Les yeux grands ouverts, fixés sur le plafond, Harry fut d'abord incapable de dormir.

Après le départ de son professeur, il était resté figé dans un état second. Son esprit semblait fonctionner trop vite et trop lentement à la fois, le plongeant dans un état proche de la crise de panique, sans jamais franchir la ligne qui le ferait sombrer.

Le sortilège calmant devait toujours faire effet, mais il ne savait pas ce qu'il se passerait s'il se dissipait et ne tenait vraiment pas à le découvrir.

La tension et la peur rampaient encore sous sa peau, tel un essaim d'insectes, c'était très étrange comme sensation...

Hagrid avait dû voir qu'il n'était pas en état, car il l'avait gentiment, c'est-à-dire brusquement et avec une force démesurée, repoussé dans le lit pour qu'il se repose un peu.

Ce n'est qu'après ce qui lui parut des heures que l'épuisement avait dû l'emporter, car il n'avait aucun souvenir de s'être assoupi.

À son réveil, il se sentait plus reposé et calme, son angoisse ne laissant qu'une légère tension dans ses épaules. Désorienté, il fixait maintenant le toit du lit en baldaquin. Petit à petit, les dernières brumes de sommeil qui brouillaient son esprit se dissipèrent et le rappel douloureux des derniers évènements tomba sur son estomac comme une enclume.

Il referma les yeux immédiatement, prenant une grande inspiration pour se calmer.

Il ne devait pas paniquer, c'était inutile. Il fallait penser logiquement, c'était sa seule défense face à la panique : relativiser et planifier.

Pour l'instant, il ignorait ce qui était vraiment arrivé avec Snape. Comment l'avait-il bloqué ? Est-ce qu'il y en avait d'autres comme lui ? Pourrait-il utiliser la même technique pour repousser les voix ? Pour l'instant, le jeune garçon était incapable de le deviner.

Il ne savait même pas ce que l'homme avait pu réellement comprendre de l'incident. Peut-être n'avait-il rien remarqué...

Non, définitivement, il l'avait remarqué.

Au mieux son don était quelque chose de spécial ? Et avec un peu de chance, ça lui donnerait même un certain avantage par rapport aux autres. Le garçon en doutait, mais que pouvait-il espérer d'autres ?

Peut-être était-il complètement à côté de la plaque et que ça ne le rendait pas du tout spécial. Peut-être même qu'il y en avait d'autres comme lui et que, bientôt, il recevrait une lettre discutant des dispositions à prendre pour son don, voir une recommandation pour école ou un cours spécialisé dans le meilleur des scénarios...

La seule chose qui était sûr pour le moment, c'était qu'il n'avait aucun moyen de revenir en arrière et que se rendre malade de regrets ne servirait à rien. Le mieux à faire était encore d'attendre et voir, tout en glanant le plus d'informations possibles.

En résumé, le même plan qu'avant mais en évitant les foules cette fois-ci.

Il laissa échapper un souffle et retrouva petit à petit son calme.

Maintenant qu'il avait une vague idée de quoi faire, il était temps de passer à l'action.

Il ouvrit les yeux et se redressa, observant la chambre d'hôtel. Elle n'avait pas changé, si ce n'est que le soleil de midi baignait déjà la pièce d'une lumière intense et chaleureuse. Il jeta un coup d'œil à une pendule au mur et soupira. Déjà onze heures... il n'avait plus de temps à perdre.

Il tourna la tête et vit que le géant roupillait toujours sur le même canapé et semblait ronfler très fort. Cela devait être de sacrés ronflements, car le plancher vibrait au rythme de ses aspiration.

Heureusement qu'il était sourd, sinon il n'aurait jamais pu dormir.

Comme il ne semblait pas prêt de se réveiller, Harry prit tout son temps pour faire quelques exercices de respiration et remettre ses barrières mentales en places avant de se décider à bouger.

Il jeta prudemment ses pieds hors du lit et se mit debout, titubant un peu tout en s'agrippant à l'un des poteaux du baldaquin.

Ses jambes tremblaient encore légèrement, c'était souvent le cas après une crise violente. Une fois qu'il fut sûr qu'il tenait sur ses jambes il fit quelque pas pour vérifier son équilibre et hocha la tête, satisfait.

Il n'était pas en aussi mauvais état qu'il l'aurait cru après presque deux crises d'angoisses et un évanouissement. Il devait sans doute ce miracle à la magie.

Il se promit de faire son maximum pour se renseigner sur cette potion et ce sort qui l'avaient sauvé, cela pourrait être très utile à l'avenir.

Surtout si ce genre d'événement devait se reproduire... il espérait que non.

Attrapant son sac, il observa à nouveau son guide endormi, hésitant. Faisant, il l'espérait, le moins de bruit possible, il se rapprocha de lui et vérifia qu'il dormait profondément.

Il était partagé. Il n'avait rien contre le géant personnellement, il le trouvait même plutôt gentil, mais...

Maintenant qu'il était arrivé ici, il était presque sûr de pouvoir se débrouiller seul...

