il me semble que c'est à ton tour d'ouvrir tes cadeaux.
Il désigna doucement la pile de paquets posés sous le sapin et cacha son amusement en notant l'air incrédule du jeune sorcier. Il semblait apparemment, ne pas s'attendre à autant. Il le vit s'approcher et hésiter.
- Commence par ceux de dessus. Ce sont ceux de tes amis et des Weasley.
Étrangement, Harry ne semblait pas follement enthousiasmé par lesdits présents. Il ouvrit rapidement celui de Madame Weasley ainsi que ceux de Ron et Hermione. Il s'arrêta cependant une seconde sur celui de la demi-sorcière. Il s'agissait apparemment d'un livre moldu. Non. Un album photo.
Il ouvrit ensuite rapidement celui de Dumbledore, et posa sans plus y accorder d'attention le livre à ses côtés.
Vint ensuite celui de Lupin. Une boîte débordant de friandises en tout genre. Ridicule. Il allait uniquement réussir à donner des caries au jeune homme. Il avait également ajouté une photo de lui dans sa jeunesse, accompagné de Black et de Potter père… Harry n'y jeta même pas un œil. Étrange.
Le suivant était celui de son parrain. Il l'ouvrit lentement. Il semblait hésiter entre plusieurs émotions mais ne dit rien quand il trouva à l'intérieur un nécessaire pour son éclair de feu ainsi que plusieurs petites babioles. Il les déposa soigneusement sur le tas des cadeaux déjà ouvert avant de finalement se tourner vers ceux qu'ils restaient.
Severus fit mine de s'intéresser au thé qui leur avait été apporté par les elfes et plongea son regard dans la cheminée.
Il avait peut-être acheté beaucoup de choses. Des habits. Des chaussures. Quelques livres sur le Quidditch mais également sur les différentes coutumes sorcières… Il avait noté que souvent, le survivant, semblait perdu face au monde d'où il était normalement issu.
Puis vinrent les cadeaux un peu plus personnels. Sur un coup de tête, Severus avait commandé auprès d'un artisan sorcier réputé un balai… Il savait que Harry en avait reçu un de la part de Sirius...mais depuis les avancées magiques avaient permis la commercialisation de modèles bien plus performants… Et à part le vol, il n'y avait pas grand-chose qui semblait passionner le jeune survivant. Alors il avait craqué.
Et maintenant Harry fixait, bouche-bée, ce qu'il tenait entre ses mains. Un balai neuf, aux lignes épurées et apparemment en édition limitée selon ce qui était inscrit sur le petit écriteau aux lettres dorées.
- Q..Qu'est-ce que c'est…?
- Un Silver Arrow.
- Il a été fabriqué par Leonard Jewkes.
Le Silver Arrow était plus que célèbre pour tous les joueurs. Il s'agissait d'un des seuls balais précurseurs de ceux utilisés pour les courses de vitesses.
- Je préférerais cependant que tu évites de faire n'importe quoi avec… Promets-moi de ne pas non plus te mettre délibérément en danger.
Sincèrement, Harry était tellement impressionné qu'il doutait même oser monter dessus de peur de l'abîmer. C'était… incroyable.
- Merci… oui...oui oui je promets…
- Bien. Il te reste un dernier paquet.
A nouveau, le professeur prit un air distant et neutre alors qu'Harry posait révérencieusement son balai avant de se tourner vers le dernier cadeau.
Une simple enveloppe de kraft. Fronçant les sourcils, il l'ouvrit pour tomber sur une liasse de photos moldues… Et il se figea.
- Il s'agit de photos de ta mère et tes grands parents. Et de moi. Nous nous connaissions enfants. Ta mère et moi étions voisins. Nous avons longtemps été amis.
La nouvelle eut l'effet d'une bombe sur l'adolescent. Pendant une seconde il fut submergé par les émotions. Colère. Alors pourquoi il l'avait traité ainsi pendant des années si sa mère avait été son amie…? Joie, enfin il pouvait en apprendre plus sur tout ce pan de sa vie. Incrédulité. Il avait eu des grands parents.
Se débattant comme il pouvait, la voix étranglée, il fit doucement défiler les images devant lui.
- Pourquoi je ne l'apprends que maintenant…?
Snape soupira longuement.
- Parce que pendant longtemps j'ai préféré cultiver ma rancœur. Je suis navré.
Harry était silencieux, découvrant en souriant les différentes scènes immortalisées par les photos. Il y découvrait sa mère toujours collée à un garçon au regard hanté. Et il se dit qu'il lui ressemblait.
- Merci…
- De rien. Je pense que tout cela te revenait de droit.
Harry ouvrit doucement les yeux. On était la veille de la rentrée et il avait passé les deux meilleures semaines de sa vie.
Noël avait été particulier cette année. Il avait enfin trouvé un endroit qu'il pouvait désigner comme chez lui. Avec une sorte de famille. Il avait reçu des cadeaux, eut un repas digne de ce nom… et ensuite ses vacances n'avaient été que repos, séances de vols incroyables, quelques sorties à Londres avec son tuteur et autre. Il s'était reposé. Il avait oublié tout ce qu'il se passait le reste de l'année et avait pu, pour une fois, se sentir comme tout le monde.
