Bonsoir. Je souhaite une bonne année et une bonne santé à tous les fans. Je suis désolée de vous avoir fait attendre. J'avais prévu de poser pour Noël, mais je n'ai pas pu terminer mes nouveaux chapitres. Vous en avez deux en compensation. Je vous souhaite une bonne lecture et j'attends avec impatience vos commentaires.
Pour mencia
Non, 1789 est l'année de naissance d'Elisabeth. Je faisais mention d'évènements qui sont à la fois dans le passé et dans le présent.
Chapitre 12 Monsieur Darcy
Fitzwilliam Darcy était adossé dans la banquette et regardait de temps en temps par la fenêtre dans l'espoir d'apercevoir Rosings Park et de voir le voyage se terminer enfin. Il était accompagné de son cousin, le colonel Fitzwilliam. Heureusement d'ailleurs, sinon il éprouverait une réelle répugnance à se rendre à Rosings pour entendre les sempiternelles exigences de lady Catherine. Cette fois, cependant, elle ne pourrait pas l'importuner. Anne n'était plus à sa merci et si elle se lançait dans son discours habituel, il n'hésiterait pas à remettre à sa place. Après tout, elle n'avait aucun droit sur lui, même si elle se permettait de lui discerner le titre de neveu, alors qu'elle n'en avait aucun droit. Elle pourrait bien raconter tout ce qu'elle voudrait, cela ne lui apporterait aucun avantage.
- Prêt à affronter le dragon? demanda le colonel.
Darcy haussa les épaules.
- Je pense que les choses seront différentes, cette fois. Sa fille n'est plus à sa merci. Elle ne peut plus se servir d'elle comme d'un simple objet pour assouvir sa cupidité.
Le colonel secoua la tête.
- Vos parents sont en vie et en parfaite santé. Croit-elle réellement pouvoir les supplanter juste en vous poussant à épouser sa fille? Je commence à me poser des questions sur sa santé mentale.
- Moi aussi. Lady Catherine s'est toujours donnée une importance bien supérieure à la réalité. Cette visite sera la dernière que je ferais à Rosings Park. Elle n'aura plus l'occasion de m'importuner avec ses mensonges ridicules et ses pitoyables discours.
- Allons, Darcy, vous savez que lady Catherine adore s'écouter parler. Elle est persuadée que tout ce qu'elle dit est intelligent et important et doit être considérée comme parole d'Évangile.
- Je préfèrerais laisser à quelqu'un d'autre la corvée de l'écouter.
- Comme son nouveau vicaire, par exemple. Il paraît qu'il est très doué pour la flagornerie. Lorsqu'il s'incline devant elle, il le fait si, bas que c'est un miracle qu'il ne se retrouve pas sur le sol. Et sa femme est, semble-t-il, aussi ridicule que lui.
- Voilà qui promet ! soupira Darcy. Je m'attends à ce que ce séjour soit fort désagréable.
- Bah ! Nous n'aurons que peu de raisons de les fréquenter. À moins que lady Catherine ne les invite à venir prendre le thé. Ce qui me surprendrait beaucoup.
- Sans Anne pour faire ses discours, elle doit s'ennuyer à mourir. Je suppose qu'elle invite son vicaire pour avoir quelqu'un prêt à l'écouter.
- Ho, je ne doute pas que son vicaire soit prêt à l'écouter et à approuver tout ce qu'elle dit. Il doit le faire s'il tient à garder sa position.
- Lady Catherine ne peut pas le renvoyer sans raison valable.
- Mais elle est persuadée d'en avoir le droit.
- Un jour viendra où elle se fera durement remettre à sa place. Et elle n'aura que ce qu'elle mérite. Ce jour-là, j'espère qu'elle découvrira le peu de valeur qu'elle possède. Elle saura qu'elle est la seule à croire à son importance et prendra peut-être enfin conscience de son comportement ridicule.
- J'espère que cela arrivera, Darcy. Mais nous devons penser à Anne, en premier lieu. Ce que sa mère lui a fait est honteux.
- Anne s'est montrée plus intelligente que sa mère. Elle s'est rendue compte, heureusement, que la potion qu'on lui faisait prendre était dangereuse. Et elle l'a remplacée par quelque chose d'inoffensif. Lorsqu'elle sera complètement rétablie, elle veillera à ce que sa mère regrette la façon l'a traitée. Lady Catherine perdra totalement son pouvoir et deviendra totalement insignifiante. Elle saura alors que les gens qui vivent au village et dans le domaine éprouvent un profond mépris à son égard à la place du respect qu'elle croit leur inspirer. La chute de son piédestal sera très brutale.