Le géant avait l'esprit trop distrait pour qu'il tire quoique ce soit de lui de toute façon. En plus il attirait l'attention avec sa forte stature, ce qui allait totalement à l'encontre de son plan pour rester discret.

Il irait définitivement plus vite sans lui dans les pattes et il avait déjà perdu près de quatre heures ici alors qu'il aurait déjà pu mettre la main sur ses fournitures...

En plus, c'était le pantin de Dumbledore.

Décidé, il prit son carnet et y arracha une page, griffonnant rapidement un mot.

Hagrid,

J'ai essayé de vous réveiller mais vous sembliez épuisé. Je vous rejoindrai directement ici après mes achats.

Ne vous inquiétez pas pour moi.

Harry

Il était presque désolé pour le géant... presque. Mais l'occasion était trop belle.

Il déposa le mot bien en vue sur la table de nuit et se dirigea lentement vers la sortie faisant le moins de bruit possible, du moins il l'espérait, et ferma la porte très doucement.

Quand il redescendit dans la salle principale, celle-ci était toujours bondée. Tout en laissant échapper un grognement, il rabattit rapidement sa capuche sur sa tête, le regard tourné vers le sol. Il ne tenait pas spécialement à être à nouveau submergé par une vague de... fans ? Il allait vraiment devoir éclaircir cette histoire de Survivant...

Longeant les murs en faisant profil bas, il se cala dans un coin discret et observa la foule avec appréhension.

C'était le moment de la pêche aux infos.

Il n'aimait pas cet exercice, c'était épuisant et très perturbant.

Mais c'était indispensable s'il voulait savoir où aller ensuite.

Prenant une grande inspiration, il ferma les yeux, vidant son esprit et faisant autant de silence qu'il pouvait, créant un barrage géant entre les voix et son esprit. L'exercice lui prit à peine quelques secondes avec ses barrières en place. Sa respiration ralentit et il se prépara mentalement avant d'ouvrir les vannes d'un coup.

Les voix envahirent alors son esprit, une par une, à une vitesse vertigineuse.

« Quel bonne affaire ces soldes chez Tissard et Brodette aujourd'hui... »

« Ce que ce type m'ennuie... pourquoi j'ai accepté de sortir avec lui déjà ? »

« Pourquoi j'ai pas le droit d'aller à Poudlard moi aussi ? J'ai juste un an de moins que Ron ! C'est pas juste il vas rencontrer le... »

« Cette garce... 12 gallions pour quelques serres D'occamy. Si seulement le ministère ne les avait pas classés comme espèce protégée... »

« Ce vieux rat de Barjow ! Il m'a arnaquée, je savais que cette amulette valait... »

« Une petite bière au beurre, pour la route ! une deuxième, pour ma sœur ! Une troisième, pour... »

« Il faut que je passe à Gringott, ma bourse est presque vide... »

Bingo.

Il ferma immédiatement son esprit et refit surface, un léger mal de tête lui picorant le crâne.

Il repéra assez facilement le minuscule sorcier qui venait de sauter de sa chaise, payant sa consommation avec une bourse pratiquement vide. Il n'hésita pas et décida de le suivre en évitant les gens qui encombraient le passage.

L'homme se dirigeait vers une petite porte donnant sur une cour arrière. Harry resta derrière lui, naturel. Aucune raison de se cacher s'il était dans un lieu public pas vrai ? Il le vit tapoter sur trois briques précises avec une baguette magique avant que le mur ne s'écarte de lui-même pour les laisser passer.

Quand le mur fut complètement écarté Harry resta un instant sans voix, émerveillé par ce qu'il voyait.

Cet endroit était le plus bizarre... étrange...magique qu'il ait jamais vu !

La rue était large et pavée, longée de magasin aux façades colorées et étranges.

Des annonces étaient parfois affichées sur les vitrines au contenu grotesque et annonçaient des remises sur des articles tous plus étonnant les uns que les autres tels que : Chaudrons d'occasions ! 50% sur tous les cuivres ou encore Plumes d'Hippogriffe : 20 pour le prix de 10 .

Il ne savait même pas ce qu'était un Hippogriffe !

Il était tellement excité qu'il faillit en oublier sa cible. Il pressa le pas, prenant de grands virages quand il croisait un groupe un peu trop fourni de passants aux robes de sorcier colorées et aux chapeaux pointus.

Il gardait une oreille attentive vers les pensées du sorcier alors qu'il admirait les vitrines et les enseignes, émerveillé.

Il y avait de tout ! Un magasin de potion, une boutique de vêtements, une ménagerie... c'était un magasin de balais volant là-bas ?!

Il repéra même la librairie ! Des livres, tellement de livres qu'il pourrait étudier...

Finalement, ils arrivèrent au bout de la rue, débouchant sur une large place pavée, dominée par un énorme bâtiment blanc.

Le jeune sorcier resta un instant soufflé par l'imposant édifice. Il semblait être entièrement fait de marbre blanc et entouré d'une haute grille en fer forgé pourvue d'un immense portail surmonté d'une arche en fer annonçant : Gringotts.

Il sourit, satisfait. C'était plus simple que prévu. Confiant, il s'approcha du portail avant de se figer sur place brusquement.