Bien évidemment, il avait aussi été obligé de faire ses devoirs, sous l'étroite surveillance de Snape. Mais il s'en fichait. Il adorait l'idée que quelqu'un se préoccupe de son avenir. Il avait même aidé de temps à autre le professeur pour quelques potions.
Ils avaient aussi pas mal discuté. Du moins, Harry avait posé beaucoup de question à Severus concernant sa mère et leur amitié. Il avait ainsi pu, enfin, mieux comprendre les relations difficiles des adultes. Il comprit également pourquoi Snape avait toujours été, de près ou de loin, dans les parages lorsqu'il avait besoin d'aide.
Et il s'était petit à petit forgé une opinion sur tout ça. Sur son père. Sur sa mère et ses choix. Sur les Maraudeurs. Et aujourd'hui, il ralliait plutôt son tuteur quant au comportement abusif du groupe qu'avait formé Lunard, Patmol, Queudver et Cornedrue.
Passant une main dans ses cheveux, il se leva et prit rapidement une douche avant de descendre pour le petit déjeuner. Cet après-midi ils rejoindraient Poudlard à nouveau. La fin des vacances était là.
Si quitter son petit havre de paix ne l'enchantait pas, il y a une chose qu'il avait cependant regretté, c'était l'absence de Malefoy. Il lui manquait. C'était ridicule et complètement stupide mais il lui manquait vraiment. Lui et son comportement excessif.
Préférant ne pas s'attarder sur ce genre de sentiment qui lui donnait à chaque fois un sentiment de gêne, il mangea rapidement avant d'aller faire sa valise. A ce moment-là, il réalisa encore quelque chose. Il allait pouvoir choisir ce qu'il emportait… parce que cette fois, il pouvait laisser ici, dans sa chambre, chez lui, les affaires dont il n'avait pas besoin…
Alors quand Snape frappa à la porte avant d'entrer, il était en train de contempler sa valise comme un idiot.
- Tu n'es pas encore prêt…? Nous partons dans 30 minutes.
- Je sais… désolé.. C'est juste...que c'est la première fois que je fais une valise...d'habitude je me contente de jeter toutes mes affaires dans ma malle… Parce que si je laissais quoi que ce soit sur place, il le brûlait…
Le professeur n'eut pas besoin de plus de précision quant à ce fameux "il" mais il ne put empêcher les relents de haine d'envahir son esprit.
- Prends ce que tu penses utile. De toute manière, s'il manque quelque chose, tu pourras demander à Eltia et Sary de te le faire envoyer.
- Mn… d'accord.
Il vit son pupille se mettre à entasser habits et livres dans sa malle et quitta la pièce.
Il avait apprécié ces deux semaines. Il avait craint au début que la présence de l'adolescent ne soit une entorse à sa si chère solitude, mais non. Il était discret. S'occupait tout seul et ne venait jamais le déranger. A tel point qu'il l'avait presque oublié par moment. Presque. Jetant un tempus devant lui, il fila dans son bureau pour donner les dernières consignes aux elfes de maison.
Il allait emmener Harry à la gare et le laisser faire le trajet avec les autres élèves. Cela lui donnerait quelques heures de liberté pour se préparer au banquet de la rentrée. Joie. Il ne se réjouissait pas plus que ça de retrouver tous ces gamins brailleurs.
Soupirant, il appela Harry. C'était l'heure.
- Mère. Je ne sais pas ce que vous vous imaginez mais je préférerais que vous le gardiez pour vous.
- Je ne m'imagine rien du tout mon chéri. Simplement il me semble que tu es bien impatient de retourner à Poudlard pour une fois…
- Et bien. N'êtes-vous pas heureuse que mes études me passionnent autant…?
- Il me semble qu'il y a autre chose qui te passionne en ce moment mon fils…
Draco jeta un regard glacial à son père qui, comme d'habitude, s'amusait à le mettre mal à l'aise. Il le toisa de ses yeux argentés.
- Comme quoi ?
- Oh Draco chéri nous ne sommes pas aveugles tu sais…? Nous avons noté ta...possessivité envers le survivant.
Évidemment. Ses parents ne pouvaient pas tout simplement ignorer ce genre de chose comme tout bon parent. Non. Ils préféraient venir lui en parler alors qu'ils allaient partir à la gare.
- Et….?
Indifférent, Il vérifiait dans le miroir de l'entrée que tout était parfait dans sa tenue.
- Et rien du tout mon chéri. Je suis très heureuse pour toi.
- Je pense, pour ma part, que tu devrais faire attention à ce que tu fais Draco. Tu sais dans quelle situation nous sommes.
- Merci Père. C'est vrai que j'ai souvent tendance à oublier que le Seigneur des Ténèbres me prend pour son intermédiaire direct avec Potter.
