Hermione avait mal à la jambe. Elle avait boité pendant tout le temps où elle devait marcher mais la blessure n'était pas trop grave. Elle était assise sur un lit et regardait Ron qui vérifiait ses méchantes plaies aux bras.
– Cela va ta jambe ? lui demanda-t-il.
– Oui, moi cela va… je m'inquiète pour Harry. Ce qui s'est passé cette nuit… c'était violent pour lui.
– Je sais, cela me frustre qu'on ne puisse pas faire quelque chose pour l'aider. On aurait dû l'empêcher d'aller au ministère, déclara Ron. On a eu de la chance que les adultes viennent en renfort. Je me demande comment…
– C'est moi… j'ai prévenu Fred en espérant qu'il aille parler aux adultes, fit Hermione.
– Ma mère et mes frères doivent être hyper inquiets pour nous ! Ginny et moi… je n'ai jamais vu Fred réellement en panique mais il est inquiet pour toi je suis sûr.
– On a choisi ces positions-là. On est amis avec Harry, on s'attendait à cela.
– Je sais… mais nos proches non. Je sais que ma famille encaissera le coup, on est tous courageux. Et tes parents ? Connaissent-ils l'enjeu de ce qui se déroule en ce moment ?
– Non et je fais attention de les laisser à l'écart de cela. Dumbledore m'a prévenu en début d'année que j'allais devoir les protéger. Je trouverai un moyen.
Ron hocha la tête. Arthur vint le voir et Molly débarqua dans l'infirmerie de Poudlard. Elle avait de longs cernes bleuâtres. Elle serra sa fille dans ses bras ainsi que son fils avant de se catastropher des blessures de tout le monde et de demander des nouvelles d'Harry. Hermione écouta attentivement M. Weasley qui parlait à sa femme d'Harry, mais son esprit dériva vite : les jumeaux n'étaient-ils donc pas venus avec leur mère voir tout le monde ? Puis elle sentit des bras entourer sa taille et une tête familière s'appuya sur l'épaule de la jeune fille. Elle pivota le corps pour mieux le voir. Fred s'assit sur le lit, chaque jambe d'un côté et posa la tête d'Hermione sur son torse.
– Comment va ta jambe ? murmura-t-il.
– Trois fois rien, ne t'inquiète pas. Certains ont plus morflé que moi.
Fred déposa un baiser sur le front d'Hermione et écouta attentivement ses parents. Hermione ne l'avait jamais senti aussi tendu. Ce n'était pas dans son habitude de l'être, certes l'événement le touchait aussi mais son frère et lui tentaient toujours d'égayer un peu l'ambiance. Or ils ne faisaient rien. Lorsque M. Weasley eut fini de parler, les activités de l'infirmerie reprirent. Mme. Pomfresh s'occupa de Ginny et les adultes partirent voir Dumbledore qui venait de se réinstaller dans son ancien bureau. Avant d'y aller M. Weasley effleura l'épaule de son fils.
– Merci pour ton aide Fred, fit-il avec un sourire.
Son frère jeta un regard noir à son père pour lui dire qu'il venait de commettre une mini-gaffe. Tous les autres fixèrent Fred attendant une réponse. Cela n'arrivait pas souvent non plus, mais le jeune homme aurait souhaité disparaître. Il ne pouvait pas expliquer cela sans en parler à Hermione avant. Néanmoins, Harry arriva et ce fut cela qui le sauva car tout le monde se focalisa sur l'adolescent à la cicatrice. George finit par s'éclipser pour pouvoir parler à leurs amis, notamment à Angelina et Lee. Fred était déjà passé les voir avant de venir à l'infirmerie, il resta avec Hermione. Même si la discussion regroupait plusieurs personnes les deux amoureux finirent par s'enfermer dans une discussion où ils étaient les seuls à échanger.
– Que voulait dire tout père tout à l'heure ? Pourquoi te remerciait-il ?
– Heu… viens, on va parler de cela dehors, fit le jeune homme en se levant.
Le rouquin se mordilla la lèvre. Il adorait son père mais sa gaffe le mettait plus dans une position délicate qu'autre chose. Il jeta un coup d'œil aux autres. Il prit la main d'Hermione en se levant. L'adolescente la serra fort et se leva. Fred la vit instable sur ses jambes même si elle assurait que tout allait bien. Il serra son bras pour la soutenir lorsqu'elle marchait. Ce n'était peut-être pas bien méchant, mais marcher n'était pas l'idéal. Ils s'éloignèrent de l'infirmerie et ils se posèrent sur une marche de l'escalier le plus proche. Étrangement, il n'y avait personne dans les couloirs. Hermione prit la main de Fred.