Il y avait quelque chose qui montait la garde devant la grille, une créature... il ne savait pas quoi mais ce n'était certainement pas humain, ni un animal d'ailleurs.

Il était petit, peut-être là moitié de sa taille. Son nez était tordu et crochu, lui donnant un air constamment renfrogné. Sa peau pâle et verdâtre était couverte de rides et de verrues et de chaque côté de sa tête, deux grandes oreilles aussi pointues que ses dents retombaient mollement vers le bas, fatiguées. Mais le plus marquant était sans aucun doute ses petits yeux noirs et perçants, dont les sourcils épais et constamment froncés lui donnaient un air peu amical.

La créature était vêtue d'un uniforme riche à queue de pie, fabriqué dans une étoffe vert foncé précieuse et brodée de fils d'argent, pourvu d'un col bien trop haut et serré pour le petit être.

Il restait planté devant le grand portail, le dos bien droit, analysant chaque personne qui entrait et sortait de la banque. Il devait sans doute servir de portier...

Soudain, la créature se tourna brusquement vers lui ses petits yeux coléreux, le faisant sursauter.

Le petit sorcier détourna immédiatement le regard, prit sur le fait. Il sentait les orbes noir intenses du portier braqué sur lui, lui donnant des frissons.

Pour paraître moins suspect, il fit semblant de lire la plaque de marbre énorme à l'entrée.

Entre ici étranger si tel est ton désir

Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,

Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,

De sa cupidité, le prix devra payer.

Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,

D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,

Voleur, tu trouveras, en guise de richesse,

Le juste châtiment de ta folle hardiesse.

Harry observa l'avertissement avec un mélange d'amusement et d'incrédulité. Même s'il ne doutait pas un seul instant que celui-ci fut vrai, c'était plutôt prétentieux, non ? Une technique pour dissuader les voleurs peut-être ? Après tout, si l'on pense que quelque chose est inviolable, personne ne va vérifier que c'est bien le cas pas vrai ?

Il eut un autre frisson. Le portier ne semblait pas se lasser de le fixer et Harry commençait vraiment à se sentir mal à l'aise...

Après quelques minutes très gênantes, il en eut assez et se décida à rentrer. La chose ne l'arrêta pas, mais il sentit son regard noir le suivre et lui poignarder le dos. Il pénétra dans un immense hall en marbre luxueux, longé par des guichets où d'autres créatures, vêtues cette fois de rouge, parlaient aux quelques clients.

Il resta un instant déconcerté. Ces êtres devaient être les employés de la banque, peut-être même les propriétaires ? C'était étrange, mais incroyable et fascinant aussi.

Quand il se fut remis, il commença à chercher un endroit où il pourrait être renseigné, analysant son environnent pour trouver le moindre panneau de signalisation pour lui venir en aide.

Il avançait prudemment dans hall, observant les différents comptoirs, perplexe. Rien, pas un seul écriteau. Ennuyé, il décida de laisser un peu traîner ses oreilles...

« Savak, sior lundu ! » (1)

Hein ? Que... Oh non...

Ces créatures devaient avoir leur propre langue. Il ne pouvait pas les comprendre !

Comment allait-il faire ?

Paniqué, il se mit à réfléchir à toute vitesse pour se sortir de cette impasse.

Il ne pouvait pas révéler son handicap et il ne pouvait pas non plus apprendre une langue inconnue en quelques minutes ! Il ne savait même pas ce qu'étaient ces créatures alors apprendre leur langue ? Impossible.

Il pourrait toujours écouter les voix des autres clients... mais comment se faire comprendre sans que personne pensant en anglais n'ait les réponses à ses questions ?

Il commençait à regretter d'avoir planté Hagrid et se résigner à faire demi-tour, quand il sentit qu'on lui tapotait l'épaule.

Il se retourna vivement, tombant nez à nez avec une des créatures qui portait le même uniforme vert foncé que le portier.

Celui-ci était à peine plus petit que lui, des cheveux noir profond et l'air assez jeune malgré les quelques rides sur son front, sans doute à force de froncer les sourcils. Son visage était amoché, couvert de nombreuses cicatrices dont une particulièrement profonde sur sa joue droite et son nez était tordu, sans doute après avoir été de nombreuses fois cassé.

La créature parla, mais ses lèvres étaient trop rapides et fines pour qu'Harry arrive à lire sur celles-ci, même en les fixant intensément.

Le sorcier commençait à s'inquiéter à mesure que la colère et l'agacement assombrissaient les yeux de la créature. Il était complètement dépassé.

Mais soudain, le petit être stoppa ses cris et gesticulation énervées pour le fixer un instant, semblant chercher quelque chose. Il dut le trouver car il se calma quelque peu. Il leva alors ses longs doigts crochus et se mit à faire des gestes lents et précis.

Au début, Harry eut un peu de mal à comprendre ce qu'il faisait. Mais petit à petit, les différents signes et gestes prirent un sens et ses yeux s'écarquillèrent d'effroi.

La petite créature utilisait la langue des signes.

Son estomac se retourna et sa respiration se coupa d'un coup.