Le ton acide et plein de fiel du jeune homme glaça l'ambiance. Si Noël avait été une période agréable, la seconde semaine de vacances avait été un enfer pour le blond. Convoqué quasiment chaque jour par Voldemort, il lui avait donné tout un tas de consigne pour atteindre le survivant. Il lui avait ordonné de lui rapporter tout ce qu'il pouvait. Lui avait demandé de se rapprocher le plus possible de lui, perçant à jour les préférences du jeune sang pur.
Il avait passé des heures aux côtés du Mage noir à écouter ses délires morbides concernant le Sauveur du Monde. Il l'avait écouté lui parler de ses plans, de ce qu'il prévoyait de lui faire. Il lui avait raconté leurs différents face à face et notamment le dernier en date.
Stoïquement, il avait enduré toutes ces heures à ses côtés. Il avait acquiescé, hoché la tête. S'était incliné et avait murmuré des éloges à cet être rongé par la mort.
Grâce à ses talents en Occlumancie il avait caché soigneusement tout ce qui était trop à risque et avait laissé le Seigneur fouillé le reste de son esprit. Il ne savait pas comment Potter faisait pour ne pas devenir fou d'angoisse. Il l'avait senti ramper contre les parois de son esprit. Glacial et terrifiant.
Alors oui, il était plus qu'impatient de retrouver Poudlard et ses murs sécurisés. De retrouver Potter et la lumière.
- Draco. Nous savons que cette semaine a été dure mais en qualité de Malefoy nous ferons ce qu'il doit pour survivre.
- Évidemment Père. Mais sachez qu'une fois cette guerre achevée, vous serez prié de ne plus suivre aveuglément n'importe qui.
Il en voulait à son Père. Il lui en voulait d'avoir fait le mauvais choix. D'avoir plié l'échine face à un fou sanguinaire sans penser une seule seconde aux conséquences. Parce qu'aujourd'hui, lui, Draco Malefoy, avait été obligé de passer une semaine entière au contact de l'être le plus ignoble que la terre ait engendrée uniquement pour des questions de fierté.
- Draco ! Ne parle pas ainsi à ton père.
- Bien Mère. Maintenant si nous y allions.
Les deux adultes échangèrent rapidement un regard avant de soupirer. Ils avaient eu une discussion et ils savaient que Draco ne leur en voudrait pas longtemps. Il avait besoin de récupérer de cette semaine en enfer. Ensuite, il se calmerait. Lançant une poignée de poudre de cheminette, ils prononcèrent l'adresse de destination.
Draco franchit le quai 9 ¾ avec une petite demi-heure d'avance sur l'horaire de départ du train, abandonnant ses parents avec un salut conventionnel en guise d'au revoir. Avançant sans se préoccuper des élèves autour de lui, il fendit tranquillement la foule, son regard à la recherche de Potter. Agacé de ne pas le trouver, il finit par tomber sur Hermione Granger.
- Granger.
Il la vit se tourner vers lui, surprise.
- Malefoy ? Euh...je veux dire bonjour…
- C'est ça. Bonjour. Est-ce que tu as vu Potter…?
- Harry…?
- … Parce que tu connais plusieurs Potter peut-être…?
- Euh...non..non je ne l'ai pas vu...Mais il devait prendre le train ?
- Non je te demande ça en sachant pertinemment qu'il n'est pas là. Tu as d'autres questions stupides à me poser…? C'est Weasley qui te déteint dessus ?
Okay. La jeune femme observait le blond qui était clairement de très mauvaise humeur. Il avait le regard légèrement cerné et un pli amer au coin de la bouche. Il semblait à bout de nerf. Est-ce que c'était une sorte d'effet de manque….?
- Granger ?!
- Pardon...Si je le croise je lui dirais que tu le cherches…
- Tch.
Une vague signe de la main et il reprenait sa route, aboyant sur des élèves pour qu'ils se dépêchent. Il était préfet. Il devait faire régner l'ordre et la discipline. Et aujourd'hui plus que jamais il n'avait pas la patience qu'on lui désobéisse.
- Malefoy… Pourquoi tu cries sur tout le monde…?
Se tournant vivement, il tomba droit sur Potter. Il était seul. Traînant avec lui un chariot sur lequel était posé sa malle. Perplexe, il le regardait. Vêtu du pantalon noir habituel et de la chemise réglementaire, il avait, enfilé son pull noir par-dessus et une cape de belle facture couvrait ses épaules. Il avait un peu grossi. Et il semblait détendu.
- Potter ! C'est maintenant que t'arrives ? Le train part dans dix minutes.
- … Oui je sais… Mais je te cherchais…
Prêt à lui lancer une énième remarque désagréable, ses paroles le stoppèrent net dans sa tirade.
- Tu me cherchais…?
- Ouais… je voulais savoir si on s'installait dans le même compartiment…?
- Le même..compartiment…?
- Oui ….?
Cet abruti de Potter avait toujours le don de lui faire perdre ses moyens… Parce qu'il y avait une autre alternative à sa proposition…? Parce qu'il avait imaginé qu'il ne viendrait pas le chercher s'il avait osé aller s'installer tout seul…?
- Draco…?
- … Oui. Je te rejoins quand j'ai fini avec les première année.
- Okay… A toute.