– C'est toi qui as prévenu les adultes pour hier soir ? C'est pour cela que ton père te remerciait ? demanda Hermione en levant la tête vers lui.
– Oui et non, marmonna Fred en détournant le regard. Sûrement parce que j'ai prévenu mon père, mais pas que…
– Je croyais que votre mère ne voulait pas que vous intégrer l'Ordre du Phoenix. Qu'est-ce qui a changé ?
– On n'est pas vraiment dans l'Ordre du Phoenix… c'est juste que mon père m'avait confié une mission. C'est pour cela qu'il m'a remercié.
– Une mission seulement à toi ? Même pas aussi à ton frère ?
– C'est que… commença Fred en se passant une main sur le visage. Mon père m'avait demandé de garder un œil sur Harry en passant par toi. Je devais faire attention à ce que tu me disais dans les lettres sur Harry et leur dire si quelque chose semblait inquiétant.
– Donc tu as espionné mon meilleur ami en passant par moi, répliqua fermement Hermione le poing serré. Tu aurais pu me prévenir au moins ! Pourquoi ne l'as-tu pas fait ?
– Regarde ta réaction ! Tu en aurais eu une toute aussi virulente si je te l'avais dit ! Je ne voulais pas que cela perturbe notre couple et je ne voulais pas que tu te sentes mal vis-à-vis d'Harry.
– Si je l'avais su je ne t'aurais peut-être rien dit.
– Et c'est bien cela le problème, rétorqua fermement Fred blessé. Tu as confiance en moi donc tu m'as prévenu que vous étiez en danger. Tu ne l'aurais peut-être pas fait si tu avais su le plan de mon père. Et vous seriez peut-être encore plus en danger.
– Peut-être, rien est sûr. Mais tu aurais aussi très bien pu ne pas accepter et nous laisser en dehors de toute cela ! Harry ne voulait pas inquiéter les adultes et voulait ne rien dire et je l'ai trahi sans même en avoir conscience ! Tu as trahi ma confiance !
– Tu ne l'as pas trahi, tu l'as sauvé Hermione ! rugit Fred en bondissant. Sirius est mort. Vous êtes blessés. J'adore Harry et je comprends que c'est dur, mais tu sais tout autant que moi qu'il a été plus manipulé par Voldemort cette année que conscient des événement passés. Tu es directement liée à Harry, je voulais aussi m'assurer que tu ne sois pas en danger car je savais aussi que tôt au tard, vous le seriez, mon frère, Harry et toi.
Hermione resta muette. Elle retira sa main de celle de Fred. Elle comprenait ce que le jeune homme lui disait mais elle était trop en colère contre lui. Elle se sentait utilisée et manipulée et elle avait horreur de cela ! Elle croisa le regard peiné du jeune homme. Cela l'ébranla mais elle ne pouvait pas lui sauter dans les bras comme cela après ce qu'il venait de dire. Elle se leva, maudissant sa jambe blessée qui faisait des siennes.
– J'ai besoin d'un peu de temps.
Elle s'attendait à une réponse rassurante, à ce qui lui laisse de l'espace pour un temps. Mais elle ne s'attendait pas à le voir encore plus peiné mais aussi en colère. Il se leva à son tour et lui tourna le dos pour partir dans la cours.
– Fred ! cria la jeune fille. Qu'est-ce que tu fais ? Tes parents vont revenir à l'infirmerie.
– Sauf que t'y seras. Et apparemment tu as besoin d'être loin de moi pour le moment, déclara-t-il d'un ton sombre sans se retourner. La guerre approche Mione, et le temps, on ne l'aura peut-être plus. J'attendrais, mais dis-toi que le temps est compté pour n'importe qui. Si t'as envie de me parler dans les jours à venir OK, mais je ne te garantis pas que je ne serai pas encore énervé.
Le rouquin s'éloigna. Il espéra qu'Hermione ait l'idée de le rattraper, mais elle ne le fit pas. Il s'arrêta de marcher et enfouit son visage dans ses deux mains. Il sentit une main sur son épaule. Il eut un moment d'espoir lorsqu'il se retourna mais se fut son père.