Merde... que devait-il faire ? Répondre ? Et son secret ? Avait-il vraiment le choix ? Il ne parlait pas leur langue et il avait besoin de l'argent de ses parents...

Il manquait de temps pour réfléchir. La créature lui jetait des regards de plus en plus insistants et irrités. Il reprit sa suite de signe depuis le début, plus lentement.

Harry du se concentrer pour déchiffrer, cela faisait longtemps, mais après quelques minutes il parvint d'interpréter les signes.

Je suis Gorak, chef de la sécurité de Gringotts. Veuillez décliner votre identité et vos intentions en pénétrant ici.

Cette fois il avait vraiment de quoi s'inquiéter.

Avait-il l'air assez suspect pour que la sécurité vienne l'interpeller ? Ou bien c'était le portier qui n'avait pas aimé sa façon de le regarder... Peu importe, il devait répondre maintenant, il n'avait pas le choix, il ne voulait pas de problème avec la sécurité d'une banque.

Son signe était un peu hésitant au début, il l'utilisait rarement après tout, même s'il le pratiquait de temps en temps.

Heureusement, il reprit rapidement la main après les quelques premiers signes.

Je m'appelle Harry Potter, j'espérais trouver quelqu'un qui pourrait me renseigner sur mon héritage ou sur les procédures à faire pour obtenir une bourse d'étude.

Le regard de Gorak s'illumina soudain d'intérêt et il leva les yeux pour les poser... sur son front ?

À par sa cicatrice il n'avait rien d'intéressant à cet endroit. Ce n'était qu'une petite gratte, pas plus grande qu'une pièce de monnaie. La seule chose particulière chez elle était sa forme atypique d'éclair.

D'aussi loin qu'il se souvienne, il l'avait toujours eu. Ce n'était qu'une simple cicatrice dont il ne s'était jamais vraiment soucié de l'origine jusqu'à aujourd'hui. Il était bien trop obnubilé par son don pour réfléchir à sa provenance.

Mais pour le garde, elle semblait avoir toute son importance.

Il sembla délibérer avec lui-même un instant, scrutant les alentours et les clients indifférents avec méfiance. Finalement, il recommença à signer un peu plus vite, presque avidement.

Personne ne vous accompagne ?

Harry ne répondit pas tout de suite, surpris.

C'était très suspect comme demande et il ne pouvait décemment pas répondre honnêtement sans aucun moyen de vérifier les intentions de la créature.

D'un autre côté... c'était sa seule source de renseignements dans l'immédiat et il ne voulait pas perdre plus de temps pour aller rechercher le géant...

Non, personne ne m'accompagne. Je dois cependant retrouver mes tuteurs après mes achats. Ils n'aiment pas vraiment le monde magique vous comprenez ?signa-t-il, le visage de marbre.

Les demi-vérités étaient toujours efficaces. Il attendit la réponse avec inquiétude, suppliant n'importe quelle divinité qu'on ne lui demande pas d'aller les chercher...

Mais le sourire incroyablement satisfait et carnassier que le vigile lui donna en retour ne réussit pas à le rassurer.

Parfait ! Veuillez m'excuser pour le dérangement monsieur Potter, je vais immédiatement contacter un responsable. Si vous voulez bien me suivre...

D'abord surpris par ce soudain revirement, il hésita avant de lui emboîter le pas, aussi intrigué qu'incertain.

Ils quittèrent le grand hall, passant par plusieurs longs couloirs tout aussi richement, si ce n'est plus, décoré que l'entrée.

Rapidement, ils s'enfoncèrent de plus en plus loin dans la banque, passant par de longs et hauts couloirs de marbre. Finalement, ils s'arrêtèrent devant une porte immense en bois sculpté qui faisait peut-être cinq à sept fois sa taille. La chose ouvrit la porte en lui faisant signe d'entrer, son sourire effrayant et sans doute aimable toujours collé sur son visage.

Il pénétra alors dans un grand salon au plafond haut sculpté et peint d'arabesques dorées. Au centre de celui-ci, un grand lustre de cristal étincelait d'une lueur éthérée, projetant une lumière froide sur les murs recouverts de tapisseries bleu ciel brodées de fils d'or.

À sa droite, une immense cheminée en marbre recouvrait la moitié du mur où un feu de tous les diables s'était soudainement allumé dans l'âtre à son entrée, réchauffant légèrement la pièce.

Tout dégoulinait de luxe et le jeune sorcier ne se sentait vraiment pas à sa place ici, avec son vieux sweet-shirt et son jean déchiré trop large.

Gorak entra à sa suite, récupéra un objet sur une table basse, qui aurait eu sa place dans le palais de Marie-Antoinette, et le lui tendit.

Par réflexe, le plus jeune accepta l'objet et fut déstabilisé par son poids une fois en main.

C'était lourd, probablement en or massif. II l'examina de plus près et compris qu'il s'agissait d'un calepin sertit de joyaux et gravé de symboles étranges et anciens.

Perplexe, il regarda Gorak interrogatif.