- Mn…
Potter tourna les talons tranquillement pour monter dans le train après avoir laissé ses bagages aux elfes. Draco allait fusiller une jeune fille du regard quand un ricanement résonna à ses oreilles.
- Bah alors Draco… c'était quoi cet air complètement ahuri…?
- Zabini…. Ton nouveau beau-père se porte bien…? C'est le quoi…? douzième du nom ?
Évidemment, le métis fit immédiatement la tête à la remarque sarcastique de son ami et grommela quelque chose.
- Je monte dans le train.
- Fais donc cela.
Exaspéré, le blond fit monter rapidement les derniers retardataires avant de se rendre au briefing des Préfets. Et une heure plus tard, il pouvait enfin rejoindre Harry.
Ouvrant la porte du compartiment avec sècheresse, il manqua de s'étrangler de rage. Blaise et Nott étaient assis en face de Harry. Et ce dernier fixait par la fenêtre alors qu'une fille se penchait sur lui en gazouillant il ne savait pas quoi.
Tout ce qu'il voyait lui, c'était qu'elle était beaucoup trop proche. Elle collait sa poitrine contre le bras du survivant, gloussait et jouait avec ses cheveux blonds. Intolérable.
- Potter.
Le survivant, qui jusqu'à présent, ressemblait plutôt à une statue de sel s'anima tout d'un coup à la voix du blond. Il se redressa, ignorant toujours la fille et posa ses yeux vers sur Draco.
- Enfin.
- J'avais du travail moi. Je ne suis pas de ceux qui se reposent constamment sur leurs lauriers comme toi…
- Oui oui on sait. Tu es un exemple pour tous, tu es merveilleux. Tu viens t'asseoir ?
Harry n'avait pas spécialement fait attention. Mais en levant les yeux sur Malefoy et sur son expression crispée il fit brusquement le lien et posa ses yeux sur la fille.
- Faut que tu partes.
- Je...quoi ?
- C'est la place de Malefoy. Pars.
C'était glacial. Et pourtant dit avec tellement de simplicité que cela sonnait comme une évidence. C'était du grand Art. Potter venait de jeter la fille avec une nonchalance tout à fait délicieuse.
- Mais...on était en train de discuter !
- Ah..euh..désolé mais… j'écoutais pas.
En fait, le blond se disait que ce genre de spectacle était bien plus satisfaisant que de devoir soi-même éloigner toutes ces imbéciles romanesques… Zabini lui avait carrément sorti un paquet de chocogrenouilles et suivait la scène avec intérêt.
- Comment ? Mais Harry ! J'étais en train de t'expliquer qui je suis ...
- Ah. Tu peux partir maintenant…?
- Mais…
- Ça suffit.
Elle insistait trop. La toisant et plissant doucement les yeux, un rictus mauvais aux lèvres, le blond venait d'intervenir.
- Sors d'ici tout de suite.
La jeune femme qui savait pertinemment qui était l'héritier Malefoy déglutit doucement avant de glisser de la banquette et s'éclipser avec un petit au revoir étranglé pour le survivant.
- C'était qui du coup…?
En une seule phrase, il venait de détendre Draco. Le blond ricana, tira un peu sur sa cravate pour être plus à l'aise et s'assit à côté de Potter.
- Armenia Sollis, Serpentard. Fille de la famille Sollis, elle a deux frères aînés et ses parents sont de richissimes collectionneurs d'artéfact magiques.
- Putain Harry ! C'était incroyable comme tu l'as envoyée voir ailleurs…
Le survivant regardait tour à tour Draco puis Zabini. Apparemment la conversation lui échappait complètement.
- Envoyée voir ailleurs… ?
- Armenia parle de toi tout le temps… Elle a saisi sa chance quand elle a vu que Draco était absent et cherchait à attirer ton attention….
Théo venait de lever les yeux de son livre et regardait Harry d'un air blasé.
- … Parce qu'elle était là depuis longtemps…?
- Mec.. est-ce que tu as seulement remarqué quand on est arrivés…?
Vu l'air complètement perdu du survivant la réponse était non… Et puis, sincèrement, il se fichait complètement de cette fille… Il s'était perdu dans ses pensées, observant le paysage défiler.
- De toute manière cette fille est terriblement agaçante…
Le blond, les sourcils froncés, fusillait ses amis du regard.
- Pourquoi ? Parce qu'elle s'intéresse à Potter…? Faudra t'y faire… la moitié de Poudlard lui court après. L'autre moitié est probablement pour toi…
- C'est vrai ?
Harry s'intéressa subitement à la discussion. Alors comme ça, Malefoy avait des prétendantes…? Beaucoup ?
- Évidemment. Je te rappelle que je suis non seulement beau mais en plus de cela riche et héritier d'une famille ancestrale de sang pur.
Bien. Sois donc un peu jaloux Potter.
- Évidemment. Qui pourrait résister au charme du Grand Draco Malefoy…
- Harry Potter !
Draco aurait pu tuer Blaise sur le champ s'il en avait eu la possibilité. Il l'aurait fait taire à tout jamais plutôt que de leur débiter sans cesse des stupidités sans nom ! Ne pourrait-il jamais apprendre à se taire?