- Perdre son pouvoir et devenir un objet de mépris ? J'ai hâte de voir cela, Darcy. Je m'en réjouirais, vous pouvez me croire. Elle croit que son rang lui donne le droit de mettre son nez dans mes affaires privées. Elle s'imagine même pouvoir usurper la place de ma mère. Je crois qu'elle ne lui a jamais pardonné le fait d'être la fille d'un duc, ce qui la place au-dessus d'elle. Elle ne supporte pas de ne pas être le centre de toutes les attentions.
- Je crois que personne ne s'en soucie. Elle n'a aucun rôle à jouer dans nos vies et, plus vite elle le comprendra, mieux cela vaudra pour elle.
- Oh, je doute qu'elle veuille l'admettre. Elle fera tout pour s'opposer à Anne. Elle cherchera sans doute l'aide de son pasteur.
- Si elle croit qu'il aura le moindre pouvoir de changer les choses, elle se fait des illusions. Je ne crois pas qu'elle soit consciente de la haine que sa fille lui voue. Anne ne lui permettra plus jamais de lui donner des ordres. Lady Catherine a causé beaucoup de dégâts au domaine avec ses dépenses somptueuses. Tout cela dans le but d'afficher sa richesse. Sauf qu'il n'y a personne pour le voir. Elle a un goût aussi vulgaire que celui de miss Bingley.
- Heureusement, Robert l'empêche de continuer à tout détruire. Il limite ses dépenses et l'intendant sait qu'il ne doit pas l'écouter. En ce qui concerne miss Bingley, je suis d'accord que ses goûts sont extrêmement vulgaires. Mais elle ne compte pas. Elle n'a aucun moyen d'atteindre son but. Ses minauderies et ses louanges ne font que la rendre ridicule. Elle est un objet de risée dans la bonne société. Mais elle n'est pas assez intelligente pour s'en rendre compte.
- J'ai pitié de son frère dont elle va probablement ruiner la vie et qui ne veut pas voir la réalité en face et remettre cette vipère à sa place.
- Nous ne pouvons rien pour lui, Darcy. Lui seul peut agir. S'il ne le fait pas, il aura à en subir les conséquences. Mais il ne pourra pas prétendre qu'il n'était pas conscient de la situation. Dans le cas contraire, il serait vraiment un idiot.
- Regardez, dit Darcy. Nous sommes presque arrivés. Voici le presbytère.
Le colonel tourna la tête et vit un couple qui s'inclinait très bas sur le passage. Pendant un instant, il craignit que l'homme ne s'écroule sur le sol car il semblait sur le point de perdre l'équilibre.
Darcy, quant à lui, les ignora. Son attention avait été attirée par une silhouette au premier étage. Il fut absolument stupéfait de reconnaître la jeune femme du presbytère. Que faisait-elle là ? Comment était-ce possible ?
Le cœur battant à tout rompre, il eut tout juste le temps d'incliner poliment la tête pour la saluer avant que sa voiture ne s'éloigne. Son cousin le regarda d'un air intrigué :
- Qui est-ce, Darcy ? Vous la connaissez ?
- Non, pas du tout. Pourquoi ?
- Je vous ai vu la saluer. Vous n'avez jamais agi ainsi vis-à-vis d'une inconnue.
- Ce n'était qu'un acte de politesse, Richard. Rien de plus. N'allez pas imaginer ce qui n'existe pas.
- D'accord, d'accord. Inutile de vous fâcher. Je ne pensais pas à mal. Avez-vous remarqué ce petit homme ridicule ? J'ai bien cru qu'il allait tomber sur le sol.
- Je suppose que lady Catherine s'attend à ce que l'on s'incline de cette façon devant elle. Ce comportement me dégoûte.
- Je suis sûr que Robert veillera à ce qu'il reste à sa place et assure ses devoirs. Je ne crois pas qu'il supportera des flagorneries.
- Je suppose qu'il a été engagé à son insu. Votre cousin n'aurait jamais choisi un tel individu.
- Cela ne fait aucun doute. Je suis sûr qu'il est furieux, mais il veillera à ce que l'homme comprenne que c'est lui le maître et qu'il est dans son intérêt de ne pas l'importuner pour des futilités.
- Et il saura aussi que lady Catherine n'a aucun pouvoir réel, contrairement à ce qu'elle lui a laissé croire.