Il s'agit d'un calepin d'identification, signa le gardien. Piquez-vous le doigt avec l'aiguille et laissez tomber une goutte de sang sur le papier. Si vous êtes bel et bien Harry Potter, votre signature apparaîtra. Il s'agit de la procédure habituelle pour assurer la sécurité des comptes de nos client les plus importants.

Et bien, cela le changeait d'avoir une explication.

Il repéra facilement la petite aiguille qui était incrustée le haut du cadre et s'y piqua légèrement le doigt en grimaçant un peu. Il hésita un instant devant la page blanche, espérant ne pas faire une grosse erreur, avant d'y presser son auriculaire blessé.

Le sang se fit immédiatement absorber par le papier, disparaissant comme par magie avant que son nom n'apparaisse en lettres écarlates dans sa propre écriture bouclée et désordonnée.

Il regarda le phénomène un instant fasciné avant de rendre le calepin au chef de la sécurité.

Le sourire de Garok s'agrandit un peu plus, c'en était terrifiant. Il referma le calepin et le mit sous son bras avant de lui faire signe de patienter sur place et trottiner vers la sortie.

Laissé à lui-même, Harry observa les décorations et le mobilier haut de gamme, étourdit. Tout avait l'air tellement cher qu'il avait peur de s'asseoir sur l'un des deix canapés qui occupait la majorité de l'espace. Il avait l'impression que le simple fait de toucher le tissus bleu roi qui les recouvraient pourrait les salir irrévocablement et lui attirer des ennuis. Pas qu'il n'en ait pas déjà en fait...

Il resta donc debout, mal à l'aise et la tête pleine de questions.

Pourquoi l'avait-on amené ici ? Est-ce que ça avait un rapport avec ses parents ou l'incident de ce matin ? Peut-être que c'était à propos de cette histoire de Survivant...

Il n'avait jamais autant manqué d'informations et c'en était frustrant. Il espérait en obtenir les éclaircissements bientôt mais il ne savait même pas ce que ces choses étaient et s'ils étaient dignes de confiance.

Et maintenant, ils savaient pour son handicap.

Il n'aimait pas ça. Il n'aimait vraiment pas ça. Il avait l'impression que c'était la journée où le monde entier découvrait ses secrets personnels. Tout simplement génial.

Après une vingtaine de minutes, la porte s'ouvrit à nouveau et laissa entrer Gorak suivit de deux de ses congénères, très différents de lui.

L'un était très petit, ratatiné même et clairement plus vieux que les deux autres. Son visage était recouvert de tellement de rides et de cicatrices qu'on aurait dit qu'il était en train de fondre. De petites lunettes rondes et dorées étaient négligemment posées sur le bout de son nez crochu et son crâne presque chauve brillait sous la lumière vive du lustre, les rouflaquettes de cheveux blancs sur ses joues étant la dernière trace de pilosité sur son visage. Richement vêtu, son costume trois pièces cousu de fils d'or était orné de plusieurs médailles et insignes brillants, comme des décorations militaires. Plusieurs bijoux et pierres précieuses ornaient son cou et ses doigts.

Il était clairement le plus important.

Le deuxième était beaucoup moins reluisant à côté, mais certainement pas pauvre non plus. Il était habillé d'un smoking sur mesure cramoisi, au col trop serré et haut pour être confortable et orné d'un nœud papillon noir. Il avait l'air jeune, ses courts cheveux noirs plaqués en arrière par une grosse couche de gel fixant. Sous son bras, il tenait un épais dossier.

Le plus vieux s'avança levant ses longs doigts ridés et se présenta en signant, sans trembler.

Monsieur Potter ! Je suis ravi de faire enfin votre connaissance. Je suis Blodark, directeur de Gringotts.

Harry écarquilla les yeux, surpris. Le directeur de la banque ?!

Pourquoi le directeur de la banque voudrait-il le rencontrer ?

Sous le choc, il s'inclina légèrement, respectueusement. De toute évidence ces créatures avaient son argent, il ne voulait pas les froisser

C'est un privilège de vous rencontrer monsieur le directeur, signa-il rapidement.Mais, sans vouloir vous offenser, que me vaut cet honneur ?

Le directeur le jugea un instant du regard, un sourire conspirateur aux lèvres, avant de faire un signe de tête à Gorak.

Le chef de la sécurité quitta immédiatement la pièce, laissant le jeune sorcier et ses hôtes seuls.

Poliment, le directeur lui indiqua le canapé bleu luxueux, qui devait à lui seul coûter plus que la maison de son oncle, et signa.

Installez-vous monsieur Potter. Je crains que ce ne soit une longue explication et au vu de notre moyen de communication, nous serons mieux assis.

Hésitant, Harry regarda le directeur et son collègue s'installer dans le canapé opposé, un sourire aimable aux lèvres.

Mal à l'aise, il s'assit au milieu du sofa et s'y enfonça presque immédiatement.

C'était plus moelleux que ça en avait l'air et le tissu des coussin était incroyablement doux...

Il ne put cependant pas s'extasier longtemps sur le mobilier car son interlocuteur ne tarda pas à recommencer son signe rapide.