Crispé, il tourna les yeux en direction de Potter et manqua s'étrangler quand il le vit, le regard tourné vers la vitre, le menton posé dans la main et les joues rouges.
Par Merlin tout puissant ! Blaise les fixait avec un immense sourire fier de lui et Nott soupira. Il le vit d'ailleurs fermer son livre et se lever.
- Blaise. Viens. On doit encore aller rejoindre Pansy et Daphné.
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- Je t'ai dit viens.
Le ton de Nott ne souffrait aucune discussion et étrangement le métis déplia son grand corps svelte pour le suivre à coup de soupirs à fendre l'âme. Quand la porte du compartiment se referma, le blond soupira à son tour et tira un peu plus sur sa cravate, s'affalant doucement sur la banquette de cuire.
- Ca va.. ?
Potter le fixait maintenant, les sourcils froncés.
- J'ai eu une semaine difficile…
- Difficile ?
- Plusieurs convocations de Tu-Sais-Qui…
Harry s'était crispé lentement et le silence les enveloppa.
- J'étais impatient de revenir.
- Moi aussi Potter… Moi aussi.
Draco se figea une seconde alors qu'il sentait la main de Potter accrocher doucement la manche de son pull.
L'hiver se passa sans encombre. La routine s'était installée pour tout le monde. Les cours, les réunions de l'Ordre. Les rencontres à la tour d'Astronomie ou encore dans la salle sur demande.
Harry semblait aller un peu mieux. Du moins, il était plus stable. Il travaillait toujours sur son Occlumancie régulièrement et évitait ainsi les incartades de Tom dans son esprit.
Et le mois avait défilé lentement. Ce n'est que vers la fin de l'année que le survivant commença à petit à petit s'agiter.
Il était nerveux. A fleur de peau. Il sursautait au moindre bruit et regardait constamment derrière son dos. Le premier à s'en rendre compte fut le blond. Il observait bien trop Harry pour manquer un tel changement.
C'était discret au début mais petit à petit cela le devient beaucoup moins. Jusqu'à ce que son tuteur le note également. Si les deux avaient tenté de parler au brun, il s'était à chaque fois renfermé dans le silence. Obstiné.
Plusieurs fois il avait disparu dans le bureau de Dumbledore et en était ressorti furieux, sa magie tournoyant sur son passage et faisant s'écarter les quelques malchanceux sur son chemin.
Mais à nouveau il s'était tut quant à la raison de sa colère. Petit à petit la relation entre le blond et le brun se dégradait.
Vexé et dégouté d'être mis à l'écart, Draco harcelait le brun. Il lui tournait autour en le provoquant constamment. Il le suivait et s'imposait à lui dès qu'il le pouvait. De son côté le brun le fuyait de plus en plus, s'agaçant et se mettant même en colère.
Leurs disputes avaient repris avec hargne, les insultes fusaient et souvent on pouvait retrouver Harry plaqué contre un mur, un Malefoy furieux collé à lui.
Harry était épuisé. Épuisé d'entendre cette voix. Elle le suivait partout et il avait beau avoir cherché partout, être retourné dans la chambre de secrets, en avoir exploré le moindre recoin, rien. Il ne trouvait absolument rien.
Et pourtant elle le suivait partout. Il pouvait sentir le frémissement. Il entendait les sifflements à son oreille à tout heure du jour et de la nuit.
Frémissant, il sursauta quand le sifflement retentit encore une fois. Se tournant vivement, il observa le couloir vide. Rien.
- Tu sais que c'est inutile. Nous l'avons eu. Tu devrais venir sinon il va mourir.
- Qui ? Réponds-moi !
Hermione était figée. Harry était là, en plein milieu du couloir et semblait s'adresser à un mur. Il lui criait dessus, semblait s'énerver.
- Nous ne sommes pas seul...pas ici…
- Réponds-moi ! Arrête de te cacher !
- Harry ?
Le survivant sursauta violemment et sortit sa baguette dans un geste défensif. Les yeux écarquillés et le souffle court, il recula de plusieurs pas.
- Harry c'est moi !
- Hermione !
- Est-ce que ça va….?
Elle le regardait avec une immense inquiétude.
- Ça va très bien !
Il lui jeta ces mots au visage avant de faire brusquement demi-tour, s'éloignant à grandes enjambées fébriles.
- At..Attends Harry !
Mais il l'ignora. La jeune femme se mordit doucement la lèvre et fit demi-tour, perturbée. Elle devait aller voir Malefoy. Ils avaient beau sembler en guerre, elle avait parfaitement noté que le blond continuait de tourner autour du brun et surveillait ses allées venues.
Elle ne mit pas longtemps à le trouver. S'approchant d'un pas décidé du groupe de Serpentard, elle attrapa le poignet de l'aristocrate pour le tirer derrière elle.
- Malefoy, viens avec moi, il faut que nous parlions.
- Granger ? Mais t'es pas bien ? Lâche-moi !
- Je dois te parler de Harry !