- Elle doit être folle de rage.
- Mais elle ne peut rien changer à la réalité. Je suis certain que les villageois et les gens qui vivent sur le domaine sont soulagés de savoir que leur maître va se marier. Lady Catherine va découvrir que ses conseils et ses suggestions n'intéressent personne.
Richard se mit à rire.
- Sauf le vicaire, peut-être, mais il ne compte pas vraiment, n'est-ce pas ?
- Non, en effet.
Leur conversation fut interrompue lorsque la voiture vint s'arrêter devant un superbe manoir datant du dix-huitième siècle, Rosings Park.
?
Les deux hommes furent extrêmement soulagés, lorsqu'ils entrèrent dans le salon, de découvrir que le maître de maison, sir Robert de Bourgh, était présent. Voilà qui devait contrarier lady Catherine.
Elle arborait, en effet, une mine renfrognée. Darcy devina qu'elle comptait solliciter son aide pour faire revenir sa fille auprès d'elle. Aucun danger qu'il accepte. Il pourrait facilement répondre que ce n'était pas son affaire puisqu'il n'avait pas de lien de parenté avec miss de Bourgh. Lady Catherine serait furieuse, mais elle comprendrait l'inutilité de le mêler à ses affaires. Même s'il doutait fortement qu'elle ait renoncé à le marier à sa fille. Elle continuerait tant qu'elle aurait un espoir. Espoir qui ne se concrétiserait jamais. Elle n'avait jamais compris qu'elle n'avait aucun pouvoir de décision. Et son pouvoir allait diminuer lorsque son fils serait marié et qu'elle serait reléguée au douaire. Elle serait folle de rage, mais n'aurait aucun moyen de s'y opposer.
- Richard, Darcy, bienvenue à Rosings Park, dit sir Robert en se levant pour aller serrer la main des deux hommes.
- Heureux de vous voir, Robert. J'ignorais que vous seriez là, dit le colonel.
- J'avais certaines choses à régler ici et j'ai donc décider de m'en occuper, répondit le baronnet. Il y a beaucoup à faire pour résoudre les nombreux problèmes qui s'accumulent depuis un certain temps.
Le regard qu'il adressa à sa mère était parfaitement clair. Il la rendait entièrement responsable de tous les problèmes se trouvant sur le domaine.
La dame blêmit de rage, mais elle s'abstint sagement de répondre. Elle avait compris qu'elle ne gagnerait pas à ce jeu-là. Elle tendit sèchement la main à son neveu et à son cousin :
- Je dois supposer que vous avez fait un bon voyage ? demanda-t-elle.
- Assez bien, même si certaines parties de la route ont grand besoin de réparation, répondit le colonel.
- J'ai déjà donné des ordres à ce sujet, assura sir Robert. Cela aurait dû être fait depuis longtemps. Heureusement, cela ne prendra pas trop de temps de s'en occuper.
- Vous semblez très désireux de gaspiller l'argent de Rosings pour des choses futiles ! lui reprocha sa mère.
- C'est mon argent, pas le vôtre. En ce qui concerne les choses futiles, je peux parler de tout ce que vous avez entreposé dans une pièce du troisième étage. Tout cela sera vendu, bien entendu. Nous n'avons aucun besoin de tout ce fatras d'objets aussi inutiles qui reflètent parfaitement le goût vulgaire de celle qui les a achetés.
- Comment osez-vous ? Cela ne vous appartient pas ?
- Tout ce qui a été acheté avec mon argent est ma propriété. Et comme vous n'avez plus accès aux comptes de Rosings, vous ne pourrez pas recommencer. Vous pourrez acheter ce que bon vous semble pour décorer votre douaire, mais ne soyez pas surprise si vous finissez par manquer d'argent pour acheter de quoi manger.
Lady Catherine blêmit de rage. Ce n'était pas la première fois que son fils lui assénait ces paroles. Elle savait qu'elle n'avait aucun pouvoir de s'opposer à son fils. Même le respect qu'il lui devait ne le pousserait pas à obéir à ses ordres, elle l'avait compris lorsqu'il avait refusé d'entendre parler de faire revenir Anne à Rosings. Mais elle n'avait pas dit son dernier mot. Darcy allait l'aider à obtenir ce qu'elle voulait, elle en était certaine.
- Je suppose que je suis en droit de demander des nouvelles de ma fille ? demanda-t-elle d'un ton qu'elle essayait de contrôler.