Voyez-vous monsieur Potter, cela fait un moment que nous essayons de vous contacter en personne.

Depuis la fin tragique qu'ont connu vos parents il a de cela dix ans, votre tuteur magique semble avoir mis un point d'honneur à vous garder éloigner de notre communauté.

Même nos meilleurs informateurs n'ont su vous localiser jusqu'à aujourd'hui. Ce qui nous à causé beaucoup de soucis.

Évidemment, nous avons envoyé plusieurs courriers et convocations à la boîte postale officielle qui nous a été fournie, mais chacun d'entre eux nous a été poliment renvoyés sans plus d'explications.

Le directeur signait vite et Harry devait se concentrer pour ne rien manquer. Il n'avait vraiment pas l'habitude.

Quand il eut fini de décoder, il fronça les sourcils. Il ne savait rien d'un quelconque tuteur magique. Cela ne pouvait certainement pas être son oncle ou sa tante, il les aurait entendus en pensées sinon. En procédant par élimination, la seule autre personne qui semblait pouvoir avoir un tel impact sur sa vie ce serait...

Je n'ai jamais reçu ces lettres. Je ne savais même pas que j'avais un compte ici, signa-t-il

Ça ne servait à rien de leur cacher son ignorance. Gorak avait déjà dû tout leur dire de leur échange et ils avaient dû comprendre eux-mêmes. Les deux créatures échangèrent d'ailleurs un regard entendu.

C'est ce que nous soupçonnions. Malheureusement, nous ne possédions pas de preuves assez solides pour le prouver.

Harry les regarda incertain. Il entendait leurs voix mais elles étaient tout aussi incompréhensibles que les autres et il n'arrivait pas à comprendre leur intention.

Qui avait-il dans ces lettres ? demanda-t-il inquiet.

Le directeur se tourna vers son collègue qui hocha la tête et se redressa signant à son tour.

Avant de répondre à votre question laissez-moi d'abord vous dire que je suis ravi d'enfin vous rencontrer monsieur.

Mon nom est Griphook.

Moi et mes ancêtres sommes les conseillers financiers de votre famille depuis maintenant six générations.

À la mort de vos parents, je fus celui qui prit en charge de la gestion des trois coffres encore actifs de votre patrimoine ainsi que de la fructification des différents placements effectués par votre père et votre grand-père avant lui.

Je fus également celui qui fut chargé de l'envoi des différents courriers à votre attention.

Harry ouvrit les yeux ronds. Six générations ? Sa famille était assez ancienne et importante dans le monde sorcier pour avoir des conseiller financier depuis aussi longtemps...

Ça devait être la famille de son père. Il voyait mal sa tante faire partie d'une longue lignée de sorcier.

Et puis trois coffres ?! Combien d'argent ses parents avaient-ils ?

Griphook ne lui laissa cependant pas le temps de digérer l'information avant de continuer à signer.

Pour répondre à votre question, ces lettres portaient sur plusieurs sujets variés tels que le relevé annuelle des comptes, la mise a jours des protections. Mais également les différents recours effectués pour l'ouverture du testament de vos parents.

Ça c'était inquiétant. Celui qui avait lu ses lettres avait donc eut accès à toutes ses informations bancaires. Sûrement le fameux tuteur magique fantôme. Mais plus encore...

Le testament de mes parents n'à pas été ouvert ? Mais pourquoi ?

Ce fut le directeur qui répondit.

À cause des circonstances et de la guerre.

Voyez-vous, lorsque que le seigneur des ténèbres à été vaincu, le climat politique et économique de l'Angleterre a été bouleversé.

De nombreuses familles sang-pur ont vu leurs dirigeants se faire incarcérer ou assassiner durant leur arrestation.

Dans ce climat troublé, le ministère de la magie a décidé de s'emparer et de bloquer toutes les démarches administratives relatives aux droits de successions, le gel des comptes des fugitifs et les ouvertures de testament.

Le blocus a duré un an environ et l'ouverture du testament de vos défunts parents fut donc reporté.

Harry décryptait les signes lentement, chamboulé.

Il avait donc eu une guerre, contre un « seigneur des ténèbres » ou qui que ce soit. Et ses parents étaient mort peu de temps avant la fin de la guerre...

Il se demandait de quel côté ils étaient...

Peu importe, ils étaient morts maintenant, c'était à lui de prendre ses propres choix, peu importe ce que penseraient ses parents.

Il hocha la tête, ne voulant pas interrompre Blodark. Il était néanmoins intrigué par l'existence d'un ministère de la magie. Est-ce que cela fonctionnait comme le gouvernement mais chez les sorciers ? Il allait devoir faire des recherches.

Pendant cette période, poursuivit le directeur, la question de votre tutelle a fait débat dans la communauté magique.

Nombre de familles sorcière respectables auraient été ravie d'accueillir le Survivant.

Nombre de demandes d'adoption à votre encontre ont été déposées sans qu'aucun candidat ne s'en montre légitime.

À la mention du Survivant, il resta perplexe une nouvelle fois.

Depuis ce matin, il était de plus en plus pris au dépourvu par son apparente célébrité.