- Potter ? Qu'est-ce qu'il y a encore ? T'as cru que j'étais sa nounou ?
- Pas de ça avec moi !
Elle se pencha doucement près de lui, murmurant.
- Je l'ai trouvé dans un couloir il y a pas dix minutes et il parlait à un mur ! Un mur Malefoy ! Qu'est-ce qu'il se passe ?
Elle le vit froncer les sourcils et se calmer. Sans un mot, il trouva une salle de classe vide et y entra. S'appuyant contre un bureau, il croisa les bras sur son torse.
- J'ai aucune idée de ce qu'il se passe Granger. Il refuse de parler de quoi que ce soit… Mais je l'ai aussi vu faire ça…
- Tu sais à quoi ça me fait penser …? La deuxième année… Harry entendait le Basilik lui parler… On a cru qu'il était devenu fou avec Ron parce qu'il parlait tout seul.. Du moins c'est ce qu'on voyait de l'extérieur.
Le blond s'était figé et la fixait sans un mot, apparemment son cerveau tournait à plein régime.
- Le fourchelangue… Évidemment qu'il l'entend comme une voix alors que de notre côté ce n'est qu'un vague sifflement.
- Je suis inquiète… Quand il parlait tout seul tout à l'heure il n'y avait aucun serpent dans le couloir… Et s'il se cache c'est qu'il n'a rien à faire à Poudlard…
- Je vais aller voir Severus…
- Est-ce que tu veux que je cherche Harry… ?
- Non… De toute manière, si tu le trouvais il t'éviterait probablement. L'imbécile.
Grimaçant doucement elle réfléchissait elle aussi.
- Je crois...qu'il est possible que Harry soit allé en informer Dumbledore… Mais que le directeur n'ait pas pris ses informations au sérieux… J'ai croisé Mimi l'autre jour qui m'a dit que Harry était passé la voir… Et la seule raison qu'il y aurait à retourner dans les toilettes des filles est que l'entrée de la chambre des secrets s'y trouve…
- Dans les toilettes du 2ème étage…?
- Mn… Sous les éviers…
- Je vois… Granger. Y'a pas à dire. Tu peux te rendre utile par moment.
- Merci Malefoy.
- Ne t'habitue pas trop à ce genre de compliment
- Évidemment que non.
- A plus tard.
Sur un sourire moqueur, il quitta rapidement la salle de classe. Il devait aller prévenir son Parrain rapidement.
- Qui est-ce qu'il a eu ? Réponds-moi ! Je suis tout seul ici !
Harry, les yeux plissés sortit et avait rejoint les abords de la forêt interdite, exhortant la voix à le rejoindre.
- L'homme d'Azkaban...il est avec le Maître.
Et soudain, il vit Nagini pointer lentement le bout de sa tête, sortant d'un interstice entre deux racines d'un vieil arbre. Sa langue sifflant. Il se crispa et recula, sortant lentement sa baguette pour se protéger d'une attaque éventuelle.
- De qui tu parles !
- Ouvre ton esprit Harry Potter…
- Non
- Laisse-lui...te montrer… Il a un message pour toi…
- J'ai dit non.
- Alors...l'homme va mourir…
Il vit le serpent faire lentement demi-tour, sifflant. Qui allait mourir ? Il sentait les émotions se bousculer au fond de son ventre, la sueur recouvrir ses mains moites et un frisson glacial remonter le long de sa colonne. Il avait la respiration courte et le corps perclu d'angoisse. Sifflant, il arrêta le serpent en fourchelangue.
- D'accord…
Et lentement, il brisa légèrement ses barrières. En une fraction de seconde il le localisa. Il put entendre son rire glacial résonner dans sa tête avant de tomber à genoux. L'intrusion n'était pas sans douleur.
Il poussa un gémissement avant de se figer. Sous ses yeux Sirius. Blessé. Une main sur le ventre, le sang giclant sur le sol. Un sol qu'il avait déjà vu quelque part.
Il gémissait alors que le lord lui lançait un nouveau sort interdit. Il le vit se tordre sous les spasmes de douleur, la bave aux lèvres et les yeux révulsés.
- Arrête !
Il s'exprimait toujours en fourchelangue.
- Rejoins moi… Touche Nagini Harry Potter et rejoins moi… Si tu le fais je lui laisserai la vie sauve…
Lentement, il tendit la msain en direction du serpent.
Severus écoutait son neveu les sourcils froncés à l'extrême. C'était mauvais. Très mauvais. Où était ce fichu enfant ? Se levant brusquement, il sortit de son bureau les capes tournoyant à ses chevilles pour rejoindre le bureau de Dumbledore.
Il devait d'abord confirmer leurs hypothèses avant de sonner l'alarme. Si Voldemort avait effectivement introduit un serpent à Poudlard, Harry était en danger.
Draco sur les talons, il fonça jusqu'à la statue de gargouille, cracha le mot de passe et débarqua dans le bureau du vieux sorcier qui se leva pour les accueillir.
- Est-ce que Harry est venu vous parler d'un serpent ?