– Cela va mon grand ?
– Ma copine, qui je ne sais même pas si c'est encore ma copine vient de me balancer qu'elle ne pouvait plus avoir confiance en moi et que je venais de faire quelque chose d'horrible… mais tout va pour le mieux ! fit Fred en feignant à sourire.
– Vous blaguez vraiment sur tout, George et toi…
– Non, c'est juste que je le prends mal. Et quand je prends mal quelque chose j'en blague, lâcha Fred en baissant les yeux. Dis-toi que je déprimerai sûrement quand je rentrerai à l'appartement.
– Je suis désolé Fred. Je ne voulais pas que la mission vous détruise.
– On s'est tout les deux emportés l'un contre l'autre. Elle parce que je ne lui ai rien dit, et moi car j'ai juste voulu la protéger et elle ne le comprend pas. Peut-être qu'avec un peu de temps cela ira, supposa Fred.
– Mon grand, je pense qu'Hermione a déjà conscience que tu l'as aidé à les sauver tous. C'est juste qu'Harry fait parti de la famille, elle est amie avec lui depuis la première année, forcément elle veut l'aider et veut que personne ne le trahisse. Hermione est intelligente, et elle comprendra.
– Peut-être…
Arthur partit rejoindre les autres à l'infirmerie. Fred déambula dans les couloirs. C'était sûrement une des dernières fois qu'il venait à Poudlard, cela lui faisait bizarre. Le châteaux restait un foyer pour tous les sorciers y passant.
– C'est quoi cette tête ? Je ne t'ai jamais vu aussi maussade.
Angelina seule, débarqua à ses côtés.
– Grosse dispute…
– Toi te disputer ? Je ne pensai pas que c'était possible en dehors des professeurs.
– Moi non plus. Mais toute chose arrive. Et toi ? Comment cela va ?
– Je pense que c'est bientôt la fin de l'année, et que cela sera compliqué de voir mes meilleures amies et mes fauteurs de troubles préférés après ! C'est embêtant quand même de finir sa scolarité.
– Tu passeras nous voir à la boutique dès que t'auras le temps.
– C'est vrai que vous aurez votre business vous ! Si j'ai des enfants et qu'ils se font coller à cause de pitreries, je saurai d'où cela provient !
– Même absent de Poudlard, nous ferons toujours tourner en bourrique les professeurs, affirma Fred avec un sourire.
– J'espère que cela va s'arranger pour Hermione et toi. Ne restez pas fâchés trop longtemps.
– Merci Angelina…
– À la prochaine Fred ! Oh, et dis à George qu'il me doit toujours une invitation !
Le rouquin rigola et regarda son amie partit. Elle rata de peu George qui débarqua en courant vers lui.
– Cela va ? Papa m'a dit que c'était tendu entre toi et Hermione ?
– Waw, on dirait qu'on est un couple de célébrités tellement la nouvelle semble se répandre ! blagua Fred. Je n'ai pas envie d'en parler, mais Angelina m'a chargé de te rappeler que tu dois l'inviter. Bon… c'est quand que tu vas te décider à sortir avec elle ?
– Quoi ?
– Tu crois qu'avec Lee on avait pas remarqué pour Angelina et toi ? Quand est-ce que vous sortez ensemble ?
– Je lui demanderai peut-être quand Hermione et toi vous réconcilierez.
– Hmmmm… bon, rentrons à la maison. On n'a pas dormi de la nuit.
– Tu ne veux pas dire au revoir aux autres ?
– Vas-y si tu veux, mais moi non. Je n'ai pas très envie de me retrouver avec des gens.
– Avec Hermione, rectifia George.
– Peu importe… on devrait rentrer. On aura tout le temps de les voir pendant les vacances avant l'ouverture de notre boutique.
George regarda son frère inquiet mais ne lui fit aucune remarque. Ce n'était pas à lui de lui faire des reproches, c'était à la situation de se calmer. Les jumeaux récupérèrent leurs balais et s'en allèrent de Poudlard. Comme la dernière fois, Fred ne voulait pas partir. Pas qu'il avait peur de laisser Hermione, mais parce que cette fois-ci, il avait peur qu'il n'y ait plus une autre occasion de lui parler. Une autre occasion pour se retrouver.