- Elle va bien depuis qu'elle n'est plus forcée de boire le poison que vous lui faisiez prendre pour garder le contrôle sur elle, répondit le colonel. Je n'ai pas de message de sa part à vous transmettre, sauf ceci : elle n'a absolument aucun désir de vous voir et elle ne vous pardonnera jamais la façon méprisable dont vous l'avez traitée. Il semble, lady Catherine, que vous soyez très douée pour vous faire détester de tout le monde.
Lady Catherine serra les poings et répondit d'un ton furieux :
- Anne est une petite ingrate qui ne sait pas ce qui est bon pour elle.
- Vraiment ? dit sir Robert en se tournant vers sa mère. Empoisonner ma sœur pour la contrôler en faisant croire qu'elle était en mauvaise santé et en profiter pour négliger son éducation parce que vous ne tenez pas à découvrir qu'elle possède un talent dont vous êtes dépourvue, c'est ce que vous appelez ce qui est bon pour elle ? Vous devriez avoir honte de vous, lady Catherine. À cause de votre égoïsme forcené, vous auriez pu détruire la vie de ma sœur. Votre propre fille ! Elle n'a aucune raison de vous être reconnaissante ! Mais elle est désormais hors de votre portée et vous n'aurez pas le droit de la voir sans ma permission. Et seulement si elle le souhaite. Ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui. Vous feriez mieux de l'accepter. Vous n'avez pas votre mot à dire à son sujet et il n'y a pas à discuter.
Lady Catherine était folle de rage.
- Vous êtes d'accord avec sir Robert ? demanda-t-elle en s'adressant à Darcy.
Celui-ci se raidit. Si la dame avait espéré être soutenue, elle fut condamnée à être déçue.
- Ce n'est pas mon affaire, lady Catherine. Je n'ai aucun lien avec miss de Bourgh, à part le fait que nous partageons un oncle, une tante et des cousins. Je n'ai aucune autorité sur elle et je n'ai aucunement l'intention de me mêler d'une affaire qui ne me concerne pas. En tant que tuteur légal de sa sœur, votre fils seul peut prendre des décisions la concernant. Je n'ai rien à ajouter.
Lady Catherine comprit qu'elle n'avait rien à espérer de ce côté-là. Darcy refuserait de la soutenir. Et tout ce qu'elle pourrait dire pour le convaincre d'épouser Anne serait voué à l'échec. Sans compter que Robert ne la laisserait pas faire. C'était rageant.
Elle n'avait aucun moyen d'atteindre son but pour le moment, mais ils ne payaient rien pour attendre. Ils regretteraient la façon dont ils l'avaient traitée.
Jugeant plus prudent de changer de sujet, le colonel l'interrogea :
- Quelles sont les nouvelles de Rosings Park ?
Lady Catherine le regarda d'un air méfiant, mais finit par répondre :
- Le nouveau vicaire d'Hunsford s'est marié. Une jeune femme de modeste condition venue de Bristol. Elle paraît un peu trop imbue de son importance, mais je suis sûre qu'elle apprendra où est sa place. Il n'est pas bon que les gens de rang inférieur se croient autorisés à se juger plus importants que la vérité.
- C'est aussi vrai pour ceux qui se croient plus importants que la réalité, ajouta sir Robert d'un ton railleur.
Lady Catherine ignora son fils et poursuivit :
- Mr et Mme Collins ont très récemment séjourné chez un cousin du vicaire. Il se croyait l'héritier de son domaine, mais de toute évidence, il a été induit en erreur.
- Le maître du domaine a un fils ? demanda Richard.
- Il semble que oui. Mr Collins croyait qu'il n'avait que des filles. Mais en fait, une seule a atteint l'âge adulte. Le fils est beaucoup plus jeune. Vous rencontrez d'ailleurs miss Bennet à l'église, dimanche. Avec une amie, elle a été invitée par Mme Collins à séjourner au presbytère.
- Voilà qui promet d'être agréable, dit Richard. Ces jeunes filles ne sont donc pas encore venues ici.
- Non. Elles sont arrivées hier seulement. Je pense que je les inviterais à prendre le thé avec nous. Ce sera une bonne façon de leur souhaiter la bienvenue dans le Kent.
Lady Catherine jeta un rapide coup d'œil à son fils, s'attendant à une opposition de sa part. Mais celui-ci ne dit pas un mot, ce qui ne manqua pas de satisfaire la noble dame.
Les deux nouveaux venus s'excusèrent. Ils avaient besoin de se changer et de se reposer avant l'heure du dîner. La conversation s'arrêta donc là.