- Severus mon enfant. Oh Et Monsieur Malefoy. Un peu de thé ?
- Albus ! Je me fiche complètement de votre thé ! Répondez à ma question par Salazar ! Je n'ai certainement pas de temps à perdre avec vos fadaises !
Le directeur fronça les sourcils et se rassit lentement alors qu'il observait l'air blême de son professeur et inquiet de l'élève qui l'accompagnait.
- Oui...Effectivement. Harry est venu me demander s'il était possible que le Basilik soit encore en vie. Ce qui, évidemment, est totalement chimérique.
- Vous a-t-il parlé d'autre chose ?
- Il m'a demandé si d'autres Serpents vivaient à Poudlard et si certaines espèces étaient particulièrement intelligentes pourquoi ?
- Et vous n'avez pas pensé à venir me le signaler ? Nom de Merlin Albus ! A quel point êtes-vous inconscient.
- Severus enfin ! Harry a une mission à remplir pour l'Ordre. J'ai simplement pensé qu'il faisait des recherches à ce propos.
- Mais évidemment ! Il vient vous parler de serpents qui parlent et vous ne faites rien alors que lui-même est un fourchelangue !
Le directeur n'eut pas le temps de répondre que le Maître des potions reprenait.
- Je pense que Nagini est dans Poudlard ! Sonnez l'alerte. Si elle a trouvé Potter je crains le pire.
Et pour une fois le directeur ne perdit pas de temps. Il activait à ce qui ressemblait à plusieurs babioles dans son bureau et sa cheminée se mit immédiatement à cracher les uns après les autres les membres de l'Ordre.
Immédiatement chacun fut attribué à une zone de recherche où une mission. Les professeurs furent prévenus et les élèves bouclés dans les salles de classes ou les dortoirs.
L'angoisse montait au fur et à mesure que les minutes s'égrenaient indubitablement et que Potter restait introuvable. Severus voyait son pire cauchemar se réaliser alors qu'il remuait la moitié du château pour retrouver ce fichu survivant.
Ce n'est qu'en sortant pour rejoindre le terrain de Quidditch qu'il aperçut une silhouette au loin, à l'orée de la forêt. Il se figea. Non. Impossible.
Il se mit alors à courir. Passant en trombe devant Draco, Lupin et Maugrey. Il leur hurla de le suivre.
Il n'allait pas assez vite. Harry était face à Nagini qui s'approchait dangereusement du survivant.
- Potter !
Il entendit le hurlement de son neveu et vit Harry se retourner lentement vers eux. Il avait le visage impassible. Neutre. Sa baguette à la main, baissée vers le sol. Il semblait résigné. Ou déterminé. Non.
Il leva une main et siffla en fourchelangue quelque chose avant d'effleurer le corps fait d'écailles du serpent. Immédiatement son corps se déforma et une seconde plus tard, la main de Snape se refermait sur le vide. Un portoloin.
Mais juste avant qu'il ne disparaisse, il l'avait vu former un mot silencieusement. Ministère.
L'atterrissage fut douloureux. Heurtant avec violence un sol glacé, il sentit immédiatement l'odeur du sang et entendit les gémissements d'un homme.
Quand il releva les yeux, Béatrix Lestrange avait la pointe de sa baguette enfoncée contre le cou de Sirius qui saignait abondamment. Voldemort se tenait là, à ses côtés, plusieurs Mangemorts, tous masqués. Il reconnut les cheveux argentés de Lucius.
- Harry ! Quel plaisir de te voir enfin ! Tu t'es décidé à te joindre à nous.
Le Lord, tout sourire le toisait de ses yeux rouges. Le survivant se releva lentement.
- Laisse-le partir Tom… je suis venu…
- Oui oui ! Je vais le faire mais d'abord...il faut que tu fasses quelque chose pour moi…
- Quoi ?
Il observait autour de lui. Ils étaient dans une sorte de salle remplie d'étagères. Sur celles-ci des dizaines de boules en cristal étaient rangées soigneusement. Qu'est-ce que ça voulait dire…?
- Il se trouve, très cher Harry… Que je recherche une prophétie… Et que seul toi pourras me dire laquelle de ces sphère la contient
- Je n'ai aucune idée de ce que je suis censé faire…
- Oh...promène toi donc dans les allées… Allons y...tous les deux… Vous. Restez ici.
Sa voix qui semblait vaguement chaleureuse alors qu'il s'adressait au Survivant venait de prendre un ton horriblement grinçant alors qu'il s'adressait à Bellatrix et au Mangemorts.
- … Si je le fais, Sirius sera libre…?
- Mais bien sûr ! je ne reviens jamais sur ma parole !
Lentement, il s'avança au travers du premier couloir que formaient deux immenses étagères… Il observait vaguement autour de lui, cherchant un moyen de s'échapper et d'aller récupérer Sirius… Le temps de se mettre à l'abri. Il était certain que l'Ordre allait arriver… Il avait juste eu le temps de transmettre l'information à Severus…
- Ah Harry je suis si content de te voir après tous ses longs mois de silence !