On l'appelait par son prénom, tout le monde voulait soudainement lui parler et le rencontrer... Hagrid n'était même pas surpris du mouvement de foule qu'ils avaient provoqué au bar !

Pourquoi était-il célèbre ? Pourquoi le Survivant ?

Il était tenté de poser la question mais avait peur d'avouer son ignorance.

Pendant qu'il y réfléchissait, un flash de lumière verte et un rire sombre s'imposa dans son esprit.

Il eut un frisson et ce reconcentra sur les mains de son interlocuteur.

Pour mettre fin à cet afflux de demande, le Magenmagot s'est alors emparé de l'affaire et une réunion exceptionnelle fut organisée durant laquelle on vous attribua un tuteur magique désigné à l'unanimité par le Conseil.

Presque immédiatement après sa nomination, ledit tuteur annonça votre retrait temporaire de la scène publique et demanda de respecter votre intimité.

Au retrait du blocus, nous avons tenté de relancer la procédure d'ouverture du testament mais votre tuteur magique invoqua votre jeune âge et demanda un report de la procédure.

Durant cinq ans, le report était demandé par votre tuteur et sans autres éléments pour le contrer, ils furent approuvés.

Jusqu'à votre huitième anniversaire.

Ce jour-là, nous reçûmes une demande d'arrêt des procédures de relance accompagnée de votre signature.

Harry écarquilla les yeux largement avant de secouer vivement la tête en signant frénétique.

Je n'ai jamais approuvé cela ! Je n'ai jamais signé de document !

Le directeur leva la main, rassurant.

Nous nous en doutions, mais nous n'avions aucune preuve jusqu'à présent. Malheureusement en l'absence de signature comparative ou de contacts avec vous, cette signature fût acceptée.

Harry sentait son sang bouillir. Quelqu'un avait imité sa signature et empêché de toucher son héritage !

Son masque calme était tordu de fureur contenue. Il avait envie de frapper et hurler de rage, bien qu'il sache aussi que cela ne servirait à rien.

Les lèvres serrées dans une ligne mince, il eut du mal à desserrer les poings pour signer.

Mais maintenant vous avez la preuve que je suis bien moi et que je n'ai jamais envoyé quoique ce soit. Donc si je vous montre ma signature maintenant vous pourriez les comparer ? Et prouver que c'était une fausse signature.

Les deux banquiers se regardèrent alors grave. Griphook agrippa alors le porte-document qu'il transportait et en sortit deux feuillets.

Nous l'avons déjà fait, signa le directeur.

Griphook déposa alors les deux documents sur la table basse en marbre pour qu'il les consulte.

À gauche, sa signature apparaissait en lettres écarlates et il reconnut facilement la signature issue du calepin d'identification. Et à droite...

Il s'agissait d'une lettre, rédigée avec une écriture bouclée et penchée. Certainement pas son écriture. Et pourtant... c'était bien sa signature en dessous du document.

Mais pas exacte non plus. En l'examinant d'un peu plus près, cette version était encore tremblante, imparfaite, lui rappelant ses premiers essais d'écriture.

Il prit la lettre et la lut.

Mr Griphook,

Suite à votre courrier, et après avoir longuement délibéré avec monsieur Potter, nous avons décidé de refuser une fois de plus l'ouverture du testament de James et Lily Potter. Nous souhaitons également reporter toute autre tentative de relance de cette procédure jusqu'à ce que mon protégé ne soit prêt et ne fasse lui-même la demande.

Cordialement.

Albus Dumbledore

Harry Potter

Harry serra la lettre dans ses mains, la froissant légèrement.

Ses yeux fixaient intensément le nom au-dessus du sien, transperçant presque le papier sous l'intensité de son regard.

Dumbledore.

Son tuteur magique était Dumbledore.

Sa colère déjà bouillonnante atteignait de nouveaux sommets. Griphook dû lui prendre la lettre des mains avant qu'il ne la déchire.

Pendant un instant, il n'arriva pas se concentrer sur quoi que ce soit d'autre que cette information.

Soudain, tout ce qu'il pensait savoir, toute son enfance, ses déboires, sa solitude...

Tous ses problèmes avaient brusquement un coupable.

C'est bien ma signature. Mais je n'ai jamais vu cette lettre de ma vie.

Ses mouvements étaient lents, crispés. Il avait envie de frapper quelque chose. Son expression n'était que fureur contenue et désir de vengeance.

C'est bien ce que nous pensions. Malheureusement, cette lettre est la seule que nous ayons avec votre signature et nous n'avons pas d'autres preuves d'une quelconque fraude de la part de monsieur Dumbledore.

Le directeur signait plus lentement, semblant remarquer le trouble de son client.

L'esprit de Harry s'emballait. Cherchant un moyen de se venger. Il devait y avoir quelque chose, n'importe quoi !

Il n'allait quand même pas laisser ce type s'amuser avec sa vie !

En cet instant, il avait l'impression que sa colère ne pourrait pas être plus intense.

Puis Griphook sortit un autre paquet de feuilles.

Au cours des dix dernières années, votre tuteur magique a effectué une série de retraits réguliers dans le coffre principal. Chacun de ses retrait a été noté et est consigné sur ces documents.

La plupart sont des payements dirigés à l'intention de vos tuteurs pour votre éducation et s'élèvent actuellement à un montant de 10 567 gallions sois 52 835 £ .(2)

Les retrait était généralement aléatoire, à l'exception de l'allocation mensuelle de 60 gallions sois 300 £ par mois perçus pour votre entretien et votre éducation.

Cet argent était transféré sur un compte extérieur au patrimoine des Potter et généralement retiré par Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore pour le remettre à vos tuteurs actuels.

Le reste des dépenses a des justifications diverses et variées qui son détaillées dans ce dossier.

Griphook déposa les relevés de compte devant lui, mais il refusa de même les regarder.

La voix plaintive de son oncle retissait a l'arrière de sa tête, comme s'il était dans la pièce et pensait haut et fort.

« Ce petit fouineur nous coûte un bras ! Et on ne nous paye même pas pour nous en occuper ! Un scandale ! »

Rapidement, il fit le lien entre ce souvenir et ce qu'il venait de découvrir. C'était une addition simple.

Dumbledore n'avait pas simplement contrôlé sa vie et isolé de son héritage et de son propre monde. Il l'avait aussi dépouillé.

Un vase situé dans un coin de la pièce explosa soudainement. Le cristal du lustre frémit, le sol en marbre trembla et une fissure se forma soudainement sur le miroir suspendu au-dessus de la cheminée, menaçant de le briser en deux morceaux.

Le directeur et Griphook semblaient tout retournés, hérissés comme des oies énervées et Harry sentit une pointe de culpabilité être étouffée sous sa fureur.

Il avait une tempête dans son esprit : rage, colère, frustration, désir de vengeance. Tout semblait se mélanger dans une force destructrice et intense qui le submergeait.

Il avait l'impression que rien ne pourrait stopper la vague de haine pure qu'il ressentait désormais pour Albus Dumbledore.

Blodark fut le premier à se remettre de ses émotions et lui faire signe. Difficilement, Harry parvint décrypter ces symboles.

Je comprends, à votre réaction, que vous n'avez jamais entendu parler de cet argent ?

Harry était bien trop en colère pour faire plus que de hocher la tête. Il avait peur que s'il bougeait, il ferait exploser quelque chose d'autre. Il voulait tout détruire.

Je comprends que toutes ses informations soient contrariante et sachez qu'elles me révoltent autant que vous, poursuivit le directeur en essayant clairement de le calmer.

Nous, gobelins, sommes fiers de pouvoir assurer une sécurité maximale au patrimoine de nos client.

Cette affaire est pour nous une insulte à tout ce que nous défendons et c'est pourquoi je souhaitais vous rencontrer personnellement aujourd'hui.

En ma qualité de directeur, j'aimerais vous présenter mes plus sincères excuses pour ce grave manque à notre devoir et je tenais à vous proposer moi-même une solution qui, j'en suis certain, vous satisfera.

Harry redevint immédiatement attentif.

La colère bouillait encore sous la surface, mais la perspective de vengeance était assez alléchante pour qu'il se contrôle.

Griphook afficha alors un nouveau sourire carnassier et sorti une troisième liasse de papier de son dossier.

Le directeur et moi avons longuement délibéré pour la rédaction ce contrat.

Il s'agit d'une procédure standard en cas de litige.

Vous, monsieur Potter, êtes actuellement le seul membre encore en vie du clan très ancien Potter et êtes donc légitimement le chef de famille de la noble lignée Potter.

Par conséquent, votre statut social vous confère d'ores et déjà le droit de demander une enquête complète sur les activités des comptes de votre famille ainsi que de ceux liés de près ou de loin à ceux-ci.

Cette enquête fait en sorte de vérifier chaque transaction effectuée par les Potter ou toutes les personnes ayant eu l'occasion de toucher à vos biens durant les vingt dernières années. Ainsi, toutes les informations récoltées deviendront recevables devant un tribunal, au vu de récupérer chaque noise qui aurait pu vous être dérobée durant cette période, annonça fièrement Griphook.

Harry décoda la longue explication et eut une forte envie de jubiler. Si ce qu'il disait était possible...

Le directeur Blodark lui tendit alors le contrat et d'un claquement de doigt fit apparaître un encrier et une plume.

Évidemment, il s'agit de votre décision.

Harry observa le contrat un instant, analysant une à une toutes les petites lignes et contraintes et n'y trouva aucun piège. Tout ce qu'avait dit Griphook était ici, noir sur blanc, exactement comme énoncé.

Il lui suffisait de signer pour récupérer tout ce qu'on lui avait pris...

Lentement, il tendit la main et s'empara de la plume.

(1) les joueurs de Skyrim devraient s'inquiéter autant que moi pour le pauvre client à qui cette pensée est destinée.

(2) le taux de change du gallions d'après J. est de 1Gallions égale 5£ environs. Donc si vous êtes bon en maths et connaissez le taux de change en €, vous calculerez que Dumbledore lui à environs piqué
383 053,75 € et des poussières. Ça fait mal.