Derrière lui, le Seigneur des Ténèbres délirait sur leur prétendue complicité instaurée par le lien entre eux… Il le laissa parler. Il devait trouver un moyen. Tendu, une boule d'angoisse à travers la gorge il fut soudain attiré par une douce chaleur. Relevant les yeux, il nota qu'une des sphères brillait doucement d'une lueur dorée.
Discrètement, il nota que le Lord, trop occupé par ses désirs égocentriques, n'avait rien remarqué. Prenant une lente inspiration il se prépara et brusquement s'empara de la sphère.
- Libérez Sirius où je la brise…
Il ne savait pas du tout si son plan fonctionnait mais il venait de voir Voldemort se figer et perdre son air plein de bonhomie pour poser un regard meurtrier sur lui. Il sentit la magie noire effleurer ses pieds et lécher ses habits, le faisant frissonner d'horreur.
- Oh Harry...Crois moi que tu ne veux pas faire cela…
- Si jamais vous ne relâcher pas Sirius je vous jure que si…
- Cela risque de signer ta fin… Et donc si j'en crois le camp de la lumière, la fin du monde sorcier tel qu'il est aujourd'hui.
Harry, buté, s'avança lentement, dépassa le Mage noir et recula petit à petit, se rapprochant du centre de la salle et donc, de son parrain.
- De toute manière ils savent que je suis ici… Tout le monde va débarquer et ce sera ta fin… Mais sinon tu libères Sirius et je te donne ça…
Le Mage semblait peser les pours et les contres. Les yeux réduits à deux fentes brillant de haine, il observait la sphère que tenait l'adolescent.
- Ha...Harry...p..pars… sauve….toi… Tais-toi !
Sirius venait de tenter de se redresser et Bellatrix avait répondu par un coup dans ses côtes. Le jeune homme se crispa et darda ses yeux verts sur le Lord.
- Ta réponse ?
- Une seconde, je réfléchis Harry !
Sirius venait de se lever d'un bond, envoyant rouler la sorcière qui le retenait au sol. Le jeune homme le vit foncer sur lui et derrière son parrain, la femme se rétablir et lever sa baguette.
Il vit la scène se dérouler au ralenti. Les lèvres carmin formuler le sort interdit et les étincelles vertes sortir de sa baguette…
Il vit Sirius, une main ensanglantée sur son ventre, le visage crispé de douleur courir vers lui pour l'écarter du chemin de Voldemort.
Puis il vit le rayon vert s'écraser sur le dos de l'ancien prisonnier d'Azkaban. Il vit ses yeux s'écarquiller de surprise avant que la douleur ne disparaisse de son visage. Il vit la compréhension s'allumer dans ses yeux et le regret ponctuer ses iris… Il vit le léger sourire qu'il lui adressa avant de sentir son corps s'écraser contre le sien et le plaquer au sol. Sirius était mort dans ses bras. La sphère avait volé et s'était écrasée au sol, explosant en dizaine d'éclats tranchants.
Le hurlement du Seigneur Noir se répercuta dans toute la pièce alors que sa fureur faisait trembler les murs. Brusquement la porte explosa et Dumbledore fit son apparition suivie de Maugrey, Tonks ou encore Snape.
Et ce fut le chaos. Les sorts fusèrent de toute part. Et sans que personne ne le remarque, Lucius Malefoy fit s'écrouler un pan entier de prophétie sur le Lord, l'obligeant à fuir. Bellatrix disparut également dans le chaos engendré par la bataille.
Quant à Harry il était là. Immobile. Assis au sol, le corps de son parrain sur ses genoux. Sa magie avait explosé autour de lui et formait une sorte de cocon. Les sorts ricochaient dessus. A l'intérieur on pouvait le voir, la tête baissée, il était immobile. Ses mains étaient couvertes de sang.
Quand Snape l'atteint enfin à travers les différents combats, il ne put pas briser l'espèce de sort qui entourait son pupille.
- Harry ! Harry Laisse-moi venir ! Je dois examiner Black ! Harry !
Mais il ne semblait pas l'entendre. Et brusquement Severus nota que le dos de l'ancien prisonnier ne bougeait pas et la lumière se fit dans son esprit. Harry tenait le cadavre de son parrain.
La réalité le traversa comme une onde de choc et il se tendit. Autour de lui, les combats avaient maintenant cessé, les Mangemorts ayant pour la plupart fui devant le nombre de renfort.
- Harry. Tu peux lever le sort… Il n'y a plus de danger.
Il tentait vainement de rompre l'espèce de bulle qui l'entourait. Elle lui faisait penser à ce que son pupille créait pendant ses cauchemars pour ne pas être entendu… Est-ce que….?
Il injecta brusquement un courant magique dans l'espèce de cocon et le fit exploser. Immédiatement un vent violent secoua toute la pièce et il l'entendit. Hurler. Il pleurait ou il criait, impossible de différencier l'espèce de cri d'agonie de l'adolescent. Il suppliait de revenir. Il s'excusait. Ses mains tremblantes froissaient le tissu de la veste de Black. Il se balançait doucement d'avant en arrière.
Harry Potter avait encore perdu quelqu'un.
